Glisse, fond, colle, coule. Elle salie, soutient, accompagne, vis. Sous nos pas, dans les champs. C'est la terre.

Tony relève la tête alors que son souvenir s'estompe. Il a les mains sales et le cœur encore plus.

C'est comme plonger les deux mains dans une flaque de boue. On se sent stupide, sale, souillé. Et pas mieux pour autant.

Tony est pareil en fait. Il a les deux mains dans ses souvenirs poisseux, honteux, et il n'arrive pas à se laver. Il se sent sale.

Il sait pourtant qu'on peut bâtir des choses avec la terre. Oui mais voilà, que peut-on bâtir sur des souvenirs écœurants qui vous tordent les tripes chaque seconde que vous passez à vous les remémorer ?

Alors Tony se roule en boule dans son coin et attend. Il attend que ça passe, que ça casse. Il attend d'oublier et de se laver.

Mais les souvenirs sont comme la boue. Ils sont tenaces, collants.

Et bon dieu, Tony ne s'en débarrasse pas.