Titre : Another Chance
Auteur : Yuki Shuhime et Ombrepluie
Type : Fiction Longue, Chapitre 3
Univers : Harry Potter
Rated : M
Couple : Lucius Malfoy/Sirius Black
Résumé : Et si lorsque Sirius était passé à travers le voile, il n'était pas mort ? Et si au lieu de prendre, le voile pouvait offrir ? Offrir une autre chance.
Disclammer : Tout à JKR
Chapitre 3
Sirius hésita un moment avant de pénétrer dans le compartiment où l'attendait Severus. Il l'observa quelques instants, s'assurant qu'il allait un peu mieux depuis sa mésaventure. Le garçon était tourné vers la fenêtre et semblait observer la gare devenir de plus en plus petite à chaque minute qui passait.
Il n'avait pas l'air triste, pas vraiment, seulement préoccupé, comme anxieux. Finalement, Sirius décida de frapper à la porte du compartiment avant de l'ouvrir. L'effluve de cuir et de cire à plancher des vieux wagons passagers lui parvint, et il sourit. Il ne pouvait l'expliquer, mais cette odeur lui semblait familière et rassurante.
Severus avait relevé la tête dans sa direction quand il avait frappé, mais Sirius attendit de croiser son regard avant de rentrer et de s'installer sur les banquettes molletonnées. Il s'assura que l'intégralité de ses affaires se trouvaient dans le filet à bagage et tapota la poche intérieure de sa robe de sorcier pour vérifier que sa baguette était bien là.
Il utilisa un sort simple pour faire sortir les gâteaux et confiseries que sa mère lui avait préparé ainsi qu'un thermos de thé et une bouteille de jus de citrouille encore frais. Il exposa le tout sur la banquette à côté de lui et se laissa tomber sur le siège, s'enfonçant délicieusement dans le tissu dense.
Severus n'avait cessé de l'observer pendant ce temps et il n'avait pu s'empêcher de dissimuler sous sa cape les quelques sandwichs et la brique de jus de papaye que ses parents avaient rapidement glissé dans ses bagages avant le départ. Sirius nota le réflex un peu honteux de Sirius et l'interrogea du regard, provoquant un violent rougissement chez Severus.
« Ça va ? Tu as l'air préoccupé, nota Sirius sans insister.
-Oui, ça va ! Promit Severus en détournant le regard. Je … enfin … je n'ai pas eu le temps de te dire merci tout à l'heure.
Sirius haussa les épaules, avant de lui tourner brièvement le dos, le temps de fouiller dans ses victuailles pour en sortir deux paquets de Chocogrenouille. Il en tendit un à Severus qui l'accepta en souriant, gêné, et ouvra le sien d'un coup de dent qui aurait surement fait hurler sa mère et beaucoup rigoler son père.
« Bah tu sais, répondit-il en mâchonnant la tête d'un Chocogrenouille particulièrement remuant, je n'ai pas fait grand-chose. C'est Lucius qu'il faut remercier.
-Je l'ai déjà remercié. C'était très gentil de sa part. Vu la situation dans laquelle j'étais, je n'aurais jamais imaginé que ce soit lui qui vienne m'aider, avoua-t-il penaud.
-Tu sais, je connais bien Lucius et c'est tout à fait son genre. Il ne supporte pas la violence gratuite. Je crois bien que c'est la seule chose qui puisse le faire sortir de ses gonds en public. Ça et qu'on touche ses cheveux. »
Les deux garçons échangèrent un fou-rire en imaginant la crise d'hystérie que pourrait faire Lucius si quelqu'un venait tripoter les mèches blondes qui pendaient élégamment de part et d'autre de son visage.
« Et comment tu as connu Lucius ? Demanda Sirius, intrigué de voir que Severus et son ami semblaient se connaitre.
-Eh bien, quand sa mère est morte, ma mère a été d'un grand secours auprès de son père. Ils étaient amis à Poudlard, à ce qu'elle m'a raconté et ils sont restés très proche, malgré son mariage avec un moldu. Donc forcément, quand sa femme est décédée, elle a été là pour lui. Et depuis, ils se voient souvent, parfois il y avait ta mère et ton père aussi. »
Sirius haussa un sourcil intrigué et enjoignit à Severus de poursuivre son récit en avalant la fin de son Chocogrenouille.
