Disclaimer : Teen wolf appartient aux premiers qui ont fantasmé sur Derek ! Sinon les autres personnages sont à moi ! Rien qu'à moi ! Na !
Rating : M, sinon c'est pas drôle, vous êtes d'accord ?
Paring : Sterek, quelle question ! Ça coule de source.
Note du chapitre : Ce chapitre marque une transition dans l'histoire. Il y aura beaucoup de questions et assez peu d'explications, je l'avoue, mais vous aurez tout par la suite ! Ah, pour information, vous aurez un point de vue de Stiles, ou plutôt du loup du Stiles, donc, dans ces cas-là, le sujet est "la bête" alors ne vous étonnez pas si la suite est au féminin !
Et enfin, note de moi : Je m'excuse de ce retard, mais entre mes examens pré-noël et mes partiels qui arrivent, je n'ai pas beaucoup de temps pour écrire. La suite arrivera sûrement en janvier, je vous tiendrai au courant, pas d'inquiétude !Sur ce, je vous souhaite un Joyeux Noël et Bananier !
Rar :
Wm : Merci pour ta review ! j'espère que ce chapitre te plaira ainsi que le réveil tant attendu ! Bizz
Marion : Merci, je suis contente que tu ais apprécié ce chapitre et de voir que tu te laisses porter par l'histoire !
Lena : Voici le réveil attendu ! J'espère que ça te plaira ! Merci :)
Mizzy (chap1) : Hey ! Je suis vraiment contente que l'histoire te plaise ! Et encore plus de savoir que les personnages te transportent, j'essaye vraiment de les travailler et ça me ravie de voir que ça fonctionne ^^Je vais essayer de conserver cette différence entre Stiles et son loup, tu verras que dans ce chapitre je fais encore le distinguo et j'espère que ça ne perdra pas trop les gens :) Bonnes fêtes à toi et quand tu actualiseras ta page, tu verras un nouveau chapitre ! Bisous !
Chapitre 4
Le lendemain, Scott fut réveillé par une étouffante sensation de chaleur. Il bouillait. Son tee-shirt était trempé de sueur et son jogging lui collait aux jambes alors que ce n'était même pas le plein été. Incapable de se lever à cause du brouillard qui pesait sur son esprit, il se déplaça légèrement, cherchant une zone plus fraîche. Scott soupira de soulagement lorsque ses pieds trouvèrent enfin un bout de drap froid et il se décala dans cette direction. Il allait se rendormir, un sourire béat aux lèvres, lorsque la sensation de chaleur revint tout à coup, se concentrant au niveau de son dos. Aussi surpris que pouvait l'être un Scott à moitié endormi, il ouvrit grand les yeux. Il vit en premier lieu son réveil posé sur sa table de chevet, indiquant l'heure indue de sept heures de matin, puis il regarda par la fenêtre qu'un jour timide commençait à éclairer. Bon sang, pourquoi était-il réveillé à sept heures du matin alors que c'était la pleine lune la veille et qu'on était dimanche ?
La pleine lune.
Les événements précédents se déroulèrent alors avec rapidité dans son esprit. L'intrusion chez les Argent, le sauvetage de Stiles, l'accrochage avec Derek, les mauvaises nouvelles de Deaton, tout ça lui revint en mémoire et acheva de le réveiller. Sa première idée fut de sauter du lit pour foncer prendre des nouvelles de Stiles, mais ensuite, il réalisa que quelqu'un d'autre que lui se trouvait dans son lit. Et ce n'était pas Kira.
Scott se retourna lentement pour ne pas réveiller le dormeur, se doutant de qui cela pouvait être. Isaac. Son frère s'était endormi avec lui la veille, cherchant tous deux du réconfort dans la présence de l'autre. Mais – et ce depuis la nuit des temps – Isaac avait besoin d'un contact pour se sentir pleinement en sécurité, voilà pourquoi il était blotti contre Scott de tout son long, véritable radiateur pour le loup-garou qui était en nage.
Tout en essayant de ne pas le réveiller, Scott s'extirpa de l'étreinte tentaculaire de son frère et sortit du lit, observant Isaac rouler à sa place et enserrer son oreiller dans ses bras. Même si le blondinet l'attendrissait, il était temps pour lui de se trouver une copine à câliner parce que Scott en avait assez d'être pris pour une peluche. Le jeune loup-garou attrapa quelques vêtements propres toujours sans faire de bruit avant de s'éclipser dans la salle de bain. Il avait hâte de prendre des nouvelles de Stiles, et de Derek aussi parce que son alpha était sacrément perturbé par ce qui se passait, même s'il n'en montrait rien et qu'il ne voulait pas en parler.
Une demi-heure plus tard, lorsque Scott retraversa sa chambre lavé et habillé, il constata que son frère n'avait pas bougé d'un pouce et semblait dormir du sommeil du juste. Scott le laissa roupiller tranquillement, décidant qu'Isaac méritait un peu de repos, car les évènements de la veille l'avaient bien secoué aussi. Le loup ferma doucement la porte derrière lui avant de descendre dans la cuisine, retrouvant sa mère qui était déjà debout et prête à aller travailler.
- Bonjour, Scott. Déjà levé ? demanda-t-elle en l'embrassant sur la joue et en lui servant une tasse de café fumante.
- Oui. Je dois aller voir comment va Stiles.
Les yeux de Melissa s'écarquillèrent et elle s'assit en face de son fils, l'interrogeant du regard.
- On a réussi à le sortir de là où il était retenu prisonnier, mais il n'était pas conscient.
- Comment…Dans quel état était-il ?
La mère de Scott était clairement bouleversée et il ne voulait pas l'alarmer encore plus qu'elle ne l'était. La connaissant, elle allait se faire du mouron toute la journée et ne pourrait pas se concentrer sur ses patients.
- Je ne vais pas te mentir, maman, il était blessé. Mais on l'a laissé aux bons soins de Deaton et je suis sûr qu'il va mieux maintenant, la rassura-t-il.
- Oui, tu as sûrement raison. Deaton fait des merveilles.
Scott était bien d'accord avec elle. Cela faisait plus d'un an qu'il travaillait avec le druide et il l'avait vu plusieurs fois accomplir des choses hors du commun, comme sauver des personnes qui n'avaient quasiment aucune chance de s'en sortir ou encore trouver des solutions à des problèmes qui paraissaient insolubles. Scott avait un profond respect pour cet homme et il avait confiance en lui. C'était le seul capable de remettre Stiles sur pied.
-Je te donnerai de ces nouvelles, promit Scott en finissant de boire son café.
Il se leva pour aller mettre sa tasse dans l'évier et embrassa sa mère. Celle-ci le suivit jusqu'à l'entrée où elle lui tendit son blouson et, pendant qu'il l'enfilait, lui demanda :
- Isaac ne vient pas avec toi ?
- Il dort encore, sourit Scott. Je n'ai pas eu le courage de le réveiller, il me rejoindra certainement après.
- Il va bien ?
Mélissa avait cet air soucieux qu'elle arborait toujours lorsqu'il était question du bien-être d'un de ses deux fils. Et plus particulièrement de celui d'Isaac puisqu'il prenait tout tellement à cœur…
- Il est un peu secoué, mais il s'en remettra.
- Veille sur lui, d'accord ?
- D'accord, maman, soupira Scott en levant les yeux au ciel.
Il ouvrit la porte et fut accueilli par un petit vent qui le fit frissonner. Le ciel était un peu nuageux et Scott ne serait pas étonné qu'il pleuve dans quelques heures. L'humidité se faisait sentir dans l'atmosphère.
- On se voit ce soir. Soit prudent ! cria encore sa mère alors qu'il dévalait le perron.
- Ouais, ouais ! A ce soir !
