Titre: Ce qu'on n'apprend pas dans l'Histoire de Poudlard
Auteur: Mimoo
Rating: K+
Disclaimer: Personnages, monde, etc. tout est à J.K Rowling
Résumé: Hermione a toujours trouvé les réponses à ses questions dans les livres, mais il y a certaines choses qu'on doit apprendre par soi-même. Jouer avec un Weasley par exemple...
Genre: Humour/Romance
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Tadam, quatrième chapitre ^^ (déjà...)
Je vous remercie encore pour les reviews, et puis quelques réponses aux anonymes ou ceux à qui je n'ai pas pu répondre via le site :
Elmeo : Si tu adores, tu m'en vois très heureuse et fière en plus xD.
Lumpika : Je continue, je continue ^^ Merci pour la review
AmyWeasley : J'ai été surprise de recevoir un commentaire comme le tien =) (Je suis toujours surprise de toute façon...) Il m'a vraiment fait plaisir et il fait partit de ceux qui me rappellent pourquoi j'aime recevoir des commentaires xD (seule l'auteur se comprend, c'est normal... je ressors).
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Avec ce chapitre j'espère quand même ne pas décevoir... Je me suis rendue compte par rapport à vos commentaires que vous attendiez tous impatiemment la rencontre, et en relisant je m'aperçois qu'elle se passe vite à mes yeux :/ Le mieux est que vous lisiez ^^''
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Chapitre 4: Deux conditions
"Creep" - Radiohead
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Partout ou qu'elle aille dans le château les affiches indiquant la sortie prochaine à Pré-au-lard la hantaient et l'agressaient de leurs couleurs pastels. En une semaine Hermione avait mangé comme pour un mois et le fait qu'elle se mette parfois à rigoler pour un rien, pleurnicher et se lamenter dans la seconde suivante inquiétait plus encore Harry et Ron que son attitude passée.
Pas le temps toutefois de leur expliquer pourquoi sa vie prenait un tournant dramatiquement désopilant, le week-end était déjà là. L'heure de quitter Poudlard, Ginny -qui partait flirtait avec Dean- et ses deux meilleurs amis était arrivée.
Hermione resserra son écharpe autour de son cou, renfonça son bonnet sur sa tête et enfouit ses mains gantées dans les poches de son petit blouson. Elle n'avait donné aucune excuse à Harry et Ron pour leur justifier son absence pour la journée, elle leur avait juste promis de les retrouver à Zonko avant de rentrer. Si encore elle avait le courage d'aller les voir après s'être retrouvée avec le diable en personne. Qu'est-ce qu'il allait lui dire ? Lui faire ? La jeune fille frissonna à l'idée que leur jeu commence par Fred lui posant un lapin et elle eut un rictus en s'approchant de l'enseigne des Trois Balais. Son cœur battait si fort que c'était étonnant de ne voir personne s'alarmer des bruits de tambours émanant de sa poitrine.
Hermione ferma les yeux, la main sur la poignée, et poussa la porte en prenant une grande inspiration. Des éclats de voix lui parvinrent, des rires et des bribes de conversation sans importance. Elle releva les paupières tout en refermant derrière elle et fit quelques pas avant de se stopper. Fred était accoudé au comptoir, en pleine discussion avec Madame Rosmerta. Il faisait de grands gestes, un sourire épais collé au visage, et Hermione sût d'avance qu'il parlait de son commerce de farces et attrapes rien qu'à l'expression pleine de fierté qu'il affichait. Mais par-dessus tout et malgré elle, la brune constata qu'il n'avait pas changé hormis des cheveux un tantinet plus longs -ce que personne n'aurait remarqué à part elle- et un nouveau manteau noir qui lui donnait un air nettement plus adulte. Il était toujours aussi mignon.
La jeune fille se gifla mentalement et le rejoignit d'un pas un peu plus assuré. Maintenant qu'elle savait qu'il ne lui avait pas posé de lapin...
« Salut », murmura-t-elle à l'intention du rouquin qui la dépassait d'une demie-tête tout en enlevant ses gants pour les fourrer dans ses poches.
Elle adressa un léger sourire crispé à Madame Rosmerta qui y répondit chaleureusement. Fred se tourna entièrement vers elle, pleinement ravi.
« Konichiwa !(1), déclara-t-il avant de lui tirer la langue. Désolée, deux sorciers japonais sont venus dans notre boutique hier, depuis on essaye d'apprendre leur langue avec George et Verity. »
Hermione se sentait navrée pour la pauvre assistante que les terribles jumeaux entraînaient dans leur bêtise. Toutefois elle joignit ses mains devant elle et inclina la tête, sérieuse.
