Hey hey heeey !
Je crois que les histoires de zombie!apocalypse ne plaisent pas à tout le monde autant qu'à moi, mais comme j'ai investi tellement de temps et de passion dans cette fic, je vais la poster jusqu'au bout, même si c'est juste pour moi et mon accomplissement personnel ! ¯\_(ツ)_/¯
Bonne lecture !
Even if the world is in ruins tomorrow
chapitre 4
Ils ne parlèrent plus pendant un long moment. Ils ne voulaient pas risquer de se faire avoir par surprise une seconde fois. Ils avaient eu de la chance de ne tomber que sur une infectée presque au terme de la maladie, dont il avait été tristement facile de se débarrasser. Ils n'auraient peut-être pas autant de chance au prochain coup.
Ils croisèrent encore des cadavres sur leur chemin, dans des états plus ou moins avancés de décomposition. Personne n'était là pour enlever les corps, alors c'était monnaie courante, malheureusement.
Ils rencontrèrent aussi deux garçons qui devaient avoir presque le même âge. Il y avait un grand brun un peu intimidant, et un autre plus petit, à l'air plus bizarre, avec des cheveux rouge bordeaux. Les deux groupes s'étaient passés à coté sans se dire un mot, en se toisant, en retenant leurs souffles, en serrant fort leurs armes dans leurs mains, de peur de se faire attaquer. Rien ne se passa d'aucun des deux côtés, et chacun continuèrent leur route. Les deux garçons allaient dans la direction dont Bokuto, Akaashi et Kuroo venaient. Il n'y avait rien par là-bas cependant. Ils n'y trouveraient rien.
Le soleil traça son sillon dans le ciel au cours du jour, et le trio avançait. Akaashi était un peu inquiet de sentir que Bokuto marchait de plus en plus lentement au fur et à mesure que la journée avançait. Il n'avait pas dormi de la nuit, évidemment qu'il était fatigué maintenant. Il allait falloir qu'ils trouvent un endroit où s'arrêter. Mais cela faisait un moment maintenant qu'ils suivaient une ancienne autoroute, et aucune trace de la moindre ville. D'après les panneaux, ils n'étaient plus qu'à quelques kilomètres d'une ville qu'Akaashi ne connaissait pas même de nom. Mais à ce rythme, ils en avaient encore pour au moins une heure s'ils ne rencontraient pas d'infectés.
Et la zone était étrangement calme. Loin des villes, on croisait peu d'infectés, mais c'était tout de même étrange. Ils en avaient déjà repoussé plusieurs depuis le matin. Mais depuis un certain moment, rien. Le calme plat.
— Vous ne trouvez pas ça bizarre que tout soit si calme ? demanda Akaashi en s'arrêtant de marcher.
— Tu vas pas t'en plaindre, si ? répliqua Kuroo en haussant un sourcil.
— Je ne me plains pas, je suis juste méfiant, asséna Akaashi en lançant un regard plissé à leur nouveau camarade.
— C'est vrai que c'est tranquille, admit Bokuto en regardant autour de lui. Peut-être qu'il y a un refuge pas loin, et que la zone est gardée ?
— Tu crois ?
Le regard d'Akaashi s'éclaira. Au point où il en était, il était prêt à s'accrocher à cet espoir. Bokuto haussa les épaules. Il avait dit ça comme ça.
Malgré tout revigoré par cette perspective, Akaashi se remit à marcher, rapidement, si bien que les deux autres avaient presque du mal à le suivre. A un moment, il entendit la voix de Kuroo lui demander de ralentir, mais il n'y fit pas attention.
Il devait trouver.
Il devait trouver.
Il voulait trouver.
Il fallait qu'il trouve.
Il avait les nefs au bord de la rupture. Il avait besoin de se sentir enfin en sécurité.
C'était un désir purement égoïste qui le poussait à l'instant à avancer, à mouvoir ses jambes à un rythme effréné, à la limite de la course. Et il regardait tout autour de lui, comme un animal. Il cherchait désespérément.
Quelque chose.
Quelqu'un.
N'importe quoi. Un signe de vie, la preuve d'une présence humaine.
Même se faire pointer par une arme ne l'aurait pas dérangé, tant que cela lui assurait qu'il y avait bien un camp dans les parages. Il avait trop entendu parler de ces camps de réfugiés qui existeraient un peu partout.
