Note : Bonne lecture à tous !
Chapitre 4 : Première nuit et premier jour
…
En quittant la Grande Salle, Jeanne dut faire des efforts pour ne pas perdre de vue Horo-Horo au milieu de la masse grouillante d'élèves. Dans le grand hall en particulier, au milieu de tous les étudiants plus âgés, Jeanne se sentit toute petite et s'aperçut assez vite que ses « s'il vous plaît » polis n'avaient aucun effet. Le plus simple aurait été de longer les murs mais Horo-Horo traversait la marée sans ralentir et elle dut se faufiler pour le suivre. En le voyant disparaître, elle eut un bref instant de panique qui la fit se jeter en avant, bousculant un peu les élèves qui l'entouraient.
— Pardon, pardon, marmonna-t-elle en cherchant Horo-Horo.
Un brun avec des boucles d'oreille haussa un sourcil alors qu'elle le dépassait une blonde avec des couettes lui lança un regard noir.
Elle repéra soudain avec soulagement son guide qui contournait le grand escalier de marbre et courut presque jusqu'à lui. Elle le rattrapa alors qu'il s'engageait dans un couloir désert et fronça les sourcils en se demandant pourquoi ils n'avaient pas suivi le flot d'élèves vers les étages supérieurs.
— C'est un raccourci pour aller directement au quatrième étage, lui sourit Horo-Horo avec un clin d'œil en soulevant une tapisserie.
Jeanne ouvrit de grands yeux surpris en découvrant un escalier en colimaçon à la place du mur de briques qu'elle s'attendait à trouver.
— Tu vas voir, Poudlard c'est un vrai labyrinthe et tu vas sûrement te perdre plein de fois au début, mais on finit par s'y faire. Quand tu es égarée, n'hésite pas à demander leur aide aux tableaux.
Jeanne hocha la tête pour montrer qu'elle avait enregistré le conseil.
— Horo !
Juste avant qu'ils ne montent l'escalier, ils virent arriver vers eux un jeune homme aux cheveux verts en pagaille mais à la robe de sorcier impeccablement repassée, ce qui ne s'appliquait pas à celle du Gryffondor.
— Tiens, salut Lyserg. Manta n'est pas avec toi ?
— Il est préfet, il escorte les première année.
— Ah oui c'est vrai, se rappela Horo-Horo.
Jeanne s'avança pour rappeler qu'elle était là et adressa un regard en coin à son camarade pour qu'il la présente.
— En parlant de première année, voici Jeanne, reprit Horo-Horo. Jeanne, je te présente Lyserg. Serdaigle. Et sixième année comme moi.
— Ravi de faire ta connaissance, la salua Lyserg avec un sourire doux.
— Moi de même, s'empressa de répondre Jeanne, déstabilisée par son sourire.
Il était indéniablement beau. Charmant même. Avec de grands yeux verts malicieux et un sourire sincère. Jeanne l'apprécia immédiatement.
Horo-Horo emprunta le passage secret et Lyserg s'inclina pour la laisser passer devant lui. Toute ravie de cette marque de galanterie, Jeanne le précéda dans l'escalier en se tenant au mur pour ne pas tomber.
— Comment se fait-il que tu n'aies pas suivi le préfet de ta maison ? demanda Lyserg dans son dos.
— Je ne les ai pas vus partir, avoua la jeune femme.
— Heureusement que Horo était là pour venir à ton secours, se moqua doucement le Serdaigle.
— Fiche-toi de moi, je te dirai rien, bougonna Horo-Horo devant eux.
Lyserg rit, d'un rire clair et léger qui combla Jeanne. Un peu plus et elle était sous le charme.
— Tu as entendu Rakist, dis ? lança Horo-Horo. Il n'y a que les élèves majeurs qui pourront participer au tournoi, c'est totalement injuste ! râla-t-il.
— C'est plus raisonnable. Les épreuves peuvent être dangereuses. Autrefois, il y avait des morts.
— Des morts ? répéta Jeanne, choquée.