« Ohayo... Hisachiburi ne !(2)»
Devant son expression stupéfaite, Hermione retint à peine un rire et laissa retomber ses bras le long de ses hanches. Comme il l'avait fait avant, elle lui tira la langue et Fred se reprit en pouffant. Madame Rosmerta s'esquiva discrètement, Hermione prit sa place juste en face du rouquin.
« Tu parles japonais couramment ?, lui demanda-t-il avec une profonde marque de respect au fond des yeux.
-Absolument pas. Mais j'avais une correspondante japonaise... avant d'entrer à Poudlard, précisa-t-elle. Je connais certains petits mots passe-partout.
-Tu vas pouvoir m'apprendre alors ! »
Sur ces mots, il se baissa et lui piqua un baiser sur la joue. Hermione se sentit rosir et s'empêcha de s'évanouir. Elle se calma alors qu'il se redressait.
Fred lui lança un regard inquisiteur qu'elle ne comprit pas, puis il lui prit la main et l'amena délicatement jusqu'à une table libre sous le regard étonné de Seamus Finnigan qu'Hermione reconnut en s'installant. En y regardant de plus près, le bar était plein d'élèves de Poudlard. Chose logique mais qu'elle avait oublié toute à son angoisse de revoir l'homme-sa-vie-qui-ne-le-savait-pas-encore-et-qui-en-fait-se-fichait-d'elle-comme-de-son-premier-balai. Elle repéra entre autres Blaise Zabini et Pansy Parkinson qui lui jetèrent un coup d'œil mauvais de l'autre côté de la salle, Neville en seule compagnie d'un pot de fleur visiblement tout juste acheté mais aussi quelques anciens membres de l'A.D comme Cho Chang et Colin Crivey.
Une pression sur sa main la ramena en enfer -ou à la réalité selon un point de vue externe- et Hermione remarqua que Fred n'avait pas lâché sa menotte. Il la caressait même distraitement de son pouce et l'adolescente dû se frapper mentalement une seconde fois. Fred continuait de la fixer à la façon Ginny, ce qui la rendait plutôt mal à l'aise.
« Alors comme ça tu es prête ?, interrogea-t-il soudain de but en blanc et Hermione comprit que les ennuis commençaient maintenant.
-Je serai venue sinon tu crois ? », répliqua-t-elle d'un ton plus confiant qu'elle ne l'aurait cru.
Les yeux verts du jeune Weasley se firent rieurs et espiègles. Par le caleçon de Merlin, allait-elle arrêter de l'admirer chaque fois qu'il prenait une nouvelle pose ?
« Du moment que tu n'es pas amoureuse, je crois tout ce que tu veux », déclara-t-il joyeusement.
Son cœur se serra, sa gorge se noua mais sa détermination resta la même. Hermione en vint jusqu'à sourire, un peu moqueuse.
« Amoureuse de toi ? Et puis quoi encore, taquina-t-elle gentiment. De toute façon je ne veux pas de relation ou quoique ce soit, je veux juste m'amuser.
-T'amuser jusqu'à quel point ? »
Elle sourcilla, montrant qu'elle ne comprenait pas le sens de la question. Fred se pencha par-dessus la table.
« Non parce que si tu veux t'amuser comme moi je l'entends, je peux toujours t'emmener dans ma chambre. »
Les joues de l'amie de Harry devinrent plus rouges que jamais et des myriades d'images de Fred et elle dans l'appartement des jumeaux polluèrent ses pensées. Hermione sentit le souffle du rouquin sur son front, elle le regarda dans les yeux, inflexible. Non, elle n'avait pas pensé à ce genre d'amusement tout simplement parce qu'elle avait cru comme Ginny que le jeu de Fred se contenterait de drague, mais il était trop tard pour reculer désormais. Si elle faisait semblant d'être vexée et mettait un terme immédiatement à cette histoire, il se ferait des idées et ne viendrait pas à Noël en comprenant qu'elle l'aimait vraiment -ou bien qu'elle n'était pas quelqu'un de très amusant.
Avec défi, elle osa la première phrase qui lui vint à l'esprit:
« Quand tu veux. »
Fred se recula légèrement, souriant, et posa son menton dans la paume de sa main libre.
« Tu m'épates 'Mione, souffla-t-il avec un plaisir non feint.
-Ne vas rien t'imaginer, je ne serai pas capable de ce genre de choses avec quelqu'un d'autre », déclara tout de même Hermione en se rendant compte qu'elle se faisait passer pour une fille facile malgré elle.
Fred parut presque indigné qu'elle ait eut besoin de se justifier.
