Voilà le chapitre 4. Je tiens à vous remercier pour tous vos reviews, c'est vraiment encourageant donc ne vous arrêtez pas ;)

Déconnectée. J'étais vraiment déconnectée de la réalité, enfin si on pouvait appeler un voyage dans le temps une réalité bien sûr. Je ne pouvais détacher mes yeux de Lancelot.

Vous savez ce moment (parfois ridicule) dans les films ou les regards se croisent et ou la caméra ralentie, tout est en suspens, il n'y a que deux personnes qui se fixent, le monde s'est arrêté de tourner, il n'y a plus rien qui compte hormis ces deux êtres. Et bien c'est un peu ce que je ressentais à cet instant précis. Mais lui que pensait-il ?

Lancelot se tourna vers Gauvain et celui-ci lui expliqua rapidement la « raison » de ma présence ici.

« Damoiselle. » Lancelot inclina la tête et me sourit, il…m'observa plus en détail et évidemment je rougis. Il me sourit malicieusement et me lança en désignant de la tête mes jambes nues (maigrichonnes) « D'où viennent ces vêtements ? Vous n'avez pas peur d'attraper froid ? » Me demanda t'il.

Je m'apprêtais à lui répondre lorsqu'il me lança «Quoique, je serais là pour vous réchauffer.» Il m'adressa un clin d'œil. Évidemment tous les autres éclatèrent de rire, au grand plaisir de Lancelot qui affichait un sourire triomphal, il était fier de lui. Quant à moi, j'étais sous le choc, j'avais toujours imaginé mon Lancelot comme un prince charmant, je le voyais comme l'homme idéal sur tous les plans, naïve me direz-vous . Et là je tombais sur un goujat, qui avait des répliques aussi nulles que les racailles du 21eme siècle. Le coup du je vais te réchauffer, tout le monde sait que c'est naze. Bon, d'un autre côté, je me faisais draguer par un chevalier vraiment craquant, mais pour le coup le coté boulet l'emportait. Bref, je ne savais pas quoi répondre et Lancelot se dirigea vers ce que je pensais être les écuries. J'avais vraiment l'air stupide, et je ne sais pas pourquoi j'ai eu envie de pleurer.

Voyant que je n'étais pas d'humeur à rigoler, Galahad et Gauvain redevinrent sérieux et m'expliquèrent qu'ils allaient me conduire à leur commandant Arthur, pour qu'il décide de ce qu'il adviendrait de ma petite personne. Génial. Je rentrais dans un grand bâtiment avec eux, et nous traversâmes un couloir qui me parut aussi interminable que sombre. Nous entrâmes dans une pièce, une table ronde, pardon LA Table Ronde. Si j'avais été admirative devant la beauté du Mur d'Hadrien, j'étais subjuguée par l'atmosphère qui régnait dans cette pièce, de l'héroïsme, de l'aventure, du courage, de l'honneur… La Table Ronde était gigantesque, et magnifique, dans le bois étaient gravées des scènes de leurs exploits. Je parcourais le reste de la salle du regard et mes yeux rencontrèrent ceux d'un homme, grand et brun lui aussi, Arthur. Il me fixa, et m'adressa un sourire chaleureux :

« - Bonjour.. Jade?

-Oui, euh, bonjour ! » Répondis-je d'une voix hésitante.

« - Vous n'avez rien à craindre ici. Moi et mes hommes nous ne vous ferons aucun mal. Alors vous voyagez parait-il ? Que cherchez-vous exactement ? »

Encore un interrogatoire, je n'allais jamais m'en sortir.

« -Pour être franche, je ne cherche rien de particulier, j'avais envie de changer d'air, j'ai quitté mon village et maintenant me voilà. »

Et évidemment il allait me demander ou était mon village, comment il s'appelait ect... Okay, pas d'improvisation cette fois-ci. J'allais me mettre en mode évanouissement quand il me demanda : « Et votre famille ? Votre père et votre mère doivent vous chercher en ce moment. » En entendant ces mots j'eus un pincement au cœur, mon père ne me chercherai jamais, non. Et c'est alors que je pensais à ma mère, seule, inquiète, et triste. Pourrais-je la revoir ? Allait-elle s'en sortir sans moi à ses côtés ?

