Une des mains expertes de son frère glisse le long de sa colonne vertébrale, se positionne dans le creux de ses reins, l'incitant ainsi à les cambrer davantage. Dean clôt un instant les paupières, son corps entier frissonnant à l'avance d'un plaisir à venir. Le contact de la paume chaude s'accentue quand il sent Sam venir en lui d'un mouvement aussi tendre que possessif.
Un gémissement rauque s'échappe alors de ses lèvres.
Le premier, le plus grisant, le plus électrisant.
Celui que son cadet va chercher à faire reproduire de nouveau tandis qu'il s'enfonce encore au plus profond de sa chair, le scellant à lui pour cette éternité qui n'appartient qu'à eux.
« Sammy… »
L'interpellé se rapproche, colle son torse contre le dos luisant de sueur de son aîné et passe le bout de sa langue à la base de sa nuque. Ses hanches repartent lentement en arrière, amorçant le premier mouvement qu'il lui permet de replonger en Dean.
Son frère, son ami, son amant, son péché.
Mais a-t-il réellement choisi de ressentir ce désir brûlant et réciproque vis-à-vis de la seule personne qui lui est refusée ?
Au nom de la morale ?
Aux yeux des hommes ?
Sam ferme les yeux à son tour, enfouissant son visage dans le cou de son frère qui vient de rejeter la tête en arrière sous une décharge de plaisir plus forte que la précédente. C'est si bon putain, si bon de se sentir vivant à travers toi, en toi.
Alors quel mal y'a-t-il ? En quoi devraient-ils être blâmés ?
Tu es tout ce qui représente mon monde. Sans toi, qui suis-je ?
Le plus jeune mord doucement la peau tendre offerte sans cesser le ballet sensuel de leur deux corps enlacés. Faire l'amour à Dean, se perdre en lui, le faire décoller est aussi bon que l'inverse.
Ça n'est pas nommable. Non parce que c'est interdit ou même répugnant. Simplement parce qu'il n'y a pas de mots pour quelque chose de pur, de vrai et de réel.
Aussi réel que leurs peaux glissant l'une sur l'autre, mêlant ainsi leurs odeurs et leurs sueurs. Que les lèvres de l'aîné cherchant le contact des siennes. Que deux frères s'unissant dans une passion troublante. Et sans prévenir, sans crier gare, l'orgasme les déchirent ensemble, les coupant du reste du monde quelques secondes où plus rien ne leur parvient.
Où ni l'un, ni l'autre ne sauraient dire leur propre nom.
Puis doucement, la paroi uniforme et fragile de leur bulle de luxure éclate, les révélant à cette réalité froide et sans saveur qu'ils ont fui.
Un peu plus tard, blotti contre son frère, Sam sombre peu à peu.
Calme et apaisé.
Mais pour combien de temps ?