« J'ai dit que tu m'épatais, pas que tu me choquais, assura-t-il dans une minuscule grimace.
-J'ai une vie en dehors des livres contrairement à ce que tu penses, sourit-elle en retour.
-Je m'en rends compte, et ça m'épate... Vraiment. »
Devait-elle s'en sentir flattée ? Pouvait-elle encore fuir et se réfugier dans son dortoir ? Hermione haussa ses épaules et laissa errer son regard aux alentours. Seamus embrassait Susan Bones... elle détourna les yeux en se mordillant la lèvre inférieure. Heureusement Fred n'avait rien remarqué de sa gêne. Il jouait à présent avec leurs mains liées. La brune hésita une demie-seconde et répondit à chaque pression, s'amusant finalement de voir que ses doigts se glissaient parfaitement entre ceux du jeune homme. Ce dernier prit l'avantage en abattant son pouce sur le sien et releva les yeux paisiblement.
« Je te manque toujours autant ?, se moqua-t-il et Hermione soupira.
-J'ai écrit ça à un moment où j'étais très fatiguée, éluda-t-elle.
-Et le mois de silence radio, c'était la fatigue aussi ? »
Il marquait un point mais il était hors de question qu'il reste sur sa théorie du « elle a eut un béguin terrible pour moi ». Hermione savait par Ginny que Fred et George n'avaient eut aucun lien avec Poudlard depuis leur premier échange de lettres, elle décida d'en profiter.
« Non, ça c'était parce que je m'amusais avec quelqu'un d'autre. »
Fred se redressa, surpris. Se pouvait-il qu'il se soit trompé depuis le début et surtout que George ait eut tort de croire que Hermione pouvait avoir eut un petit faible pour lui ? Enfin non, elle en avait forcément eut un à un moment ou un autre si elle lui avait envoyé cette semi-déclaration. Mais peut-être qu'elle était un peu plus différente que l'image qu'il se faisait d'elle.
« Avec qui ? », questionna-t-il avec intérêt.
Hermione fit mine d'être soudain dégoutée et secoua la tête.
« Crois-moi, tu ne veux pas savoir...
-Viens ! »
Il se leva presque trop brutalement pour être honnête. La jeune fille eut un petit sursaut mais le suivit calmement jusqu'à la porte d'entrée. Là, il décida que lui reprendre la main était plus intéressant et Fred la laissa passer d'abord en lui tenant la porte. Dans un dernier regard à l'intérieur Hermione vit Seamus lui faire un clin d'œil. S'il savait...
Fred l'amena dans la petite ruelle adjacente et après s'être adossé au mur l'amena jusqu'à lui. La brune se raidit imperceptiblement quand elle se retrouva le nez contre le manteau du rouquin qui s'était penché et lui embrassa tout doucement la tempe. S'il voulait la tuer il était bien partit, mais elle se garda bien de le lui dire.
« Je veux savoir », ordonna-t-il alors.
Hermione sourit affectueusement en le voyant afficher un air boudeur d'enfant qu'on prive d'un jouet. Elle baissa les yeux, joignit leurs deux mains libres, lâcha cependant la paume masculine et voulu récupérer son gant dans la poche de son blouson. Fred l'en empêcha d'un geste et d'un regard.
« Dis-moi avec qui, exigea-t-il à nouveau.
-Pourquoi ? Tu as peur qu'il soit meilleur que toi à ce jeu-là ?, plaisanta Hermione en s'étonnant encore une fois de sa propre audace.
-Aucune chance, personne n'est meilleur que moi que ce soit en farce, en drague ou en sexe. A part George peut-être...
-Vantard.
-Réponds ! »
Tout en parlant il l'avait rapprochée d'avantage de lui. Il profita d'être contre elle pour nouer ses bras dans le dos de l'amie de son frère. Hermione, les mains ballantes, les faufila sous le manteau noir en espérant les réchauffer contre le pull du seul homme sur Terre pour qui elle serait prête à vendre père et mère à cet instant précis. Seul homme qui décida d'en faire de même. Évidemment Fred était plus culotté, aussi ne se contenta-t-il pas de la texture du pull que Ginny l'avait forcé à mettre sous prétexte qu'il lui faisait un beau décolleté. Il glissa directement ses doigts contre sa peau. Des doigts froids qui arrachèrent à la brune un frisson.
En se mettant sur la pointe des pieds, elle pouvait l'embrasser. En se montrant aussi sûre que lui, elle pouvait décaler ses mains et aller caresser son torse. Si elle le lui demandait, il transplanerait dans la seconde et ils se retrouveraient sur le Chemin de Traverse, dans sa chambre. A présent c'était définitif, elle était entrée dans son jeu et quelque en soit l'issue elle serait détruite par ce garçon au sourire mutin qui lui caressait le bas du dos et qui, en ce moment précisément, l'amenait au paradis sans le savoir.