— Ne t'inquiète pas, ce n'est plus le cas, la rassura Lyserg. Toutes les précautions sont prises pour que cela n'arrive plus. La sécurité est une des priorités des professeurs et du Ministère, faute de quoi ils ne pourraient pas maintenir le tournoi.
— J'arrive toujours pas à croire que ce soit interdit aux moins de 17 ans. Je les aurai dans trois mois ! Dire que Yoh va pouvoir participer, lui…
Jeanne plissa les yeux. Le nom lui disait quelque chose mais elle ne savait plus où elle l'avait déjà entendu.
Alors qu'ils émergeaient dans un couloir du quatrième étage, elle masqua un bâillement d'une main et cligna plusieurs fois des yeux pour s'habituer à la luminosité.
— Je vais vous laisser là, c'est plus court pour moi par là-bas, leur signala Lyserg. Au fait, ajouta-t-il à l'intention de Horo-Horo, Choco m'a demandé de te dire que le mot de passe des Gryffondor c'est « Multipliettes ».
— Comment il le sait d'abord ? Et d'où il te l'a dit à toi, alors que tu n'es pas un Gryffondor non plus ?
— Tu le connais, il sait toujours tout, répondit simplement Lyserg avec un sourire. Bonne soirée.
Le Serdaigle s'éloigna en leur faisant un petit signe de la main et Jeanne répondit comme une automate.
— Bonne soirée.
Elle commençait à avoir l'esprit en coton et il ne lui tardait plus qu'une seule chose : s'effondrer dans un lit. À côté d'elle, Horo-Horo grommela à voix basse avant de reprendre le chemin de la salle commune de Gryffondor. Jeanne le suivit dans le dédale de couloirs et d'escaliers, continuant de monter dans les étages.
— Il y a plus de cent escaliers à Poudlard, la berçait la voix de son condisciple. Et ils aiment bien changer de place. Autant te dire que tu vas galérer les premiers jours. Il m'a fallu une semaine entière avant de réussir à connaître le chemin tout seul entre la salle commune et la Grande Salle.
Enfin, sans qu'elle ne sache comment, les deux jeunes gens se retrouvèrent devant le portrait d'une très grosse dame toute vêtue de rose.
— Multipliettes, lança Horo-Horo au portrait.
Le tableau pivota alors et Jeanne put découvrir un trou circulaire dans le mur. Horo-Horo en enjamba le rebord et elle l'imita pour se retrouver dans une grande salle ronde accueillante, tapissée de rouge et d'or. Son regard se perdit sur une cheminée dans laquelle ronflait un feu.
— Retiens bien le mot de passe : Mutlipliettes, lui intima Horo-Horo. Bon, sinon bienvenue dans la salle commune des Gryffondor. Ton dortoir doit être en haut de cet escalier. Les noms des élèves sont marqués sur les portes. Normalement les première année c'est au premier étage.
Jeanne acquiesça d'un hochement de tête.
— Tu tombes de fatigue, ma pauvre, se moqua gentiment Horo-Horo. File te coucher. Demain matin ils distribueront les emplois du temps pendant le petit déjeuner.
— D'accord, marmonna Jeanne.
— Bonne nuit, la salua son condisciple en la poussant gentiment vers l'escalier menant au dortoir des filles.
— Bonne nuit.
Elle monta la première marche.
— Horo, le rappela-t-elle dans un éclair de lucidité. Merci.
— Pas de quoi, lui sourit le jeune homme avant de prendre la direction de son propre dortoir.
Jeanne monta l'escalier en colimaçon et trouva dès le premier pallier une porte avec son prénom dessus. Elle ne fit pas vraiment attention aux autres noms et poussa le battant. Le dortoir était vide ; elle était la première arrivée.
Repérant sa valise au pied d'un des lits, elle n'y réfléchit pas à deux fois et se dirigea vers lui. En deux temps trois mouvements, elle avait enfilé son pyjama et s'était glissé sous les couettes. Elle s'endormit si vite qu'elle n'entendit pas ses camarades de dortoir lorsqu'elles débarquèrent dix minutes plus tard.
