Auteur : SoapMiso.

Genre : UA, Drame, Tragédie, Angst, Horreur.

Disclamer : les personnages sont à Masashi Kishimoto.

Reviews : Dark-lee : Je peux comprendre que le pavé t'est rebutée. Moi-même je n'aime pas les gros pavé qui pète les yeux, j'ai essayé de le couper pour qu'il soit plus simple à lire, mais ça ne me plaisait pas, ça enlevé le côté « carnet ». Mon seul conseil est : essaye de le lire en inversé (tu peux faire ça en cliquant sur « Dark » en haut à droite) ou tout simplement avec la lumière allumé.

Kawu93 : Rââââh, la question qui tue tout ! Eh bien, je ne l'attendais pas spécialement pour te dire. Et je n'ai pas très envie d'y répondre non plus (je vais juste vous foutre la frousse). Mais comme ce n'est pas poli, je vais le faire quand même. Les faits que je décris à travers la bouche de Sai sont des faits que j'ai lus, écrit noir sur blanc. Après, contrairement à Sai, je ne suis pas allé les vérifier (ce qui ne serait, je crois, pas possible, je me vois mal allé inspecter des rapports militaires) mais l'auteur du livre que j'ai lu, serait, selon lui, allait vérifier tout ça. Bon, je reste septique, la presse à bien fait croire au peuple français pendant la première Guerre Mondiale que les balles allemandes passaient à travers les corps des soldats français en les chatouillant. Comme quoi, avec des soit disant preuve, on peut faire croire n'importe quoi à n'importe qui. Mais je dois avouer que ce livre qui ressemble au premier abord à une blague, est très bien écrit. Et surtout, que tous les faits se tiennent et sont parfaitement logique. Effrayant je dois dire. Je t'avoue en avoir même fait des cauchemars. Alors à la question : crois-tu aux zombies ? Je réponds que je préfère ne pas y croire.

Malila : Non, non, non, non, non, non, non, non, non, non ! Sai n'est pas « une travestie », c'est un transsexuel ! Et j'aimerais que PERSONNE ne CONFONDENT parce que c'est un sujet qui me tient A CŒUR. Confondre un transsexuel et un travestie, c'est comme confondre punk avec un bouddhiste, ça n'a rien à voir ! Punk, c'est une façon de s'habiller et bouddhiste, c'est une foi. Travestie, c'est une façon de s'habiller et transsexuel, c'est une foi. Un ou une travestie c'est un homme qui s'habille avec des vêtements de femme ou une femme qui s'habille comme un homme (quoique le terme soit injustement employé uniquement pour les hommes). Un transsexuel ou une transsexuelle, c'est un homme qui est né dans un corps de femme ou une femme qui est née dans un corps d'homme. Les transsexuel(le)s ont la foi de leur identité, qu'ils aient un corps d'homme ou de femme, leur sexe n'est pas basé sur le corps mais sur le mental. Si une personne née femme se sent homme dans sa conscience, dans son mode de pensé, dans sa vie et dans son âme, et si cette personne a dans l'intention de suivre une démarche hormonal et subir des opérations, alors se sont des transsexuel. C'est le cas de Sai dans cette fic. Donc à ne pas confondre, ce n'est pas une femme qui s'habille comme un homme, c'est un homme qui est enfermé dans un corps de femme et qui compte suivre des démarches pour changer ça. C'est-à-dire : ablation de la poitrine, de l'utérus et reconstruction génitale. Dans ma fic, Sai n'en est pas à ce stade. Les démarche, rien que pour le traitement hormonal, sont extrêmement compliqué et peuvent prendre des années. Sa « voix de gamin forcée » signifie que Sai ne prend pas d'hormone et donc qu'il n'a pas commencé d'injections de testostérone, par conséquent, sa voix n'a pas mué et a gardé le timbre aigu de sa condition physique. Donc vraiment, ne confondez pas, parce que les confondre avec des travestie est une profonde insulte pour la communauté transsexuelle. Malila, ce pavé n'était pas spécialement à ton égard, mais pour toutes les personnes qui ne savaient pas faire la différence entre travestie et transsexuel. Tu as juste été la première à faire l'erreur. Pour répondre à ta review, oui la fic est fini (dans ma tête) mais je n'ai pas écrit tout les chapitres non, j'ai juste la totalité des évènements dans le crâne. Et effectivement mon Sasuke est plus bavard et sympathique que dans le manga (c'est pas plus mal). Et pour finir : hein que oui il est cool mon Sai ! Je l'aime ! C'est mon préféré ! Et non, je ne te dirais pas s'il va mourir ou non, je ne vais quand même pas gâcher la surprise. )

Eva'tebayo : Non, effectivement, c'est juste les premiers marquages qui sont compliqué ! Resident Evil ! Une histoire de zombies ! Etonnant ! Pourquoi « presque » dommage ! Mais pourquoi vous ne l'aimez pas ! Il est génial ! C'est mon Sai T_T ! Si tu ne l'aime pas dans le manga avoue que dans ma fic tu l'aimes ! Allez dis-le que tu l'aimes ! Dis-le ! DIS-LE ! Bien. Suite à ce débordement, je réponds en vitesse à ta dernière question (en même temps qu'à celle de Milianneloke) : oui, oui, ne vous inquiétez pas, Naruto arrive (bon pas maintenant mais il arrive, le prochain qui me demande « C'est quand que Naruto arrive ? » je l'envoi se faire foutre (nan mais c'est vrai quoi,posez pas la question ! Vous verrez !)). L'histoire prend son temps. N'accélérons pas les choses. (Désolé mais j'ADORE Sai alors je ne SUPPORTE PAS qu'on me dise qu'on ne l'aime pas. Je suis très tolérant, vraiment, mais là c'est pas possible… XD)

