Merci à tous pour vos reviews ! Croyez-moi ça me fait super avancer !!!

En tout cas, j'vous réponds en vitesse:

Arya Destiny: Je t'ai expliqué pour J/B. Je sais que le coeur de Bella appartient à Edward alors que Jasper appartient à Alice. C'est juste que je veux une belle amitié. Quant à savoir ce qu'ils deviendront, je n'ai pas encore décidé ! Je sais juste que je veux de beaux moments entre eux. Et comme je l'ai dit, Edward reviendra et ça déménagera! Je n'en dis pas plus !!! (PS: J'ai vu dans ton profil des tas de choses et j'ai deux choses à dire: Moi aussi je déteste le Ron/Hermione LOL et j'adoooooooooooore Sept jours pour une Eternité !!! On va s'entendre je pense ^^)

Mama: Haha! Tu m'as percée à jour ! En effet, je suis une fana des couples impossibles, et comme tu l'as vu dans Epic Love, j'me suis lâchée. Ici, je ne suis pas sûre de vouloir du Jasper/Bella amoureux! Je suis fan d'Edward/Bella aussi, après tout! Mais bon, je ne voulais pas de Logan/Mac amoureux non plus au début d'Epic Love donc nous verrons où je nous mènes tous vu que je ne le sais pas moi-même !!!

Istehar: Je sais que Jasper manque de pas mal de tact, mais comme il le dit lui même, il n'est pas Edward et il n'a aucune raison d'être sympa avec Bella! Dans ce chapitre, vous comprendrez d'aillleurs pourquoi il est près d'elle. Donc voilà, mon Jasper est un peu brut de décoffrage et c'est comme ça que je l'aime! Croyez-moi ni nous, ni Bella ne sommes au bout de nos peines avec lui! LOL

Voilà, j'espère que vous aimerez la suite !!!

Chapitre 4: Comprendre

J'ouvre un œil et soupire. Quand vais-je arrêter de faire des cauchemars idiots ?! Cette fois, j'étais sur le rebord, assise, contemplant l'eau. J'entendais la voix de Jasper qui me demandait « Que fais-tu là, Bella, je t'ai dit pas de sottises et je déteste me répéter » et je me contentais de siffloter et de chanter fort « Lalalalala » pour le narguer. Il me disait alors « Tu es toute seule, maintenant, Bella » et j'étais vraiment seule. J'entendais alors des bruits de pas et je me redressais rapidement. Je me rendais alors compte que ma voiture avait disparu et que le rebord où j'étais assise était vraiment loin de la route en hauteur. Je tentais de remonter la pente mais ne faisait que glisser, tandis que les bruits de pas se rapprochait. Je finissais par tomber et entendit les pas s'arrêter derrière moi. Quand je me retournais pour voir qui me traquait, je voyais le visage d'Alice, prête à me mordre. Je me suis alors réveillée en sursaut et en sueur, complètement paniquée.

Je regarde mon réveil et voit qu'il est 5 heures du matin. Encore ?! Il est un peu tôt pour que je me lève déjà. Je prends donc mon Ipod et le plante dans mes oreilles pour tenter de me rendormir sans penser à ce dont je viens de rêver.

2 heures plus tard, mon téléphone sonne et je me réveille. Bon sang, je suis à la bourre ! Mon réveil n'a pas sonné et je suis vraiment en retard pour le lycée. Je fonce dans la salle de bains, me prépare en 4ème vitesse, attrape mon sac, mes clefs (que j'ai récupéré hier sur le contact, exactement une heure après que Jasper m'ait déposée à la maison, comme il me l'avait promis) et je fonce vers le lycée. Heureusement, j'arrive pile à l'heure. Je me laisse tomber sur mon siège à côté de Mike en soupirant et tentant de reprendre mon souffle. Je le regarde du coin de l'œil et il a l'air tout renfrogné. Je suppose qu'il ne me pardonne pas de les avoir abandonnés samedi. Il faudrait peut-être que je m'excuse ? Bon tentons le tout pour le tout :

- Salut Mike.

Il sursaute, comme si je l'avais électrocuté.

- Ca va ? continuais-je, tentant d'obtenir une réponse.

- Tu as eu une longue nuit ? me fait-il, bougon, en voyant que je suis essoufflée, échevelée et en retard

- Euuuuh, non. Compliquée mais pas longue.

- Ah.

- Ca va, Mike ?

- Oui.

- Tu me sembles bizarre.

- Je suis juste étonné.

- Etonné ? m'enquis-je, de plus en plus stressée par la tournure de la conversation

- Oui, étonné. Du fait que tu me parles encore, alors que tu as retrouvé tes Cullen.

C'est donc ça. Bien entendu, je ne peux pas lui en vouloir. J'ai laissé tous mes amis il y a 6 mois quand j'ai commencé à fréquenter Edward (aie). C'est vrai que je me suis aussi rapprochée d'eux la semaine passée quand il est parti. Et que je les ai un peu plantés devant le ciné pour rejoindre Jasper. Mais bon, tout ça n'était qu'un affreux concours de circonstance! Si on ne m'avait pas attaquée, je serais allée au cinéma avec eux et rien de tout ça ne serait en train de se produire. Je repense à la phrase si vraie de Jasper "Tu es un véritable aimant à problèmes". Bon sang ce qu'il peut avoir raison, parfois. Bon, souvent.

- Je suis désolée de vous avoir lâché Mike.

- C'était TON idée ce film! me lâche-t-il furibond, après s'être retourné violemment vers moi pour me regarder et me fusiller du regard

- Je sais. Je n'avais pas prévu ...

- Oh je t'en prie, ne me dis pas que tu n'as pas invité ton ami.

- Et bien non.

Je ré-entends à nouveau la voix de Jasper "C'est très vilain de mentir, Bella" et je souris vaguement. Oui je lui ai proposé, mais APRES qu'il m'ait sauvée! Pas que je l'aie appelé pour savoir ce qu'il faisait de sa soirée et si une petite toile le tentait.

