Chronique Rome Antique

Sous-titre : Draco dormiens nunquam titillandus

Written by Dairy22

" Le héros de roman est un être de papier, un vivant sans entraille..." ( Paul Valéry )


Résumé : UA. – Tu es ma chose Hermione, tu fais partit des meubles de la maison parce que mon père t'a acheté : ne l'oubli jamais – Je n'appartiendrais jamais à un Romain, et encore moins à un Malefoy – Quid vivis.

Cadre : Dans la Rome Antique. Quand la vie était rythmée par les moissons et que la vie d'une civilisation dépendait de sa foi et de sa vie militaire.

Genre : Romance & Drame

Couple : Draco Malefoy & Hermione Granger.

Rating : M – violence, sexe et décadence.

Nombre de chapitres prévus : Quatre.

Fréquence de publication : environ toutes les deux semaines.

Posté le : 18 Mai 2009

Warning : /!\ Dans cette fanfiction, les noms de certains personnages changent afin de mieux les inscrire dans le contexte historique.

Disclamer : Les premières lignes de cette fanfiction sont d'Aragon ( Aurélien ) que j'ai repris à ma sauce. Dans ce chapitre – le dernier, le « ce fut comme une apparition » est de Flaubert si mes souvenirs sont bons. Le reste est de moi. Vous n'allez pas me punir pour cinq lignes, si ? Le reste, le contexte etc... C'est ma passion pour la civilisation latine qui me l'a fournis. Et je dis Merci à JK. Rowling de me prêter ces personnages le temps d'une fanfiction.

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« Dans l'espoir que ce chapitre hivernal vous glace le sang »

Hiver

Per se

En soi

Où comment le drame se concrétisa…

La dernière fois que Draco vit Hermione, il la trouva franchement belle. Elle lui plut, enfin. Il aimait comment elle était habillé et sa manière de se tenir. Il la considérait comme une esclave exemplaire même si cela lui coûterai de l'avouer devant elle. Elle était en train de nettoyer le sol de la terrasse sous son regard inquisiteur. Il dégustait une coupe de vin salé sous le froid hivernal. Ca ne lui dérangeait pas les températures fraîches, bien au contraire. Il trouvait là quelque chose de fascinant et tout propre à l'hiver. A Rome, on croit que l'hiver est provoqué par le retour en Enfer de Perséphone, la fille de Cérès. Cette dernière, inconsolable, serait retournée dans l'Olympe pour soulager sa peine, oubliant les humains pendant cette période les laissant face au froid. C'était la même chose chaque année et Draco avait de plus en plus de mal à croire aux Dieux avec toutes ces histoires mythologiques.

Draco avait remarqué que le ventre d'Hermione commençait à poindre. Qu'il était même très visible sous ses vêtements larges. Son enfant. En d'autre terme le fruit de leur amour. Non, ce n'était pas de l'amour. Draco ria intérieurement pour avoir dit une telle bêtise. Cet enfant représentait plutôt la tentation charnelle, le vice, la corruption. Tout sauf de l'amour.

Il retourna à l'intérieur de la maison tandis que des flocons perlaient sur ses épaules. Bientôt il partirait pour la guerre et ses parents seraient alors fiers de lui, ou plutôt du beau patricien qu'il incarnait. Seraient-ils fiers de lui, lui en tant qu'individus ? Lui qui martyrisait une femme qui ne le méritait même pas ?

Il en doutait.

Cependant, ses parents étaient aussi peu dotés de conscience que les Gorgones dans leurs jours les plus néfastes. Soit, il irait se présenter sur le champ de Mars dès demain pour partir très loin d'ici. S'en aller. Oublier. Oublier qu'il avait fait du tord à autrui. Oublier sa conscience qui revenait au galop ainsi que ses remords. Qu'est-ce que ça pouvait bien lui faire qu'une femme enceinte se torde à même le sol pour le nettoyer ? Il était riche et ce genre de problème n'était pas digne de lui. Pas digne d'un bon Malefoy.