Sa tête était bourdonnante. Il s'entendait respirer fort, et il transpirait un peu sous le soleil déclinant. Pourtant, il était loin de faire chaud. Mais ils avaient déjà tellement marché.
Il se mit à s'imaginer retrouver ses parents auprès des réfugiés du camp. La petite soeur de Bokuto aussi. Il s'imagina le sourire qui ornerait les lèvres de son ami quand il serrerait sa famille dans ses bras. Il se dit qu'il voulait voir Bokuto sourire et être heureux. Il s'imagina Bokuto se tourner ensuite vers lui et l'enlacer. Peut-être qu'il s'imagina aussi qu'il l'embrassait, parce qu'il était heureux de les savoir tous les deux désormais saufs et en sécurité.
Il voulait tout ça. Il en avait assez. Il était fatigué. Oh, si fatigué.
Et est-ce que le monde avait toujours été aussi flou, ou bien étaient-ce ses yeux qui lui jouaient un tour ? Et est-ce que sa vision périphérique avait toujours été aussi réduite ? Il avait l'impression que son champ de vision rétrécissait de seconde en seconde.
Mais il avait besoin de voir pour trouver le camp !
Il ne devait plus être très loin...
— Akaashi !
Et puis soudain, il fut brusquement ramené à la réalité.
C'était la voix de Kuroo.
Une main ferme agrippa son poignet et le serra avec une force déstabilisante, le contraignant à s'arrêter d'avancer. Il eut un tressaillement, et il battit des paupières en prenant une grande inspiration saccadée.
— Son rythme cardiaque est hyper élevé ! entendit-il.
La voix était toute proche. Pleine de surprise.
Il se sentit partir en avant, et sa vision devint toute noire l'espace d'une seconde.
Qu'est-ce qui se passait ?
Est-ce que c'était la fin de son cauchemar ? Est-ce que lorsqu'il se réveillerait, il serait dans son lit et tout serait revenu à la normale ?
Un semblant de calme sembla revenir dans son esprit.
Il ouvrit les yeux.
Sa vision était encore un peu trouble, et il sentait que son corps était tout ankylosé. Alors qu'il retrouvait lentement ses sens, il vit qu'il était sous un ciel orangé. Et puis il vit un visage penché sur lui. Il eut besoin de quelques secondes pour reconnaître Bokuto, la mine toute froissée d'inquiétude.
Et il reprit conscience de l'endroit où il était. Et de ce qu'il faisait là.
Il chercha alors à se rassoir, mais Bokuto l'en empêcha.
— Reste allongé, ordonna-t-il. Tu dois rester tranquille encore quelques minutes.
— Bokuto, parla-t-il d'une voix rauque.
Il avait la gorge sèche et la bouche pâteuse.
— Chut, souffla gentiment son ami en posant une main apaisante sur son front. T'inquiète, ton infirmière est là.
— T'es pas mon infirmière, fit Akaashi en grimaçant vaguement.
— J'ai jamais dis que je parlais de moi, gloussa l'autre garçon.
Et c'est à ce moment là que Kuroo entra dans le champ de vision d'Akaashi. Il avait la mine dure, beaucoup moins légère que celle de Bokuto (même si ce dernier cherchait sûrement juste à masquer son inquiétude).
— Comment tu te sens ? demanda-t-il gravement.
— Bizarre.
— Tu peux t'asseoir ?
Il avait bien essayé, mais Bokuto l'avait retenu. Il tenta encore de se redresser, et cette fois, son ami l'aida dans son geste. Il sentit sa tête le lancer quand il bougea, mais c'était globalement supportable. Kuroo lui tendit une bouteille d'eau, et il l'accepta avec bonheur. On lui dit cependant de boire doucement, et il s'y contraignit, même s'il avait envie d'avaler le contenu du récipient en plastique d'une seule grande gorgée.
— T'as fait un petit malaise, expliqua alors Kuroo en prenant son poignet pour vérifier les battements de son coeur. T'es resté inconscient que quelques secondes, et heureusement parce que j'ai bien cru que Bokuto allait exploser !
— C'est normal que je me sois inquiété ! s'offusqua le concerné. Il est devenu tout blanc et il est tombé d'un coup !
— Désolé, fut tout ce qu'Akaashi trouva à répondre à ça.