- De toute façon, dans ta vie, un taré en remplace un autre, finit-il par me lâcher, revêche.

- Alors tu ne tarderas pas à avoir ton tour, dis-je, acide.

Il me toise de son regard froid encore quelques minutes et je le soutiens. Il ne croit quand même pas qu'il va m'impressionner, sérieusement ?!

- Je n'aime pas tes amis, Bella, finit-il par lâcher, plus calme et plus doux

- Jasper n'est pas mon ami, donc ça tombe mal.

- Tu traînes avec lui.

- Il était là par hasard et je ne traîne pas avec lui.

- Tu traînais avec Cullen.

- C'était différent.

- Et en quoi? Ils sont aussi bizarres tous les deux!

- Ca suffit Mike.

- Quoique le Hale dépasse clairement le Cullen question bizarrerie. Ce gars là donne l'impression qu'on le passe à la moulinette chaque seconde de chaque minute de chaque heure que Dieu fait.

- La discussion est close, Mike.

Il se tait quelques minutes et regarde ses doigts. Je suis en train de fulminer intérieurement mais je ne lui dis rien. Il n'y a rien à faire, quand j'entends quelqu'un déblatérer sur mes "protecteurs", ça me met en rogne, plus que de raison. Je me tais donc et attends impatiemment que le prof s'amène enfin. Il est en retard bon sang, moi qui me suis dépêchée pour ne pas l'être!

- Ca veut donc dire que tu ne vas pas recommencer à fréquenter les Cullen, à nous abandonner lâchement quand ils sont dans les parages ?

- Non, fais-je, catégorique.

- Donc tu ne vas pas tenter de remplacer ton brun par le blond ? me fait-il en me regardant intensément.

- HAHAHAHAHA ! explosais-je de rire, alors que toute la classe se retourne sur moi pour voir ce qui peut bien m'arriver. Remplacer Edward par Jasper, ça c'est vraiment la meilleure ! Sacré Mike ! Quoique je m'arrête instantanément de rire en repensant que je l'ai moi-même pensé, et que j'en ai même fait une « scène » à Jasper hier. Je me sens rougir jusqu'à la racine des cheveux en repensant à ce que je lui ai dit. Ce que je peux être cruche quand je m'y mets. Comme si Jasper s'était mis à me suivre parce qu'il avait un quelconque intérêt amoureux pour moi. Il en a ri, je comprends tout à fait pourquoi maintenant. Il faudra quand même que je pense à m'excuser d'avoir des idées aussi saugrenues parfois !

- J'ai dit quelque chose de drôle ? s'enquit-il, l'air de nouveau vexé

- Voyons, Mike ! Jasper Hale ! Qu'est-ce que tu vas imaginer là ?

Il me regarde de son air peu convaincu et je continue à sourire, pour lui montrer l'idiotie de ses pensées.

- Ce ne serait pourtant pas le premier timbré que tu aimerais, fait-il acide.

- Ca suffit, Mike.

- J'ai le droit de les trouver un peu cinglés, non ?

- Tu ne les connais même pas.

- Cullen avait encore une certaine dose d'éducation, même si je ne le supportais pas. Mais ce blond, il est complètement barge.

- Je t'ai dit que ça suffisait, Mike, et je déteste me répéter.

- Oh allez, tu ne vas pas bouder, tu viens de dire que ce n'était pas ton ami … et tu sais bien que j'ai raison !

Il n'a pas tort. D'ailleurs, avant ce weekend, j'aurais avoué sans réticence que Jasper était quelque peu étrange. Mais aujourd'hui, c'est différent. Il m'a sauvée samedi. Et hier aussi. Je ne sais pas de quoi mais il m'a sauvée. Et puis à la discussion qu'on a eue, j'ai pu entrevoir qu'il n'était pas seulement le vampire mal bouché que je pensais qu'il était. Bon il l'est quand même, mais il est autre chose à part ça. Quelque chose que je ne peux pas encore vraiment définir, mais quelque chose que je sens tout de même. Il parait que je suis assez intuitive, je ne dois donc pas me tromper. Je décide donc de ne pas relever la phrase de Mike et de me contenter de le nier. Il me soule avec ses préjugés sur les Cullen.

- Tant pis, finit-il par concéder, vaincu. L'important c'est que tu restes avec nous maintenant !

Je lui adresse un sourire alors que le prof entre enfin dans la classe. Je lui dois bien ça. Il fait partie du côté « Normalité » de ma vie et j'ai besoin de ce côté. Je dois retourner vers le normal, au risque de ne pas pouvoir continuer. Edward m'a abandonné et je dois donc abandonné à mon tour cette partie de ma vie. Plus vite je le ferais, plus vite j'irais mieux, j'imagine.

Quand la fin de la matinée arrive enfin, annoncée par la cloche du déjeuner, je sens la délivrance douce comme une caresse de … Arf, non, j'ai décidé d'oublier cette partie là, bon sang ! Je n'en peux plus des bavassages de Mike sur tout et n'importe quoi, des discussions sans queue ni tête d'Eric et encore moins des problèmes de Jessica avec ses cheveux. Je remercie donc intérieurement le destin d'avoir mis sur ma route Angela, ange de perfection pour moi vu qu'elle possède la merveilleuse qualité de pouvoir se taire quand elle n'a rien de vraiment intéressant à dire. Je m'assois donc à notre table de déjeuner passablement agacée, en prenant soin de mettre le plus de distances possibles entre Mike et moi. Angela se pose tranquillement à mes côtés et déballe son sandwich. Je trifouille dans ma salade, heureuse du calme un peu retrouvé.

- Ca te dit une après-midi à la Push ce weekend, Bella ? me lance Mike de l'autre bout de la table.

J'ai envie de crier qu'avec eux, je n'irais même pas au coin de la rue tellement ils sont chiants mais je me retiens, au nom de ma « normalité » que je dois recouvrer. Je tente donc un sourire qui doit plus ressembler à une grimace vu leurs têtes en me regardant.