Il partira sur des sentiers ardus à travers les pays conquis par Rome. Il verra de nouvelles choses. S'accommodera de nouvelles femmes. Et à son retour…

Alors à son retour, son enfant aura déjà un an. Son enfant lui ressemblera peut-être. Si il est blond, alors il devra chasser Hermione car cela ne se faisait pas d'avoir un enfant naturel sous son nez, dans la maison de ses parents. C'était défié les ancêtres. Incorrect en somme.

Draco regagna sa chambre et vérifia une nouvelle fois son sac de voyage pour le lendemain. Puis, il se pencha par la fenêtre et vit la femme qui portait sa progéniture passer devant l'atrium de la maison en traversant la petite cour intérieure.

Hermione avait un affreux goût de bile qui lui remontait le long de sa gorge. Elle passa devant l'atrium de la maison et s'y arrêta pour y contempler son reflet. Il était terne et pâle, maladif. Ces nuits sans sommeil lui avait creusé les traits d'une manière grossière. Des cernes violacés tombaient sous ses yeux qui autrefois comportaient une tendre teinte chocolat. Ce moment fut interrompu par la venue de Claudia. Elle la jaugea comme cela n'était pas permit et s'en alla s'affairer en cuisine. Ce simple regard lui indiqua qu'elle ne devait quitter son poste sous aucun prétexte, enceinte ou non. Hermione souffla d'exaspération en passant sa main sur son ventre rond. Cela devait faire plusieurs mois déjà qu'elle cachait la venue d'un nouvel être dans cette maison. Elle réprima difficilement un sanglot en sortant de la villa. Cet enfant aurait le sang et sera à l'image de son père. Néanmoins, il aura le statut de sa mère : c'est-à-dire un esclave. Comment une mère, aussi saine d'esprit soit-elle, serait heureuse en sachant cela ?

Elle se dirigea vers l'enclos aux bétails et y sortit les brebis pour aller paître non loin de la propriété. Le soleil était haut et tapait fort sur sa nuque malgré la froideur apparente. Tout était glacial au dehors comme si la nature s'était figé dans une pâle imitation de statue grec. Hermione avait déposé un voile sur sa tête et l'enroula autour de son cou afin de ne pas prendre froid.

Elle marcha sur le long du sentier sinueux afin de mener les brebis de l'autre côté de la colline. Ses sandalettes enserraient sa peau devenue violacé à cause du gel. Elle grelottait sous sa mince couche de vêtements. Au loin, elle pouvait voir la mer. Très loin. Sa liberté s'envolait.

Avec un enfant sur les bras, tout sera bien plus difficile. Le voyage en lui-même sera épuisant, la nourriture se fera rare, l'atmosphère sera lourde et insalubre. Rien de bon pour un nourrisson si on comptait faire une traversée en bateau. C'était triste à dire et encore plus à admettre. Elle ne reverra sans doute plus la Bretagne, sa chère contrée.

Une larme brûlante coula sur la joue glacée de la jeune femme.

Elle respirait encore mais il n'y avait plus d'espoir…

OOO

La nuit était noire. Pas un ancêtre du passé n'osait se montrer. Les esclaves dormaient pour la plupart. Seulement une n'arrivait pas à fermer l'œil après cette journée. Hermione. Cette dernière se tenait sur le flanc et caressait son ventre rond tandis que des larmes roulaient sur son visage. Personne ne devait être au courant. Jamais. Elle demandera à Draco l'autorisation de s'en aller dans quelques semaines pour sa santé. Elle ira accoucher en ville et déposera le nourrisson sur les portes du temple Vesta en espérant que les dieux feront sa fortune. Elle s'inclinera une dernière fois, s'agenouillera devant le feu éternel priant pour son enfant. Puis elle toquera sur l'immense porte en bois avant de se dissimuler dans la pénombre. Une vestale sortira, intriguée, son regard se portera sur le tout petit être qui gigotera dans sa couche. Elle le prendra, et referma les portes derrières elle sans poser aucune question. C'était un enfant naturel ; un enfant de Saturne.