— Je peux pas être sûr, mais ça pourrait être de l'anémie, continua Kuroo.
C'est vrai qu'il suivait des études de médecine, avant. Il devait savoir quelques trucs sur les maladies et comment les reconnaître.
— Mais c'est super grave ! couina Bokuto, en pleine panique.
— Pas forcément. A mon avis, ça doit être dû à une carence de quelque chose. Je suppose que vous faites pas des repas de rois, pas vrai ? Et puis j'ai dit que ça "pourrait" être de l'anémie. Faudra juste surveiller que ça recommence pas. Si ça se trouve, c'était juste la fatigue. Il s'est excité d'un coup, ça a peut-être causé un choc nerveux qui l'a fait disjoncter.
— J'ai pas disjoncté, grogna Akaashi.
Kuroo le regarda, et un sourire narquois était apparu sur ses lèvres.
— Ça y ressemblait pourtant, ricana-t-il. Tu t'es évanoui, et maintenant t'es calmé. On éteint et on rallume. Comme avec un pc.
— Je suis pas un pc non plus.
Les yeux d'Akaashi lançaient des éclairs, et il avait une furieuse envie de frapper le visage moqueur qui lui faisait face. Cependant, sa réaction sembla amuser Kuroo encore davantage.
— Tu vois, tu vas mieux ! chantonna-t-il en se relevant. Allez, on a encore de la route avant d'arriver à la prochaine ville.
Il tendit une main pour aider Akaashi à se relever. Ce dernier la regarda, l'air d'hésiter. Et puis finalement, résigné, et ne se sentant pas de se remettre debout tout seul, il accepta. En le relevant, Kuroo l'attrapa par l'épaule pour s'assurer qu'il n'allait pas retomber, et après quelques secondes de stabilisation, Akaashi lui fit signe que c'était bon. Il le lâcha.
— T'es sûr que ça va ? demanda encore Bokuto, le regard encore plein d'inquiétude. Tu veux que je porte ton sac ? Nan, mieux ! Monte sur mon dos, je vais te porter toi !
Akaashi le regarda, et il ne pu empêcher un léger sourire attendri de venir flotter sur ses lèvres. Il était touché que Bokuto s'inquiète comme ça pour lui.
— Ne t'inquiète pas, ça va, assura-t-il du ton le plus doux et rassurant qu'il avait en stock.
Et puis, pour confirmer ses paroles, il tendit la main pour saisir celle de son ami et y exercer une légère pression. Bokuto le fixa, et ils se regardèrent dans les yeux pendant un instant qui sembla se distordre et durer l'éternité. Les grands yeux jaunes de Bokuto étaient brillants de fatigue et légèrement cernés de noir. Il avait l'air réellement exténué. Et pourtant, il avait quand même proposé de porter Akaashi. Et ce dernier savait que s'il avait accepté, il l'aurait fait. Et sans se plaindre une seule fois.
Au bout d'un moment, il voulut lâcher la main de Bokuto pour qu'ils puissent se remettre en route, car il sentait le regard de Kuroo peser sur eux, mais Bokuto serra fort sa main à lui pour l'empêcher de le lâcher. Une sorte de détresse se lisait dans son regard. Il avait l'air d'avoir besoin de ce contact. Alors Akaashi sourit, et il fit quelques pas, en gardant la grande main chaude de Bokuto contre la sienne.
Peut-être que lui aussi avait besoin de ça.
Ils marchèrent à une allure raisonnable pendant une quarantaine de minutes, et il faisait presque totalement nuit lorsqu'ils atteignirent la ville. Pas de trace d'humains encore sains. Pas de trace de camp. Finalement, l'hypothèse de Bokuto n'était restée qu'une hypothèse.
Cela attrista à peine Akaashi. Finalement, peut-être qu'il s'y attendait, et ainsi, il s'était préparé à être déçu. Il ne dit rien à ce sujet. Personne ne l'évoqua.
Très silencieusement, ils s'engagèrent dans une rue. Il y avait deux infectés en train d'agoniser sur le sol, et puis quelques cadavres aussi. Un chien en train de boulotter un des corps s'enfuit à leur passage. Autrement, tout était calme. La ville n'avait pas l'air très grande, peut-être que tous ceux qui y avaient vécu, infectés ou sains, l'avaient quittée. Il y avait des voitures dont les vitres et les pare-brises avaient été brisés, quelques vitrines de magasins étaient tombées aussi, et ils évitaient soigneusement de marcher sur les débris de verre.
