Personnages : les manchots, Marlene
Nombre de mots : 590
Ecrit vers septembre 2011
Skipper, Rico et Private ont tous déjà eu le droit à au moins une émouvante oraison funèbre dans un épisode ou un autre... Mais, autant que je me rappelle, pas Kowalski. C'est injuste. Donc voilà :
ooo
- Qu'est ce qu'il s'est passé ? s'inquiéta Marlene en accourant dans l'enclot des manchots d'où venait de se faire entendre un terrifiant bruit d'explosion.
- Le laboratoire... toussota Private en s'extirpant de leur base, le laboratoire de Kowalski a explosé.
Skipper et Rico le suivirent, quelques plumes roussies.
- Et... et Kowalski ?
Skipper baissa la tête.
- Porté disparu... commença-t-il, avant de se corriger immédiatement sur un ton dramatique : Non, à quoi bon mentir ! Il était enfermé dans son laboratoire et vue la puissance de la déflagration il doit maintenant être (bouche tes oreilles, petit) tartiné sur les murs, en bouillie tellement calcinée que même un orque n'en voudrait pas !
D'horreur, Marlene plaqua ses pattes contre sa bouche, Private retira les ailes de ses oreilles pour effacer une larme qui perlait au coin de ses yeux et Rico laissa échapper quelques gargarismes, partagé entre la tristesse d'avoir perdu un compagnon et les frissons de plaisirs que provoquaient en lui la poésie de cette image.
- Au moins... balbutia Private, il sera parti en faisant quelque chose qu'il aimait... Il est mort pour la science, son unique et cruelle maitresse -si on excepte Doris, le dauphin, sa seconde unique et cruelle maitresse...
- AhrahrahrKABOOM, ajouta Rico sans parvenir à cacher un sourire.
- Tu as raison, Rico. En tant que commandant je devrais dire quelques mots...
Skipper s'éclaircit la gorge et déclama :
- Kowalski... Mon vocabulaire militaire, ne contient pas énormément de mots dont le sentimentalisme serait approprié à la situation, mais j'aimerais te dire combien tes analyses incompréhensibles, tes inventions dangereuses, tes plans alambiqués et ton ego sur-dimensionné nous manqueront. Par la taille, le QI et les chevilles, tu étais le plus grand d'entre nous. Toi qui aimais tant les fractions, sache que sans toi nous serons à jamais amputé de la plus grosse moitié de notre cerveau et d'un quart de notre cœur, et même si notre taux de testostérone est trop élevé pour nous permettre de pleurer (Private le contredisait en laissant deux torrents de larmes ruisseler sur son plumage imperméable) notre émotion est bien réelle. Kowalski, mon lieutenant, mon ami... Adieu.
Et malgré tout ce qui avait pu endurcir son cœur au cours de ses innombrables missions, il ne pu empêcher son bec de trembler légèrement quand il adressa a son second disparut un dernier salut militaire.
Ce dernier, apparaissant derrière la clôture de leur enclot, un tube à essaie sous l'aile, lui rendit son salut.
- Désolé Skipper, j'étais parti emprunter des isotopes radioactifs dans un hôpital. Ai-je loupé quelque chose ?
- Kowalski ! Tu n'étais pas dans ton laboratoire quand il a explosé ?
- Quoi ? Mon laboratoire à encore explosé ? Ah ! Je savais que je n'aurais pas du laisser ce mélange explosif instable sur le feu sans surveillance !
- Tu seras puni pour ta négligence ! assura Skipper en se jetant dans les bras de son lieutenant. Plus tard...
Rico et Private rejoignirent avec bonheur le câlin collectif, sous le regard à la fois soulagé et abasourdi de Marlene.
Malgré le temps qu'elle passait avec eux, elle n'arrivait toujours pas à s'habituer aux crises cardiaques à répétition qu'ils lui faisaient subir... Mais elle commençait à comprendre cette manie qu'ils avaient de toujours déclarer trop vite la mort de l'un des leur et de commencer à le regretter avant de découvrir qu'il était en fait vivant. Il lui semblait que c'était tout simplement le meilleur moyen qu'ils avaient trouvés pour se ré-affirmer régulièrement leur amour mutuel...
