Chapitre deux :

Hermione Granger et Severus Rogue. Les meilleures méthodes pour se détester et la tentation du Diable.

Merde, merde et merde ! Que l'on me pince, je rêve ! Assise sur mon fauteuil, la bouche ouverte comme celle d'un poisson, je rêvais de pouvoir disparaître dans le rembourrage de mon fauteuil. Je me répétais inlassablement « C'est un cauchemar, cauchemar, cauchemar, c'est…. » A moins que ma mine ne soit trop explicite.

Comme s'il semblait avoir lu dans mes pensées, Dumbledore me coupa la parole.

« - Je suis désolé de vous l'apprendre Miss Granger, mais c'est la seule option que nous ayons. Pensez bien que, sinon, un autre moyen aurait été le bienvenu », dit-on d'un ton attristé bien que ses yeux montrent le contraire.

Je repris ma litanie « C'est le pire jour de ma vie ». Si on enlève le jour où Bellatrix Lestrange m'avait torturé dans le manoir Malefoy, celui où j'avais moi-même lancé le sort d'oubliette sur mes parents et bien d'autre. Je rectifiai « C'est l'un des pires jours de ma vie ». Et si j'en croyais la mine de Severus Rogue, il n'était pas en reste. Enfin, il devait quand même être loin dans sa liste car après tout je ne pensais pas être si terrible que ça. Si ? Je restais quand même un meilleur choix pour lui que Ron ou Harry et il dut le comprendre car il sembla se résigner à son sort. Personnellement j'étais encore dans la phase déni. J'ai lu qu'il existait plusieurs phases par lesquelles un individu devait passer après un choc psychologique. J'étais encore dans la phase de la réaction très courte d'immobilité ou « freezing » du système parasympathique.

Une sorte de sidération cognitive, affective et motrice en quelque sorte. Et cela se traduit par un anéantissement subit des forces vitales, se traduisant par un arrêt de la respiration et un état de mort apparent. Vous voyez le genre… Bref, mon état sembla préoccuper Ron qui me secoua, avec rudesse. Pas très charmant mais efficace car cela me sortit de mon état de léthargie – que dis-je – de légume. Première phase, ok. Seconde phase, celle de fuite ou de combat selon chacun, en cours de chargement. Laissez-moi me souvenir. Ah oui, cela se traduit par de l'hyperventilation, de la tachycardie ou des signes d'agitation. Je me passai une main sur la poitrine dans le but de sentir mon pouls. Tachycardie, négatif. Hyperventilation ? Etant donné que personne n'était en train de s'agiter autour de moi, négatif.

Signes d'agitations ? C'était un euphémisme.

Moins d'une seconde plus tard je me changeai en harpie. Devenue hystérique je me mis en tête de montrer mon mécontentement. J'insultais, je cassais et personne n'osait faire un pas vers moi. Même Bellatrix faisait pale figure face à mon double maléfique. Je restai ainsi un moment à me défouler avant de m'écrouler sur mon fauteuil exténuée. En regardant autour de moi je me rendis compte qu'une tornade était passée par là et avait tout détruit. La tornade Granger. Pour la deuxième fois de la journée je souhaitai disparaître dans mon fauteuil, ou alors me glisser derrière le papier peint. Ma colère retombée, j'avais honte.

« Di..directeur, veuillez m'excuser », murmurais-je honteusement

Si j'avais été un chien, tous auraient pu aviser ma tête penaude, mes oreilles baissées et ma queue cachée entre mes jambes. Enfin plutôt mes pattes. Mais même si je n'avais pas de forme animale, mon comportement était assez expressif. Tous se détendirent et l'addict des bonbons au citron se montra compréhensif. Il me proposa une tasse de thé, qu'il fit apparaître d'un coup de baguette, que je pris avec reconnaissance. Soufflant sur mon breuvage pour le refroidir, je pris mon temps pour boire.

