Chapitre 3
Fenrir tenait la gorge d'une femme, afin que son mari accepte de rentrer dans les rangs des Mangemorts. Comme il l'avait prévu, le Mage Noir avait fait appel à lui et le châtain avait déjà tué quatre personnes innocentes depuis le retour de l'homme. Dont un jeune enfant de neuf ans. Quand il avait entendu l'ordre, il n'avait pu s'empêcher de voir les visages de Draco et d'Eleanor, mais cela n'avait pas suffit à le faire reculer, sous peine de mourir. Le seul côté positif, c'était que dans la Gazette du Sorcier, il n'y avait pas eu vent de cet incident, et donc, pour le moment, ses enfants ne lui en voulaient pas trop. Ellie était certes terrifiée à l'idée qu'il soit envoyé à Azkaban. Elle ne cessait de lui écrire des lettres où elle lui montrait ses peurs entre les lignes. Et Draco lui… Il semblait être dans un monde qu'il avait connu lui-même à Poudlard. Lucius et lui allaient en savoir plus sur la personne qui semblait rendre amoureux leur fils. Ce dernier ne donnait aucune information sur la jeune fille qu'il fréquentait, certainement à cause de cette Ombrage de malheur. Le châtain aurait bien envie de lui trancher la gorge, tellement sa simple vue le rendait malade. Tout ce rose… Ça en devenait écœurant.
Le loup revint au moment présent, entendant l'homme de la femme qu'il tenait, supplier qu'il la relâche, et qu'il ferait tout ce qu'ils leur demanderaient. Le Mage Noir hocha la tête et sourit, et Fenrir retint le frisson de dégoût le prendre de toute part. L'homme n'en était plus un. C'était désormais une créature écœurante aux allures de serpent. Mais Fenrir se gardait bien de le dire. La seule chose qu'il voulait, c'était que Lucius réussisse la mission qui lui avait été confiée, dans l'espoir que le Mage Noir les laisse tranquille un moment.
— Lâche-la. Nous avons eu ce pour quoi nous sommes venus, siffla Voldemort à son intention.
Le châtain fit ce qu'il lui avait été demandé et après plusieurs minutes, il fut congédié comme un chien. Une fois entre les murs de sa maison, il n'attendit pas et passa par la salle de bains afin de se rendre plus présentable, ayant dégradé son image afin que le Mage Noir le pense plus bête qu'il ne l'était. Quand il fut lavé, coiffé et habillé, il n'attendit pas et transplana là où il avait déplacé sa meute au complet. Il discuta avec son bêta, Phinéas, un homme qu'il avait rencontré quelques années plus tôt. Il avait été mordu lors d'un voyage en Allemagne et avait désiré faire partie de sa meute à lui. Fenrir n'avait pas réfléchi longtemps avant de mordre l'homme, là même où la morsure de l'autre loup était exposée. Depuis, Phinéas était son bêta et le châtain n'avait jamais eu de problème avec lui. Les siens appréciaient l'autorité, et pas une seule fois Fenrir n'avait été déçu des décisions prises sans son accord au préalable, quand la situation le demandait.
Quelques heures plus tard, alors que la nuit était tombée depuis longtemps, le loup-garou quitta enfin le semblant de village et transplana au Manoir. Lucius lui manquait et même s'ils ne pourraient passer que quelques heures ensemble, c'était tout ce dont il avait besoin. Il se dirigea rapidement vers la chambre qu'occupait le blond avec Narcissa et pénétra dans la pièce sans faire de bruit. Il regarda l'homme qu'il aimait avant de le rejoindre, le lit était assez grand pour qu'ils puissent tenir à trois. Il passa la main dans les cheveux blonds de sa moitié et embrassa sa nuque, avant de se coller à lui. Lucius soupira de bien-être dès qu'il le sentit contre lui et il attrapa ses mains pour les porter à ses lèvres et les embrasser silencieusement.
— Ça va ? chuchota-t-il.
— Hm. Je suis content que tu sois là. Je déteste quand tu pars avec lui comme ça.
— Certainement pas autant que moi, répondit-il à voix basse. As-tu reçu du courrier des enfants ?
— Oui, ils sont dans la table de nuit. Ils vont bien. Ils ne sont seulement pas certains d'être pressé de rentrer pour les vacances. Je les comprends. Mais je ne suis pas certain que Poudlard parvienne à rester sécurisé comme il l'est maintenant. Et encore, Black a bien réussi à y entrer il y a deux ans.
— M'en parle pas. En plus, l'animal qui a blessé Draco s'est échappé la même année.
Fenrir se retourna et prit les lettres des enfants. Il les lut avec attention, décryptant les messages cachés. Leur fille semblait être regardée de travers de plus en plus et le châtain s'en voulut énormément pour ça. Encore heureux qu'il y avait Severus pour la surveiller et veiller que personne ne lui fasse de mal. Ce dernier, depuis trois ans maintenant, entretenait une relation avec Narcissa. Certes, d'après ce qu'il avait compris quant la blonde s'était confiée à lui un soir, elle n'était pas la seule présente dans le cœur de l'homme, mais elle semblait heureuse. Enfin, l'était. Severus, depuis le retour du Mage Noir, était de plus en plus occupés et Fenrir doutait que cela soit de son propre chef. Beaucoup de choses les dépassaient et ils devaient gérer une vie cachée sous peine d'aller rejoindre les leurs sous terre. Parce qu'il ne faisait aucun doute que si le Mage Noir découvrait que la femme de Lucius ne l'était pas vraiment et qu'elle était avec un autre de ses Mangemorts, ils allaient le sentir passer.
Le blond se retourna et se colla contre lui avant d'éteindre la lumière une fois que le loup eut reposé les lettres. Il mit sa tête sur son épaule et entoura son corps de ses bras alors qu'il soupirait :
— Il est de moins en moins patient. Il a bien failli nous envoyer sur une mission suicide. Heureusement, Bellatrix semble ne pas avoir de telles tendances, elle l'a fait revenir sur sa décision.
— Il n'a plus toute sa tête. S'il tombe, il va tous nous entraîner avec lui. Déjà que Potter sait maintenant que tu es un Mangemort depuis le cimetière. Encore heureux que personne ne le croit sur le retour de l'autre taré.
— Ça ne va pas tarder… Ils ne le croient pas mais ils vont finir par le voir et ils n'auront plus le choix. Et après ça, je serai lapidé, pouffa-t-il.
— Ne parle pas de ce genre de chose. Imagine les répercutions sur Draco si jamais tu venais à être arrêté, ou même lapidé ? Je devrais tuer quiconque te fait du mal et je serais envoyé en prison. Tu n'as pas intérêt à me faire ce coup là. Contact qui tu veux, vide ton coffre si cela est nécessaire, mais ne te fais pas prendre.
— Je n'en ai sincèrement pas envie et je ferai ce que je peux pour que ça n'arrive pas. Mais le Ministère… Il ne fait plus bon y aller. Ni pour les gens comme nous, ni pour les gens comme Potter, ni même pour Bellatrix. Il n'y plus aucun moyen de savoir à quel genre de sorcier tu parles. Ils ne croient pas Potter, officiellement, mais officieusement, ils ont bien plus de doutes qu'ils ne le laissent paraître.
— Penses-tu que nous pourrions aller en Australie pendant les vacances de printemps ?
— Je ne peux pas quitter le Manoir pour une longue durée Fenrir, encore moins le pays. Mais toi et les enfants, vous devriez pouvoir. Narcissa dira vouloir emmener Draco pour Salazar sait quelle raison et tu trouveras quelque chose pour Ellie. Il aime t'avoir à ses côtés pour disperser la terreur mais il en a d'autres comme toi.
— Lucius, soit on part tous ensemble, soit nous ne partons pas. Comment penses-tu que seront Draco et Eleanor si nous te laissons ici ? Il en est hors de question.
— Il ne me laissera pas partir Fenrir. Ce n'est pas une raison pour forcer les enfants à rester là et le subir. Je m'en sortirai. Il n'a pas prévu de me tuer. Je n'ai même pas encore été torturé une seule fois.
— Hum.
Comprenant que la conversation ne mènerait à rien, Fenrir se contenta de se blottir contre le blond, respirant son odeur. Cela ne faisait même pas un an que le Mage Noir était revenu qu'ils en venaient déjà, Lucius et lui, à ne plus être d'accord. Le loup-garou aimait ses enfants plus que tout, mais il aimait plus encore le blond contre lui. De manière inconditionnelle. Il ne savait même pas ce qu'il choisirait, si ses enfants étaient en danger, tout comme Lucius. Qui choisirait-il ? Son cœur lui criait qu'il opterait pour l'homme qui lui avait volé son cœur, mais une partie de lui savait que Lucius lui dirait de choisir de sauver leur enfants.