« Quand Lucius est rentré à Poudlard, ma mère m'emmenait avec elle quand elle rendait visite à son père et parfois l'été, je le voyais. Mais ces dernières années, il restait dans la serre ou dans la bibliothèque et ne me laissait l'approcher que lorsqu'il préparait des potions. Nous n'étions pas très proches, je croyais même que je l'énervais. Mais apparemment, il doit m'apprécier un peu.
-Oh je vois ! Maman m'avait déjà parlé de toi, mais c'est vrai que c'était souvent elle qui rendait visite à ses amies, dont ta mère, donc je n'ai jamais pu te rencontrer. En même temps, mon père travaille à la maison et préfère rester tranquille, c'est surement pour ça que tu n'es jamais venu au Square, conclut Sirius en ouvrant un paquet de Patacitrouille. Tu en veux un ? »
Severus accepta en hochant frénétiquement la tête. Il était tellement timide au premier abord : il l'observait furtivement, suivant discrètement ses gestes du regard. Il paraissait incertain et devait probablement se montrer méfiant et se demander s'il pouvait lui faire confiance. Mais à présent qu'ils avaient échangés quelques confiseries et une conversation, Severus semblait beaucoup plus jovial et enjoué. Il avait l'impression que Severus était plus à l'aise à lorsqu'il pouvait parler de ce qu'il connaissait.
« Et toi, comment ça se fait que tu connaisses Lucius ? Osa demander Severus en grignotant sa Patacitrouille.
-On peut dire que c'est mon meilleur ami d'enfance, répondit-il songeur. Mon père, le père de Luce et mon Oncle Cygnus était à Poudlard ensemble et selon ma mère et ma tante Druella, ils ont fait les quatre cents coups ensemble. Ils ont gardés des liens étroits. Ensuite, Père et Mr Malfoy sont partis ensemble en mission en Russie pour traquer des renégats pour le compte du ministère. Et aujourd'hui, ils travaillent dans le même service et je crois qu'il ne passe pas une semaine sans que Mr Malfoy vienne au Square, s'amusa Sirius. Ma cousine Bella dit toujours qu'ils sont copains comme cochons. Je crois que ça tuerait ma mère si elle entendait ça. »
Severus pouffa et ils partagèrent un nouveau fou rire. Imaginer les grands Abraxas Malfoy et Orion Black en deux petits cochons tout rose avaient surgi simultanément dans leur deux esprits et les éclats de rire s'accentuèrent à mesure qu'ils les imaginaient interagir en temps que porcin.
« Donc vous avez passer votre enfance ensemble j'imagine, conclut Severus en reprenant difficilement son calme, ayant toujours la vision comique de deux petits cochons se lançant à la chasse aux sorciers en fuite, en tête.
-C'est ça. On passait tous nos étés ensemble au Manoir et au Square avant. Mais depuis qu'il est à Poudlard, il était toujours occupé l'été, et Mr Malfoy venait seul chez nous. Ça faisait trois ans que je ne l'avais pas vu, soupira Sirius en posant son regard outremer sur les nuages duveteux qui entouraient la locomotive lancée à pleine vitesse. »
Un silence pesant s'installa entre eux, Sirius perdu dans ses souvenirs et Severus, un peu ému et un peu gêné, fixant tour à tour les pupilles de son nouvel ami et la pointe de ses chaussures. Au bout de longues minutes, Sirius sortit de sa mélancolie et détacha son regard du paysage, se massant brièvement la nuque pour apaiser les contractures de ses muscles.
« M'enfin, maintenant, on va pouvoir se parler à nouveau ! Et à ce que j'ai pu voir tout à l'heure, il n'a pas changé, plaisanta Sirius avant de demander, impatient de mieux connaitre son nouvel ami. Tu penses aller dans quelle maison ?
