Salut tout le monde!

Peut-être que certains d'entre vous vont être déçus en voyant que ce n'est pas une update d'Eternal Snow que je vous propose aujourd'hui. Ce sera pour bientôt (si si jvous jure) mais en attendant voici un one-shot que j'ai écrit en février!

Cet OS a été écrit dans le cadre de l'échange HP Valentin. Il était destiné à Owlie Wood, en réponse à sa demande d'une histoire sur Olivier Dubois.

Il n'a pas encore été crossposté sur Dieux du Stade parce que j'ai promis à Owlie une courte suite qui pourrait arriver bientôt.

NOTE: cette histoire est basée sur l'histoire d'Owlie "June Tierney's diary" que je vous recommande chaudement!!

Bonne lecture!


Bal de Noël

- Oh, jingle bells, jingle bells , jingle all the way. Oh, what fun it is to ride in a one horse open sleigh! Oh...

- LA FERME! hurla Olivier planqué dans son canapé à la chorale qui s'époumonait au dehors.

Ça n'allait pas améliorer son image de marque, ce comportement d'ours agressif. Mais en tant que gardien réserve de l'équipe de Flaquemare, Olivier Dubois n'avait pas d'image de marque. En fait il n'avait pas d'image tout court. Et c'était tant mieux, comme ça il pouvait passer le jour de Noël vautré en pyjama à manger les restes que sa mère n'avait pas manqué de lui refiler la veille au soir, à déprimer sur ses cadeaux atrocement ennuyeux et à se la rejouer Boire et Déboires version Whisky Pur Feu - sans la fille.

Tout allait merveilleusement bien.

- Groumpf!

Plus de Whisky, déjà. Il fallait dire qu'en bon célibataire de type masculin, il ne faisait les courses que lorsqu'il ne restait qu'un morceau de fromage à moitié vert dans le frigidaire. Tant pis, il devait bien y avoir une bouteille d'alcool traînant quelque part.

Il se leva et se dirigea vers la cuisine, en titubant légèrement. La gueule de bois allait être sévère le lendemain, ce qui était exactement le but recherché. En passant devant la table, il jeta un oeil noir au parchemin qui y était mollement étendu. Une lettre des jumeaux Weasley, posée à côté de leur cadeau de Noël qu'Olivier n'avait pas encore osé ouvrir. Peut-être quand il serait totalement bourré et inconscient du danger.

Joyeux Noël le vieux! Ici George Weasley!

Depuis qu'il avait quitté Poudlard, Fred et George ne l'appelaient plus que "le vieux". C'était absolument agaçant!

Alors, comment se passe ta vie de superstar du Quidditch? Je parie que tu as passé ton réveillon avec de superbes créatures!

Olivier repensa à sa tante Bertha et à son oncle Wilfried. De superbes spécimens d'obésité et de mauvais goût, oui!

J'espère que tu penseras à nous la prochaine fois que tu ramèneras une brochette de mannequins, les copains c'est fait pour ça! De notre côté, on a enfin trouvé comment utiliser le surplus de pâte à gélatine qu'on a volé dans les cuisines de Poudlard. Ouvre le paquet qui accompagne ce mot, tu ne seras pas déçu.

D'où le fait qu'Olivier n'avait pas osé toucher au fameux cadeau.

Ce soir, c'est le fameux Bal de Noël, à cause du Tournoi et tout ça. Fred me dit de te dire qu'il y va avec Angelina et qu'il compte en profiter. Mais je sais qu'au fond c'est moi qu'elle aime plus que tout et... Aïe! Mon frangin adoré vient de manifester sa désapprobation de manière assez quidditchesque - si tu vois ce que je veux dire.

Il n'aurait jamais dû engager les jumeaux comme batteurs. Jamais!

Dommage que tu ne sois pas là pour nous montrer tes fameux talents de danseur! Tu aurais pu nous refaire le coup de la Polka inventée quand tu as appris que Flint redoublait son année.

Apprendre que le Serpentard qu'il maudissait par dessus tout devait recommencer une année parce qu'il était trop bête pour réussir ses examens restait l'un des plus beaux moments de la vie d'Olivier.

Allez, je te laisse capitaine, ne nous oublie pas hein quand tu seras plus célèbre que Gwenog Jones!

Forge et Gred.

Si seulement leur lettre s'était arrêtée là... Mais non:

PS: Tu as des nouvelles de notre journaliste préférée? On aimerait bien qu'elle écrive un article sur notre sifflet-insulteur, qui va faire des ravages dans les stades de Quidditch!

Non! Non! Non! Il n'avait pas de ses nouvelles. Et puis d'abord, pourquoi en aurait-il?

Secouant la tête, il se remit à la recherche d'une potentielle bouteille de tort-boyaux en pensant à tous ces élèves qui devaient s'amuser là-bas à Poudlard. Comme l'école lui manquait! La salle commune de Gryffondor, les batailles d'oreiller avec Sean et la guerre sourde contre les Serpentard.

