La tête de Stiles se retourna sur le conducteur qui avait arrêté la voiture. Le cœur du jeune homme se remit à battre plus vite. Décidément, il n'en avait pas fini avec les surprises. Les yeux fixés sur l'homme, il ne bougea pas d'un poil.
–– Relaxes, tu es tendu.
–– Je le serais moins si on était à l'hôpital, Flash News, on est loin d'y être.
Un bruit se fit entendre. L'adolescent quitta le conducteur des yeux pour voir que la portière était maintenant verrouillée. La seule façon de la déverrouillé était d'aller appuyer sur le bouton où était le conducteur. Les yeux du jeune homme retournèrent sur l'homme qui lui avait menti.
–– Pourquoi la porte est maintenant barrée? demanda-t-il.
–– Détends-toi, il ne va rien t'arriver de mal.
–– Définis ce que tu veux dire par « mal ».
Pour toute réponse, il sentit une main sur ses cuisses. L'adolescent eut envie de mourir. Il venait de se sortir d'une situation dangereuse pour retomber dans une autre. Il lui enleva la main pour signifier son désaccord. L'homme semblait s'en ficher complètement et se remit à caresser la cuisse de Stiles. La main commençait à aller vers la braguette de son jean. Il la lui enleva une nouvelle fois.
–– Qu'est-ce que tu veux? demanda l'adolescent qui se doutait très bien de la réponse.
–– Tu sais que tu n'es vraiment pas mal…
–– Non.
–– Je crois que tu n'as pas compris, j'ai un pistolet et toi non.
C'était quand même un bon point. Stiles n'avait rien pour se défendre et il avait mal partout. Le regard du jeune homme baissa vers le pistolet dans son étui. Même s'il essayait de le prendre, il n'y arriverait pas, le policier le verrait. Le regard dévia du pistolet pour regarder la bosse qui se formait dans le pantalon de l'homme. Les yeux remontèrent vers le visage de l'agent. Celui-ci replaça sa main sur la cuisse de l'adolescent. Le cerveau de Stiles réfléchissait à toute allure. Il ne savait pas comment se sortir de cette situation. Aucun plan ne lui venait à l'esprit, il était fatigué et stressé car il ne savait pas si son père était toujours en vie. Le policier enleva sa main et défit sa propre braguette et sortit son sexe. Stiles savait très bien ce qu'il attendait de lui, sauf qu'il était figé sur place.
–– Ça ne te donne pas envie?
La seule chose que Stiles avait envie en ce moment, c'était de vomir. Une main l'agrippa et le tira vers l'entre-jambe. L'adolescent voulu se débattre, mais il n'était pas assez fort face à un homme adulte qui s'entraînait régulièrement.
–– Si tu tentes de me mordre, je te tire dans le pied pour que tu souffres, compris?
Stiles hocha la tête pour signifier qu'il avait compris. L'adolescent mit le sexe dans sa bouche. Il n'avait pas envie d'obéir, mais n'avait pas vraiment le choix. Être tiré dans le pied n'était pas dans ses plans surtout qu'il avait déjà mal partout. Il se mit à sucer comme le policier le voulait. Cela ne prit que quelques minutes avant qu'il entende des gémissements. Il essayait de ne pas écouter ce qui se passait, mais il n'avait pas envie de se concentrer sur ce qu'il faisait non plus.
–– Tu es doué, tu as déjà sucé quelqu'un?
Stiles ne répondit pas sinon il allait sortir une niaiserie comme « ta mère » et ce n'était pas le moment. Il avait l'impression que le temps s'était arrêté. Il savait que la majorité des adultes ne venait pas aussi vite qu'un adolescent, mais il aurait aimé en finir le plus vite possible. Il sentit la main du policier lui empoigner les cheveux. Quand il leva les yeux, il remarqua que l'homme avait fermé les siens. Il en profitant pour sortir son téléphone et demander à Scott qu'il appelle du secours pour l'ancienne gare en mentionnant de ne pas faire envoyé le message à la voiture de patrouille 242. Une fois que cela fut terminé et que l'agent n'avait rien remarqué, il plaça le téléphone sur une application qui allait tout enregistrer la conversation, il rangea son portable en prenant soin de le mettre sur sourdine. Il avait bien spécifié à Scott de ne pas répondre à son message, mais il ne prenait pas de chance. Après une ou deux minutes, l'homme lui tassa la tête.