Tous patientèrent, même si Rogue exprima son agacement d'un raclement de gorge. Que j'ignorai royalement, ce qui lui déplut grandement. Ma mère me disait toujours qu'une femme devait se faire désirer. En bonne fille que j'étais, je repris la leçon à la lettre. Le liquide chaud descendant le long de ma gorge m'apaisa. Tout en buvant, mon cerveau eut le culot de revenir après m'avoir lâchement abandonné quelques instants plutôt. « Un revenant … Très bien Hermione, on récapitule. Rogue a réussi à s'infiltrer mais il lui faut un familier pour assurer sa position. Un familier est un être vivant, plus précisément un animal, lié à un autre être vivant, un sorcier. Je dois aider Rogue dans sa mission et je dois donc devenir son familier…

Sauf que, preuve du contraire, je ne suis pas un rat de bibliothèque mais bien une femme »

« - Directeur, arrêtez-moi si je me trompe, mais n'a-t-il pas été dit que pour cette…union, il fallait un animal ? Je ne vois pas en quoi je pourrais contourner ce problème », demandais-je prudemment sans néanmoins pouvoir cacher ma perplexité mêlée de curiosité

« - Question très pertinente Miss Granger. Mais ce détail n'est plus un problème. Minerva, Severus et moi-même avons écarté ce désagrément. En effet, nous supposons que cela puisse être possible dans la mesure où vous suiviez un entrainement intensif pour devenir une Animagus. Votre directrice de maison se porte garante pour cet enseignement », fut la réponse qu'il me donna.

Que l'on me prépare une chambre en Saint-Mangouste car je retrouvai mon état de légume. Afin, si je ne meurs pas étouffé avec la gorgée de thé qui me resta en travers de la gorge. Prise d'une quinte de toux, je mis une longue minute à reprendre mon souffle. Ma réaction fit sursauter les deux griffons à mes côtés, qui me regardèrent inquiet. « Décidément c'est devenu une habitude… Il faudra que je m'excuse plus tard. » Malheureusement, je ne pouvais plus faire marche arrière. Je m'étais engagée à accomplir cette mission. Je me giflai mentalement « Ça m'apprendra d'accepter avant même de savoir le pourquoi du comment. Je me suis connue plus intelligente ».

Je soupirai. Devenir animagus, une tâche difficile. Même si cela me rabroua au début, ma curiosité et mon envie de savoir me titillèrent. Un délicieux frisson d'anticipation me traversa. Il dut paraître pour de la peur ou du dégoût aux yeux de mon sombre… futur partenaire car il fronça les sourcils. J'avais encore du mal à me dire que j'allais faire équipe avec Rogue. Même s'il m'était arrivée durant la guerre de devoir m'associer avec lui, cela n'avait été que pour de courtes durées et des missions minimes. Et je devinai l'implicite. Cette mission et ce partenariat allait être beaucoup plus intime. Mais à ce moment, je n'imaginais pas encore à quel point.

« - Monsieur, avec tout le respect que je vous dois, et bien que je vous ai donné ma parole, je ne peux pas assurer ma réussite. J'ai connaissance que la formation d'Animagus est très complexe et difficile. Peu de sorciers désirants devenir Animagus arrivent au terme de leur formation en ayant pleinement acquis cette capacité… »

« - Je ne doute pas un instant de vos capacités Miss, et j'ai pleinement confiance en vous. »

Et hop, une autre charge sur mes épaules. Je ne sais pas si ce commentaire avait eu pour but de me rassurer mais c'était tout le contraire. J'avais encore plus de pression et mon ventre se noua un court instant. Et Ron eu la mauvaise idée d'ajouter son grain de sel

« - Ouais Mione je suis sure que tu vas assurer », lança-t-il tout joyeux.

