Voici le prochain chapitre. J'espère que ça vous plaira toujours. Au programme, encore un peu de dérapage (promis, dans la suite j'essaie de me calmer avec mon Hannibal totalement taré 8D Pour laisser un peu de répit à notre pauvre Will héhé)

Merci pour vos commentaires, et aussi à tous ceux qui lisent, même sans montrer signe de vie. J'aime tout autant les fantômes :3

Quelques réponses :

Akiza666 : Merci : ) Et non Will n'est pas un simple humain : dans ce monde, 3 catégories de gens : les « vampires », les humains, et les « esclaves » : Alpha, Beta, Omega en quelque sorte. Même si c'est un peu plus compliqué, ou plutôt, un peu plus « surnaturel » (à la base, c'est pas forcément ma tasse de thé le fantastique, donc je vais pas trop en mettre non plus ^^) comme par exemple le fait que le sang des esclaves se regénère car ils ne sont destinés qu'à la consommation de leur maître.

DragonDoubt : Oui, Will va en baver : D : D

Elisabeth : Merci pour ta review ! : ) Et puis, concernant Hannibal, je l'ai délibérément rendu moins en contrôle total, et ce pour plusieurs raisons : le monde dans lequel ils évoluent est différent (Et maltraiter son esclave en public est chose courante). Puis, sa nature fait qu'il ne peut résister à certaines pulsions. Et dernier élément : Will lui fait particulièrement perdre le contrôle ;)

Ca fait partit de son personnage (qui va évoluer de toute façon) d'être, au début, plus instable.

Faut pas que ça vous perturbe tant que ça : ) n'est-ce pas plaisant de le voir lâcher prise sur son contrôle extrême ? ** Moi, vous l'aurez compris, j'adore : D

.

.

.

Les heures qui suivirent furent d'un calme plat, en apparence. William, son regard mauve et lointain collé à la fenêtre, semblait en proie à quantité de pensées et sentiments, tous contradictoires, et son maître se demanda s'il finirait par s'endormir. Lui-même s'était plongé dans un livre d'une langue que ne connaissait pas William. Puis finalement, la quiétude fut brisée.

« Je ne sais même pas comment vous vous appelez, » souffla à un moment l'esclave, d'une voix rendue légèrement déraillée par le fait de n'avoir émis aucune parole depuis des heures.

« Hannibal, Lecter. »

Quelques secondes passèrent, et l'héritier perçut que William se débattait en lui avec de multiples questions. Peut-être que la fierté lui empêchait de les poser.

Mais finalement, il continua. « Vous n'auriez pas dû m'acheter. » Son ton fut sec.

Cela intrigua le maître. « Pourquoi ? » demanda-t-il, ferme.

« Pour que je reste là-bas. Pour me donner une chance de rentrer chez moi. »

Hannibal ne put s'empêcher un petit rire cynique. « Tu penses que si je ne t'avais pas acheté, ils auraient abandonné et tu serais retourné chez toi ? Tu serais seulement mort sous leurs coups si au dernier stand personne ne t'avait acheté. »

« Je peux endurer les coups. Et puis, je sais que c'est faux, c'est déjà arrivé que quelqu'un rentre, » grogna-t-il, et le ton de la colère recommençait à arriver. Hannibal vit qu'il serra ses poings contre ses cuisses.

« Des rumeurs. »

« Non ! » gronda sincèrement William cette fois, et deux iris violets s'ancrèrent dans le regard de son maître, emplis de défi.

Ce dernier n'apprécia pas le ton emprunté, mais fut tout de même intrigué que cela rende William si émotif. « Quelqu'un que tu connais. » Ce n'était pas une question.

La contrariété qui emplit son regard plut au maître ; il avait visé juste, comme d'habitude. Une haine sourde semblait battre en l'esclave, et Hannibal inspira cette odeur avec discrétion, curieux de voir jusqu'où William irait, et acceptant de ne pas le soumettre cette fois ou de le réprimander pour son manque de politesse et pour l'air de défi provocateur qu'il arborait davantage. Regarder son petit animal sauvage se battre dans sa cage était tout simplement exquis.

