Disclamer : Les personnages appartiennent à Masami Kurumada.

Sunny : Merci beaucoup ! Oui, même si Milo a été déçu de ne pas parvenir à briser la carapace de Camus, il semble que tout ne soit pas perdu pour lui, la suite nous le dira. Quand à Mika, qui mieux que lui peut affronter un sauvage tel qu'Angelo ? Merci encore et voici la suite avec un peu de retard. Bisous

Bonne lecture à tous


Chapitre 4

Ancien studio de Kanon

Kanon surveillait le gamin pendant qu'Angelo prenait une douche. Lui-même en avait grand besoin. Le transport du blessé s'était révélé fort difficile et délicat car il avait fallu éviter de le bouger trop brusquement, aux risques de rouvrir ses plaies.

Ils avaient installé leurs deux invités dans l'ancien appartement de Kanon, avant qu'il n'emménage avec ses amants. Son frère et Mikael avaient acheté pour lui deux ans plus tôt quand les deux jumeaux s'étaient enfin retrouvés après quelques années de brouilles. Ils avaient tous deux depuis longtemps oubliées ces difficiles passages de leur vie et qui concernaient alors le choix de carrière du cadet, jugé trop dangereux par son aîné.

L'appartement se situait deux étages plus haut et n'était qu'un studio, mais bien suffisant pour le temps qu'y passait Kanon entre deux missions et il avait le gros avantage d'être relié par un téléphone interne à l'appartement principal. En cas de problème, il suffirait à Angelo de composer le zéro pour les joindre. Kanon lui avait installé également un ordinateur portable qu'il pourrait utiliser à sa guise.

L'italien sortit de la salle de bain, vêtu de propre avec des vêtements du grec. Le peu de sommeil qu'il avait pris là-bas et la douche semblait lui avait fait du bien, mais ses traits tirés soulignaient encore son immense fatigue :

- Tu devrais dormir un peu, lui conseilla Kanon en se levant. En cas de soucis appelle, je reste à l'appartement ce soir.
- Kanon…

Ce dernier déjà à la porte se retourna :

- Comment te remercier ?
- Pour lui, c'est surtout Saga et Mikael qu'il faut remercier et pour le reste, on est amis non ?

La porte claqua avant qu'il n'ait pu répondre et il ne chercha pas à le retenir. Il n'y avait qu'un lit deux places sur lequel était déjà Shiryu. Alors, avec précaution, il vint s'allonger à ses côtés et lui prit la main. Se sentant en sécurité pour la première fois depuis ce qui lui paraissait être une éternité, il sombra rapidement dans le sommeil.

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Hôpital Lariboisière

Quand Shion et Dohko arrivèrent en courant dans le couloir qui desservait la chambre de Mu, la panique y régnait. Cris, pleurs, famille en visite compléments affolée, patients qui faisaient des syncopes à tour de rôle et personnel médical qui essayaient de trier, calmer et de soigner sans grand succès, apparemment. Plusieurs blessés, victimes de balles perdus, gisaient encore dans le couloir dans des marres de sang et les agents de sécurités arrivaient tout juste sur les lieux pour tenter d'y mettre un peu d'ordre.

Shion fit abstraction de tout cela pour foncer dans la chambre de son frère qu'il eut bien du mal à atteindre. Dohko, lui, prit le temps de chercher l'allié que Shion lui avait signalé dans la voiture en lui faisant un bref résumé de la situation, et repéra très vite un jeune homme blessé d'un balle dans l'épaule visiblement. Il se dirigea et se pencha sur lui. Retrouvant ses automatismes de chef de section et toute l'autorité qui allait avec, il l'interrogea sommairement pour avoir une idée de la situation exacte. Ce dont il doutait que Shion puisse faire à cet instant précis :

- C'est bien toi qui gardais la chambre ?
- Qui êtes-vous ?
- Je suis avec Shion, je travaille avec vous ! Nous arrivons tout juste du bureau ! Où es Milo ?

L'homme dut juger qu'il savait assez de chose, après tout seul les membres de l'organisation connaissaient le nom de Shion qu'il venait de voir passer, car il parla :

- Les sous-sols ! Il l'a emmené dans les sous-sols ! Dépêchez-vous, j'en ai eu un mais ils sont encore trois ! Il ne s'en sortira pas tout seul !
- Les ascenseurs ?
- Au bout du couloir, à droite !
- Ça va aller pour toi ?
- Ça ira, foncez !

