On venait d'arriver sur le campus, Kerrigan nous attendait, il y avait des flics avec lui. Shanahan était parmi eux, Carter fut autant surprise que moi de le trouver ici. Même si je n'acceptais pas cet homme qui m'insupportait, je savais que Jet était entre de bonnes mains, d'un côté, ça me rassurait. On se dirigea vers eux, Shanahan et sûrement son coéquipier nous aperçurent.
- Jack, merci d'être venu, me dit Kerrigan me serrant la main.
- Richard, dis-je simplement, je sentis que Carter se raidit dans mon dos, elle et le règlement. Richard était major-Général, étant brigadier-Général, je devais le saluer. Tu te souviens du lieutenant-colonel Carter.
- Bien sûr, c'est un plaisir de vous revoir, lieutenant-colonel.
- Moi aussi, mon Général, dit Sam, se mettant au garde-à-vous.
- Repos, colonel. Jack, voici les lieutenants Shanahan et White, ils s'occupent de l'affaire.
- C'est une affaire civile, dit Shanahan, regardant Sam. Il ne parlait pas à moi, je me tournais vers Sam mais elle ne savait pas quoi dire.
- En fait, j'ai demandé à Jack de venir m'aider, répondit Kerrigan, il n'avait sûrement pas remarqué que le flic ne me parlait pas à moi.
- Pourquoi ?
- Et si on allait à l'intérieur discutait ? dis-je.
- Pete, on doit aller faire notre rapport.
- Ouais. Si j'apprends que vous avez compromis mon enquête, je vous jure que…
- Pete, ça ne sera pas le cas ! lui promit Carter avant qu'ils tournent les talons et qu'ils s'en aillent. Pouvons-nous voir le dossier du cadet Wallace, mon Général ?
- Bien sûr, suivez-moi.
On était dans son bureau, Kerrigan s'était assis dans son fauteuil, Teal'c se posta devant la fenêtre, il le faisait toujours quand on lui parlait indirectement, comme s'il pouvait mieux retenir les informations ainsi. Daniel s'appuya contre la bibliothèque, il avait ce besoin constant de toucher à tout, ce qui m'irrita. En bon soldat, Carter attendit que je m'assois pour le faire à son tour, ce que je fis, je n'avais pas envie de jouer à cette heure. J'allais parler quand on toqua à la porte, un cadet vu son écusson, un 3e classe entra dans la pièce au garde-à-vous.
- Repos Ericsson.
- Vous m'avez demandé, mon Général ?
- J'ai quelques questions à vous poser, cadet.
- Mais… Monsieur, j'ai déjà répondu à toutes les questions de la police.
- Je sais. Voici le Général O'Neill, il va aussi s'occuper de cette affaire. J'ai besoin que vous lui disiez tout ce que vous savez.
- Bien sûr, dit le brun hochant la tête, attendant mes questions.
- Avant ça, j'aimerais savoir qui était Jet, dit Daniel.
- Je comprends. Voilà, son dossier, dit Kerrigan, me regardant pour être sûr qu'il pouvait leur montrer. Mais d'un côté n'étions-nous pas là pour découvrir la vérité ? Voire toute la vérité ? Celle dont j'avais honte. Carter s'empara du dossier, Daniel se posta derrière elle pour lire aussi.
- Jacob ? lut Carter avant de me consulter du regard, Daniel en profita pour prendre le dossier en main.
- Jacob Wallace, né le 22 février 1985 à Colorado Springs de parents inconnus. Depuis l'âge de six ans, il a fait plusieurs familles d'accueil et foyers. Ouah, dit Daniel, remettant ses lunettes en place sur son nez.
- Qu'est-ce qu'il y a ? demanda Carter.
- Jack, il a fait plus de foyers que toi !
- Très drôle, Danny, dis-je, roulant des yeux, Kerrigan se retint de rire. Va au plus important !
