Yumeless : Merci de prendre la peine de commenter, ça compte beaucoup pour moi ! Je suis contente que ça te plaise toujours à ce stade là, j'espère que ça continuera ainsi (= Par rapport à la relecture, j'essaye vraiment de faire au mieux, mais ça fait un mois que mes lunettes ne sont plus à ma vue et que j'ai de plus en plus de mal à lire sur un écran... Mais bon c'est pas une excuse, je vais continuer à persévérer ! Merci encore surtout ^^

Chapitre 4

Ce fut le bruit d'une porte qui claque qui tira Ventus d'un sommeil long et réparateur le lendemain matin, lui ainsi que ses trois amis. L'esprit encore embrumé, l'adolescent passa ensuite les secondes qui suivirent à essayer de se rappeler où est-ce qu'il se trouvait, le tapis sur lequel il venait de passer la nuit n'étant certainement pas celui de son salon.

« Ben alors les jeunes, toujours pas levés ? Il est presque 11 heures du matin je vous signale ! s'exclama joyeusement Reno en retirant ses chaussures, et le blond arriva enfin à identifier les lieux.

— La ferme crétin, laisse-nous dormir, marmonna Lea en plongeant sous les couvertures, avant de brusquement en ressortir et de presque crier : Mais au fait, comment ça se fait que tu ne rentres que maintenant ?!

— Hé hé, pour une raison que tes jeunes oreilles d'enfant pur et innocent ne sont pas encore prêtes à entendre, répondit le roux avec un sourire rêveur.

— Putain je le crois pas, elle a vraiment accepté de sortir avec toi et de, et de...

— Arrête de crier crétin, tu me donnes mal à la tête, grogna Isa en émergeant à son tour de sous la couette.

— Laisse tomber, il est bien parti pour ne pas s'en remettre de sitôt, commenta Ienzo en se levant à son tour. Enfin bref, je ne vais pas tarder à y aller. J'avais promis à mes parents d'être rentré pour déjeuner.

— Je vais rentrer aussi, j'avais pas vraiment d'horaire mais je préfère ne pas trop m'attarder, le rejoignit Ventus. »

Leurs remarques semblèrent ramener subitement Lea à la réalité, qui s'empressa de déclarer :

« Pas si vite vous deux, il est hors de question que vous sortiez de cette maison sans nous avoir aidé à ranger d'abord ! »

Les deux adolescents échangèrent un bref regard puis se plièrent de bonne grâce aux exigences du roux – ''qui avait tout de même payé pour les pizza !'' – ce qui ne leur prit au final pas plus de vingt minutes.

« J'aime mieux ça ! conclut Lea une fois le dernier papier de bonbon jeté et les couvertures rangées à leur place. Bon ben puisque vous avez l'air si pressé de partir, à lundi alors ! ajouta-t-il lorsque Ventus et Ienzo se dirigèrent vers la porte d'entrée. »

Ces derniers saluèrent les quatre personnes restées dans la maison puis firent un bout de chemin ensemble, avant de devoir se séparer à environ trois pâtés de maisons de là où le blond habitait.

Ventus prit ensuite tout son temps pour rentrer chez lui, certainement pas pressé de retrouver Xehanort et Vanitas après l'agréable soirée qu'il venait de passer. Il fallait pourtant bien revenir à la réalité à un moment ou à un autre, et c'est la mort dans l'âme que l'adolescent lança un ''Je suis rentré'' dénué de toute conviction une fois à l'intérieur.

« C'pas trop tôt, l'est déjà presque midi et c'est à ton tour de mettre le couvert ! l'accueillit aussitôt la chaleureuse voix de son cousin. »

« Et t'aurais pas pu le faire toi-même, non ?! pensa furieusement le blond en se dirigeant d'un pas traînant dans la cuisine. »

Il y trouva un Xehanort aussi chaleureux qu'une tombe – pour changer – occupé à préparer ce qui ressemblait vaguement à des spaghettis, mais Ventus aurait été incapable de le confirmer avec le dos de l'adulte bloquant une bonne partie de son champ de vision.

Ventus mit le couvert en silence et ne desserra pas davantage les dents lorsque tous trois se retrouvèrent finalement à table, touchant à peine à son assiette. Il fallait dire qu'avec les dizaines de bonbons qu'il avait engloutis la veille et son réveil remontant à à peine plus d'une heure, le blond n'avait pas spécialement faim.