- Allez, viens ! me fait Jessica. Tu te rappelles comme on s'est amusés la dernière fois ?

Amusés. J'aime le terme choisi. Je me suis amusée comme un rat mort. Mais bon, ça ne s'est peut-être pas vu. Toujours est-il que si Jacob ne s'était pas pointé, je me serais sûrement jetée de la falaise pour ne plus avoir à supporter mes supposés amis. Donc bon, « amusés » est un terme pas très correct. Sauf qu'à nouveau, je dois me retenir de leur balancer ça à la figure et je me contente de noter dans un coin de ma tête que je devrais appeler Jacob pour qu'il me rejoigne à la plage le jour où ils décideront de m'y emmener. Je replonge donc dans ma salade, cherchant une tomate séchée à mettre en bouche quand j'entends Mike qui grommèle. Je ne relève même pas la tête, vu que ça ne m'intéresse pas le moins du monde. Soudain, Jess se met à chuchoter et je me rends compte qu'elle s'adresse à moi :

- Ils sont de moins en moins, dis donc, fait-elle visiblement excitée par le sujet.

- Qui ça ?

- Les Cullen. Où sont donc passés tous les autres ?

Je redresse la tête en entendant leur nom et suit son regard pour apercevoir Jasper qui se dirige jusqu'à leur table, seul. Seul ?! Où est donc Alice ? C'est vrai qu'aux dernières nouvelles, selon ce qu'il m'a dit, elle lui en veut. Sauf qu'elle n'aurait jamais eu l'audace d'aller s'asseoir à une autre table que lui, si ? Je fais un tour de salle des yeux pour la trouver mais je ne la vois nulle part. Elle est peut-être allée à sa voiture pour ne pas le voir. C'est assez étrange en fait. Je vois Jasper qui joue avec la nourriture de son plateau, sans en prendre une seule bouchée bien entendu.

- Ce gars là est le plus bizarre de tous, entendais-je Mike persiffler.

- Pas étonnant qu'ils l'aient abandonné, il ne doit pas être très gai à vivre, ajoute Jessica dans un rire

Poussée par une force que je ne contrôle pas, je me lève d'un bond et les fusille du regard.

- Ne faites pas attention, Bella est un petit peu susceptible quand on parle des Cullen, fait Mike dans un sourire cynique

- N'en fais pas tout un foin, Bella, on discutait juste, s'excuse Jessica, visiblement embêtée par ma réaction.

J'attrape mon plateau et m'apprête à les quitter quand Angela attrape mon poignet pour m'arrêter. Je la regarde interrogative et elle se lève pour me faire face :

- Ne sois pas fâchée, Bella, ils sont sots …

- Je ne t'en veux pas, Angela, je sais que tu n'y es pour rien, fais-je dans un clin d'œil.

- Tu ne vas tout de même pas aller le rejoindre, me fait-elle, sérieuse

- Pourquoi pas ?

- Voyons Bella, ce n'est pas raisonnable. Ce garçon n'est pas humain !

Je vacille sur mes jambes, percutée de plein fouet par ce qu'elle vient de me dire. Houston ? On a un problème. Angela devient extralucide. Je dois avoir l'air totalement ébahie car elle rougit et se met à agiter les mains.

- Je veux dire … Il est trop beau pour être humain, tu vois … s'empresse-t-elle de rajouter, en proie à une excitation que je ne lui connais pas.

Je me relâche un petit peu et sourit à mon tour en voyant ses joues rouges et ses gestes nerveux. Elle le trouve à son goût. Hahahaha ! C'est hilarant. Sauf que je ne vais pas rire devant elle parce que c'est très impoli vis-à-vis d'elle et de ce qu'elle vient de m'avouer.

- Je sais, Angela, j'ai du mal à moi-même m'en remettre de toute leur beauté.

- Non mais lui … fait-elle, s'arrêtant dans sa phrase pour le regarder et rougir de plus belle.

Je lui rebalance un petit sourire et m'en vais avec mon plateau rejoindre donc le vampire blond qui n'a toujours pas arrêté de tripoter sa nourriture, l'air perdu dans ses pensées et bien entendu, l'air de souffrir énormément.

- Je peux m'asseoir ?

- Comme si tu avais besoin de la permission, me répond-il sans me regarder.

Je me pose à ses côtés et attends. Bien entendu, il ne me parle pas. J'attrape donc une carotte et me prépare à la mastiquer pour combler le temps et le silence :

- Tu ne vas pas sérieusement manger ça ?

Je m'arrête dans mon mouvement et sourit. Comme si c'était la carotte qui le dérangeait.

- C'est très bon, je te signale. Qui plus est, c'est bon pour la santé. Et pour la vue.

- Je n'ai aucun problème de vue.

- Je n'en doutais pas une minute. Moi si.

- Ah bon ?

- Oui, je n'avais jamais vu à quel point ma copine Angela te trouvait mignon.

- Yerk.

- Heyyyy, c'est ma copine dont on parle, fais-je en croquant enfin dans ma carotte.

- Une humaine. Banale. Et son parfum est désagréable.

- Ce que tu peux être terre à terre, fais-je en levant les yeux au ciel et le voyant sourire à ma remarque.

- Alors, c'est bon ton truc là ?

- Succulent, fais-je dans un sourire. Mais moins que ce qu'il y a dans ton assiette, ajoutais-je en lorgnant dessus.

- Frites et steak … saignant.

- Tiens donc.

- Pas assez à mon goût.

- Comme si j'en étais étonnée.

- Rien ne t'étonne vraiment en fait, hein ?

- Si, le fait que tu sois au goût d'Angela.

- Arrête de me retourner l'estomac, Bella, cette nourriture le fait déjà assez pour deux !

- Tu n'y as même pas gouté, fais-je, taquine.