Elle repensa avec envie à Seamus qui devait être heureux d'avoir une petite-amie et pas une source d'amusement, de là lui vint l'idée pour la suite. Fred haussa un sourcil en faisant face à une Hermione légèrement gênée.
« Avec Finnigan », marmonna-t-elle.
Au moins maintenant elle savait qu'elle avait un certain don pour le jeu d'acteur quand elle était retranchée sur ses dernières positions, incapable d'autre chose que le mensonge.
Fred inclina la tête, pensif.
« Finnigan... Eh ben... Il ne m'arrive pas à la cheville mais il est pas si mal... T'as plutôt bon goût dis-moi, fit-il en riant.
-Évidemment.
-Vantarde. »
Il avait ce petit sourire qui lui plaisait tellement, et cet accent chantant dans la voix. Ses yeux brillaient trop, ils étaient trop proches. Hermione voyait toute sa belle détermination s'enfuir au galop et si elle restait plus longtemps à simplement répondre à son regard elle finirait par craquer. Pleurer, ou lui crier qu'elle l'aimait dans une note désespérée.
L'adolescente se hissa sur le bout de ses chaussures, embrassa d'abord un bout de lèvre et finalement se laissa faire par Fred qui avait déjà repris les devants. Une de ses mains s'était retiré du dos d'Hermione et lui maintenait désormais la nuque alors qu'il approfondissait leur baiser. Et tout ça dépassait totalement la brune qui s'était collée à lui entièrement. Elle l'aimait. Elle l'aimait et c'était un sentiment tellement horrible que ça n'aurait pas dû s'appeler amour. Ses doigts se crispèrent et s'accrochèrent au pull de Fred, qui ne sembla même pas sentir les tremblements de la jeune fille.
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Ron sortait justement de Zonko au moment où Hermione s'apprêtait à y entrer. Le jeune garçon, tenant la main de Lavande derrière lui, s'immobilisa dans un grand sourire. Ce sourire disparut rapidement lorsqu'il remarqua les yeux rouges de sa meilleure amie. Lavande cessa de rire et s'approcha de la jeune fille qui essayait depuis un moment déjà de ne pas pleurer.
C'était ridicule. Elle avait accepté de jouer, accepté les règles du jeu. Alors pourquoi craquer maintenant que Fred avait transplané en la laissant seule dans la ruelle ? C'était pénible de sentir cette douleur qui n'était physique que dans sa tête et contre laquelle même la plus puissante des potions de madame Pomfresh ne pouvait rien. Ce n'était même pas le jeu de séduction en lui-même qui lui pesait sur le cœur, c'était juste la pensée qu'elle ne reverrait pas Fred avant noël. Qu'importait qu'elle doive jouer le rôle de la fille détachée qui drague pour s'amuser et l'embrasse juste par plaisir. Les deux heures qu'elle venait de passer avec lui, seule pour la première fois de sa vie, étaient les plus belles depuis sa naissance.
« Herm'. »
Harry avait l'air aussi inquiet que Ron et Lavande. Hermione aurait voulu leur dire de ne pas s'en faire, qu'elle était juste débile et victime de ses hormones, mais sa bouche était trop sèche pour qu'elle puisse dire quoique ce soit.
Est-ce que Fred était bien rentré chez lui ? Est-ce que George et Verity allaient le presser de questions quand il poserait le pied dans leur boutique ? Est-ce qu'il penserait un peu à elle avant d'aller s'amuser avec quelqu'un d'autre ? Est-ce qu'il allait vraiment lui répondre si elle lui envoyait un hibou ce soir ? L'idée de lui écrire commençait à lui démanger les doigts pour autant il ne fallait pas qu'elle cède. C'était un jeu, il fallait attendre, le faire mariner, faire semblant d'être occupée et finir par lui envoyer un « désolée, je t'avais presque oublié ! » indifférent, sinon quoi il ne mettrait pas longtemps à deviner qu'il avait eut raison depuis le début et qu'elle n'était pas prête.
Ron agita stupidement son bras devant les yeux perdus dans le vague de la brune. Cette dernière leva un peu la tête et haussa un sourcil.
« Pardon, vous disiez ? », murmura-t-elle d'un ton éteint.
Ses deux amis se regardèrent, interloqués, et Lavande marmonna qu'elle partait avant eux et qu'ils n'auraient qu'à la retrouver dans la salle commune. Hermione l'en remercia silencieusement. Même si Lavande n'était pas Parvati, ni Ginny, elle l'appréciait beaucoup quand même. Surtout quand elle lui épargnait son côté petite crétine sans cervelle.