Il l'entendit soupirer, mais ne se retourna pas, craignant qu'elle ne le retienne encore. Il traça sa route jusqu'à la maison de Deaton, toutes ses pensées tournées vers son ami d'enfance. Depuis quelques jours, Scott ne cessait de se demander pourquoi il ne s'était pas rappelé de lui plus tôt. C'était comme si un barrage avait cédé dans son esprit lorsque le prénom de Stiles avait été mentionné, le submergeant de souvenirs passés ensemble. Il était exactement arrivé la même chose à Derek, et Scott se doutait que ce n'était pas qu'un hasard. La sensation de n'avoir aucune emprise sur ce qui était en train de se passer mettait les nerfs de Scott à rude épreuve qui ne voulait qu'une chose : lever le voile de mystère qui entourait Stiles. Et le plus vite serait le mieux.
Malheureusement, alors qu'il entrait chez le druide et pénétrait dans son laboratoire sur la pointe des pieds, Scott comprit que les explications ne seraient pas pour tout de suite. En effet, Deaton était endormi sur un rocking-chair près de la table sur laquelle un Stiles toujours inconscient reposait. L'émissaire avait de grosses cernes sous les yeux, et même alors qu'il dormait des rides d'anxiété plissaient son front. Derek était là, assis près du blessé, il regardait fixement les innombrables bandages qui entouraient son corps. Il ne daigna même pas lever les yeux lorsque Scott pénétra dans la pièce et s'approcha de lui.
- Comment va-t-il ? chuchota le bêta.
- Je ne sais pas, répondit Derek sur le même ton. Deaton était déjà endormi lorsque je suis arrivé et je n'ai pas osé le déranger.
- Il est resté debout toute la nuit, tu penses ?
L'alpha hocha sèchement la tête. Il le savait. Il avait entendu le druide s'affairer autour du blessé pendant des heures durant, il l'avait entendu lui briser les os et chuchoter des paroles de pardon lorsque Stiles s'était brièvement réveillé pour pousser un hurlement qui avait glacé le sang de Derek dans ses veines. Oui, il avait été le triste témoin nocturne de la douleur du garçon, et il avait regretté de ne pas être à ses côtés pour lui tenir la main. Le loup avait tourné en rond dans sa chambre, se sentant horriblement impuissant, jusqu'à ce que le jour se lève. Alors seulement, il s'était précipité au chevet de Stiles pour constater qu'il était de nouveau endormi et que Deaton lui avait donné une dose de morphine. L'odeur médicamenteuse flottait autour de lui, engourdissant ses sens. Lui qui avait espéré voir son compagnon réveillé et en bonne santé, il avait été déçu.
- Il y a un mieux, je pense, dit-il cependant. Deaton a réussi à soigner l'infection pulmonaire.
Les yeux de Scott dérivèrent sur les nombreux flacons disposés à côté de Stiles et virent que tous étaient vides. Le druide avait dû user de nombreuses potions pour réussir à vaincre une infime partie du mal qui rongeait Stiles.
- Il respire plus facilement, acquiesça le jeune loup-garou.
C'était l'une des premières choses que Derek avait remarquées en entrant dans la pièce. Stiles n'était pas guéri, il faudrait encore un peu de temps pour ça, mais il y avait un mieux. L'alpha ne pouvait que remercier Deaton pour ça, sans lui, nul doute que son futur compagnon n'aurait pas tenu beaucoup plus longtemps. En pensant aux conditions dans lesquelles Stiles avait vécu, Derek se crispa. Gérard allait payer pour ça, il en faisait le serment.
La main du garçon, plongé dans le sommeil, eut un spasme nerveux et Derek s'empressa de la recouvrir de sa paume. Aussitôt, des veines noires apparurent sur ses bras et le visage de Stiles sembla se détendre imperceptiblement. L'alpha se maudit de n'avoir pensé plus tôt à prendre sa douleur et il s'engagea à le soulager du mieux possible. Scott fixait son alpha, le regard surpris et curieux. Il n'avait jamais vu Derek paraître aussi attentionné envers quelqu'un. Parce qu'il n'y avait pas d'autre mot pour décrire son comportement. La main posée sur celle du malade était légère, rassurante, tandis que l'autre caressait la joue pâle et creuse. Derek semblait absorbé par ce qu'il faisait, concentré entièrement sur le bien-être de Stiles, il avait oublié son bêta derrière lui.
Scott osa un sourire qui se fana cependant assez vite lorsque ses yeux, qui se baladaient sur le corps de son ami d'enfance, tombèrent sur les chaînes à ses côtés. Elles étaient fixées à la table au niveau des poignets et des chevilles de Stiles qui portaient encore quelques traces d'hématomes. Pourquoi Deaton avait-il retiré les vieilles menottes si c'était pour les remplacer par des nouvelles ? se demanda Scott tout en grognant de mécontentement.
Alerté par ce son, Derek suivit des yeux le regard de son bêta et retroussa les lèvres. Lui non plus ne paraissait pas très heureux de constater que Stiles avait encore été enchaîné, mais il ne réagit pas aussi violemment que Scott aurait pu l'espérer.
- Deaton a été obligé de l'attacher, répondit l'alpha à la question muette du jeune loup-garou. Stiles s'est réveillé et s'est débattu lorsqu'il lui a…lorsqu'il lui a recassé les os.
La voix de Derek se brisa sur la fin de la phrase et il baissa la tête pour reprendre contenance. Montrer sa fragilité ne ressemblait pas du tout à son alpha, pensa Scott en retenant un geste réconfortant qui n'aurait pas été bien accueilli.
- Tu es attaché à lui, constat-il simplement.
Derek releva la tête et contempla tendrement le visage de Stiles.
- Je le suis. Je ne sais pas s'il est mon compagnon, Scott, ça je n'en aurais la certitude que…que…
- Que lorsque ton loup et celui de Stiles hurleront la même lune.
Dans leur langage, ça donnait un truc comme « être sur la même longueur d'onde », « vibrer sur la même corde ». Et Scott se doutait que dans leur cas, ça ne serait pas pour tout de suite. Stiles risquait d'avoir de lourdes séquelles psychologiques suite à son enfermement, et il aurait certainement du mal à faire confiance à qui que ce soit, y compris à Derek. Ce dernier allait en souffrir, ils allaient tous les deux en souffrir, mais Scott ne doutait pas que son alpha serait fort pour deux.
- Mais tu es quasiment convaincu qu'il l'est, n'est-ce pas ? continua le métis.
- Pour l'instant, je ne suis convaincu que d'une chose, Scott : s'il ne se réveille pas, je m'en voudrais toute ma vie.
À l'instant où Derek finissait sa phrase, Deaton commença à s'agiter et l'alpha se leva de sa chaise. Lorsque le vétérinaire ouvrit les yeux, les posant directement sur les deux loups-garous, un sourire ensommeillé étira ses lèvres.
- J'aurais dû me douter que vous seriez déjà là, dit-il.
Scott ouvrit la bouche dans l'expectative de baragouiner quelques excuses, mais le druide l'en empêcha d'un geste de la main avant de se lever. Deaton ne se sentait pas complètement reposé, mais il allait mieux que quelques heures auparavant. Ses muscles étaient contractés et son dos le faisait souffrir, mais au moins, il avait accompli son travail. Stiles n'était plus en danger de mort.
- Je vais me préparer un thé, je reviens.
Derek fronça les sourcils d'agacement, mais ne retint pas l'émissaire. Il aurait aimé avoir des explications immédiates, mais s'il avait tenu jusque là, il imaginait pouvoir patienter encore quelques minutes. Scott, qui sentait l'humeur de son alpha s'assombrir, le guettait du coin de l'œil et croisait les doigts pour que Deaton revienne assez vite. Fort heureusement, le vétérinaire refit son apparition à peine deux minutes plus tard, une tasse de thé fumant dans la main et l'air un peu plus réveillé. Il contourna la table d'opération et se posta debout en face de Derek qui le scrutait, immobile, le dos raidi et la mâchoire crispée.
- J'imagine que tu veux savoir exactement ce qui s'est passé, soupira le druide en baissant les yeux sur son patient.
- Oui.
La voix de l'alpha laissait suggérer que le vétérinaire n'avait aucune échappatoire. Il voulait des explications. Maintenant. Ou sinon, il ne prendrait pas la responsabilité des dégâts que son loup ferait lorsqu'il prendrait le contrôle.