-Selon ma mère, je devrais aller à Serpentard. J'aimerais bien, c'était sa maison. Et puis Lucius est à Serpentard, ça ferait au moins une personne que je connaitrais, même si je n'oserais surement pas lui parler en public. »
Sirius le trouvait attendrissant à se montrer aussi discret et effacé, il lui rappelait beaucoup Reg'. Il ria et le rassura :
« Et puis tu sais, même s'il en a l'air, Luce n'est pas un petit con prétentieux. C'est quelqu'un de bien. Et je pense que si tu venait près de lui pour lui parler, il t'écouterait et te répondrait gentiment.
-Tu crois ? Je sais pas si j'oserais. Il est en quatrième année en plus. »
Sirius pouffa encore. Décidément, Severus lui plaisait beaucoup. Il semblait gentil et sincère, et marqué d'une innocence un peu naïve qui lui donnait envie de le protéger. D'après ce qu'il avait pu comprendre, Severus devait avoir honte de sa condition de sang mêlé et se sentait honteux et effrayé auprès des sang purs. Sirius aurait voulu lui dire que son cas était particulier, puisque son père travaillait avec le Ministère de la Magie comme conseiller à un haut poste, mais il ne pensait pas que ça aurait une influence quelconque sur Severus.
Peut être que lorsqu'ils se auraient appris à se connaitre, il pourrait lui parler de ça. Pour l'instant, il se contentait d'observer et de jauger le garçon. Comme lui avait appris sa mère : « Observer, appréhender les choses et se faire une idée de la situation avant d'intervenir ». Il avait souvent trouvé qu'elle exagérait avec ses mises en garde, lui inculquant toujours de se méfier et de réfléchir avant d'agir, mais au final, elle n'avait pas tord.
Sirius sentait qu'avec Severus, il pourrait peut être partager beaucoup s'il faisait attention à ne pas le brusquer. Il avait l'air d'un garçon fragile et influençable qui avait peur de s'imposer. Mais dès qu'il l'aurait apprivoiser, Sirius était sur que lui et Severus seraient de très bons amis.
« Et toi, tu penses aller où ? Demanda Severus en commençant à sortir l'un de ses sandwichs de la cellophane qui l'entourait.
-Si je fais comme tous les Black, normalement Serpentard, répondit Sirius en prenant une gorgée de jus de citrouille. Ce serait super de se retrouver ensemble, tu ne crois pas ?
-Oh, si bien sur, mais je ne voudrais pas t'embêter moi. Faut pas te sentir obliger de t'occuper de moi, rétorqua Severus en rougissant.
-Arrête tes bêtises, Sev ! Je peux t'appeler Sev ? La demande était rhétorique mais le garçon hocha la tête pour donner son accord. Sache que, et c'est ma mère qui parle à travers moi, un Black n'a pour seul obligation que de maintenir son sang le plus pur possible . Donc tu peux … »
Sirius allait se lancer dans une tirade pour expliquer qu'il ne se sentirait pas obligé et même qu'il l'appréciait déjà beaucoup, mais il s'interrompit, prenant un air sombre et haineux qui alarma Severus. Potter et deux autres garçons à l'air renfrogné se tenaient dans l'encadrement de la porte de leur compartiment.
« Tiens, tiens, fit l'agresseur de sa voix trainante, mais qui voilà ? Vous avez vu les gars, c'est Servillus et son nouveau petit copain ?
-James ! prévint le garçon châtain sur sa droite. Arrête ça, ce n'est pas une bonne idée. Partons d'ici.
-Tu plaisantes Remus ? Tu as vu ce que ce chien a fait à mon nez ? »
Le sourire de Sirius se transforma en rictus méprisant quand il cracha à Potter.
« Si tu ne veux pas voir ce qui pourrait encore arriver à ton fameux nez, Princesse, je te conseille de foutre le camps d'ici tout de suite !
-Tu oses me menacer ! Sais-tu à qui tu parles espèce de raclure ?
-Tu veux dire en dehors d'un petit con pédant et lâche qui attaque les autres pendant qu'ils ont le dos tourné ? Non je vois pas, répondit Sirius en défiant Potter du regard.