–– Enlèves ton pantalon et ton boxeur, j'ai envie de te prendre.
La protestation de Stiles ne parvint pas à sortir. La seule personne avec qui il avait envie de faire ça était son professeur de chimie. Après un moment, il pu parler :
–– Ne me force pas à face ça s'il te plait…
–– Allons minet, tu vas adorer la sodomie, tu vas même en redemander.
–– Non, merci.
–– Je ne demandais pas ton avis, enlèves ton pantalon et ton caleçon.
Stiles ne bougea toujours pas.
–– Tu attends quoi? Que je te le baisse? Si je le fais je ne serais pas doux du tout.
L'adolescent continua de le regarder. Une fois que l'agent se pencha pour lui défaire la braguette Stiles en profita pour prendre le pistolet.
–– Qu'est-ce que tu fais?!
–– Laisses-moi sortir de la voiture ou je te tue.
–– Tu ne ferais pas ça?
–– Je compte jusqu'à trois. Un. Deux…
La porte se débarra. Une fois que Stiles fut sortit de la voiture, l'agent dégaina un pistolet de secours et s'extirpa de la voiture. L'adolescent le regarda avec surprise.
–– Tu sais, personne ne va te croire, j'ai dossier exemplaire.
–– Et pourquoi personne ne me croirait?
–– Parce que tu t'attires souvent des ennuis, personne ne va croire un gamin.
–– Tu as raison. dit Stiles en baissant son arme. Avant que je te donne le pistolet, j'aimerais savoir pourquoi moi?
–– C'est facile, tu es le seul gamin qui traine au poste de police.
–– Qu'est-ce que tu vas me faire?
–– C'est simple, je vais te baiser très fort vu que tu m'as désobéit. Tu vas même pleurer et me supplier d'arrêter.
–– Trois. répondit simplement Stiles avant de relever le pistolet et de tirer.
Le corps du policier tomba au sol. Il espéra très fort que son téléphone avait tout enregistré car il venait de tuer quelqu'un. Il sortit le téléphone de sa poche et écouta l'enregistrement. On entendait tout et très clairement. Il soupira de soulagement. Au moment où il rangeait son téléphone dans sa poche, une voiture de patrouille s'arrêta. Une femme et un homme en sortit. Voyant le corps du policier sur le sol, les deux dégénèrent leur arme.
–– Poses le pistolet sur le sol et lèves les mains.
Sans poser de question, il mit le pistolet sur le sol, donna un petit coup de pied pour qu'il soit hors de sa porté et leva les mains. L'homme s'avança et menotta Stiles. La seule chose qu'il demanda fut a propos de son père :
–– Est-ce que mon père va bien?
–– Il est hors de danger. confirma la femme.
Stiles soupira. Tout ce qui se passa après n'était qu'un vague de souvenir dans la tête du jeune homme. Il se souvient d'avoir vu une équipe mettre le corps du policier sur une civière et puis plus rien.
Quand il se réveilla, il était à l'hôpital et menotté à une civière. Il regarda autour de lui et vit le médecin.
–– Ah! Mr. Stilinski, vous êtes de nouveau parmi nous. Vous n'avez fait qu'une chute de pression. Vos plaies ont été nettoyées. Une dame de la police veut s'entretenir avec vous.
Il hocha la tête et il vit la policière qui l'avait embarqué.
–– Pourquoi as-tu tiré sur un policier?
L'adolescent lui raconta ce qui s'était passé après qu'il eut embarqué dans la voiture de police. Il lui dit qu'il avait un enregistrement sur son téléphone. Son collègue parti le chercher. Ils l'écoutèrent en silence.
–– Nous allons devoir garder ton téléphone comme preuve.
–– Je sais.
Elle tenta de le rassurer. L'adolescent entendit du bruit venant du corridor. Il vit son père entrer dans la chambre vêtu d'une jaquette d'hôpital. Les émotions montèrent aux yeux de l'adolescent qui gémit.
––Papa!
Le shérif s'approcha de son fils qu'il serra dans ses bras sans le relâcher.
–– J'ai eut peur quand je ne t'ai pas vu dans l'hôpital, je croyais que la bête t'avait tué!
Stiles se mit à pleurer dans les bras de son père. Quand le shérif vit la menotte au poignet de son fils, il se tourna vers l'agente sans le lâcher.
–– Pourquoi est-ce que mon fils est menotté?!
–– Il a tué un agent de police.