Progresser dans une ville fantôme continuait de donner des frissons à Akaashi malgré le temps. Il ne pouvait s'empêcher d'imaginer à quoi ces rues désertes avaient un jour ressemblé, lorsqu'elles étaient encore toutes pleines de monde, de bruits, de vie. Il imaginait les gens dans les boutiques, les enfants qui courraient sur les trottoirs, les automobilistes énervés qui klaxonnaient, les salary-men qui parlaient fort au téléphone, les lycéennes qui gloussaient en rentrant du lycée.
Il pouvait presque voir toutes les couleurs qui avaient à une époque habillées la ville, et qui aujourd'hui avaient disparues, ne laissant aux rues vides et inutiles qu'une morne teinte, pâle et délavée.
Et puis il se mettait à imaginer à quoi avait ressemblé la ville lorsque l'anarchie s'était installée, que les gens, pris de panique et terrifiés, étaient devenus un peu fous et avaient voulu fuir. Il imaginait les cris, les pleurs, les coups, la violence des plus bas instincts de survie de l'Homme. Toute l'histoire de chaque ville qu'ils visitaient lui tombait dessus comme une enclume, et lui donnait des envies de vomir.
Dans quel genre d'enfer est-ce que l'Humanité avait été plongée ?
— On s'arrête là ? proposa soudain Bokuto.
Ils avaient atterri dans une banlieue résidentielle, et des deux cotés de la rue s'étalaient des petites maisons autour desquelles les pelouses qui n'avaient pas été entretenues ressemblaient à de petites forêts vierges miniatures.
Akaashi réfléchit. Une maison offrait plusieurs possibilités de fuite en cas de problème, et puis honnêtement, l'idée de dormir dans un lit plaisait à Akaashi. Il lança un regard à Bokuto qui le fixait en attendant sa réponse, les yeux pleins d'espoir. Il avait l'air exténué. Il n'avait sûrement qu'une envie : s'arrêter et enfin se reposer.
Et puis il regarda Kuroo, recherchant (étonnamment) son avis. Ce dernier haussa simplement les épaules. Il s'en fichait visiblement. Sûrement que tout lui allait.
— Ok, accepta alors Akaashi.
Il vit le soulagement passer dans le regard de Bokuto, qui s'empressa immédiatement d'entrer dans la cour de la maison la plus proche. Après une rapide inspection de l'extérieur, ils entrèrent par la porte de derrière, et eurent le bonheur de constater que l'endroit était désert, et même plutôt bien conservé. Bien sûr, des gens avaient dû passer avant eux puisqu'il ne restait pas la moindre trace de nourriture, mais les fenêtres n'étaient pas brisées, et les pièces étaient globalement en bon état.
Ils prirent ce qu'ils trouvèrent pour fermer les portes. Ils poussèrent une commode devant la porte arrière, et bloquèrent celle de devant avec un buffet. Ils fermèrent les volets de toutes les fenêtres, et seulement ensuite, ils se permirent de souffler.
Ils s'installèrent dans la suite parentale, et Bokuto s'effondra immédiatement sur le lit en poussant un lourd soupir d'aise.
— Aah, ça fait trop du bieeeen ! s'exclama-t-il, et le sourire content sur ses lèvres fit sourire Akaashi et Kuroo.
— Je pourrais presque rester là, confirma ce dernier, assis au pied du matelas.
— C'est pas trop mal, renchérit Akaashi, à moitié allongé à coté de Bokuto.
Tous les trois échangèrent un regard avant de pouffer bêtement de rire ensemble. Ils étaient soulagés. D'être arrivés ici presque sans encombre, de se sentir en relative sécurité, de se reposer enfin. La pression retombait, et ils s'autorisaient à se relâcher.
— Comment tu te sens Akaashi ? demanda alors Kuroo, et il tendit le bras pour reprendre son pouls.
— Ça va, répondit-il en se laissant faire. Mais je meurs de faim.
— Oh grave moi aussi ! s'exclama Bokuto. On n'a presque rien avalé de la journée !
— Il nous reste plus grand chose, fit tristement remarquer Akaashi.
— J'ai des dorayaki dans mon sac, lança Kuroo en se penchant vers ledit sac.