- J'ai réduit son infection, comme tu as sûrement dû le constater, et j'ai également remis ses os en place. La guérison spontanée s'est déclenchée dans la nuit, et même si le processus semble beaucoup plus lent que la normale, c'est déjà un bon signe. Ce sera long, mais il s'en remettra. Physiquement.
Scott ne cacha pas son soulagement, apaisé par les paroles du druide alors que son alpha restait sur les nerfs. Il pouvait comprendre l'inquiétude de Derek, mais si Stiles était hors de danger, c'était le principal. Deaton prit le temps de boire quelques gorgées de son thé avant de continuer d'une voix lasse :
- J'ai dû l'attacher avant de l'endormir. Il a failli m'arracher un bras en se réveillant et je pense que…que ce serait plus prudent de le maintenir enchaîné le temps… le temps qu'on lui explique la situation.
- Hors de question ! rugit Derek en fusillant son conseiller du regard.
- Derek…Je comprends ta réticence, mais Stiles…eh bien, je ne pense pas qu'il soit possible de le contrôler.
- Je ne veux pas le contrôler ! continua l'alpha en haussant encore le ton. Je voulais le libérer !
- Et ton intention était tout à fait louable, concéda le druide, mais je t'avais prévenu. Je t'avais dit qu'il y avait des risques pour que le loup de Stiles se soit entièrement emparé de son esprit.
Scott écarquilla les yeux, épouvanté par cette nouvelle alors que le visage de Derek n'affichait plus qu'une expression résignée.
- C'est…C'est possible ? demanda le jeune loup. Vous voulez dire que Stiles…que Stiles n'est plus là ?
- Je le crains, en effet, répondit tristement Deaton. En tous cas, il a réagi à ma présence comme un animal blessé l'aurait fait. Et tu sais, Scott, que plus un animal est blessé, plus il devient agressif.
- Est-tu en train de proposer de l'euthanasier, Alan ? gronda l'alpha. Parce que si c'est le cas, c'est ta gorge que je n'hésiterai pas à trancher !
Le druide secoua la tête, sachant très bien que Derek était sérieux et qu'il lui fallait le détromper assez vite s'il ne voulait pas finir noyé dans son propre sang.
- Non, non, évidemment que je ne suis pas en train de proposer de l'euthanasier, Derek ! Je veux juste que tu ne te fasses pas trop d'espoir. Si c'est vraiment ton compagnon et que jamais il ne refait surface, tu porteras cette douleur jusqu'à la fin de ta vie.
- Je suis déjà blindé question douleur, Deaton. Je peux supporter ça. Je peux l'aider, je sais que c'est possible. Il ne peut pas…Je suis sûr qu'un bout de la conscience de Stiles subsiste quelque part.
Derek voulait se convaincre lui-même de ce qu'il disait, mais s'il n'y croyait pas, alors délivrer Stiles n'aurait servi à rien. Et il devait essayer, pour ses parents, pour John Stilinski et pour son potentiel compagnon. Il devait le ramener.
- Il y a autre chose, ajouta Deaton après avoir fini son thé. J'ai remarqué ça après l'avoir lavé.
Il souleva les cheveux châtains qui tombaient sur les épaules du garçon inconscient et dévoila le morceau de peau le plus appétissant que Derek n'avait jamais vu. Les yeux fixés sur le cou de Stiles, ses yeux virèrent brièvement au rouge et il se retint à grande peine de se lécher les lèvres. Il avait l'air délicieux. Incroyablement délicieux. Lorsque l'alpha sortit enfin de sa contemplation et en détournant le regard de la jonction entre la nuque et l'épaule de Stiles, il remarqua quelque chose d'étrange sur le cou blanc. Quelque chose comme un vieux tatouage. Et même en y regardant de plus près, il ne put comprendre ce que signifiaient les arabesques du motif.
- Qu'est-ce que c'est ? demanda Scott qui s'était lui aussi approché pour regarder.
- C'est un sceau, répondit Deaton. Un sceau qui a été assurément fait par ma sœur.
- Elle guérissait Stiles, acquiesça l'alpha. On l'a vu hier, elle essayait de le soigner. Elle nous a même aidés à le délivrer.
Le visage de Deaton ne trahit aucune émotion, et sa voix était neutre lorsqu'il dit :
- Elle le guérissait sur l'ordre de Gérard et seulement pour qu'il se fasse mieux battre ensuite. Ma sœur s'est exposée à de grands risques si elle vous a vraiment aidé.
Derek plongea ses yeux dans les siens, souhaitant y lire quelque chose. Une raison à son indifférence. Il s'agissait tout de même de sa sœur !
- Ce n'est pas un sceau de guérison, Derek, continua l'émissaire.
- Alors qu'est-ce que c'est ?
- Je l'ignore, mais ça ne peut qu'être quelque chose de mauvais.
Scott allait demander quelque chose lorsqu'un gémissement l'interrompit. Trois paires d'yeux convergèrent vers le blessé dont les paupières s'agitaient. Le cœur de Derek fit un bond dans sa poitrine lorsqu'il comprit que Stiles était en train de se réveiller. Il en était ravi, ce qui n'était pas du tout le cas de Deaton.
- Ce n'est pas normal, disait-il. Il ne devrait pas déjà se réveiller. Je lui ai donné une dose assez forte pour assommer un éléphant pendant une dizaine d'heures…
- Il s'est peut-être accoutumé, remarqua intelligemment Scott. Si Morell avait l'habitude de lui donner des doses lorsqu'il était enfermé, son organisme doit être habitué et il l'évacue plus vite.
Deaton acquiesça, se rangeant à son avis. Il n'avait pas pensé du tout à cette possibilité, mais de toute façon, Stiles devrait bien se réveiller un jour où l'autre, il ne pouvait pas être gardé sous sédatif jusqu'à ce qu'ils trouvent une solution.
- Scott, va près de la porte et tiens-toi prêt à l'arrêter s'il essaye de s'enfuir, ordonna le druide en reprenant un ton professionnel.
Le jeune loup interrogea son alpha du regard qui lui fit signe d'écouter Deaton. Scott se posta donc devant la porte qu'il prit soin de fermer à clé alors que Derek plaçait une main rassurante sur l'épaule de Stiles qui s'agitait de plus en plus.
- Derek, je veux que tu tiennes prêt à l'éventualité qu'il faille l'enchaîner de nouveau, est-ce que tu comprends ?
Mais l'alpha secoua la tête, rejetant ces paroles avec force.
- Tu préfères qu'il s'échappe ? demanda Deaton. Tu préfères le laisser en liberté dans le village en prenant le risque qu'il blesse quelqu'un ? Un membre de la meute ? C'est ça que tu veux, Derek ?
- Non, gronda-t-il.
- Alors je veux que tu m'aides à l'enchaîner s'il fait mine de s'enfuir.
Derek acquiesça à contrecœur. Il ne supportait pas d'envisager de remettre des fers autour des poignets de Stiles après l'enfer d'où il l'avait sorti. Il ne pouvait pas s'empêcher de penser qu'il ne vaudrait pas mieux que Gérard s'il le faisait. Mais avait-il vraiment le choix ? Si le garçon voulait s'échapper, il n'y aurait que lui pour l'en empêcher. Deaton, bien que sacrément intelligent, ne pourrait rien faire contre la force d'un loup-garou, et même s'il ne doutait pas de Scott, Derek ne le pensait pas capable de blesser Stiles s'il fallait en venir à une telle extrémité pour l'arrêter.
En serait-il capable lui-même ?
Mais il n'était plus temps de se poser ses questions, les paupières du blessé papillonnaient déjà, découvrant ses iris pourpres qui essayaient de s'habituer à la lumière du jour. Le loup en Derek piaffa d'impatience, pressé de savoir si ce garçon famélique, mais au cou exquis, était son compagnon. Ce n'était qu'une question de seconde.