Hannibal ajouta, de la même manière que s'il avait attrapé le poignard déjà en place dans le cœur de son compagnon, pour le remuer dans la plaie. « Quelqu'un que tu connais, que tu étais visiblement très heureux de voir rentrer, mais… Maintenant c'est toi qui est partit. » Son ton restait neutre, un peu provocateur également.

Il n'eut pas besoin de remuer le couteau davantage, car William explosa à son tour. D'abord, il gronda de rage, et Hannibal dut avouer que ce beau visage délicat qui se tordait ainsi, contenait une part véritablement excitante. Puis, William releva son bras droit pour tenter de le fourrer rapidement contre le nez de son maître, mais c'était un geste purement futile et inconscient. La main de Hannibal, évidemment beaucoup plus rapide que la sienne, attrapa ce bras en l'air et le serra avec une telle force qu'un bruit d'os craqué résonna. Ca avait été aussi simple qu'écraser des feuilles mortes tombées à terre durant l'automne. Bien que l'héritier avait jusqu'ici apprécié le caractère fort de William, il n'en demeurait pas une personnalité extrêmement dominante, et personne, jamais, n'avait osé lever sur lui ne serait-ce qu'un doigt. Et encore moins une personne si mal placée dans l'échelle du monde.

L'esclave voulut hurler face à la douleur de s'être fait casser le poignet, mais il n'en eu guère le loisir car avec la même excessive rapidité, Hannibal avait attrapé son menton pour plaquer sa main dure et froide contre sa bouche tout en se jetant sur lui, et il sentit sa tête percuter le hublot plastifié derrière lui alors qu'un genou aussi dur qu'un roc se logeait contre ses côtes pour lui empêcher tout mouvement.

Les deux globes rougeâtres qui le fixèrent lui glacèrent le sang, tandis qu'irradiait la douleur de son bras, et il ne put que laisser des larmes perler, étouffé contre la main de son maître.

« Ne recommence jamais ça, » gronda Hannibal, d'une voix glaciale et purement et simplement meurtrière. « Ou bien je te tuerai. »

William comprit bien qu'il ne s'agissait pas là d'une menace à prendre à la légère, se souvenant parfaitement bien des paroles de Hannibal à l'aéroport. Son cœur tambourinait et il voulut ouvrir la bouche pour répondre, mais il était complètement obstrué. De chaudes larmes s'étalaient sur les doigts du plus âgé.

« Personne n'a jamais fait ce que tu viens de faire, » ajouta son maître, bien décidé à le maintenir comme ça davantage de temps. « Et ce n'est pas parce que ton sang est fantastique que j'hésiterai à te tuer, tu m'entends ? » Il semblait se ficher des autres créatures qui derrière les rideaux pourraient les entendre. De toute façon, personne ne se manifesterait contre un maître en train de réprimander son esclave, pensant que les menaces de mort n'étaient que destinées à effrayer et pas sincères.

William n'avait jamais vu pareil danger dans le visage de quelqu'un. Il était transit de peur. Une haine sourde battait également en lui, et Hannibal sentit que William le détestait comme il n'avait probablement jamais détesté qui ou quoi que ce soit.

Contempler les larmes ruisseler sur ce jeune chien battu, dont les yeux à présent dénués de tout espoir tiraient vers un noir haineux et effrayé, constituait une image qui percutait le maître en ses fantasmes les plus particuliers. Il était tentant d'en abuser. Mais il essaya plutôt de revenir à la raison, si difficilement, et passa en dernier avertissement sa langue dardée contre les pointes piquantes de ses crocs figés à quelques centimètres du visage de son esclave. Ensuite, délicatement et en réunissant toutes ses forces pour ne pas succomber à une tentation véritablement meurtrière, il parvint à décoller son genou de la poitrine du plus jeune, et lâcha sa bouche. Sa main était humide de larmes et de salive, et il l'essuya de façon dénigrante contre la chemise même de William qui en retour prit une profonde inspiration saccadée.