Il redresse les yeux sur moi et je lui intime de manger, comme une maman à son enfant. Je sais bien qu'il ne le fera pas mais ça me fait bien rire de le faire enrager un peu. Il me regarde alors d'un air de défi, se saisit de sa fourchette, de son couteau et se mange un bout de steak. J'en suis abasourdie tandis qu'il grimace en avalant :

- J'avais pourtant dit bien saignant, pouah !

Je suis hilare et lui tends un bout de carotte, morte de rire.

- Tu veux me faire mourir ou quoi ?

- Tu es déjà mort, Jasper, m'esclaffais-je de plus belle.

- Alors c'est certainement ça, c'est l'Enfer !

- Si c'était l'Enfer, je ne serais pas là, fais-je plus sérieuse, l'air totalement sûre de moi.

- Justement, justement, c'est bien l'Enfer !

Je lui lance mon petit bout de carotte pas encore entamé à la figure et il le rattrape, bien évidemment, en un tour de main.

- On ne joue pas avec la nourriture, Bella, fait-il d'une grosse voix réprobatrice.

- Tu devrais peut-être appliquer tes principes à toi-même, lui fais-je en montrant son assiette où l'on dirait que la Guerre de Sécession vient d'avoir lieu.

- Je triais ce qui était mangeable.

- Et ?

- Rien n'est comestible là-dedans. Je soupçonne même la viande de ne pas être fraîche.

- Et les frites ?

- Yerk.

- Yerk quoi ?

- Yerk.

Je m'en saisis d'une et l'enfourne. Il tapote ma main mais je n'en ai cure.

- Pas touche à ma nourriture, demoiselle !

- Elles sont délicieuses !

- Bah mange-les.

- Je ne peux pas, tu as dit que je ne pouvais pas ! Et puis … j'ai pas envie de ressembler à un hippopotame moi !

- Bah, au point où tu en es … fait-il en levant les yeux

Je veux bien entendu le frapper mais il m'a esquivé sans même se fouler. Crétin de vampire véloce !

- Hahaha ! N'essaie plus Bella, c'est peine perdue !

- Il y aura bien un jour où je t'aurais par surprise.

- Le jour où je te laisserais faire, oui.

- Autant dire jamais.

- Autant le préciser, en effet.

Je le regarde en souriant, il m'a détendue. Il est replongé dans le « tri » de son assiette, l'air songeur. Je décide donc de l'entraîner sur un sujet qui titille ma curiosité, mais je décide de l'entraîner de manière légère pour ne pas le brusquer :

- Alors, où en êtes-vous avec Alice ? Pourquoi n'est-elle pas là ? Elle est partie te chercher un cadeau pour s'excuser de son comportement de ce weekend ?

- Hummmm, fait-il toujours sans me regarder. C'est vrai, tu n'es pas au courant.

- Au courant de quoi ? m'empressais-je de demander

- Alice est partie, Bella.

- Partie ?

- Oui, elle a quitté la ville.

J'en laisse tomber ma limonade qui se renverse sur nos deux plateaux et m'éclabousse. Il a repoussé sa chaise en arrière, pour éviter les giclées allant vers lui, et est épargné.

- Je … COMMENT ? QUAND ? POURQUOI ?

Je le vois qui regarde les alentours et sourit nerveusement :

- Ne vous inquiétez, elle est devenue émotive quand j'ai refusé sa proposition de ciné, rien de bien grave, lance-t-il à l'assemblée dans un sourire charmeur, pour s'excuser du brouhaha que j'ai causé.

Je m'éponge le gilet tandis qu'il prend des serviettes pour éponger la table.

- Quand, Jasper ? repris-je, un peu plus bas cette fois

- Ce weekend.

- Mais pourquoi ?

- Je te l'ai dit, elle ne me supporte plus. En réalité, elle n'a pas accepté qu'Edward soit parti. Elle m'en tient pour responsable.

- Que …

- Pour ton anniversaire, le fait que j'aie failli … enfin tu vois. Elle dit que tout est lié.

- Mais Edward est parti parce qu'il ne voulait plus de moi, finis-je par dire, piteuse

Il me regarde d'un air circonspect et plus qu'étonné, toujours en épongeant mes dégâts de limonade. J'ai l'estomac en vrac d'avoir dit ces mots mais j'essaye de me contrôler pour ne pas être malade.

- Edward est parti parce qu'il estimait que nous étions tous un danger pour toi, Bella. Moi surtout. Ne crois pas les bêtises que tu viens de me sortir.

Je n'ergote pas, même si je sais qu'il a tort. Je n'ai vraiment pas envie de me disputer avec lui sur cette histoire. J'entends juste les dernières paroles d'Edward quand il m'a quittée et je sais que je ne me trompe pas.

- Toujours est-il qu'Alice m'en veut également, tout comme Edward, pour ce qui est arrivé. Et elle m'en a encore plus voulu quand, à notre retour, nous avons appris qu'il avait quitté la ville.

- C'est vraiment n'importe quoi ! Alice et toi ne pouvez vivre l'un sans l'autre.

- Elle ne peut surtout pas vivre sans Edward. Tu ne l'as peut-être jamais remarqué car c'est très discret, mais la relation entre Edward et Alice a toujours été la plus forte entre les Cullen.

J'ouvre la bouche d'ébahissement. Jamais je ne me serais doutée de ça.

- Et il fallait qu'elle trouve un responsable à cette absence. Le responsable était bien entendu tout désigné, c'est moi. Elle a essayé de passer à côté de ça mais elle n'y arrivait pas et elle est partie à sa recherche. Alice ne peut pas vivre à Forks sans Edward. Je dois même avouer qu'Alice ne peut vivre loin d'Edward très longtemps. Elle n'aurait jamais pu s'éloigner comme Rosalie et Emmet l'ont fait ces derniers mois.

- Mais … Tu n'as rien fait pour la retenir ? fais-je, abasourdie

- J'ai tout essayé, je me suis jeté à ses pieds, j'ai supplié mais rien n'y a fait. Elle m'a dit qu'elle ne supportait même plus ma présence et qu'elle n'avait plus envie d'être avec moi… Que pouvais-je dire contre ça, hein ?