–– QUOI?
Stiles n'étant pas en état d'expliquer quoi que ce soit, la femme expliqua sa version des faits pour ensuite faire mention de l'appel fait à la police de la part de Scott et l'enregistrement sur le téléphone de l'adolescent. Une fois que le récit fut terminé, il serra son enfant encore plus fort. Il n'en croyait pas ses oreilles, un membre du corps policier avait essayé d'agresser son fils.
Malheureusement, Le père de Stiles n'allait avoir congé d'hôpital dans deux jours si tout allait bien. Il ne pouvait pas s'occuper de son fils pendant ce temps. Cependant, la mère de Scott accepta volontiers d'en prendre la garde le temps qu'il fallait. L'adolescent n'avait pas le droit de quitter la ville puisqu'il allait y avoir un procès. Une fois chez Scott, Stiles s'assied sur le sol de la chambre de son ami.
–– Merci, commença Stiles, je ne sais pas ce que j'aurais fait sans toi.
–– C'est rien, je savais que tu ne m'aurais pas envoyé un texto comme ça par blague.
Scott s'avança et serra son meilleur ami contre lui. Il était simplement heureux qu'il soit encore en vie. Après un moment, il desserra son étreinte et demanda à son ami :
–– J'aimerais entendre ta version, qu'est-ce qui s'est passé?
L'adolescent raconta tout à son ami. Scott le regarda la bouche ouverte durant tout le récit. Il comprenait maintenant que la bête était morte, que Stiles s'était simplement défendu. À la fin, la voix de son ami se brisa :
–– Qu'est-ce qui va se passer maintenant?
–– Maintenant? On va regarder des vidéos drôles et manger de la crème glacée.
McCall sourit à son ami et alla chercher ce qu'il avait promis. Durant le reste de la nuit, la mère de Scott passait les voir pour s'assurer que tout allait bien. Elle avait prit congé pour pouvoir s'occuper de Stiles le temps que son père sorte de l'hôpital. Elle se doutait très bien que le fils du shérif avait besoin de repos et de se changer les idées. Au matin, elle passa près de la chambre de son fils et elle jeta un coup d'œil. Les deux adolescents dormaient l'un à côté de l'autre. Elle descendit silencieusement les escaliers pour ne pas les réveiller. Mélissa avait décidée de donner un congé d'école à Scott puisqu'elle savait qu'il se ferait du souci pour son meilleur ami et la présence de celui-ci aux côtés de Stiles serait la bienvenue.
Le stress de l'adolescent continua de descendre durant les jours suivants. Une fois que le père de Stiles eut terminé avec l'hôpital, il alla chercher son fils et remercia Mélissa de s'en être occupée. Elle lui avait sourit en lui disant qu'il aurait fait la même chose pour Scott et elle avait raison. Le retour à l'école fut assez brutal. Jackson disait à tout le monde que Stiles était un tueur et qu'il allait terminer ses jours en prison. C'était effectivement l'une des peurs de l'adolescent, mais il ne voulait pas le laisser paraître. Durant le cours de chimie, Jackson n'hésita pas une seule seconde à agacer l'adolescent.
–– Stiles, il parait que tes pipes son mortelle.
–– Mais ferme la Jackson!
Le dos toujours vers les élèves, la craie à la main, Harris continua d'écrire sur le tableau.
–– Stilinski, retenue sur l'heure du dîner.
L'adolescent tourna le regard vers Scott qui haussa les épaules. Jackson riait silencieusement et Danny avait une tête blasée. Il ne devait pas trouver la blague de son ami très drôle. Quand le cours termina, Stiles resta assis. Scott lui envoya un regard compatissant. Une fois que tous les élèves furent sortis pour le dîner, Harris alla fermer la porte de la classe qui se trouvait vers le fond de celle-ci. Il retourna sur ses pas après et s'adossa contre le bureau en avant de celui du jeune homme.
–– Comment vas-tu?
Stiles haussa les épaules. Il ne savait pas trop quoi dire, il allait bien, mais en même temps pas du tout. Adrian continua de parler :
–– Si tu n'avais pas tué cet homme, je l'aurais fait.
–– Pourquoi? dit Stiles qui avait maintenant toute son attention sur Adrian.
–– Parce qu'il a posé ses mains sur toi.
–– Jaloux? demanda l'adolescent.
–– De lui? Non, mais il a profité de toi et c'est avec ça que j'ai un problème.