- Il est diplômé de Sierra, il doit sûrement connaitre Cassie.
- Cassandra Fraiser ? demanda le cadet Ericsson, gêné d'un seul coup de devenir le centre d'attention.
- Wallace la connait ?
- Ouais, c'est une 3e classe, elle est spécialisée en médecine, on suit quelques cours ensemble.
- Et elle s'entend bien avec Wallace ?
- Ça va, Wallace m'a dit qu'il était ami avec l'ex de Fraiser.
- Dominic Gilbert ? lui demanda Sam.
- Oui, madame.
- Ce n'est pas ce petit voyou ? demandais-je à Carter.
- Si, monsieur.
- Si je peux me permettre, reprit Ericsson. D'après Wallace, c'est lui qui a mis Dominic dans ses bêtises.
- Etes-vous sûr de ce que vous l'accusez, cadet ?
- Oui, monsieur, Fraiser l'a confirmé alors qu'ils se disputaient.
-Donc, ils ne s'entendaient pas bien, en déduisit Kerrigan.
- L'année dernière, non mais cette année, ils révisent ensemble de temps en temps.
- Daniel ? appelais-je ce dernier, le sentant accroché à sa lecture.
- Vous avez accepté sa candidature ? Ce gosse est fou !
- On va dire qu'on m'y a poussé ! s'exclama Kerrigan, et un pic de plus, un.
- Et tu n'as pas regretté ! lui dis-je.
- Jamais ! Wallace est un bon cadet, Dr. Ce ne sont que des bêtises d'adolescent. Wallace est fait pour être un officier de l'USAF.
- Je vois ça, il a obtenu les meilleures notes partout. Il est devenu l'élève modèle.
- En quelque sorte…
- Ecoutez ça, d'après un de ses profs, c'est la meilleure recrue qu'il n'a jamais vu, qu'il a un avenir très prometteur au sein de l'USAF malgré son côté rebelle et je-sais-tout. Je crois qu'il n'y a que ça à savoir.
- Ericsson ?
- Oui, mon Général ?
- Dites-leur comment Wallace a changé ces derniers temps.
- Oui, monsieur. Comme vous avez pu le voir dans son dossier, l'année dernière, Wallace était… Il n'écoutait jamais les sergents, il en faisait qu'à sa tête le plus souvent mais il était doué, très. Il était toujours dans les mauvais coups. Et puis, à la rentrée, il a changé, il est plus posé maintenant, oh c'est toujours le rebelle de la bande, c'est dans sa nature mais il essaye de se retenir et il travaille plus.
- Vous partagez sa chambre, cadet ? lui demandais-je.
- Oui, monsieur. Depuis notre arrivée ici. Nous sommes amis, en fait, je crois que je suis son seul ami.
- Assez solitaire, hein ? dit Daniel. Je comprends pourquoi tu l'apprécies, Jack.
- Savez-vous pourquoi il a changé ?
- Non, madame. J'ai essayé de savoir mais il n'a pas voulu me le dire.
- Petite-amie ? demandais-je.
- Non, monsieur.
- Comment le savez-vous ? le questionnais-je, Ericsson regarda ses pieds, gêné.
- On va dire que Wallace est assez coureur de jupons, monsieur. Il n'a pas… Personne de fixe, me dit-il, rouge de honte.
- Séchait-il ? Faisait-il le mur ?
- Sécher, oui mais je ne sais pas où il allait… Wallace et moi, on est amis, justement parce que je suis le seul qui ne tombe pas dans ses combines et qui lui ait clairement dit que s'il voulait faire des conneries, c'était sans moi.
- Il vous respecte, en conclut Sam.
- Autant que je le fais, madame. Si je peux me permettre, j'ai confiance en Wallace, il ne tuerait personne, il joue au dur mais la loyauté et l'honneur passent avant.
- Nous le savons, cadet, le coupais-je.
- Un bon petit soldat, murmura Daniel.