Pourtant, les plans ne se passent jamais comme prévus. Hermione le savait. La réalité était d'autant plus frappante. Son enfant bougeait en elle, plus que d'habitude encore. Il donnait des coups comme impatient de sortir. C'était ce soir qu'il allait venir au monde. Maintenant.

Hermione étouffa un cri de douleur en mordant un morceau de sa couverture. Elle s'agrippa fermement sur le tissu, son visage contorsionné dans une affreuse grimace. Une contraction. Elle reprit peu à peu son souffle et décida d'aller chercher de l'aide. Pas auprès de n'importe qui. Il fallait que se soit du père de l'enfant, de Draco. Elle se leva très difficilement et se rendit jusqu'à la villa en titubant. En temps normal, le chemin était très court. Mais en étant enceinte et sur le point d'accoucher avec la neige qui vous faisait glisser, tout devenait plus compliqué. Au bout de quelques minutes, elle arriva sur les portes de la maison en répandant quelques traîné de liquide divers sur son passage. Il était très tard et les invités étaient déjà partis, ou du moins Hermione l'espérait. Elle arriva dans l'atrium tandis que le bébé redoublait ses coups.

- Draco. Draco vient m'aider s'il te plaît...

Sa lamentation résonna en échos dans la maison. Elle avait un désagréable sentiment de solitude. Elle se laissa s'écrouler contre un mur, les jambes écartées. Sans s'en rendre compte, elle commença à pousser comme s'il s'agissait d'une action vitale comme respirer. Ses cris se mêlaient au silence, le troublant alors. Des pas se firent entendre à l'autre bout du corridor. Hermione savait que seul Draco dormait ici, ça ne pouvait être que lui.

Ce fut comme une apparition.

Il portait sa longue toge blanche brodée de fil d'or sur les extrémités. Ses cheveux blonds étaient coiffés comme à leur habitude : il représentait la noble famille patricienne dont il faisait partit. Cependant, son visage n'avait rien de serein. Il était empreint d'horreur plus que de surprise. Hermione haletait, souffletait, criait. Lui, restait là, hébété devant ce spectacle. Il était tétanisé. Il n'avait jamais vus une femme dans une telle situation. Cela était interdit par les mœurs : les hommes ne devaient pas voir les romaines dans la douleur, seulement dans leur rayonnante beauté. L'enfant glissait peu à peu sur le sol froid en marbre de la maison des Malefoy, la tête la première. Une flaque de sang s'étalait sur le carrelage impeccable au fur et à mesure des efforts qu'accomplissait la jeune mère.

Soudain, les cris d'Hermione se mélangèrent avec ceux de l'enfant qui s'époumonait crachotant le liquide dans lequel il avait été baigné des mois durant. La sueur perlait sur le front de la jeune femme alors que sa respiration se faisait saccadée. Le bébé était nu, toujours sur le sol. Draco ne savait pas très bien ce qu'il devait dire. Lui, l'excellent orateur. Lui, avait perdus l'usage de la parole. Il croisa les yeux chocolat d'Hermione et ce fut cela qui lui fit reprendre contenance :

- Que fais-tu ici esclave ?

Hermione avait envie de vomir. Après tout ce qu'il venait de se passer, il n'avait que ça à lui dire. Des larmes roulèrent sur ses joues rosies. Draco resta impassible, comme indifférent à ce qu'il se produisait sous ses yeux anthracite. L'enfant était encore par terre pleurant, criant, se débattant. Personne ne bougeait. Aucun des deux n'osait.

