Chapitre 4 :

Point de vue d'Ellington :

Qui aurait pu penser qu'un jour, je ferais un sprint pour courir à la bibliothèque et non pour la fuir. Or, j'avais découvert depuis peu, que Tom avait l'habitude d'aller à la bibliothèque après les cours. Je ne pouvais donc pas louper l'occasion de le voir à son insu et isolé de la peuplade de Poudlard. Ce mec est sans cesse entouré d'une foule de personnes qui semble d'ailleurs le protéger, comme si quelqu'un allait se jeter sur lui à tout instant. Quoiqu'il n'ait pas tort dans le fond, puisqu'il arrivait régulièrement qu'une fille vienne le voir pour essayer de le draguer ou uniquement pour s'accrocher à lui comme une sangsue. Je le plaindrais presque, mais je devais admettre que ce genre de manifestation passionnée m'amusait plus que de raison. Le voir se dépatouiller pour esquiver une fille qui le poursuivait de ses assiduités était tout simplement tordant.

Entrant dans le sacro-saint de notre chère Madame O'Neill, je me faufilais au fin fond de la bibliothèque pour m'installer à une table dissimulée par une étagère. L'endroit était parfait, car j'avais une vue parfaite sur la table de Tom qui se trouvait de l'autre côté des rayonnages. J'ouvris donc sagement mon livre de métamorphose, et relue les précédents chapitres, ainsi que celui d'aujourd'hui pour commencer mon devoir. Involontairement, Tom était une bénédiction pour mes études puisque je passais mon temps à m'instruire à la bibliothèque tout en continuant de l'observer. Mes parents seraient, d'ailleurs, très satisfaits de mes notes…Enfin, s'ils étaient avec moi en Angleterre. Ce qui n'est pas le cas. Je suis persuadée que ma mère trouverait le préfet de Serpentard tout à fait charmant. Mon père serait sans doute mécontent de savoir sa petite fille s'intéresse à un autre homme que lui. Et mon grand-père, avec qui je vis actuellement, serait tout simplement hors de lui, et prendrait le fusil de chasse pour le pointer sur la tête de Tom, et lui refaire le portrait de manière définitive. Que voulez-vous ? Mon grand-père a le sang chaud, et il m'a parfaitement appris à ne jamais me laisser démonter par un homme, en témoigne les bijoux de famille de cet imbécile de Charles Studby.

Le titre de mon devoir souligné, je prie un brouillon pour noter la sublime problématique qui me trottait dans la tête. J'allais en mettre plein les mirettes à ce vieil illuminé de Dumbledore. Il sera tellement ébloui par ce devoir qu'il ne pourra pas décoller de sa chaise avant la fin de l'année scolaire, HA !

Toutefois, mon délicieux projet fut interrompu par le raclement d'une chaise venant de la table de mon fantasme. Levant la tête, je pus voir qu'un des camarades de Tom était venu le rejoindre pour lui colporter les derniers potins de l'école. Il est amusant de savoir que Tom aimait entendre ce genre de ragot futile. C'est comme si, j'avais accès à un côté de Tom que tout le monde ignorait sauf moi. Enfin moi, et son ami blablateur.

J'entendis la voix profonde de Tom s'élever doucement dans les airs de sorte que seuls les individus à proximité puissent la discerner :

-« Alors, quelle nouvelle m'apportes-tu aujourd'hui ? »

-« Rien de bien transcendant, malheureusement. J'ai appris que la préfète de Griffondor a été surprise en train de se battre dans les couloirs. Lary James s'est vu convoqué par Armando Dippet pour avoir proféré des menaces envers une fille de moldue. Cette après-midi, une folle furieuse a castré un mec de Poufsouffle. Autrement, au sein de Poudlard, rien de plus » transmit le jeune homme imperturbable.

-« Et à l'extérieur ? »

-« Je ne dirais qu'une chose : Ca craint ! Le mage noir, Grindelwald, précisa-t-il inutilement, est actuellement en Allemagne. Il semblerait qu'il encourage les idées névrosées d'un moldu là-bas. Fitler, je crois. »

-« Hittler » corrigea automatiquement Tom d'un ton irrité.

-« Ouais, ça doit être ça ! Bref, il semblerait qu'ils prennent des gens qui sont enfermés dans les goulags et autres prisons pour faire des expérimentations. Les journaux parlent d'une armée de morts. »

-« Des inféris.» Interrogea Tom, intrigué.

