Désolée d'avoir été aussi longue mais en vérité j'avais mes trois semaines de vacances, et tout le monde sait qu'en vacances on ne travaille pas.
Alors excusez-moi.
Voilà la suite.
Bonne lecture ;).
Merci pour vos reviews.
OoO
Le lendemain, au petit déjeuner, je ne cessais de jeter des coups d'œil vers la porte de la Grande Salle. Mais avec ma discrétion légendaire, Hermione finit par me remarquer.
- Tu attends qui là ?
Je pris mon air le plus innocent.
- Moi ? Personne.
Je retournais à mon assiette, mais pour une fois, toute mon attention n'était pas sur la nourriture. Lorsque je relevai la tête, il était en face de moi. En train de tranquillement se servir du porridge.
Pas un seul regard vers moi. Durant tout le petit déjeuner, il m'ignora.
Il fit de même pour le reste de la journée. Je passais pourtant bien devant lui quand j'en avais l'occasion, mais pas une réaction. Même pas d'insultes envers Harry et Hermione.
Ainsi il avait décidé de faire comme si de rien n'était. Comme si il ne m'avait pas dévoré les lèvres la veille.
Pour lui ça n'avait certainement été qu'un jeu. Une distraction. Avec cet idiot de Ronald Weasley qui décidément gobait vraiment tout ce qu'on lui disait.
Il devait bien rire en y repensant.
Il jouait vraiment bien la comédie, il avait l'air si sincère hier.
Mais pourtant, malgré le fait qu'il s'était apparemment foutu de moi, je n'arrivais toujours pas à le détester. Et le pire je crois, c'est que j'étais triste de m'être fait avoir. Triste car pour la première fois de ma vie, je m'étais senti intéressant. Désiré.
Savoir que tout ça n'était qu'un mensonge était plus que je ne pouvais endurer.
Au diner, j'avais presque l'appétit coupé à cause de ça. Je dis bien presque.
Ni Harry, ni Hermione ne le remarquèrent. Et heureusement, je ne me voyais pas leur expliquer le problème.
Le dessert terminé, ils se levèrent.
Voyant que je ne me levais pas Harry s'impatienta :
- Tu viens Ron ??
- Non, allez-y je vous rejoins.
Devant son air interrogateur, je me justifiai :
- Je vais reprendre de la tarte à la crème.
- Bah on peut rester si tu veux.
- C'est bon, je suis assez grand pour rester deux minutes sans vous.
Ils partirent non sans un dernier sourire amical. Ils ne semblaient pas avoir tenu rigueur de mon ton un peu agacé. Tant mieux.
J'avais surtout besoin d'être seul. Réfléchir un moment sans avoir à me justifier sur ce à quoi je pensais.
OoO
Après une part de tarte à la crème et deux minis fondants au chocolat, je me levai. Il n'y avait presque plus personne à notre table.
Arrivé dans le couloir, une main s'agrippa à mon poignet.
Je me retournai, m'attendant à tout sauf à voir Drago, un léger sourire accroché à ses fines lèvres.
Il dut remarquer ma surprise car il me murmura :
- Tu croyais que je t'avais oublié ?
Avant de m'embrasser d'une façon étrangement douce. Encore plus abasourdi, je me reculai pour lui dire :
- Oui...Je pensais que...
Soudain, je me sentis trop bête pour finir ma phrase.
Bien sur, j'avais tout de suite imaginé le pire, mais je savais bien qu'il n'allait pas me faire de grands sourires en public.
Je me laissais aller à un sourire. Minuscule, assez pour qu'il ne le remarque pas.
- Non, rien, c'était idiot.
- Ah oui ?
J'acquiesçai. Pendant quelques minutes, il ne me quitta pas des yeux. Puis, enfin, il scella à nouveau ses lèvres aux miennes, plus sauvagement cependant. D'un œil, je vérifiai bien s'il n'y avait personne et je m'abandonnai à son baiser.
OoO
Pendant plus d'un mois, notre « relation » ne se résumait qu'à ça.
Des baisers enflammés dans des couloirs de préférence obscurs.
Presque aucunes paroles échangées.
Quelques sourires, rares et ne se constituant que d'un léger retroussement de commissures.
Je savais que ça clochait. C'était malsain. Nous faisions que nous embrasser. Il m'appelait Weasley, je l'appelais Malefoy.
