Résumé : Après s'être disputé avec Drago et réconcilié avec sa meilleure amie, Harry se retrouve dans le wagon-restaurant et croise à nouveau l'inconnu du quai. Hésitant, il finit par lui parler et le contact entre les deux est immédiatement sulfureux. Jouant au jeu du chat et de la souris, Harry décide finalement de suivre son inconnu jusqu'à un compartiment réservé et s'abandonne à l'homme mystérieux. Comment va se dérouler cette première confrontation entre Harry et son inconnu ? Quelles seront les conséquences pour le lycéen ? Et pour sa relation avec Drago ? Un début d'explication dans ce chapitre encore totalement centré sur notre brun aux yeux d'émeraude… Bonne lecture à tous, et n'oubliez pas qu'un petit message fait plaisir à l'auteur… A bientôt Lilywen.

PS : J'ai également posté il y a deux semaines le chapitre 26 de la quête des temps nouveaux… Prochain chapitre : sans doute le chapitre 16 de « Opération bébé »…

Aller simple

Chapitre 4 : Arrivée Saint-Pancras

Harry repoussa très lentement les pans du pantalon au tombé impeccable, laissant apparaître un sous-vêtement aux couleurs sombres. Son attention se porta naturellement vers le tissu tendu qui ne lui laissait que peu de doute sur l'envie irrépressible de l'inconnu à son égard. L'homme le désirait, au moins autant que lui le voulait. Il se sentit furieusement rougir à cette pensée et son regard émeraude se reporta instinctivement vers les magnifiques iris d'un fascinant bleu-gris qui le fixait toujours. Harry ne put retenir un grognement agacé devant l'air clairement moqueur de son inconnu.

« Satisfait de tes premières observations, gamin ?

- Ca… Ca t'amuse beaucoup, n'est-ce pas ?

- Tu n'as même pas idée à quel point… », susurra l'adulte sensuellement contre son oreille.

Harry soupira d'aise, déstabilisé par son souffle chaud sur sa peau tandis que les lèvres douces glissaient inexorablement le long de son cou jusqu'à se perdre à la jointure de sa clavicule.

« Et tu ne me feras pas croire une seconde que le jeu te déplait, trésor…

- Je ne… »

Harry fut coupé dans sa vaine protestation par un baiser rude et dominateur. L'homme ne demandait pas, il exigeait. Cette bouche ne signait pas un traité de paix, elle proclamait une reddition sans aucune négociation possible, le laissant au bord de l'asphyxie. Ses mains puissantes pétrissaient son corps, naviguant de ses hanches à ses reins, remontant inexorablement son tee-shirt pour l'envoyer valser dans un recoin du compartiment. Il frissonna. C'était étrange, presque insupportable, cette sensation suffocante, palpable qu'il n'avait encore jamais ressenti tandis que l'autre le fixait de ses yeux bleu-gris sans faillir. Le petit brun souffla douloureusement. Dieu qu'il le voulait… Tout de suite. Qu'importent les conséquences, les doutes, les remords. Il ne pouvait en être autrement.

Harry se sentit alors basculé brusquement contre la banquette. Secoué par les soubresauts du train, il hoqueta et l'autre ricana :

« Décidément, il faut vraiment que je m'occupe de tout ici, gamin. »

Avec dureté et impatience, il tira le jean d'Harry, faisant glisser dans le même temps son boxer. Libéré de la compression du tissu, le lycéen grogna. Son érection était si douloureusement tendue et avant même qu'il ne le réalise, une main puissante s'empara fiévreusement de lui. Il se cambra furieusement, un cri bien peu masculin s'échappant de ses lèvres mordues. L'autre se pencha vers lui, l'emprisonnant complètement de son corps et murmura sensuellement à son oreille :

« Refais ça, gamin. »

Harry ne put que s'appliquer à répondre à l'ordre du plus âgé, gémissant faiblement alors que l'autre s'évertuait à le masturber, alternant ferveur endiablée et douceur angélique. Lorsque son inconnu délaissa finalement son sexe, le petit brun pensa réellement qu'il aurait pu le tuer pour se comporter ainsi avec lui. Au lieu de cela, toute forme de protestation mourut dans son souffle quand l'autre s'amusa rapidement avec ses doigts contre son intimité.