Dohko obéit et fonça donc à son tour. Il retrouva Shion dans la chambre vide de Mu. Le grec semblait figé regardant l'emplacement où aurait dû se trouver le lit, dans un était second. Le choc. Dohko ne perdit pas de temps, il ferma la porte, baissa le store les séparant du couloir et se plaçant devant lui, il lui asséna une gifle magistrale :

- Reprends-toi Shion !
Le grec sortit enfin de sa torpeur :
- Ils l'ont repris Dohko ! Ils m'ont repris mon frère ! On n'a pas été assez rapide ! Je ne le reverrais jamais plus ! s'écria-t-il en l'agrippant violement aux épaules.

Le japonais n'hésita qu'un quart de seconde avant de le plaquer contre le mur et de lui clouer le bec en l'embrassant violement et passionnément. Ce qui calma instantanément le grec qui écarquilla les yeux de surprise avant d'approfondir le baiser un court instant :

- Tu m'écoutes maintenant ? demanda Dohko essoufflé en écourtant l'étreinte et en plantant ses yeux dans les siens, le maintenant toujours fermement.
- Oui, souffla Shion.
- Milo a emmené Mu dans les sous-sols, il est seul contre trois. Tu te sens d'attaque ?
- Oui ! répondit Shion ayant retrouvé tout son sang-froid.
- Alors on y va ! répondit Dohko en le libérant et en ouvrant la porte pour le guider dans le couloir.

Armes en main, ils prirent l'ascenseur vers les sous-sols. Juste avant que les portes s'ouvrent vers la bataille, Shion s'approcha de Dohko :

- Encore un peu de force serait trop te demander ?
- Tant que tu veux… murmura le japonais en capturant les lèvres offertes, le temps d'un court instant. Mais tellement bon.

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Appartement des jumeaux et de Mikael

Quand Kanon regagna enfin l'appartement, son frère et Mikael discutaient boutique devant une tasse de café. Sûrement le traitement du gamin deux étages plus haut. Ne voulant pas les interrompre, il se glissa sans bruit jusqu'à la salle de bain, où, après quelques hésitations, il se fit couler un bain dans l'immense baignoire ronde, trônant au milieu de la pièce. Un caprice de Mikael qui voulait pouvoir prendre son bain, accompagné au besoin, et que leurs moyens, à lui à son frère, pouvaient largement permettre.

Se plongeant dans l'eau bienfaitrice pour son corps, il s'allongea et s'adossa au rebord, ferma les yeux et laissa ses pensées vagabonder.

Son présent, son équilibre et son bonheur actuel, il les devait à ces deux hommes dans le salon. Si l'un était son jumeau quitté dix ans plus tôt suite à une dispute idiote, l'autre il ne l'avait rencontré que deux ans auparavant, quand il avait enfin retrouvé son frère, dans des circonstances tragiques, bien sûr. Comment en aurait-il pu être autrement, têtus et bornés comme ils l'étaient l'un et l'autre comme leur faisait souvent remarquer Mikael. Le parfait reflet de l'autre, à quelques différences près. Différences qui les avaient séparées et déchirées pendant huit longues années.

Cette scène-là, il ne l'oublierait jamais et savait aujourd'hui qu'il en était de même pour son aîné. Ils avaient grandi et évolué ensemble, côte à côte, sans jamais se séparer. Oh, leurs parents avaient bien essayé, mais c'était peine perdue, ils trouvaient toujours un moyen de se retrouver quels que soient leurs efforts. Ils avaient tout découverts ensemble, les premières joies d'enfant, les premières déceptions aussi, les premières peines de cœur, tout comme leurs corps d'adolescents. Là où d'autres auraient vu l'inceste, eux ne voyaient qu'amour et besoin de l'autre. Pourtant, ils firent chacun leurs propres expériences, mais finissaient invariablement par revenir l'un vers l'autre. Blessé souvent, incompris parfois ou trahi à d'autres moments.