Je suffoque presque en entendant ça, me replongeant immédiatement dans ma propre rupture. Je me revois chercher des mots, n'importe lesquels, qui auraient empêché ça de se dérouler de la sorte. Et le fait que rien ne soit sorti, à part un « désolée ». Alors pour le comprendre, je le comprends tout à fait oui.

- Si elle a cessé de m'aimer, pour ce que je suis, je n'avais plus rien à supplier, je devais lui rendre sa liberté, achève-t-il piteux lui aussi à présent.

- Je suis désolée Jasper.

- Ce n'est pas ta faute, Bella.

- Je suis responsable à part entière ! Tous ces ennuis que vous avez par ma faute !

- Je n'avais pas à agir comme je l'ai fait. Je devrais pouvoir me contrôler.

- C'est moi qui ai saigné.

- Ne te blâme pas, Bella, me balance-t-il dans un sourire.

- Et comment tu t'en sors ? finis-je par lâcher, pour détourner la conversation de ma culpabilité

- Je suis un débris, rien de plus. J'ai même été jusqu'à supplier Rosalie d'aller plaider ma cause auprès d'elle.

- Tu dois vraiment être dans un sale état, en effet, concédais-je dans un sourire. Supplier Rosalie ne m'a même pas effleuré l'esprit quand il m'a quittée.

Il sourit à son tour un peu plus détendu, recommence à jouer avec sa nourriture et je l'observe. Bon sang ce qu'il doit souffrir. Je sais qu'Alice est toute sa vie. Enfin, sa non-vie. Disons même qu'Alice est toute son éternité. Il doit se sentir vraiment seul à l'heure qu'il est. Le pauvre.

- Arrête de me regarder comme ça, Bella, je n'ai pas encore trouvé comment me suicider, tu peux donc déstresser

Je sursaute et me rends compte que j'étais perdue dans l'étude de son visage pour y déceler l'ampleur de sa peine, penchée vers lui. Je me recule donc et toussote, attrapant au passage une tomate séchée que j'enfourne pour me donner une contenance.

- Ce qui est bien, c'est que j'ai trouvé une remplaçante, déjà ! fait-il dans un sourire.

- Hein ?!

- Bah ta copine Angela, n'était-elle pas hautement intéressée ?

Je souris. J'avais complètement oublié cela. Il dit ça pour m'empêcher de m'inquiéter, je le sais. Comme si une pauvre humaine pouvait sérieusement venir à bout de la peine qu'il doit ressentir. D'ailleurs, je sais exactement ce qu'il ressent là, en ce moment. Je suis juste étonnée que son visage ne recèle pas de plus de traces de sa peine. J'imagine que c'est parce qu'il a toujours l'air de souffrir que je n'y vois pas de différence. Si je pouvais avoir son pouvoir pendant une trentaine de secondes, je suis sûre que je serais écroulée de douleur en sentant ce qu'il doit ressentir, là, maintenant, après m'en avoir parlé. Et je me jure que pour ça, je n'utiliserais plus jamais le nom d'Alice Cullen en sa présence, sachant parfaitement ce qu'il ressentirait en l'entendant. Je m'empresse tout de même d'ajouter, un peu inutilement, mais j'ai besoin de le dire :

- Ce que je vais te dire va très certainement te paraître platement humain, Jasper, mais je sais ce que tu ressens, alors si jamais au grand jamais, tu as besoin d'en parler, de t'épancher ou de quoi que ce soit d'autre, tu pourras compter sur moi, okay ?

Il acquiesce muettement et je souris, pour le rassurer, essayer de lui faire comprendre que ça ira, même si je sais que ça n'ira pas. J'aurais tellement voulu que ni lui ni Alice n'ait à vivre ça. La cloche annonçant la fin de déjeuner et le début des cours de l'après-midi retentit alors et je me lève prestement, pressée de rejoindre la classe pour dégoter une place à côté d'Angela et ainsi échapper à Mike. Je me retourne toutefois vers le blond et dans un sourire lui lance :

- Et compte qu'à partir d'aujourd'hui, c'est terminé de déjeuner seul !

Il lève les yeux au ciel et maugrée, dans un sourire tout de même :

- Quand je disais que c'était certainement ça, l'Enfer !

Fin de l'après-midi, je suis parvenue à éviter Mike tout le temps. Un coup de chance, j'en suis certaine. Et comme je n'aime pas jouer avec ma chance, je suis pressée de rentrer à la maison et ne pas tenter le diable. Je me mets au volant de la Chevrolet et tente de démarrer. Malheureusement, cette têtue refuse d'obtempérer. Aie … Je vois Mike deux voitures plus loin de moi en train de causer avec deux filles, qui me regarde m'agiter dans mon tas de ferraille. Il esquisse même un geste pour venir près de moi. Aie ! Faut que je trouve un truc. Quand je jette les yeux devant moi, je remarque la Mercedes de Jasper, garée et sans personne à proximité. Voilà qui fera l'affaire, haha ! Je me jette comme une possédée hors de mon véhicule pourri (je le hais aujourd'hui) et me dirige vers la voiture noire hyper classe. Je vois du coin de l'œil que Mike me suit des yeux et je décide donc de me la jouer cool. Sauf que quand j'arrive à proximité de la voiture, je ne sais pas très bien que faire … Tant pis, à l'impossible, nul n'est tenu et sans danger, il n'y a pas de plaisir, je m'assieds donc sur le capot, feintant d'attendre son conducteur. Je pousse même le vice jusqu'à sortir un de mes bouquins pour feindre l'occupation. Je suis prise dans ma lecture quand je sens quelqu'un s'approcher. Je souris en attendant la répartie bien cinglante que va me sortir mon vampire blond :

- Dis donc Arizona, tu n'as pas peur de te faire enguirlander ?

Et merde, c'est Mike. Je redresse la tête et le voit me sourire bêtement. Je dois être en pleine crise d'allergie à Mike Newton parce que je n'arrive même plus à le regarder sans avoir envie de le baffer. Pour me contenir, je tente un beau sourire hypocrite et ultra décontracté.