Se sentant déjà au bord d'un précipice, le joli brun réalisa à peine quand le plus âgé s'empara du petit sachet en plastique préalablement ouvert et abandonné au pied de la banquette inconfortable. Au prix d'un effort incommensurable, Harry se releva légèrement, s'appuyant sur ses coudes et de ses yeux verts embrouillés par le désir, il vit son bel inconnu dégager sommairement son sexe pour enfiler habilement le préservatif lubrifié. Il ne prenait même pas le temps de se déshabiller complètement. L'homme semblait être dans le même état que lui, agacé par cette urgence à satisfaire. Il allait le baiser, du sexe sauvage, sans concession et en cet instant, il n'aurait su dire qui, de la peur ou de l'excitation, dominait son corps.

« Toujours sûr de toi, gamin ? »

Harry fut surpris autant par la question que par le ton employé par l'homme, empreint de sérieux et d'attention alors qu'il aurait pu le prendre sans aucune considération tant il se sentait désorienté et désireux. Il ânonna difficilement :

« Pu… Putain, baise-moi. »

La réponse sembla le satisfaire puisque l'homme tira brutalement la jambe gauche d'Harry et la posa rudement sur son épaule, le faisant basculer complètement sur la banquette. Une seconde plus tard, le petit brun sentait son sexe lourd et épais contre son intimité. Il expira une grande bouffée d'air tandis que sa peau était étirée, presque douloureusement, l'emplissant complètement. Il avança en lui lentement avec une délicatesse quasi insupportable jusqu'à le posséder totalement.

« Bordel… Tu es tellement bon, gamin… Tellement étroit… »

Le plus âgé recula brusquement et revint en lui si puissamment, si violemment qu'Harry se mordit les lèvres jusqu'au sang. Tout son corps était en feu alors que son inconnu malmenait sa prostate à chaque va-et-vient et il s'accrocha désespérément à la nuque de l'homme pour que sa tête ne heurte pas l'un des accoudoirs. Son amant en profita pour le soulever et l'asseoir sur son sexe, se calant contre le dossier rembourré de la banquette. Harry hoqueta :

« Putain ! Encore…

- A tes ordres, gamin. »

Dans un rire rauque, proche d'un aboiement, le plus âgé empoigna ses hanches et le fit retomber durement sur lui et c'était juste trop… Trop bon, trop fort… Harry s'écroula contre le brun, son front posé sur son épaule, s'accrochant désespérément à sa nuque tandis que les mouvements se faisaient anarchiques, toujours plus intenses. Son sexe frottait presque désagréablement contre la chemise à moitié défaite de l'homme. Il ne sut exactement combien cela dura mais il y eut simplement un moment où il rendit les armes, son intimité se resserrant violemment autour du sexe de son inconnu. Il s'écroula contre lui, sans force tandis que l'autre continuait à le besogner farouchement. Il aurait été bien incapable de dire quand son amant atteignit l'orgasme à son tour, se répandant dans le latex au plus profond de son corps. Il le sentit à peine se retirer de lui et enlever le préservatif usagé pour le jeter dans la petite poubelle en ferraille accrochée au mur sous la fenêtre du compartiment. En fait, tout ce qui marqua son esprit embrouillé, ce fut que son inconnu ne le relâcha pas pour autant, au contraire, son étreinte se fit plus ferme.

