Hep hep hep :)

débordée, je suis débordée! mais je tiens le rythme de publication! Ouf! C'est déjà ça de gagné. Et pour ceux que ça intéresse, ce qui devait être une fic de 5 chapitres maxi va prendre un gros poil d'importance en plus donc je pense qu'on aura au moins plus de 10 chapitres. Je me passionne pour cette histoire et cette relation et ces deux là sont en train de prendre leur indépendance dans ma tête. Ils décident de ce qui va arriver et pourquoi. Je suis possédée ^^

Enfin voilà. merci Emya pour ton suivi et merci à tous les lecteurs de l'ombre! Parce que bon, sans review négative de votre part, bah moi je prends ça pour on aime tellement qu'on arrive meme pas à taper une review. Et aussi merci aux ajouts de follow ^^ Ca fait plaisir aussi :)

Bon, je vous retiens pas plus hein :)

Excellente lecture - et n'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez ^^


Un soupçon d'orange


Les trois amis avaient mis du temps avant de s'installer. Se disputer pour le lit prouvait que, même épuisés, leur corps et leur esprit pouvaient apprécier la douceur d'un matelas en coton et le confort d'une pièce.

Plus encore, Ron apprit l'importance de ce confort pour ses amis à ses dépends. Trop soucieux qu'Hermione ne s'inquiète pas à son propos, il était descendu au bar pour demander un hibou. Cela lui avait coûté le lit positionné à côté de la fenêtre mais également le lit le plus moelleux.

- Merci les mecs ! Trop généreux ! J'ai l'impression d'être de retour au Terrier ! Mais au moins, je me console en me disant que moi j'ai une petite femme aimante qui m'attend à la maison. » Avait-il déclaré d'un ton philosophe.

- Techniquement, elle m'attend aussi même si je ne suis que le squatteur de la chambre d'amis. » Avait ricané Harry.

Ce n'était pas vrai, l'appartement était à eux trois. Harry avait sa part au même titre que les deux autres mais il aimait se faire appeler le squatteur. C'était extrêmement drôle. Il avait ainsi l'impression de revivre comme chez les Dursley, les mauvais traitements, la faim et le débarras sous l'escalier en moins. Et aussi tante Pétunia et les deux autres. Et les corvées journalières. Enfin, les corvées étaient maintenant réparties entre eux trois et c'était vraiment plus agréable.

Et il pouvait amener du monde sans entendre des hurlements suraigus, ce qui avait certains avantages. Bon, ne plus voir son cousin avec des attributs animaliers lui manquait un peu mais on ne pouvait pas tout avoir dans la vie, n'est-ce-pas ?

Neville ne répondit rien à cet échange, plongé dans ses pensées. Il pensait à sa grand-mère qui l'aimait et qui l'attendait à la maison. Elle devait son ronger les sangs à chaque mission même si elle ne l'admettrait jamais. Elle était fière de lui et du fait qu'il honore le travail de ses parents. Il s'allongea un instant sur son lit moelleux à souhait, essayant d'imaginer sa vie s'il venait à se trouver une épouse et à devenir un auror de renom.

Il sursauta un peu après en entendant la voix d'Hannah.

- Que…

- Tu t'es endormi et les deux autres n'ont pas eu le cœur de te réveiller. Ils sont en bas depuis deux bonnes heures. Hermione est arrivée en courant. Elle a eu très peur pour eux quand elle a vu la lettre de Ron. Je ne sais pas ce qu'il a écrit mais elle a cru qu'ils étaient quasiment morts et enterrés. Elle leur a passé le savon du siècle.

Elle lui annonçait ça avec un sourire tel qu'il en devint contagieux.

- Ils sont à peine marqués… » Affirma Neville souriant. Ses blessures étaient bien plus profondes que celles des deux autres mais pas dangereuses. « Et puis, ils ont connus pire. On a tous connu pire.

Elle acquiesça silencieusement. Ils s'étaient tous sauvés la vie les uns les autres lors de la bataille finale. Hannah avait protégé Neville, il l'avait protégée un peu plus tard, Luna, Ron, Harry, Hermione,… Même les adultes s'y étaient mis. La reconnaissance entre tous les survivants dépassait les limites du raisonnable. Ils avaient tous une dette commune. Même ceux de l'autre camp l'avaient. C'était ainsi. Ils étaient tous des survivants.

- Je t'ai amené le diner. Tu vas manger ça pendant que j'examinerai ton dos. Harry dit que ce n'est pas beau à voir.