Et puis, ils avaient atteint ce moment où il leur fallut bien choisir un métier, leur future profession. Leur père étant ambassadeur de leur pays natal, la Grèce, il était voué à y retourner un jour. Pourtant c'est ici en France dans ce pays d'accueil, qu'ils se sentaient chez eux. Saga avait depuis longtemps décidé de devenir médecin, quand à Kanon, il hésitait encore. Les disputent commencèrent quand il parla de devenir policier.

Le refus catégorique de son aîné forgea la certitude, idiote, il le reconnaissait aujourd'hui, qu'il avait fait le bon choix et par pure obstination, il n'en démordit jamais. De disputes en disputes, ils finirent par s'éloigner l'un de l'autre, fragilisant pour la première fois le lien qui les unissait. Jusqu'à ce fameux soir où Saga sous l'emprise de l'alcool, lui avait dit des choses qu'il ne pensait pas et regretterait amèrement pendant les huit prochaines années. La nuit même, Kanon quittait le doux confort familial pour survivre seul et se tracer sa propre voix laissant juste un mot écrit à la hâte à son aîné « Je te prouverais que tu as tort ! ».

A partir ce cet instant, Kanon ne donna plus aucun signe de vie, que ce soit à ses parents, ou à son aîné. Ce qu'aujourd'hui, lui aussi regrettait amèrement, car la mort tragique de ses parents quatre ans plus tôt dans un accident d'avion, il ne l'apprit que plus de six mois plus tard lorsque qu'il revint enfin d'une longue mission à l'étranger. Par une dépêche officielle qu'un de ses supérieurs de l'époque avait jugée bon de lui laisser sur son bureau, accompagnée d'une courte lettre de son aîné. Un sentiment de tristesse s'empara de lui à ce triste souvenir :

- A quoi tu penses Trésor ?

Il ouvrit les yeux pour tomber dans les turquoises de Mikael qui le regardait, tête bêche penchée juste au dessus de lui :

- A rien… ou a tout…

Le suédois se releva et se déshabilla rapidement pour le rejoindre dans l'eau chaude, s'insinuant d'autorité entre ses jambes pour s'allonger sur lui, faisant reposer sa tête sur son torse :

- Mais encore ?
- A mon passé, si tu tiens à le savoir, répondit Kanon en caressant machinalement le corps contre le sien.
- Ton passé ? intervint Saga en entrant. Et quel parti de ton passé peut t'arracher une telle tristesse ? Un seul regard suffit à l'aîné pour comprendre. Arrêtes ! cria-t-il. Tu n'étais même pas en France ! Tu ne pouvais pas savoir !
- Mais tu m'en as voulu non ?

Saga soupira et se dévêtit à son tour pour les rejoindre dans la baignoire qui pouvait largement les accueillir tous les trois. D'autorité lui aussi, il se glissa derrière son cadet, prenant sa place contre le rebord. Ils se retrouvèrent alors dans une position qu'ils affectionnaient tous les trois, bloquant entre deux le plus fragile du moment, et à cet instant précis Kanon :

- Je t'ai déjà raconté non ? reprit-il doucement en calant ses jambes contre les cuisses de Mikael qui se mit à le caresser. J'étais perdu, en colère contre la terre entière, seul contre la machine infernale de l'administration grecque qui ne voulait pas faire de vagues inutiles, comme il disait, en déclanchant une procédure pour te mettre la main dessus. J'avais juste quelques jours pour vider l'appartement, organiser les funérailles qu'il m'avait si généreusement offert de payer, se souvint-il amèrement. En une soirée, ma vie s'est écroulée, j'avais un furieux besoin de te voir, de te sentir là, mais tu t'es révélé impossible à retrouver… Comment aurais-je pu savoir que tu te trouvais dans un pays lointain à poursuivre une mission importante et que tu ignorais même ce qui venait de se produire ? Pour moi c'était tout simplement inimaginable… et quand ce mec, ce policier m'a enfin reçu pour m'entendre, la colère que je ressentais avait atteint son paroxysme. Ce mot, je l'ai écris dans cet état d'esprit, me repassant ces funérailles où je me m'étais senti si seul au monde au milieu de tous ces gens officielles et hypocrites, qui pour la plupart ne connaissait même pas nos parents…