–– Tu me touches toi aussi. affirma Stiles qui ne voyait pas trop la différence entre les deux.
–– C'est vrai, mais au moins tu le désires.
–– Pas faux.
Harris lui caressa les cheveux. L'adolescent ferma les yeux. La douceur de son amant lui avait manqué. La main dans les cheveux descendit sur l'épaule gauche du jeune homme. Adrian lui caressa celle-ci avant de lui dire :
–– Allez, va manger avec ton ami.
–– Déjà?
–– J'aurais aimé te caresser plus longtemps, mais j'ai des devoirs à corriger. Files avant que je ne change d'avis et que je te mette en retenue après l'école.
Stiles pouffa de rire et prit son sac. Il entra dans la cafétéria et s'assied à côté de son ami. Scott sursauta en voyant son ami.
–– Wow, il ne t'a pas gardé longtemps.
–– Ouais, il ne supportait déjà plus de m'entendre vivre.
Les yeux d'Allison devinrent aussi gros que des balles de ping-pong. Elle termina sa bouchée de salade avant de dire :
–– Il ne t'aime vraiment pas.
–– Ça c'est clair, affirma Scott avant de poursuivre, tantôt Jackson à fait le con et c'est Stiles qui écope.
Elle offrit un regard sympathique à Stiles avant de continuer à manger. L'adolescent commença à manger son sandwich. Lydia s'arrêta à la table et s'adressa à Allison.
–– Tu viens toujours à ma soirée ce samedi? Toi aussi Scott. Pas toi Stiles.
Allison répondit que oui, Scott n'eut pas le temps de répondre qu'elle était déjà partie. Stiles regarda son ami, depuis quand Lydia organisait une soirée? Habituellement, il était au courant de tout ce qu'elle faisait. Il se rappela ensuite qu'il y avait eut pas mal de choses qui s'étaient passés et son attention avait été détournée.
–– Désolé, j'ai essayé de la faire changé d'avis à propos de toi, mais ça n'a pas fonctionné.
–– Ce n'est pas grave, elle connait mon nom! sourit Stiles.
McCall se mit à rire devant la réaction de son meilleur ami. Voilà le Stiles qu'il connaissait et qu'il appréciait tant. Au début Scott ne voulait pas aller à la soirée, mais Allison lui avait demandé pour l'accompagnée. Il avait décidé d'en parler à son ami et Stiles lui avait répondu que s'il n'y allait pas, il allait lui botter le cul et que les amis sont faits pour ça. L'adolescent était au courant des sentiments de son ami pour la jolie brunette.
La journée de samedi arriva rapidement. Stiles était sur son ordinateur à parler avec Scott sur Skype. Pendant que le jeune homme paniquait à l'idée qu'il manque sa sortie avec la jeune femme, Stiles essayait de le rassurer. Scott remercia Stiles d'être là durant un moment critique de sa vie. L'adolescent se mit à rire et du raccrocher car l'heure fatidique était arrivé pour son ami, il devait aller chercher la demoiselle.
–– Je me demande ce qu'i mangé. murmura Stiles pour lui-même une fois que la conversation Skype fut terminée.
Il descendit à la cuisine pour voir son père en uniforme. Il semblait chercher quelque chose. L'adolescent devina ce qu'il cherchait et lui tendit les clefs de la voiture de patrouille.
–– Tu dois aller sauver le monde?
–– Pas exactement, ricana le shérif en prenant les clefs, mais j'avais promis à Madeleine de la remplacer pour deux heures le temps de son rendez-vous. En passant, je voulais te dire que je suis désolé de ne pas t'avoir cru pour la bête.
–– Moi aussi je ne me serais pas cru.
–– Tu devrais sortir, c'est samedi soir.
–– Dois-je en déduire que je ne suis plus puni?
–– En autant que tu restes dans la ville et que je peux te rejoindre, oui.
Il offrit un sourire à son père et le serra dans ses bras avant de le laisser partir. Une fois que la voiture eut quitté le stationnement de la maison, il retourna à la cuisine prendre un restant de macaroni car il avait très faim. Une fois son repas terminé. Il décida de regarder la télévision. Pour être sur de rejoindre son fils en tout temps, Le shérif avait offert un nouveau téléphone portable avec le même numéro comme l'ancien était toujours entre les mains de la police, il n'avait été que désactivé. Celui-ci vibra dans la poche du jean de Stiles. Il se demanda si ce n'était pas Scott qui avait une crise existentielle. Quand il regarda le message, il vit que c'était un numéro qu'il ne connaissait pas du tout.