En se réveillant, la bête eut la vague impression de se sentir mieux. Son corps ne la faisait plus autant souffrir et même si elle avait faim, c'était devenu supportable. Lorsqu'elle fut habituée à la lumière éblouissante, elle distingua quelque chose penché sur elle. Une forme…Un visage. Oui, c'était un visage avec deux grands yeux d'un bleu glacial. Elle ne les connaissait pas, il n'appartenait à aucun de ses bourreaux. Un rapide coup d'œil aux alentours lui apprit d'ailleurs qu'elle ne se trouvait plus dans sa cellule froide. C'était une sorte de…de laboratoire et son corps reposait sur une table. Allait-on faire des expériences sur elle ? Ce visage penché au-dessus du sien était-ce celui de son nouveau bourreau ? Ça devait être ça, car le regard dur qui était posé sur elle ne pouvait pas être amical.
Plongée au cœur d'une spirale destructrice, la bête ne distingua même pas la leur d'inquiétude dans les yeux qui la contemplait. Tout ce qu'elle retint, c'était que ses bourreaux étaient trois et que l'un d'eux avait justement passé la nuit à lui broyer les os. La panique commença à submerger l'animal, faisant palpiter son cœur et sortir ses griffes. La bête n'était plus attachée, les chaînes qui la retenaient auparavant étaient ouvertes et elle put se redresser, distinguant une unique porte de sortie. Si ces bourreaux étaient humains – elle sentait l'odeur d'un humain parmi eux, mais n'aurait su distinguer lequel – ils ne pourraient pas la retenir. Elle était affaiblie, certes, mais prête à tout pour regagner sa liberté. C'était ça, l'instinct. Malheureusement pour elle, les yeux bleus qui la contemplaient auparavant virent au rouge et sa panique monta d'un cran. Loup-garou. Bourreau. Elle savait ce que cela signifiait : une nouvelle séance de torture.
Mais cette fois-ci, elle ne se laisserait plus faire. Cela faisait des années qu'elle ne s'était pas sentie aussi…revigorée. Elle pouvait le faire. Et une fois qu'elle serait dehors, une fois qu'elle serait libre, elle…
Le visage aux yeux bleus ouvrit soudainement la bouche et émit toutes sortes de sons que le loup sauvage ne comprit pas, mais reconnus comme étant la langue des bourreaux, la confortant dans l'idée qu'une nouvelle salve de coups allait bientôt pleuvoir. Pourtant, le ton employé n'était pas menaçant, mais son cerveau reptilien l'enregistra tout de même comme une menace et l'animal dévoila ses longs crocs tranchants comme des rasoirs et luisants de salive. Lorsqu'une main se posa sur son corps, un grondement sourd monta de sa poitrine. La bête ne se laisserait pas faire.
D'un vif mouvement, elle écarta le loup aux yeux bleus qui n'eut pas le temps de réagir, et sauta au bas de la table. Accroupie, elle s'élança avec une force insoupçonnée vers la porte qui était gardée par l'un des bourreaux et qui semblait l'attendre de pied ferme. Mais cela ne l'arrêta pas. Elle allait bondir lorsqu'elle fut soudainement tirée en arrière par le col de son vêtement. Un vêtement ? Depuis quand portait-elle des vêtements humains ?
La bête ne s'en étonna pas longuement et se débattit avec hargne contre celui qui la maintenant. Elle mit toute la fougue dont elle était capable et réussit enfin à glisser sur le sol, hors de portée de son tortionnaire. Malheureusement, ils furent bientôt trois sur elle, l'empoignant par les bras tandis que celui qui gardait la porte essayait de tenir ses jambes immobiles pendant qu'elle était transportée sur la table de torture. Ils essayèrent de la tenir allongée, mais la bête continua de se débattre, ne voulant pas leur montrer que ses dernières réserves de forces commençaient à s'épuiser. Elle était trop faible pour lutter durablement et elle savait que ce n'était plus qu'une question de quelques secondes. Sa liberté s'éloignait petit à petit, mais elle ne pouvait pas renoncer maintenant, pas si près du but. Elle le sentait, elle le voyait à travers l'unique fenêtre du laboratoire, le ciel était là, l'extérieur était là, tout près et pourtant si loin.
Un bourreau se mit à crier quelques choses aux deux autres et un cliquetis familier attira l'attention de la bête. Des chaînes. Des maudites chaînes en argent qui promettaient de lui brûler la chair et de la maintenir à la merci des autres. Non, non, non ! Elle ne voulait plus de chaînes ! Plus de chaînes ! NON ! La bête poussa un hurlement à s'en déchirer les cordes vocales et propulsa son corps en arrière avec les dernières forces qui lui restaient. Son dos heurta violemment une étagère qui bascula sous le choc, tombant avec fracas sur l'animal à terre, inconscient.
Derek était tétanisé. Rien n'aurait pu le préparer à ce qu'il venait d'assister. Bien sûr, il s'attendait à ce que Stiles se rebelle et à devoir le maintenir fermement pour ne pas qu'il s'échappe, mais jamais il n'aurait pu anticiper sa réaction. Une réaction purement instinctive. Il commençait à croire Deaton lorsqu'il lui disait que le garçon qu'ils avaient en face d'eux n'avait plus grand-chose d'humain. Derek avait bien vu que ses paroles rassurantes étaient restées sans effet, au contraire, elles avaient eu l'air d'encore plus affoler Stiles qui s'était alors pr
écipiter vers la sortie avec une vélocité insoupçonnée. D'où puisait-il autant de forces ? Après ce qu'il lui était arrivé, le garçon n'aurait même pas dû pouvoir se mettre debout et encore moins résister avec autant de force.
Lorsqu'ils avaient réussi à le maîtriser et à le maintenir sur la table, Deaton avait dégainé ses chaînes, augmentant considérablement la panique de Stiles dont les iris s'étaient dilatés sous l'effet de la peur. Derek avait alors grondé contre son druide, l'incitant à laisser tomber son projet et il ne l'aurait jamais laissé faire. Mais ça, le garçon n'était pas censé le savoir sa réaction avait pris l'alpha au dépourvu. Jamais il n'avait vu un loup réagir ainsi et se jeter en arrière avec autant de forces pour échapper à quelque chose. Et le reste s'était déroulé si vite que Derek n'avait pas eu le temps d'intervenir. Il avait vu l'étagère tomber sur Stiles au ralenti, les objets voler dans la pièce, éclatant contre les murs et roulant sur le sol. Lorsqu'il était arrivé près du garçon, celui-ci avait déjà disparu sous une montagne de planches cassées et de produits visqueux.
- Putain, Derek ! hurla Scott qui s'était précipité à ses côtés. Aide-moi à le dégager !
L'alpha reprit brusquement ses esprits et aida son bêta à déblayer, découvrant le corps inconscient de Stiles. Lorsque Deaton voulut approcher pour évaluer les dégâts, le garçon rouvrit les yeux et poussa un feulement agressif en voyant tous ces visages penchés sur lui. Derek voulut l'aider à se relever, mais il ne fit que se prendre un sanglant coup de griffes au visage alors que Stiles rampait en arrière pour leur échapper. Arrivé dans un coin de la pièce, il se recroquevilla de profil contre le mur, ses bras protégeant sa tête.
Derek profita de cet instant d'inaction pour se remettre debout, essayant distraitement le sang qui coulait sur sa joue. La blessure le picotait, mais elle se refermait déjà et il n'y prêta pas attention. Non, toute sa concentration était rivée sur l'être qui tremblait comme une feuille dans le coin de la pièce.
- Derek, il faut absolument que je voie l'étendue de ses blessures, murmura le druide.
- Pas question ! rétorqua l'alpha. Vous ne l'approcherez pas, je vais m'en occuper.
Deaton acquiesça, sachant qu'il avait fait une belle bourde en tentant d'enchaîner Stiles. C'était la vue des chaînes qui avait suscité une réaction si virulente et il n'y avait plus aucune chance maintenant pour que Stiles le laisse approcher dans sa zone de confort.
- Il s'est coupé sur les morceaux de verre, remarqua Scott d'une voix affolée.
- Je vais voir ça.
- Tu es sûr que…
- Scott, tu restes là avec Deaton ! Tu n'approches pas, même s'il fait mine de m'attaquer !