Pour être honnête, il n'aurait jamais imaginé que la vie d'un gardien d'équipe réserve fut aussi frustrante. Les entraînements étaient certes instructifs, mais il n'y avait aucune pression, aucun enjeu. C'est à peine s'il avait disputé quelques matchs amicaux contre les équipes réserves des autres grands clubs. On était loin de l'opposition constante qui régnait à Poudlard.

- Ahhh!

Enfin, il venait de sortir du fond d'un placard quelque chose qui ressemblait à de l'alcool. Il déboucha la bouteille et renifla d'un air soupçonneux. De la noix de coco. Il détestait ça. Probablement une liqueur moldue qui traînait là depuis... depuis... Depuis.

Pour éviter de trop réfléchir, il avala une lampée et grimaça.

- Pouah!

C'était aussi mauvais que ça en avait l'air. Néanmoins il ramena la bouteille dans le salon avec lui. Il se rassit - ou plutôt s'avachit - dans le canapé et but une autre gorgée.

- A la santé des gens heureux et de leur bal pourri!

De toute façon, s'il avait encore été à Poudlard, il n'aurait pas assisté à ce bal. Ou alors en compagnie d'une greluche stupide et il aurait passé la soirée à s'ennuyer. Comme toutes ces sauteries auxquelles il avait assisté en tant que membre de l'équipe réserve de Flaquemare. Parce que le Quidditch professionnel, c'était dix pour cent de talent et le reste de marketing. D'esprit sportif et de passion, on n'en parlait que dans les quotidiens sportifs. Et il ne les lisait plus.

L'amertume emplit sa bouche, surpassant l'arôme entêtant de coco. Il fouilla dans ses poches à la recherche du paquet de cigarettes qu'il avait subtilisé à sa grand-même au cours du repas de la soirée précédente. La vieille sorcière en avait de toute façon toute une cartouche à sa disposition. Bizarrement, la nicotine moldue diminuait les effets néfastes de la maladie magique qui grignotait peu à peu son cerveau. D'un sort prononcé à la va-vite, il enflamma une cigarette et savoura la piqûre envahissait sa gorge.

- Quelle déchéance, murmura-t-il.

Il tira encore quelques bouffées puis regarda le reste se consumer dans l'assiette qui s'était improvisée cendrier. Malgré lui, toutes ses pensées le ramenaient vers elle. Leur première cigarette dans le jardin de sa mère à elle, pendant que le beau-père du moment - le type des impôts, c'était quoi son nom déjà? - était sensé les surveiller.

- Ah, oui, Edouard! Le type qui détestait qu'on parle de Quidditch.

Ils avaient trouvé détestable cette habitude moldue d'avaler de la fumée et ils avaient bien ri de se voir tour à tour suffoquer et faire semblant d'apprécier. Leurs discussions passionnées et leurs rêves lui manquaient.

Après la sortie de Poudlard, tout était allé de travers pour lui. Son boulot de rêve qui s'était transformé en mascarade de sport. Son travail à elle, journaliste sportive, qui l'épanouissait visiblement. Et tout ce qu'il n'avait jamais osé lui dire.

Et puis il y avait eu l'article.

Ce jour-là il était déprimé. L'entraînement n'avait pas eu lieu pour une obscure histoire de photos de mode à réaliser avec l'attrapeur. Cela faisait trois mois qu'il était dans l'équipe et ses illusions s'étaient envolées depuis belle lurette. Il en voulait au monde entier et elle avait été là pour l'écouter déballer les dessous des clubs professionnels, autour d'une bière. Une semaine plus tard, en première page du Sorcier Volant, on retrouvait ses confessions montées en épingle et amplifiées.

Personne à Flaquemare n'avait compris d'où était venue la fuite, heureusement pour lui. Mais il lui en avait voulu et n'avait pas écouté son extravagante histoire d'éditeur peu scrupuleux et de menaces de renvoi. Il avait refusé de la revoir. Elle disait certainement la vérité mais il avait pris cet article comme une trahison. Et avait regretté son attitude bien amèrement depuis.

Elle lui manquait, celle avec qui il faisait la paire et qui aurait trouvé le ton juste pour se moquer de ses imbéciles de Poudlard et de leur bal minable, de leurs amourettes factices et de leur jus de citrouille. Elle aurait pensé à apporter suffisamment de Whisky pour eux deux et l'aurait empêché de finir le paquet de cigarettes.

A moitié saoul, il aurait pu lui dire qu'il l'aimait et elle aurait cru que c'était l'alcool qui lui faisait dire des bêtises. Comme d'habitude, il n'aurait pas osé insister et se serait contenté de s'endormir sur son épaule. Ça aurait été la soirée parfaite.

Il secoua la tête et vida d'un trait le reste de la bouteille. Il attendit de sentir l'atroce breuvage descendre dans son estomac et alluma une autre cigarette. Puis une autre. Et encore une.

Et soudain, il réalisa.

- Je suis absolument pathétique...

A la limite du coma éthylique, il agrippa le combiné du téléphone moldu qu'elle lui avait acheté lors de son emménagement et essaya tant bien que mal de coordonner sa vue pour composer le numéro qu'il connaissait par coeur. La sonnerie retentit, une fois, puis deux, puis trois. Enfin:

- Allô?

- Allô, June? C'est Olivier.


Une petite review?