Hermione remarqua qu'il avait sur lui ses vêtements de voyage mélangé à quelques apparats militaire. C'est vrai que demain il partira à la guerre, conquérir de nouveaux pays pas encore soumis à Rome. Draco avait à sa ceinture un poignard dans son fourreau. Il avait surement du vouloir essayer ce que ferait ses étoffes sur lui. Savoir comment les porter pour se donner de l'allure.

- Je veux que tu t'en aille. Finit-il par dire dans un souffle qui colla parfaitement avec la brise hivernale qui traversa la pièce dans laquelle ils se trouvaient.

Draco sortit le poignard de son fourreau et pointa la lame sur la jeune femme.

- Je ne le répéterai pas une seconde fois. Prononça Draco d'un ton menaçant. Je veux que tu disparaisses hors de ma vue. Vite.

En quelques secondes il se mit à trembler. Hermione crut d'abord que s'était à cause du froid puis elle s'aperçut qu'il était secoué par des sanglots incontrôlables, des larmes roulant sur ses joues affreusement pâles.

Il n'en pouvait plus. Son arme tomba à ses pieds dans un bruit de métal assourdissant.

Dans un élan désespéré, Hermione saisit doucement le poignard. Sa lueur se refléta dans ses yeux noisette. Sans aucune hésitation, elle l'enfonça au plus profond de son abdomen. Le sang gicla, roula, tomba. L'enfant se retrouva baigné dans la mer rouge. Le père impuissant essaya de lui enlever l'arme de son ventre. Dans un dernier effort, il réussit et la jeta au loin. L'hémorragie était trop forte et elle emporta avec elle Hermione, l'esclave. Avant de s'éteindre, elle souffla à l'oreille de l'éphèbe :

- Il est de toi…

Le sang sortit encore et encore…

Draco la vit partir dans le royaume des morts dans ses bras. Des larmes roulaient en abondance sur son visage, les siennes. Il déposa Hermione par terre et reposa son attention sur le nourrisson qui était désormais apaisé malgré qu'il soit couvert de sang.

Draco enleva sa toge et se retrouva en pagne. Il enveloppa son enfant à l'intérieur et sortit.

Il sortit dans la nuit noire. Il courut avec le nourrisson dans ses bras, croisant ivrognes et filles de joie dans les dédales de Rome. Il arriva au bord du Latium, monta la colline sans prendre de répit. Il arriva devant le temple Vesta, déposa l'enfant sur les marches et toqua aux portes se réfugiant aussitôt dans l'obscurité. Une Vestale apparut, c'était celle qu'il avait rencontré au marché le jour de sa rencontre avec Hermione. Elle vit l'enfant, le prit et l'emmena à l'intérieur sans poser de question. Il était courant de voir des orphelins à Rome.

Draco sortit de sa cachette. Il hoqueta et laissa ses larmes couler. Non loin de lui se trouvait la grande vasque où le feu de Rome flambait depuis des siècles. Il était comme captivé par ses flammes qui exécutaient une danse savante, léchant parfois les rebords en pierre. Il se leva, s'approcha tout près.

Trop près, beaucoup trop près…

Draco enjamba le rebord en pierre comme s'il ne pouvait détacher son regard des flammes. Il déposa son pied sur les braises ardentes ne ressentant pas la douleur, celle du cœur bien trop forte. Une brise souffla et les flammes redoublèrent d'intensité. Il sentait une odeur de calciné se propager. Les flammes lui brulaient la peau, il fondait. Il criait. Il n'était plus que douleur.

Le feu était sur lui.


Per aspera ad astra

Par des sentiers ardus jusqu'aux étoiles

Oo...In memoriam…oO

Fin

Voilà la fin de cette fanfiction. J'espère que vous avez appréciez même si il s'agit d'un grand drame. Donnez moi toutes vos impressions sur ce chapitre, puis sur la fanfiction dans sa globalité. Il est très appréciable de voir des critiques sur son travail, ou même des encouragements ! Merci de m'avoir lus jusqu'ici.

Dairy22.