Notes de l'auteure : Merci Malyss64 pour ta review et pour ton soutien ma belle, j'espère que cette suite va te plaire !
Chapitre 3 : Retour à Konoha
Sur le chemin du retour, je pense beaucoup aux événements de Shiodzuke, que va-t-il arriver à Nishibi, à ses frères et sœurs et à son père ? Je ne peux m'empêcher d'éprouver une certaine empathie pour lui, malgré l'attitude détestable dont il a fait preuve... Après tout, je sais ce que c'est que de perdre quelqu'un, et je peux comprendre sa réaction qui s'apparente a du désespoir… C'est sûr que sa famille et lui méritent une punition pour leurs crimes, mais j'espère qu'ils ne seront pas exécutés, je veux croire qu'il y a une chance qu'ils puissent changer un jour et se repentir de leurs méfaits.
J'écrirais au maire de Shiodzuke dans quelques temps pour savoir ce qu'il en est, car au-delà de la curiosité, c'est plus mon étique qui désire connaître le fin mot de cette histoire. Si Anko le savait, elle me réprimanderait, elle dit toujours qu'une fois la mission terminée, on ne doit pas se préoccuper du reste, cela ne nous regarde pas en tant que shinobis, et que nous devons laisser la suite des événements aux autorités compétentes, c'est pour ça que je ne lui parle pas de mes interrogations qu'elle jugerait de futiles, elle dirait encore que je suis trop naïve et me réprimanderait.
Sur le chemin du retour, nous avons fait l'habituel débriefing de la mission, Anko nous a indiqué les bons et les mauvais points. Comme je m'y attendais, elle m'as réprimandé pour avoir voulu me supprimer en même temps que l'ennemi et que même si c'était pour la sauver, je n'aurais pas dû adopter ce comportement, car il y a toujours une autre façon de faire. J'avoue que sur le moment, alors que l'énorme boule de feu fonçait sur moi, c'est la seule option que j'ai pu trouver. Mais la prochaine fois je devrais être plus vigilante et suive les conseils de la Jônin.
- Et voilà, de retour au village. –S'exclame Anko en faisant craquer ses doigts. –Je vous laisse ici, je vais me poser dans un bar, bonne soirée les filles !
- Moi aussi je vais vous laisser, –Indique Hana, qui a l'air plus qu'épuisée, même ses chiens trainent les pattes. –Mon frère et ma mère m'attendent, merci pour cette mission, à bientôt !
Nous nous disons au revoir sans plus de cérémonies, n'en ayant pas la force. Pour ma part, je suis perdue dans mes pensées, je ne sais pas pourquoi, mais je n'arrive pas à éprouver de satisfaction face à cette mission dont nous revenons pourtant vainqueurs. Tout ce que je sais, c'est qu'absolument tous mes membres sont en compote et que je suis affamée, et un gargouillement provenant du ventre de Kafuku me confirme que je ne suis pas la seule, je la regarde d'un air hilaire.
- Au lieu de me regarder avec ton air de chien battu, tu ne voudrais pas me payer à manger ? Je te rappelle que tu me dois un restau, perdante ! –Elle me regarde d'un air goguenard.
- Allez, tu me fais pitié à gargouiller comme une affamée, allons manger.
C'est une échoppe que nous aimons bien Kafuku et moi, ils y servent de la bonne bière et des dangos à tomber. On s'installe à une table dans un coin tranquille, notre place habituelle en fait, et bien vite, la serveuse vient prendre notre commande, j'opte pour un curry légèrement épicé et Kafuku pour une délicieuse Okonomiyaki. Alors que l'on se met à table, Kafuku m'interrompt :
- Raaaah, elle a oublié de nous amener les bières, j'y vais.
- Tu peux pas arrêter de râler deux secondes ? Elle va nous les apporter…
Mais je n'ai bien sûr pas le temps de finir ma phrase, que déjà ma partenaire aux cheveux gris est en chemin vers le bar d'un air déterminé. Je pousse un soupir, elle est toujours beaucoup trop impatiente… Je la vois de loin en train de se disputer avec la serveuse et je décide de me lever, elle me fatigue, elle ne pouvait pas simplement attendre ? Très vite, je rejoins les deux femmes et prends Kafuku par le bras.
- Laisse tomber Kafuku, va attendre à notre table, je m'en occupe !
- Pff. –La colérique kunoichi tourne les talons en levant les yeux au ciel et je la vois pousser la porte des toilettes d'un air théâtral.