Le métis n'était peut-être pas un premier de la classe, mais il savait reconnaître un ordre, et ça, s'en était un. Désobéir à son alpha ne faisait pas partie de ses prérogatives, aussi resta-t-il en arrière, attentif au moindre mouvement.
Derek s'approcha pas à pas de l'endroit où se trouvait Stiles et lorsqu'il arriva à moins de trois mètres de lui, il s'accroupit, se mettant à sa hauteur en sachant qu'il aurait l'air moins menaçant de cette façon.
- Stiles, appela-t-il doucement.
Stiles n'était plus là, lui avait dit Deaton, mais Derek espérait qu'une partie de lui subsistait encore et l'entendrait. Et s'il ne l'entendait pas, le loup en lui, bien que méfiant, saurait au ton de sa voix qu'il ne lui voudrait pas de mal. L'alpha répéta encore son nom jusqu'à ce que le garçon relève la tête et ne plante ses yeux au rouge si sombre dans les siens.
- Je ne te veux pas de mal, déclara Derek en adoucissant au maximum sa voix et en essayant de décontracter ses muscles.
Il ne devait pas sembler nerveux, cela ne ferait qu'exciter la peur du loup qu'il sentait jusque là. Cela faisait cinq bonnes minutes que celui de Derek hurlait et essayait de sortir. Heureusement, l'alpha se contrôlait parfaitement, même si des flashs illuminaient ses yeux par intermittence.
Lorsque Derek essaya de se rapprocher un peu plus de Stiles pour voir l'étendue de ses blessures, celui-ci grogna sourdement et montra les dents, clairement agressif. L'alpha s'immobilisa, n'insistant pas et ne prenant pas le risque de déclencher un nouvel événement dramatique.
- Je vais chercher de la nourriture, chuchota Deaton en s'éloignant sans quitter le blessé des yeux. Il a sûrement très faim.
Derek ne put que l'approuver. Il entendait les grondements de l'estomac de Stiles même si celui-ci semblait n'y prêter aucune attention. Le druide s'éclipsa alors, emportant son anxiété avec lui.
- Stiles, est-ce que tu te souviens de moi ? Ou de Scott ? Est-ce que tu m'entends ? continua Derek sans lâcher le garçon des yeux.
Un garçon qui tenait plus du loup que d'autre chose en cet instant et qui lui répondit en augmentant le volume de son grognement. Derek essaya de changer de tactique.
- Tu n'es plus chez Gérard. Gérard, ça te rappelle quelque chose ?
Apparemment, le nom de Gérard Argent rappelait effectivement quelques souvenirs au garçon qui montra une nouvelle fois les crocs tout en serrant ses jambes contre sa poitrine.
- Je ne suis pas Gérard. Je m'appelle Derek. Et toi c'est Stiles, n'est-ce pas ?
Scott, qui regardait son alpha interagir avec le garçon, avait envie de hurler. Hurler sa colère contre les gens qui avaient osé faire subir ça à son meilleur ami, hurler sa frustration et son impuissance aussi, mais il garda le silence, sachant que cela ne ferait qu'effrayer la bête que Derek essayait d'apprivoiser. Il l'admirait pour la retenue dont il faisait preuve, pour la tendresse également qui transparaissait dans la voix de l'alpha qui n'avait jamais été aussi douce. Il était impossible que Stiles ne soit pas le compagnon de Derek, pas alors que ce dernier faisait preuve de tant de commisération pour lui.
- Je ne te veux pas de mal, répéta encore Derek avec sa voix suave. Tu peux t'en assurer.
Le garçon se contenta de lui renvoyer un regard fixe, mais le manège de l'alpha sembla marcher un petit peu puisque le grondement perdit de l'ampleur sans s'arrêter tout à fait. Stiles avança légèrement la tête en avant, comme un loup l'aurait fait avec son museau, et il se mit à humer l'air autour de lui, à goûter les émotions de Derek du bout de la langue. Scott saisit l'étincelle d'espoir qui illumina les yeux de son ancien ami lorsqu'il comprit que Derek ne lui était pas hostile. Cependant, la petite lueur d'espoir se transforma très vite en méfiance et le métis laissa tomber ses épaules sous le poids de la lassitude. Au moins, Stiles ne grognait plus.
Entendant le druide revenir, Scott fit quelques pas en arrière, attirant aussitôt l'attention de Stiles. Sans le quitter des yeux, le jeune loup-garou entrebâilla la porte et parla à Deaton qui s'était arrêté dans le couloir..
- Je crois qu'il ne vaut mieux pas que vous entriez, chuchota Scott.
- Je le crois aussi, répondit l'émissaire de l'autre côté du battant tout en lui tendant une assiette remplie de morceaux de bœuf bien juteux et bien cuits. Comment va-t-il ?
- Derek a réussi à le calmer, je crois.
- Bien. Demande-lui ce qu'il compte faire avec lui parce que je ne peux décemment pas le garder ici et m'en occuper.
Scott hocha la tête. Il était clair que Derek n'allait pas laisser Stiles dans ce labo et que dès qu'il pourrait l'approcher un peu plus, il l'emmènerait ailleurs. Chez lui, peut-être ? Scott espérait juste que Peter ne s'en approche pas. Quoiqu'il serait drôle de le revoir avec une main en moins…
- Je vous laisse, fit le druide. Dit à Derek de bien désinfecter les plaies et de retirer les morceaux de verre si Stiles le laisse approcher. Je ne pense pas en avoir vu qui mérite des points de suture, donc je pense qu'il peut s'en occuper.
- Ok, je transmets.
Deaton hocha la tête avant de tourner les talons et de laisser Scott rejoindre son alpha et l'enfant sauvage avec l'assiette de nourriture.
Le jeune loup-garou referma doucement la porte derrière lui pour ne pas effrayer Stiles qui, depuis que la bonne odeur de bœuf s'était immiscé dans ses narines, ne pensait plus qu'à ça. Manger. Il devait manger.
Scott avança doucement vers Derek et s'arrêta à quelques pas derrière lui, faisant glisser l'assiette de nourriture dans sa direction. L'alpha la réceptionna et osa s'avancer de quelques centimètres, le garçon ne le remarquant pas puisque son regard était rivé sur la viande. Derek décida de ne pas pousser sa chance trop loin et fit à son tour glisser l'assiette vers Stiles. Ce dernier, bien que salivant d'impatience à l'idée d'engloutir toute cette nourriture, jeta un regard craintif à l'alpha qui lui fit signe de manger. Seulement alors, le garçon se jeta sur la viande et dévora le tout en moins de temps qu'il ne faut pour le dire, prenant à peine le temps de mâcher ou de savourer. Il fourrait les boulettes de viande dans sa bouche les unes après les autres, ne se souciant aucunement de la sauce qui dégoulinant sur son menton et tâchait le maillot que Deaton lui avait enfilé pendant qu'il dormait.
- Bon sang, depuis combien de temps est-ce qu'il n'a pas mangé correctement ? lâcha Scott.
- A mon avis, Gérard ne l'a jamais laissé manger à sa faim, chuchota Derek en prenant soin de garder le même timbre paisible.
- Deaton demande où tu comptes l'emmener. Tu vas le ramener chez toi ?
- Oui.
- Mais…Et Malia ? Peter ?
Derek poussa un profond soupir s'autorisa à se passer une main dans les cheveux sans craindre que cela ne soit pris pour un geste de menace par Stiles. Celui-ci était bien trop occupé à lécher son assiette pour lui prêter attention.
- Je le garderai enfermé dans la chambre de lune.
- La chambre de lune ? Je ne savais même pas que tu en avais fait construire une.
- Si, pour Malia, répondit Derek.
Les chambres de lune étaient des chambres exclusivement réservées aux jeunes loups-garous qui avaient des problèmes de contrôle. Les parents les faisaient construire pour leur sécurité, mais aussi pour celle des autres et surtout des humains qui vivaient à proximité. Une chambre de lune différait d'une chambre normale par le fait que tous les meubles étaient en acier et qu'ils étaient fixés dans le sol. Et aussi que la porte était blindée pour éviter que les enfants lycanthropes ne se frayent un passage à travers à coups de griffes. Derek avait détesté sa chambre de lune, et c'était bien la seule chose qu'il avait été heureux de voir brûler dans l'incendie qui avait causé la mort de ses parents.
