Jack ne mit pas de temps à trouver le campement. L'île était petite et il n'y avait qu'une rivière qui la traversait. L'endroit le plus stratégique se trouvait près de la rivière et aux pieds de la montagne. Il y avait une zone escarpée d'où on pouvait voir venir tous les visiteurs. Jack savait qu'il ne pourrait pas se cacher, alors il avança à visage découvert en mettant ses mains vides bien en évidence. Bientôt, il vit apparaître des canons de fusils, bien cachés derrière des arbres ou des grosses pierres. Il continua d'avancer avec son sourire le plus charmeur.
- Ne faites pas un pas de plus, cria une voix autoritaire!
Il s'arrêta de marcher et attendit.
- Déclinez votre identité!
Il chercha à voir qui parlait, mais il ne voyait que le bout des canons.
- Capitaine Jack Harkness, dit-il enfin. Votre tour.
- C'est moi qui pose les questions, reprit la voix.
- Dans ce cas, je vais m'en retourner. Content d'avoir fait votre connaissance.
Jack se retourna et s'éloigna, il entendit les armes cliqueter, comme quand on enlève le cran de sûreté. Ça ne l'inquiétait pas outre mesure. Avec un tel peloton d'exécution la mort serait rapide et ça lui permettrait d'entrer dans le fort par la grande porte les deux pieds devants. Ils sortiraient au moins pour le fouiller, il en était sur. Et il aurait toujours l'effet de surprise quand il reviendrait à la vie.
- Attendez, cria soudain la voix!
Jack se retourna à nouveau. Il vit alors une silhouette apparaître sur le promontoire entre deux arbres. C'était un homme d'une cinquantaine d'année, les cheveux blancs et l'œil vif. Il portait un camouflage militaire et une arme d'assaut entre les mains. En apparence, il n'y avait rien de robotique chez lui. Ce n'était pas le cyborg.
Si le cyborg ne commandait pas le groupe, où était-il? Il n'y avait qu'une façon de le savoir.
- Que voulez-vous, cria le chef?
- J'ai vu qu'il semblait y avoir une fête et je me suis dit que je pourrais me joindre à vous.
- Comment nous avez-vous trouvé?
- Je ne vous cherchais pas, je ne sais même pas qui vous êtes. Je passais dans le coin.
Il leva le bras, baissa sa manche et montra son manipulateur de vortex.
- J'ai détecté des traces résiduelle d'énergie sur votre île qui n'est pas sensée être habitée, alors je me suis dit que je pourrais peut-être me faire de nouveaux potes.
- Pour qui travaillez-vous, ajouta le militaire? Pour l'agence du temps?
Ils avaient donc reconnu son manipulateur de vortex. Ça les liait à la boutique dont le docteur avait parlé. Ils connaissaient l'agence et donc les voyages dans le temps.
- J'ai quitté l'agence du temps. Je suis un agent libre, parfois un mercenaire. Je viens vous proposer mes services.
Le chef militaire se tourna alors pour parler avec un individu cacher derrière le rempart. Il se tourna vers Jack.
- Un ancien agent du temps nous serait utile dans notre mission présente. Nous allons vous laisser entrer, mais nous avons une taupe à l'agence. Si elle ne peut corroborer votre histoire, nous vous tuerons.
Une ouverture apparut dans la palissade et Jack pu voir que c'était une porte, des soldats armés s'avancèrent et le firent entrer à l'intérieur. Pour une fois, Jack était content d'avoir dit des demi-vérités, il était effectivement un déserteur de l'agence, mais pas un mercenaire. Ils pourraient corroborer le premier fait, mais ils n'avaient aucune façon de savoir que Jack était avec le docteur. Du moins, il l'espérait.
13 – 13 – 13 – 13 – 13 – 13 – 13 – 13 – 13
Pour atteindre la ville sous-marine, il y avait deux façons : à la nage ou avec le Tardis. Elle était bonne nageuse et le défie l'attirait, mais elle n'aimait pas mouiller son magnifique manteau. Le Tardis était une option plus pratique, pour cette fois, et elle y ferait sûrement une entrée plus remarquée.
Elle entra dans le Tardis, et scanna pour trouver l'emplacement exact de la ville. Elle entra les coordonnées pour atterrir à la place centrale. La cabine se dématérialisa et se matérialisa au centre de la ville. C'est là qu'elle vit que quelque chose clochait. En ouvrant la porte, elle vit que le champs de force autour du Tardis avait été activé. Elle se trouvait dans une bulle d'air au milieu d'une ville sous-marine envahie par l'eau.
Elle aurait du y penser. Le peuple de la mer de cette planète, n'était pas des êtres terrestres vivant sous la mer. Il était entièrement marin, peut-être amphibien; et donc, ce n'était pas une ville sous un globe d'oxygène, mais une ville dans l'eau. Pour pouvoir parler avec eux, elle avait deux choix : la tenue d'astronaute, qui était lourde et encombrante sous l'eau ou se faire pousser des branchies.