Cela ne faisait même pas totalement 24h que ce rejeton de l'humanité était entré dans sa vie, et il avait déjà réussi à le perturber plus que quiconque. L'avenir était prometteur, et Hannibal se réjouit intérieurement de cette nouvelle. Cependant, il avait été sincère et ignorait s'il allait réussir à le garder en vie ; mais en pesant les coûts et les bénéfices, il se jura de patienter, car les bénéfices de cette relation s'annonçaient bien plus grandioses que les coûts dus à la perte de son esclave nourricier.

Il l'entendait toujours sangloter, probablement à cause de la douleur. Mais William se garderait bien de lui demander de le soigner, et Hannibal le savait.

« Déboutonne ta chemise, » dit Hannibal de sa voix dangereuse. William lui jeta un coup d'œil mouillé et suppliant, et vit que les canines et le rouge des yeux brillaient toujours de façon cruellement menaçante.

Il ne lui restait finalement qu'à supplier. « S'il v-vous pl-plait…, » sanglota-t-il, incapable de toute façon d'utiliser sa deuxième main pour se déshabiller.

Son maître ne lui répondit que par un sourire cruel, et en retour l'odeur de la haine de l'esclave battit de nouveau dans la pièce. S'ils n'avaient pas eu ce rapport de force, il sut que William était secoué par des sentiments si forts qu'il aurait probablement tenté de le tuer. Inspirer cette volonté de meurtre chez son compagnon lui fit se dire qu'ils n'étaient peut-être pas si différents, et c'était encore un élément autrement plaisant.

Le poignet brisé et pitoyable de l'esclave tenta de se lever dans les airs, et il approcha ses deux mains de son torse pour essayer d'enlever le premier bouton. La souffrance couvrait son visage d'un masque tordu en tous sens. Comme il n'y parvenait pas, Hannibal perdit patience et tendit ses propres mains aux ongles acérés pour ouvrir les deux pans de chemise de lin beige, laissant les boutons sauter en pluie de plastique. Puis, sans plus de cérémonie, il se pencha et tira d'un coup sec le pantalon, dévoilant une nudité humiliante.

William frissonna, le regard tourné loin de Hannibal, serrant son seul poing valide contre le siège.

Mais Hannibal se devait de le punir, et restaurer l'asymétrie de pouvoir qui devait être la leur ; il devait imposer sa place de subordonné à son esclave, et dévoiler celle de dominant qui était la sienne. Même si ce devait être de façon un peu théâtrale ; la théâtralité était malheureusement un de ses points faibles.

Lorsque William entendit le bruit métallique d'une boucle de ceinture, il tourna son regard mauve vers son maître pour s'apercevoir qu'il ouvrait son pantalon, et il fit une moue écœurée.

Hannibal décida d'arrêter ici la petite leçon, non seulement car l'écœurement n'était pas un sentiment qu'il voulait inspirer à son esclave, et aussi parce que cela ne lui ressemblait pas. Il l'avait simplement fait pour l'effrayer quelque peu. Alors, tranquillement, il referma sa ceinture, et se cala quelques longues minutes au fond de son siège, laissant ses paupières se clore. Soudain, plus aucun mouvement ne fut apparent ; une statue de marbre grecque installée dans un avion. Une méditation fut nécessaire pour retrouver un peu de calme.

« As-tu compris ? » La voix fut d'un calme incroyable, et William vit deux yeux gris s'ouvrir pour le regarder intensément mais sans émotion.

« Oui. » William savait que ce devait être la réponse à fournir, même si Hannibal sentait très bien que la rage bouillante envahissait toujours son esclave. Et, pour appuyer sa fausse bonne volonté, il eut même le culot d'ajouter : « Maître. »

Hannibal ne put évidemment s'empêcher un petit sourire fier. Prononcer ce mot malgré la haine qu'il lui inspirait, devait sacrément étouffer la fierté du plus jeune et le faire se sentir humilié. Mais tant pis pour lui.

« A présent, » prononça distinctement Hannibal, laissant régulièrement son regard se promener sur la nudité du jeune homme. Son corps, élancé et finement musclé d'une façon particulièrement sèche, aurait inspiré n'importe quel artiste doué de ses mains. « Raconte-moi l'histoire de cette personne qui est rentré, si tu veux boire de mon sang pour soigner ton poignet. »

William sembla réfléchir quelques secondes. « Je préfère endurer la douleur, » répondit-il en essayant de rester calme et fort.