-Si j'étais toi je surveillerais ton langage ! Ma famille est très influente, menaça Potter en serrant les poings.
Sirius jeta un coup d'œil qui se voulait rassurant en direction de Severus qui tremblait comme une feuille sur sa banquette et fit semblant d'être effrayé.
« Oh malheur, la malédiction de la grande et majestueuse famille Potter va s'abattre sur moi ! Salazar, ayez pitié de mon âme, sauvez moi ! Dit Sirius avec un air faussement affligé. Je ferais sans doute mieux de m'incliner devant ta puissance dans ce cas. »
Sirius fit une pause et apprécia l'expression goguenarde de Potter qui ne comprenait pas encore qu'il s'était attaqué à plus fort que lui. Severus semblait circonspect mais Sirius le rassura d'un clin d'œil complice qui le fit sourire gentiment.
« Sinon, je risque de fâcher mon grand tonton Aries. Il déteste devoir virer ses Aurores parce que leurs fils se comportent comme des petits cons arrogants sans cervelle et maltraite les amis de son petit neveu sans raison. »
Potter lui jeta un regard dédaigneux.
« Aries Black serait ton grand oncle ? Laisse mon rire. Et comment tu sais que mon père est Auror ? »
Potter le dévisageait, ses pupilles brunes flambant de rage. Il se retenait de lui sauter dessus pour lui assener un coup de genou dans l'abdomen, car il subsistait un doute dans son esprit. Son père lui avait dit que le petit neveu du ministre rentrait à Poudlard avec lui cette année. Et même si le garçon pouvait mentir, il savait néanmoins où son père travaillait.
« Vraiment Potter, et toi tu sais qui je suis ? Sirius fit une pause pour ménager ses effets. Sirius Black, fils d'Orion Black, neveu direct d'Aries Black, Ministre de la Magie. Je dirais bien que je suis ravi de te rencontrer, mais en fait non. »
Potter fronça les sourcils, le jaugeant en grognant. Sa posture était moins menaçante, plus prudente. Il savait que Sirius était un sang pur, ça expliquait qu'il ait pu lui arracher sa baguette sur le quai et l'envoyer voler plus loin. Il avait appris à se défendre et il était plutôt doué.
Il hésitait entre écouter Remus et s'en aller ou engager une bagarre et donner à ce Black, si c'était vrai, ce qu'il méritait. Sa fierté, son honneur étaient en jeu. Mais en même temps, Sirius maitrisait manifestement la magie et au vue de sa réactivité sur le quai, il était plutôt rapide.
En même temps, lui et ses amis étaient plus nombreux et de toute évidence il ne considérait pas Severus comme une véritable menace. Alors il décida de lui une leçon, éludant la possibilité que Sirius ne mente pas et soit effectivement le petit neveu du ministre. Il voulait se venger et laver l'affront qu'il lui avait fait en l'humiliant publiquement sur le quai.
Le dénommé Remus qui se tenait nonchalamment aux côtés de Potter soupira quand celui-ci sortit sa baguette. A gauche, un garçon plus petit et trapu aux cheveux paille imita son mentor et les deux garçons, bientôt suivis par le châtain qui apportait son soutien, firent face à Sirius.
Sirius sentit Severus bouger dans son dos, mais il était hors de question qu'il détache son attention des trois garçons. Il sortit sa baguette à son tour. Il lui semblait que Severus s'était levé et se tenait à présent à côté de lui, la baguette levée, près à en découdre lui aussi.
Remus posa une main sur le bras de Potter en montrant Severus d'un signe de tête.
« James, ne soit pas stupide. Si tu le blesses tu auras des tas de problèmes.
-Quelle bonne idée ! Écoute ta petite copine et fichez le camp d'ici, souffla une voix rocailleuse mais féminine dans le cou de Potter qui sursauta. »
Il ne l'avait pas entendu arriver et n'osait plus bouger, sentant une pression contre sa carotide. Il tourna la tête lentement pour faire face à une jeune femme plus grande que lui d'une tête, aux longs cheveux noirs, bouclés arrangés en une coiffure compliquée. Bellatrix Black se dressait telle une amazone, belle et terrifiante, un poing contre la hanche. Elle avait susurré ses paroles à l'oreille de Potter en pointant sa baguette sur sa gorge.