— Trop cool ! s'enthousiasma Bokuto.
— J'adore les dorayaki, sourit Akaashi. J'ai l'impression de ne pas en avoir mangé depuis des siècles !
Kuroo présenta fièrement le sachet de pâtisseries à ses nouveaux amis, un grand sourire sur les lèvres, et puis sans les faire attendre plus longtemps, il l'ouvrit et les laissa piocher.
— Je garantis pas la fraîcheur, fit-il cependant remarquer.
— Ils sont super bons, répondit Akaashi qui avait déjà la bouche pleine.
— Grave ! confirma Bokuto, qui avait aussi mordu comme un affamé dans son dorayaki.
Alors ils mangèrent, et dans un calme presque religieux. Trop occupés à remplir leurs estomacs pour ouvrir la bouche si ce n'était pas pour y enfourner de la nourriture. Et puis, ils étaient fatigués. Et le fait de se poser, de se calmer, faisait remonter cette fatigue à la surface. Akaashi avait les yeux qui piquaient, Bokuto baillait toutes les deux minutes et avait le regard brillant des gens qui veulent céder à Morphée.
Kuroo avait encore l'air le plus alerte des trois.
— Ça ne te dérange pas de prendre le premier tour de garde ? lui demanda Akaashi alors qu'ils avaient fini de manger.
— Tu me ferais confiance pour être garant de votre sécurité ? répliqua Kuroo, l'oeil narquois. Tu n'as pas peur que je vous égorge dans votre sommeil pour partir avec vos affaires ?
— Non, répondit sincèrement Akaashi (si sincèrement même qu'il vit la surprise passer pendant une fraction de secondes dans les yeux de son interlocuteur.)
— Pourquoi ce soudain revirement de confiance ? continua Kuroo après quelques secondes.
Akaashi haussa les épaules, jouant celui que rien n'atteint.
— Je crois que je préfère te faire confiance à tort plutôt que me méfier de toi à tort, expliqua-t-il posément. On est tous dans la même galère. Je veux croire que tu es de ceux qui choisissent l'entraide à l'égoïsme.
Kuroo sembla sincèrement surprit de cet aveux, et aussi un peu touché. Ils se fixèrent en silence, intensément, pendant une poignée de secondes, et quelque chose se passa pendant cet échange. Comme si une sorte de lien venait de se créer entre eux. Un lien qui, dans n'importe quelle autre situation, n'aurait jamais existé. Le lien des survivants qui veulent survivre ensemble, portés par un désir commun : rester en vie.
— Ok, je prends le premier tour, finit par dire Kuroo en se levant du lit. Je vais me mettre dans le salon.
— Viens me réveiller dans deux heures, indiqua Akaashi.
— Ouais.
Et sur ces mots, il sortit de la pièce. Il tira la porte derrière lui, mais ne la ferma pas totalement. Juste au cas où.
Après son départ, Akaashi soupira, et il se tourna vers Bokuto pour lui demander si cela le dérangeaient qu'ils dorment tous les deux dans le lit double. Il fut à peine étonné de le trouver déjà endormi, la bouche grande ouverte, étalé à moitié en diagonale sur le matelas.
Akaashi sourit.
Il retira ses chaussures (qu'il ne posait d'habitude jamais pour dormir), sa veste, et il monta sur le lit, s'assit tout près de Bokuto. Il le regarda pendant quelques instants.
Bokuto ne répondait pas forcément aux critères de beauté établis par la société. Il avait des sourcils épais et qui formaient un angle étrange, des yeux si ronds qu'on pourrait les caractériser de 'globuleux' s'ils n'étaient pas tout le temps si remplis d'émotions, les cheveux secs comme de la paille, et de cette étrange couleur zebrée qui s'était estompée par endroits. Et puis il avait cette vilaine cicatrice sur le menton aussi.
Mais pourtant, Akaashi le trouvait beau. Magnifique.
Il était beau dans la façon dont il se tenait, dans les mots qu'il disait, dans ses sourires plus lumineux que de l'or et le soleil réunis, dans le brillant de ses yeux lorsqu'il était excité ou heureux.
Il était beau aux yeux d'Akaashi.
Il lui était précieux aussi. Tellement précieux.
