Chapitre 4
Le jeune homme partit rechercher cette boîte, puis revint vingt minute plus tard, pour voir les elfes de Phoenix accrochés aux cavaliers comme des naufragés à une bouée de sauvetage. Ils ne savaient pas monter à cheval et le moindre mouvement les faisait paniquer pour le grand amusement des elfes des bois qui les sentaient trembloter contre eux. Cependant, ils tentaient de se retenir en voyant leur chef droit comme un "i" sur son cheval blanc. Ainatal prit la boîte et la mit dans sa besace, puis elle attrapa le bras de Mel et le plaça en croupe. Maintenant qu'ils étaient prêts, ils partirent vers le Sud, vers Dol Guldur. Il leur fallut six jours pour arriver là-bas. Les elfes des bois tremblaient et les elfes de phoenix tentaient de retenir leur tremblement. Avant de placer tous les soldats, elle prit la boîte, et l'ouvrit dévoilant des fioles en verre. Mel lui demanda :
-C'est quoi ?
-La destruction en bouteille, petit.
Elle en décapsula une, trempa l'une de ses flèches dedans et laissa tomber une goutte sur le sol qui se retrouva avec un beau petit trou. Ils blêmirent tous en voyant la réaction et se demandèrent tous pourquoi elle faisait cela, jusqu'à ce qu'elle leur dise :
-Vous allez tremper vos pointes de flèches dans ce gel et tirer avec. Cela fera un maximum de dégâts en un minimum de temps et surtout, beaucoup de bruit.
-Mais, je croyais que dans une attaque surprise, le silence est d'or ? S'exclama Mel très étonné.
-Oui, mais là, nous devons entrer dans la tour. Il sera plus aisé de s'y faufiler si tous les gardes sont à l'extérieur à se battre qu'à l'intérieur en train de se défendre.
-D'accord.
-Vous êtes prêts ?
-Oui !
-Alors allez vous placer comme je vous avais dit de le faire.
Tous acquiescèrent et se mirent en place tandis qu'elle emmenait neuf soldats avec elle afin de pénétrer dans la tour de de libérer les prisonniers. Elle allait commencer à parler quand un truc humide et froid se colla sur sa nuque. Elle se retourna lentement et soupira de soulagement en voyant qu'il ne s'agissait que de son loup. La jeune louve remuait la queue dans tous les sens avec un éclat joyeux dans ses yeux noirs. Ainatal lui dit :
-Elbereth, tu m'as fait une de ces peurs. Je croyais que tu devais rester avec Thranduil ?
-Il arrive !
Les elfes observèrent avec stupéfaction la louve qui venait de parler, mais avant qu'ils puissent dire quoi que se soit, la jeune femme dit :
-Ma belle, on va avoir besoin de ton flair pour trouver les prisonniers. Des elfes.
-D'accord ! Accepta la louve en lui léchant le nez.
-Parfait. Bien, allons-y, messieurs. Que le spectacle commence.
Elle imita parfaitement le hurlement d'un loup en chasse et les portes de l'enfer s'ouvrirent, pour la plus grande horreur des orcs qui voyaient des flèches être tirées par des êtres invisibles et exploser comme des pommes de pins dans le feu. Les orcs étaient complètement affolés et leurs chefs ordonnèrent à tous les gardes de venir défendre la tour. Maintenant que les renforts étaient arrivés, les orcs ne firent plus attention à l'entrée de la tour et ne virent donc pas dix silhouettes précédées par un loup pénétrer dans la haute et malsaine tour de Dol Guldur. Ainatal se fiant à sa louve fonça vers les sous-sols suivit par des elfes impressionnés par l'atmosphère lugubre de l'endroit. En vingt minutes, ils arrivèrent dans les cachots et ils entendirent avec horreur qu'il restait au moins deux gardes dans les cachots. En effet, l'ambiance, malsaine, humide et putride des lieux ainsi que le silence malsain étaient troublés par le pas lourd d'un orc et donc d'un garde. Ainatal souple et silencieuse détecta une alcove, puis s'y cacha attendant que le garde s'approche d'elle pour passer à l'attaque. Quand l'orc la dépassa, elle lui colla la main sur la bouche, enfonça une de ses dagues dans le cou et tira vers l'avant l'égorgeant silencieusement. Malheureusement, le gargouillis qu'il fit en mourant alerta un autre garde qui se mit à courir afin d'alerter les autres. Cependant, une flèche dans le dos stoppa toute vélléité de donner l'alarme. Sans plus de temps perdu, Elbereth se mit à la recherche d'odeur elfique et s'arrêta devant toutes les cellules, il y en avait une quarantaine. Comment allaient-ils pouvoir les faire tous sortir ?