- Alors tu vas de nouveau l'enfermer ? releva Scott.
Derek fronça les sourcils, mais essaya de ne pas s'énerver. Le regard rougeoyant de Stiles était de nouveau posé sur lui. Le garçon avait abandonné l'assiette vide et s'était de nouveau terré dans son coin, mais il était redevenu attentif à ce qui se passait autour de lui.
- Ça ne me plait pas plus qu'à toi, Scott. Comment crois-tu que je me sens ?
- …
- Est-ce que j'ai vraiment le choix ? Je ne veux pas le voir partir et je ne veux pas non plus qu'il se blesse. Je veux qu'il me laisse l'approcher, je veux qu'il m'accepte près de lui. Et par-dessus tout, je veux que mon compagnon revienne.
Stiles trembla une nouvelle fois, son loup semblant réagir à la voix rauque de l'alpha. Derek et lui se contemplèrent un long moment en chiens de faïence, leurs yeux rouges fixés dans le regard de l'autre. Le garçon n'avait pas l'air de savoir comment se comporter face à ce loup qui ne semblait pas lui vouloir du mal, mais duquel émanait une autorité qui ne pouvait que lui hérisser le poil. D'un autre côté, Derek ne mourrait d'envie que d'une chose : aller étreindre son compagnon et le garder en sécurité contre sa poitrine jusqu'à la fin des temps.
- Alors je crains que non, tu n'ais pas le choix, murmura Scott.
L'alpha acquiesça, se sentant comme investi d'une mission. Il devait faire revenir à la surface la conscience de Stiles, il devait calmer la bête pour espérer qu'elle laisse la place à l'humain qui subsistait forcément quelque part.
- Comment vas-tu t'y prendre ?
- Il va falloir que je m'approche, Scott. Et je risque de me prendre quelques coups de griffes, mais n'interviens pas, d'accord ?
- Ok, je te laisse faire.
Le bêta s'éloigna de quelques pas et se mit dans l'axe de la porte, juste au cas où. Stiles avait des réactions imprévisibles depuis le début, et Derek n'avait pas vraiment été en mesure de l'arrêter. La seule chose qui avait stoppé la bête dans son élan, c'était la peur qu'avaient provoquée les chaînes. Scott pria pour ne pas affronter de nouveau une telle furie et remercia le ciel ou n'importe qui d'autre d'avoir fait en sorte que son frère soit absent. Isaac n'aurait pas su gérer une telle situation.
- Stiles, appela doucement Derek. Stiles, il faut que tu me laisses approcher, d'accord ?
Le garçon le regarda sans comprendre jusqu'à ce que Derek se rapproche dans sa direction. Il retroussa aussitôt ses lèvres sur ses crocs et se mit à grogner, les griffes recourbées.
- Je ne te veux pas de mal, Stiles, ne l'oublie pas. Tu ne veux pas sortir d'ici ? Aller dehors ?
Stiles se figea brusquement, son regard faisant un aller-retour entre Derek et la fenêtre. Était-il possible qu'il ait compris ce que l'alpha avait voulu dire ?
- Oui, c'est ça, je peux t'emmener dehors.
Si le garçon avait gardé ses oreilles lupines, nul doute qu'elles se serraient dressées d'intérêt sur sa tête. Le mot « dehors » lui évoquait donc bien des choses et Derek en jubilait intérieurement. Si le loup avait gardé en mémoire quelques mots comme celui-ci, communiquer allait peut-être devenir possible.
- Dehors ? Tu veux aller dehors, Stiles ?
Hochement de tête timide de la part du garçon. Ce n'était qu'une approbation que le corps humain avait effectuée inconsciemment, mais il résumait très bien le désir d'une bête restée trop longtemps enfermée.
- Tu dois me suivre si tu veux aller dehors, Stiles.
Derek tenta une nouvelle approche. Cette fois-ci, le garçon ne grogna pas, mais resta extrêmement vigilants. L'alpha s'approcha encore, dégageant le moins d'ondes négatives possible. Il ne devait en aucun cas l'effrayer maintenant alors qu'il était si proche du but. Il n'y avait plus qu'un mètre, un tout petit mètre qui fut franchi assez aisément. Derek se retrouva bientôt nez à nez avec le jeune loup qui le regardait maintenant avec une expression toute curieuse.
- Il faut que tu te lèves, Stiles, continua prudemment l'alpha. Je vais t'aider.
Il tendit la main vers lui, mais récolta aussitôt un coup de griffes et un feulement mécontent.
- Tu ne vas pas aimer ça, je sais, et je suis désolé, murmura Derek.
Ignorant les protestations du garçon, ses grognements et ses tentatives de morsures et de griffures, Derek empoigna sa résolution à deux mains et réussit à passer son bras autour du corps crispé de Stiles.
- Putain ! cria-t-il lorsqu'il sentit des crocs s'enfoncer dans la chair de son épaule.
- Derek !
- Ne bouge pas, Scott. Merde, ne bouge pas, je l'ai, dit-il en se relevant, entraînant le corps tendu au maximum avec lui.
Les pieds de Stiles frôlaient le sol, mais accroché à Derek comme une moule à son rocher, il n'avait pas l'air de vouloir se tenir debout par lui-même. Non pas que ça dérange vraiment l'alpha qui pouvait enfin le tenir tout contre lui malgré la douleur qui irradiait de son cou. A force de paroles rassurantes et de caresse dans le dos de Stiles, se dernier finit par rétracter ses crocs et libérer la gorge de Derek qui poussa un soupir de soulagement.
L'alpha, qui essayait de faire tenir Stiles sur ses deux pieds sans grands succès, se résigna à juste continuer de le porter et à marcher à sa place. Peut-être que le garçon avait simplement oublié comment faire pour se tenir debout. Ce qui ne serait pas étonnant puisqu'il avait certainement dû passer de nombreuses années recroquevillé contre un mur comme il l'avait fait.
- On y va, dit Derek autant pour Scott que pour lui-même.
Et ce fut sans cesser de chuchoter à l'oreille de l'enfant sauvage que son bêta et lui sortirent de la maison du druide qu'ils ne croisèrent d'ailleurs nulle part. Ce qui n'était pas plus mal parce que Derek ne voulait pas encore effrayer Stiles. Une fois dehors, l'alpha raffermit sa prise autour de son précieux fardeau plus pour le protéger que pour l'empêcher de se rebeller et de s'enfuir.
- Scott, passe devant et dégage le chemin. Je ne veux croiser personne.
Le bêta acquiesça et partit devant au pas de course, laissant Derek seul avec le garçon terrifié. L'alpha s'était arrêté à la lisière du bois et scrutait les environs avec attention. Il n'avait pas envie qu'un autre loup-garou fasse une soudaine apparition et ne fiche tout en l'air. Rassuré de ne voir ni sentir personne d'autre que Scott qui n'était pas très loin d'eux, il passa délicatement sa main dans les cheveux de Stiles, l'enjoignant à lever la tête.
- Nous sommes dehors, murmura-t-il. Lève les yeux.
Mais le garçon se contenta d'enfouir un peu plus son visage dans son cou et son corps se remit à trembler. Derek comprit alors qu'il ne voulait pas y croire ni se faire de faux espoirs. Il ne pouvait l'en blâmer, sachant une partie de ce qu'il avait vécu dans l'antre de Gérard Argent, mais il fallait que le garçon comprenne que ce temps était désormais révolu. Alors qu'il allait de nouveau chuchoter à Stiles de regarder autour de lui, Scott refit son apparition et s'arrêta à quelques mètres devant eux.
- Tout le monde est rentré, dit-il. Isaac et la bande viennent de partir en ville pour nous laisser le champ libre.
- Merci, Scott. Reste devant au cas où.
Le bêta acquiesça et regarda son alpha essayer de rassurer le garçon tremblant.