- Je ne pense pas que le conducteur de cette fabuleuse voiture s'en formalisera, fais-je d'une voix mielleuse.

- Oh, si tu le dis alors ! fait-il en s'asseyant à son tour.

Bon sang, il a peur de rien lui. Ou alors il ne sait pas à qui ce véhicule appartient. La deuxième solution me semble la bonne. Et je souris en pensant à la réaction de Jasper quand il le verra assis là, haha ! Angela s'approche de nous et me tend un bout de papier.

- On a arrêté samedi pour aller à la Push, ça te va ?

- Euuuh … oui, articulais-je, prise au dépourvu.

- Viens, Bella, je t'en supplie, me fait mon amie, visiblement désireuse que je sois là.

- Je serais là, Angie.

- Merci ! Et amène qui tu veux, me fait-elle dans un clin d'œil.

Hahaha, sacrée Angela, quoi !

- Désolée ma belle mais je ne pense pas que Jasper viendra !

- Il ne manquerait plus que ça, ironise Mike, qui n'a pas perdu une miette de la conversation.

- Et pourquoi, je te prie, répondis-je, rageuse

- Cette sortie se fait entre gens biens sous tout rapport.

- Et tu as été convié ? Ca m'étonne, fais-je aigrie.

Il veut rétorquer quelque chose mais s'arrête immédiatement. Je fulmine mais j'essaye de me contenir essayant de préserver le peu de côté de normal que j'arrive encore à garder dans ma vie. Je vois Angela qui passe à une couleur rougeâtre et détourne la tête. Evidemment, c'est sans étonnement que je vois débarquer Jasper, lunettes de soleil sur le nez, son sac de cours mis en bandoulière, d'une démarche assurée. Quand il s'approche d'Angela, qu'il ne manque pas de remarquer, il lui balance un sourire de charmeur. Je suis d'ailleurs persuadée qu'il le fait exprès, depuis ce que je lui ai dit. La pauvre vire au violet et s'en va rapidement, en gloussant. J'exploserais bien de rire mais je dois respecter qu'elle craque un peu sur lui sans me moquer. Il toise alors Mike d'un air dédaigneux :

- Dis donc, toi, si j'avais voulu des déchets sur ma voiture, j'aurais très certainement retourné la poubelle dessus, fait-il, ironique.

Mike grommèle quelque chose et je saute à mon tour du capot, un peu douchée par sa remarque.

- Je ne parlais pas de toi, Bella, ou alors tu es un très joli déchet, me fait-il dans un sourire.

Mike s'en va, le regardant de son air qu'il croit effrayant et rejoint sa voiture. Je suis à moitié hilare quand Jasper jette son sac sur la banquette arrière et vient s'asseoir à côté de moi, qui ai repris ma place sur le capot.

- Tu m'étonnes qu'il te trouve un peu bizarre, vu comment tu lui parles, fais-je morte de rire.

- Il me trouve bizarre ? s'enquit Jasper, en ôtant ses lunettes de soleil

- Je pense qu'il a même utilisé le mot « cinglé ».

- Espèce de petit enfoiré d'hum … fait-il, s'arrêtant tout à coup en me regardant et se frottant l'arrière du crâne.

- Continue, je t'en prie, fais-je en croisant les bras sur ma poitrine, tout à fait consciente de ce qu'il allait dire.

- Espèce de petit enfoiré de blondinet, lâche-t-il enfin, en souriant angéliquement.

- Tu n'allais pas dire ça.

- J'allais dire « humain » mais je me suis rendu compte que ça pouvait te vexer.

- Merci de t'être retenu.

- Je n'en pense pas moins.

- Si tu veux le mordre, je te donne le feu vert.

- C'est trop d'honneur. J'y penserais pendant mes temps libres.

- Ce sera mieux que la chasse au grizzli, crois-moi !

- Y a-t-il encore une chose que tu ignores sur moi, Bella Swan ? fait-il en s'esclaffant et levant les yeux au ciel.

- Des tas. D'ailleurs, si tu veux étancher ma curiosité…

- Je serais ravi de répondre à tes questions, mais à un autre moment.

- Tu es pressé ?

- Je dois apporter quelque chose à Carlisle à l'hôpital.

- Oh.

- Que se passe-t-il ?

- En réalité, ma voiture refuse de démarrer et je comptais sur toi pour jeter un coup d'œil, fais-je en souriant de toutes mes dents.

- Navré Bella mais je ne m'y connais absolument pas en mécanique …

- Oh … fais-je déçue.

- Toutefois, tu peux m'accompagner, je passe par l'hôpital amener le dossier que Carlisle m'a demandé et je te conduis chez toi par après. Tu pourras demander à ton père de venir jeter un coup d'œil.

- Merci.

On se redresse tous les deux et je grimpe dans la voiture, sous le regard réprobateur de Mike. J'aurais pu lui demander de jeter un coup d'œil mais visiblement le côté vampirique de ma vie prend vraiment le pas sur tout le reste.

Arrivés à la maison, je voudrais lui poser des tas de questions qui restent en suspens tout ce temps passé avec lui mais je ne sais pas trop comment lui demander de rester et de satisfaire ma curiosité. Je ne sais jamais comment il va réagir et qui plus est, je ne sais pas si il a vraiment du temps à perdre avec une personne insignifiante comme moi. Au final, je me dis que je ne risque pas grand-chose et je me lance :

- Dis, tu es pressé, là ?

- Pas vraiment, pourquoi ? me demande-t-il en se retournant sur moi, interrogatif

- Tu ne veux pas entrer et …

- Tu me proposes un café, fait-il mort de rire

- Très spirituel.

- Tu veux qu'on discute ?

- J'aimerais assez oui. Et Charlie n'est pas à la maison, ce soir, il regarde un match chez Billy Black.

- Oh, tu ne me ferais pas entrer si ton père était là bien sûr.