A côté d'elle, son amoureux, Rodolphus Lestrange arborait un sourire fier et derrière elle, ses deux sœurs, Androméda et Narcissa, pointaient leur baguette dans le dos de Remus et du garçon aux cheveux paille. Androméda, une belle jeune fille aux cheveux châtains lissé dans un brushing parfait, plus petite que sa sœur ainée, souriait avec hargne, ses yeux noirs brillants d'exaltation.
Narcissa quant à elle, était aussi grande que Bellatrix mais blonde aux cheveux ondulés nattés à droite en une grosse tresse lâche. Une mèche soyeuse masquait la moitié de son visage et il était impossible de lire ce que cachait son expression froide et ses yeux bleus glacés.
Enfin, Rodolphus, sa baguette pendant négligemment de sa poche, se tenait à gauche de sa fiancée, avec un air qui menaçant. Il faisait quelques centimètre de plus que Bellatrix, avait une carrure massive et des cheveux noirs très courts. Son sourire carnassier rehaussé de canines plus longues et plus pointues que la moyenne était effrayant.
Le visage de Potter se figea. Il savait qu'il n'avait aucune chance à trois contre six, surtout que les groupes de sorciers qui venaient d'arriver semblaient très dangereux. Il avança un peu dans le compartiment, acculé par les silhouettes imposantes de Bellatrix et Rodolphus.
Mais alors qu'il pensait à se soustraire à la menace des baguettes dans son dos pour battre en retraite, il fut plaqué contre la paroi du compartiment par la sorcière au sourire sadique. A côté de lui, Remus et Peter subissaient le même sort. Il n'essaya pas de se débattre, pensant, et à juste terme, que Bellatrix pourrait lui envoyer un sortilège impardonnable s'il esquissait un mouvement.
Sirius contemplait la scène avec un sourire goguenard avant de s'approcher de ses cousines et de leur faire une bise chacune.
« Bella, Dro', Cissa, heureux de vous voir les filles. Rodolphus, ajouta-t-il en saluant son futur cousin par alliance d'un bref signe de tête. Qu'Est-ce que vous fait là ?
-On a entendu quelqu'un morigéner le nom des Black, répondit Bellatrix, et tu me connais, il n'y a rien que je supporte moins que les vers de terre qui se prennent pour des sang purs alors qu'ils sont issus de familles bâtardes. »
Narcissa et Andromeda éclatèrent de leurs rires cristallins et perçants en même temps que leur sœur. Dans son coin, Severus fit un pas en arrière, voulant se faire oublier, honteux du statut de son propre sang. Sirius qui s'en rendit compte, voulu pousser le vice avec Potter pour venger son ami.
« Bella, tu savais que le vers de terre ci à côté avait humilié publiquement Severus ici présent, fils de Eileen Prince et Tobias Snape ? Et que depuis, Sev' doute de la pureté de son sang. Tu ne crois pas qu'il faudrait faire quelque chose, hun ? Proposa narquoisement Sirius.
-Tu as raison. Je crois qu'il va falloir apprendre à monsieur ver de terre les bonnes manières. Ravie de te rencontrer Severus, je suis Bella, la cousine de Sirius. Ton père et le mien sont collègues, tu as surement déjà du entendre parler de Cygnus Black ?
-Oui, oui bien sur, il me semble qu'il vient de temps en temps à l'Impasse.
-Pas étonnant mon chéri, conseillers du ministre, ce n'est pas un boulot qui permet beaucoup de repos, s'amusa Bella avant de se retourner vers Sirius, et le père du vers de tête qui se prend pour un sang pur fait quoi ?
-Auror, répondit Sirius avec dédain. »
Bella et ses sœurs rirent à nouveau. Severus qui se sentait flattée par les compliments de Bella, s'autorisa un sourire.
« C'est pathétique, constata Androméda.
-Effectivement, approuva Narcissa.