« Alors quoi, monsieur fait la fine bouche ? Ça passe une soirée dehors et ça dénigre déjà ce qu'on a à lui donner ? attaqua Vanitas, un sourire mauvais sur le visage. »

Ventus lui lança un regard noir mais s'abstint de répondre, sachant pertinemment que son oncle n'attendait certainement que ça pour lui tomber dessus. Il se força donc à terminer lentement son assiette sous les remarques sarcastiques incessantes de son cousin jusqu'à ce qu'il la sente soudain arriver, une migraine monstrueuse dont seule sa tête avait le secret.

Celles-ci avaient été très fréquentes durant les mois qui avaient suivi l'accident de voiture responsable de la mort de son père, et les médecins les avaient mises sur le compte du choc violent qu'il avait reçu à la tête au moment de l'impact.

La douleur revenait occasionnellement à présent, mais c'était toujours de manière fulgurante et presque immanquablement provoqué par cette chose qui était censée lui servir de famille.

Il fallait qu'il sorte d'ici.

Ventus engloutit sans attendre les quelques pâtes encore présentes dans son assiette et débarrassa à toute vitesse son couvert, avant de se précipiter dans l'entrée et de sortir en faisant abstraction des appels de Xehanort dans son dos.

L'adolescent commença alors à déambuler dans les rues sans regarder où il allait, souhaitant juste s'éloigner le plus possible de cette horrible maison et tenter de limiter les dégâts en ce qui concernait la douleur.

Il releva enfin les yeux une dizaine de minutes plus tard et constata que ses pas l'avaient mené jusqu'à une immense place constituée uniquement de fontaines dont l'eau claire s'écoulait paisiblement sur les pavés gris.

Ventus se dirigea d'un pas plus tranquille jusqu'à l'un des murs bordant la place et se cala contre celui-ci, assit sur le rebord de l'une des imposantes fontaines. Le blond colla ensuite son front contre la pierre humide et prit de profondes inspirations, comme il avait appris à le faire il y a longtemps.

Cela prit du temps, mais l'adolescent sentit enfin avec soulagement la douleur disparaître complètement puis se releva lentement, les muscles engourdis d'être resté si longtemps assis sur une surface aussi inconfortable.

C'est seulement une fois de nouveau attentif à la réalité que Ventus constata qu'il ne reconnaissait absolument pas les lieux, et n'avait de par la même pas la moindre idée de l'endroit où il pouvait bien se trouver.

« Eh meeeerde, marmonna le blond, avant de commencer à monter les escaliers qui lui permettraient de quitter la place d'un pas traînant. »

Quel merveilleux après-midi il allait encore passer, vraiment.

Ses joyeuses pensées furent brusquement interrompues par une collision intempestive avec un autre être humain, être humain qui se révéla être une jeune femme d'après ce que le blond avait pu brièvement en sentir. L'adolescent s'excusa rapidement et aurait poursuivi sa route sans plus se poser de questions si l'être humain en question ne lui avait pas adressé la parole d'un ton incertain :

« Tu es... Ventus, c'est ça ? »

Le dénommé fit volte-face et se retrouva nez à nez avec la fille de l'autre soir et son ami aux cheveux châtains. Sa légère surprise passée, le blond acquiesça avant de demander à son tour :

« Et vous c'est Aqua et Terra, c'est bien ça ? »

On oubliait pas si facilement des noms si peu communs. Enfin, c'était un peu l'hôpital qui se foutait de la charité là.

« C'est ça, lui répondit Aqua d'un ton joyeux. Et sinon, qu'est-ce que tu fais dans le coin ? ajouta-t-elle en voyant qu'aucun des deux autres n'avait l'air de vouloir prendre la parole.

— Hum, comment dire... »

Ventus passa une main dans ses cheveux, l'air gêné. Après tout, ce serait franchement humiliant de dire qu'il s'était perdu comme un gosse de cinq ans.

Aqua et Terra semblèrent pourtant comprendre l'origine de son malaise et ne firent aucun commentaire, optant chacun pour un simple sourire amusé.

« Si tu n'as rien à faire cet après-midi, tu pourrais venir avec nous, lui proposa alors Terra. Comme ça ça te permettrait de... Connaître un peu mieux les environs. »

Ventus accepta de bon cœur la proposition, soulagé de s'en tirer à si bon compte pour cette fois-là.