« Tu me manques. »
« Mauvais numéro. » répondit Stiles.
Son téléphone vibra une nouvelle fois à la fin de l'épisode d'X-File.
« Outch, tu as déjà oublié mon numéro. C'est blessant. »
« C'est qui? »
« J'aurais vraiment du te donner une retenue après les cours. »
Stiles s'étouffa avec la gorgée de coca qu'il venait de prendre. Il avait complètement oublié qu'Harris avait son numéro car il avait pensé qu'il s'agissait de celui de Lydia.
« Tu t'ennuies vraiment de moi? » demanda Stiles.
« Oui. »
« Tu t'es sauvé la dernière fois, je t'en veux encore. »
« Si la tendance ce maintient, on ne pourra plus vraiment se voir. »
« Comment ça? »
« Adrian change ses médicaments pour des plus forts. »
L'adolescent du relire le texto plusieurs fois. S'il faisait ça, c'était pour empêcher la deuxième personnalité de prendre le contrôle et éviter une situation comme la dernière fois. Il termina son coca et lui écrit :
« Tu es chez toi? »
« Oui. »
Il n'en fallu pas plus pour que l'adolescent se décide à lui rendre visite. Il barra la porte de la maison avant de commencer à marcher en direction de la maison d'Adrian. L'air était assez frais et l'adolescent regretta de ne pas avoir mit quelque chose de plus chaud. En même temps, il ne voulait pas retourner chez lui car il n'avait que deux heures avant que son père revienne. Il voulait être de retour avant lui pour ne pas qu'il s'inquiète. Depuis ce qui s'était passé dans la voiture de police, le shérif avait beaucoup de mal à le laisser seul. Stiles ne pouvait pas lui en vouloir, il avait peur lui aussi de retomber sur quelqu'un de mal intentionné. Après une vingtaine de minutes de marche, il arriva enfin à la maison de son enseignant de chimie. Il prit une grande inspiration en essayant de calmer son cœur qui s'emballait déjà et il toqua. Il entendit la voix d'Harris lui dire de rentrer. Comme un adolescent qui allait faire quelque chose d'illégal, il regarda tout autour de lui pour vérifier que personne ne l'avait suivit avant d'entrer et de refermer la porte derrière lui. Étrangement, Adrian n'était pas là pour l'accueillir. Stiles enleva ses souliers et se mit à le chercher. Il n'eut pas à jouer au détective très longtemps car Adrian lui dit qu'il était dans la cuisine sur la droite. Celui-ci était en train de se faire un café. Il prit une gorgée avant de se retourner vers l'adolescent.
–– Je suis surpris que tu aies retenu où je réside vu tes notes d'examen.
–– Hey! gémit Stiles faussement fâché. La chimie n'est juste pas mon fort.
L'enseignant esquissa un sourire et le cœur de l'adolescent s'emballa. Il avait l'impression de ne pas l'avoir vu depuis des années. Harris portait une chemise déboutonnée dans le haut sans que cela ne fasse vulgaire. À la grande surprise de Stiles, il avait mit une paire de jean ajustée qui le moulait parfaitement. Il s'avança vers l'adolescent et lui dit sur une note plus sérieuse :
–– Alors, qu'as-tu envie de faire?
–– Je croyais que tu n'allais jamais poser la question.
Le jeune homme s'avança et embrassa fougueusement Adrian. Celui-ci répondit instantanément au baiser. Stiles n'était pas certain du comment ils avaient fait pour se rendre dans la chambre d'Harris qui se trouvait au deuxième étage puisqu'ils n'avaient pas arrêté de s'embrasser tout le long du trajet. Durant l'heure qui a suivit, ils firent l'amour plusieurs fois, mais l'adolescent n'avait pas compté combien de fois car il avait été un peu trop occupé. Il allait se souvenir longtemps de ce moment. Adrian avait été doux, tout avait été parfait et Stiles ne regrettait rien. L'état de béatitude fut de courte durée, il dut retourner chez lui rapidement. Le dernier baiser qu'il avait eut avec son professeur de chimie avait un goût plutôt amer et ce n'était pas la faute du café. Il avait un goût d'adieu et l'adolescent le savait qu'ils s'embrassaient pour la dernière fois. Que pouvait-il faire de plus?