- Autre chose ?
- Je… Le lieutenant White m'a dit que l'homme avait été abattu, une balle près du cœur et une dans l'estomac. Je… Si Wallace devait tuer quelqu'un, j'insiste sur le 'devait', il lui aurait mis une balle dans la tête, entre les deux yeux.
- Qu'est-ce qui vous fait dire ça ? lui demanda Kerrigan, intrigué.
- Wallace est le meilleur tireur de notre promo, mon Général. C'est un très bon soldat, il…
- Un bon guerrier ne torture pas ses victimes, il les tue le plus rapidement possible, le coupa Teal'c, se tournant vers nous.
- Oui, monsieur, déglutit Ericsson.
- Vous avez une idée où il a pu s'enfuir ? lui demandais-je.
- Non, monsieur. L'année dernière, Wallace trainait souvent chez O'Malley. Mais depuis cette année, je n'en ai aucune idée. Il part des heures et revient comme s'il était allé courir. Je n'en sais pas plus, puis-je me retirer ?
- Cadet, accompagnez le colonel Carter et Daniel, lui dis-je, ça ne plut pas à Carter, je savais qu'elle voulait me parler, seule à seul mais ce n'était pas le moment.
- Bien, monsieur. Mes Généraux ! dit le cadet au garde-à-vous avant de s'en aller suivit par Sam et Daniel.
Teal'c et moi, on avait décidé d'aller manger, s'aérer l'esprit, on venait de passer l'après-midi à interroger les professeurs de Wallace, disant toujours la même chose. On avait donné rendez-vous à Daniel et Sam qui arrivèrent enfin, s'asseyant à notre table, chacun un plateau en main.
- Alors, qu'avez-vous appris ? leur demandais-je.
- Rien du tout, souffla Daniel. En fait, nous avons croisé Cassandra lorsqu'on allait vers le dortoir. Pendant qu'elle m'aidait à interroger ses camarades, Sam a fouillé la chambre.
- Carter ?
- Je n'ai rien trouvé, monsieur, répondit-elle, à l'intonation de sa voix, je savais qu'elle mentait, Teal'c aussi, il haussa un sourcil mais on ne dit pas plus et on continua de manger.
- Qu'avez-vous fait après ?
- On a retrouvé Pete et le lieutenant White, ils ont accepté de nous donner un dossier sur le gars qui est mort.
- Et alors ?
- Christian Mason, un agent immobilier de Denver, jusqu'il y a deux ans, sa famille et lui ont déménagé à Colorado Springs, sa femme, Susan Mason, ayant trouvé un travail d'aide-soignante à l'hôpital de Colorado Springs, avant ça, elle était mère au foyer et s'occupait de leur fille, Kaley Mason.
- Quel âge a Kaley ? demandais-je.
- 18 ans, répondit Carter, d'un ton assez brut.
- Elle est née le 7 août 1987 à Denver, rajouta Daniel, fouillant dans le dossier. Fille sans histoire. Elle va à Sierra.
- Sierra ? répétais-je. Jet y était aussi, c'est peut-être une piste.
- C'est ce qu'on pensait.
- Pete nous a dit qu'ils allaient y faire un tour demain et que cette fois-ci, on sera sur leur territoire, on n'a pas les autorisations pour intervenir.
- Mais il nous a promis de nous dire tout ce qui est important, dit Daniel.
- Ouais, grognais-je, pas sûr que cette partie soit vraie.
- Il le fera, Jack. Il pense aussi que ce gosse est innocent. On doit le retrouver, avant qu'il fasse une connerie !
- Je sais. Mais nous ne pouvons rien faire d'ici demain, juste attendre. Finissons de manger, je vous ramène à la maison.
- Teal'c, tu veux dormir chez moi ? demanda Daniel, sachant qu'aller à la base me ferait faire un détour.
- Avec plaisir, Daniel Jackson.