Voilà à quoi se résumaient nos échanges.
Et même si l'embrasser était agréable –très agréable-, j'étais gêné par ça. Nous n'étions pas intimes, nous étions comme deux inconnus qui ne pouvaient s'empêcher de s'embrasser.
Deux garçons qui s'attiraient irrésistiblement mais qui ne connaissaient rien de l'autre, à part ses lèvres et sa bouche.
Pourtant, tout ça, tout ce désir, ce n'était qu'une histoire de nerophomes ou autre truc scientifiques moldus (il m'arrive effectivement d'écouter Hermione...parfois). Extraordinaire comme on pouvait être totalement dépassé par quelques substances chimiques aux noms imprononçables.
Enfin, ce qui me gênait le plus, c'était de sentir que je ne pouvais plus m'en passer.
J'étais totalement, inconditionnellement et assurément accro.
C'était ca mon problème.
OoO
En vérité le problème s'aggrava un samedi, près d'un mois et demi après notre « premier baiser ». Nous avions comme d'habitude convenu un rendez vous après le diner. J'avais de plus en plus de mal à trouver des prétextes pour fausser compagnie à Harry et Hermione, surtout que je me savais très mauvais menteur. Ils semblaient s'être habitués à mon « j'y vais » hâtivement lancé et ils avaient eu depuis lors la délicatesse de ne pas me demander où.
Ce jour là donc, je sortis de table tout à fait normalement adressant un dernier sourire à mes amis. Tandis que je franchissais la porte de la Grande Salle une main s'accrocha à mon épaule. Surpris que Drago prenne un si gros risque de dévoiler notre intimité devant tout Poudlard, je me retournais lentement. Mais ce n'était pas Drago. C'était Harry. Un air satisfait sur le visage.
- J'ai trouvé !
Mais de quoi il me parlait là ?
Enervé qu'il me retarde pour mon rendez vous, je lui demandai – certainement avec un peu trop d'exaspération – de quoi il voulait parler.
- J'ai deviné où tu vas chaque soir.
Je me figeai, seulement conscient des battements frénétiques de mon cœur.
- Que...quoi ? T-tu as trouvé quoi ? Mais comment, je n'ai pas...enfin, tu n'es pas fâché ?
Mon flot désordonné de paroles parut l'étonner.
- Je t'avoue que ça m'a un peu peiné que tu ne me le dises pas. C'est vrai, qu'Hermione ne le sache pas, OK. Mais moi ? Ton meilleur ami ! J'aurais pensé que si tu avais une petite amie, tu m'en ferais profiter.
J'ouvrais de grands yeux, éberlué :
- Une petite amie ??
A nouveau la surprise.
- Bah oui. J'ai fini par comprendre que tu allais voir une fille tout les soirs.
Je sentis chacun de mes nerfs se relâcher. Je décidais de confirmer sa « découverte » en prenant un faux air contrit.
- Oui, je suis désolé de ne pas te l'avoir dit Harry. Mais le problème c'est que ni elle ni moi ne voulons que cela se sache...
Je sentis qu'il allait m'interrompre, je le devançais donc.
- ...c'est pourquoi je ne te révélerais pas son identité. Comme je sais que ce n'est pas facile de ne pas savoir, j'ai préféré ne rien te dire.
- Oh. Bien. Mais euh...ca se passe bien ?
- Oui, ca se passe très bien. Enfin, elle a des réactions un peu curieuses mais...ça va.
Pour une fois depuis le début de notre conversation, je ne mentais pas.
- Ok, super. Compte sur moi pour te couvrir auprès d'Hermione.
- Merci Harry.
Amicalement je lui mis une tape sur l'épaule. Il me sourit avant de repartir à notre table. En me dirigeant cette fois ci définitivement vers notre lieu de rendez vous, avec malheureusement quelques minutes de retard, je me rendis compte que j'allais enfin pouvoir lui confier quelques trucs sur ma petite amie.
Finalement c'était une bonne chose.
Ce qui en était une moins bonne c'était Drago, faisant les cent pas dans le couloir, l'air très inquiet.
Lorsqu'il me vit il me sauta dessus.
- RON !
Mes explications pour mon léger retard se coincèrent dans ma gorge. Même sa colère – il ne supportait pas le retard - ne m'atteignit pas.
Estomaqué je le coupais en murmurant :
- Tu m'as appelé par mon prénom.