Elle retourna dans le Tardis pour choisir la deuxième option, du moins une variante de la deuxième option. Elle fouillant dans ses archives, très loin dans ses archives, elle trouva exactement ce qui lui fallait : un naso-respirateur. C'était un dispositif qu'elle avait reçu en cadeau de l'empereur des océans de Nébula 4 après avoir sauvé son peuple d'une invasion de Cybermen. C'était un dispositif minuscule qu'elle plaçait dans son nez et qui, comme des branchies extrayaient l'oxygène de l'eau et lui permettait de respirer sans autres dispositif. Pour pouvoir avec avoir un meilleur vue dans l'eau, elle avait conçu des lunettes de plongé qui ne s'embuaient pas et qui ressemblaient à des lunettes de lecture. Ça lui rappelait vaguement ses lunettes soniques, sauf que ces lunettes n'étaient pas noires et elles n'étaient pas soniques. Pour pouvoir converser dans l'eau, elle devrait compter sur la matrice de traduction du Tardis pour transformer les sons étouffés de sa voix sous l'eau en quelque chose qu'un être marin pourrait comprendre.
Avec une pointe de regret, elle retira son manteau pour qu'il reste au sec dans le Tardis, elle garda son tournevis sonique qu'elle avant enduit d'un vernis étancheur et quelques menus objets dans ses poches. Elle plaça une ceinture lestée de plomb pour être sure de ne pas remonter à la surface et s'avança vers la porte.
Elle sortit à nouveau à l'extérieur et d'un coup de tournevis sonique, elle abaissa le champs de force en douceur, ce qui amena l'eau à l'infiltrer lentement jusqu'à ce qu'elle soit aussi immergée que le reste.
Elle activa ses lunettes sous-marine. Bientôt les contours de la cité s'affichèrent avec de clarté. Elle était au milieu d'une place publique entourée de maisons sphériques. Tout était à la fois sombre et lumineux. Le fond de l'océan était sombre, mais il y avait partout des bocaux remplis de poisson luminescents qui éclairaient la cité. C'est alors que les habitants s'approchèrent.
Leurs formes se précisèrent rapidement grâce aux lunettes. Ils pouvaient ressembler à des sirènes, parce qu'ils tenaient plus de l'animal marin que du primate, mais plutôt que d'avoir des nageoires avants, ils avaient des mains légèrement palmées aux longs doigts et au pouces opposables et leur tête était bien apparente, mais leur visage n'avaient rien d'humain, il était recouvert d'écailles avec des yeux globuleux et une petite bouche ronde. Leur tête se couvrait aussi d'écailles de couleurs variées. Ils semblaient étonnés de la voir, mais il n'y avait aucune signes d'agressivité dans leur attitude.
Le docteur s'avança et parla.
- Bonjour à vous, je suis le docteur.
Ils la regardèrent tous sans répondre. Elle attendit un moment.
- Pourtant la matrice de traduction du Tardis aurait dû fonctionner. Me comprenez-vous?
Ils se regardèrent puis l'un d'eux sortit du groupe et avança vers le docteur. Il y avait quelque chose de vaguement féminin dans ses traits. Elle était nettement plus petite que les autres, mais ce n'était pas une enfant. Un autre être marin lui attrapa le bras et lui lança un long regard, mais elle se dégagea et alla jusqu'au docteur.
- Vous n'êtes pas la bienvenue ici, dit-elle sans agressivité.
- Pourquoi, je viens d'arriver et je n'ai rien fait de préjudiciable.
- Parce qu'ils ont peur, ajouta-t-elle en lui montrant le groupe.
- Peur des étrangers? Des visiteurs? Et pas vous?
- Je suis différente des autres, alors avoir peur de ce qui est différent, c'est avoir peur de moi-même.
- Quel est ton nom?
- Nénuphars.
- Très jolie, très démonstratif, j'adore! Si je comprends bien, vos noms sont conceptuels.
- Les habitants de l'île ont des noms laids et sans aucun sens, mais pas vous. Je comprend le concept derrière votre nom : vous êtes une personne sage, une personne qui soigne, une personne qui aide.
- Je n'ai jamais entendu une description aussi fidèle de mon nom.
- Alors aidez-nous!
- Je veux bien vous aider, mais eux est-ce qu'ils le veulent?
- Oui, leur crainte est que vous soyez comme ceux d'en haut, ceux de l'île. Je ne crois pas que ce soit le cas.
- Qu'ont-ils faits?
- Ils prennent sans partage, ils détruisent sans bâtir, ils s'incrustent. Ils nous ont pris l'île.
- Vous êtes des êtres marins, pourquoi l'île est-elle importante?
- Les lunes vont bientôt danser, mais nous ne pourrons pas les célébrer, pour la première fois depuis quatorze-mille cycles.
- Hum, reprit le docteur, c'est grave, vraiment très grave. Que puis-je faire pour vous aider?
- Venez.
Elle l'entraîna dans un des bâtiments.
