Coucou les lecteurs! J'ai longtemps hésité à publier ce chapitre parce qu'à partir de là l'histoire devient très sombre et sans doute un peu choquante... Tout ce que je peux vous dire c'est que j'y ai longuement réfléchi, que ce n'est pas de la violence gratuite mais une influence de l'enfance de Janus (en l'occurrence) et que c'est nécessaire à l'histoire. N'hésitez pas cependant à râler, à vous indigner, à commenter en tout cas! Bonne lecture...

PS: ne vous en faites pas, Tom revient dans le prochain chapitre!

Chapitre 4 : Back to Black

La sonnerie de la montre ensorcelée réveilla deux silhouettes sous les draps du dernier baldaquin contre la fenêtre du dortoir des cinquièmes années, dans les cachots où logeaient les Serpentards. La jeune fille se tourna sur le ventre, faisant glisser ses longs cheveux châtains sur la poitrine glabre du garçon étendu à côté d'elle. Ses hanches rondes roulèrent jusqu'à ce qu'elle se retrouve à moitié allongée sur son compagnon. Celui-ci respirait calmement, les yeux fermés, le visage paisible. Joan vérifia que les rideaux du baldaquin étaient tirés, puis repoussa doucement le drap pour découvrir le corps nu de Janus. Derrière la barrière des voilages, elle entendait leurs compagnons de dortoir se lever il y avait quelque chose d'excitant à se trouver tous les deux nus juste à côté d'eux. Elle se laissa aller à contempler le corps de son jeune amant, sa peau blanche comme un clair de lune, les muscles durs de son ventre, le duvet blond autour de son sexe. Elle, elle avait dix-sept ans, et pourtant elle était subjuguée par ce garçon de quinze, agenouillée à chaque fois par sa volonté, par son regard d'acier.

Elle passa sa jambe de l'autre côté des hanches de Janus et ondula doucement sur lui. Il poussa un soupir, sans ouvrir les yeux.

« C'est l'heure, mon amour, » murmura Joan en se penchant pour atteindre son oreille.

« Okay, » grogna Janus. Il ouvrit les yeux et se redressa, faisant basculer Joan sans ménagements. Elle comprit qu'il ne passerait rien ce matin-là et s'habilla sans un mot. Quand il la rejetait, elle savait qu'il ne servait à rien d'insister. Elle lui tendit sa chemise, notant sans rien dire qu'il y avait quelques cheveux châtains sur le col, trop courts pour être les siens. Janus les remarquerait certainement aussi, mais il ne s'excuserait pas peut-être étaient-ce ceux d'une autre fille, ou d'un garçon même, de son cousin sûrement, qui avait l'air d'être un peu ambigu : mais ce n'était pas les affaires de Joan, et elle le savait.


Sirius toussa. Les cachots humides d'Azkaban lui avaient moisi les poumons et il en gardait, en plus du souvenir noir, une traîne de pneumonie, une toux grasse et parfois sanglante qui laissait sa gorge en lambeaux. Le passé était à présent marqué jusque dans son corps, dessiné à la cicatrice. Il ne pouvait rien cacher, pas plus que Demy ne cachait autrefois ses cicatrices, sa jambe boiteuse, sa maigreur : il se sentait à nu sous le regard des gens, à chaque seconde, brûlé vif. Il s'était coupé les cheveux, très courts, pour qu'ils ne fussent plus ce rideau de pluie devant son visage. Il n'avait pu reprendre assez de poids pour cacher les stigmates de la prison en revanche, habitant de la rue qu'il était. Toujours enveloppé du manteau sombre de la nuit, c'était ainsi seulement qu'il se déplaçait, car seule cette obscurité-là était assez épaisse pour dissimuler son identité.

C'est ainsi qu'il se trouva, quelques heures avant l'aube, à la porte d'un vieux manoir écossais à moitié en ruine. Un manoir abandonné situé à l'orée d'une forêt dont les voisins moldus s'étaient plaints, dans les journaux que Sirius avaient pu trouver récemment, qu'elle semblait habitée par des créatures sanguinaires qui dévoraient tout le gibier. Mais Sirius savait qu'il ne s'agissait que d'une seule créature, et qu'elle n'était pas sanguinaire – enfin, pas tout le temps, du moins.

« Remus, je sais que tu es là, » chuchota Sirius en grattant à la porte. Comme s'il devinait que son ami était tapi de l'autre côté du panneau, à se demander comment on avait pu le retrouver.