- Hannah, ce n'est pas nécessaire, je t'assure.

- Tu me laisses faire. Sinon, j'écris à Augusta. Elle sera ravie de voir à quel point tu es une personne simple, gentille, obéissante…

- Tu es diabolique, Abbot.

*o*o*

Sans la moindre gêne, elle commença à déboutonner sa chemise alors qu'il enlevait sa cravate. L'uniforme des aurors l'exigeait mais rares étaient ceux qui le suivait à la lettre. Hannah l'aida à l'enlever, sachant parfaitement que Neville minimisait ses douleurs et ses blessures.

Elle se revit faire la même chose lors de leur année à Poudlard sous le règne des partisans du mage noir. Avec douceur, elle parcourut du bout des doigts son épaule gauche où quelques cicatrices blanchâtres zébraient la peau. Une retenue particulièrement féroce pour insubordination qu'il avait eue cette année là. Hannah l'avait soigné devant quelques élèves de première année terrorisés qui ne voulaient plus quitter la salle sur demande.

- Tu as encore mal ?

- Non. » Il faillit rajouter qu'elle ne devait pas s'inquiéter de ses blessures mais il retint sa remarque. Etrangement, il aimait son inquiétude. C'était… C'est elle, tout simplement.

Hannah sourit légèrement, un sourire amer. Elle n'aimait pas voir souffrir ses amis. Elle avait toujours peur de les perdre. De recevoir une lettre lui annonçant qu'elle ne les reverrait jamais. Qu'elle ne pourrait pas leur dire au revoir. La mort de sa mère l'avait brisée. Son père et ses amis. C'était tout ce qui lui restait en ce monde. Et peut-être le Chaudron Baveur aussi.

- Retournes-toi.

Délicatement, il se mit de l'autre côté du lit en passant ses jambes au dessus. Elle s'assit là où il se trouvait un instant auparavant et il sentit son regard parcourir son dos.

Il frissonnait. Hannah contempla sa peau marquée par les blessures qui régissait. De froid ? De gêne ? Elle ne voulait pas savoir.

Avec une délicatesse infinie, elle jeta des sorts de guérison sur chaque zone et appliqua ensuite un baume. C'était inutile. Ils le savaient tous les deux. Un sort sur de telles blessures était très efficace et ne nécessitait rien d'autre. Mais elle avait besoin de sentir qu'il était en vie sous ses doigts. Et il voulait ressentir la douceur d'une femme qui prenait soin de lui.

- Tu es toujours aussi délicate.

Il n'eut pas de réponse et soudain, il fut pris dans une étreinte. Elle avait passé ses mains sur son torse et pressait sa poitrine contre son dos. Il ne se souvenait même pas du dernier câlin qu'il avait reçu, cela datait tellement. Et plus que la sensation de cette étreinte, il sentit son cœur se serrer. Se serrer si fort et si longtemps qu'il crut être gravement malade. Sa gorge était sèche et il craignait qu'elle salisse sa blouse avec le baume.

Pourtant, il ne le lui fit pas remarquer parce qu'au fond de lui, il savait parfaitement qu'il s'en fichait un peu. Il leva sa main pour la poser sur celle d'Hannah.

- Merci.

Il avait murmuré, incertain qu'elle puisse l'entendre. Alors, pour toute réponse, elle le serra un peu plus fort contre elle. C'était souvent plus facile pour elle de ne pas parler. Elle préférait agir. Cette étreinte voulait tout dire.

*o*o*

Allongé dans son lit, Neville n'arrivait pas à trouver le sommeil. Il pensait et repensait à cette soirée. Le baume qu'Hannah lui avait donné lui laissait une douce chaleur dans le dos ainsi qu'une odeur légère, entêtante, troublante. Cela le poursuivait. Tout comme le souvenir de cette étreinte.

*o*o*

Hannah frottait doucement le bar, le regard perdu dans le vide. Il n'y avait plus personne ici depuis une bonne heure, chacun était retourné chez lui ou logeait dans les étages supérieurs du Chaudron.

Elle ne pensait qu'à trois de ses clients. Non. C'était faux. Il n'y en avait qu'un.

C'était la faute d'Augusta. Cette vieille femme savait que son petit-fils ne lui parlerait pas de ses ennuis durant ses études. Et comme Neville passait du temps avec ses amis et aimait la facilité que lui offrait le Chaudron Baveur, elle avait chargé la jeune Abbot de veiller sur lui.