ContreInverse : Bon, je sais que tu m'as posé trois mille questions mais je réponds qu'à une (parce que les autres auront leurs réponses dans l'histoire en temps et en heure). Tu dis avoir repéré une incohérence, je dis : tant mieux t'as pas vu les trente six autres ! Mon histoire est BOURREE d'incohérences ! Tu n'as pas vu la plus grosse mais tu as vu la plus facile à repérer ! Et bien : pourquoi Sasuke et Hinata son fringués alors qu'au début de l'histoire ils étaient censé dormir ? Tout simple : j'avais pas envie de faire crapahuter partout Sasuke et Hinata en pyjama. xD Alors pour ceux qui veulent quand même une explication : on va dire qu'Hinata avait fait une crise et voulait pas enlever ses fringues de la veille (la crado) et Sasuke c'est endormi en lisant un bouquin (de poésies) et il s'est endormi cash sans enlever ses fringues (voilà !).

Bonne lecture.

/ ! \ Violences morales et physique. Âmes sensibles, s'abstenir.


Solanum.

Sai (Deuxième partie)

Sasuke Uchiwa – Journal de bord.

19/09/2010 – 9h22.

La route à était longue jusqu'au prochain village. En arrivant, plusieurs zombies nous ont attaqués. Ma frayeur n'a pas été de les voir, ni de les entendre ou de les sentir, non, ma frayeur a été de constater que je commençais à m'habituer à eux comme à une présence faisant partie de mon quotidien. La ville déserte ne nous a offert aucun refuge, aucuns corps ne gisaient sur les trottoirs, Sai en a conclut que l'attaque avait eu lieu bien avant celle de notre ville et que les morts s'étaient déjà relevés, aussi, nous ne nous y sommes pas attardés. Hinata s'accommode de plus en plus à la présence de Sai. Un peu trop. Et mon cœur se serre à l'idée de son départ imminent. Il se serre bien plus encore à l'idée que ce sera à moi de presser la détente. Pourrai-je tirer sur Sai le moment venu ? En aurai-je seulement le courage ?

Que l'on me pardonne…


Sasuke regardait les quinze zombies progresser vers lui avec lenteur. Un pas toutes les secondes et demies. Son cœur battait la chamade dans sa poitrine. Une goutte de sueur glacée descendit sur son flan gauche et fut aspiré par le tissu de son jean. Le vent tourna et amena jusqu'à ses oreilles le gémissement atroce des zombies, se répercutant contre la face rocheuse de la muraille de pierre située à sa droite.

Un des morts tendit brusquement son bras vers lui avec un gémissement rauque, faisant sursauter Sasuke qui sentit son cœur rater un battement. Puis un second. Le zombie manqua de tomber à terre, déstabilisé. Sai avait raison quand il disait que les goules évaluaient mal les distances. Il se trouvait à une quinzaine de mètres des monstres. Il aurait pu tourner les talons et prendre la fuite, mais il n'en fit rien.

L'odeur de charogne commençait à devenir insupportable et il crut qu'il allait tourner de l'œil. Les zombies continuaient leur progression. Toujours plus proche. Leurs gémissements se répercutant en échos dans son crâne, à un tel point qu'il crut qu'il allait en devenir fou. Mais qu'est-ce qu'il fabrique ?

Comme pour répondre à sa question muette, un grondement retentit dans la vallée et un éboulement fit s'écrouler une quantité incroyable d'énormes pierres sur le crâne des zombies.

Les rochers percutèrent les goules avec un bruit sec d'os brisés et de chair écrabouillée.

Sasuke leva la tête vers la source de l'éboulement et lança un regard noir à Sai qui l'observait du haut de la paroi rocheuse, un sourire victorieux aux lèvres. Sasuke croisa les bras sur son torse et tourna la tête sur le côté avant de crier à l'adresse du garçon :

« T'en as mis du temps ! »

Sai descendit en glissant le long de la paroi et atterrit sur l'éboulement. Sous ses pieds, les zombies avaient cessé leurs plaintes morbides et leurs mouvements désordonné. Sai sourit.

« T'as eu peur ? »

Sasuke ne répondit pas et releva la tête vers sa cousine qui jetait de petits cailloux du haut de la paroi rocheuse sur ce qui avait été des zombies. Sai rigola en appuyant ses mains sur ses genoux pour reprendre son souffle, l'effort pour avoir poussé ses lourdes pierres ayant été rude. De la sueur et de la crasse recouvrait ses bras, son cou et son visage.

Sasuke lui jeta un regard dédaigneux, mais quelque chose lui fit écarquiller les yeux. Sai avait retiré son blouson et ne portait plus qu'un débardeur blanc. Penché en avant, le tissu s'était détendu et laissait voir deux rondeurs au niveau de la poitrine. Sai remarqua son regard et se redressa vivement en se détournant, gêné et honteux. Sasuke détourna le regard et tenta d'oublier. Sur l'un d'eux, il avait remarqué une énorme contusion violette.

Sasuke murmura :

« Tu devrais soigner ta blessure. »

Sai lui répondit en ramassant son blouson qu'il enfila :

« Inutile. C'est déjà cicatrisé. Les zones infectées par le solanum guérissent en à peine une heure.

-Tu as des bleus. »

Sai tira sur sa fermeture éclair.