« On te demandait si tu étais encore avec nous, railla Ron avec un petit sourire.
-Je suis là..., soupira Hermione en retour.
-Alors, qu'est-ce que tu as fait jusqu'à maintenant ? »
Harry avait certainement voulu lui changer les idées en abordant une question qui lui paraissait anodine mais Hermione frissonna en repensant aux heures qui s'étaient écoulées et au cours desquelles elle avait juste embrassé et rit avec le garçon qui ne lui retournerait jamais ses sentiments. Pourquoi fallait-il que Harry mette toujours les deux pieds dans le plat ? En plus de sa faculté à attirer les ennuis...
La jeune fille se tourna vers lui, ouvrit la bouche dans l'intention de mentir puis se rétracta en songeant qu'elle aurait bientôt besoin d'un autre soutien que Ginny. Si elle ne pouvait même plus se confier à ses amis, ça devenait grave. Les garder loin de ses problèmes ne ferait que l'enfoncer d'avantage dans une solitude certaine. Pour preuve, elle avait déjà faillit perdre Ginny avec cette histoire. Ron et Harry ne la laisseraient jamais tomber, pas comme ça, mais ils pouvaient s'éloigner lentement et sûrement.
Hermione baissa légèrement le regard vers ses chaussures, quittant les yeux vifs de son meilleur ami.
« J'étais avec Fred », avoua-t-elle.
Ron acquiesça, l'expression impassible, puis eut soudain un grand sursaut et ses pupilles se dilatèrent violemment.
« Tu étais avec Fred ?, s'écria-t-il d'une voix tellement forte que Harry grimaça avant de porter la main à ses oreilles.
-Oui, et ne crie pas comme ça ! »
Si quelqu'un entendait la conversation les rumeurs allaient se mettre à courir dans le château et elle doutait sérieusement que même Lavande puisse y remédier -sans compter que la blonde serait capable d'y participer et de dévoiler l'échange de lettres entre sa camarade et le jeune Weasley. Ron se pencha vers elle.
« Qu'est-ce que tu faisais avec Fred ? On a raté un épisode ou quoi ? »
Harry paraissait aussi étonné que lui maintenant que ses oreilles s'étaient rétablies. Hermione se mordilla la lèvre et croisa les bras dans un mouvement de défense qu'elle ne comprit pas elle-même. Peut-être la peur de leur réaction.
« En fait, vous avez plutôt raté une saison toute entière, rumina-t-elle en s'efforçant de sourire.
-Raconte », imposa Harry doucement.
D'une voix qu'elle essayait de rendre aérienne et détendue, la brune commença donc à faire le récit de ce qu'elle avait vécu ces derniers temps. Tout comme Ginny, aucun d'eux ne fit le moindre commentaire et même si Ron parut un instant vouloir intervenir -elle en était à « j'ai décidé de jouer »- Harry l'en empêcha d'un regard sévère. Le Survivant pouvait être très convaincant parfois... Quand il ne se trompait pas de sujet, qu'il parlait sur un ton normal et pas dramatique ou encore qu'il ne tombait pas à côté de la plaque. Hermione réprima un fou-rire quand elle en vint à son premier baiser et que Ron montra d'une grimace équivoque qu'il n'appréciait pas d'imaginer sa meilleure amie dans les bras de son frère.
« Et je vous ai rejoins », termina-t-elle finalement.
Elle leur avait évité ses pensées tumultueuses, ses doutes et son envie de pleurer. Cependant, il semblait bien que les deux garçons n'aient pas besoin qu'elle leur en parle. Hermione voyait au coup d'œil tendre mais inquiet de Harry qu'il devinait sans peine ses blessures. Quant à Ron...
« Quel crétin, non mais quel imbécile, persiffla le rouquin.
-Ta sœur a pensé la même chose sur le coup, s'amusa à dire Hermione avant de se rembrunir et triturer l'ongle de son pouce. Fred n'y est pour rien, il a toujours été très clair avec moi et je ne me fais pas de faux espoirs. Il est persuadé que je ne ressens rien d'important pour lui, c'est moi l'imbécile dans l'histoire.
-On résumera par un : vous êtes tous les deux des imbéciles », philosopha Harry.
Ron sourit tout en étendant ses longues jambes devant lui. Ses chaussures raclèrent la neige qui se mélangea à un sillon de boue.
« En gros c'est une sorte de relation libre ?, grimaça-t-il ensuite.