-Bon et bien je crois qu'un petit Doloris ferait le plus grand bien à notre ami vers de terre, proposa Bellatrix, quand dis tu Severus chéri ? Ca te ferait plaisir de voir ce minable se tordre de douleur à tes pieds, gémissant, implorant que la souffrance s'arrête ? »
Severus hocha frénétiquement la tête, et regarda Bellatrix avec une immense reconnaissance dans le regard. Sirius, ravis, ajouta une petite condition.
« Ça me tente aussi, mais rendons cela plus ludique. On va attendre que notre cher Potter soit disposé à faire ses plus plates excuses à Sev' pour interrompre le sortilège. Laissons le supplier, Bella ?
-Ça me va. Rodolphus, ferme la porte et insonorise le compartiment ! Ce serait dommage que Xenophilius passe par là pendant ma notre ronde, il n'apprécierait pas d'entendre gueuler le petit Potter. D'ailleurs, Cissa, Daphné s'occupe de l'autre partie du train ?
-Oui, normalement. En même temps, il passe son temps à papoter avec tous le monde dans les compartiments, alors …
-Parfait. »
Potter et ses amis étaient blême. Le porte allait glisser quand trois garçons en uniforme se présentèrent. Lucius Malfoy; entouré de Britannicus Zabini et de Hugh Nott, salua poliment Bellatrix.
« J'ai entendu parler d'un Doloris pour venger Severus. Vous avez une petite place pour nous, Bella ?
-Oh Lucius, salut ! Comment vas-tu ? Bien sur, entre ! Hugh et Brit', se réjouit Bellatrix. Tu vois, vers de terre, tu as du public. Tu devrais être honoré, jamais tu n'auras l'honneur d'avoir autant de gens de haut rangs autour de toi.
-Ça va Bella, ça va. Mais ma journée a très mal commencé à cause de ce Potter. Je me suis retenu de le corriger publiquement tout à l'heure pour lui faire regrette d'avoir martyrisé mon ami. Mais finalement, j'ai bien fait. J'ai toujours adoré tes méthodes. »
Bella ria, flattée.
« Lucius, tu as toujours été un beau parleur. »
Derrière elle, Britannicus envoyait un clin d'œil charmeur à Narcissa, apparemment indifférente qui haussa imperceptiblement les épaules, signe qu'elle était touchée. Hugh se tenait proche de Severus et discutait à voix basse avec lui, lui offrant une poignée de main auquel le garçon répondit, honoré.
Lucius profita que Rodolphus revenait auprès de Bellatrix, la porte fermée et les sortilèges d'insonorisation lancés, pour s'installer près de Sirius. Le brun se sentit bizarrement mal, son ventre se tordant un peu alors que les battements de son cœur s'accéléraient. Ils s'assirent tout deux sur la banquette, en face de Severus, Hugh et Britannicus.
Les sœurs Black pointaient toujours leurs baguettes sur Remus et Peter pour qu'ils se tiennent tranquille. Potter n'en menait pas large. Il tremblait de tout son corps et n'osait rien dire. Sa morgue habituelle et l'ensemble des insultes qui lui venaient à l'esprit restaient bloqués dans sa gorge. Son père lui avait parler du sortilège Doloris, et si vraiment cette folle furieuse était sérieuse … Il ne préférait pas penser à la suite.
Bellatrix leva sa baguette au dessus de sa tête avec un sourire sadique. Elle ouvrait la bouche pour lancer le sortilège quand Sirius l'interpella.
« Hé, Bella, n'oublie pas Severus !
-Bien sur. Severus chéri, viens vers moi mon chou, minauda Bellatrix en pointant son doigt en directement de Severus. »
Le garçon s'excusa de déranger Hugh et Britannicus, contourna la banquette et se positionna à côté de Bella qui posa sa paume sur son épaule d'un geste maternel protecteur.
« Tu es prêt mon chéri ? Severus acquiesça. ENDOLORIS ! Hurla Bellatrix, un éclair rouge sortant de sa baguette. »
Potter prit le sortilège de plein fouet, maintenu par Rodolphus qui entravait ses mouvements. La douleur d'un million de poignards qui remuaient dans son corps, découpant sa chair et écartelant ses entrailles le fit hurler comme jamais il n'avait hurler. L'assaut de quelques secondes avaient semblé durer des heures pour Potter. Haletant, son cri s'arrêta à la fin des soubresauts de son corps.