Doucement, Saga avait dégagé la nuque de son jumeau, glissant son imposante chevelure sur le côté pour caresser tout à son aise le cou dans son entier, y parsemant de temps à autre, tout au long de son discours, des baisers apaisants :

- Tu ne m'as jamais raconté l'après, murmura Kanon.
- Ça, je peux le faire, intervint Mikael en se mouvant contre lui pour se retourner et leur faire face, s'asseyant en se glissant dans la double paire de jambes entremêlées des jumeaux, se glissant contre le cadet, jusqu'à ce que son bassin vienne se caler contre le sien et que ses bras puissent se glisser contre les deux corps qu'il aimait tant. C'est juste après ce drame que je l'ai rencontré justement, se remémora-t-il à son tour, tous en prodiguant de douces et apaisantes caresses à son tour. Il venait d'être embauché en tant qu'interne urgentiste à l'hôpital, j'étais déjà en chirurgie mais je le croisais souvent quand je descendais examiner les patients. Il était si sérieux et si triste… J'avais remarqué qu'il ne se laissait pas approcher et pourtant, c'était vers lui que se tournaient tous les gens en quête de réponse. Il avait déjà cet incroyable sang-froid et ce calme en toutes circonstances. Et il m'a fallut m'armer de patience pour découvrir la fragilité qu'il dissimulait si habilement sous cette carapace d'indifférence. Et puis, un jour je l'ai vu sourire.
- C'était le jour où j'avais trouvé tes fleurs au cimetière, sur la tombe de nos parents, expliqua Saga.
- Et c'est ce jour-là que je suis tombé amoureux de lui, conclut Mikael en commençant à savonner le ventre du cadet car l'eau refroidissait déjà.

Ils continuèrent à discuter en se remémorant ces événements et en en profitant pour se laver mutuellement, n'oubliant pas les gestes tendres et aguicheurs au besoin, aiguisant leurs sens à tous les trois dans un jeu qu'ils maîtrisaient parfaitement.

L'eau devenait bien trop tiède à leurs goûts. Leurs toilettes finies et leurs chevelures shampooinées, ils sortirent de la baignoire, s'enroulèrent mutuellement dans de grandes serviettes, chevelures comprises. Sans cesser pour autant ce jeu de caresses expertes, de baisers volés, bref, d'excitation mutuelles, dont les effets devenaient de plus en plus visibles et de plus en plus audibles aussi.

La discussion initiale s'était tout naturellement suspendue pour ne laisser place qu'à des murmures et des paroles bien plus indécentes et euphorisantes au possible. Les caresses se faisaient plus précises, les baisers plus passionnés, enflammant un brasier au creux de leurs corps pourtant rompus à ces jeux à trois.

Rejoindre leurs chambres, pourtant pas si lointaine, dans ces conditions, s'avéra une formidable parcours du combattant, mais bien plus agréable que ne le suggérait cette expression. Faisant un nombre incalculable d'arrêts, pour approfondir un gémissement de Kanon sous l'effet d'une double caresse des ses partenaires, ou d'un baiser un peu plus approfondi de l'un ou de l'autre. Ils parvinrent enfin à la pièce où trônait le lit qui les accueillait si souvent. Les serviettes qu'ils traînaient encore tant bien que mal, furent aussitôt abandonnées sur le sol pour révéler leurs trois corps au comble de l'excitation qu'ils avaient sciemment provoqués.

Kanon fut littéralement propulsé sur le lit sur lequel il tomba à genoux. Saga se glissa derrière lui et le redressa contre son corps pour lui voler un nouveau baiser ardent, pendant que Mikael s'installait devant. Toujours à genoux, le cadet des jumeaux perdit le peu de sens commun qu'il avait encore quand la bouche tendre et divinement chaude du suédois se referma autour de son sexe devenu presque douloureux de désir.

Se laissant totalement aller contre le corps de son jumeau, il profita pleinement de ce que lui offraient ses amants à cet instant. Saga ne perdant pas de temps non plus en glissant ses mains un peu partout sur son corps, caressant avidement ce corps si semblable et si différent du sien, descendant lentement son dos jusqu'à ses fesses musclées. Kanon gémit en en sentant une main s'insinuer doucement mais sûrement jusqu'à l'entrée de son intimité.