Je soupirai pour là je ne sais combientième fois depuis le début de cet entretien. « Merci Ron », pensais-je amèrement. Pas étonnant qu'il soit tout content, mon sacrifice, si je puis dire, lui assurait de ne pas être un candidat pour cette tâche ingrate. « Vive la solidarité Gryffondor… »

Bien sûr cela amusa beaucoup le vieil homme et, ô seigneur, même Rogue qui eut un rictus méprisant, pouvant passer pour un sourire. Un coup de coude dans les côtes provenant de Harry fit s'éteindre le sourire de Ron qui le regarda sans comprendre. Cela le fit tout de même taire. D'un hochement de tête je le remerciai de cette initiative. Heureusement que Harry était le plus souvent observateur et compréhensif. Peut-être avait-il développé cette capacité à force de côtoyer Dumbledore. Je n'en étais pas sûre et, de toute façon, le savoir n'était pas mon plus gros souci en ce moment même. Et je n'avais aucun moyen de m'en dépêtrer.

Je fis donc la seule chose raisonnable.

« - Très bien, je ferais de mon mieux », lançais-je résignée.

Je pus nettement apercevoir les minces lèvres de mon professeur des potions s'incurver pour dévoiler une certaine grimace. S'il avait espérait que je tenterais une dernière fois,de trouver une porte de sortir pour que lui aussi soit "dispensé" cet espoir avait été balayé. Dommage pour lui. Si je tombe, je l'entraîne avec moi. L'on dit des Gryffondors qu'ils sont bons mais je n'étais quand même pas stupide et naïve non plus. Un côté de mes lèvres se leva imperceptiblement mais mon début de sourire se fana lorsque, prise sur le fait, deux yeux d'obsidienne me dévisagèrent méchamment. Rapidement je repris un visage neutre.

Merlin j'avais je n'avais connu d'expérience plus éprouvante pour les nerfs que cette soirée. Et je l'apprendrai plus tard, cela allait être le début d'une longue liste. Un applaudissement me sortit de mes sombres pensées. Je grognai intérieurement. J'étais condamnée, en quelque sorte, à devenir le toutou de mon pire ennemi et tout ce que le vieux fou trouvait à faire c'était d'applaudir gaiement ? Décidément, sa folie avait atteint le stade final !

Plus loin, Severus Rogue pensait la même chose. Il maudit et traita de tous les noms d'oiseau celui qui l'avait sauvé de sa propre folie, bien des années plus tôt. « Dommage qu'il ne puisse pas se guérir lui-même. » pensa-t-il.

« - Parfait ! Maintenant que nous sommes arrivé à un accord, Miss Granger, Severus …», il continua sans laisser le temps aux deux protagonistes d'émettre une quelconque objection, « nous allons pouvoir aborder les démarches nécessaires au bon fonctionnement de votre association »

Les deux concernés grimacèrent de concert à l'évocation de leur association. Une minute plus tard, et le patronus en forme de Phénix de leur « bourreau » vola avertir le professeur McGonagall. Quand la femme fit son apparition, elle salua les personnes déjà présentes d'un sec hochement de tête. Seule Hermione eut droit à un sourire plus affectueux. Minerva McGonagall était assez excitée de former sa plus brillante élève à son art.

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J'avais le corps et l'esprit en feu. En ce moment l'expression « C'est l'enfer » prenait tout son sens dans ma tête, où une migraine faisait lentement son apparition. Après que MacGonagall soit arrivée à la demande de son directeur, le soir de mon « entretien » trois semaines plus tôt, il avait été conclu que je poursuivrais d'abord un entrainement physique et magique avant de m'attaquer à la transmutation animagus. Sous les ordres de mon pire cauchemar. Selon le vieux fou, cela augmenterait notre – qu'avait-il dit déjà ?- ah oui …notre complicité et notre travail d'équipe. Mon œil ! Depuis quand les deux maisons opposées font équipe ? Jamais.

Et depuis quand je devais moi faire équipe avec lui ? Question stupide à laquelle je pus répondre toute seule.

Même pas un mois avec lui et je perdais déjà la tête. Merveilleux. Non, décidément je ne portais pas la grâce des dieux. Je ne pouvais pas assurer que je sortirais entière de cette cohabitation forcée avec Rogue. Encore fallait-il que je m'en sorte vivante et d'après ce que j'en avais compris cela n'allait pas être une mise affaire. Voilà donc pourquoi, en ce samedi matin, je subissais un entrainement intensif en compagnie – sous l'emprise serait plus exact – de cette infâme chauve-souris.