-Non, c'est juste un jeu, rétorqua gentiment Hermione qui n'aimait pas parler de relation là où il n'y avait qu'un amour d'adolescent non réciproque.
-Et ça te convient ? »
La jeune fille haussa un sourcil, Harry soupira, maussade.
« Tu peux encore arrêter ça... Je tiens pas tant que ça à devoir mettre une raclée à Fred le jour où il te brisera le cœur. »
Bien que touchée par son attention et aussi par le grognement approbateur de Ron, Hermione secoua furieusement la tête. Trop de gens étaient déjà mêlés à toute cette stupide mascarade. Lavande et Parvati pour commencer qui en connaissaient les bases et qui n'hésiteraient pas à lui demander des détails à chaque fois qu'elles se douteraient de quelque chose. Venait Ginny en second plan. Vaillante, pas très objective, malicieuse et trop curieuse. Puis ces deux andouilles. Elle ne les connaissait que trop bien. Le moindre déraillement dans cette affaire et ils se précipiteraient pour étrangler Fred qui au fond, n'y était pour rien.
Il avait proposé, elle avait accepté alors qu'elle avait le choix de pouvoir s'éloigner de lui. Si quelqu'un devait être blessé ce serait elle et seulement elle. Hermione n'entraînerait personne dans sa chute personnelle.
« J'arrêterai si ça va trop loin, décréta-t-elle au terme d'un profond silence.
-Donc en fait, tu es son plan cul.
-Ron !, s'étouffa Harry alors que les joues de Hermione se coloraient vivement.
-Pourquoi tu tiens tant à mettre un nom là-dessus ?, crissa cette dernière en écrasant de son talon le pied de son ami. Je ne suis pas son... son... Je ne ferais pas ça. Pas avec lui.»
Ron redressa la tête et la fixa en sourcillant.
« Je pensais que tu connaissais Fred mieux que ça... » fit-il d'un ton grave.
Une main surgit soudain de nulle part et s'abattit sur le crane du rouquin qui hurla sous l'œil amusé de Harry. Hermione resta stupéfaite, avant de se reprendre. Ginny adressa un regard furieux à son frère tout en tendant une feuille à son amie.
« Fred va se contenter de s'amuser à la draguer. Et moi, je pensais que tu connaissais Hermione mieux que ça, claqua-t-elle sèchement. Tiens, pour toi.
-Qu'est-ce que c'est ?, s'enquit Harry pendant que Hermione récupérait le feuillet.
-De la part de McGonagall, elle te cherchait tout à l'heure.
-Ça fait mal Ginny ! », ronchonna Ron qui se massait l'arrière de la tête, ébouriffant ses cheveux au passage.
Sa sœur ne fit même pas attention à sa remarque et se concentra sur Hermione.
La brune s'était plongée dans la lecture du message, la tête de Harry posée sur son épaule. Elle se redressa un tantinet, bouche pincée. Ron cessa de grommeler et attendit qu'elle lui explique ce que leur directrice de maison pouvait bien lui vouloir. Hermione lui fit passer la feuille en fronçant ses sourcils.
« Je dois donner des cours particuliers de potions à Neville et Seamus..., dévoila-t-elle à l'attention de Ginny qui patientait également.
-Slughorn doit sûrement en avoir marre de voir leurs chaudrons fondre, se moqua Ron en repliant le papier.
-Ou bien il n'a même plus la satisfaction d'enlever des points à Gryffondor, pouffa Harry.
-Ou bien Neville et Seamus sont tout simplement dans la bouse de dragon. Dean m'a dit que Seamus avait déjà faillit redoubler l'année précédente », annonça Ginny en coupant court aux hypothèses des deux autres.
Harry lui lança un regard intrigué.
« On peut redoubler à Poudlard ?, questionna-t-il avec un réel intérêt.
-Évidemment, soupira Hermione, vous devriez vraiment lire l'Histoire de Poudlard un de ces jours.
-Seulement le jour où on ne t'aura plus sous la main ! »
La remarque de Ron lui valut une nouvelle baffe, cette fois sur le front. Il fusilla Ginny des yeux.
« Ça n'est pas arrivé depuis plus de vingt ans mais si les professeurs estiment qu'un élève a vraiment de grosses lacunes ils ont le pouvoir de le faire redoubler. »
Harry opina, pensif. Hermione savait qu'il pensait à toutes ces fois où il avait bataillé pour rendre un devoir et elle eut un élan d'affection toute maternelle à son égard. Elle les avait toujours aidé, Ron et lui, à se mettre au niveau des autres et son aide n'était qu'un supplément. Harry n'avait aucun soucis à se faire, il fallait vraiment avoir un niveau de troll attardé pour redoubler à Poudlard. Elle savait que Neville avait les plus mauvais résultats de leur année, excepté en botanique, et que Seamus galérait en potions et en sortilèges. Néanmoins elle n'avait jamais pensé non plus qu'ils puissent tous deux être en danger scolaire.