— Je t'aime, souffla le châtain.
— Je t'aime aussi, ne put s'empêcher de sourire Lucius. Vraiment beaucoup.
— Repose-toi.
Il embrassa le front du blond et posa sa tête contre l'épaule de ce dernier. Les choses n'allaient pas aller en s'arrangeant, mais tant que Lucius serait à ses côtés, qu'Ellie et Draco allaient bien également, Fenrir n'en demandait pas plus.
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Lucius tournait en rond, impatient et anxieux. Dans quelques minutes, il allait devoir partir pour le Ministère afin de récupérer la prophétie et, si possible, Potter. Mais le blond avait un très mauvais pressentiment. Ça allait encore foirer, il en était certain. Et il ne pouvait rien faire pour empêcher ça. Enfin si, il pouvait essayer, mais il doutait fortement parvenir à faire quoi que ce soit sans finir par se faire tuer ou torturer. En voyant Fenrir entrer dans le salon, il sut qu'ils allaient certainement se chamailler. Ils le faisaient souvent ces derniers temps. Ce n'était même pas de vraies disputes mais ils s'inquiétaient tellement l'un pour l'autre, pour Narcissa et pour les enfants que ça en devenait intenable.
— Je vais devoir y aller, souffla-t-il en enfilant sa robe de Mangemort.
— N'y va pas. Ce n'est pas n'importe où. Tu vas au Ministère Lucius. Là où tout le monde pourrait te reconnaître et il en sera fini de toi.
— Que veux-tu que je fasse ? Que je décline poliment ? Ce n'est pas une option, nous le savons tous les deux.
— Ne crois pas que je ne le sais pas, grogna le loup. Nous sommes prisonniers de nos propres choix. Et si jamais… Si jamais la personne avec qui Draco sort va au Ministère avec Potter ? Y as-tu pensé ? Je ne cesse de retourner cette histoire dans ma tête et je suis presque sûr que c'est la fille Weasley ou même cette Sang-de-Bourbe qui traine toujours avec leur soi disant Élu. Que feras-tu si tu blesses ton fils en faisant ce que tu dois faire ?
— Je me fiche qu'il me déteste si c'est la seule façon de le garder en vie. Si j'échoue… si j'échoue, il va s'en prendre à Draco. Il se fiche de Narcissa, elle n'est là que pour faire jolie et étoffer ses rangs mais Draco, c'est différent.
— Je sais, soupira Fenrir en se frottant le visage.
Il s'approcha du blond et le prit dans ses bras, le serrant de toutes ses forces, avant de l'embrasser puis de prendre la direction de la sortie.
— Fais attention à toi. Et reviens-moi.
Lucius voulut le retenir mais la porte s'était déjà refermée quand il ouvrit la bouche alors il la referma. Il tourna en rond dans la pièce quelques secondes. Il savait qu'il devait y aller mais il avait l'impression d'oublier quelque chose. Il finit par soupirer et attrapa un bout de parchemin sur lequel il griffonna un succinct "je t'aime" avant de le glisser dans une enveloppe, de la fermer à la cire puis d'appeler un Elfe pour lui demander de la remettre à Greyback une fois qu'il serait parti. Il attrapa sa canne, enfila son masque puis transplana au Ministère.
Une fois sur place, Lucius ne tarda pas à se retrouver devant Potter qui lui demanda immédiatement où se trouvait Sirius. Entrant dans son rôle de Mangemort froid et déterminé, quoi que ça, il l'était réellement, Lucius répondit :
— Il faudrait que tu apprennes à faire la différence entre les rêves et la réalité, ajouta-t-il après avoir retiré son masque. Tu as vu ce que le Seigneur des Ténèbres voulait que tu vois. Maintenant donne-moi la prophétie !
— Si vous faites quoi que ce soit, je la casse, le menaça le Gryffondor.
Cela l'agaça profondément, mais pas plus que le rire de Bellatrix qui entra en joute verbale avec le jeune Londubat tandis que lui se répétait combien il était chanceux de ne pas avoir fini avec cette femme. Mais s'il voulait continuer d'être chanceux, il allait devoir récupérer cette prophétie et la rapporter à son soi-disant maître.
— Essayons de conserver notre calme, finit-il par intervenir quand Londubat sembla prêt à attaquer Bellatrix. D'accord ? Tout ce que nous voulons, c'est cette prophétie.
— Pourquoi Voldemort avait besoin de moi pour l'avoir ? le questionna Potter.
— Comment oses-tu prononcer son nom, infâme Sang-Mêlé ! s'écria Bellatrix de sa voix criarde.
— Ce n'est rien, souffla Lucius pour la calmer. Il voulait seulement voir quel effet ça faisait. Une prophétie ne peut être retirée que par une personne qui en est l'objet. Ce qui est une chance pour toi, vraiment.
Les autres Mangemorts commencèrent à arriver et il ne sut si c'était une bonne ou une mauvaise chose. Ces idiots avaient la capacité extraordinaire de toujours tout ruiner.
— Ne t'es-tu jamais demandé quelle était la connexion entre toi et le Seigneur des Ténèbres, hm ? reprit le blond pour essayer de capter l'attention de Potter. Pourquoi n'a-t-il pas réussi à te tuer alors que tu n'étais qu'un nourrisson ? Ne veux-tu pas connaître le secret de ta cicatrice ? Toutes les réponses sont là Potter, entre tes mains, tout ce que tu as à faire, c'est me la donner et je pourrai tout te révéler.
— J'ai attendu 14 ans, dit le Gryffondor alors que les Mangemorts encerclaient à présent le groupe d'adolescents. Je peux encore attendre un peu. Maintenant !
Il parvint à éviter plusieurs Stupefix et s'élança à la suite des adolescents. Il lui fallait cette prophétie ! Il se dématérialisa et reprit forme devant eux. Son premier réflexe fut de tendre la main, espérant que Potter serait assez malin pour faire ce qu'il fallait mais quand ils firent demi-tour, il soupira en comprenant qu'il allait réellement devoir se battre pour l'obtenir. Il se dématérialisa de nouveau et décida de quitter la pièce quand les prophéties commencèrent à s'effondrer autour de lui.
Il suivit les adolescents et se matérialisa au bas du rocher sur lequel se trouvait le voile tandis que les autres Mangemorts attaquaient ces derniers et les prenaient un à un en otage, ne laissant que Potter. Quelle idée avaient-ils eu de venir ici ? Avaient-ils la moindre idée de ce qui se trouvait dans cette pièce.
Il commença à avancer vers Potter et décida d'essayer de lui faire entendre raison.
— Croyais-tu vraiment, ou es-tu seulement assez naïf pour penser, que des enfants avaient la moindre chance contre nous ? Je vais rendre ça très simple, Potter, ajouta-t-il en tendant la main vers lui une fois dos au voile et à moins d'un mètre de l'adolescent. Donne-moi la prophétie. Maintenant. Ou regarde tes amis mourir.
Si c'était le seul moyen pour lui d'obtenir cette prophétie, ainsi soit-il. Il repensa aux paroles de Greyback, à la possibilité que son fils soit amoureux de l'un de ces enfants mais chassa très vite cette pensée de son esprit. Il ne pouvait pas se permettre de penser à ça. Il entendit Londubat ordonner à Potter de ne pas lui donner la prophétie et se dit que finalement, ce garçon était au moins aussi stupide que courageux. Ce qui n'était vraiment pas un compliment. Lucius dut retenir le soupir de soulagement qui voulut passer ses lèvres quand Potter lui donna enfin la Prophétie mais cette joie qu'il ressentait fut trop rapidement remplacée par un autre type d'inquiétude. Le regard de Potter ne lui disait rien qui vaille. Il se retourna alors et eut à peine le temps de réaliser que Sirius Black se trouvait face à lui qu'il se prenait son poing dans la figure. Le coup fut tellement soudain et brusque qu'il en tomba à la renverse. Il sentit son cœur s'arrêter quand il lâcha la prophétie et parvint à se retourner juste à temps pour la rattraper… mais elle se brisa quand même. Comme ses espoirs.