Hannah leva les yeux au ciel. Neville était plus fort qu'elle. Il avait montré toute sa force et son potentiel lors de la bataille finale. Même cette année sous le règne des Carrow avait révélé un fin stratège ! Alors, que pouvait-elle faire pour lui ? Augusta avait perdu la tête en lui confiant cette tâche. Cependant, hannah aimait les défis. Et si pour arriver à son but, elle devait se transformer en infirmière personnelle de l'auror Londubat… et bien, elle le ferait.

Elle avait pourtant eu peur en voyant cette peau meurtrie sous les coups. Des coupures et des bleus. Elle devait le protéger. Elle refusait de perdre encore un membre de sa famille.

Bon, il y avait encore du travail. Un baume de soin et un câlin n'étaient probablement pas le meilleur moyen de sauver des vies. Elle se promit de parler de cette théorie à Harry. Après tout… Peut-être avait-il câliné Ron et Hermione pour les protéger durant la guerre.

Donnant un peu d'eau à sa plante – elle avait déjà une feuille ! – elle décida d'aller dormir. Si elle arrivait à dormir…

*o*o*

Hermione avait enfin fini sa journée de cours. Un peu épuisée par les longues heures de travail, elle s'étira à la manière d'un chat. Elle ne voulait pas rentrer chez elle. Ron et Harry étaient en mission et l'appartement était désespérément vide. Modge et Ging avaient encore organisé une semaine de séminaire sur la défense et les garçons ne rentreraient que quelques jours avant Noël. Le Chemin de Traverse était bondé. Elle se dépêcha d'acheter le dernier traité des lois des êtres hybrides en usant des ses privilèges. Acheter des livres tous les jours lui avait permis d'être une VIP et d'avoir accès à une caisse rapide pour ses achats.

Presque hystérique, elle sortit du magasin en sautillant. Ce livre allait être passionnant !

Mais il était hors de question qu'elle finisse seule chez elle. Totalement hors de question. Elle avait bien l'option d'aller voir la famille Weasley mais le calme serait alors un lointain souvenir. Non… Elle avait mieux. Elle avait le Chaudron Baveur !

Elle tapota les briques avec sa baguette et ouvrit le passage. Il était encore relativement tôt et il n'y avait pas beaucoup de clients. Hannah l'accueillit avec un sourire et un clin d'œil lorsqu'elle avisa le livre sous son bras.

- Tu es incurable, Hermione. » Fit-elle d'un air réprobateur.

- Je t'en ai pris un, un roman historique. » Se défendit Hermione avec un sourire vainqueur.

- Yes !

- Et c'est moi l'incurable, hein ?

- Je confirme. Moi, je peux résister deux jours au moins !

- Menteuse.

*o*o*

Ni l'une ni l'autre n'avait envie de rester seule alors elles avaient improvisé une soirée pyjama. Installées dans le lit de la blonde, elles bouquinaient simplement.

- Tu t'occupes vraiment de tout ici ?

- J'essaie. Tom voulait que j'aide à l'organisation et j'ai fini par outrepasser mes devoirs. Je fais de tout ici et je pense que ça lui fait du bien de se délester de ça.

- Il est vraiment courageux de rester ici après tout ce qui s'est passé pendant la guerre.

- Il refuse de me dire s'il y a eu des morts. Il dit que ce n'est pas des histoires pour une jeune fille. Je ne suis même pas sûre qu'il est au courant que ma mère a été tuée dans cette guerre.

- Il le sait. » Affirma Hermione. « Je pense qu'il fait juste semblant de tenir le coup.

- Et toi ?

- Quoi, moi ?

- Tu tiens le coup, Hermione ?

- J'essaie. Je ne peux faire que ça. Les savoir dehors sans moi pour les canaliser me terrifie. Et je suis sûre que tu es dans le même cas que moi. Tu ne supportes plus de ne pas savoir où sont les membres de l'AD et les élèves que vous aidiez, n'est-ce pas ?

Elles se connaissaient trop bien. C'était à la fois merveilleux et terrifiant de savoir ça. Dans un soupir, la jeune Abbot vint nicher son visage dans le cou de son amie.

- Ca passera un jour. J'en suis sûre. Et on aura tous une ribambelle d'enfants ! Harry aura même une vraie tribu comme l'a annoncé cette vieille folle de Trelawney.

Hannah pouffa de rire.

- J'espère pour toi que Ron n'en voudra pas autant.

- J'espère aussi. Deux me suffiront très bien.