Même si je l'adore, dans ces moment-là, elle me fait limite honte, elle n'as strictement aucune compassion pour les serveurs surchargés de travail et aucune patience, c'est ce qui nous différencie l'une de l'autre, moi, malgré mon fort caractère, je sais faire preuve de patience quand il le faut… Je soupire légèrement en m'excusant pour elle auprès de la serveuse qui sert les bières sous mes yeux fatigués.
- Merci, laissez-moi le plateau, ça ira, et encore désolée pour son comportement.
- Ne vous inquiétez pas, on a connu pire. –Elle me fait un clin d'œil pour me rassurer et retourne en cuisine.
Je me munis dudit plateau de boissons et me dirige vers notre table, quand soudain, je trébuche sur un objet long, blanc et non identifié. J'ai peut-être rêvé, mais sur l'instant, j'ai cru qu'il avait bougé vers moi, j'étais pourtant sûre de ma trajectoire. Bref, dans ma chute, j'ai le temps de voir les deux hommes attablés du coin de l'œil, ils portent tous les deux le même manteau et le même chapeau. Bien évidemment, dans mon malheur, les bières se sont renversées en intégralité sur le manteau de celui assis à côté de l'objet non identifié et je me suis vautrée sur lui pour couronner le tout.
- Oh ! Je suis désolée, sincèrement. –Dis-je en me relevant, terriblement gênée.
- Fais attention où tu vas, gamine. –Sa voix est railleuse au possible, et j'y distingue un brin d'énervement.
- J'ai trébuché là-dessus… -Dis-je pour trouver une excuse à ma maladresse... Euh, c'est une épée ? –J'approche ma main de la chose enroulée de bandages blancs que j'aurais juré voir tressaillir légèrement.
- Pas touche. – Me répond-il d'un ton cassant.
A ma grande surprise, l'homme au manteau noir et au chapeau m'attrape le poignet et le serre, pour m'empêcher de toucher ce que j'identifie comme une épée cachée sous des bandages. Instantanément, je ressens une sorte de petite décharge et des étincelles de chakra vertes s'échappent à notre contact, ce qui fait que je retire vivement mon bras de son emprise, et je recule un peu, je vois que lui aussi est surpris. De plus, je m'aperçois avec stupéfaction que sa main et d'une étrange couleur bleue. J'active instantanément ma capacité de ninja sensoriel et découvre avec horreur son immense quantité de charka, à lui et à son vis-à-vis. Je regarde rapidement l'homme en face de lui mais je n'arrive pas à voir son visage qu'il cache parfaitement bien, j'aperçois juste sa peau très pâle et quelques mèches de cheveux noirs.
- Vous êtes qui ? –J'avale difficilement ma salive, et une goutte de sueur coule dans mon dos. En plus de leur quantité astronomique de chakra, ils dégagent quelque chose de sinistre, presque malsain.
- Oh, juste des… marginaux curieux en balade, on va dire. –Sa voix est toujours aussi moqueuse, et cette fois j'ai l'impression qu'il a parfaitement remarqué mon trouble et s'en amuse. Il me semble distinguer des dents pointues sous son chapeau qui ne dissimule pas le bas de son visage qui est tout aussi bleu que sa main.
- Tu parles trop, Kisame. On s'en va. –Dit l'autre homme de sa voix froide.
- On peut même pas s'amuser un peu, hein ? –J'entends un profond soupir théâtral dudit Kisame.
J'ai l'impression que le temps tourne au ralenti quand ils se lèvent et récupèrent leurs affaires, je m'attends au pire. En fait, le plus grand se contente de me frôler en ricanant, et au passage, je remarque son imposante carrure… Et l'autre, plus petit et plus fin m'ignore comme si j'étais une mouche sur un mur. Moi, je reste plantée là, incapable de bouger, je ne remarque même pas la serveuse qui court vers moi avec une serpillière en me demandant si je vais bien. Mais qui sont ces deux-là au juste, et pourquoi j'ai l'impression qu'une chose horrible va se passer ? Qu'est-ce que c'était cette décharge de chakra qui s'est manifestée à notre contact ?
Je reprends mes esprits tant bien que mal, j'aide rapidement la serveuse à nettoyer en m'excusant, puis je rejoins Kafuku assise au fond du restaurant à notre table, qui n'as pas dû voir la scène étrange que je viens de vivre, car elle vient de se rasseoir à l'instant.
- T'en as mis du temps, où sont les bières ? Pourquoi t'es trempée ? –Me harcèle-t-elle.