Il avait échoué, encore, et cette fois, nul doute que Voldemort allait le punir. Il avait échoué, c'était la seule pensée qui tournait en boucle dans sa tête, encore et encore. Et puis, au bout d'une minute à peine, il se reprit. Il devait faire quelque chose, apporter quelque chose en échange. Il se releva, évita les sorts lancé par des Aurors arrivés entre temps puis engagea un combat contre Potter et Black avec un Mangemort auquel il ne porta pas beaucoup attention. Si l'autre pouvait l'aider, tant mieux, il espérait simplement qu'il ne le gênerait pas. Évidemment, et parce qu'ils n'étaient tous que des incapables, l'autre se fit éjecter, ce qui le déconcentra assez longtemps pour que Potter lui lance un Expelliarmus. Il perdit sa canne qu'il tenait dans l'une de ses mains, puis sa baguette, avant d'être blessé à l'épaule puis d'être complètement éjecter à son tour. Il tenta de se redresser rapidement mais sa tête lui tournait. Il entendit un Impardonnable être lancé et comprit rapidement que Black venait d'être tué par Bellatrix alors que Potter hurlait. Et puis soudainement, le silence se fit.
Un silence si froid qu'il en frissonna. Il prit appui sur ce qu'il trouva et essaya de rassembler ses forces pour fuir mais à peine se releva-t-il qu'il sentit des liens se former autour de ses bras, puis ses jambes. Ça y était, ses inquiétudes se concrétisaient. Il allait aller à Azkaban. Il afficha le masque le plus froid qu'il put alors qu'à l'intérieur, il n'avait qu'une envie, fondre en larmes. Il avait perdu. Il était en train de tout perdre. Le peu de réputation qu'il lui restait allait s'évaporer, Greyback allait lui en vouloir à mort, s'il ne perdait pas complètement la tête et ses enfants… Qu'allaient penser ses enfants ? A cet instant, et alors qu'il était emmené par Kingsley Shackebolt, tout ce qu'il espérait était que sa famille parviendrait à rester saine et sauve, même après cet échec que Voldemort n'allait certainement pas laisser passer.
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Il ne cessait de regarder par la fenêtre, même s'il savait que Lucius ne viendrait pas. Il froissa le parchemin où étaient griffonnés les trois mots qu'ils ne s'étaient jusque là jamais écrit et le loup pensait que cela allait leur porter malheur. Le temps sembla interminable avant qu'un elfe n'apparaisse devant lui. C'était celui des Lestrange. La créature l'informa qu'il était attendu par le Maître et disparut. Bien. Fenrir passa par la salle de bains afin de se donner un air plus bestial, puis quitta sa maison et transplana là où il retrouvait à chaque fois le Mage Noir. Il marcha tout en grognant légèrement, et une fois devant l'homme si hideux, il posa un genou à terre et souffla, la tête baissée :
— Pardonnez-moi de vous avoir fais attendre Maître. Que puis-je pour vous ?
— Cher Fenrir. J'ai besoin que tu trouves le fils de cet incapable de Lucius et que tu me l'amènes. En vie. Même si tu peux te permettre de l'abîmer un peu pour l'affront qu'il m'a fait.
— De quel affront parl…
Mais il ne put finir sa phrase qu'il convulsait sous un Doloris. Pourquoi ne s'était-il pas tu, tout simplement ? Mais comment en faire autrement alors qu'il semblerait que Draco ait fait quelque chose de mal.
— Fenrir, Fenrir, Fenrir, susurra Voldemort. Tiens ta place de chien très utile. Ne pose pas de question dont je ne suis pas disposé à te donner les réponses. Amène-moi Draco ici. Rapidement.
— Bi...en Maître. Tout ce que vous voulez. Mais n'est-il pas à Poudlard ?
Et Fenrir remerciait Morgane et Salazar qu'ils étaient le 17 juin, parce sinon, il n'aurait eu aucune excuse pour ne pas apporter Draco devant le Mage Noir. Cela lui laissait du temps.
— Ah...oui. C'est vrai. C'est fâcheux. Je suppose que nous devrons attendre qu'il vienne voir sa mère pour les vacances. Je dois lui parler. Tu peux disposer.
Le châtain baissa la tête encore plus, faisant presque toucher son nez au sol, puis se releva et quitta la demeure d'un pas assuré. Il avait mal, mais ce n'était pas important. Voldemort venait de traiter Lucius d'incapable. Il sentit son cœur battre bien trop rapidement et une fois qu'il eut atteint les barrières anti-transplanage, il retourna chez lui. Il y tourna en rond un bon moment, avant de perdre patience et d'utiliser le réseau de cheminette pour se rendre au manoir. Ne voyant personne, il se dépêcha de rejoindre le petit salon où Narcissa était souvent et il tomba sur elle, debout, devant la fenêtre.
— Il n'est toujours pas rentré ? s'enquit-il véritablement inquiet.
— Oh…, fit-elle avant d'esquisser un sourire. Fenrir, tu es là. Viens t'asseoir avec moi.
La blonde se dirigea vers le canapé et il la rejoignit, prenant place à ses côtés. Il lui prit la main et la serra avant de souffler :
— Je reviens d'une entrevue avec Tu-sais-qui. Il a dit que… Lucius était un incapable et il voulait que je lui amène Draco. Il doit discuter avec lui. Qu'a-t-il fait, par Salazar, pour que le Maître m'ordonne de lui apporter vivant ?
— Il a rencontré Potter, au Ministère. Il est entré dans sa tête, a volé toutes ses pensées. Draco était dans beaucoup d'entre elles, expliqua la femme en serrant sa main entre les siennes. C'est Potter, son Gryffondor. Le maître m'a également fait appeler pour m'ordonner de lui livrer Draco dès qu'il revenait. Et de tout faire pour qu'il revienne. Severus m'a expliqué le reste. Il semblerait que tout se soit passé vraiment très vite ce soir.
— Potter ? C'est avec lui qu'est Draco ? Est-ce une blague de mauvais goût Narcissa ? marmonna Fenrir en sachant au fond de lui que ce n'était pas le cas.
Dans quoi son fils s'était-il fourré ? Pas étonnant que Voldemort veuille le voir au plus vite. Soit il le tuait lui-même pour un tel affront, soit il allait vouloir l'utiliser, le plaçant en première ligne du danger.
— Severus m'a dit que Dumbledore allait certainement vouloir le garder vivant. Il semblerait que leur attachement soit fort et réciproque. Je doute qu'il rentre au manoir pour les vacances. De toute façon, il ne le doit sous aucun prétexte.
— Nous aurions dû être au courant, contra Fenrir en colère contre Draco. Une telle chose… Et si Lucius avait tué Potter ce soir ? S'il…
Il se leva et se plaça devant la fenêtre. Lucius n'allait pas rentrer. Et ça lui faisait mal, très mal. Et pire que tout, leur fils était en danger. Si Narcissa disait vrai sur les sentiments qu'il avait envers Potter, jamais il n'acceptera d'aider en une quelque façon Voldemort. Et il le comprenait. Alors il valait mieux en effet que Draco ne revienne pas ici pour les vacances. Il n'avait plus qu'à espérer que Dumbledore ou au moins Severus prennent soin de lui. Si jamais il lui arrivait quelque chose, il ne le supporterait pas.
— Fenrir, il y a… autre chose que tu dois savoir.
Il se tourna et regarda Narcissa, une partie de lui voulant justement ne rien entendre de plus. Il ne souhaitait plus qu'une chose, que Lucius rentre, faisant ainsi disparaître cette sensation au fond de son ventre. Il n'était pas avec Voldemort, et vu que ce dernier l'avait traité d'incapable, cela voulait dire que les choses ne s'étaient pas bien passées au Ministère. Ce qui faisait qu'en toute logique, il devrait déjà être rentré. Pourquoi donc n'était-il toujours pas là ?
— Reviens t'asseoir, d'accord ?
Il hésita une fraction de seconde, avant de retourner sur le canapé.
— Est-il… est-il…
Seulement, il ne put finir sa phrase, littéralement en proie à la tristesse la plus totale à l'idée que Lucius soit mort.
— Il est à Azkaban.
Fenrir cligna des yeux, à plusieurs reprises, avant de grogner. Sa respiration se fit rapide, et l'envie de tout détruire autour de lui le prit, seulement, la main de Narcissa se posant sur sa cuisse l'en empêcha. Il ferma alors les yeux et compta jusqu'à trois, afin de se calmer. Mais n'y parvenant pas, il souffla, les mâchoires serrées :
— Veux-tu bien appeler un elfe ?
— Pour une raison précise ?