« Qui est-ce ? » vint une voix angoissée. Qui avait pu prendre le temps d'éplucher les journaux moldus, de recouper les anecdotes, pour le retrouver, et pourquoi ?

« Sirius. »

La porte s'ouvrit à la volée et les traits de Remus, déformés par le choc et la fureur, apparurent :

« Tu oses ! Tu oses revenir me voir après ce que tu as fait ! »

« Remus, je te jure, écoute-moi… Je te le jure sur la tête de mon fils, ce n'était pas moi… Je n'aurais jamais, tu sais bien, - comment peux-tu croire - que j'aurais assassiné James ? James, bordel ! (La voix de Sirius reprenait consistance au fur et à mesure que l'indignation l'emportait sur la raison) C'était Peter ! je te jure, c'était Peter ! »

« Tu as tué Peter !, » s'exclama Remus. « Menteur ! Tu nous a tous trahis ! Tu t'es laissé retourner par tu-sais-qui et tu l'as mené jusqu'à James et Lily, et tu as achevé la tâche avec Peter ! »

La colère de Remus, sa propre incapacité à lui faire voir la vérité brisait Sirius. Sa gorge se convulsait pour contenir ses sanglots :

« Non, non… »

« Qu'est-ce que tu viens faire ici ?, hurla Remus. Tu veux finir le travail, me tuer aussi ? »

Sirius tomba à genoux dans la boue, accablé. Il se rendait bien compte, de ce à quoi il ressemblait, aux yeux de Remus : un homme qui avait tout trahi, tout abandonné. Mais il devait essayer, aussi finit-il par parler, d'une voix éteinte.

« Peter les a tués. C'était lui le gardien du secret. J'ai voulu changer, au dernier moment, parce que je pensais que c'était moi que tu-sais-qui soupçonnerait en premier. Personne ne le savait, pas même Dumbledore. Le lendemain soir ils étaient morts… Dumbledore n'a pas voulu me confier Harry. J'étais fou de rage, je suis allé trouver Peter, mais ce rat s'est coupé un doigt pour faire croire à sa propre mort avant de se transformer et de s'enfuir en tuant tous les moldus autour… Je te jure que c'est vrai, Remus, même si ça a l'air incroyable. Tu me connais. »

Les yeux bleus de Remus mouvaient sans le quitter, essayant de lire sur son visage.

« J'ai abandonné Demy, reprit Sirius. Et le ministre est venu à Azkaban, il y a deux semaines, et j'ai appris… j'ai appris qu'elle était… morte. »

« Je sais, » fit Remus d'une voix creuse. « J'étais à son enterrement. Cela fait six ans, Sirius. »

Six ans. Le choc lui coupa les jambes. Six putains d'années qu'il vivait seul dans la rancœur, le regret et la haine, loin de sa famille, six ans que son fils était seul au monde. Sirius se mit à pleurer. Peut-être fut-ce cela qui convainquit Remus qu'il ne mentait pas, ou peut-être n'en était-il pas convaincu, mais choisissait-il de croire son vieil ami, de faire un acte de foi. Il s'agenouilla à côté de Sirius et le prit par les épaules. Alors que son plus vieil et dernier ami sanglotait sur sa poitrine, il réalisa que, finalement, ce n'était pas la cruauté du monde qui avait eu raison des quatre amis sortis de Poudlard il y a quinze ans : c'était leur propre faiblesse. La crédulité de l'un qui avait trop fait confiance, la haine d'un autre qui s'était livré à sa vengeance, la faiblesse de celui qui avait cédé à la facilité du mal, sa propre lâcheté qui l'avait poussé à se retrancher hors du monde pour fuir le regard des autres.

« Est-ce que Tom va bien ?, » demanda Sirius.

Remus hésita. Il avait de vagues contacts avec Emilie depuis qu'ils étaient rentrés de France, avec Dumbledore aussi. Il savait que Tom était à Poudlard, à Gryffondor, qu'il jouait dans l'équipe de Quidditch. La question qui le tiraillait n'était pas là : le garçon voulait-il revoir ce substitut de père qui ne l'avait retrouvé à huit ans que pour l'abandonner aussitôt ? Voulait-il revoir l'homme qui avait laissé sa mère seule – qui ne les avait jamais protégés ?

Remus ne savait pas la réponse. Il savait que ce n'était pas à lui d'en décider.