Comme je le coupai en plein spitch qu'il débitait d'une voix irritée il sembla perdu :
- Euh...oui, oui.
Il se gratta la tempe d'un air distrait puis sembla se rendre compte. Il releva les yeux vers moi, un peu gêné de s'être dévoilé.
Car j'avais fini par comprendre que m'appeler par mon nom de famille était une façon de prendre de la distance, de nous renvoyer à ce que nous étions. Des inconnus. Il me faisait comprendre que son intérêt ne se limitait qu'à la façon dont je l'embrassais.
Et là, il venait de me montrer que peut être, il était plus impliqué qu'il ne voulait me le faire croire. Un instant de déconcentration qu'il l'avait trahi. Il le savait. Il voyait bien que je saisissais l'ampleur de son geste, qui semblait si insignifiant mais qui en vérité voulait tout dire pour moi.
Un sourire s'épanouit sur mon visage tandis que je sens la joie gonfler mon cœur.
C'était ridicule. Et je n'imaginais pas le regard moqueur de Drago s'il le savait.
Heureusement il n'avait pas – à ma connaissance – le pouvoir de Légilimancie. Mais pour l'instant il essayait de reprendre contenance par ce qu'il considérait surement comme une bavure. Car s'il n'aimait pas les retards, il détestait encore plus se laisser dépasser par ses « émotions ».
Il ne fallait tout de même pas que je me réjouisse trop vite.
Je m'avançai donc vers lui et lui posai pas main sur la joue avant de l'embrasser doucement.
- Désolé Drago, Harry m'a retardé. Il a soupçonné quelque chose.
Son prénom laissait une certaine saveur dans ma bouche. Je n'eus pas le temps de m'en délecter car il releva la tête d'un air inquiet.
- Ah oui ?
- Oui.
Retenant un rire, je poursuivis :
- Il a deviné que j'avais une petite amie.
Piqué au vif, Drago se décolla.
- Je ne te permets pas.
Ayant fini par connaître son caractère susceptible – l'une des seules choses que nous avions en commun – je me dépêchais de lui préciser que je blaguais. Il ne parut pas convaincu mais se rapprocha néanmoins. Je lui expliquais donc ce que croyait avoir compris Harry. Il eut inévitablement un sourire ouvertement moqueur lorsque je lui racontai la conviction de mon ami lors de sa révélation.
Puis il eut un silence pendant lequel il me dévisagea attentivement. Il semblait sur le point de me dire quelque chose de délicat.
- Tu sais...Il y a très peu de gens que j'appelle par leurs prénoms...
Je le coupai.
- J'en suis conscient.
- Ouai, mais tu dois croire que ca veut tout dire. C'est faux. J'ai juste décidé qu'il était préférable qu'on s'appelle par nos prénoms étant donné qu'on...
A nouveau je me retins de sourire. Il était en train de me dire qu'il avait tout prévu...Je n'en croyais pas un mot. Mais comme je voulais éviter l'incident diplomatique, j'hochai la tête d'un air sérieux et je lui dis :
- Bien sur, tu as eu raison.
J'avais alors compris deux choses : il avait une foutue manie de toujours vouloir prouver qu'il était en toutes circonstances maitre de lui pour que l'on ne soupçonne pas une once de sentiment chez lui et à cette minute là, ce que je ressentais pour lui n'avais plus rien avoir avec une quelconque réaction chimique. Je sentais qu'autre chose se manifestait, de plus fort, de plus concret. De plus dangereux.
J'eus la désagréable impression que si je m'aventurais là dedans, j'aurais beaucoup de mal à m'en ressortir.
Mais j'étais un Gryffondor n'est ce pas ?
Deux pas en avant et la distance entre nos lèvres n'étaient qu'une question de décimètres. Je lui chuchotai :
- Tu n'es pas un facile toi.
Il fixa ses yeux dans les miens. Une lueur de défi trembla au milieu du gris-pluie.
- Oui. Mais tu le savais.
Ma voix n'était plus qu'un murmure presque inaudible.
- Ouai.
Je chassai l'espace entre nous et nos lèvres se rencontrèrent.
Ce n'était plus qu'une histoire de baisers enflammés après...J'imagine que ça ne vous intéresse pas...N'est ce pas ?
OoO
Et voilà, à bientôt j'espère.
Merci d'avoir lu.