— Passer mes nerfs.
— ...Je vois. Je vais donc orienter mon choix. Je vais me coucher. Dors ici cette nuit, d'accord ?
— Je ne te promets rien.
— S'il te plaît. Je ne veux pas rester seule.
Narcissa embrassa sa tempe avant de quitter la pièce et quelques secondes plus tard, un elfe se matérialisa devant lui. Le châtain n'eut aucun regret quand il se leva et frappa d'un coup de pied la créature. Il continua ainsi de la battre jusqu'à ce que son envie de tuer soit bien trop forte. Il empoigna alors l'elfe de maison et entoura son cou de ses mains, serrant. Il put imaginer le visage de sa fille, et Draco, abattu et triste d'apprendre que leur père était enfermé à Azkaban, certainement pour de longues années. Au moment où la créature qu'il tenait essaya de griffer ses mains sans cependant se débattre plus, il se souvint de sa fille qui l'avait une fois engueulé d'avoir frappé un des elfes. Mais l'image partit rapidement de son esprit et il serra plus fortement encore la nuque de la créature. Une fois sans vie entre ses mains, il la balança à l'autre bout de la pièce et ne voulant pas saccager l'endroit, il sortit et se rendit dans l'un des salons qui n'était plus utilisé. Sur place, il cria, et gémit, avant de casser le plus de chose possible de ses mains, écorchant ses dernières à sang. Un peu plus d'une heure plus tard, exténué et seul, il se laissa tomber au sol et pour une des rares fois, laissa couler les larmes : d'amertume, de colère et de tristesse. L'homme qu'il aimait était en prison, dans l'une des pires même. Rien que de l'imaginer en proie aux Détraqueurs le rendait fou.
Après un temps indéterminé, il se releva et chercha dans le manoir un endroit où il pourrait trouver une bonne bouteille de Whisky Pur Feu qu'il pourrait vider. Seulement, au moment où il en eut trouvé une, il la reposa sur le bureau. Lucius n'aimerait pas le voir dans cet état, n'ayant jamais aimé qu'il boive plus que de raison. Alors il laissa sur place l'alcool et comme un automate, prit la direction de l'étage et plus précisément la chambre qu'occupait Narcissa. Il la trouva allongée sur leur lit et alla la rejoindre. Il ne put faire sans renifler l'oreiller du blond et ferma les yeux.
— Il n'aurait pas dû y aller. Comment va-t-il survivre là-bas ?
— Il va s'en sortir. A un moment, Il aura de nouveau besoin de ses Mangemorts et il les libérera. Lucius s'en sortira. Il a trois raisons de se battre. Trois raisons qui ne le feront pas lâcher prise.
— Il va devenir fou. Qu'importe les raisons qui le feront tenir, il va devenir fou, chuchota-t-il.
Il se frotta le visage une fois de plus, essayant de faire partir les images d'un Lucius mal en point, hurlant qu'on le sorte de là, l'appelant, le suppliant de l'aider. Il l'imaginait attaché et maigre. Les cheveux sales, emmêlés et puant comme une bête sauvage. Et il ne pouvait rien y faire. Il n'avait aucun moyen de faire sortir sa moitié de cette prison. Rien. La seule chose qu'il pouvait faire était de prendre soin de leurs enfants et de Narcissa. Et plus que tout, rentrer dans les bonnes grâces de Voldemort afin d'essayer de l'amener à libérer Lucius. Il ne savait pas encore comment il allait y parvenir, ni même s'il survivrait à cet essai, mais c'était son seul espoir. Lucius avait la marque des ténèbres sur le bras, il était donc clair qu'il ne sortirait pas de la prison avant de longues, très longues années. Narcissa se rapprocha de lui et l'enlaça bientôt, l'une de ses mains caressant son dos tandis que l'autre passait dans ses cheveux.
— Ça ira, souffla-t-elle. Il n'a pas le choix de toute façon, il doit tenir le coup.
Fenrir ne répondit rien à ça, et se laissa faire, l'esprit bien trop envahi par l'homme qu'il aimait.
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Il était à King Cross, attendant Ellie et par la même occasion, Draco afin de l'amener face à Voldemort. Et il espérait que son fils ne viendrait pas. Il n'avait pas reçu de lettre et se doutait que cela était certainement lié à Potter. Il espérait donc que sa fille ait quelques nouvelles à lui apporter. Quand le train à vapeur rouge entra enfin en gare, il inspecta les environs, et tua du regard les quelques personnes qui le regardaient de travers. Il était vrai qu'il était mal rasé et puait. Mais c'était au dessus de ses forces de simplement vivre sans Lucius au manoir. Il avait à peine mangé, sous le regard réprobateur de Narcissa. Eleanor fut soudain en vue et il alla à ses côtés, posant simplement la main sur son épaule, ne pouvant pas, aux yeux de tous, montrer sa réelle affection pour sa fille. Ellie le regarda et il comprit clairement qu'elle était touchée par l'emprisonnement de Lucius et il grogna, avant de la pousser gentiment jusqu'à la zone de transplanage. Il inspecta néanmoins les quais, mais la blonde à ses côtés chuchota soudain :
— Il n'était pas dans le train.
— Bien.
Il agrippa sa fille ainsi que la malle de cette dernière et ils furent chez eux rapidement. Sans attendre, il serra Eleanor dans ses bras, embrassant ses cheveux et respirant son odeur.
— Il va s'en sortir, la rassura-t-il sans réellement le penser lui-même.
Et c'était douloureux.
— Pourquoi… pourquoi il est là-bas ? Il va y rester longtemps ? Les gens à l'école, ils disent que… que…, bafouilla-t-elle avant de s'interrompre, les larmes aux yeux.
— Il devait rapporter quelque chose à Tu-sais-qui. Et il a échoué. Que disent les gens ? Dis-moi, murmura-t-il au creux de son oreille tout en frottant son dos.
— Qu'il ne sortira jamais.
— Je ne sais pas, dit-il d'une voix presque éteinte. Mais il y a des chances pour qu'il sorte dans quelques années.
— Mais… c'est dans longtemps ! Et les Détraqueurs… Il ne peut pas… Papa ! Il faut l'aider. Peut-être que Potter pourrait le faire sortir.
— Lui as-tu déjà parlé ? demanda-t-il curieux en éloignant sa fille de plusieurs centimètres pour la regarder.
Il en profita pour frotter les larmes qui avaient coulées, et en effaça les dernières traces sur ses joues.
— Non… Mais je sais qu'il est avec Draco. Tout le monde le sait maintenant.
— Comment ça, tout le monde le sait ? s'énerva Fenrir.
— Toute l'école. Dumbledore a interdit les correspondances avec l'extérieur avant les vacances alors ça n'a pas pu se répandre dans le monde sorcier avant mais maintenant… Entre Père qui est à Azkaban et Draco qui sort avec Potter… Les Malfoy sont la risée de tous.
— Étais-tu au courant de cette histoire entre ton frère et Potter avant l'annonce de Dumbledore ?
— ...Oui. Mais il m'a fait promettre de ne rien dire.
Évidemment. Le loup-garou soupira et attira de nouveau sa fille contre lui. Elle était ce qui le raccrochait à Lucius pour le moment, ça le rassurait. Parce que le blond allait se battre pour elle, pour Draco et pour lui.
— Je vais certainement devoir souvent aller en mission, je te confierais à Narcissa. D'accord ?
— Est-ce qu'on ne peut pas juste… arrêter tout ça ? Rejoindre Draco et arrêter de faire semblant ?
— Non. J'ai besoin de rester près du Mage Noir pour connaître ses plans, plus encore maintenant que Draco est avec Potter. Je dois vous protéger. Tu vas devoir être forte ma chérie et bien te tenir lorsque nous serons en public.
— ...D'accord.
Il aida Eleanor à vider sa malle avant de la laisser dans sa chambre pour aller essayer de cuisiner quelque chose. Il n'avait pas envie de manger, ni de faire quoi que ce soit, mais il devait au moins se forcer pendant deux mois, juste deux mois. Ensuite, Ellie rentrerait de nouveau à Poudlard et il pourrait se laisser aller. Il devait également essayer de savoir où se trouvait son fils et s'il était bien en sécurité, sans risque qu'un Mangemort lui mette la main dessus.