Il savait ce que voulait son jumeau et décida de répondre pleinement à sa demande. Il attira l'attention de Mikael qui le regarda étonné avant de comprendre sa demande muette. Abandonnant momentanément son activité en cours, le suédois s'allongea sur le dos, permettant à Kanon de se laisser tomber sur les mains, puis sur les avants bras, juste au-dessus de lui, tête bêche.

Saga en grogna de plaisir et profita tout de suite du large champ d'action que lui donnait son frère. Mikael se hissa sur les coudes pour reprendre le cadet des jumeaux en bouche alors que ce dernier, profitait de cette position pour faire de même avec le suédois. Mikael gémit à son tour et l'accompagna par des mouvements du bassin, se délectant de ces sensations toujours aussi divines, bien que sans cesses renouvelées.

Il avait pourtant fallu du temps pour amener Kanon vers eux, qu'il retrouve enfin cette liberté d'action avec son jumeau, qu'ils redeviennent tous deux enfin entiers. Il y avait bien longtemps que Mikael avait compris que Saga était amputé d'une partie de lui-même. Mais il n'avait réellement compris l'importance de ce qui lui manquait que quand Kanon leur avait été amené en urgence à l'hôpital avec deux balles dans le corps, dont une dans les poumons. Sa vie était alors menacée et il avait fallut tout le savoir faire du chirurgien qu'il était pour le sauver dans un premier temps, et qu'il n'en garde aucune séquelle dans un deuxième. Saga, pourtant médecin expérimenté, se sentait totalement impuissant à soulager son cadet, bien trop impliqué émotionnellement.

Mais depuis presque un an maintenant, que de divins moments ils avaient passés tous les trois. Un gémissement plus prononcé, son corps se tendant un peu plus, avertit le suédois que Kanon arrivait au bout de sa résistance. Sa position, quelque peu précaire, ne devait pas arranger les choses. D'ailleurs il le lâcha pour se redresser alors que son frère précisait nettement ses caresses et l'investigation de son corps.

Mikael se redressa aussi, le lâchant à son tour mais continuant doucement avec ses mains une caresse beaucoup plus tendre sur son torse. Il se rapprocha de lui, lui volant un baiser que le cadet des jumeaux lui accorda volontiers. Par-dessus son épaule, Saga vint réclamer sa part, sans cesser de caresser intérieurement son jumeau avec ses doigts. Ce dernier se raidit encore et supplia son jumeau du regard. Il n'en pouvait plus…

Ce dernier l'embrassa tendrement et lui sourit :

- Tu es si beau mon Kanon…
- Saga…

Mikael sourit à son tour en se reculant légèrement, mais Saga l'en empêcha :

- Non reste mon amour…

Comme pour confirmer ses dires, Kanon enlaça le suédois le ramenant vers eux dans un geste un peu brusque mais tellement révélateur du besoin qu'ils avaient tous deux le sentir là, tout près d'eux, de l'aimer aussi, lui, l'artisan de leur rapprochement, peut-être même encore plus qu'eux-mêmes.

Car c'était bien grâce à Mikael qu'ils avaient osé, ou plutôt repris cette intimité interrompue lors de lors dernière et plus violente dispute, qui était pourtant une chose si naturelle à leurs yeux durant leur jeunesse. Mais la séparation, l'âge et la raison leur interdisaient ce besoin que leurs corps et leurs cœurs réclamaient encore quand ils s'étaient retrouvés et qu'ils masquaient sous une apparence fraternité virile.

Les tabous, la morale soi-disant bien pensante, Mikael les avait combattus dès son plus jeune âge. Avec son physique androgyne, ses préférences sexuelles, il avait dû lutter pour faire valoir son désir de devenir chirurgien et ensuite d'arriver à faire reconnaître son talent aujourd'hui connu et reconnu dans le monde entier, des plus hautes instances. Réunir les jumeaux n'avait été qu'un défi de plus à ses yeux et aimant Saga de tout son cœur, ce dernier était bien assez grand pour faire une place à son cadet. Place que Kanon n'avait eu de cesse de mériter depuis.