« Je sais… »

Le jeune homme se rassit, le visage troublé. Une expression de peur et d'angoisse mal dissimulé sur son visage. Sasuke reporta malgré tout ses yeux sur Sai et maugréa, pour changer d'ambiance :

« Pourquoi c'est moi qui joue l'appât ? »

Question à laquelle Sai se fit une joie de répondre.

« Parce que j'ai plus de force physique que toi. Et ça, même si tu es trop fier pour l'avouer. »

Sasuke détourna le regard, dégouté. Lorsque Sai avait repéré les zombies et avait élaboré ce plan, les garçons avaient dû faire un test pour savoir qui jouerait le rôle de l'appât, puisqu'il n'était pas question d'utiliser Hinata, trop imprévisible. Le test avait consisté à soulever de simples rochers, celui qui le soulèverait avec le plus de facilité serait celui qui ferait tomber les lourdes pierres sur les têtes des morts-vivants. Sasuke avait été choqué de voir la facilité avec laquelle Sai avait soulevé son caillou, alors que lui-même avait eu plus de mal. Son humiliation avait été plus intense encore du fait que Sai présenté tout les symptômes d'une vilaine fièvre. Le jeune homme avait, pour se rassurer, élaboré l'idée que la force physique de Sai était dû à sa lente transformation en zombie.

Sasuke jeta un œil à Sai, mauvais, et marmonna, dédaigneux :

« Tu ferais mieux de descendre de là. On sait jamais. »

Sai sauta à terre et demanda :

« On sait pas quoi ?

-Les zombies pourraient soulever les pierres et t'attaquer.

-Ne dis pas de bêtise.

-Ils ont plus de force physique que les humains normaux.

-Non, pas du tout.

-Sai, l'un d'entre à failli me broyer la jambe.

-C'est parce que, contrairement aux humains qui ressentent la douleur, les zombies ne subissent pas de crampes ou de douleurs musculaires. Ils ont autant de force que lorsqu'ils étaient humains, mais cette force est utilisé au maximum en permanence alors ils te semblent plus fort. En réalité, ils ont juste la force d'un être humain moyen particulièrement motivé. »

Sai s'assit sur un des rochers de l'éboulement.

« Et en principe, quand un humain attrape quelqu'un, il n'y met pas toute se force. Les zombies si, puisqu'ils ne la contrôlent pas. C'est exactement la même chose avec leur ouïe et leur odorat, elles sont poussées à leur maximum. Tu sais que j'ai lu que les êtres humains n'utilisaient en vérité que 5% de leurs capacités ? Imagine qu'elles soient utilisées à 100%. »

Hinata frappa le sol de ses pieds en geignant. Sasuke se plaça sous la jeune fille et tendit les bras vers elle. Hinata s'assit au sol et se lassa glisser jusque dans les bras de Sasuke. Elle se débattit pour quitter son étreinte et se dirigea vers Sai à côté de qui elle s'assit. La jeune fille retira son sac-monstre de son dos et l'ouvrit avec difficulté. Ceci fait, elle en sortit une pomme verte qu'elle tendit au garçon. Sai la prit en la remerciant et croqua dans la chair tendre du fruit.

Sasuke regarda la jeune fille lui sourire et refuser d'un mouvement de tête le morceau de pomme que Sai lui tendait avant de sortir un second fruit qu'elle porta à sa bouche avec un sourire complice pour le garçon. Sasuke refoula un sentiment amer. Hinata s'était vraiment attachée au jeune homme. Peut être qu'en d'autre circonstance Sasuke en aurait été heureux pour elle. Mais cet attachement lui rappelait avec amertume que la présence de Sai à leur côté était éphémère. Le garçon, contaminé, n'avait en réalité plus que douze heures à vivre. Même s'il ne comptait pas les heures de coma, ce temps qui lui resté était ridiculement court. Et Sasuke savait qu'en réalité, il en avait bien moins, le garçon refuserait d'atteindre un stade trop avancé dans sa transformation. Son index se crispa. Un rayon de soleil se refléta sur le Colt Cobra coincé à la ceinture de Sai et Sasuke sentit son sang se glacer dans ses veines. Qu'allaient-ils faire sans Sai ? Qu'allait-il faire ?

« Tu devrais t'assoir Sasuke. Ça fait deux heures qu'on marche.

-Je ne suis pas fatigué.

-Comme tu veux, mais ne viens pas te plaindre après. »

Sasuke lui lança un regard noir. Le prenait-il pour un gamin ? Sai finit sa pomme et jeta le trognon sur le bord du chemin. Hinata l'imita et lança son fruit presque intact. Le silence régna entre les trois adolescents. Sasuke, resté debout, sentit une légère fatigue l'assaillir, mais sa fierté l'obligea à ne pas s'assoir avec Sai et Hinata. Il jeta un regard en coin au jeune homme. Sai avait les yeux fixé sur la route, sourcils froncés, plongeait dans ses pensées. Il finit par relever la tête et murmura :

« Sasuke, assied-toi s'il te plait, j'aimerai te parler. »

Sasuke failli refuser, mais le ton de Sai était trop sérieux pour qu'il se permette de jouer les arrogants. Il décroisa les bras et s'installa au côté de Sai. Celui-ci releva la tête et dit sans le regarder :

« Quand vous arriverez à la prochaine ville, si tu sens qu'il n'y a pas de trop grands dangers, trouve une pharmacie. Ça vous sera surement utile. Et, si tu trouves, des jumelles aussi. On a prit un risque tout à l'heure. Les zombies auraient pu nous voir. On a eu de la chance. »

Sasuke ne dit rien et se remémora la scène.