Si avant l'épidémie, on lui avait dit qu'il pourrait tant s'attacher à quelqu'un comme lui, il n'y aurait pas cru. Bokuto n'était définitivement pas le genre de personne avec qui il aurait eu l'idée de se lier d'amitié à une époque. Et pourtant, il se disait qu'il aurait tant regretté de mourir sans avoir connu Bokuto.
Il était tellement reconnaissant d'avoir rencontré ce garçon-là dans un monde si désespéré.
Il voulait le garder auprès de lui. Le protéger. Qu'il le protège. Il se disait qu'ils avaient besoin l'un de l'autre, et que pour cette raison, il fallait qu'ils restent ensemble jusqu'à la toute fin. Peu importe ce qui les attendaient.
Au bout d'un moment, il s'autorisa à venir poser une main sur la joue froide de son ami. Evidemment qu'il devait avoir froid, à s'être endormi comme ça.
Bokuto fronça les sourcils et grogna vaguement au contact, comme s'il l'avait dérangé au milieu d'un rêve, et puis il ouvrit les yeux à moitié. Akaashi ne retira pas sa main. Il la laissa là, et lia son regard à celui de Bokuto. Ils se regardèrent sans rien dire, et c'était un échange si tranquille, si doux. Plein de tendresse.
— Tu fais quoi ? finit cependant par demander Bokuto, et sa voix était basse et intime dans l'obscurité de la pièce.
— Tu prends toute la place, répondit Akaashi avec un petit sourire. Et tu ne t'es même pas déshabillé pour dormir. Pour une fois qu'on a un vrai lit, on doit en profiter.
— Ah, ouais.
Il se redressa à contre-coeur, jeta ses chaussures sur le sol, sa veste au bout du matelas. Ils secouèrent la couette (en remerciant les Cieux que personne ne l'ai prise), et ils s'y glissèrent.
Akaashi avait l'impression de revivre. Il n'avait pas dormi dans un lit complet (avec matelas, oreiller et couverture) depuis... depuis tellement, tellement longtemps. Il avait presque oublié à quel point il était doux de s'enfoncer dans un matelas, avec le poids d'une couverture sur soi, même si elle était de mi-saison parce qu'avant le début de l'épidémie, il faisait beau.
Il se rappela comme à une époque, il adorait se glisser dans son lit à la fin de la journée.
— Eh, Akaashi, appela Bokuto. On est bien là, hein ?
— Oui, souffla Akaashi.
— Ça me rappelle quand je dormais avec ma petite soeur des fois... avant...
Le coeur d'Akaashi se serra un peu dans sa poitrine. Il se tourna pour faire face à Bokuto, mais il avait éteint la lampe torche, et ne le distinguait même pas dans le noir. Il sentit alors les bras de son ami s'enrouler autour de lui, et l'attirer contre son corps.
Il bloqua son souffle pendant une seconde.
Son coeur s'emballa.
— On n'avait jamais dormi ensemble, fit alors remarquer Bokuto.
— Hm. Il fallait toujours que l'un d'entre nous monte la garde.
— Ça m'avait manqué de pouvoir dormir avec quelqu'un.
Akaashi ne sut pas quoi répondre à ça, alors il ne dit rien. A la place, il se laissa fondre dans l'étreinte rassurante, se blottissant aussi confortablement que possible entre les bras de Bokuto.
Et comme il était bien, là. Il était heureux. Il ne pensait plus au danger, plus à la mort, à la faim, au froid. Il pensait juste à la chaleur qui émanait du corps de Bokuto, au sentiment de quiétude qu'il ressentait soudain dans ses bras.
— Bokuto, murmura-t-il.
— Hm..., marmonna ce dernier, déjà en train de se renfoncer dans le gouffre du sommeil.
— Je ne te laisserai jamais.
Et presque immédiatement, il se laissa partir à son tour, rêvant à un autre monde, meilleur pour eux, où ils pourraient être vraiment heureux pour toujours. Un monde aux allures de paradis. Si différent de cet enfer où Bokuto était la seule douceur.
Je sais qu'en écrivant ce genre de fic apocalyptique, j'aurais sans doute dû inclure plus de scènes de combats gores, mais ce que j'ai préféré écrire dans cette fic, c'est les intéractions humaines. Particulièrement Bokuto/Akaashi et Kuroo/Akaashi.
J'espère que ça a plus aux quelques personnes qui me lisent encore !
A bientôt !
