Avant de commencer ce chapitre, j'aimerais remercier du temps pris par certains pour écrire et poster des reviews vraiment complètes ^^' Suite aux remarques qui ont été faites, je tiens à expliquer tout de même certaines choses. Le prologue résume effectivement en exactement mille-cent-trente-neuf mots des évènements s'étant écoulés en trois ans. Si cela peut paraître un peu court et rapide, c'est que je n'ai pas vraiment voulu m'appesantir sur les actions et les destinées de tous les personnages de Path of radiance et Radiant Dawn, qui sont un peu trop nombreux (77, si je ne m'abuse) pour tous bénéficier de détails, qui viendront d'ailleurs par la suite quand ils apparaîtront dans l'histoire ;) (même si je ne promet pas qu'ils seront tous là xD).

Pour ce qui est de la psychologie des personnages et la description des décors... là ça devient plus dur ^^' c'est vrai, je dois reconnaître que quand j'écris, j'ai tendance à oublier que tout le monde n'est pas dans ma tête et donc ne voit pas ce que moi, j'imagine. Mais je vais essayer de me rattraper O:) Maintenant, je suppose que je n'intéresse personne avec ça, alors je cède la place à la suite de l'histoire!

Chapitre 4:

- Eh, la blonde! Encore un verre!

Callil grimaça en entendant crier un des ivrognes qui était affalé, comme tous ceux dans sont état, sur une des tables de sa taverne. Autrefois, sa petite auberge avait tout pour elle. Ses clients étaient tous respectueux, certains l'aidant même à nettoyer après l'horaire de fermeture; la réputation de la qualité exceptionnelle que Largo brassait lui-même avait fait le tour de Criméa, et avait même finit par s'étendre à tout le continent. Les plus grands héros étaient tous passé se restaurer au moins une fois ici, des mercenaires de Greil à la brigade de l'Aube, en passant par les chevaliers royaux de Criméa ou les cavaliers saints de Begnion. Ils s'y étaient tous rassemblés une fois, pour fêter leur victoire commune sur les "élus" d'Ashera et le retour à la paix.

Mais c'était il y a longtemps. Aujourd'hui, la taverne était délabrée, la peinture écaillée, les tables fendues, les chaises bancales, le comptoir poussièreux. Et tout ça à cause de quoi? D'une rebellion qui aurait dûe être totalement écrasée bien avant. "Si seulement Elincia n'avait pas été aussi clémente", pensa la magicienne. Malgré le fait que l'ancienne reine était une de ses amies très proche, elle s'était elle-même surprise plus d'une fois à la maudire pour avoir interdit la chasse des rebelles, et cela même alors qu'ils avaient pratiquement réussi à la détrôner une première fois. Le chaos qui avait alors suivi la création de Manath avait plongé son établissement dans un état lamentable. En voulant la défendre contre des soldats passablement éméchés, Largo avait été emmené dans les geôles du château il y avait plusieurs mois. Devant la dégénérescence des évènements, Callil avait envoyé sa petite fille Amy chez Brom, qui avait moins à s'inquiéter de l'ambiance du royaume dans sa campagne reculée. Et depuis, elle était seule face aux buveurs invétérés qui avaient pratiquement élu domicile dans la taverne.

- Allez, plus vite! T'es sourde ou quoi?

En soupirant, Callil apporta une pinte au demandeur qui se jeta avidement dessus, trempant sa barbe grise et du même coup la table déjà parsemée de taches de liquides de toute sorte. Elle retourna derrière le comptoir et se remit à essuyer les verres qui s'y accumulaient. Une silhouette encapuchonnée entra dans la salle, dont la porte restait ouverte pour permettre à un peu d'air pur d'y entrer. Il s'approcha sans un mot de la table la plus reculée de la salle et s'y assit discrètement. C'était sans doute le genre de clients que la mage détestait le plus: ils ne disaient rien, et attendaient qu'on vienne prendre la commande, ce qui nécessitait deux fois plus de trajet que s'ils la disaient en passant ou la criaient de leur place. Elle se dirigea donc vers lui pour lui demander ce qu'il souhaitait, quand elle aperçu le pommeau de son épée accrochée à son côté. aussitôt, elle s'immobilisa.

Cette arme, elle l'aurait reconnue entre mille. Son porteur s'était battu à ses côté devant la tour de Begnion, et ils s'étaient plusieurs fois sauvé mutuellement la vie.

- Sortez, murmura-t-elle.

Dans ce mot, elle inclut toute sa puissance magique, si bien que tous les clients suspendirent leurs gestes, pris soudain d'une peur inextinctible, et sortirent sans un mot de l'auberge. Seul restaient Callil et l'homme encapuchonné.

- Cet endroit n'est plus aussi bien fréquenté qu'à une autre époque, dit-il.

- Si tu étais venu m'aider à contrôler la situation, ça serait tout autre. Je ne peux pas punir ces imbéciles sans mettre le feu à l'établissement, et à tout le quartier du même coup.