Ils ouvrirent toutes les portes et soupirèrent de soulagement en voyant que certains étaient en meilleur état que d'autres et qu'ils pouvaient marcher. En fait, il y en avait peu qui étaient inconscients ou trop faibles pour marcher. Quand ils arrivèrent à l'avant-dernière porte, les elfes devinrent blêmes en voyant les enfants de leur roi en sang et terrifiés. Ainatal entra doucement en ne faisant aucun geste brusque pour ne pas les paniquer plus qu'ils l'étaient déjà, et s'agenouilla devant eux. Le petit garçon serra sa soeur contre lui et murmura :
-S'il vous plaît, arrêtez de nous faire du mal !
-N'aie aucune crainte, je viens de la part de votre père. Nous vous ramenons chez vous !
Les yeux des deux enfants s'emplirent de larmes de soulagement et ils se mirent à sangloter de plus en plus bruyamment. Ne voulant pas qu'ils fassent trop de bruit afin de ne pas alerter les orcs, elle leur dit :
-J'ai un gros problème.
-Lequel ? Renifla la petite fille.
-Ma louve a peur du bruit et des larmes, est-ce que vous pourriez rester avec elle ?
-Oui, madame.
Les deux enfants retinrent leurs larmes et restèrent près de la louve qui leur léchait régulièrement les mains pour leur plus grand bonheur. Ainatal sortit avec les deux enfants et découvrit qu'il ne restait plus qu'une porte à ouvrir. Elle brisa la serrure et pénétra à l'intérieur. Ce qu'elle vit la fit grimacer. Dans un cachot aux murs rongés par l'humidité et la moisissure, un homme ou une femme était pendue par les bras, la chaîne qui le ou la retenait était rouillée et mordait cruellement ses poignets en sang. Elle s'approcha du prisonnier et soupira de soulagement en sentant à son cou, caché par sa longue chevelure hirsute et sale, son pouls. Elle ne voyait pas son visage, recouvert par ses cheveux et par la crasse. Elle sortit une de ses dagues et brisa les verrous qui retenaient le blessé contre le mur. L'homme, enfin l'elfe, s'effondra en l'absence de support et Ainatal dut appeler à l'aide pour que quelqu'un vienne l'aider à le transporter. Un elfe assez fort prit le blessé dans ses bras comme s'il ne pesait rien et repartit. Ainatal le suivit et, quand ils arrivèrent à l'escalier qui les ramènerait à la lumière du jour, elle murmura :
-Je suis désolée Meredith, je suis vraiment désolée. Mais tu ne me laisses pas le choix, la prochaine fois que nous nous rencontrerons, je serais obligée de te tuer. Pardonne-moi !
Les elfes se demandèrent un instant pourquoi elle disait cela à sa pire ennemie. Sans donner de réponse à leur regard interrogateur, elle se mit à grimper les escaliers suivit par les elfes qui tentaient, pour les plus faibles, à ne pas les perdre de vue et à ne pas se retrouver coincer dans cette maudite tour. Au bout de quarante minutes d'une remontée éprouvante, ils arrivèrent enfin à l'extérieur. Ainatal les fit courir vers la forêt toute proche et quand, ils furent à l'abri, ce qu'ils virent les surpris énormément. En effet, les elfes de Phoenix étaient arrivés en masse, s'étaient alliés aux elfes de Mirkwood et fonçaient dans la bataille tête baissée. Les elfes des bois étaient trop stupéfaits pour réagir et le seul qui le faisait était Thranduil qui beuglait :
-MAIS ARRETEZ, VOUS ALLEZ VOUS FAIRE TUER !