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Le châtain avait laissé sa fille au manoir, afin de se rendre au point de rendez-vous. Deux semaines plus tôt, il avait réussi à prendre contact avec Dumbledore. Ce dernier lui avait remit une lettre de son fils, disant qu'il allait bien et qu'il serait en sécurité. Le parchemin n'avait rien contenu de plus. Rien. Et ça avait frustré le loup. Et là, le directeur de Poudlard lui avait fait une proposition. Une qu'il avait hésité longuement, pendant deux semaines en réalité, à accepter. Vue la situation, il lui avait proposé d'être un espion pour l'ordre et en échange, à la fin de la guerre, les charges contre Lucius seraient diminuée et il avait donc ainsi beaucoup de chance d'être libéré, mais plus important, Draco serait en sécurité. Parce que Voldemort était des plus en colère de sa fuite et de son couple rendu public. Ce qui n'arrangeait pas Fenrir. Narcissa avait d'ailleurs reçue plusieurs Doloris en punition et le loup ne doutait pas que Severus, qui avait été présent, avait dû se retenir de ne pas se placer devant sa compagne. Heureusement que les sorts n'avaient pas duré longtemps et avait été de plus faible intensité que ceux qu'ils avaient pu recevoir lui-même. Fenrir avait aussi pris sa décision à cause d'Ellie. Le Mage Noir lui avait confiée une mission, même plutôt deux. Et… le châtain savait déjà qu'elles seraient des échecs. Voldemort avait choisie sa fille parce qu'il était un bon élément qui ne le décevait jamais et il était logique que sa fille en fasse de même. Et puis, qui irait porter des doutes sur la fille aussi charmante qu'Eleanor Greyback, avait argumenté son Maître. Tout cela ne laissait pas le choix à Fenrir. Il devait éloigner ses enfants de ce monstre, et essayer de libérer Lucius d'Azkaban. Arrivé dans le quartier qui lui avait été transmis, il chercha le numéro de la maison. Quand il fut devant, il souffla et alla frapper quatre coups, puis deux, et ensuite cinq. La porte s'ouvrit rapidement, mais il n'y avait personne. Le loup entra et ferma derrière lui, avant de pénétrer dans la première pièce qu'il trouva. Là, il vit Dumbledore et il vit surtout sa main noircie et puante.
— Je suis là, fit-il savoir même si c'était évident.
— Bonjour Fenrir. Je suis heureux que vous ayez pu venir.
— Ai-je le choix ?
— Vous l'avez. Vous auriez pu ne pas venir.
— Je veux protéger les êtres qui me sont chers. Je n'ai plus le luxe d'avoir le choix actuellement. J'accepte donc votre offre. Mais attention, je me fous de vos idéaux, et plus encore de votre morale. Je veux juste sauver mes enfants et laisser une chance à Lucius de ne pas passer sa vie à Azkaban. Avez-vous des nouvelles de Draco ? Une autre lettre ?
— Je n'ai malheureusement aucun courrier à vous remettre. Et n'ayant pas énormément de temps devant moi, j'aimerais que nous passions aux choses sérieuses.
L'homme l'ayant prévenu qu'il serait soumis à un sortilège, il hocha la tête et sortit sa baguette. Il se répéta qu'il faisait ça pour les personnes qu'il aimait, qu'il n'était en rien un lâche d'accepter l'aide d'un vieil homme qui semblait mal en point. Une fois son serment effectué, il sentit une sorte d'attache à sa magie, qui disparut rapidement.
— Voilà une bonne chose de faite, sourit Albus. Maintenant, la bonne nouvelle. Prenez mon bras, nous allons rendre visite à quelqu'un qui je n'en doute pas, doit vous manquer.
Comprenant, Fenrir attrapa le bras offert et regretta un instant son aspect et son odeur. Certes, il se lavait, mais il ne pouvait pas non plus redevenir propre d'un seul coup, le Mage Noir trouverait ça étrange. Ils atterrirent dans une maison abandonnée et de là, Albus lui conseilla de ne pas le lâcher avant de transplaner ailleurs. Fenrir remarqua qu'ils étaient désormais dans une rue où chaque maison étaient presque identiques. Il faisait assez nuit pour éviter qu'ils ne soient repérés et le directeur de Poudlard lui lâcha le bras. Ils marchèrent quelques mètres avant que Dumbledore ne sonne à l'une des maisons. Un homme fort et plus que laid leur répondit et le regard qu'il reçut lui donna envie de faire ravaler cet air supérieur à l'homme.
— Du calme, lui souffla Albus avant d'entrer dans la demeure. Nous venons voir Harry et son ami.
— De quel droit amenez-vous ici des gens de votre espèce ? Nous hébergeons déjà cette saleté d'insec…
Fenrir, comprenant que le gros tas de graisse parlait de son fils, grogna et l'agrippa à la gorge avant de le plaquer contre un mur.
— Si tu oses terminer ta phrase, je te ferais hurler à la mort avant d'arracher chacun de tes membres. Est-ce clair ?
— Oui oui, bafouilla l'homme qui puait à présent la pisse.
— Où est-il ?
— Ce que mon ami désire, c'est savoir où sont Harry et Draco, expliqua Albus d'une voix calme et posée.
Au lieu de leur répondre, une femme apparut et cria après les jeunes avant de lui demander de lâcher son mari. Ce qu'il ne fit bien sûr pas. Il n'avait aucun ordre à recevoir d'une vulgaire moldue.
— Grey ? entendit-il bientôt venir des escaliers. Oh Salazar, Grey !
Sans attendre, Fenrir lâcha sa prise et marcha rapidement vers son fils pour le prendre dans ses bras, ne manquant pas le visage surpris de Potter ni le geste de ce dernier pour prendre sa baguette qu'il sembla ne pas avoir. Cependant, sentir son fils contre lui, fit oublier tout le reste au loup-garou.
— Oh Draco, comme je suis heureux de te voir, murmura-t-il.
— Moi aussi, souffla le garçon. Tu ne sens pas très bon, mais je suis vraiment très heureux de te voir. Ellie va bien ? Et maman ? Et toi ?
— Crois-moi, je sens déjà mieux depuis deux semaines. Et ça va, elles vont bien, pour le moment. Ne t'inquiète pas de ça, veux-tu. Ces gens te traitent-ils bien ? demanda-t-il en jetant un regard à la pièce où étaient parti les moldus.
— Fenrir, Draco, Harry, nous devrions passer en cuisine afin de boire un bon thé. Qu'en dites-vous ?
Le châtain grogna pour la forme, mais jeta un coup d'œil à son fils, le laissant décider. Ce dernier hocha la tête et ils s'installèrent bientôt à la table de la cuisine.
— Est-ce que…, hésita Draco. Tu as des nouvelles de Papa ?
— Aucune.
— Je suis désolé pour… Harry. Ça va poser des problèmes pas vrai ? Est-ce que ça peut lui en poser là-bas, tu crois ? J'aurais dû vous en parler…
— Je suis censé te retrouver et t'amener au Maître. Avant que la Gazette ne sorte l'article officialisant ton couple avec Potter, il y avait encore des chances qu'il ne te tue pas. Là, c'est moins sûr. Tu aurais dû nous en parler, le gronda-t-il. Tu t'es jeté en plein dans la gueule du loup avec cette histoire.
— Ce n'était pas censé se passer comme ça. Et Papa n'était pas censé aller à Azkaban. Je ne voulais pas vous inquiéter. Et j'avais peur que vous me disiez d'y mettre un terme.
— Il est clair qu'il y a meilleur parti que Potter. Et puis... Un Gryffondor ? Mais tu es mon fils, et j'aurais accepté ça. J'accepte l'idée que tu es avec lui. Et Lucius n'aurait eu aucun souci avec ça. De nous deux, tu n'avais rien à craindre de ton Père, contra-t-il. Mais ne pense pas que je ne suis pas en colère contre toi, parce que je suis dans une position plus que compliquée par ta faute désormais, mais tu vas bien et Dumbledore m'assure que tu seras en sécurité. C'est le plus important.
— Compliquée parce que tu dois m'attraper ?
— Oui. Mais il n'y a pas que ça. Ellie est en mauvaise posture. Et ta mère également. Cependant, elles ne courent aucun danger de mort immédiat. Je vais… Je suis un espion pour le camp d'Albus. Tu es assez grand pour en comprendre les dangers. Si jamais il m'arrive quelque chose, débrouille-toi pour récupérer Eleanor et ta mère et place les en sécurité.
— Pourquoi ne pas faire ça maintenant ? Pourquoi ne pas tous vous mettre en sécurité ? Tu ne peux pas… Quand est-ce que Papa va sortir ? Tu ne peux pas rester tout seul.