L'homme se leva, et releva sa capuche, dévoilant un visage au centre duquel trônait un sourire éblouissant.

- Je suis heureux de te revoir, Callil.

- Et moi tout autant, Zihark, répondit-elle en souriant également. Tu n'es pas venu depuis un bout de temps, dis donc! je commençais à croire qu'"ils" avaient eu ta peau!

- "Ils" sont bien trop occupés à ratisser les restes de Serenes pour continuer les recherches qu'ils menaient envers Lethe et moi.

- Qu'est-ce qu'il y a à Serenes?

- Tu n'es pas au courant? s'étonna le bretteur. Stefan, Lyre et Mordecai ont dû quitter le désert et se sont réfugiés dans les cendres de l'ancienne forêt, d'où ils continuent à lancer des raids contre les chariots de ravitaillement du blocus de Taniquetil. Mais j'avais demandé à Aimee de te prévenir!

- Je n'ai pas vu Aimee depuis au moins trois mois. Tu veux boire quelque chose? demanda la magicienne.

- Si tu as un petit vin pas trop mauvais, ce n'est pas de refus, répondit Zihark en se rasseyant. Le voyage a été long.

- Je vais te chercher ça. Alors, où en est-on du blocus?

- Ils tiennent bon. La surveillance de leurs convois se fait de plus en plus serrée, expliqua l'épéiste pendant que Callil fouillait sous le comptoir en espérant y trouver une bouteille de meilleure qualité que ce qu'elle servait à ses clients habituels. La dernière fois, Lethe et moi avons failli être submergés sous le nombre, et pourtant, je suis habitué à me battre en infériorité numérique. Merci, dit-il quand son amie lui tendit un verre. Bien que, à ce niveau, je ne vaille pas Edward, évidemment.

- Tu n'as toujours pas abandonné l'habitude de le complimenter sans arrêt, en tout cas, remarqua ironiquement Callil.

- Que veux-tu, c'est la vérité pure. Je lui ai appris à se battre correctement quand il a rejoint l'armée de libération avec Micaiah, et en quelques jours il avait dépassé mon niveau et je n'avais plus aucune chance face à lui. Nolan m'a raconté qu'il avait tenu seul un escalier entier de la première salle de la tour de la déesse, alors que Caineghis lui-même avait dû reculer devant les mages de feu. Enfin, tout ça, c'était il y a longtemps... Quand on se battait encore pour l'humanité entière, quand nous étions tous ligués contre un seul et même ennemi. Aujourd'hui, les anciennes amitiés s'entre-déchirent, les amis s'entretuent. Tu étais au courant qu'Oliver s'est remis au trafic d'esclaves laguz? Alors qu'on lui a laissé la vie sauve sous promesse qu'il ne recommence jamais!

- Ike n'aurait jamais dû partir, ça c'est sûr. Mais qui aurait pu prévoir tout ça? Je suis certaine qu'Oliver était sincère sur le moment; mais les circonstances ont fait qu'il a brisé sa parole. Mais je suppose que tu n'es pas venu ici pour me raconter tout ça?

Zihark soupira et reposa son verre. Il se mit à arpenter la pièce pendant un long moment, le regard dans le vide. Il s'arrêta enfin et fixa Callil.

- Amy est-elle en sécurité?

- Oui. Je l'ai envoyée chez Brom.

- C'est bien. Lui et Meg la protégeront efficacement en cas de représailles si nous échouons.

- Dois-je comprendre que ça a commencé? Avant que le blocus ne soit brisé?

- On ne pouvait attendre plus longtemps. Le jeune Berethor II est un empereur faible, son pouvoir est mal assuré et bancal. Les soulèvements ont commencé, et la population n'attend qu'un signe des anciens "héros" pour marcher sur le siège du pouvoir et rétablir les royaumes légitimes.

- Quelle ironie... C'est ce même peuple qui les avait détruit. Mais ça n'ira pas loin sans l'aide de Taniquetil! C'est de la folie de tenter le coup maintenant, Zihark!

- Ce n'est pas moi qui ai décidé cela. Mais avec de la chance, on peut rassembler rapidement une armée rebelle de fortune et se lancer à l'assaut des dirigeants de Manath, avant qu'ils n'aient pu nous arrêter. Et sur notre lancée, on a de grandes chances de toucher au but. Je repars pour la base demain matin. Viendras-tu?

Un silence pesant suivit la question. Depuis plusieurs années, une résistance farouche s'était organisée contre Manath, dont faisait parti une bonne moitié des héros de la guerre d'Ashera. Leurs actions principales étaient l'attaque des convois armés et de ravitaillement; d'autres membres restaient passifs, attendant que le grand soulèvement ait lieu. Callil était de ceux-là. Avait-elle le droit de refuser maintenant que l'espoir était le plus grand?

- Je viens avec toi, Zihark.