- Non, c'est pas ça, m'empressais-je d'expliquer. Je voulais juste que tu ne te sentes pas mal à l'aise.

Il se met à se marrer et coupe le contact.

- Relax, Bella, je blaguais. Ceci dit, si arrivés à ta porte, tu me dis que tu me posais juste la question sans l'intention de me faire vraiment entrer, je te mords !

- Pourquoi ferais-je ça ?

- Oh, je vois que tu ne regardes pas les mêmes feuilletons débiles qu'Alice.

- Je déteste regarder la télévision, fais-je dans un sourire.

- Enfin un point positif chez toi ! Je désespérais d'en trouver un !

Je lui tire la langue et sort de la voiture.

On entre dans la maison et je vais me chercher une pomme à grignoter, je meurs de faim. Il regarde autour de lui, certainement impressionné par l'exigüité des lieux et le bordel ambiant. Je me dirige vers le salon et il se débarrasse de sa veste. Je me pose sur le canapé, les jambes repliées sous moi tandis qu'il scrute la pièce sans rien dire.

- Tu peux t'asseoir, je ne mords pas, tu sais

- Très spirituel.

- C'est ma réplique d'habitude.

Il se laisse tomber sur le vieux canapé et n'a absolument pas l'air dans son élément. Je me marre doucement et il se retourne vers moi, interloqué.

- Quoi ?

- Rien, t'as l'air tout guindé.

- Désolé, je suis un peu désorienté, c'est la première fois que je viens.

- Je te présente donc mon salon.

- Très confortable.

- Merci de me ménager.

Il me sourit et je me sens à l'aise. Sérieusement, qui aurait cru, il y a un mois de cela, que je serais assise dans mon salon avec Jasper, seule à seul et que je me sentirais à l'aise ? Personne n'aurait parié un seul dollar là-dessus et pourtant !

- Je t'écoute, me lâche-t-il, un peu plus détendu à présent.

- Je … j'ai tellement de choses à te demander !

- Commence donc par les affaires urgentes.

- Alice reviendra-t-elle ?

- On pourrait aborder les sujets un peu moins douloureux ?

- Comment es-tu devenu vampire ?

- Et les sujets un peu moins effrayants ?

- Comment arrives-tu à ne pas m'attaquer ?

- Un peu moins sensibles ?

- Pfff. Euuuuh … De quoi me protèges-tu ?

- Ah. Le sujet épineux. Néanmoins, il faudra bien que je te réponde un jour, alors pourquoi pas ce soir !

Je me cale un peu plus dans le canapé, mordillant ma pomme, prête à tout entendre. Il se détend un petit peu plus et étend son bras sur le dos du canapé.

- Promets-moi juste de ne pas hurler, faire de crise de panique, pleurer, etc, etc.

- Je le jure !

- Sérieusement, Bella. Je ne suis pas capable de te calmer si tu te mets à paniquer, tu le sais hein ? Je ne suis pas …

Il ne dit pas le nom. Je le regarde et lui fait comprendre que je sais de qui il parle. C'est comme si on venait de passer un accord silencieux. Il ne mentionnera plus Edward en ma présence et pour ma part, je ne mentionnerais plus Alice. On s'évitera donc des souffrances.

- Je te jure de me contrôler.

- Bien.

- Let's go mon p'tit poussin !

- Pardon ?

- Oups, pardon, je me suis laissée emporter.

- Bref, fait-il désapprobateur. Tu n'es pas sans savoir que nous n'avons toujours pas retrouvé Victoria.

Je sursaute en entendant le prénom de la vampire qui a croisé mon chemin il y a 6 mois, en même temps que James le traqueur qui a, lui, essayé de mettre fin à mes jours.

- Pas de crise de panique Bella.

- N… non continue !

- Donc, on sait presque de source sûre maintenant qu'elle cherche à se venger.

- Mais ...

- Chut, laisse-moi terminer.

- …

- Et on sait qu'elle ne s'en prendra pas directement à … enfin à lui quoi.

J'acquiesce mais sens tout de même mon sang battre à mes tempes.

- On pense donc qu'elle a toutes les raisons d'essayer de s'en prendre à toi, pour le blesser lui !

- Mais c'est insensé, il s'en fout de moi, il est parti !

- Ce qu'elle ne sait pas. De toute façon, si elle parvenait à t'atteindre, ça détruirait … enfin ça le détruirait quoi.

Je lève les yeux au ciel mais ne l'interromps pas.

- C'est pourquoi ma surveillance est étroite. Je ne veux pas lui laisser l'occasion de s'approcher.

- C'est pourquoi tu ne veux pas que je m'aventure seule dans les bois.

Il baisse les yeux une fraction de seconde et enchaîne :

- Toujours est-il que je dois être très vigilant. Tant qu'Alice était là, elle pouvait nous prévenir d'un danger mais maintenant … ce n'est plus pareil.

Je rêve ou il a éludé ma question ?

- Emmet veille aussi sur toi, au cas où.

- Mais vous ne pouvez pas me surveiller tout le temps.

- C'est là que tu te trompes, Bella, fait-il dans un sourire. On est là jour et nuit.

- Je … Oh.

- On reste à l'extérieur de la maison, à surveiller les alentours. Ne t'inquiète pas.

- Donc je suis une proie.

- Eh oui.

- Et je suis en danger de mort.

- Pas tant qu'Emmet et moi veillons, ne t'inquiète pas.

- Et ben. Tu n'avais pas tort, je suis un vrai aimant à problèmes.

- Tu prends ça avec philosophie, ça me rassure.

- Ce n'est pas comme si je n'étais pas protégée par deux vampires hyper puissants.

- N'exagérons rien, Emmet est super puissant.

- Oh allez, ne joue pas le faux modeste.

- C'est pourquoi je te demande d'être prudente et de n'aller nulle part où tu serais exposée.

- J'ai promis, je m'y tiendrais.

- Parfait.

- C'est donc pour ça que tu me protèges …

- Ce n'est pas que pour ça.