Ils avaient quitté la dernière ville depuis plus d'une demi-heure. Le soleil s'était levé tôt et déjà il leur brûlait la peau. Les trois adolescents marchaient sur une route de terre. Hinata avait lâché la main de Sasuke et gambadait joyeusement dans l'herbe bordant le chemin. Les deux garçons n'étaient pas sur leur garde. Sai proposa de couper à travers les collines, pour arriver plus vite au prochain village. Ils étaient en train de grimper une colline lorsque Sai se coucha brusquement à terre. Sasuke eu le reflex de s'allonger sur le sol lui aussi, saisissant brusquement Hinata par les vêtements pour qu'elle se couche à terre. Avant qu'elle n'ait le temps d'émettre un son, il plaqua une main sale sur ses lèvres. Le jeune homme avait légèrement relevé la tête. En bas de la colline, à une trentaine de mètres, une quinzaine de zombies immobiles étaient dispersés sur un rayon de dix ou vingt mètres. Sai murmura, horrifié :

« M-merde… putain… »

Sasuke sentit son cœur s'accélérer et la peur s'insinuer dans son cerveau. Il contracta violement sa main sur la bouche de Hinata qui, mécontente d'être retenu à terre, commencé à geindre et à se débattre. Sai porta un doigt à sa bouche, geste que Sasuke reconnaissait maintenant comme étant un signe de camouflage. Le vent s'embla jouer encore une fois en leur faveur puisque Sai ne montra pas d'avantage de raison de s'inquiéter. Le jeune homme scruta les environs, toujours à plat ventre, et pointa du doigt une paroi rocheuse en contrebas.

« Par là. »

Les trois jeunes s'y rendirent et Sai élabora son plan. Sasuke fut, malgré lui, désigné comme appât. Hinata suivi le garçon qui grimpait en haut de la paroi en lui lançant ses dernières recommandation :

« Et n'oublis pas, tu les attire en hurlant et en bougeant les bras. Ne t'en fais pas, tu ne risque rien, ils sont trop lents. »

Sasuke n'en doutait pas mais il n'en restait pas néanmoins inquiet. Il s'exécuta, la peur au ventre, et remit sa vie entre les mains de Sai.

C'est vrai qu'à ce moment là, voir les zombies sans prendre le risque d'être vu aurait été bien pratique. Sai continua.

« Et si tu peux prendre des armes, prends en. Un conseil, la carabine semi-automatique est la meilleure arme tueuse de zombie qui soit et-

-Pourquoi tu me dis tout ça, Sai ? »

Le garçon se tourna vers lui, les yeux ronds. Ils plongèrent dans les yeux l'un de l'autre et s'observèrent pendant un moment indubitablement long. Sai baissa un instant les yeux, rompant le contact, puis les releva pour les plonger de nouveau dans ceux de Sasuke. Son visage se crispa, et il murmura d'un air terriblement sérieux :

« Parce que je ne tiendrai pas jusqu'à la prochaine ville. »

Un vent glacé sembla s'être abattu sur les deux garçons. Sasuke sentit ses entrailles se nouer et une sueur froide lui recouvrir le dos. Voilà… c'était dit. Sasuke ne voulu pas y croire. Il fit un sourire crispé.

« Qu'est-ce que tu racontes. Tu vas rester avec nous…

-Il ne me reste pas assez de temps Sasuke. »

Sai détourna la tête et ses yeux se perdirent sur l'horizon. Le silence retomba et Sasuke n'eut pas le courage de le briser. Il aurait tellement voulu lui dire qu'il avait tort mais les mots restaient coincés au fond de sa gorge. Et mentir ne rimerait à rien. Il aurait voulu lui dire qu'il était désolé autant que Sai aurait voulu vivre. Sans le regarder, Sai tendit sa main et saisi mollement celle de Sasuke. Il tourna la tête vers lui pour le regarder dans les yeux en même temps qu'il guidé la main de Sasuke jusqu'à son front. Sasuke posa délicatement les doigts sur le front pâle et moite de Sai et s'y brûla. Le bout de ses doigts brûla au contact du front bouillant de Sai et le jeune homme lui murmura, dans un chuchotement presque intime :

« Je ne vais pas tarder à délirer… »

Sasuke comprit qu'il n'y avait plus rien à faire. Et qu'il n'y avait jamais eu rien à faire. L'intime moment se brisa quand Hinata poussa un gémissement sonore pour faire connaître aux deux autres son ennui. Sai lâcha la main de Sasuke et se tourna vers la jeune fille avec un sourire, imitation parfaite de la normalité. Quelque chose se brisa dans le cœur de Sasuke. Quelque chose qui portait le nom de « espoir ».

Sai se leva en s'exclamant qu'il était temps de reprendre la route. Le chemin se fit en silence. Sasuke observa le paysage, la main de Hinata dans la sienne. La route était bordée de massifs rocheux. De parois de pierre ils étaient passés à de hautes falaises brunes et couvertes en partie de verdures. Il repensa aux paroles de Sai et se demanda dans quel genre de magasin on pouvait trouver des jumelles. Il se tourna vers Sai pour le lui demander et suspendit son geste. Le garçon n'était plus à ses côtés. Il se retourna vivement et l'aperçu environs dix mètres derrière, une main sur le cœur.

Sasuke s'approcha, méfiant :

« Sai ? »

Le garçon ne lui répondit pas. Il respirait bizarrement. Son souffle était rauque et saccadé. Brusquement, son corps eu un soubresaut et il plaqua vivement une main sur sa bouche avant de s'écrouler au sol et de vomir, genoux à terre. Sasuke se précipita sur lui, lâchant la main de Hinata. Le garçon recracha un flot de bile translucide, une main sur la gorge, les yeux écarquillés. Sasuke s'agenouilla à ses côtés et apposa ses mains sur son dos. Sai cracha. Son vomissement s'était stoppé mais il eu encore quelques spasmes. Il se tourna vers Hinata qui tapait des pieds en gémissant, les mains sur les tempes.