Enfin... Au moins leur donner des cours particuliers lui éviterait peut-être de penser à Fred trop souvent.
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Re-Konichiwa 'Mione !
Ici Fred... Si tu savais le savon que je me suis fait passer quand je suis rentré ! George n'a pas tellement apprécié que je délaisse la boutique pour une fille (s'il savait que la fille en question c'était toi, il serait moins énervé mais je n'ai même pas eut le temps de lui dire quoique ce soit. Il ressemble de plus en plus à Maman, le monde des affaires ne lui réussit pas).
J'ai choisit de t'envoyer un hibou en premier, juste pour savoir comment tu vas depuis qu'on s'est quitté et aussi pour fixer juste deux choses entre nous, histoire que ça ne parte pas en couilles de pitiponks.
Première chose Hermignonne : Jeu ou pas, j'irai jamais te pousser à faire quelque chose que tu ne veux pas faire (je peux tout faire pour que tu acceptes de le faire mais ce sera, par conséquent, avec ton consentement).
Seconde chose: Si tu tombes amoureuse de moi, alors le jeu s'arrêtera. Je t'interdis de m'aimer pour la simple et bonne raison que je refuse l'amour d'une fille que je n'aime pas en retour.
Engage toi à respecter ce deuxième point, je m'évertuerai à respecter le premier.
Ceci dit, j'attends ta réponse.
Fred.
Hermione caressa d'un geste distrait Pattenrond allongé sur son ventre. De son autre main la brune tenait la lettre reçue cinq minutes plus tôt devant son visage inexpressif. Les deux conditions -ou limites- posées par Fred ne lui apprenaient rien. La première ne faisait que la rassurer sur le fait qu'elle ne soit pas envisagée par lui comme un vulgaire plan coucherie, la seconde lui faisait juste comprendre qu'elle était fichue. Il lui interdisait de l'aimer. On ne pouvait pas interdire quelqu'un d'aimer... Mais le fait qu'il soit si catégorique lui donnait la nausée. Il ne voulait même pas prendre en considération ses sentiments. S'il savait, il les renierait, il ne voudrait pas en entendre parler, ne s'en sentirait même pas flatté.
La jeune Gryffondor qui avait prit soin de fermer les rideaux entourant son lit entendit Parvati se lever pour sortir du dortoir. A cette heure si tardive et si elle allait se promener dans les couloirs du château, elle pourrait se faire surprendre à défier le règlement de l'école... Pourtant Hermione n'avait pas envie de jouer les préfètes cette nuit. Elle voulait juste continuer à lire et relire les quelques mots qui lui étaient adressés. Sans doute était-elle masochiste au fond.
Un petit rire la souleva et Pattenrond, dérangé par les tressautements du ventre de sa maîtresse, feula en sautant au bas du lit.
Hermione passa son index sur la signature de Fred, s'amusant des formes abruptes et brouillonnes. L'écriture représentait l'âme des gens et celle du jeune homme était passablement bordélique et pleine de vie alors que la sienne était soigneuse et arrondie. Quoiqu'elle fasse elle arrondissait toujours les angles. Elle était réaliste, et la réalité blessait plus qu'elle ne faisait avancer, arrondir les angles et prévoir les désagréments en en oubliant d'autres permettait de se défendre face à la vérité. Et jusqu'à présent ça avait toujours très bien marché... Mais évidemment Fred était entré dans sa vie.
Les sentiments avaient fait leur apparition, le désir, et la frustration de voir l'inaccessibilité de la chose. Les espoirs, Hermione n'en avait droit à aucun. Elle avait encaissé la triste réalité sans un mot. Fred Weasley n'était pas pour elle. Il serait une passade, avec un peu de chance elle oublierait bien vite qu'elle se sentait étrangement femme quand il était avec elle, qu'elle se sentait elle-même et incroyablement bien aussi. Elle finirait bien par oublier son cœur battant la chamade, ses étourdissements à sa vue et ses rêves. Elle oublierait tout ça d'ici quelques temps.
« Ou pas... »
Hermione soupira à la remarque de Ginny venue la retrouver dans la Grande Salle au petit matin. Elle se resservit d'un bol de lait et adressa un regard condescendant à son amie plus jeune que Dean avait laissée là avant de retourner dans la salle commune.