-« Non, quelque chose se rapprochant de la nécromancie. Mais bon, je ne suis pas dans les secrets de Grindelwald. Et pour dire la vérité, il me fout les jetons ce mec. Pour l'avoir croisé en Russie plus jeune, je peux t'assurer que ce n'est pas une personne recommandable. Quand, il a posé sa main sur mon épaule, j'ai senti mon cœur et mon estomac se retourner. J'ai bien failli rendre tout mon repas sur ses pieds. »

-« Hum et ce monsieur compte-t-il nous rendre visite en Angleterre ? »

-« Ce n'est pas prévu. On ignore pourquoi, mais il semble ignorer l'Angleterre. On murmure qu'il aurait peur d'affronter Dumbledore. Moi, je pense surtout qu'il n'en a rien à faire de l'Angleterre. Il contrôle la quasi-totalité de l'Europe. Sa prochaine cible est la France. Qu'est-ce qu'il en aurait à foutre d'une petite île comme la Grande-Bretagne. »

Interrompant son travail, je vis Tom relever la tête servant à son compagnon un sourire condescendant. « Tu es tellement bête. Tu crois sérieusement que Grindelwald va continuer de nous ignorer indéfiniment. Un jour, il se tournera forcément vers l'Angleterre quoi qu'il arrive. »

-« Et pourquoi ? » s'engaillardit le gaillard, vexé d'être remis en place de manière si brusque.

-« Parce que l'Angleterre est le berceau du monde magique, imbécile ! » dit froidement le préfet. « Les richesses et les secrets de la magie se trouvent dans les entrailles de ce pays. Crois-tu vraiment que Grindelwald laissera passer ça, en plus des diverses reliques laissées à notre nation. »

-« Mais alors… » Bredouilla le jeune homme, « Il va venir ici ! A Poudlard. »

-« Il y a de fortes chances. Après tout, il s'agit d'un héritage venant des fondateurs ainsi que la meilleure forteresse protégée d'Angleterre ! Il aurait toutes les raisons de venir. Mais ne t'en fais pas » continua Tom d'un air narquois, tout en faisant face à son camarade. « Poudlard possède un dispositif de défense très solide en cas d'intrusion…forcée. »

-« Mais les sorts de protection pourraient se briser face à une attaque » paniqua-t-il.

-« Aucun risque que les protections se brisent. Pour cela, il faudrait atteindre le cœur de Poudlard qui se trouve dans les entrailles du château. Et ce lieu n'est pas si facile d'accès. »

-« Mais toi…tu sais où il est ? »

-« J'ignore encore où il se trouve, mais mes recherches vont peut-être aboutir prochainement. Maintenant laisse-moi ! Et ne parle à personne de ce que nous venons de nous dire, compris ? » Fit Tom, intraitable.

Inclinant la tête en signe d'obéissance, le gars parti en direction de la sortie sans mot.

Eh bien, la conversation fut intéressante. Tom s'enquiert de la montée au pouvoir de Grindelwald. Voilà quelque chose qui ne va pas m'aider. Si Tom commence à fouiner du côté de Grindelwald, il remontera forcément vers moi. Plus je prenais conscience du problème, plus une sombre angoisse me tenaillait. Les nouvelles étaient loin d'être rassurantes de mon point de vue puisque sa prochaine cible était l'Angleterre, ce qui se révèle être un véritable cauchemar. Je suis venue en Angleterre justement parce que je pensais qu'on l'arrêterait avant. Combien de temps allais-je me cacher et retrouvaient mes parents ?! Pour le moment, personne ne sait, mais la vérité finie toujours par remonter à la surface. Si Grindelwald utilise ses pouvoirs sur mes parents, ils risquent de précipiter son arrivée en Angleterre tout ça à cause de moi. Et moi, je ferais quoi à ce moment-là ? Partir ? Dois-je prévenir mes amies ou les laisser dans l'ignorance ? Il vaut mieux pour eux ne rien savoir, ça évitera les complications et de les mettre inutilement en danger. J'allais devoir sérieusement me pencher sur la question, car mon temps était maintenant compté. Ne pouvant rester à la bibliothèque à me morfondre, je décidais d'arrêter ma séance de « voyeurisme » et remballais prestement mes affaires sans aucune délicatesse. Je me permis de faire un petit détour par la tour d'Astronomie pour une session de « gueuloir ».

Arrivant en haut de la tour, je pris appuie sur la rambarde et criai :

-« PUTAIN DE VIE DE MERDE. JE VOUS INTERDIS DE ME POURRIR LA VIE. ENFOIRE DE MAGE NOIR ! »

-« Miss Ellington, je vois que vous en avez des choses à me confier » se signala le professeur Dumbledore en surgissant à mes côtés.