Comme il le lui prouvait encore aujourd'hui en le plaquant furieusement contre lui, comme s'il avait toujours peur de les perdre, ou de se perdre lui…

- Doucement Trésor, je suis là… Je ne vous quitte pas… Plus jamais tu ne seras seul… lui murmura le Suédois en se laissant aller contre son corps.

Kanon grogna de contentement et Saga, par-dessus son épaule, vola un tendre baiser à Mikael, se demandant encore une fois, comment un tel homme peut autant les aimer tous les deux. Puis tout s'accéléra brusquement. Après cette pause tendresse qui avait suffisamment calmé leurs désirs immédiats, ils pouvaient maintenant conclure leur étreinte.

D'une poussée, Saga investit le corps de son cadet qui rugit en se mordant les lèvres sous l'assaut. Mikael se retourna devant lui pour s'empaler de lui-même sur son sexe tendu. A partir de cet instant, Kanon perdit tout sens des réalités et sans le soutien physique de ses amants, il se serait sûrement écroulé. Saga le maintenant par la taille, il s'accrocha de toutes ses forces à Mikael d'un bras, son autre main saisissant le sexe de ce dernier, qui se tenait lui-même fermement à la tête de lit juste devant lui par un heureux hasard.

Chaque poussée de son jumeau le propulsait dans le corps du Suédois avec autant de force, si ce n'est plus. Il ne savait plus où il en était mais ne s'en plaignait pas bien au contraire. C'était Saga qui menait la danse, ses deux amants s'y laissèrent bien volontiers entraîner. Ils s'y perdirent tous trois, laissant uniquement leurs corps mener à bien cet ultime chorégraphie ô combien divine et envoûtante.

Cris, gémissements, râles se mêlèrent aux claquements des chairs qui s'entrechoquent, aux bruissements des peaux qui glissent l'une contre l'autre, jusqu'à ce que tous leurs sens explosent dans une extraordinaire apothéose. Kanon cédant le premier, les deux autres le suivirent presque instantanément. Repus et comblés, ils se laissèrent glissés les un sur les autres, dans un enchevêtrement de membres mêlés, mais divinement heureux et ravis. Pour l'instant du moins car leur soif de plaisir ne semblait jamais rassasié totalement.

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Hôpital Lariboisière, sous-sol

Milo resta un bon moment sans réaction, perdu dans le regard du malade, jusqu'à qu'un bruit de porte qu'on force le fasse brutalement revenir sur terre. La serrure ne les avait pas retenus bien longtemps. Mu ouvrait justement la bouche pour parler à nouveau. Il se précipita auprès de lui et plaqua sa main que sa bouche tout en lui murmurant à l'oreille et le plus bas possible :

- Je m'appelle Milo, je suis policier et je suis là pour te protéger, surtout ne parles plus. Si tu me comprends, ferme les yeux une fois.
Ce que fit le jeune homme :
- Je vais enlever ma main, continua alors Milo, des méchants nous veulent du mal Mu, tu dois vraiment rester aussi silencieux que possible. Je ferais tout pour te protéger, d'accord ?

Nouveau clignement des yeux et Milo enleva sa main pour découvrir un doux sourire mais un autre bruit attira son attention. Mu se tendit aussitôt l'ayant lui aussi nettement entendu. Le policier bougea légèrement pour observer se qui se passait dans l'espace dégagée de la pièce au moyen d'un trou qu'il avait prévu à cet effet dans son empilement de ballot de linge.

Trois hommes étaient entrés dans la pièce et regardaient autour d'eux :

- J'n'entends rien ! dit l'un. T'es vraiment sur d'avoir entendu une voix ?
- j'n'suis pas fou non plus !
- Bon alors surveille la porte. Jao et moi on fouille, ordonna-t-il.

Milo, de sa cachette, jura silencieusement mais déjà les deux hommes se déployaient dans la pièce, l'un d'eux, le dénommé Jao, étant celui qu'il avait sommairement assommé dans la chambre de Mu. Seul contre trois, il ne tiendrait pas longtemps…

Il reprit son arme et se rapprocha du jeune homme, poussant le lit le plus loin possible, dans un geste bien illusoire de le soustraire le plus longtemps possible à la vision de l'ennemi. Au moment où il revenait vers sa position d'observation, il se sentit retenu. Il se retourna pour apercevoir le visage inquiet de son protégé qui le regardait interrogateur et qui le retenait par sa veste, le suppliant du regard de ne pas l'abandonner. Il y avait une telle détresse dans les yeux verts qui mangeaient le visage encore bien pâle, qu'il en fut bouleversé. Mais il n'avait pas le temps de s'attendrir.