« Viens, fit-il à Sirius. Si on doit aller convaincre Dumbledore de te laisser voir ton fils, ce serait bien que nous soyons tous les deux un plus présentables. »


Tom et Myrtille avaient fini par se réconcilier, avec le temps, sans vraiment discuter. Cela faisait maintenant presque deux mois qu'ils étaient ensemble, passant plus de temps à s'embrasser qu'à parler, et Tom avait les mains de plus en plus baladeuses. Ce soir, il avait même invité Myrtille à un rendez-vous secret dans la salle de divination. Myrtille pensait qu'il voulait peut-être qu'ils aillent plus loin, cette fois.

Myrtille se regarda dans la glace et essaya de se trouver belle. Elle avait enfilé les sous-vêtements que sa mère lui avait offerts pour son quatorzième anniversaire, un ensemble bleu nuit en coton avec des bords en dentelle. Elle trouvait ses seins trop petits, son ventre pas assez plat, ses fesses trop rebondies – pas assez mannequin. Elle s'imagina le regard de Tom sur elle, nue. Avait-il déjà fait l'amour, lui ? Elle ne savait pas. Il ne disait jamais rien sur lui, surtout pas sur son passé avant Poudlard – mais à quatorze ans, personne n'est vraiment censé être un expert en sexe, pas vrai ? Myrtille savait la rumeur que ça faisait mal, pour les filles, mais ce n'était pas cela qui la stressait. Elle voulait surtout être à la hauteur, voulait que Tom la trouve parfaite. Il ne lui avait pas dit assez de fois à quel point il la trouvait belle pour qu'elle ait confiance en elle.

Et pourtant… elle s'imagina que Tom la tenait dans ses bras, contre son torse nu, et l'embrassait doucement, et elle sentit une douce chaleur se répandre dans son bas-ventre. Ce serait magique. Elle l'aimait tellement, et ce soir elle serait à lui – entièrement. Revigorée, Myrtille enfila par-dessus son ensemble de lingerie la jupe plissée de l'uniforme de l'école, un petit débardeur noir et un gilet. Puis elle chaussa ses ballerines et sortit en courant pour rejoindre l'endroit qu'ils avaient convenu – la salle de classe de divination.

La salle de classe était plongée dans une pénombre travaillée, trouée seulement par la lumière rouge des lanternes voilées. Tom l'attendait assis sur un pouf, un verre de jus de citrouille dans la main. Quand Myrtille entra par la trappe, il se leva. Il était diablement beau, sa tignasse vaguement peignée d'un côté de son visage, ses longs cils battant sur ses yeux trop bleus, son col ouvert dévoilant son torse pâle à peine musclé d'adolescent.

« Mon amour, » l'accueillit-il en la prenant dans ses bras.

Myrtille n'eut pas le temps de rougir qu'il l'entraînait déjà dans un fougueux baiser. Il la serrait contre lui, sa langue caressait la sienne, sa main tenait enfermée sa nuque. Myrtille se sentit possédée et s'abandonna à son étreinte en gémissant.

« Je t'aime, Tom. »

Il recula un peu et lui sourit en lui remettant une mèche violette derrière son oreille. Puis sa main glissa le long de son cou et de son épaule, faisant glisser le gilet au passage.

« Alors laisse-moi faire, » murmura-t-il.

Elle retint sa respiration. Il ne l'avait jamais regardée avec une telle intensité, alors qu'il la dévêtait de son gilet. Il posa ses mains sur son ventre et remonta lentement son débardeur. Myrtille se mordit la lèvre. Il le remonta jusqu'au-dessus de son soutien-gorge et regarda avec avidité la petite poitrine dans sa prison de tissu. Il posa ses deux mains dessus.

« Tu es vierge, hein ?, » demanda-t-il doucement.

Elle acquiesça en fuyant son regard.

« Alors… ça veut dire que… personne n'a jamais fait… ça ? »

Ce disant, Tom passa ses pouces sur chacun des mamelons de Myrtille, à travers le coton, et commença un mouvement circulaire. Le souffle de la jeune fille se coinça dans sa gorge. La peur et l'excitation se mêlaient en elle et lui tordaient le ventre. Tom l'embrassa passionnément, la bouche grande ouverte, malaxant ses seins avec plus de ferveur. Involontairement, Myrtille vint coller son bassin contre le sien. Elle remarqua à peine qu'il la renversait en arrière et l'allongeait sur un des poufs, perdue qu'elle était dans le déluge de sensations que lui procurait les baisers de Tom et ses mains sur ses seins. Ce n'est que lorsqu'elle sentit leur contact sur sa peau nue qu'elle se retira du baiser : il avait dégrafé son soutien-gorge et le lui avait retiré, exposant sa poitrine à son regard. Ses pouces titillaient à nouveau ses mamelons durcis. Il était à genoux par terre, penché sur elle allongée contre le pouf.