- Allez, tu ne risques rien, je te le promets. Allez, bébé.
Le surnom était sorti spontanément de sa bouche, mais il choqua Scott qui affichait une expression incrédule.
- Sérieux ? fit-il médusé.
- Ta gueule, Scott.
- Bébé ? s'esclaffa le bêta suicidaire. Tu es…
- Scott, gronda Derek.
Le loup-garou leva les mains et tourna les talons sans se départir de son sourire. Son alpha était si…mignon avec Stiles, c'était bluffant. Jamais il ne l'avait vu se comporter ainsi auparavant. Même lorsqu'il avait été en couple avec Paige il ne lui avait pas donné de surnom. La tête qu'Isaac allait faire lorsqu'il apprendrait que Derek avait prononcé le mot « bébé » ! Il avait hâte de raconter ça à son frère !
Derek, de son côté, était affligé par le comportement de son bêta, même s'il ne pouvait pas vraiment l'en blâmer. Il savait la réputation d'homme froid et austère qu'il avait alors il ne s'étonnait pas d'avoir estomaqué Scott. Et il en choquerait bien d'autres à l'avenir parce qu'il n'avait pas l'intention d'arrêter d'appeler Stiles « bébé ». Même si le terme ne semblait pas vraiment convenir à un enfant sauvage et farouche qui n'avait apparemment pas peur d'ouvrir quelques gorges pour atteindre sa liberté. Cela ne faisait d'ailleurs que renforcer la fierté du loup de Derek.
Voyant que Stiles ne bougeait toujours pas, Derek le tourna entre ses bras – non sans difficulté –, et le confronta directement au paysage qui s'étendait en face d'eux. Le garçon, qui se tortillait dans l'étreinte de Derek pour essayer de cacher de nouveau son visage, se figea brusquement, ébahi. L'alpha le regarda battre des cils pour s'habituer aussi bien à la luminosité qu'à son nouvel environnement. Stiles, dans ses bras, totalement subjugué par ce qu'il voyait, avait complètement cessé de se débattre.
- Tu vois, je te l'avais promis, bébé. Tu n'es plus enfermé.
Mais le garçon ne l'écoutait pas, tournant la tête dans tous les sens pour tenter d'en voir le plus possible. Lorsqu'il poussa un gémissement plaintif, Derek se mit à marcher, le portant toujours contre lui. L'alpha lui fit traverser le village, lui parlant gentiment pour lui expliquer qui vivait là ou encore qui s'occupait de quoi, mais pendant tout le temps que dura la balade, jamais il ne le lâcha. Il avait bien entendu le cœur de Stiles se mettre à battre à toute vitesse et son excitation doucement monter lorsqu'il avait réalisé qu'il était vraiment dehors. Derek avait peur de le voir s'enfuir, il avait peur de le perdre alors qu'il venait tout juste de le retrouver. Il savait que le garder ainsi ne ferait que faire souffrir Stiles, mais il ne pouvait se résigner à le laisser seul livré à lui même dans un environnement hostile où Gérard ne tarderait pas à le retrouver pour l'enfermer de nouveau.
Derek aurait aimé expliquer cela à Stiles, mais il savait que ce dernier ne comprendrait pas. L'esprit de la bête était bien trop présent et Derek craignait que si le garçon ne s'évade maintenant, sa conscience humaine ne revienne jamais. C'était au contact des autres que Stiles pourrait peut-être un jour refaire surface. Mais pour cela, Derek devait d'abord le convaincre que sa meute ne lui ferait aucun mal.
- Je vais te montrer où tu vas habiter, maintenant, d'accord ?
Stiles leva un regard interrogatif vers Derek. Ce dernier n'avait jamais été aussi ému qu'en cet instant. Le visage de Stiles rayonnait de vie, ses joues rosies, ses yeux brillants lui donnaient l'espoir qu'il pourrait un jour guérir.
- Tu as besoin de te reposer et je dois te soigner, dit Derek en montrant les petites coupures que Stiles avait sur les bras et les clavicules.
Le garçon les regarda sans comprendre avant de se mettre à les lécher scrupuleusement. Derek le regarda faire, les yeux écarquillés et les joues rouges. La façon dont cette petite langue rose lapait le sang lui échauffait les sens et lui donnait envie de s'emparer de la bouche de Stiles. Il voulait l'embrasser à en perdre haleine, plaquer son corps contre le sien, enfouir ses mains dans ses cheveux et dévorer son cou de baisers, mais il ne pouvait tout simplement pas. Parce que le garçon ne comprendrait pas son attitude et prendrait peur, et aussi parce que le semblant de confiance qui s'était instauré entre eux serait réduit à néant. Alors Derek prit sur lui pour réprimer ses pulsions et ne pas revendiquer son compagnon maintenant, au centre de la place, devant les curieux qui les regardaient cachés derrière leurs rideaux.
Stiles releva soudainement la tête et la pencha sur le côté, dévisageant l'autre avec circonspection. Il avait senti son embarras et son désir et cela ne put que renforcer le malaise de Derek. Pourtant, le garçon ne sembla pas prendre peur et ne fit que se blottir un peu plus contre lui, gonflant d'espoir le cœur aigri de l'alpha. Peut-être que l'attirance était réciproque finalement ? Peut-être que le loup qu'il voyait dans les yeux de Stiles savait qu'il était en sécurité avec lui ? Même si cela devait être très déroutant pour Stiles, celui-ci n'était plus qu'instincts et n'avait d'autre choix que de les écouter. Si le loup sentait que Derek n'était pas une menace, s'il le reconnaissait comme son compagnon, cela arrangerait beaucoup les choses. Mais il ne fallait pas oublier que Stiles avait vécu des événements traumatisants et que son instinct pouvait être biaisé.
- Pour l'instant, tu dois guérir, mais je te promets que tu pourras aller dehors tous les jours.
Stiles releva aussitôt la tête mais le regard apeuré qu'il jeta à Derek le prit au dépourvu jusqu'à ce qu'il comprenne.
- Je t'accompagnerai, évidemment. Je serais toujours avec toi. Toujours.
Un minuscule sourire étira les lèvres du garçon et Derek ne put résister plus longtemps à l'envie de le serrer contre lui. Aussitôt, Stiles enroula ses jambes autour de sa taille et s'agrippa à lui comme une pieuvre. L'alpha ne put s'empêcher de fermer les yeux de contentement tandis un grondement satisfait monta dans sa poitrine. Son compagnon était avec lui. En sécurité.
Après avoir repris ses esprits, blottie contre le mur, la bête s'était aperçue que le loup aux yeux bleus avait une odeur familière, tout comme celui-qui-gardait-la-porte. Et cette odeur lui rappelait des choses lointaines, comme la sensation chaleureuse d'un foyer. Et puis, elle avait fini par se rendre compte qu'elle ne sentait nulle part l'odeur infâme de l'alpha psychopathe qui la retenait prisonnière, la lumière se fit dans son esprit : le loup aux yeux bleus était celui qui l'avait délivré et sauvé la vie. La bête l'avait laissé l'approcher et en échange, il lui avait fourni de la nourriture. De la viande comme jamais elle ne se souvenait en avoir mangé. Rien que pour ça elle pourrait lui en être éternellement reconnaissante.
Mais il l'avait emmené dehors.
L'extérieur.
Elle ne l'avait plus vu depuis des années et dès que ses yeux se posèrent sur l'étendue céleste, elle sut que ses rêves ne lui avaient pas rendu hommage. C'était si bleu et si grand qu'elle aurait paniqué si le loup alpha ne l'avait pas tenu fermement. Elle s'était laissée faire, bien trop éblouie par la beauté du paysage. C''était tellement différent de ce dont elle se souvenait, tellement plus beau ! Les odeurs de liberté boisée l'avaient grisé, tout comme la légère brise qui avait caressé sa peau, réveillant en elle des émotions depuis longtemps oubliées. Son cœur avait battu la chamade, ses sens s'étaient aiguisés, elle s'était sentie revivre. Le loup aux yeux bleus ne pouvait plus être un bourreau, pas alors qu'il lui permettait de profiter de ça !