A l'initiative du plus âgé, ils basculèrent dans un même mouvement, se retrouvant allongés sur la banquette et pendant de très longues minutes, Harry savoura simplement cette chaleur inédite tandis que l'homme caressait gentiment le bas de son dos de petits mouvements circulaires. La respiration encore haletante, le brun lui baisa avec tendresse le front, juste à l'endroit où se trouvait encore le souvenir d'une cicatrice d'un jour d'été où il avait heurté la rambarde de l'escalier chez les Dursley alors que sa pourriture de cousin jouait à la chasse au Harry et qu'il tentait de lui échapper en vain. C'était étrange de se sentir ainsi. Le terme qui vint à l'esprit du jeune garçon était en sécurité. Protéger. Au moins, il avait la preuve formelle de sa folie latente désormais. Il venait de se faire baiser par un parfait inconnu dans un train et il pensait sottement qu'il n'avait jamais été plus… Apaisé de toute sa chienne de vie. Ridicule. Ridiculement romantique. Il ne serait jamais une de ces stupides adolescentes en quête du grand amour. Harry était foutrement fatigué, épuisé même et il n'était pas certain que les muscles de son cul lui accordent une trêve avant plusieurs heures au moins… Il grogna, faisant bouger légèrement le corps de l'autre homme, son torse vibrant agréablement contre ses lèvres.

« Ca va, gamin ?

- Oui… Oui, je crois. »

Un rire clairement moqueur fut la seule réponse de son amant et ce son, quoique plaisant, agaça Harry. Profondément.

« Quoi ?

- Je suis très impressionné. Tu as prononcé une phrase entière sans avoir l'air de vouloir me bouffer tout cru pour ton dîner. En fait, je ne pensais pas que ce soit possible.

- Salo…

- Tsss… Pas de grossièreté, veux-tu ! », l'interrompit l'autre d'une petite claque sur le bas de ses fesses.

Harry se redressa légèrement, fixant les yeux amusés de l'homme, avant de susurrer tout contre les lèvres de son inconnu d'un ton taquin :

« Désolé, Monsieur, je ne fais pas dans le SM.

- Tu ne sais pas ce que tu manques, petit garçon... »

Harry ne put s'empêcher de sourire devant l'air pervers qu'affichait l'homme alors qu'il poursuivait :

« Je suis cependant tout disposé à t'initier à cette activité, tu as certaines prédispositions évidentes.

- Ah bon ! Vous croyez ? demanda Harry d'un ton faussement candide.

- Aucun doute sur ce point, trésor. »

Harry asséna un coup léger dans l'épaule de l'homme à l'entente de ce surnom horrible et l'autre lui adressa un sourire gourmand :

« Et tu apprends visiblement très vite… »

Aussitôt, l'homme emprisonna ses poignets, les maintenant solidement derrière son dos, avant de mordiller agréablement sa lèvre inférieure. Harry grogna pour la forme car ce mec était foutrement doué avec sa langue et sa bouche. Rien concernant son inconnu ne pouvait être sans saveur, trop fade. Il était une épice forte, un alcool enivrant et il s'abandonna progressivement au baiser. Ses mains libérées, il serra convulsivement les épaules si puissantes tandis que son amant tenait fermement ses hanches. Ce fut une sonnerie désagréable et stridente qui rompit le charme du petit compartiment. L'autre le souleva comme s'il ne pesait guère plus qu'une poupée, le rasseyant gentiment sur la banquette tandis qu'il fouillait sa valise à la recherche d'un téléphone à la pointe de l'innovation technologique.

Le regard de son inconnu changea assez brutalement. De séducteur et délicieusement pervers, il devint plus dur, visiblement celui de l'homme d'affaire intraitable, songea Harry.

« Oui. C'est pourquoi ? »

Calant l'appareil entre son épaule et son oreille, il regarda son amant écouter distraitement les commentaires de son interlocuteur tandis qu'il ragrafait habilement les attaches de son pantalon. Harry ne bougea pas davantage quand il le vit fouiller dans sa valise à la recherche d'une serviette. Son amant effaça rapidement les traces de son plaisir qui maculait encore ça et là son ventre et reboutonna la chemise à moitié défaite avant de rétorquer avec humeur :

« Ecoutez, Fudge, je me fiche de vos jérémiades. Vous contactez immédiatement Delacour pour qu'il répare votre erreur. Heureusement que j'ai quelques personnes compétentes à la direction car si je ne devais compter que sur des abrutis de votre espèce… »