Hannibal eut de nouveau un petit sourire, se penchant davantage sur le corps de William, murmurant sur son épaule. « Pour te punir de l'avoir abandonné. » Puis, il glissa une de ses mains froides sur le seul bras valide de William, et enserra le poignet avec suffisamment de force pour témoigner son attention : s'il n'obéissait pas, il le lui briserait sans difficulté et sans hésitation, semblait-il dire.

« Non ! » cria instantanément l'esclave. « D'accord, d'accord, » supplia-t-il, essayant malgré lui de tirer son bras hors de l'étau de fer des doigts de Hannibal.

« Je préfère ça. » Alors il le lâcha, et se réinstalla dans son siège, le regardant avec patience. Ecouter cette histoire n'avait pas que pour seule but de punir William ; Hannibal était réellement intéressé par ce récit. « J'entendrai à ton cœur si tu me mens. » Ce fut le dernier avertissement avant qu'il lui laisse enfin prendre la parole.

« C'est… » L'esclave se mordilla la lèvre, puis essuya son visage en prenant une grande inspiration hachée pour se donner contenance. Déjà, l'héritier put sentir la douleur interne de son esclave, à la senteur épicée et vive, envahissant rapidement leur petite cabine d'avion dans sa totalité et faisant frissonner le maître. « C'était ma… » Malgré lui, un nouveau sanglot. Son échine parut s'abattre et il laissa sa tête tomber doucement vers l'avant, entourée subitement par un joli rideau de boucles noires « Ma copine. »

Hannibal fronça les sourcils, pas sûr de comprendre ce que William entendait par là. Pourtant d'une rareté extrême, un léger sentiment de crainte osa poindre en lui. « Qu'est-ce que cela signifie ? Ton amie ou ta petite amie ? »

L'esclave réalisa qu'il avait utilisé le mauvais vocabulaire, et devoir répéter le mot constitua une nouvelle torture. « Ma petite amie… ma femme, » souffla-t-il entre ses dents, et il fut secoué d'un nouveau sanglot si douloureux qu'il menaçait de déchirer, là-haut dans les cieux, le cœur d'un ange.

De son côté, la crainte de l'héritier fut confirmée et il se retrouva face à un élément qui le désarçonna comme la veille ; une jalousie possessive dont le goût amer lui envahit la bouche. Mêlée à cette dernière, il percevait la douleur de William avec une telle vivacité que ne pas réagir lui était impossible. Bien qu'il ait une part de cruauté et des tendances fâcheuses, il n'était pas dénué de sentiments. Et comme il s'agissait de son esclave nourricier, un lien invisible les unissant le forçait à ne pas supporter d'être témoin d'une peine si grande.

Pour seul réconfort, il ne put qu'approcher son propre poignet de sa bouche qu'il ouvrit en grand pour déchirer la peau qui, étrangement, craqua dans un bruit sinistre. Un sang noir d'encre s'échappa vivement, rappelant du goudron fondu. William ne vit rien ; il ne sentit que deux bras glacés comme le fer l'entourer et le tirer sur les genoux de son maître aussi facilement que s'il n'avait été qu'un pliage en papier. Puis, contre sa bouche un goût étrange et dérangeant le fit grimacer. Il comprit cependant assez rapidement et laissa ses lèvres s'entrouvrir pour sucer avec ferveur la substance curative, et se laisser lui-même couler, nu et exténué, contre le torse de Hannibal.

.

.

.

.

Voilàààà :)

Aussi, j'ai un tumblr hannigram, sur lequel j'ai récemment reblogué des images en rapport avec cette histoire, qu'il s'agisse d'un Hugh Dancy jeune (**) ou de dessins vampiresques, ou autre. Ca peut peut-être servir d'illustrations :) je crois qu'il faut plutôt aller vers la page 2 maintenant. C'est le tumblr : hannigram-gourmand

A bientôt j'espère : 3