- Bon choix.

- Et toi ?

- Si je me trouve un mari, je serai déjà heureuse.

- Hannah !

- Quoi ?

- Tu trouveras. C'est certain. Et peut-être même plus vite que ce que tu crois.

*o*o*

La salle à manger était déjà bien remplie. De plus en plus de monde venait sur le chemin de Traverse pour Noel et Hannah était ravie.

Les sorciers anglais avaient l'habitude des lieux et ne posaient aucun problème. Les sorciers étrangers par contre… Elle ne leur reprochait rien mais il était vrai qu'ils avaient tendance à vouloir s'installer au Chaudron, à prendre tous leurs désirs pour des ordres et à vouloir régenter les lieux. Ils se fichaient bien de qui était à leur service et demandaient toujours pour visiter les haut-lieux qui avaient été au centre de la guerre. C'était un tourisme morbide et Hannah avait l'impression que les couleurs foncées du Chaudron Baveur renforçaient ce côté morbide.

Les moldus qui ne connaissaient pas les lieux nécessitaient une surveillance – au moins pour les aider à passer d'un monde à l'autre – et cela lui faisait une masse de travail. C'était chouette, ils avaient une candeur et une telle innocence face à la magie que cela était adorable à voir. Tom était gérant du Chaudron, pas le passeur mais il aimait les aider. Hannah commençait à avoir peur d'arriver à tout contrôler. A eux deux, pouvaient-ils s'en sortir ? Déjà, il fallait essayer de garder ses chambres pour les sorciers anglais. Ces étrangers lui pompaient l'air. Elle était même prête à les faire dormir dans les sous-sols de Gringotts avec un dragon si ça lui permettait de ne plus les entendre jacasser.

Soudain, elle eut une idée. Lumineuse. Elle savait exactement quoi faire.

*o*o*

Tom fixait d'un œil amusé son associée qui transportait des gros pots étranges. Moldus probablement.

- Tu m'expliques ?

- Nous allons faire un peu de neuf ici.

- Le vert du bar ne suffit pas ?

- Non. J'ai ramené de la peinture moldue. Mon père en est fan depuis que ma mère lui avait fait découvrir. Donc, s'il te plait.

Elle lui colla un pinceau dans les mains.

- C'est quoi ?

- Ton nouveau meilleur ami !

- Mais encore ?

- Nous allons décorer à la manière moldue !

- Non ?! » Tom semblait effaré. Et il l'était. Elle plaisantait hein? Il n'allait quand même pas devoir tartiner les murs avec ce truc poilu? « Mais tu sais, le résultat est plus net avec la magie !

- Certes. Mais c'est nettement plus amusant de le faire soi-même !

Elle rigolait comme une petite fille. Tom n'eut pas le courage de la contredire. Ca lui faisait du bien de voir tant d'enthousiasme.

Ils tartinèrent généreusement la porte d'entrée ainsi que la partie inférieure du bar. Les sorciers qui passaient là fronçaient les sourcils devant leur tenue et la myriade de tâches sur leur figure et leurs vêtements. Certains choisirent de ne même pas s'attarder devant une attitude si peu… sorcière. Les nés-moldus et les moldus de passage étaient pour leur part amusé et certains vinrent même les aider.

*o*o*

Il avait été convenu que les trois apprentis aurors viennent rechercher Hermione à la fin de leur séminaire. Sitôt entré, la jeune femme avait accouru pour se pendre à leur cou.

- Bonjour à toi aussi, Hermione. » Fit Harry en riant tandis que Ron lui donnait un baiser enflammé.

Elle ne répondit rien mais la voix de Neville surprit les clients qui les regardaient, amusés.

- J'adore cet orange ! C'est super ! Tom, vous avez eu une idée de génie !

Le Chaudron Baveur était un peu étrange. Toujours aussi sombre qu'auparavant, il y avait maintenant deux grosses tâches de couleur vive. C'était à la fois incongru et étonnant. Mais Neville venait d'avoir une révélation.

- Splendide !

Hannah, qui était derrière le bar pour refaire le stock de bouteilles, rougit. Elle savait parfaitement qu'il parlait de la déco et non d'elle… Mais elle ne put s'empêcher de rougir.

C'était très bête et elle en avait conscience. Heureusement personne ne sembla s'en formaliser et Tom ne fit que répondre qu'il avait choisi la couleur. Sa jeune associée leva les yeux au ciel. Ces hommes, tous les mêmes.