C'est ainsi que les trois adolescents prirent tranquillement la direction du centre-ville, leur marche rythmée par la conversation animée dans laquelle ils s'étaient lancés. Si au début Ventus avait eu peur de ne pas savoir de quoi parler avec ces personnes plus âgées que lui, le courant était finalement extrêmement bien passé.

« C'est comme retrouver de vieux amis après des années de séparation, pensa Ventus, quelque peu troublé. »

L'adolescent tâcha de ne pas trop y penser et de fil en aiguille deux heures passèrent sans qu'il n'en ait conscience, et c'est seulement lorsque le ventre de Terra commença à émettre fort peu discrètement son mécontentement que le blond se rendit compte de l'heure qu'il était.

Ventus choisit pourtant de ne pas encore quitter les deux autres lycéens et les accompagna jusqu'à une imposante chambre froide située au beau milieu d'une rue et tenue par un homme de petite taille au teint incroyablement pâle.

Après avoir présenté Picsou – le propriétaire du congélateur géant – à Ventus et acheté trois glaces à l'étrange couleur bleue, tous s'assirent sur un muret pour savourer comme il se doit la friandise.

« C'est salé... Et sucré à la fois, commenta Ventus après avoir donné un timide coup de langue.

— Terra a dit exactement la même chose la première fois, rit Aqua, tandis que le sus-nommé se fendait d'un ''Aqua !'' marmonné dans sa barbe inexistante. »

Le blond se joignit aussitôt à la jeune femme en voyant l'air indigné du plus âgé, puis serait volontiers retourné à son occupation première si Aqua ne lui avait pas demandé :

« Au fait Ventus, tu habitais bien à Illusiopolis avant, non ?

— C'est ça.

— Pourquoi est-ce que ta famille et toi avez déménagé, si ce n'est pas indiscret ?

— Non, c'est bon. Ça faisait un peu plus d'un an que mon oncle en parlait puis il a fini par obtenir une mutation et un meilleur poste que l'ancien ici, c'est tout, répondit l'adolescent d'un ton qui se voulait parfaitement neutre.

— Tu vis avec ton oncle ? enchaîna Terra d'un ton curieux.

— Et avec mon cousin, oui.

— Mais et tes parents alors, ils habitent à l'étranger ? »

L'expression de Ventus se teinta aussitôt de tristesse, et Aqua en aurait presque frappé son meilleur ami pour avoir une fois de plus fait preuve de son tact légendaire. Franchement, il n'en ratait jamais une celui-là !

« Non, ils sont morts. J'aurai préféré aller vivre avec mon grand frère, mais il avait à peine dix-huit ans alors je n'ai pas pu, répondit l'adolescent avec une distance qui renforça le malaise des plus âgés. »

Un silence pesant et gêné s'abattit aussitôt sur leur petit groupe, silence qu'Aqua tenta finalement de briser en demandant :

« Et... Et ton frère alors ?

— Cloud ? Oh, il habite toujours à Midgar avec sa petite amie. Elle est drôlement gentille, ajouta Ventus avec un petit sourire qui dérida presque immédiatement les deux autres.

— J'imagine, oui, conclut Terra. »

C'est ce moment précis que choisit le téléphone portable du blond pour vibrer contre sa cuisse. Ventus extirpa tant bien que mal l'appareil des profondeurs obscures de sa poche droite et lut d'un air contrarié les quelques mots que son tuteur légal avait daigné lui adresser :

« Rentre tout de suite à la maison, je te signale que tu as des corvées et des devoirs à faire. »

« Il faut que j'y aille. »

Ventus sauta souplement au pied du muret puis jeta un coup d'œil à sa glace à peine entamée. La friandise avait commencé à fondre, mais il ne se sentait vraiment pas le cœur de la finir.

« D'accord, à lundi alors. »

Ventus leur sourit à tous les deux.

« C'est ça, à lundi ! »

Il quitta ensuite précipitamment les lieux, puis choisit de se débarrasser définitivement de sa glace au fond d'une poubelle quelques rues plus loin.

Oui vraiment, un merveilleux après-midi.

De son côté, Aqua regarda la silhouette du plus jeune disparaître avec un pincement au cœur, puis murmura d'un ton parfaitement posé :

« Tu es un imbécile.

— Je sais. »

oooOOOooo

Voilà voilà. Les choses commencent à s'accélérer pour mes deux victimes désignées dès le chapitre suivant, à la prochaine les gens !