Les jours qui passèrent se ressemblaient tous. Le bonheur de Stiles avait diminué de beaucoup. Adrian était de nouveau fidèle à lui-même : désagréable. La seule chose qu'il avait éveillée chez l'étudiant était maintenant morte. La vie lui paraissait sans goût. Scott avait bien remarqué le changement de comportement chez son ami; il ne savait pas comment l'expliquer, mais quelque chose lui criait que son meilleur ami ne voudrait pas en parler. Alors il ne lui posa jamais la question et Stiles ne pourrait jamais le remercier assez pour ça.
Le procès fut une horreur. Les juges avaient décidés que Stiles aurait pu agir autrement que de tuer l'homme qui l'avait agressé. Il dut, pendant une année complète, aller dans un centre pour jeune contrevenant. Le père du jeune homme était fou de rage. Il avait perdu confiance face au système judiciaire. Il continua tout de même à pratiquer son métier qu'il aimait tant, mais maintenant un peu moins. La punition imposée par le juge ne commençait qu'à la fin des études obligatoires de son fils. L'adolescent passa donc l'année de ses 17ans loin de tout. L'année où Stiles était parti, il allait le visiter aussi souvent qu'il pouvait tout comme Scott.
Dix ans plus tard.
Stiles ne savait pas trop où se mettre. Il était encore devant la porte de l'entrée principale du gymnase de son école secondaire. Il avait envie de juste partir et de ne pas aller à cette réunion d'ancien élève. Mentalement, il essaya de se donner du courage. Les gens pouvaient oublier, mais il resterait toujours un meurtrier pour certains. Depuis qu'il était sorti du centre, il avait été recruté par le FBI. Tuer quelqu'un était rendu quelque chose de fréquent. Lorsqu'il tenait une arme, il ne tremblait plus et son tir était précis. Il soupira à la pensée que son père n'aimait pas beaucoup le fait que son fils soit amené à tuer malgré les circonstances.
Il chassa ses pensées de son esprit et se décida finalement de rentrer. Il repéra Scott facilement et se dirigea automatiquement vers lui. Une fois arrivé près de lui, Scott le remarqua et lui offrit un sourire chaleureux.
–– Stiles! Tu m'as manqué!
–– Toi aussi.
–– Je suis content que tu sois venu. Je croyais que je ne t'avais pas convaincu au téléphone.
–– Il n'y a que les fous qui ne changent pas d'idée.
Scott se mit à rire. Ils passèrent une bonne partie de la soirée ensemble. Avec son travail, il n'avait pas vraiment le temps de visiter son ami. Après un moment, il se senti observé. Il arrêta de parler au beau milieu de sa phrase pour demander à Scott :
–– Je me sens regardé.
–– Tu l'es, c'est Harris qui te regarde depuis pas loin d'une vingtaine de minutes.
–– Tu crois qu'il va me donner une retenue car je suis arrivé en retard?
–– Ce que tu es con! s'écria Scott en riant.
Stiles eut un sourire. Étrangement, Adrian lui avait manqué même s'il n'avait plus eut de nouvelles de sa deuxième personnalité. Il prit une gorgée du punch aux fruits infects avant de faire une grimace.
–– Ce truc est plus mauvais que mes notes en chimie…
–– Ouais, il n'est pas génial. Tu savais que Harris a faillit perdre la vie dans un accident de voiture?
–– Quoi? fit Stiles dont la surprise était assez visible.
–– Oui, il est resté plusieurs jours dans le coma avant de se réveiller. Ma mère m'a dit que la première chose qu'il a dit ressemblait à « oh putain, je vais devoir acheter une nouvelle voiture ».
L'agent du FBI s'étouffa de rire avec la boisson infecte. Il toussa pendant quelques minutes et du reprendre son souffle. Il regarda son ami avant de baisser les yeux vers son verre. Il tourna la tête vers Harris qui s'avança vers eux. Stiles jeta un regard vers son ami qui haussa les épaules.
–– Stilinski, je ne croyais pas te voir ici.
–– Il faut croire que Scott est plus convaincant qu'on pourrait le croire.
–– Qui l'eut cru. laissa tombé Harris. Je dois avouer que je suis heureux de te voir. La dernière fois que nous nous sommes vu, tu m'as laissé un goût amer dans la bouche.