Les elfes en pleuraient de joie, c'était la première fois que quelqu'un s'inquiétait pour eux. De ce fait, ils devinrent encore plus agressifs avec les orcs et les exterminèrent tous jusqu'au dernier. Ils voulurent entrer dans la tour pour la détruire, mais Ainatal, sentant un danger s'approcher, siffla la retraite. Les elfes ne comprenaient pas pourquoi, mais docilement, ils obéirent et reprirent, avec les elfes de Mirkwood, le chemin du royaume elfique. Quand le dernier elfe fut parti, elle décida de les suivre. Mais c'est à ce moment qu'un cri inhumain et horriblement aigu la fit mettre un genou à terre. Elle qui avait résisté durant des millénaires contre des orcs et contre un Vala noir, se trouvait en difficulté à cause d'un cri. Elle ne désirait en aucune manière rester avec la créature qui avait poussé ce cri, mais, avant de pouvoir partir, une créature ailée se posa et une silhouette vaguement humaine gronda :
-Qui es-tu, femme-elfe ?
-Je suis le moustique qui harcèle, le grain de sable qui grippe la machine. Mon but est de faire de votre vie un enfer ! Répondit Ainatal.
Avant que l'autre puisse répondre à sa provocation, elle banda son arc et tira une flèche qui abattit l'animal en entrant profondément dans sa tête. Elle éclata de rire en entendant le rugissement de rage vaine de l'autre et repartit. Elle bondit sur son cheval qui l'attendait à quelques mètre de là, et fonça vers le royaume elfique. En moins de deux minutes, elle arriva au niveau des elfes qui chevauchaient à grand train vers leur royaume. Ils allaient beaucoup plus rapidement qu'à l'aller, car les blessés devaient être soignés le plus vite possible et dans le silence le plus complet. Quand ils arrivèrent enfin dans le royaume, elle décida d'apporter son aide pour soigner les elfes. En peu de temps, ils furent sur pied, prêts à danser la macarena. Pour les elfes de Phoenix, c'était plus... folklorique. Par exemple, l'un d'entre eux s'était mis debout face à son médecin blême, la tête penchée sur le côté, la langue pendante, la bave aux lèvres, les yeux basculés en arrière et il émettait des râles atroces en s'amusant avec la flèche qui était enfoncée dans son cou. Le médecin elfique était blafard, et avait une folle envie de vomir.
Miriel et Aiwë étaient fascinés par un vieil elfe de deux mille cinq cent ans qui se chamaillait avec son jumeau quant au nombre de flèches qu'il avait reçu. Manfred beuglait qu'il en avait reçu vingt huit et Cyd renchérissait en disant que non, il n'en avait reçu que vingt sept et donc qu'il avait perdu son pari. Brusquement Manfred se déshabilla et montra ses fesses à son frère qui explosa de rire en voyant qu'une flèche se trouvait enfoncée dans les fesses de son jumeau. Ils commençaient à se disputer encore plus quand une des elfes arriva et leur dit :
-Vous allez arrêter oui ! Vous êtes des adultes et non des enfants que je sache.
-Ce que tu peux être rabat-joie Lol-ween ! Ahahahahahahah !
-Oh ! Le mammouth et le paresseux, hein ! Ecrasez !
-Tssssss ! Allez Cyd, tu m'aides à retirer ces cure-dents ?
Les deux frères retirèrent les flèches et s'amusaient en voyant les têtes des autres elfes alors qu'ils tiraient comme des malades. Ainatal était amusée par les bétises des elfes de phoenix, qui, comme elle, ils étaient totalement immortels et s'amusaient avec leur corps sans ressentir la moindre souffrance ou alors minime par rapport aux anciennes. Elle s'approcha de l'homme qu'elle avait libéré et vit qu'une femme lui nettoyait le visage. Là, elle vit qu'il avait des traits féminins familiers, très familiers, trop familiers. Elle fit un pas en arrière et rentra dans Mel qui se trouva derrière elle, l'horreur la plus complète se lisait sur son visage. Mel lui demanda :
-Maman ? Qu'est-ce qui se passe ?
-Sab ? SAB !
Tous sursautèrent alors qu'elle se jetait sur le corps inerte de son amie de toujours. Elle la serra contre elle en larme et murmura en lui embrassant le front :
-Oh Sab ! Mon amie. Tu es vivante. Oh mon dieu. Tu es vivante.
Mel se taisait et observait avec une stupéfaction douloureuse sa mère de substitution serrer contre elle sa mère naturelle. Sa vrai mère. Alors elle était en vie, il avait une mère. Il sentit une larme quitter la prison de ses paupières et dévaler sa joue pâle et creusée. Ainatal pleurait de joie, elle avait retrouvé sa meilleure amie et elle était encore en vie... elle était toujours en vie et devait le rester, pour Mel. Alors elle prit sa décision, et se tournant vers Mel lui demanda :
-Où est le Roi ?