— Pour le moment, ton père est à Azkaban. Que crois-tu qui lui arrivera si je disparais avec Narcissa et Ellie ? Cet été, j'étais censé peut-être devoir te mordre afin de t'éviter de recevoir la marque. Nous devions t'en parler une fois ton retour au manoir.
— Fenrir, nous allons devoir quitter nos hôtes. Je suis désolé, fit Dumbledore en posant sa tasse vide sur la table.
— D'accord. Écoute Draco, fit-il en prenant les mains de son fils. Quoi que tu puisses lire dans les journaux, sache que je t'aime et que je fais ça pour nous. Quoi que tu lises. Je suis toujours le même homme.
— Je sais… Papa. Moi aussi je t'aime. Je ferai ce que je peux pour vous aider, ou au moins arrêter de vous mettre en difficulté.
Le blond s'accrocha à son cou et le serra contre lui de toutes ses forces avant de murmurer à son oreille :
— Je suis sûr qu'il va bien. Il va bientôt sortir et on pourra être une vraie famille. Dis à maman et Ellie qu'elles me manquent. Je vous aime.
Fenrir rendit son étreinte à son fils, le serrant fortement tout en fermant les yeux. Quand Albus se leva, il en fit de même, non sans embrasser le front de Draco. Cependant, au lieu de suivre le vieil homme jusqu'à la porte, il se dirigea vers le salon, à ce qu'il supposait, et jeta un regard sombre aux trois personnes présentes.
— Si j'apprends que vous avez maltraité mon fils, je reviendrais m'occuper de vous. J'aime assez la chair des moldus, sourit-il sadiquement en montrant ses dents.
Les trois individus évitèrent son regard et déglutirent difficilement. Albus ne tarda pas à se racler la gorge, le pressant. Le loup-garou sortit donc de la pièce et avisant Draco dans le couloir, il le reprit dans ses bras, avant de quitter les lieux, une partie de son cœur restée avec son fils.
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Draco observa Grey partir, non sans en ressentir un pincement au cœur. Enfin, à ce niveau-là, c'était bien plus qu'un pincement. Il avait la très désagréable impression que c'était la dernière fois qu'il le voyait. Il détestait ça. Il voulait le revoir. Il voulait revoir son père, sa mère et Ellie. Il voulait l'un de ses repas qu'ils partageaient tous les cinq, avec les rires, les sourires et tant d'amour que ça en devenait écœurant. Harry de son côté, était perdu. Il se rendait compte aussi que Draco lui avait caché énormément de choses. Des choses qui le rendaient tout simplement muet. Voyant son petit-ami silencieux à ses côtés, le blond esquissa un sourire et attrapa sa main avant de l'entraîner avec lui dans sa chambre. Draco n'était pas habitué à aussi peu de confort, et il devait se retenir de ne pas lancer un Impardonnable à cette famille horrible chaque jour. Il était traité comme Harry et le moins qu'on puisse dire était qu'Harry n'était pas bien traité. Ils s'assirent sur le lit et Draco souffla :
— Tu dois avoir beaucoup de questions. Je sais que normalement, Il ne peut plus entrer dans ta tête parce que Dumbledore ne t'aurait pas laissé assister à ça sinon mais j'ai besoin que tu me le répètes pour pouvoir répondre à tes questions. S'il te plaît.
— Il ne peut plus accéder à ma tête. Snape m'a forgé des barrières et m'a donner des cours assez dur pour y arriver. C'était ça que je faisais quand je partais en soirée. Mais je ne pouvais pas le dire et ensuite, je n'en voyais pas l'utilité. Avec la mort de Sirius et ton Père en prison, finit Harry en un souffle.
— D'accord. Tant mieux.
— Donc… qu'est-ce qui me prouve que je peux encore te faire confiance après ce que je viens de voir ? demanda le brun sans montrer d'animosité ou d'amertume.
— Qu'est-ce que tu viens de voir ?
— Greyback… L'homme qui a mordu Remus, l'homme qui tue des gens. Le monstre qui… Greyback, termina-t-il.
— Greyback, répéta Draco. Grey. Mon parrain, l'une des personnes qui m'a élevé. L'homme qui sait faire sourire mon père. Le père d'Ellie… mon père, le deuxième.
Harry bloqua sa respiration. Le deuxième père de Draco ? Était-ce une blague de mauvais goût ? Les jumeaux étaient-ils derrière tout ça ? Mais faute était d'admettre que c'était impossible qu'ils aient quelque chose à avoir avec ce qu'il venait d'apprendre.
— Ton… deuxième père ? parvint à marmonner le brun.
— Mon père et Grey… ils sortent ensemble depuis Poudlard. Ils n'ont jamais voulu devenir Mangemorts ou… Ils ont juste fait des choix avec ce qu'ils avaient. Abraxas, mon grand-père, je crois qu'il n'a pas volé sa réputation. Quand mon père parle de lui… il l'a forcé à avoir la marque tu sais ? C'est juste… une fois Tu-Sais-Qui soi-disant mort, il restait Abraxas. Mon père a épousé ma mère, enfin Narcissa, mais elle reste ma mère. Et deux ans après leur mariage, j'étais là. Mais je ne suis pas un Black. Je suis un Greyback. D'abord un Malfoy, mais un Greyback quand même. Pareil pour Ellie.
— Ca fait beaucoup à assimiler.
Harry se leva du lit et commença à tourner en rond, réfléchissant. Avant cette histoire au Ministère, Draco lui avait proposé de rencontrer sa famille et d'aller en vacances avec eux. Et même s'il avait confiance en son petit-ami avec lequel il sortait depuis novembre, il avait hésité. Et là… Là il venait d'apprendre qu'il aurait pu se retrouver avec Greyback en vacance.
— Je sais. Quand ils m'ont sorti ça il y a cinq ans, j'étais dubitatif aussi. Les Malfoy et les Greyback… nous ne sommes pas ce que tu crois, ce que tout le monde croit, que nous sommes. Tu aurais aimé passé les vacances avec nous.
Et Draco regrettait plus qu'il ne pourrait jamais l'exprimer que ses plans soient tombés à l'eau.
— Si c'était moi qui venait de t'apprendre tout ça… Enfin, non, tu ne m'as rien appris, j'ai tout découvert sans m'y attendre. Comment le prendrais-tu, hum ? demanda Harry en s'installant sur la chaise de bureau.
— Je serais rassuré que tu n'ais pas grandi avec des salauds. Et surpris. Je ne pouvais rien te dire avant Harry. Si V… Tu-Sais-Qui apprend ça, toute ma famille sera décimée. Je ne pouvais pas prendre un tel risque.
A ces mots, le brun réalisa que son petit-ami disait vrai. Mais cela n'enlevait pas le manque de confiance qui était apparu en voyant le loup-garou serrer le blond dans ses bras. Néanmoins, Harry retourna sur le lit et s'y allongea.
— Es-tu en colère contre moi ? le questionna Draco en s'allongeant contre lui.
— Pas vraiment. Parce que je ne pense pas qu'Albus aurait fait venir ici quelqu'un de dangereux pour moi.
— Je… Je ne pense pas qu'il te dénoncerait ou quoi que ce soit, parce que ce serait me dénoncer aussi. Mais… tu ne peux pas te retrouver entre lui et Papa. Ça, tu n'y survivrais pas. Même en tant que Survivant, sourit Draco, aimant particulièrement le taquiner avec ces surnoms stupides.
— Entre qui et Greyback ? Je ne te suis plus là. Et arrête avec ces maudits surnoms, mon petit Gryffondor au miel, sourit Harry.
— Je ne suis pas un Gryffondor ! Entre Grey et Papa. Ce n'est pourtant pas si compliqué…
— Pas si compliqué, bougonna le brun, facile à dire pour toi. Donc… Pourquoi je ne survivrai pas entre eux ?
— Parce qu'ils sont… Ils ne laisseront rien ni personne se mettre réellement en travers de leur chemin. Je suis déjà surpris que Grey n'est pas été à Azkaban tuer tout le monde. Il doit garder Ellie saine et sauve. Mais le jour où elle sera en sécurité et moi aussi… il mettra sûrement le Monde Sorcier à feux et à sang. Ils sont gentils dans le fond, certes, mais ils restent assez extrêmes quand même.
— Et tu cautionnes leurs actes ?
— Ils n'ont pas le choix. Tu crois vraiment qu'ils peuvent Lui dire non ?