-« Par les cornes de Merlin, vous ne pouviez pas apparaître d'une façon normale » sursautais-je, la main sur le cœur.

-« A dire vrai, j'étais présent avant vous miss. »

-« Et que faisiez-vous ici » glissais-je suspicieuse.

-« Je faisais faire un tour à Fumseck. Ca me permet aussi de me vider l'esprit. » ajouta le vieux sorcier d'un air préoccupé.

-« Oh ! » marmottais-je embarrassé « j'imagine que les grands sorciers ont aussi leur problème. »

Sans répondre, je vis Albus Dumbledore acquiescer à ma phrase avec au coin du visage un sourire affecté.

Acceptant ce silence rempli de secret, je vis au loin le phœnix de Dumbledore survolé le lac pour ensuite faire un piqué et cueillir un poisson se trouvant à la surface de l'eau. Le spectacle était tout simplement ahurissant ! Sortant un parchemin et un crayon, je me mis à redessiner la scène en jetant des regards de temps à autre à Fumseck pour bien saisir ses particularités. Je pouvais sentir à ma droite le regard de mon professeur de Métamorphose qui se trouvait juste au-dessus de mon épaule. Bouclant mon dessin, je l'enroulai puis le tendit au directeur de Griffondor. Le voyant hésiter, je le mis avec adresse entre ses mains et lui balança :

-« Je faisais beaucoup de dessin pour mes professeurs d'écoles alors prenait en soin. Je ne dessine pas pour tout le monde. »

Je partis sans lui laisser le temps de me répondre puis décida d'aller poser mes affaires dans mon dortoir avant de descendre dans la grande salle pour manger. En entrant dans la salle commune, je vis Charles Studby se recroquevillait sur son canapé tout en se dissimulant derrière un coussin. Cette image me redonna un peu de gaieté. Cet idiot pouvait quand même servir finalement. C'est une bonne chose à savoir, pensais-je en lâchant mon sac dans mon coffre qui était au pied de mon lit.

Cinq minutes plus tard, j'entrais dans la Grande Salle, et vis Collins me faire de grands signes de la main à notre table. M'installant en face du petit couple de tourtereaux, je me servis quelques cuillères de tous les plats autour de moi et me replier au fin fond de ma tête. Ne me préoccupant qu'à moitié de ce qui m'entourait, je ne pris pas attention au départ subit de Kim et Colin qui se dirigeaient vers un groupe assez animé. Ce dernier ne cessait de prendre de l'ampleur, m'obligeant à sortir de ma retraite volontaire. Je pris alors conscience du tumulte assourdissant de l'ensemble de la salle, ainsi que des pleurs d'une personne et les vociférations inconvenantes d'une autre. C'est en arrivant près du groupe que je pris conscience de la bouffonnerie mise en place sans que personne n'intervienne : Une jeune fille en pleure, soutenue par la préfète de Poufsouffle, et devant elles, un enragé qui ne cessait de beugler. Agacée par tant de remue-ménage, je sortis audiblement pour tous un : « Quel con ! » qui amena un silence menaçant au sein de la grande salle.

-« Qu'est-ce que tu as dit ? » tonna l'abruti en se tournant vers moi. Ce qui me permit d'entrer sur le ring, puisque tout le monde s'écarta soudainement de moi. Du côté des Poufsouffles, des sourires fleurissaient un peu partout sans que les autres élèves ne comprennent pourquoi. S'il y avait bien quelque chose que les camarades d'Ellington avaient appris sur elle, c'était qu'elle n'hésitait pas à combattre le mal par le mal, et que ses adversaires finissaient souvent par regretter de s'en être pris à elle.

-« C'est à moi que tu parles » demandais-je innocemment tout en le regardant fixement dans les yeux lui promettant secrètement de le dépouiller de sa fierté mal placé. Une fois cette conversation terminée, son ego sera tellement inexistant qu'il la bouclera pour les siècles à venir !

-« A qui veux-tu que je parle, à un mur peut-être » répliqua-t-il avec dédain.

Avançant avec conviction au centre du cercle, je me tournais vers la préfète de Poufsouffle toujours occupée à soutenir la fillette prostrée :

-« Peux-tu me dire exactement les mots qu'il a employés pour nous qualifier ? Je n'ai entendu que la fin. »

-« Il a dit qu'on était inutile, des rebuts de la société, des… »

-« Sac à merde » interrompu le malappris. Tandis que ces mots percutaient mes camarades avec force pour la seconde fois, j'entendis de nombreux ricanements, et même des sifflements d'encouragements dans mon dos. Cet affront à ma maison était tout simplement injuste et écœurant. Ces pauvres demeurés ne savaient tous simplement pas de quoi ils parlaient. Des ignares se prenant pour des génies. On verra bien qui rira à la fin, bande de fumier.