- Viens Kafuku, je dois te parler immédiatement. –Mon ton est sans appel.
- Mais on a même pas mangé… –Râle-t-elle.
- C'est très important. –J'insiste en la regardant dans les yeux.
Je crois qu'elle a compris que quelque chose ne tourne pas rond en voyant mon air paniqué, elle ne pose pas de question, se contente de plisser les yeux et me suit à l'extérieur de l'échoppe. Je lui raconte alors toute l'histoire qu'elle écoute sans sourciller. Puis, elle semble réfléchir et analyser avec précision tout ce que je lui ai dit, avant de me répondre.
- Kisame tu dis ? Mais pourquoi j'ai l'impression d'avoir déjà entendu ce nom ?
- Je ne sais pas, mais crois-moi, ces deux-là doivent être très puissants et très dangereux, je n'avais jamais ressenti ce genre de chakra, mis à part peut-être le troisième Hokage ou Naruto lorsqu'il s'énerve. C'est terrifiant.
Mais je vois que ma partenaire ne m'écoute plus et qu'elle est perdue dans ses pensées. Soudain, elle relève la tête, semblant avoir une illumination.
- Je sais, suis-moi ! –S'exclame-t-elle subitement, puis, elle commence à dévaler les rues comme une furie et je me lance à sa poursuite.
- Mais qu'est-ce que tu fais ?! Si ces ninjas sont dangereux, on doit les arrêter immédiatement !
- On doit d'abord récupérer des informations sur eux, si c'est vraiment des ennemis.
La course effrénée nous arrête devant la bibliothèque municipale de Konoha après quelques minutes.
- Tu crois que c'est le moment d'aller lire ?
Mais Kafuku ne m'écoute pas, elle fonce tête baissée dans les rayonnages sous les reproches de la bibliothécaire qui demande du silence, et finit par s'arrêter et attraper un petit livre : « Bingo Book », elle le feuillette avidement et s'arrête sur une page en particulier.
- Tiens, le voilà ton grand bleu. Hoshigaki Kisame, nukenin du village de Kirigakure. –Elle pointe fièrement son doigt sur le visage bleuté du shinobi. Je savais bien que ça me servirait un jour de lire tous ces foutus bouquins ! –S'exclame-t-elle.
Je découvre le visage de l'homme à l'épée, que je n'ai pas bien vu tout à l'heure à cause de son chapeau, et suis prise d'un frisson. Il est vraiment effrayant, avec son sourire sadique et ses yeux cruels, presque autant que ses méfaits, si on en croit ce qui est inscrit dans le petit carnet.
« Surnommé le monstre du brouillard, ancien membre des sept épéistes de Kirigakure, Kisame Hoshigaki est un criminel de rang S recherché pour tentative de coup d'état envers le Mizukage et pour le meurtre d'un Daimyô du Pays de l'eau. Après s'être échappé de son village, il rejoignit l'organisation Akatsuki. »
- Bref, un garçon fort sympathique ! –Dit la Jônin aux cheveux gris en relevant la tête.
Je tourne les pages, mais en vain, je n'ai pas assez vu le visage de l'autre pour le reconnaître, et de toute façon on n'a pas le temps.
- On devrait en parler au Sandaime immédiatement, des membres de l'Akatsuki à Konoha, tu te rends compte ? –Je suis vraiment terrifiée par cette nouvelle, mon intuition était bonne, malheureusement.
- Si on lui en parle, il ne nous laissera jamais intervenir ! –Kafuku fait la moue en disant ces mots.
- C'est le dernier de nos soucis, le plus important reste la sécurité du village, occupes toi d'envoyer un clone dans le bureau de l'Hokage pendant que j'active ma capacité…
J'active mon détecteur de chakra pendant que Kafuku crée son clone et je stoppe instantanément mes mouvements, je viens de ressentir le chakra de Kakashi, le frère de Kafuku, ainsi que celui de Asuma et Kurenai-sensei très proche de celui des deux criminels. Que dois-je faire ? Si j'en parle à mon amie, elle va se mettre en danger sans réfléchir aux conséquences pour aller aider son frère. Une goutte de sueur coule dans mon dos, je suis tiraillée, mais je décide de ne pas lui en parler. Voyant mon trouble, Kafuku s'arrête aussi.
- Maguro, quelque chose ne va pas ? –M'interroge-t-elle, suspicieuse.
- Si tout va bien, viens j'ai ressenti le chakra de mon frère pas très loin, on devrait le prévenir, surtout si il est avec sa classe ça pourrait devenir dangereux… –Mens-je en toute connaissance de cause.