— Hm. Disons que je ne suis pas certain qu'ils ont toujours agi pour Voldy. Mais c'est bon, je n'ai pas envie de me prendre la tête là.
— Comment ça, ils n'ont pas toujours agi pour Lui ? Je ne veux pas me disputer, simplement comprendre.
— Greyback tue des gens, mais bien avant que Voldy devienne ce qu'il est, il mordait de jeunes enfants. Il a gâché la vie de Remus. Et il ne devait pas être le seul. Et ton père… Désolé, mais à chaque fois que je l'ai croisé, il a agi en connard et ce bien avant ma quatrième année. Il a déposé quelque chose de très dangereux dans le chaudron de Ginny en deuxième qui a failli lui coûter la vie, à elle et à ceux qui ont été pétrifié.
— Je ne sais pas pour cette histoire de chaudron, alors je ne vais pas m'avancer. Tout ce que je sais, c'est que Grey mordait les gens pour les sauver de maladies destructrices, et Papa doit être un connard. Il est le fils d'Abraxas, l'héritier Malfoy. Je suis aussi un connard non ? Ron est un Traître à son Sang, Hermione une Sang-de-Bourbe. C'est ainsi que ça doit être pour le monde sorcier. Plus tard, ça… ils voulaient juste attendre qu'Ellie et moi soyons assez vieux pour gérer les retombées. Et maintenant… ils ne seront peut-être jamais réellement ensemble. Tu ne sais pas ce que ça signifie pour eux, pour nous. Tu ne peux pas nous juger. Nous faisons ce que nous devons faire pour rester en vie. J'espère simplement ne pas avoir tout gâché…
Harry avait écouté et au fil des mots, il avait été touché. Parce qu'en un sens, ce que disait Draco était vrai. Ça faisait mal, et l'entendre parler ainsi de Ron et Hermione l'avait blessé, une fois de plus, le ramenant à toutes ces années de haine… si tant est qu'il l'ait vraiment haï. Mais maintenant, alors que son petit-ami s'était tu, il était… touché. Et il ne savait sincèrement pas si c'était normal alors qu'il venait presque de rendre logique tout ce que ses parents avaient fait. Le brun soupira et prit la main du blond dans la sienne afin de la porter à ses lèvres.
— Tu n'as rien gâché. Laisse-moi juste un peu de temps pour me faire à ta famille. Elle est en un sens meilleur que la mienne, qui sait. Mon oncle, ma tante et mon cousin sont vraiment horribles dans leur genre. J'ai quand même passé une grosse partie de mon enfance dans le placard sous l'escalier.
— Et ça me rend vraiment triste pour toi. Toute mon enfance, j'ai appris à me comporter comme un parfait petit Malfoy à l'extérieur mais au Manoir… Nous étions des gens normaux. Et puis, dans le fond, mon père s'en fiche un peu de la pureté du sang tu sais ? Moi aussi. Bon d'accord, je suis un Sang-Pur mais j'ai bien failli être un loup aussi, comme Eleanor. Pour ce qui est de ta famille à moi, celle qui se trouve en bas, j'ai plusieurs idées en tête si tu cherches à te venger.
— On en reparlera quand toute cette histoire avec Voldy sera terminée, okay ?
— Oui. Je ne veux pas te mettre la pression mais… ce serait bien que ça se termine vite, tu ne penses pas ?
— Oh si, je suis d'accord. Du coup, je vais arrêter de me reposer et aller le trouver pour l'envoyer sous terre. Arrête de dire des conneries, si ça ne tenait qu'à moi, il ne serait même pas là. Maintenant, au lieu de parler pour dire ce genre de chose, rend-toi utile et embrasse-moi plutôt.
— Et dire que tout le monde est persuadé que c'est moi qui t'utilise, sourit le blond en collant ses lèvres contre les siennes.
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Tout c'était mal passé dernièrement. Et Fenrir ne savait pas quoi faire pour tout arranger et veiller à ce que sa fille, sa petite chérie, ne reçoive plus de Doloris. Depuis la rentrée en troisième de cette dernière à Poudlard, rien n'était allé dans leur sens. Déjà, perdre sa fille l'avait lâché dans la sauvagerie la plus totale et même Narcissa n'avait pu lui tenir la tête hors de l'eau. Les jours avaient été excessivement durs à supporter, et il n'avait jamais été autant heureux d'aller en mission et de laisser sa bête sortir, même hors phase lunaire.
Il avait tué tout et n'importe qui, allant des hommes aux femmes sans oublier les enfants. Et il n'en avait même pas honte. Parce que sa fille était en proie à un mal être d'avoir sur les épaules d'aussi importantes et presque qu'impossibles missions. Certes, il avait bien été menacé Barjow de faire tout ce qui était en son pouvoir pour aider sa fille, mais c'était tout ce qu'il avait pu faire. Comment Voldemort avait pu penser qu'une gamine de treize ans parviendrait à faire entrer les Mangemorts dans Poudlard et en plus, à tuer Dumbledore ? Bon, Ellie avait réussi la première partie de la mission et Fenrir avait été l'un des premiers hommes sur place. Mais le reste n'avait été qu'une catastrophe. Il avait croisé Draco dans un couloir, et son fils était en plein combat contre un Mangemort qu'il avait dû tuer sans se faire voir. Mais ensuite, les Carrow l'avaient rejoint et Draco avait à peine eut le temps de fuir en compagnie de la Sang-de-Bourde et du Traître à son sang qui suivaient Potter où qu'il aille. Voir ensuite sa fille, baguette pointée vers le directeur de Poudlard, les larmes coulant, l'avait détruit. Et il en avait même oublié cette histoire de Serment entre Narcissa et Severus. Il avait certes encouragé sa fille à tuer l'homme, mais quand il avait compris qu'elle n'y parviendrait pas, il avait jeté un regard à Albus avant de pousser sa fille sur le côté. Il ne savait pas encore comment Severus était arrivé et l'avait précédé afin de tuer Dumbledore, mais c'était fait. Et ça n'avait pas plu au Mage Noir. Oh que non. Deux semaines étaient passées depuis cet incident à la tour d'astronomie, et Fenrir n'était toujours pas serein.
Il ne se sentait en sécurité qu'une fois au Manoir, mais il ne pouvait pas s'y rendre autant qu'il l'aurait voulu avec sa fille. Mais ce soir... ce soir, en entendant Ellie crier et pleurer dans son sommeil, il avait abdiqué, qu'importe les risques. Il s'était levé de son lit, avait pris sa fille dans ses bras et était venu au Manoir. Le loup avait recouché Eleanor dans son ancienne chambre, la bordant, puis avait rejoint la couche de Narcissa.
Plus le temps avançait, plus il voyait bien qu'elle allait mal. Que ce soit à cause de son inquiétude pour Draco, Lucius ou Severus. Sans oublier qu'il était persuadé qu'elle s'inquiétait également pour Ellie et lui. Elle avait maigri et les traits de son visage étaient plus tirés, montrant sa fatigue. Alors il l'avait prise dans ses bras, la serrant contre lui. C'était tout ce qu'il pouvait faire alors qu'il était déchiré intérieurement. Lucius était à Azkaban depuis un an, et il n'en avait aucune nouvelle. Son fils était maintenant en fuite et activement recherché par les Mangemorts. Voldemort voulait personnellement le voir se tordre de douleur face à ses Doloris, donc ils avaient l'ordre de le capturer vivant. Mais Fenrir savait que si Draco se faisait prendre en vie, il ne le resterait pas longtemps. Et ensuite, il y avait Eleanor. Sa fille était hantée par ce qu'elle avait été obligée de faire et mangeait à peine. Le loup-garou était impuissant et ça lui donnait juste envie de tuer chaque personne qu'il croisait pour taire sa colère envers lui-même. Mais soudain, toutes ces pensées disparurent, car il put entendre du bruit. Il se redressa alors, embarquant Narcissa avec lui et il tendit l'oreille plus encore. Le bruit venait du rez-de-chaussée et il n'avait pas entendu la porte de la chambre de sa fille s'ouvrir.
— Narcissa, il y a quelqu'un au manoir, murmura-t-il.
Et il sentait au fond de lui que cela ne pouvait être que le Mage Noir. Et si ce dernier… Comment allait-il expliquer sa présence ici, dans le lit de la mère d'un Traître, et femme d'un incapable ?
— Que fait-on ? le questionna-t-elle.
— Je ne sais pas… Je ne sais pas, répéta-t-il.
Déjà qu'il n'était plus si estimé que ça par l'homme, il ne donnait pas cher de sa peau s'il les trouvait ici.