Je baissais les yeux et murmurait « Je n'ai plus de famille. » Ce qui était vrai, mon père était mort, et ma mère était très loin de moi. Techniquement, mes parents n'étaient même pas nés. Lorsque je relevais la tête vers Arthur, je vis dans son regard de la compassion. Quelque chose dans son expression me fit penser qu'il connaissait la perte et le chagrin trop bien, lui aussi. Il s'avança vers moi : « - Vous pouvez rester ici autant que vous le voulez, Jade. Vous avez l'air fatiguée, allez-vous reposer et nous reparlerons plus tard. » Il m'adressa un léger sourire, sympathique mais malgré tout méfiant, je ne pouvais pas lui en vouloir, il ne savait rien de moi ni de mes intentions. Et franchement je ne savais plus trop qui j'étais non plus à ce moment précis. Etais-je heureuse de voir mon rêve se réaliser ? Evidemment j'étais enthousiaste à l'idée de découvrir ce nouveau monde, les chevaliers, la vie à cette époque. Mais quand-même tout n'était pas si simple, j'avais une famille et des responsabilités qui m'attendaient. Et c'était quand-même beaucoup moins féerique que dans mes livres, je parle bien sur des odeurs fétides, du manque d'hygiène ou de finesse pour certains. De plus je ne savais pas combien de temps j'allais rester ici, je ne pouvais donc rien prévoir ni envisager mon avenir avec une quelconque vraisemblance. Okay, CARPE DIEM. Je me laisserai emporter par cette folle histoire sans trop réfléchir sinon j'allais devenir folle.

Galahad me conduisis jusqu'à ma chambre, pendant le trajet je l'observais, il avait l'air jeune, en fait il ne ressemblait pas tellement à l'idée que je me faisais d'un chevalier. Une certaine innocence se dégageait de son visage et j'avais du mal à l'imaginer en train de se battre ou de tuer. Nous arrivâmes devant une porte, Galahad l'ouvrit, et j'aperçus une femme plutôt corpulente, blonde qui me regarda de haut en bas d'un air critique avant de me faire un grand sourire.

«-Voici Brianne » m'informa Galahad, « elle s'occupera de vous tant que vous resterez ici. » Il m'adressa un petit sourire et parti me laissant seule avec Brianne.

« -Bonjour Damoiselle, vous devez être affamée » elle avait vu juste, j'ai hochée la tête et je me suis assise en face de l'assiette qu'elle m'avait préparée en la remerciant.

Brianne habitait ici depuis sa naissance. Quand je lui demandai quel âge elle avait elle me répondit «25 printemps » ce qui me fit sourire, j'étais définitivement dans une autre époque. Elle n'était pas tellement plus âgée que moi, et elle était plutôt gentille, j'ai pensé que nous pourrions peut-être devenir amies toutes les deux. Ce serait une grande première pour moi, qui suis plutôt solitaire et qui n'ai jamais réellement eu une amie. Pourquoi ? Je ne sais pas vraiment, j'ai toujours eu du mal à m'ouvrir au gens, et à faire confiance. La mort de mon père n'a pas aidée non plus.

Brianne m'arracha à mes pensées : « Damoiselle, voulez-vous une tenue plus… ? » et elle haussa les épaules pour terminer sa phrase.

Je regardais mon short et mon débardeur encore pleins de boue, un peu honteuse. Je lui répondis « Oui s'il vous plait, et appelez-moi Jade ! »

Alors que Brianne m'aidait à enfiler ma robe je repensais à tout ce que j'avais traversé en à peine deux jours. Même si je ne trouvais pas d'explication rationnelle à tout ça, une partie de moi était persuadée que ce voyage n'était pas le fruit du hasard, et qu'il y avait un sens à tout ça.

J'espère que ça vous aura plu, j'essayerai de mettre la suite le plus vite possible ! Les prochains chapitres seront pleins de rebondissements pour Jade… ! A très bientôt :) !