J'avais les joues en feu, les cheveux – si on pouvait encore appeler ça des cheveux vu leur état – collés à mon front moite de sueur. Tous mon corps était tendu par l'effort et cela faisait bien une bonne heure que je souffrais le martyr. Mes jambes, flageolantes, avaient un mal fou à me tenir debout, mes avant-bras me lançaient et j'avais des crampes de malades au ventre. Enfin à mes abdominaux. Jusqu'à présent j'avais toujours été très fière de mon ventre plat et de mon corps athlétique. Des bras fin mais musclés, des abdominaux tout à fait convenable et des cuisses fermes. Mais à croire que les exigences en matière de femmes – et de leurs corps – de mon tortionnaire étaient extrêmement élevées.

Et je ricanai intérieurement en me disant que cela expliquait sans doute son absence totale de vie sentimentale ou sexuelle. Non pas que je sois nymphomane ou une Don Juan au féminin moi-même mais j'avais connu par trois fois les plaisirs charnels avec mes trois "copains" de l'époque. Victor Krum lors de ma quatrième année et deux sorciers membres de l'Ordre durant la guerre. Je vous explique, je ne suis pas une traînée mais cela avait découlé d'un commun accord entre moi et l'autre parti. Durant la guerre, je m'étais adonnée par deux fois seulement à ce… Péché pour évacuer la tension dans mon corps.

Et en ce moment même j'aurais tout donné pour pouvoir soulager mon corps avec une bonne douche froide et une nuit de repos. Mais bien sur Sevilus – le surnom affectif que je lui avais attribué – ne l'entendait pas de cette oreille. Salopard. Je me jetai à terre, sans aucune grâce, pour éviter le sort d'expulsion filant à toute vitesse vers moi. Bien que contente d'avoir sauvé ma peau, je déchantai en heurtant lourdement le sol, accentuant la souffrance dans tout mon corps. Des ondes de douleur me traversèrent de part et d'autre. Je sifflai de douleur. Bien qu'il fasse une chaleur infernale – à croire que tout jouait contre moi – mon moral n'était pas au beau fixe.

J'étais au bout du rouleau - pour reprendre une expression moldue - autant physiquement que moralement. Et mon seul moyen d'évacuer mon stress et ma colère était de maudire, ce chien. « Double salopard, enfoiré ! ». Ma grand-mère, sa mère et sa grand-mère avant elle – vous l'aurez compris tous mes aînés – se serraient retournés dans leur tombes s'ils avaient pu m'entendre. Dans ma famille, très croyante, on met un point d'honneur à être poli. Règle de bienséance bien entendu. Je me souviens avoir entendu dire ma tante un jour, une femme frigide et austère : « Il n'y a que les gueux qui parlent comme des charretiers. Il n'est pas convenable pour une femme d'être vulgaire. » Et bien au diable la politesse et la bienséance. En ce moment même j'avais l'allure d'une gueuse et je ne privai donc pas de parler comme un charretier.

« - Miss Granger, êtes-vous atteinte d'un quelconque problème mental ? Pourtant il ne me semble pas que ce soit le cas, connaissant vos insupportables manies de Miss-je-sais-tout. Alors relevez par Salazar ! Et évitez non pas comme vous venez de le faire, c'est-à-dire en imitant un sac de patate, mais avec souplesse ! », me réprimanda Rogue d'une voix acide

De toute évidence il ne semblait lui non plus pas très content de son sort. Il faut dire que bien que je sois transpirante et dans un mouvais état, il n'était pas non plus très frais. Après plusieurs heures en plein soleil, il avait laissé tomber sa grosse cape noire et avait ouvert sa robe de sorcier – de la même couleur bien sur – pour dévoiler en dessous une chemise de lin blanche et un pantalon de la même matière, coupé droit, noir. Je me souviens avoir eu un hoquet de stupeur en voyant le spectacle. Et un autre en pensant qu'il avait un corps à se damner.