-« Et parce que tu es à Serdaigle, tout ce que tu dis est forcément parole d'évangile. J'imagine que tu as la science infuse et qu'on devrait tous se prosterner face à tes connaissances indiscutables, n'est ce pas ? » Repris-je impassiblement.

-« Je dis juste que parmi les trois maisons, vous êtes celle qui est la plus pitoyable.»

-« Et moi, je dis que tu as tord. » Certifiais-je.

-« Ah oui. Alors montre-nous que vous êtes dignes d'être une maison de Poudlard » se moqua ouvertement ce crétin de bas étage.

-« Je dirais plutôt que c'est à toi de nous prouver ce que tu dis, puisque c'est toi, qui nous attaque gratuitement. » Fis-je durement.

-« Commençons par cette pauvre merde qui se trouve dans votre maison. Elle est incapable d'écrire correctement, visiblement, ce qui dénote un manque d'intelligence » Vociféra le Serdaigle en exposant le devoir à la vue de tous.

-« Et tu peux sans doute m'expliquer pourquoi elle a dû écrire ce devoir sans ton aide, et par conséquent, t'éviter ses deux pitoyables fautes d'orthographe dans un parchemin de 45 centimètres » fis-je dédaigneusement.

-« J'ai fait tout le travail de recherche et d'organisation du brouillon. La moindre des choses après ça était qu'elle rédige ce devoir. Mais cette incapable n'arrive même pas à recopier un brouillon, siffla-t-il en poignardant la jeune Poufsouffle du regard qui se replia plus profondément dans les bras de la préfète.

-« Vraiment ? Pourtant, quand j'allais à la bibliothèque, j'ai vu une tout autre scène » intervins-je en me mettant entre la jeune fille et l'enragé. « Il me semble plutôt que la fillette avait fait les recherches et toi, tu ne faisais qu'aboyer des ordres ou lui balancer ses feuilles de brouillon à la tête. Dois-je aussi te rappeler que Madame O'Neill, notre vénéré bibliothécaire, t'a exclu de la bibliothèque après t'avoir surpris à jeter un livre datant du 15e siècle sur cette jeune fille. Tu veux peut-être son témoignage ? »

-« Bien dit Ellie ! » cria joyeusement Colin.

-« Ta gueule gros lard » postillonna férocement le Serdaigle.

-«Toi fermes là ! Si tu n'acceptes pas qu'on règle vos affaires alors il ne faut pas laver son linge sale en public. Maintenant assume pauvre con » rétorqua Colin.

-« Bien dit Colin » répondis-je amusée en reprenant sa réplique. « Pour en revenir à nos moutons, aujourd'hui, tu ne t'es pas seulement attaqué à une de nos camarades, mais aussi à la noble maison d'Helga Poufsouffle. Ce qui montre ta stupidité. »

-« C'est vous qui êtes stupides. Vous êtes les pires élèves de Poudlard » tenta-t-il de façon résolue.

-« Pourtant, c'est nous qui gagnons la coupe des quatre maisons, et cela, depuis maintenant 5 ans » rappelais-je.

-« C'est parce que vous êtes tout le temps en train de chouiner dans les robes des professeurs. »

-« Non seulement, tu nous insultes, nous, mais également l'équipe enseignante. Tu n'as vraiment aucune limite ! Si les enseignants nous donnent des points, c'est avant tout parce que nous le méritons. Ton raisonnement est tout simplement ridicule. Balayais-je d'un mouvement de main.

-« Vous êtes inutiles à la société. » Poursuivit-il rageusement « Les Serdaigle sont des personnes intelligentes. Ils occupent, donc des positions fondamentales pour maintenir une société saine. Les Griffondors sont reconnus pour leurs courages et leurs vaillances, ce qui fait d'eux de très bons soldats. Quant aux Serpentards, ils sont intelligents et rusés, ce sont des tacticiens dans l'âme. Mais vous, vous n'avez aucune qualité, vous n'êtes rien. Vous n'êtes que la poubelle de Poudlard, autrement dit des détritus dont il faut se débarrasser !