…
Le lendemain matin, malgré toutes les questions qu'elle pouvait avoir vis-à-vis du tournoi des trois sorciers et de l'intrusion de Marco dans sa scolarité, c'est toute joyeuse que Jeanne suivit le préfet de Gryffondor avec ses camarades de dortoir pour se rendre à la Grande Salle. Cependant, dès qu'elle y fut arrivée, elle avisa les cheveux roses de Tamao à l'autre bout de la table et abandonna ses condisciples pour aller s'asseoir à côté d'elle.
— Salut, fit-elle gaiement en prenant place à ses côtés.
La jeune femme, qui faisait distraitement tremper son croissant dans son chocolat chaud en semblant perdue dans ses pensées, sursauta en la voyant arriver.
— Oh… heu… bonjour, la salua-t-elle maladroitement en rougissant.
Elle baissa immédiatement les yeux. Jeanne n'avait jamais vu quelqu'un d'aussi timide. Était-ce pour cela qu'elle était seule à table ?
— Je ne savais pas que tu étais en quatrième année, engagea-t-elle la conversation tout en attrapant la confiture de figues.
— J-je suis d-désolée, rougit derechef Tamao.
— Oh non ne le sois pas ! Ce n'est pas grave ! dit très vite Jeanne qui n'avait pas voulu la mettre mal à l'aise. Je suis contente que tu sois aussi à Gryffondor. Enfin moi d'y être aussi, parce qu'en fait tu y étais avant moi. Bref d'être avec toi.
Jeanne pensait avoir réussi à se dépatouiller avec sa formulation et Tamao semblait avoir compris mais elle ne cessa pas de rougir pour autant. La couleur sur ses joues s'était peut-être même accentuée.
— Tamao.
Les deux Gryffondor se retournèrent vers Silva qui venait de les rejoindre.
— Voici ton emploi du temps. Quant à Jeanne…
Il chercha quelques secondes parmi ses parchemins avant de mettre la main sur celui de la jeune fille.
— Le voici, lui déclara-t-il en le lui tendant avec un sourire.
— Merci, s'exclama Jeanne en le lui arrachant presque des mains, toute excitée.
Enchantements, botanique, astronomie, métamorphoses, défense contre les forces du mal, potions, histoire de la magie, vol… Les noms des matières paraissaient tellement chouettes !
Curieuse, Jeanne jeta un coup d'œil à l'emploi du temps de sa voisine de table et aperçut les mentions « divination » et « runes » qui n'apparaissaient pas sur le sien.
— Divination ? s'interrogea-t-elle à voix haute.
— C'est une o-option, bafouilla Tamao.
— Tu peux choisir des options ? s'étonna Jeanne.
— Oui, à p-partir de la t-troisième année, lui apprit sa condisciple.
— Oh.
Toujours comparant les deux emplois du temps, Jeanne allait faire remarquer que les cours de vol ne figuraient pas sur celui de Tamao mais fut coupée dans ses pensées par l'arrivée bruyante d'une multitude de hiboux. Ils allèrent tour à tour se poser sur les tables pour apporter leur courrier aux élèves et Jeanne songea qu'elle n'avait pas encore écrit à Marco. À vrai dire, elle n'était pas sûre d'en avoir envie. Pourtant, ce ne serait pas correct de ne pas l'informer de sa répartition à Gryffondor. Il faudrait qu'elle pense à lui envoyer Shamash dans la journée.
Après le petit-déjeuner, Tamao escorta Jeanne jusqu'à sa classe de potions et s'éclipsa sur un petit salut. Fébrile, Jeanne assista sans broncher à la présentation du professeur Namari Pache qui leur détailla le programme de l'année scolaire et commença une leçon théorique sur les différents types de chaudron. Jeanne compris à ce moment-là pourquoi Silva leur avait conseillé le premier jour de retenir leurs prénoms plutôt que leurs noms. Entre lui-même, Rutherfor et Namari, il y avait déjà au moins trois professeurs qu'il aurait fallu appeler « professeur Pache ».