-Avec ses enfants. Je crois qu'ils regardent les jumeaux.
-Ceux-la, il faut toujours qu'ils se fassent remarquer. Bon, reste avec ta mère, je dois aller lui parler.
-Tu vas repartir ?
-Oui. Nous devons prévenir les autres peuples de la dangerosité de Meredith.
-Tu as raison.
Elle alla vers le roi et lui dit froidement :
-Cette bataille n'est que le prémice d'une guerre qui va enflammer toute la Terre du Milieu. Maintenant que Sauron a un nouvel allié, l'équilibre est rompu et le mal a toutes les chances de vaincre. Nous devons prévenir les autres peuples.
-Un conseil doit avoir lieu entre toutes les races de la Terre du Milieu. Mais il est dans trois jours et même avec toute la meilleure des volontés, nous y arriverons en retard.
-Il faut que j'y aille, c'est trop important pour attendre. Renchérit Ainatal.
-Vous avez raison, mais il sera trop tard quand vous y arriverez.
-Faites-moi confiance, j'y arriverai à temps. Mais s'il vous plait, protégez mon peuple. Ils ne sont pas méchants, mais ils ont tout à apprendre de ce monde. Quand elle ira mieux, Sabrina pourra vous aider.
-Bien, je vais vous prêter un cheval.
-C'est bon, j'en ai un. Mais merci pour l'offre, je...
-Attends. Tiens, prends-les. Dit Mel.
Mel qui venait d'apparaître lui donna deux épées dont l'une avait la lame brisée et plusieurs poignards. Elle lui fit un grand sourire et commença à s'armer. Le roi observait avec stupéfaction la jeune femme mettre des poignards à des endroits auquel il n'aurait jamais pensé. Quand elle fut réarmée, elle mit son sabre japonais dans l'un des fourreaux offerts par Mandos et, quand il prit l'épée de Sabrina, elle demanda à Mel :
-Tu en es sûr ?
-Jamais plus je ne veux que ma mère combatte. Je l'ai perdue une fois, je ne veux pas encore la perdre. Je te la donne.
-Merci.
Ainatal prit avec beaucoup de respect Mort Subite et l'entoura avec un bout de tissus, puis la mit dans sa besace. Maintenant qu'elle était prête, elle bondit sur son cheval, suivie de près par sa louve et quitta comme le vent le royaume elfique. Elle poussait son cheval à la vitesse maximale et la jeune louve en était ravie. En une heure, elle était déjà à la hauteur de Fangorn, une demi-heure plus tard, elle passait l'Isengard. Le mal avait l'air d'avoir pris possession de la tour et, d'après les sensations qu'elle ressentait, ce n'était pas qu'une impression. Mais, l'ignorant, Ils continuèrent leur course folle. Traversant les gués de l'Isen, ils traversèrent la plaine ventre à terre. Ils frôlaient les Dunedains qui entendaient un grondement lointain, sentaient un vent violent, un éclair et le grondement s'éloignait d'eux. En moins de deux jours de voyage, ils arrivèrent enfin en vue des lumières d'Imladris. Enfin, elle arrêta son cheval et observa le paysage, cependant c'en était un autre qu'elle voyait. Le sien, son monde tel qu'il était avant l'arrivée de Morgoth. Elle sursauta un peu quand elle sentit une larme couler le long de sa joue alors que lui revenait en mémoire son ancienne vie. La lumière de sa ville en haut de la colline. Rêveusement, elle demanda à Ithil de reprendre lentement sa route alors qu'elle fredonnait une vieille chanson :
Comme
un diamant qui se pose
Aux branches de mes doigts
Tu brillais
chaque nuit devant moi
Ville de lumière j'ai besoin de
toi
Mais tes murs de sable rose ont perdu leur éclat
Sous
les ombres noires des soldats
Ville de lumière qu'ont-ils
fait de toi ?
Ne plus pleurer, rester là
A se
demander pourquoi
N'exister que pour toi
T'aimer jusqu'au
dernier combat
Sur tes pavés de poussière
Et
tes chemins de croix
Tes enfants ne jouent plus comme
autrefois
Ville de lumière j'ai besoin de toi
Et
dans ma prison de pierre où je tremble et j'ai froid
Je
sais que je n'te reverrai pas
Ville de lumière qu'ont-ils
fait de moi ?