« Qu'as-tu à dire, ver de terre ? Nous t'écoutons, lança Sirius avec enthousiasme.
-Crève connard ! Répondit Potter entre ses dents.
-Tututute, ce ne sont pas des manières ça, ver de terre, le réprimanda Bellatrix. Je vais devoir recommencer alors, un peu plus longtemps cette fois. Endoloris ! »
Cette fois-ci, la douleur fut encore plus atroce. Rodolphus lâcha ses bras et Potter se jeta sur le sol, roulant aux pieds de Severus, mal à l'aise mais pourtant satisfait, et convulsa. Il priait intérieurement pour que ça s'arrête. Sa chair cisaillée par le sortilège précédent, brûlait à présent comme si on marquait au fer rouge le moindre centimètre carré de son corps.
Il n'entendait même plus les hurlements qui coupaient ses cordes vocales et cautérisaient sa gorge. Incapable de parler ou de bouger, il était esclave du mouvement de poignet de Bellatrix, attendant comme une délivrance le moment où elle abaisserait sa baguette.
Elle attendit environ deux minutes avant de conjurer le sort. Potter rampait comme un cafard sur le sol, contorsionnant ses membres et cambrant son dos comme un possédé avant que les sensations s'arrêtent. A bout de souffle, erratique, le cœur battant tout rompre, Potter geignit, les yeux mouillés de larme de douleur contenues par sa seule fierté.
« Alors vers de terre ? Toujours rien à déclarer ? Susurra Bellatrix en se penchant légèrement au dessus de corps gesticulant de Potter. »
Elle porta sa main à son oreille, attendant ce qu'elle et Sirius avaient exigé tout en espérant que la ténacité bornée de Potter lui permette de lancer une nouvelle fois le sortilège. Mais le ver de terre dut en avoir assez puisqu'il supplia Bellatrix de ne pas recommencer. Mais évidemment, ce n'était pas suffisant.
« J'ai cru t'avoir dit que je voulais que tu t'excuses auprès de Severus et que tu reconnaisse son statut de sang pur. Et en plus, je voudrais t'entendre louer la suprématie des Black …
Lucius, Hugh et Britannicus lancèrent un regard foudroyant à Bella.
… Et des Malfoy, des Nott et des Zabini tant qu'on y est ! Oh, et ajoute que tu n'es qu'un vers puant et traitre à ton sang. »
Potter tenta de se remettre précautionneusement debout. Derrière lui, ses amis n'en menaient pas large et n'osaient pas ouvrir la bouche. Narcissa et Androméda leur avaient ordonner de se taire et n'ayant aucune envie de subir le même traitement que James s'ils désobéissaient, ils se tinrent tranquilles.
Quand Potter fut sur ses pieds, chancelant et compressant son abdomen douloureux, et qu'il défia Bellatrix d'un sourire goguenard, Remus eut envie de lui hurler de s'excuser. Mais il n'en fit rien. Il aurait surement dut puisque, en signe de révolte, James cracha à la figure de Severus. Il ne se soumettrait pas !
Outré et révolté, Sirius qui se tenait à côté de son ami sauta sur Potter et lui envoya un coup de poing dans la mâchoire. Un craquement sonore retentit, signe que l'articulation était démise. Sonné par la violence du coup et la rapidité avec elle laquelle Sirius avait bondit, Potter ne put répliquer qu'il était déjà ceinturé par Rodolphus qui l'empêchait de bouger malgré la férocité des ruades qu'il donnait pour se libérer.
Sirius profita de son immobilisation pour envoyer un coup de talon dans sa rotule et un coup de genou à son flanc avant que Lucius se lève et le prenne par les épaules, le forçant à reculer plus grâce aux mots qu'il murmurait à son oreille qu'avec la force qu'il aurait pu utiliser pour le maitriser.