-« Wouah ! Voici, le raisonnement de l'élite de la nation. Laissez-moi rire ! Je vais te dire quelque chose mon cher, classer les maisons selon une pyramide de supériorité est stupide en plus d'être avilissant. Tu dis que les Poufsouffles n'occupent aucune fonction importante au sein de la société, je dis que tu as tout faux, et tu le saurais si tu te documentais. L'actuel ministre de la justice, Lord Siffried, est un noble Anglais qui a fait ses études à Poufsouffle et qui est reconnu comme étant une personne dotée d'une grande intelligence et d'une grande sagesse. Dans un sondage qui a eu lieu i mois de cela, il était désigné comme la personnalité préférée des sorciers. Le chevalier Keslair, qui a aidé à la bataille des cinq armées lors de la rébellion de 1466, était également un Poufsouffle ce qui montre l'étendue de son courage. Quant à Helga Poufsouffle, elle était une fine tacticienne, étant donné, qu'elle était l'adversaire favorite de Serpentard aux échecs. Je tiens d'ailleurs à préciser que sur les 1487 parties jouées, elle en a gagné 883. Je peux donc dire qu'elle a largement dominé ce cher Salazar. Et aujourd'hui, la moitié de la population sorcière sont issues de la maison Poufsouffle laissant l'autre moitié aux autres maisons. Nous nous accaparons également la majorité des postes d'importance puisque nous sommes plus nombreux. Autre chose à ajouté ? »

-« Ce que tu dis pourrait très bien être inventé de toute pièce » signala-t-il épouvanté.

-« Oui, il se pourrait » concédais-je « mais heureusement pour toi, Madame O'Neill pourra t'aiguillier pour faire tes recherches au sein de la bibliothèque. Tu peux aussi aller demander à Dumbledore et tu apprendras alors que notre Dumby national prend régulièrement le thé avec Lord Siffried, le jeudi soir chez Madame Pieddodu, si tu veux tout savoir. Je peux aussi te faire remarquer que Mr Keslair à un portrait au quatrième étage de Poudlard à coté d'une ancienne salle de DFCM. Maintenant cesse de nous montrer l'étendue de ta connerie et ferme là une bonne fois pour toutes que je puisse manger mon repas dans le calme.» Terminais-je pour enfoncer le clou définitivement.

Entendant des applaudissements derrière mon dos, je me retournais promptement pour faire face au Professeur Dumbledore et au reste de l'équipe enseignante.

-« Félicitation miss Ellington pour cette magnifique plaidoirie ! Vous faites honneur à votre maison. Et cela sans répondre par la violence, mais en utilisant votre savoir. »

-« Pour être honnête, je voulais saisir la perche que me tendait ce jeune prétentieux pour remettre quelques petites choses au clair avec mes camarades. Les fondateurs sont au nombre de quatre ni plus ni moins. Et Helga Poufsouffle est tout aussi admirable que les autres fondateurs. » Rappelais-je, implacable.

-« Parfaitement ! » Approuva le directeur Dippet, « Je donne 20 points à Poufsouffle pour ce dialogue enrichissant et constructif, car n'oublions pas que nous ne sommes plus forts que lorsque nous restons unis » souligna le directeur en se tournant vers les Serdaigles avec un air chagriné sur le visage.

Reprenant ma place, je sentis les bras de Kim m'enlacer furieusement les épaules, m'étouffant au passage.

-« Tu étais brillante, Ellie ! » s'enthousiasma-t-elle.

-« Tu sembles étonnée » plaisantais-je en me dégageant de son étreinte pour atteindre la mousse au chocolat.

-« Eh ! » m'interpella notre grand manitou Charles.

-« Oui » dis-je d'un ton agacé.

-« Je viens en paix » m'apaisa-t-il espiègle tout en levant ses mains pour montrer patte blanche. « C'est juste que…je voulais te remercier. Toute ma famille est allée chez les Poufsouffles et entendre ce merdeux nous traiter ainsi… J'étais fou de rage. » Me dit-il maladroitement.

Acceptant ses remerciements d'un signe de tête, je repris la dégustation de mon dessert, mais un étrange malaise persistait au fond de moi. Je connaissais cette sensation pour l'avoir vécu une centaine de fois, mais n'arrivant pas à identifier cette sensation, je décidais de l'ignorer jusqu'à la fin du repas. C'est en me levant de ma table et en jetant un coup d'œil vers les Serpentards que je compris. Cachant mon visage derrière mes cheveux, une seule pensée ne cessait de tourner en boucle dans ma tête : Tom Jedusor était littéralement en train de me disséquer du regard.