Le ton cassant sortit Harry de sa contemplation et aussitôt, il s'activa, récupérant ses habits dispersés dans le compartiment. Il ne mit guère plus d'une minute à se rhabiller et se tenait mal à l'aise, dansant d'un pied à l'autre, tandis que l'homme fulminait toujours contre ce dénommé Fudge. Quand l'homme se tourna vers lui et le vit, il asséna froidement à son collaborateur :

« Je suis occupé pour le moment. Je vous rappelle à mon arrivée à Saint-Pancras. »

Harry mordilla nerveusement ses lèvres, ne sachant que dire alors qu'il le dévisageait si intensément. Un instant plus tard, il le vit attraper un carnet dans sa sacoche de travail avant de griffonner rapidement quelques mots. Il replia le papier et d'un pas, il fut tout contre lui, glissant le message dans sa main droite :

« C'était réellement un plaisir, gamin et… n'y vois aucune obligation. Je serai à l'adresse indiquée, à Londres pendant quelques jours… Peut-être plusieurs semaines, je ne sais pas encore exactement… Si tu veux passer, je serai plus qu'enchanté de poursuivre notre petit entretien… »

Le plus âgé passa délicatement son index sur sa bouche. Lentement, il se pencha vers lui et Harry ne tenta pas d'esquiver. Il geignit faiblement lorsque son inconnu mordilla ses lèvres, le frôlant avec la légèreté d'un papillon. Sa langue se joignit à cette agréable découverte, quémandant pour plus. Le lycéen accepta de bonne grâce la proposition et ferma finalement ses yeux d'émeraude pour savourer pleinement le baiser. Il se surprit à apprécier sincèrement cette marque de tendresse et s'abandonna totalement à l'étreinte de l'homme. Ce ne fut que lorsque le besoin d'air se fit trop fort qu'ils s'écartèrent :

« Peut-être à bientôt alors ? »

Harry se contenta d'acquiescer vaguement à la question du brun, pas certain de pouvoir lui répondre d'une voix intelligible. Les yeux bleus-gris le fixaient toujours avec cette intensité brûlante quand le plus jeune se retourna brusquement et ouvrit la porte du compartiment réservé. Sans réfléchir davantage, il partit presque en courant en direction de l'arrière du train pour retrouver son groupe scolaire. Il était arrivé au niveau du wagon restaurant quand il s'arrêta, passablement essoufflé. Il s'appuya contre une des fenêtres, contemplant son reflet, exactement comme il avait observé celui de son inconnu lorsqu'il avait abordé tout à l'heure. Ses mains tremblaient furieusement lorsqu'il regarda le morceau de papier froissé. Une seconde, il pensa le déchirer. Il n'aurait su expliquer pourquoi mais il renonça, le glissant finalement dans sa poche de jean. Il passa son index sur ses lèvres rougies par les baisers de l'homme. Ce fut un hurlement colérique qui le sortit de ses pensées confuses :

« HARRY POTTER ! Ca fait bien une demi-heure que je te cherche partout dans ce maudit train ! Où est-ce que tu étais encore passé ? »

Le brun fixa sa meilleure amie. Les mains posées fermement sur les hanches, elle semblait furieuse :

« Tu te rends compte que j'ai dû te couvrir auprès de Mac Go et que… »

La jeune fille s'arrêta brusquement et murmura beaucoup plus doucement :

« Harry, ça va ? »

Le petit brun se contenta de secouer la tête de gauche à droite en signe de dénégation. Son amie dut se rendre compte à quel point il était pitoyable car ses bras si fins s'accrochèrent à sa nuque et elle déposa de délicats baisers sur sa joue pour le réconforter. Il resta un moment sans réaction avant de répondre à son étreinte, entourant sa taille étroite de ses mains pour la rapprocher davantage de lui. Ils ne se séparèrent que lorsqu'une voix féminine préenregistrée annonça froidement leur arrivée à Londres, gare Saint-Pancras.

A suivre…