— Oh… Déshabille-toi et pousse les couvertures. Le mieux est qu'il croit que je couche avec toi.
Il se leva et enleva ses habits, les envoyant un peu partout. Il poussa le vice à se griffer l'épaule et il fonça sur la blonde afin de lui mordre le cou, histoire de montrer qu'il n'avait pas été tendre.
— Ne dis pas un mot, je me charge de tout, dit-il en la poussant sur le lit.
Il veilla à la décoiffer et il s'en voulut pour le regard apeuré qu'elle lui porta.
— Tout va bien se passer. Okay ?
Sans attendre, il s'allongea, dévoilant une partie de son corps nu pour mettre en avant ce qu'ils venaient soi disant de faire et plaça sa baguette sous son oreiller, gardant ses doigts enroulés autour. La porte de la chambre ne tarda pas à s'ouvrir et la lumière s'alluma pour dévoiler… Lucius. Ce dernier cligna des yeux en les voyants avant d'ouvrir la bouche. Il la referma aussitôt et sortit de la pièce en essayant de ne pas craquer. Il avait tenu plus d'un an à Azkaban, il pouvait encore… Encore quoi ? Il avait tenu parce qu'en rentrant, il retrouverait sa famille. Or, son fils était en fuite puisqu'en couple avec Potter et Grey… Il contint un sanglot alors qu'il s'enfermait dans la salle de bains de la chambre de Draco. Après tout, Narcissa était… ce n'était peut-être pas plus mal. Ou en tout cas, il préférait que ce soit avec elle qu'avec une pimbêche ou un autre homme. Certes, il aurait préféré que leur amour, à Grey et lui, soit plus fort que ça mais… il n'était même pas vraiment surpris. Azkaban étant ce qu'elle était, il puait, avait perdu beaucoup de poids et peut-être un peu l'esprit, aussi. Il s'était surpris à rire dans sa cellule parfois, tout seul, sans raison. Quelques heures plus tôt, quand les Détraqueurs les avaient libérés, il lui avait fallu plusieurs minutes pour réagir et quand il s'était retrouvé chez son maître, ça avait été pour subir une tirade de Doloris qui l'avaient laissé vide un moment. Et maintenant… ça. Il soupira et se fit couler un bain avant de s'y plonger encore habillé.
Fenrir déboula dans la pièce, toujours aussi nu, avant de laisser un hoquet de surprise passer ses lèvres.
— Lucius… Lucius !
L'homme vint s'agenouiller contre la baignoire et l'attira à lui, respirant son odeur.
— Tu es là… Tu es bien là, fit le loup d'une voix rauque.
Le blond ouvrit la bouche pour dire… il ne savait pas vraiment ce qu'il pouvait bien vouloir lui dire alors il se tut et coupa l'eau avant que la baignoire ne déborde.
— Tu m'as tant manqué. J'ai l'impression de rêver ta présence. Dis-moi que tu es là, dis-le moi.
Les lèvres de Lucius s'entrouvrirent mais une fois de plus, aucun son ne sortit. Le blond se contenta de le garder, partager entre colère, douleur et tristesse, avant de laisser aller sa tête contre le rebord du bain et de fermer les yeux.
— Est-ce que tu sais encore parler ? s'inquiéta Fenrir.
Il balaya le corps du blond du regard, et le toucha même, afin de vérifier son état. L'homme était maigre et il pouvait sentir sous les habits les os saillant.
— Il faut que tu manges.
Il se leva et entra à moitié dans l'eau afin de commencer à déshabiller sa moitié, pour le laver convenablement. Lucius avait envie de le repousser et de lui dire de le laisser tranquille, il désirait même beaucoup l'envoyer paitre auprès de Narcissa mais il était incapable de dire quoi que ce soit, ou même de bouger. Il se sentait… las. Toute sa vie, il avait fait de son mieux, ou du moins il avait essayé et tout ça pour quoi ? Pour ça. Plus de fils, plus de Grey. Plus rien. Il sentit quelque chose couler sur ses joues et cela eut le mérite de lui faire comme un électrochoc.
— Va-t-en, dit-il d'une voix croassante en essayant de repousser l'autre homme.
— Pardon ?
— Va-t-en. Va retrouver Narcissa, faites de beaux enfants si vous en avez le temps mais va-t-en. Tu as perdu le droit de me voir ainsi.
Il ne fallut pas longtemps à Fenrir pour comprendre la malentendu et dans la joie de retrouver ainsi l'homme qu'il aimait, ce dernier ayant la force de l'envoyer balader alors qu'il sortait de prison, lui réchauffa le cœur. Il sourit alors, et caressa la joue du blond avant d'expliquer :
— Ellie a fait un cauchemar, alors je suis venu ici. On a entendu du bruit et on pensait que c'était le Mage Noir. On a mis en scène ce que tu as vu afin de limiter la punition. Il n'y a que toi bougre d'idiot, et il n'y aura que toi.
— Va-t-en, répéta le blond. Peut-être que tu dis vrai, mais ce n'était pas le moment de me faire ça.
— Peut-être que je dis vrai, grogna Fenrir en perdant patience.
Il sortit de l'eau et balança tout ce qu'il y avait sur un des meubles au sol, avant de darder un regard empli de colère sur Lucius.
— Je viens de t'expliquer ce qu'il en est. Doutes-tu de moi ? De mon amour pour toi ? Me penses-tu être quelqu'un d'ignoble au point de te tromper alors que toute notre vie part en lambeau ? Penses-tu réellement que je pourrais nous faire ça, après toutes ces années ?
— Je ne sais pas, je ne sais pas d'accord ? s'énerva le blond. Arrête de me regarder comme ça. Qu'est-ce que tu veux que je te dise ? C'est… c'est ma faute, je n'aurais pas dû rentrer ainsi. J'aurais dû aller ailleurs…
— Aller ailleurs ? Par Morgane, je ne sais pas ce qui me retient de t'en foutre une. Je ne suis plus rien depuis que tu as été enfermé là-bas. Je tiens à peine pour les enfants et quand ils sont hors de vue, je perds la tête et deviens un monstre. Et toi… Toi, tu oses penser que j'aurais pu te tromper ? Tu oses croire à cette mise en scène ridicule ?
Il était blessé, au delà des mots. Lucius le voyait encore plus sombre et noir qu'il ne l'était. Logiquement, ils devraient être l'un contre l'autre dans cette fichue baignoire. Ils devraient se retrouver enfin, après cette année de cauchemar.
— Je ne sais pas, dit Lucius dans un souffle. Je ne sais pas ! répéta-t-il plus fort. Arrête de parler, ajouta-t-il en se recroquevillant et en plaquant ses mains sur ses oreilles. Shhh, chut, ça va aller. Ça va aller.
Pour une des rares fois dans sa vie, il vit l'homme qu'il aimait comme un fou faible, plus que ça même. Et ça ébranla le loup qui alla s'accroupir de nouveau auprès du blond, posant la tête sur le rebord de la baignoire, attendant. Il ne put malgré tout s'empêcher de passer les doigts dans les cheveux crasseux et plus qu'emmêlés de ce dernier, mais il resta silencieux, comme demandé. Il fallut quelques minutes à Lucius pour qu'il cesse de se parler à lui-même et d'essayer de se convaincre que tout allait bien. Il releva ensuite la tête vers Fenrir et laissa ses yeux plongés dans les siens un moment avant de se détourner de nouveau et d'éclater en sanglots.
— Je suis désolé, parvint-il néanmoins à articuler. Pardon.
— Pas grave, souffla Fenrir touché de la détresse du blond. Pas grave.
Il attira Lucius à lui et ferma les yeux. Le Mangemort s'accrocha à lui comme si sa vie en dépendait, et c'était peut-être le cas, au final.
— Il ne s'est rien passé avec ta femme. Rien. Je te le promets sur la tête de nos enfants.
— ...D'accord, dit son amant d'une petite voix.
— Maintenant, on va te laver et ensuite, on va aller au lit. Ou peut-être qu'on va aller réveiller Ellie. Tu lui as beaucoup manqué. Pas autant qu'à moi, parce que c'est impossible, mais elle va mal et te voir lui fera énormément de bien.
— Demain matin plutôt, tu veux bien ? Me voir comme ça… ça ne l'aidera pas.
— Tout ce que tu veux Lucius. Tout.
Fenrir embrassa les joues du blond, avant de laisser couler les larmes de contentement d'avoir retrouvé sa moitié.