Je pouvais percevoir, malgré le vêtement, un torse puissamment sculpté – sans doute en partie à cause de la guerre. Quelques poils noirs se trouvaient sur son torse. J'ai toujours aimé les poils sur le torse d'un homme. Pas beaucoup bien sur – j'ai dit torse d'un homme pas d'un grizzly – mais cela faisait à mon gout très viril. Les garçons avec qui j'avais eu des relations possédaient encore, à cette époque, des corps de gamins.

Or Severus Rogue était un homme. Un mâle viril. Et mon corps l'avait très bien compris vu le rouge qui me monta aux joues. Cela avait empiré quand, retroussant ses manches de ses longues mains, il avait découvert ses avant-bras puissants où palpitaient les veines au creux du coude. Et les quelques lignes blanches – des cicatrices- et la marque des ténèbres ne m'aidèrent pas à calmer les ardeurs de mon corps. Au contraire, cela l'excita encore plus. Sans doute un fantasme inconscient sur les « bad-boys ».

Je le détestais pour me faire me sentir ainsi. C'est ainsi que je commença ma liste de gros mots de la journée. C'est seulement quand mon fanta… enseignant m'avait lancé un de ses fameux sarcasmes que la raison avait repris le dessus. Sans doute sa bonne action de la journée.

Mais je m'éloigne de mon propos. Je disais donc que mon opposant n'était plus très frais non plus. Son pantalon était froissé et taché de quelques taches de terre et sa chemise lui collait délicieusement au torse, moulant ses formes parfaites et il avait même finit par attacher ses cheveux en cadogan – ce qui lui seyait parfaitement. Merde ! Je la refais. Et sa chemise dégoulinante de sueur sur son torse lui servait d'éponge. Parfait. Je lui lançai mon regard le plus méprisant face à sa remarque avant de me relever difficilement à l'aide de mes mains – dont les ongles étaient cassés et incrustés de terre – ma baguette pointée rageusement dans sa direction.

Il attendit en tapant du pied, un rictus sur les lèvres, que je me lève enfin. Voulant sauver un semblant de dignité, je relevai le menton en lui lançant un sort de Chauve-furie. Il l'évita souplement et fit disparaître les chauves-souris d'un geste brusque de la main. Oh oh ! Pas content ! Il ne sembla pas apprécier ma tentative d'humour. Je pense que même dans des moments critiques il faut savoir garder son humour. Mais il ne semblait pas du même avis que moi. Il me lança le même sort – finalement peut être que c'était son sens de l'humour à lui – et je réussis in extremis à me protéger à l'aide d'un Protego juste assez puissant. Je commençais à être au bout du rouleau. Ce qui n'échappa pas au Serpentard.

« - Alors Miss Granger, on abandonne déjà. Que de belles paroles ! », Susurra-t-il de sa voix doucereuse

Grave et chaude il m'arrivait parfois de la trouver belle.

« - Je ferais de mon mieux » , continua-t-il en empruntant une ignoble voix suraiguë dans le but de m'imiter, « Regardez-vous ! En dehors de vos livres vous n'êtes même pas fichu de vous battre »

Hmm, rectification. Finalement je ne l'aime pas. Je préfère quand elle est silencieuse. Je sifflai, acide :

« - Je sais me battre ! »

« - Vraiment ? J'attends toujours que vous daigniez me le montrer. Votre niveau et si déplorable que je me demande comment vous avez pu survivre durant toutes ces années face au seigneur des Ténèbres. Sans doute la chance du débutant… » . Il m'adressa une grimace dédaigneuse avant de poursuivre « Enfin, je ne m'attendais pas vraiment à quelque chose de spectaculaire. »

Il fit mine d'être attristé à l'aide d'un geste théâtral. Je détestais ces manières hautaines. Intérieurement j'enrageai et je regroupai mes dernières forces pour une dernière attaque qui, je l'espérais, le ferai tomber sur le cul. Dans les deux sens du terme. Forte de cette résolution, en plus de vouloir me venger et je l'avoue lui faire mal – pas trop non plus hein -, c'est déterminée que je me dirigeai à grands pas vers lui, la baguette tendue. Comprenant la menace en voyant mon regard fou, il prit une position de défense, les genoux fléchis, le regard dur et les bras devant lui prêt à se protéger.