« T'in-t'inquiètes pas, Hi-Hinata, je… je vais bien. »

La jeune fille poussa une plainte plus sonore, frappant le sol de ses pieds plus violemment.

« Hina-ungh ! »

Sai plaqua vivement une main sur son front, s'agrippant à la chemise de Sasuke de l'autre. Sasuke le maintint debout en s'exclamant, la mine anxieuse :

« Sai ! Est-ce que ça va ? »

Il savait très bien que n'allait pas mais la question avait tout de même franchit ses lèvres. Sai grimaça de douleur.

« Hungh… Ma-ma tête… j'ai mal… »

Le garçon poussa un gémissement aigu, une main toujours plaquait sur le front, l'autre se raccrochant à Sasuke. Brusquement il releva la tête et scruta l'horizon, les yeux grands ouverts, une lueur effrayée au fond de ceux-ci.

« J'ai entendu un bruit de moteur. »

Sasuke fronça les sourcils. De quoi parlait-il ? Sai le repoussa et sortit son revolver. Sasuke sentit un vent de panique lui compresser les entrailles. Il murmura avec méfiance :

« Il n'y a pas de bruit Sai.

-Chut ! Si. Ecoute. Une voiture approche. Je suis sûr qu'une voiture approche. »

Sasuke tendit l'oreille. Aucun son ne filtra à part celui des oiseaux. Il jeta un regard désespéré à Sai. Alors ça y'est. C'était fini.

« Je ne vais pas tarder à délirer. »

Sai perdait la tête. C'était venu si vite. Sasuke avait cru qu'il aurait encore un peu de temps. Il ferma les yeux. Puis l'entendit. Le son caractéristique d'un moteur qui tourne et de pneus qui crissent sur une route en terre. Il rouvrit brusquement les yeux. Sai l'attrapa par le bras et le tira hors de la route. Il poussa brutalement Hinata et Sasuke derrière un rocher au pied d'une falaise. Sasuke se griffa la peau sur les ronces recouvrant la pierre. Les garçons restèrent immobiles, cessant de respirer. Quelques secondes plus tard, une voiture tout terrain passait à environ cinquante mètres de leur position. Sasuke plissa les yeux. Il ne pouvait pas voir le conducteur mais un homme parfaitement visible se tenait assis à l'arrière découvert d'un Pick-up. Une goutte de sueur glacée dégoulina le long de sa tempe alors qu'il fixait de ses yeux écarquillés l'énorme arme que l'homme maintenait contre son épaule. Sasuke entama un mouvement pour se redresser mais une main le saisi vivement par le col et l'envoya le cul par terre.

« Putain mais qu'est-ce que tu fous ! »

Sasuke tourna la tête sur le visage luisant de Sai. Il reporta ses yeux sur le Pick-up en murmurant :

« Ils ont des armes…

-Ce n'est pas prudent !

-Ce ne sont pas des zombies, ils vont nous aider…

-En temps de crise les humains sont aussi dangereux que les zombies !

-Qu'est-ce que tu racontes ! »

Sasuke fixa un regard exaspéré sur Sai. La fatigue lui faisait perdre son sang froid et il commençait à être fatigué que Sai le contredise.

« Qui te dit que ce ne sont pas des pilleurs ? Tu ne trouve pas bizarre qu'ils soient aussi bien équipés alors que l'attaque zombie était une surprise pour nous tous !

-Et qui te dit que ce ne sont pas juste des secours !

-Le risque est trop grand !

-Tu n'en sais rien !

-Toi non plus ! Je ne serais pas toujours là pour veiller sur vous, Sasuke ! Tu ne dois jamais oublier que le danger est partout ! Tu ne dois pas faire confiance à n'importe qui et surtout pas à des types armés jusqu'aux dents ! Ils sont louches, Sasuke ! »

Sasuke détourna le regard et observa le Pick-up disparaitre. Peut-être Sai avait-il raison. Ces mecs auraient pu les prendre pour des zombies et leur trouer la peau. Quel crétin il faisait. Dire qu'il s'était promis de protéger Hinata et voilà qu'il se jetait dans le premier piège venu.

« Qu'est-ce qu'on fait alors ? »

Sai scruta les environs, le Pick-up était loin. Il se redressa lentement, observant les alentours et murmura :

« On va chercher un abri. »

Les trois jeunes gens reprirent la route. Marchant vite et s'assurant de toujours être à couvert.

Une demi heure de marche plus tard, ils aperçurent à quelques centaines de mettre plus loin ce qui ressemblait à une station service. Sai s'arrêta, plissa les yeux. Sasuke fit de même.

« Il y a peu de chance qu'un zombie se soit aventuré dans ce bled paumé, on pourrait aller voir et appeler des secours. Si jamais des zombies sont passés par là, dans ce genre de station service, il n'y a que deux, maximum trois, employés. Dans le pire des cas, ça fait trois ou quatre zombies encore sur place. C'est un risque que l'on peut prendre. »

Sai le regarda dans air surpris avant de murmurer :

« Bravo. »

Il reporta son regard sur la station.