« Tom, tu… toi, tu… l'as déjà fait ? »

Il sourit d'un sourire un peu sadique. Une de ses mains quitta alors le sein de Myrtille, descendit le long de son ventre, puis suivit la courbe de la hanche par-dessus la jupe et arriva au genou là, elle remonta le long de la cuisse – mais sous la jupe.

« Attends !, » protesta Myrtille, un peu affolée.

Mais déjà la main de Tom s'était posée entre ses deux cuisses et ses doigts frottaient un endroit très intime à travers le tissu de sa culotte la protestation de Myrtille se transforma en long gémissement de plaisir. La pression des doigts du garçon se fit alors plus forte et la culotte devint rapidement trempée alors que la tête de Myrtille tournait, qu'elle geignait sans pouvoir se retenir bien qu'elle en ait un peu honte et qu'il lui semblait que son vagin s'était mis à pulser de plaisir. Elle avait écarté les cuisses sans le vouloir vraiment et son pubis ondulait contre la main qui le caressait. Les doigts de Tom franchirent alors la barrière de tissu et s'introduisirent en elle.

Elle poussa un petit cri en ouvrant les yeux sous la surprise et lança à son petit ami un regard choqué mais ce n'était plus son petit ami. Le jeune homme qui avait une main dans sa culotte et l'autre sur son sein avait des cheveux qui raccourcissaient et blondissaient à toute allure, tandis que son visage se transformait et que ses épaules s'élargissaient. Ce n'était plus Tom qui était en train de la toucher ainsi c'était Janus Malfoy.

Myrtille voulut hurler, se dégager de son étreinte. Mais Janus fut plus rapide : il recula et, dégainant sa baguette, s'écria :

« Impero ! »

Aussitôt, Myrtille oublia tout.

La petite Myrtille était bonne. Vraiment bonne. Cette façon dont elle gémissait quand il la touchait… et ces seins… Janus avait envie d'elle, très envie. Son sexe était dur comme jamais dans son caleçon. Mais le polynectar avait une durée très limitée. Alors, pour obtenir ce qu'il voulait, Janus fit ce qu'il avait vu son père faire des dizaines de fois : il lança le sortilège de l'Impérium.

Myrtille retomba sur le pouf. Elle avait toujours son débardeur relevé au-dessus des seins, les lèvres rouges de leurs baisers, les jambes écartées comme si elle n'attendait que lui. Putain qu'elle était bandante.

« Myrtille ?, » appela-t-il, la baguette tendue vers elle. Dommage que ce sortilège lui demandât tant de concentration.

« Oui ?, » répondit-elle. Il sourit, au bord de la jouissance. C'était encore meilleur que tout ce qu'il avait pu imaginer. De sa main libre, il fit glisser la fermeture éclair de sa braguette.

« Dis que tu es ma pute. »

« Je suis ta pute, Janus. »

« Bien. Maintenant enlève ta culotte. »


Myrtille se sentait salie mais surtout, elle se sentait possédée. Elle était à Janus, quoiqu'elle fasse, qu'elle dise oui ou non – et elle se sentait bien trop coupable, bien trop sale, pour le dire à qui que ce soit. Surtout pas à Tom. Sauf qu'elle ne supportait plus qu'il la touche, lui qui paradoxalement avait envie de la toucher plus, d'aller plus loin. Elle avait rêvé de cette première fois avec lui, de devenir une femme dans ses bras… elle était devenue une femme aux pieds de Janus Malfoy. Myrtille pleura beaucoup dans les toilettes des filles, cette semaine-là. Mimi Geignarde, la seule personne à connaître la vérité, finit par lui conseiller de faire la seule chose possible : quitter Tom. Quitter Tom tant que cela durait avec Janus.

Janus la terrifiait. Ses amis ricanaient lorsqu'ils la croisaient dans les couloirs et la déshabillaient avec leurs regards lubriques et Myrtille croyait que Janus leur avait tout raconté, l'avait décrite dans ses moindres détails, que peut-être un jour il la livrerait en jouet sexuel à ses amis – et cela la terrifiait. Elle fondait en larmes dans les couloirs, ne sortait plus de son dortoir et ne se promenait jamais seule de peur qu'il recommence, perdait complètement le fil en cours. Tom aurait-il pu la défendre s'il avait su ? Aurait-il seulement voulu, lui qui adorait son cousin ? N'aurait-il pas plutôt laissé Myrtille, arguant qu'elle l'avait trahi ?