Hugh Nott c'était levé aussi, proposant un mouchoir beige à Severus qui essuyait la salive blanchâtre qui coulait le long de sa joue, victime malgré lui de la rivalité entre les Black et Potter. Il se rappela tout de même qu'il avait tout déclenché lorsque Lucius et Sirius étaient venus à son secours. D'habitude empreint à se flageller, il ne faiblirait pas cette fois : l'unique responsable de tout ceci, c'était Potter.
Bellatrix choisit ce moment pour s'avancer. Son sourire carnassier n'avait plus rien de jovial et la haine brûlait dans ses pupilles sombres. Elle leva sa baguette, résolu à en finir avec le vers de terre. Cette fois, elle concentra toute sa colère sur sa baguette et lança le sortilège Doloris.
Potter dut comprendre qu'avant ça, Bellatrix plaisantait. La douleur qui l'assaillait, comme un milliard d'aiguilles acérées pénétrant ses chaires, se frayant un chemin dans ses organes. Chaque nerf de son corps irradiait, secoué de secousses électriques dévastatrice. Chaque vaisseau semblait contenir de l'acide qui se répandait dans chaque cellules de son organisme comme un poison corrosif.
Il aurait voulu se laisser choir et remuer de toutes ses forces pour essayer de dissiper la douleur, mais Regulus le maintenait debout bien droit. Ses genoux fléchissaient mais le jeune homme s'assurait qu'ils restent en extension, chaque muscle en tension accentuant encore la souffrance due au sortilège.
La scène dura cinq longues minutes, uniquement troublée par les hurlements plaintifs et les soubresauts qui secouaient le corps de Potter. Après ce délai, Bellatrix leva sa baguette et s'approcha du captif. Elle planta ses langues dans ses joues, se tenait très près de son visage. Avec son expression la plus incisive, elle ordonna à Potter de s'excuser maintenant ou bien il se rendrait compte que le dernier Doloris était loin d'être le pire qu'il pourrait subir.
Tremblant de tous ses membres, secoué de spasme et au bord de l'évanouissement, Potter aquiesça d'un bref hochement de tête. Rodolphus le força à s'agenouiller devant Severus qui devait trembler au moins autant que lui. Dans un grognement rauque, un filet de sang coulant de ses lèvres, Potter s'excusa.
Satisfaite, Bellatrix fit signe à Rodolphus de le lâcher. Elle empoigna ses cheveux en bataille, plantant ses ongles dans son crâne et le remit de force sur ses pieds. Elle s'assura qu'il la regardait dans les yeux et articula à outrance une mise en garde qui fit dresser chaque poil de son corps.
« Tu vas m'écouter attentivement vers de terre. Si jamais, un jour, Severus vient me raconter que tu lui as fait du mal, d'une quelconque façon, je te le promets sur mon sang et la noble famille des Black : je te tue. »
Elle lâcha Potter et essuya sa main souillée de sueur sur la banquette du compartiment. Potter s'essuya la bouche du revers de la manche, entourant son ventre d'un bras pour se soutenir. Bellatrix fit signe à Narcissa et Androméda de lâcher Remus et Peter.
« Cissa chérie, je peux te demander de lancer un sort d'amnésie à ces deux là, pour s'assurer que si le vers de terre décidait de nous dénoncer, personne ne corrobore son témoignage, s'il te plait ? Reprit-elle d'une voix mielleuse cette fois ci. »
Narcissa pointa sa baguette sur Peter Pettigrew et Remus Lupin, et dans un gracieux mouvement du poignet, s'assura qu'aucun d'eux ne garde de souvenir de l'événement du train. Potter, trop occupé à comprimer son flanc douloureux, ne se rendit pas tout de suite compte de ce qui se passait.
Enfin, une fois l'enchantement complet, Remus et Peter, le regard un peu vides, sortirent en marchant au ralenti dans le couloir via la porte que Dromeda avait fait coulisser. A côté, Potter vacilla un instant, se retenant au mur pour ne pas tomber. Lorsqu'il fut sûr de ses mouvements, il sortit à son tour du compartiment, maudissant entre ses dents la famille Black. Il le promettait, sa vengeance serait terrible …
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