Ne plus pleurer, rester là
A se
demander pourquoi
N'exister que pour toi
T'aimer jusqu'au
dernier combat
Ne
plus pleurer, rester là
A se demander pourquoi
N'exister
que pour toi
T'aimer jusqu'au dernier combat
Ne
plus pleurer, rester là
A se demander pourquoi
N'exister
que pour toi
T'aimer jusqu'au dernier combat... (Ville de
lumière, Gold)
A la fin de sa chanson, Elbereth terminait de pleurnicher de même qu'Ithil. La louve lui dit :
-C'est tellement triste.
-Oui. Mais c'est ce que je ressens. Mais nous n'avons pas de temps à perdre. Vas-y, Ithil, prouve que le temps est plus lent que toi.
Le cheval hennit bruyamment, puis partit au galop vers la cité elfique. Ils jaillirent dans la cité à la vitesse maximale qu'un cheval normal pouvait donner, manquant de faucher un homme, deux elfes et un nabot. Le cheval pila dans une pluie d'étincelle et le cavalier bondit à terre. Ainatal murmura à l'oreille de son cheval :
-Attends-moi, je reviens le plus vite possible.
-Je t'attends. Répondit le cheval essoufflé.
Ainatal fonça vers la dernière maison simple, mais des gardes lui interdirent l'entrée.
-Par Ordre du Seigneur Elrond, nul ne peut entrer dans sa demeure.
-Mais je dois le voir, c'est d'une importance vitale. Répliqua Ainatal le visage caché par sa cape.
-Par ordre...
-Oui, je sais, pas besoin de me bassiner avec votre ordre. Et merde ! Jura la jeune femme.
Elle repartit et murmura alors que ceux qu'elle avait failli renverser arrivaient pour lui régler ses comptes :
-Mais toute règle est faite pour être contournée.
Elle observa avec attention la maison et découvrit le balcon. Les gardes l'observèrent avec suspicion, sentant qu'elle avait l'intention de pénétrer dans la demeure d'Elrond sans y être invitée. Elle se tourna vers eux, leur fit un petit sourire canaille, un salut impertinent de la main, puis bondit et s'accrocha au balcon. D'un mouvement souple de son corps, elle fit un magnifique redressement et apparut fraîche comme une rose devant Elrond qui fit un pas en arrière surpris par cet apparition. Il s'assombrit et s'exclama :
-C'est une réunion privée. Veuillez sortir sur le champ.
-Sachez qu'à l'heure où je vous parle, les données ont changé. Vous n'avez plus deux, mais trois ennemis. Et elle est beaucoup plus dangereuse qu'un simple istari en quête de puissance. Saroumane n'est rien face à Meredith !
-M... May ! S'exclama Gandalf avec stupeur.
-Oui, la seule et l'unique. Bien que les Valar m'aient rebatisée Ainatal.
Les deux hommes (façon de parler) se lancèrent un bref regard de connivence qui disait tout. Elrond avait l'air particulièrement heureux et cela faisait vraiment bizarre de le voir dans cet état. Elle fronça légèrement les sourcils, sentant qu'ils lui cachaient des choses et elle n'aimait pas cela, mais vraiment pas du tout. Elle allait lui demander des explication quand la porte s'ouvrit sur les deux gardes bavant de fureur guerrière. Elrond leur dit de sa voix calme :
-Ne faites rien, c'est une amie.
Très sérieusement et comme tout Vala qui se respecte, elle leur tira la langue, déclenchant un petit rire de Gandalf et un lourd soupir d'Elrond. Elle se rapprocha du balcon et leur dit :
-Bon c'est pas qu'j'm'ennuie, mais j'm'ennuie, alors j'vas m'occuper d'mon ch'val.
Elrond soupira encore plus devant la syntaxe atroce de la jeune femme. Mais il lui dit :
-Attendez, demain il y a un conseil. Pourriez-vous venir ?
-Ok ! Pas d'blème.
-O.O!
-Bon ben bye !
Elle empoigna la rembarde et sauta par-dessus. L'elfe et l'istari se précipitèrent et virent la jeune femme repartir en sifflotant gaiement vers une douce lumière qu'ils voyaient par intermittence. Elle cajola Ithil, puis l'emmena dans les écuries afin de le chouchouter. Elle était suivit par Elbereth qui pour une fois était restée prés de son compagnon équin.
A suivre