« Mais tu oublies le fait qu'il soit possible que la station est été attaqué par plus d'un zombie. Ou bien que le ou les zombies en question aient été abattu et que les employé de la station soient aux aguets, près à nous trouer la peau. »

Sasuke fronça les sourcils. Il devait être plus vigilent dans son analyse. Si la théorie de Sai s'avérait vrai, il aurait fait courir un risque à Hinata.

Sasuke écarquilla les yeux et frissonna. Il venait de résonner comme si Sai n'était plus avec eux. Il tourna vivement sa tête vers le garçon. Son regard était vitreux et ses lèvres gercées. Une sueur luisante recouvrée son front, ses joues et son cou. Combien de temps encore ?

« La premier danger ne me parait pas plausible. Aucune raison ne pousserait plusieurs zombies à ce suivre. Mais la seconde est tout à fait possible. C'est dans ce genre de cas qu'il nous faudrait des jumelles ! On aurait pu voir ce qu'il se passe dans cette fichue station. »

Sai avala sa salive et s'humecta les lèvres. Il baissa la tête un instant puis la releva en sortant son arme, l'air déterminé.

« On va voir, mais tant qu'on est sur de rien on reste à distance. »

Les environs déserts de la station ne jouaient pas en leur faveur. Les garçons avancèrent prudemment, les genoux pliés, Hinata collait à Sasuke qui avait passé un bras autour de sa taille. La jeune fille ne savait pas ce qu'il se passait, mais elle imita les deux autres, genoux pliés, en les observant de ses grands yeux candides et surpris. Devant la station, cinq ou six voitures étaient proprement garées. Des vielles caisses pourries, surement là en réparation. Arrivés à une dizaine de mètres de la station, Sai murmura, les yeux plissés :

« Danger numéro deux écarté. »

Il se mouvait prudemment, se rapprochant d'une des fenêtres de la station, le Colt serré dans ces deux mains. Il fit un mouvement indiquant aux deux autres de se cacher derrière une des voitures. Sasuke s'avança vers la plus proche. Le regard braqué sur les vitres du véhicule. Il s'approcha en douceur, l'angoisse qui montait en flèche lui fit resserrer sa prise sur Hinata. La jeune fille ressentie toute la peur de Sasuke et elle s'agrippa à sa chemise, collant son visage livide d'une peur dont elle ignorait la raison contre l'épaule de Sasuke. Le jeune homme ramassa dans sa progression une longue barre métallique rouillé et rugueuse qu'il serra entre son poing, près à s'en servir. Arrivé à un mètre de la voiture, il serrait si fortement son arme de fortune que celle-ci s'était enfoncé dans sa chair. Il scruta l'intérieur du véhicule à travers la vitre passager. Pas un mouvement. Elle semblait parfaitement vide. Ses battements de cœur se calmèrent. Puis rata un battement. Quelque chose avait bougé sur la banquette arrière. Dans un réflexe défensif, Sasuke abattit violemment la barre rouillée contre la vitre arrière. Le carreau se brisa dans un fracas de débris de verres. Hinata poussa un grand cri aigu et tenta d'échapper à la prise de Sasuke. Le jeune homme fixa de ses yeux exorbités la banquette arrière. Pas un mouvement. La banquette était vide.

« Calme-toi. »

Sasuke se retourna vivement, levant son arme. Arme qui stoppa sa course à quelques centimètres du visage de Sai. Le garçon avait levé les mains à hauteur de la poitrine de Sasuke et fixait son visage avec méfiance. Sasuke souffla avec difficulté. Rien n'avait bougé sur la banquette, seul le reflet de Sai dans la vitre avait créé l'illusion d'un mouvement dans le véhicule. Il fini par baisser son arme avec autant de méfiance que celle que les yeux de Sai lui renvoyés. Pourquoi Sais'approchait-il de lui par derrière sans le prévenir ? Il devenait un zombie ? Il avait voulu le mordre ?

Sai n'avait pas baissé ses mains, son regard était braqué sur Sasuke et son corps était tendu, prêt à prendre la fuite au moindre mouvement de Sasuke.

« La station est vide… »

Sasuke voulu jeter un œil au bâtiment mais s'abstint, ne détachant pas ses yeux soupçonneux du visage de Sai.

« La voiture aussi… »

Sai jeta un rapide coup d'œil à la vitre brisé du véhicule. Puis baissa les bras.

« Ça ne peut vouloir dire qu'une chose : des zombies sont passés et ont fait fuir les employés. Une chance pour nous, les goules les ont suivies.

-Pourquoi tu t'approches par derrière ? »

Sai plissa les yeux, fronça les sourcils. Il dévisagea Sasuke.

« Je ne pensais pas te faire peur.

-Je n'ai pas eu peur. »

Sai jeta un regard à la vitre brisé et haussa un sourcil. Il fit un sourire à Sasuke, un sourire crispé qui se voulait détendre l'atmosphère.

« Tu ferais mieux de garder ton sang froid. »

Sasuke se redressa. Son air méfiant évaporé. Sai tourna les talons.

« Je ne me transforme que dans douze heures ! »

Sasuke se trouva stupide. Sai avait parfaitement interprété sa réaction. Dire qu'il avait cru un instant que Sai ne restait avec eux que dans le but de les dévorer. Quel crétin. Il lâcha Hinata qui s'enfuit vers Sai en lui jetant un regard courroucé. Le garçon passa la porte de la station dans un tintement de clochette avec Hinata. Sasuke les rejoignit à pas rapide. Il pénétra dans la pièce, le comptoir était posé au fond de la salle. Sai ouvrit dans un tintement la caisse enregistreuse et inspecta son contenu.