- Oh oui, une raison que je n'ai peut-être pas envie d'entendre.

- En effet.

- Je suis prête ce soir.

- Je n'en suis pas convaincu.

- S'il te plaît ?

- Bon. Si tu insistes

- J'insiste lourdement.

Il s'avance un peu vers moi et m'étudie du regard. Ou étudie mes émotions. Le salaud quoi ! Je lui fais une moue réprobatrice et il se recale dans son coin.

- Tu es prête. Donc voilà. Je te protège parce que je me sens … redevable.

- Redevable ?

- Envers toi.

- Redevable ? répétais-je.

- Oui. Je suis responsable du départ des deux personnes qui veillaient sur toi. Et je te suis redevable de cette protection.

- Oh.

- Désolé.

- Je … Tu … Tu ne me dois rien, Jasper !

- Je veux veiller sur toi, le temps que ces deux têtes de mule reviennent.

- Et s'ils ne revenaient pas ?

- Tu m'aurais sur le dos toute la vie.

- Oh.

- Ou aussi longtemps que le danger te poursuivra.

- Bref, toute ma vie quoi.

- C'est fort probable.

- Oh.

- Je te sens tendue là.

- Non, je suis … abasourdie.

- Ah, je captais juste de la tension.

- Tu dois avoir des interférences alors.

Il sourit et je le scrute. Je suis vraiment étonnée par tout ce qu'il vient de m'avouer. Et soulagée aussi. Je sais ce qui m'attend et même si c'est pas joli-joli, je sais qu'Emmet et Jasper veillent sur moi et c'est quelque part très rassurant. Ca veut dire qu'ils sont encore assez « attachés » à moi pour ne pas me laisser me démerder toute seule.

- Tu as encore des questions ?

- Des tas. Mais je ne t'embêterais pas plus ce soir.

- Ca veut donc dire que tu m'en poseras encore souvent ?

- Pire que tu ne l'imagines ! A côté de moi, l'Inquisition aura l'air d'un tout petit truc sans importance !

Je le regarde avec de grands yeux pour qu'il mesure l'ampleur de mes paroles et il lève les bras devant lui, comme pour se défendre :

- Ne me regarde pas comme ça, l'Inquisition venait d'être abolie en Espagne quand je suis né alors je ne connais pas !

- Idiot, je voulais juste t'impressionner.

- Oh, pardon, j'ai réduit à néant ta tentative, non ?

- Plutôt oui.

Il regarde ailleurs et prend un air pensif. Pense-t-il à elle ? Cette conversation a-t-elle réveillé un souvenir donc je n'ai aucune connaissance ? Je n'aime pas le voir comme ça, ne sachant que trop bien ce qu'il doit ressentir. Je nous sens comme relié par cette peine qu'on a chacun, par l'abandon dont on a été victimes tous les deux par les êtres qui nous étaient les plus chers. Je me sens liée à lui d'une manière forte et parfois, ça m'effraie. Il a l'air si mal. Il n'a même pas de minutes de répit, il ne peut même pas s'abandonner dans le sommeil pour oublier. Et en plus, il capte les émotions de tout le monde, comme si ce n'était déjà pas suffisant de devoir se battre avec les siennes. Je n'aimerais vraiment pas être à sa place. Il se relève d'un coup et je sursaute.

- Je vais y aller. Je dois arranger avec Emmet la tournante de ce soir.

- Okay, fais-je en me relevant aussi.

Il attrape sa veste et se retourne vers moi, alors que je viens de me remettre en marche, ce qui me fait foncer dans son torse de marbre.

- Ouch.

- Pardon !

- Pas grave, maugréais-je en me frottant le nez endolori

- J'aimerais à mon tour te poser une question, si tu le permets.

- Je te le permets, bien sûr.

- N'est-il pas trop désagréable de m'avoir dans les pattes ces derniers temps ? Je sais que j'ai mal agi à ton anniversaire et …

- Ne sois pas idiot, Jasper. C'est vrai qu'au départ, j'étais assez effrayée. Tu as du le ressentir d'ailleurs …

En guise de réponse, il sourit et je sais que je ne me trompe pas.

- Mais plus je te découvre, plus je t'apprécie. Et puis, je pense qu'on a des choses en commun, tu avais raison.

Il sourit encore et passe sa veste.

- Par contre, toi, tu dois être bien embêté d'avoir une vulgaire petite humaine bien maladroite dans les pattes.

Il se dirige vers la porte et l'ouvre, se retourne et me sourit encore :

- Aussi étonnant que cela puisse paraître, me lance-t-il, je ne pensais pas dire ça un jour mais … tu as des aspects très intéressants finalement … petite fouine !

Sur ces mots, il me fait un clin d'œil et sort. Je reste figée dans le salon et entends sa voiture démarrer.

Je passe la soirée seule, sachant que Charlie ne rentrera pas tôt. Je fais mes devoirs que j'achève péniblement et monte dans ma chambre vers 22 heures, crevée. Il faut dire que j'étais réveillée à 5h ce matin et que j'ai des heures de sommeil à rattraper. Sans compter que la journée a été éreintante : éviter Mike Newton n'est pas de tout repos. Après avoir passé mon pyjama et m'être brossé les dents, je me dirige vers ma chambre, envisageant de mettre mon Ipod sur une chanson bien déprimante et de m'endormir ainsi. Avant de me coucher, je repense à ce que Jasper m'a dit dans le salon et je me dirige vers la fenêtre. Il pleut à seaux dehors et pourtant, je n'ai aucun mal à distinguer ce que je recherche. De l'autre côté de la rue, sa silhouette blanchâtre, les mains dans les poches, regarde vers ma fenêtre. Il est là, il veille. Je suis un peu plus rassurée et lui adresse un signe. Il me le rend et se détourne, certainement pour faire sa ronde. Je vais me coucher, bien plus calme, parce que ce soir, je sais qu'un ange gardien veille sur mon sommeil.

TBC