Par gestes, il lui expliqua qu'il voulait juste observer, le rassura de son plus beau sourire et avec une assurance qu'il était bien loin de ressentir. Mais il tiendrait le plus longtemps possible, quitte à y laisser sa vie et en priant pour que Marine ait fait intervenir rapidement les renforts.

Mu le regarda se retourner, surveillant les mouvements de leurs ennemis dont il avait reconnu la voix, enfin au moins celle de Jao le bras droit d'Atlas et sûrement l'un de ses tortionnaires les plus cruels. Il préférait mourir que de se faire capturer à nouveau.

Le coup de feu le fit tous deux sursauter et il faillit crier mais se retint de justesse en plaquant ses mains sur sa bouche :

- T'as trouvé ? cria Jao tout près d'eux, si près qu'il en frémit de crainte.
- Non ! Juste un rat ! répondit l'autre voix plus lointaine.
- Idiot ! Tire pas sur n'importe quoi !
- J'n'aime pas les rats ! râla l'autre voix.

Milo vit soudain Jao s'arrêter. Ce dernier semblait observer quelque chose au sol. Le grec jura entre ses dents, persuadé qu'il venait de découvrir un indice lui indiquant leurs présences :

- Eh ! Tire là-dedans ! ordonna-t-il soudain à son comparse posté près de la porte.

L'autre chargea une arme à répétition et se mit en position de tir. Milo ne réfléchit pas plus longtemps, cette arme pouvait largement transpercer les remparts de linge qui les protégeaient. Il arma et visa à son tour. Il était un excellent tireur, il devait absolument faire mouche, il en allait de leurs vies à tous les deux !

Son coup de feu claqua et l'homme tomba avant même d'avoir tiré.

- Ici ! hurla Jao en se mettant à l'abri tout comme son autre comparse.

Mu tremblait de tous ses membres, gémissant à travers sa main. Il avait fermé ses yeux priant que tout se termine très vite. Une main rassurante vint se poser sur lui et il osa ouvrir les yeux. Milo lui souriait tout en observant les alentours :

- Je ne les laisserais pas te reprendre ! promit-il.

Un bruit attira son attention et il tira plusieurs fois au jugé, faisant encore une fois mouche, s'il devait en croire le cri de douleur et le bruit de chute qui en résulta :

- Et de deux ! dit-il.
- Et t'es mort mon pote !

La voix le glaça. Elle venait d'au-dessus. Ils levèrent les yeux, Jao, debout sur les ballots de linge, les tenait en joue, un sourire malsain sur le visage :

- Alors Mu, on tente d'échapper à son maître ? Ca va te coûter la vie !

Ce dernier jeta un regard vers Milo, lui sourit et ferma les yeux résigné et presque heureux d'avoir pu rencontrer un tel homme avant de mourir.

Le coup de feu, le cri de Milo, sa chute vertigineuse, tout alla si vite qu'il crut avoir rêvé. Mais un poids sur lui et un gémissement de douleur émanant du poids en question lui firent de nouveau ouvrir les yeux. Il était encore en vie ! Milo était affalé sur lui… Alors il comprit que dans un geste quasi désespéré, ce dernier l'avait fait tomber tout en le protégeant de son corps.

- Mu… tu vas bien ?
- Milo…tu saignes ! cria-t-il en découvrant le sang qui perçait son tee-shirt au niveau de l'épaule.
- Tu as juste retardé votre mort de quelques minutes, cracha la voix de Jao. Je vais vous envoyer au ciel ensemble !
- Je suis heureux de mourir avec toi… murmura Mu en le serrant du plus for que lui permettait ses bras encore bien faibles.
- Mu… suis mon mouvement si tu peux.