« Ils sont vraiment partis précipitamment. Ils n'ont rien emporté. »

Il referma d'un mouvement sec le tiroir de la caisse puis posa son sac par terre et se tourna vers les rayons de la station. Sasuke fit de même et mira les sandwichs et les paquets de chips entreposés. Hinata prit un club jambon-crudité qu'elle tenta d'ouvrir de ses mains frêles. Sasuke s'approcha d'elle avec douceur et ouvrit le sachet dans lequel la jeune fille piocha un sandwich qu'elle porta à sa bouche. Sasuke la regarda faire et demanda :

« Il n'y a pas de risque que la nourriture soit contaminée ? »

Sai tourna les yeux vers lui, reposant le journal dont il regardait les gros titres.

« Non. »

Il observa Hinata grignoter son sandwich en feuilletant un magasine sur le sol.

« Aucun risque. Le solanum ne se transmet que par le sang, la salive et il est déconseillé d'avoir des contacts avec des contaminés. »

Sasuke lança un regard à Sai. Hinata et lui avaient plusieurs fois été en contacts avec Sai. Mais après réflexion, jamais ils n'avaient été en contacts direct. Il y avait toujours eu le tissu de leurs vêtements entre eux. Sai lui avait touché la main une fois. Et lui avait touché son front. Sa sueur. Ses fluides corporels.

Sai ne montra aucun signe qui aurait du l'inquiéter. Il se risqua tout de même à poser la question :

« Aucuns contacts ? »

Sai ouvrit un paquet de chips nature dans lequel il piocha quelques pétales jaunâtres qu'il glissa dans sa bouche. Il répondit en mâchant :

« Aucuns contacts avec le sang. »

Sasuke hocha la tête. Il se rendit compte que son estomac était crispé. Il mit cela sur le compte de la faim, et se pencha pour prendre un paquet de chips. Sai lui tendit le sien.

« Prends celui-là. Si j'en mange une de plus je sens que je vais gerber. »

Sasuke prit le sachet avec lenteur, inspectant le visage de Sai. Le garçon avait les traits tirés et la peau aussi pâle qu'un cadavre.

« Ça va aller ? »

Sai hocha la tête et s'étira longuement. Au dehors, un bruit lointain de véhicule se fit entendre. Sai tourna aussitôt la tête dans un geste vif vers la fenêtre. Sasuke s'approcha d'une des vitres et glissa deux doigts dans un interstice du store, l'écartant pour mieux voir au dehors.

Au loin, un Pick-up faisait voler un nuage de poussière. Roulant dans leur direction. Sasuke hurla :

« On bouge ! »

Sai fixa le véhicule et murmura d'une voix faible et fatiguée :

« Pas le temps… »

Le garçon resta immobile, les yeux rivés sur le Pick-up. Sasuke prit les choses en main et arracha l'arme de la ceinture de Sai. Il l'attrapa par la manche et le traina derrière le comptoir.

« Hinata ! »

La jeune fille lui lança un regard curieux et se dépêcha de retourner aux cotés de ses deux amis. Sasuke appuya sur sa tête et la jeune fille s'assis. Il s'accroupit près d'elle et lui passa un bras autour de la taille pour la coller contre lui. Sai sembla se réveiller. Il posa ses yeux sur son Colt que Sasuke tenait, puis sur le visage du jeune homme, les yeux grands ouverts. Il posa une main à terre et se redressa en position semi-assise. Le garçon posa une main sur l'épaule de Hinata.

Après deux interminables minutes pendant lesquelles aucun d'entre eux n'osa faire un mouvement, un crissement de pneu retentit et le grondement du moteur se coupa. Sasuke jeta un œil de derrière le comptoir mais ne vit rien. Au dehors, des éclats de voix retentirent. Une voix grave et rauque, et une autre plus fluette et juvénile, comme une voix de femme. Sasuke ne comprit pas ce qu'ils se disaient. Il attendit, attentif au moindre mouvement. Une perle salée descendit sur sa tempe et coula avec lenteur jusque sur son menton.

La gouttelette resta suspendue à la pointe de son visage un instant, puis tomba. Elle entama une longue descente vers le sol, puis s'éclata contre le carrelage. Au même moment, la porte de la station s'ouvrait dans un tintement de clochette.

Sasuke se plaqua contre le comptoir. Ses yeux se fermèrent un instant. Puis se rouvrirent avec lenteur en se tournant tout aussi lentement sur la droite. Deux bruits de pas résonnèrent dans la station, s'entrechoquant entre les rayons de magasines et de produits alimentaire. Le silence s'installa et un craquement caractéristique aux vêtements en cuir se fit entendre. Un son cinglant résonna dans l'air suivi du bruit d'une arme de gros calibre que l'on charge. Sai avait plaqué une main sur son nez et sa bouche. Il avait baissé la tête et gardait ses yeux étroitement fermé. Même Hinata ne faisait plus un mouvement, ressentant la tension que dégageaient les deux garçons autour d'elle.

Le bruit sec des bottes sur le carrelage résonna à nouveau, se rapprochant des trois jeunes. Puis de nouveau le silence.

La tension de Sasuke monta en flèche. Tous les muscles de son corps bandés. Il sursauta violement, se maitrisant à grand peine lorsque le bruit d'un étalage que l'on renverse retentit dans la pièce. Sai avait instantanément plaqué sa main contre la bouche de Hinata. Les yeux de la jeune fille étaient écarquillés de terreur et sa poitrine se soulevait et se rabaissait dans un rythme saccadé.

L'homme sembla renverser plusieurs autres rayons. Faisant sursauter et angoissé davantage Sasuke à chaque nouveau boucan.