Et c'est ainsi que nous repartons pour une course effrénée dans les rues du village. Les habitants ne sont pas plus étonnés que cela et pensent à un énième duel entre rivales, mais l'heure est grave et nous le savons.
J'espère qu'elle ne va pas plus se poser de questions et me dirige vers Iruka qui, fort heureusement est dans une direction opposée aux chakras des nukenin et de Kakashi. Je sais déjà qu'elle m'en voudra à mort de ne pas lui avoir dit la vérité, mais je pense qu'elle comprendra que c'était pour la protéger…
On se retrouve rapidement dans un parc, ou j'aperçois Iruka en train de crier sur les enfants qui se bousculent et jouent sur le toboggan, si la situation n'avait pas été aussi critique, j'aurais pu avoir un sourire… Mais maintenant mon objectif est de gagner du temps, non pas que je ne veuille pas sauver Kakashi, mais je ressens déjà le chakra de Gai-sensei qui s'est joint aux autres Jônin, je décide de faire confiance aux senseis du village pour le moment.
J'interpelle mon frère et quand il me voit, son regard se voile légèrement et il me prend dans ses bras sans un mot. Je me demande pourquoi il a cette réaction étrange, mais je n'ai pas le temps de le questionner là-dessus alors je me dis que je lui ai simplement manqué.
- Iruka, on a besoin de ton aide, on pense que des ninjas dangereux sont dans le village…
- Expliquez-moi.
On lui explique rapidement l'histoire sans perdre trop de temps et on se remet en route tous les trois, plus on avance et plus je me demande comment je vais me sortir de ce mauvais pas. Si j'emmène mon frère et ma meilleure amie dans un combat mortel, je m'en voudrais toute ma vie, mais d'un autre côté, en tant que ninja de Konoha, si je ne défends pas le village je ne pourrais plus me regarder en face.
Finalement, c'est Aoba-senpai qui me sort de cette situation délicate, en effet, le shinobi aux lunettes de soleil nous intercepte et nous explique qu'il était en train de s'entraîner quand il a activé sa détection et a senti deux chakras menaçant se battre contre plusieurs ninjas, à l'ouest du village, cela ne m'étonne pas de celui qui m'as appris à utiliser correctement ma sensorialité. Il nous indique également qu'il a prévenu les membres de l'anbu avec l'un de ses clones, mais qu'ils étaient déjà en route, grâce au clone de Kafuku, envoyé quelques minutes plus tôt.
On se remet en route sans tarder, et je sais que je n'ai plus le choix, le combat est inévitable, je déglutis difficilement à cette pensée, j'espère que je pourrais protéger tout le monde.
Mais lorsque l'on arrive sur place, aucune trace des deux nukenins, juste Asuma, Kurenai et Gai autour de Kakashi allongé par terre, blanc comme un linge et qui a l'air très mal en point. Kafuku se jette sur son frère, mais celui-ci ne réponds pas, il est stoïque, comme pétrifié. Les autres nous expliquent qu'il a subit un terrible genjutsu, et qu'il est dans cet état depuis, mais je n'ai pas le temps de me poser plus de questions, qu'une tête grise me fonce dessus.
- Espèce de… Tu le savais ! Tu savais qu'il se battait contre eux et tu n'as rien dit !
Je baisse la tête, et acquiesce… Qu'est-ce que je peux faire d'autre de toute façon ?
- Je suis désolée…
Aoba éloigne calmement Kafuku de moi et va discuter avec elle un peu plus loin. Je ne lui en veux pas, c'est à moi que j'en veux, j'ai encore tout gâché pensant éloigner mon amie d'un danger potentiel, c'est Kakashi qui se retrouve dans cet état par ma faute. Je sens une main sur mon épaule, c'est mon frère bien évidemment, je n'ai même pas besoin de parler qu'il sait déjà comment je me sens.
- Je comprends pourquoi tu as fait ça, Mag', arrête de te flageller pour des choses qui me dépendent pas de toi.
- Mais, et si Kakashi ne s'en sors pas ? –Ma voix se brise en un murmure.
Je suis vraiment stupide, à vouloir protéger tout le monde, je fais les mauvais choix. Mes doutes et mon insécurité disparaissent au moment où Iruka me prends dans ses bras et me serre contre lui.
- Il va s'en sortir, d'accord ? –La voix de mon frère me rassure un petit peu.