« Tu verras que je finirai par ne plus rien ressentir, s'entêta-t-elle à répéter. A force de passer du temps avec Fred je serai vite énervée par ses défauts.
-Tu as passé six ans avec Ron et Harry, pourtant tu les aimes toujours autant alors qu'entre nous soit dit Ron est sacrément chiant et Harry drôlement fatigant à se fourrer dans toutes les embrouilles possibles », objecta Ginny avec une très bonne argumentation.
Hermione préféra garder le silence, au risque de ne pas savoir bien s'exprimer et donner raison à la rouquine. Celle-ci poursuivit donc, d'un ton sentencieux :
« Je pense au contraire que plus tu vas rester près de lui, plus tes sentiments pour lui vont grandir et finir par t'étouffer.
-Non, ils m'étouffent déjà et ça ne pourrait pas être pire. »
Ginny leva les yeux au plafond magique.
« Tu ne l'aimes pas déjà un peu plus depuis que tu l'as embrassé ? », insista-t-elle et Hermione détourna le regard.
Bien sûr que si qu'elle l'aimait beaucoup plus qu'avant. C'était quelque chose d'autrement bon et horrible qu'auparavant, lorsqu'elle se contentait d'aimer à distance. Ginny sembla lire dans ses pensées. Elle dégaina un sourire digne de Gilderoy Lockart avant son amnésie et se tartina du beurre sur une tranche de pain grillé.
« Tu vas en vouloir plus, et plus, et plus, et d'un coup ton cœur va éclater, prévint-elle avant de frapper violemment du poing sur la table. BAM, voilà, ton cœur aura explosé ! »
Quelques élèves de Serdaigle derrière elles s'étaient tournés en sursautant, Hermione s'excusa d'un sourire et en revint à Ginny qui n'en démordait pas. Qu'elle ait raison l'énervait, qu'elle veuille lui faire tout arrêter alors que c'était à cause de ses conseils qu'elle s'était embarquée là-dedans l'irritait d'avantage encore.
« Mon cœur n'explosera pas..., tenta Hermione en s'impatientant.
-On verra ça. »
Ron et Harry, qui arrivèrent sur ces entre-faits, ne comprirent absolument pas lorsque Ginny leur ordonna de préparer les petites cuillères. Hermione sourcilla et s'isola dans un mutisme boudeur. Elle ne leur demandait pas de l'aider à s'en sortir, ni à ramasser les débris de son cœur lorsque Fred le piétinerait inconsciemment. Elle leur demandait juste d'être là. Pourquoi ne voulaient-ils rien comprendre ?
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A suivre...
(1)Konichiwa: « Bonjour » en japonais
(2)Ohayo... Hisachiburi ne: « Salut... ça fait longtemps hein ! »
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Alors ? Pas trop déçus ? =/
Moi je l'aime bien ce chapitre, d'une manière globale ^^
L'utilisation du japonais, c'était un clin d'œil à une amie qui j'espère se reconnaitra et m'a permise de réussir un examen important dans cette langue u.u Ne soyez donc pas surpris à l'avenir s'il me prend l'envie de faire parler Hermione japonais.
Pour l'instant j'appuie sur la relation entre chaque membre du trio fondamental et de Ginny, pourtant je comptes bien m'intéresser à d'autres liens et en tisser d'autres entre des personnages jugés secondaires.
Oh, pour ceux qui me l'ont demandé en message privé : l'idée du jeu entre Hermione et Fred provient... de ma vie privée xD C'est pour ça que j'en connais très exactement les conséquences, les particularités etc que je développerai dans les prochains chapitres. Et puis un jeu, pour moi ça rime avec Jumeaux Weasley !
Et aussi pour ceux que ça étonnerait (on ne sait jamais): je publie rapidement parce que j'ai déjà rédigé une dizaine de chapitres d'avance (pour prévenir le syndrome de la page blanche ou n'importe quel désagrément : Plus internet, problèmes personnels, et blablabla). En réalité j'avais commencé à écrire cette fanfic cet été sans oser la publier. Il se peut donc que d'ici quelques temps je mette de plus en plus de temps à rajouter des chapitres (c'est à dire que voyager tous les quinze jours entre trois villes et alterner entre le travail, les études et l'écriture, ce n'est point facile ~.~). Néanmoins je me débrouillerai pour toujours avoir au moins deux chapitres d'avance !
Prochain chapitre: Le début des cours particuliers; Ginny en craquage sentimental; Escapade londonienne de Fred et George; Révélation sur la fille mystère qui a jeté Fred et un Neville en détresse, un !
Mh... et je remarque que mes blablatages intempestifs sont de plus en plus longs xD
A bientôt !