Puis le mouvement fatidique arriva. Les pas de l'homme se dirigèrent avec lenteur en direction du comptoir. Sasuke resserra sa prise sur l'arme. Plus que quelques mètres. La crosse du Colt s'enfonça dans sa chair. Plus que quelques pas. Sasuke releva l'arme à hauteur de son visage. Le bout d'une Ranger de cuir noir dépassa du comptoir.

Le temps sembla s'être ralentit.

La respiration de Sasuke se bloqua. Il releva la tête dans une lenteur infinie pour apercevoir un homme de très grande taille qui tout aussi lentement était en train de baisser les yeux vers lui.

Leurs regards se croisèrent et le temps sembla reprendre son rythme habituel. Dans un même mouvement vif, l'homme et Sasuke avaient braqué leur armes en direction l'un de l'autre. Et quelle ne fut pas la terreur de Sasuke en constatant que celle de son acolyte était aussi longue que sa jambe.

Les deux hommes se tinrent en joue pendant ce qui sembla être un temps interminable. Sasuke détailla plus amplement l'homme qui lui faisait face. Il avait des cheveux bruns hirsute et un bandage sale recouvrait une partie de son visage, découvrant ses yeux et sa bouche. Mais ce qui inquiéta Sasuke furent les yeux de l'homme. Perçant, froid, meurtrier. Le jeune homme se retint de trembler et braqua dans les yeux de l'homme un regard mauvais. Puis Sasuke, malgré toute sa tension et son angoisse, retenant le tremblement de sa voix, parla d'une voix clair et sans réplique :

« Allez-vous-en. »

L'homme plissa les yeux, son regard se décrocha des yeux de Sasuke et parcouru les trois jeunes. Il observa d'abord la jeune fille coincée entre les deux garçons. Il inspecta ses cheveux en désordre et ses joues sales. Puis il porta un regard sur Sai postait derrière, accroupis, près à lui sauter à la gorge. Le regard de l'homme sembla briller un instant alors qu'il inspectait le front en sueur et le teint maladif de Sai.

Les tenants toujours en joue, l'homme exécuta lentement un pas vers l'arrière. Il progressa de cette manière jusque la porte de la station. Sasuke s'était levé, l'arme qu'il tenait maintenant à deux mains braqué sur l'homme. Sai maintenant Hinata qui avait voulu suivre le mouvement. L'homme jeta un dernier regard à Sasuke, puis lui fit un rictus, tordant sa bouche sur la gauche, découvrant ses dents jaunes. Il abaissa son arme et fit dos à Sasuke, complètement à sa merci. Une voix bourrue résonna dans la pièce :

« Tu n'as pas armé le chien. »

Sasuke baissa son regard sur le chien de l'arme et constata que celui était toujours relevé. Un tintement de clochette se fit entendre et l'homme disparut derrière la porte de la station. La voix juvénile résonna au dehors, suivit de celle plus grave et rapidement, le bruit du moteur retenti avec le bruit des pneus crissant sur la terre, la poussière et le sable.

Sasuke se rendit compte que depuis tout ce temps il n'avait pas respiré. Il souffla avec difficulté en abaissant le Colt. Sai s'était relevé, et posa une main sur celle de Sasuke qui tenait l'arme. Avec lenteur et sans le quitter des yeux, il lui prit l'arme des mains.

« C'est pas grave Sasuke.

-Il aurait pu me dégommer.

-Il ne l'a pas fait.

-Il aurait pu nous dégommer tous.

-La prochaine fois tu n'oublieras pas, Sasuke.

-J'aurais toujours pu me déchirer à appuyer sur la gâchette, il n'aurait rien eu.

-C'était une petite erreur.

-Une petite erreur qui aurait pu nous couter la vie !

-Oui, mais ça n'est pas arrivé et ce ne se reproduira plus.

-Et si ça avait été un zombie ! Lui n'aurait pas hésité à me bouffer !

-Je suis autant en faute que toi de ne pas l'avoir remarqué.

-C'est moi qui tenait l'arme. »

Sasuke ressentit une vive douleur à la joue. Sai venait de le gifler.

« C'est bon, t'arrête de chialer comme une fillette ? C'est passé, rien n'est arrivé, on en parle plus ! »

Sasuke se tourna vers Sai, les yeux exorbités, une main sur sa joue endolorie. Il faillit lui rendre son coup, mais mis le geste de Sai, naturellement si calme, sur le compte de la fièvre qui le rendait irritable.

Le jeune homme s'en voulait d'avoir oublié d'armé le chien du Colt. Une erreur stupide qui aurait pu leur couter la vie à tous. Sai s'assit sur le sol sale de la station avec lourdeur.

« Je suis fatigué », murmura-t-il en fermant les yeux.

Sasuke récupéra son sac et en décrocha le sac de couchage.

« Tu veux dormir un peu ? »

Sai fit non de la tête et posa un bras contre son front.

« Je crois qu'on va rester là d'accord ? »

Sa voix n'avait été qu'un chuchotement et Sasuke répondit à l'affirmative. Il reposa son sac et s'assit par terre à son tour, les sens toujours en alerte. Il scruta le visage malade de Sai et se rendit compte qu'il ne connaissait rien de lui. Qu'il l'avait rencontré le matin même. Cette pensé lui paru étrange et il décida de la chasser. Sai n'était pas un inconnu. C'était un compagnon.

Un compagnon aussi utile que redoutable. Un danger immense. Un fardeau dur à porter.

Un compagnon qui avait fermé les yeux depuis dix minutes déjà.

« Sai ? »

Et qui ne les rouvrait pas.


à suivre...


Bien à vous,

Soapmiso.