La bête avait voulu le remercier, lui montrer toute sa reconnaissance, mais quelque chose l'avait retenu alors elle s'était contentée de se fondre dans la chaleur de son sauveur, restant tout de même sur ses gardes s'il décidait de se raviser et de la traiter avec la même méchanceté que l'alpha psychopathe. Il n'en fut rien.
Le loup la porta jusqu'à sa tanière et une nouvelle pointe de peur s'insinua en elle. Une peur qui fut vite chassée lorsqu'elle se rendit compte que cette tanière n'avait rien à voir avec celle où elle avait été retenue prisonnière. Non, celle-ci était un vrai refuge pour loups. Ni trop petite, ni trop grande, entièrement construite en bois, elle plut tout de suite à la bête. L'intérieur ne la déçu pas non plus et elle le fit savoir à son hôte par un gémissement approbateur. C'était un bon loup avec une bonne tanière, de ça, elle en était certaine. Il pourrait prendre soin d'elle. Restait à savoir s'il voudrait la soumettre. Après tout c'était un alpha, mais la bête aussi en était un.
Le loup aux yeux bleus était fort. Vraiment fort. Parce qu'il n'avait montré aucun signe de fatigue alors que cela faisait une bonne demi-heure qu'il la portait et là, il montait un escalier sans même regarder où il mettait les pieds. Cela aurait dû l'effrayer, mais elle ne se sentit que plus en sécurité. Elle ne savait pas d'où lui venait cette certitude, mais elle savait qu'il la défendrait contre l'autre. Contre tous les autres.
La bête se crispa néanmoins lorsque le loup entra dans une pièce fermée par une porte en fer. Allait-il l'enfermer ? Allait-il la laisser seule ? Elle n'avait plus aucune force pour lui résister s'il décidait de la remettre en cage, elle était vulnérable et elle détestait cela. Alors, sans pouvoir sans empêcher, elle se mit à geindre et serra plus fort le tissu sous ses doigts, ignorant la voix douce qui murmurait à son oreille. La bête ne prit conscience que quelques minutes plus tard que le loup ne l'avait pas abandonnée et qu'elle était toujours contre sa poitrine, à cheval sur ses genoux alors qu'il s'était assit sur un lit à l'allure confortable. Se détendant un peu, elle scruta la pièce et sentit la nervosité refaire son apparition. Les murs étaient métalliques, les meubles l'étaient également, tout comme l'armature du lit. Elle prit conscience de la porte fermée et poussa un gémissement plaintif. Elle ne pourrait pas s'échapper d'une telle pièce même si elle le voulait, s'était bien pire que son ancienne cage.
Sauf que le loup aux yeux bleus était avec elle et lui caressait affectueusement le visage, essayant d'attirer son attention. Cela marcha. Et elle lut dans son regard qu'il ne l'abandonnerait pas, qu'il ne la laisserait plus seule et qu'elle pouvait lui faire confiance. Elle n'était pas enfermée, non, pas vraiment, puisqu'il avait dit qu'elle pourrait aller dans le dehors avec lui. De toute façon, elle n'était plus si sûre de vouloir partir. Et puis, elle préférait cette cage à l'autre, elle était plus confortable, et pour l'instant le loup n'avait pas essayé de la frapper. On pouvait donc dire que c'était le moment le plus agréable que la bête n'avait jamais vécu.
Reconnaissante, elle se mit à laper avec entrain la mâchoire du loup qui s'était figé sous la sensation. Elle ne remarqua même pas sa réaction, trop occupée à exprimer sa gratitude par des léchouilles. Si elle n'avait pas conservé un corps humain, nul doute qu'elle aurait battu de la queue.
Derek s'était figé sous la surprise, ne s'attendant certainement pas à ce qui était en train de se produire. Stiles lui léchait le visage. Nom de Dieu ! Il lui léchait le visage tout en se tortillant de contentement sur lui. Oh bon sang, comment allait-il faire pour ne pas réagir à ça ? Au moment où il se posa cette question, c'était déjà trop tard, son excitation était plus que visible. Mais comment résister ? Son compagnon était en train de se dandiner sur lui, parfaitement inconscient de ce qu'il faisait et incroyablement bandant dans son insouciance. Derek dut se mordre la lèvre et crisper ses poings dans les couvertures pour s'empêcher de retourner Stiles sur le dos et de plaquer son corps contre le sien. Il était évident que ce ne serait pas bien prit. Le loup se sentirait prisonnier et agresserait Derek, ce qui était bien la dernière chose qu'il voulait en cet instant.
Mais lorsque Stiles se mit à lui mordiller la mâchoire, il ne put retenir un grondement appréciateur, ses mains se posant instinctivement sur les hanches frêles qui ne cessaient de bouger. Derek savait très bien que le garçon cherchait à lui exprimer sa gratitude et que ce n'était absolument pas censé être sexuel, mais il ne pouvait pas s'arrêter de haleter. Ce corps était bien trop tentant et l'envie de faire sien son compagnon était insoutenable. Mais il ne pouvait pas. Non, pas tant que la conscience humaine de Stiles ne referait pas surface. Pour l'instant, il pensait comme un animal et se comportait comme tel. Bien sûr, peut-être qu'un jour le loup du garçon ressentirait le besoin de s'accoupler et peut-être que Derek ne résisterait pas, mais pour l'instant, il était hors de question pour lui de céder à ses plus bas instincts. Il fallait s'occuper des blessures de Stiles et s'assurer qu'il se repose correctement.
Le repousser fut donc une véritable épreuve pour Derek qui réussit tout de même à s'extraire de l'étreinte de Stiles et à le déposer sur le lit à ses côtés. Le problème fut que le garçon essaya aussitôt de grimper de nouveau sur ses genoux. L'alpha gémit et le maintint assit à ses côtés, ignorant le regard pourpre empreint de peur et de douleur. Mais lorsque son compagnon se mit à couiner, il se tourna vers lui, se pencha vers son visage et, sans cesser de s'admonester mentalement, lui fit une léchouille à son tour. Le sourire qu'il récolta en retour valait tout l'or du monde. Derek répéta alors son geste, encore et encore, se prenant facilement au jeu même s'il avait une toute autre signification pour lui. Il réussit à allonger Stiles sur les couvertures et prit place à ses côtés, se surélevant sur un coude pour continuer à le dorloter. Il toucha sa joue de son nez et lâcha un son qui ressemblait fort à un ronronnement lorsque le garçon se frotta à sa barbe.
Derek, plus dur que jamais, passa discrètement une main sous la ceinture de son jean pour se réajuster avant de continuer ses caresses sur le visage du jeune loup qui semblait perdu dans le plaisir. Le voir si abandonné gonfla d'amour le cœur de l'alpha qui ne put retenir un petit rire. Stiles était si touchant lorsqu'il baissait sa garde et laissait Derek s'occuper de lui. Il le méritait bien après tout ce qu'il avait vécu.
Après quelques minutes à jouer, Stiles finit par pousser un long bâillement et se lova contre le loup. Loup qui l'entoura de ses bras et enfouit son nez dans ses cheveux, se disant qu'il était tout de même impératif que son compagnon prenne une douche. Deaton l'avait peut-être sommairement lavé, mais un bon décrassage ne ferait pas de mal. Stiles n'avait certainement pas vu une baignoire depuis au moins autant de temps qu'il était resté enfermé dans les geôles d'Argent et Derek avait vraiment, vraiment besoin de sentir l'odeur de son compagnon sans interférence. Ce fut sur cette pensée que Derek s'endormit à son tour, le garçon dans ses bras et le sourire aux lèvres.
Impression n°4 ?
J'espère que vous avez aimé ce chapitre et qu'il n'y a pas eu trop de maladresses de ma part ! (j'avoue que je n'ai pas vraiment relu - bouh! la vilaine ! - et je croise les doigts pour qu'il ne reste pas trop de fautes)
Please, couvrez-moi de reviews pour ce Joyeux Noël ! Rien ne pourrait me faire plus plaisir !