Les anbus arrivent à cet instant et posent des questions aux shinobis présents lors de l'attaque, j'écoute d'une oreille distraite, de ce que je comprends, ils étaient là pour capturer Naruto, et l'Akatsuki serait intéressée par les Bîjû et leurs Jinchuriki. J'apprends également l'identité de l'autre homme : Uchiha Itachi, ancien anbu du village qui a décimé tout son clan sauf son petit frère Sasuke, l'ami de Naruto.
Uchiha Itachi et Hoshigaki Kisame, deux membres de l'organisation Akatsuki sont entrés dans le village sans le moindre effort, et cette pensée m'arrache un frisson, sommes-nous vraiment en sécurité à Konoha ? Que va-t-il se passer par la suite ? Quelque chose me dit que ce n'est que le début, et que l'on va très rapidement réentendre le nom « Akatsuki ».
Je passe le reste de la journée à errer, l'âme en peine, dans un coin tranquille près du fleuve qui traverse la forêt de Konoha. C'est un de mes endroits favoris du village, c'est calme, boisé et le bruit de l'eau qui suit son cours m'apaise. Je sais que je dois arrêter de m'en vouloir comme me l'a conseillé Iruka, mais c'est plus fort que moi, je n'arrête pas de penser à ce qui se serait passé si Kafuku et moi nous avions foncé tête baissée vers le danger, est-ce qu'on aurait pu sauver Kakashi de ce genjutsu, ou est-ce qu'on aurait juste empiré la situation ? Est-ce que l'état de Kakashi va s'arranger ?
Des bruits de pas derrière moi interrompent le cours de mes funestes pensées. J'active instantanément ma détection et…
- Kafuku ? –Dis-je d'un air étonné, en baissant ma garde. Je suis désolée pour ton frère, je ne pensais pas que… –Je me mets à déblatérer les mots à une vitesse folle mais elle m'interrompt.
- Calme-toi, je sais pourquoi tu as fait ça, et je le comprends maintenant avec un peu de recul.
- Comment va-t-il ? –Demandais-je, inquiète.
- Les ninjas médecins ont dit qu'il allait s'en sortir, mais il aura besoin de beaucoup de repos.
- Tant mieux. –Je pousse un profond soupir de soulagement.
- Mais Maguro, tu dois me promettre de me faire confiance la prochaine fois d'accord ?
- C'est promis.
On passe la fin de la journée ici, à parler de choses et d'autres en essayant de se changer les idées et d'oublier l'attaque de l'Akatsuki sur le village et l'état critique de Kakashi. Après tout, nous sommes encore des adolescentes et nous n'avons pas connu la guerre, l'insouciance a laissé place à la peur dans nos esprits, est-ce que c'est ça de devenir adulte ?
Ce soir-là sur le chemin vers mon appartement que je partage avec Iruka, je me dis que j'ai eu énormément de chance que ces deux criminels ne me tuent pas, ils auraient pu raser l'échoppe en deux secondes mais ils ne l'ont pas fait, pourquoi ? Ce Itachi, il était originaire de Konoha, peut-être qu'il avait l'habitude de venir dans ce restaurant ? Pourquoi avoir pris le temps d'être sentimental alors qu'ils étaient en mission pour enlever Naruto… Quel est leur réel but avec les Bîjû ?
C'est mon frère qui me sort de ma rêverie alors que mes pas m'ont guidée toute seule jusqu'à chez nous.
- Mag', je dois te parler de quelque chose... –Je sens au ton de sa voix qu'il y a un problème.
- Qu'est-ce qu'il se passe ?
- Pendant ton absence, le village a été attaqué par Orochimaru et ses ninjas du Son… Ils ont infiltré le tournoi des Chunin et l'ont saboté. Le Sandaime, il… Il est mort en protégeant le village... Je suis désolé. –Sa voix se brise en un murmure.
Je fonds alors en larmes dans ses bras sous la nouvelle, et nous pleurons tous les deux un long moment sans pouvoir parler… Nous étions très proches de Sarutobi-sama, il nous a beaucoup aidés à la mort de nos parents, et il faisait presque partie de la famille. Je m'en veux de ne pas avoir été là, même si je sais pertinemment que je n'aurais rien pu faire face à un Sanin légendaire, j'ai la rage. Ce cauchemar ne s'arrêtera donc jamais ? Entre Orochimaru et l'Akatsuki, nous sommes en grave danger, j'en ai maintenant pleinement conscience.
Je vais ensuite me coucher sans avoir pu rien avaler et je m'endors en pleurant, cette nuit-là je rêve de serpents, de volutes de chakra vertes et d'épée vivante…
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