Avec les autres élèves de son année, ils tentèrent ensuite tant bien que mal de se rendre à leur cours d'histoire de la magie et la moitié du temps était déjà écoulé lorsque enfin ils trouvèrent la salle de classe où les attendait en ronchonnant le professeur Avaf. Jeanne n'en revint pas en découvrant qu'il s'agissait d'un fantôme à demi-nu, vêtu comme les anciens mayas, mais elle n'eut pas le temps de trop s'y attarder car il démarra aussitôt son cours et elle dut se dépêcher de sortir plume et parchemin pour prendre des notes.
Retrouver la Grande Salle pour le repas du midi ne fut pas trop difficile, de même que se rendre sur le terrain de Quidditch l'après-midi pour leur premier cours de vol sur balai. Jeanne détailla par en-dessous Hans Reiheit qui, avant d'être professeur à Poudlard, avait été un célèbre joueur de Quidditch et un ami proche de Marco, mais celui-ci commença son cours normalement sans faire mine de l'avoir reconnue.
Jeanne rayonna de bonheur lorsque le balai sauta dans ses mains dès qu'elle lui lança un « debout » autoritaire et regarda ses camarades peiner sans être peu fière. Les quelques secondes qu'elle passa en suspension dans l'air lui firent monter l'adrénaline et lui procurèrent une joie immense. Jamais Marco ne lui aurait permis cela. D'ailleurs, le vol sur balai n'était pas enseigné à Beauxbâtons avant la troisième année. Quel plaisir d'étudier à Poudlard !
Jeanne dîna avec ses camarades de dortoir le soir-même. Les trois filles qui dormaient avec elles s'appelaient respectivement Susan, Ann et Padma. Elles étaient comme Jeanne, éblouies d'être là, anxieuses, excitées, curieuses. Cependant, en apercevant la jolie frimousse de Tamao plus loin à table, Jeanne sentit l'irrésistible envie d'aller la voir pour lui raconter sa journée. Elle n'en eut cependant pas l'occasion et se promit de petit-déjeuner avec la jeune femme le lendemain matin.
Avant de se coucher, elle ratura une dizaine de brouillons pour Marco. Elle n'arrivait toujours pas à savoir quoi penser par rapport à ses cachotteries pour le tournoi des trois sorciers. En même temps, songea-t-elle, peut-être le tournoi était-il l'unique raison pour laquelle il avait fini par accepter qu'elle vienne à Poudlard.
À cette idée elle se sentit toute triste et jeta un regard noir à sa plume.
— J-Jeanne ?
Elle releva la tête vers Susan qui n'osait pas s'approcher d'elle, toute timide.
— Est-ce que… est-ce que tu veux bien m'apprendre à écrire avec une plume et un encrier s'il te plaît ?
La jeune fille semblait perdue et Jeanne, toujours prête à aider son prochain, accepta aussitôt.
Elle passa une heure à expliquer à sa camarade quand reprendre de l'encre, comment tenir sa plume au mieux et comment tracer les lettres le plus vite et efficacement possible. Quand elles eurent fini, Susan la remercia avec un sourire immense et toutes deux s'écroulèrent sur leurs lits.
Jeanne pourrait bien attendre le lendemain matin pour écrire à Marco.
Note :
Remerciements spéciaux à Rain qui s'est demandée si Horo connaîtrait le mot de passe et sans qui il n'y aurait pas eu le petit échange à ce sujet entre Horo et Lyserg. Après tout Horo pu tout simplement le demander à un préfet ou une préfète de Gryffondor lors du trajet en diligence ou pendant le banquet. Mais en réfléchissant à la question, notre as de l'information qu'est Chocolove s'est imposé dans mon esprit et tadaa !
Avez-vous trouvé les Charlies du chapitre ? Qu'en avez-vous pensé ? J'espère que ça vous a plu en tous cas et je vous dis à bientôt !