Les yeux de Stiles devinrent aussi gros que des balles de golf. Il ouvrit la bouche, mais ne pu produire aucun son. Les yeux fixés sur son ancien professeur de chimie, l'agent réfléchissait à toute allure. Était-ce la deuxième personnalité où il entendait ce qu'il voulait entendre? Les yeux de Scott allaient et venaient sur Stiles et Adrian. Il n'osait pas prononcer un seul mot. Il avait l'impression qu'il y avait quelque chose en ce moment, mais il ne pouvait pas dire quoi. Son meilleur ami semblait bouche bée. Le temps semblait être suspendu. Ce pouvait-il qu'Adrian ait toujours sa deuxième personnalité malgré les médicaments? Stiles regardait Adrian dans les yeux dans l'espoir de trouver un indice sur quelle personnalité était en contrôle. Mais oui, les yeux d'Adrian! Il ne portait pas ses lunettes.
–– C'est parce que tu prends ton café noir. finit-il par dire en souriant de nouveau.
–– Oh, tu t'en souviens.
–– Je n'ai rien oublié… murmura Stiles tout en regardant Adrian encore dans les yeux.
Pour toute réponse, Harris empoigna Stiles pour l'amener contre lui, il l'embrassa fougueusement. Le visage de Scott se décomposa. Il venait de voir son ancien professeur de chimie embrasser Stiles. Ils n'étaient pas supposés se détester mutuellement? McCall eut un mouvement de recul et regarda autour de lui. Toutes les personnes présentes avaient arrêté de discuter, ils regardaient la scène. Le baiser prit fin car les deux hommes devaient reprendre leur souffle.
–– On s'en va? demanda Harris.
–– Oh que oui, les breuvages sont horribles.
Adrian sourit et Stiles lui emboita le pas vers la sortie. Scott les regarda partir sans vraiment comprendre ce qu'il venait de se passer. Il passa une bonne partie de la soirée à envoyer des messages à son ami qui ne répondait tout simplement pas. Le téléphone de Stiles était toujours dans son veston en mode vibration.
–– Est-ce que tu comptes répondre? demanda Harris tout en caressant le dos nu de son amant.
–– Pas maintenant. sourit Stiles.
L'agent se retourna pour embrasser l'homme de sa vie. Il allait passer la nuit avec lui et il répondrait à Scott au matin.
–– Stiles! Tu ne sais pas qui j'ai croisé aujourd'hui? Scott, il n'arrêtait pas de me demander si tu allais bien. Il avait l'air de se faire du souci. déclara le shérif en entra dans l'appartement de fils.
Quand le père de Stiles se retourna il vit le professeur de chimie et son fils qui le regardaient en silence. Les deux hommes étaient habillés et semblait prendre un café ensemble. Cela dit, Adrian Harris qui était toujours bien peigné et habillé avait l'air d'avoir passé une nuit horrible. Il n'était pas vraiment peigné et ses vêtements étaient froissés. Quant à Stiles, il semblait plus heureux qu'à l'habitude.
–– Mr. Harris? demanda le shérif toujours surpris de voir sa présence.
–– Shérif. dit-il un peu malaisé.
–– Salut papa. Tu me fais une visite surprise?
–– J'étais inquiet, Scott m'avait dit que tu ne répondais pas à ses messages.
Effectivement, son téléphone était toujours dans la poche de son veston qu'il avait laissé sur une chaise de la cuisine. Sentant le malaise, le shérif demanda :
–– Qu'est-ce qui se passe?
Adrian voulu répondre, mais il n'avait pas la moindre idée de ce qu'il pouvait dire. Il tourna la tête vers Stiles qui le regardait lui aussi. Le jeune homme finit par se retourner vers son père qui attendait toujours de savoir ce qui se passait. Il ne savait pas plus comment expliquer la situation et cela sortit un peu de travers :
–– Nous avons passé la nuit ensemble.
Harris regarda Stiles d'une manière qui se traduisait par « sérieux? ». Le père de l'agent regarda l'enseignant de la tête aux pieds puis, il regarda son fils. Il avait très bien compris ce qu'il voulait dire, il ne savait juste pas comment réagir.
–– De tous les gens qui habitent la planète, tu as choisis ancien professeur de chimie?
–– Je n'ai jamais été très brillant. répondit Stiles en haussant les épaules.
Adrian se retint de rire et prit une gorgée de café. Expliquer leur relation allait être très compliquée, mais il était tellement heureux de retrouver Stiles qu'il s'en fichait complètement.
FIN.