Il ne ferma pas les yeux cette fois, il les plongea dans le bleu des prunelles qui le protégeaient si tendrement mais si fermement et s'accrocha de toutes ses maigres forces au grec. Ce dernier trouva assez de ressources en lui pour les faire rouler brutalement sur le côté, les sauvant sûrement encore une fois. Plusieurs coups de feu claquèrent simultanément, les assourdissant. Un bruit de chute encore… Ils n'avaient plus la force de bouger… ni l'un ni l'autre… et un cri :

- Ils ont là Shion ! Milo ! Mu !
- Shion… c'est impossible… murmura Mu avant de s'évanouir à nouveau.

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Appartement de Camus

Quand Shaka se tut, Camus comprenait enfin mieux toute l'histoire et ce qui avait poussé Angelo à agir de la sorte et à balancer sa couverture aux orties. Il connaissait assez bien la réputation d'Atlas, ce dernier n'allait pas laisser partir ses ouailles sans réagir. Il préférerait les tuer plutôt que de les laisser à la police et à ce stade, il devait avoir compris que le Tonio qu'il employait était un flic infiltré.

Mais il n'était pas rassuré pour autant. D'après Shaka, Shiryu était blessé et inconscient quand Angelo avait réussi à le reprendre à ses tortionnaires. Si Angelo n'avait pas trouvé une solution pour le faire soigner, il risquait de mourir rapidement.

Shaka le regardait, semblant attendre de lui l'impossible :

- Je dois téléphoner Shaka, il faut que je prévienne mes collègues de la situation.
- Oui, tu vas sauver Shiryu hein ?
- Je vais tout faire pour en tout cas.

Il prit son téléphone et appela Marine, lui expliquant brièvement toute l'histoire pour qu'elle recherche des traces du jeune homme partout où Angelo aurait pu l'emmener :

- Préviens Shion aussi.
C'est là que la jeune femme l'informa qu'il était parti lui aussi à l'hôpital et qu'elle n'avait encore aucune nouvelle.
- Dès que tu pourras ! conclut-il en raccrochant.

Puis Camus reporta son attention sur le jeune indien, s'efforçant de ne rien laisser paraître de l'attente quasi insoutenable des nouvelles de l'hôpital où Shion devait tenter de sauver Milo et Mu. Shaka semblait épuisé, ces dernières confidences l'avaient vidé de ses dernières forces :

- Tu devrais t'allonger un peu, lui dit-il. Je vais…
- Non ! le coupa Shaka. Je veux voir Mu ! J'ai besoin de le voir !

Sa voix était désespérée, Camus fit le tour de la table pour le prendre dans ses bras :

- Ça va aller Shaka…
- Tu me le promets, murmura l'indien.

Camus tiqua. Plus de promesse, il se l'était juré. Brièvement il pensa à la tombe qu'il fleurissait au cimetière, pourtant presque malgré lui il répondit :

- Je te promets… ça va aller…

Pourrait-il tenir cette promesse ? Il pria que oui.

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Quelque part dans Paris

Atlas atterrit durement contre le mur opposé de la pièce ave un cri de douleur :

- Tu es viré ! s'écria son patron, Abel en personne.
- Mais…
- Tu aurais du comprendre que c'était un flic ! Je te paie assez cher pour ça ! Tu n'es qu'un vulgaire déchet ! Et en plus tu as perdu ma plus belle prise !
- On le tue Patron ? demanda un homme à ses côtés.
- Il n'en vaut même pas le coup ! Il est fini ! Videz cet endroit avant que les flics rappliquent ! Et effacez toutes les preuves ! dit encore Abel avant de sortir. J'ai bien dit toutes !
- Même lui ? demanda l'homme en songeant à celui qui avait amené son patron en ce lieu.
- Oui.

L'ordre était sans appel, Bérénice attendit qu'il soit loin avant de s'approcher de son ancien collègue avec un large sourire :

- Même pas foutu de briser un gamin ! Tu t'es empâté avec l'âge Atlas.
- Salaud ! Depuis le temps que tu vises ma place…

Bérénice sortit son couteau et le lui mit sur le cou :

- Sois gentil, ou ma main pourrait glisser ! T'as deux minutes pour disparaître de ma vue ! dit-il en se relevant, riant aux éclats.

A suivre…