Je lui lançai un sort de Flammes bleues, le même que j'avais utilisé en première année durant le match de Quidditch pour mettre le feu à sa robe. Sauf qu'aujourd'hui, ma puissance magique ayant augmentée ainsi que mes connaissances, c'est une déflagration qui se dirigea vers lui. Il se laissa tomber sur le sol pour éviter l'attaque et roula sur quelques mètres pour s'éloigner de la chaleur que mon sort avait provoqué. Voyant là une chance, je courus aussi vite que le pouvaient mes pauvres jambes, pour le frapper. Parfois les bonnes vieilles méthodes sont les meilleures.

Un coup de poing par exemple, comme je l'avais fait une fois avec son neveu. Mais, bien plus entraîné et compétent que moi, je devais l'admettre, il réceptionna facilement mon poignet dans l'une de ses mains avant de le tordre dans mon dos. De nouveau sur pied, il fit un peu plus pivoter mon membre en le relevant, ce qui m'arracha un petit cri et me fit lâcher ma baguette. Je me retrouvai collée contre son torse, ce qui me donna la confirmation que son corps était sculpté dans la pierre, et me fit mal à la tête en le cognant.

Merlin, cet homme était de pierre. Il passa son autre bras, toujours en tenant son bout de bois, sous mes seins et serra. Il me serra si fort, que ma cage thoracique commença à me faire mal alors que le souffle me manquait. Devant mes yeux, des étoiles commençaient à danser et ma respiration devint erratique. Ce fou allait me tuer ! Je sentis une mèche de cheveux sombre frôler mon cou avant qu'une voix ne se fasse entendre, proche de mon oreille.

« - Pour faire mal à quelqu'un Granger, il faut vraiment le vouloir », roucoula mon geôlier à mon oreille « De la même manière que pour oser lancer un Avada Kedavra sur quelqu'un il faut vraiment le tuer. Et je sais de source sure que vous n'en êtes pas capable. Vous n'avez pas la carrure. Laissez-moi vous donner un conseil, petite sotte. Endurcissez-vous ou rentrez chez vous. Je n'ai ni l'envie ni le temps de jouer les baby-sitters avec vous. Soit vous vous rendez utile pour notre bien à tous les deux, soit je vous laisse derrière. Est-ce clair ?

Le ton semblait séducteur mais le message était très bien passé. Ma poitrine se soulevant à un rythme saccadé, n'arrivant pas à respirer correctement, c'est seulement dans un murmure que je réussis à lui répondre un faible « oui ».

Alors seulement, il me libéra et je tombai comme une masse sur le sol, la respiration sifflante et le torse douloureux. Affalée face contre terre je ne vis pas son visage méprisant quand il continua après un silence :

« - Apprenez qu'il y a deux sortes de personnes, dans ce bas monde. Celles qui survivent à n'importe quel prix, et celles qui n'ont pas la force de lutter : les victimes. Vous faites partie de la seconde catégorie Miss Granger. Vous êtes l'agnelle au milieu d'une meute de loup. Et si vous continuez ainsi vous n'allez pas tarder à vous faire dévorer… sans l'ombre d'un doute. »

Sans rien ajouter de plus, il partit en me laissant seule derrière. Je le regardai une dernière fois avant qu'il ne disparaisse derrière les portes d'entrée du château. Un jour j'aurai sa peau !

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C'est donc, tout naturellement d'une humeur de chien, que je rentrai à la salle commune. La Grosse Table poussa un petit cri outrée quand je lui donnai, sans aucun tact, le mot de passe pour qu'elle me libère le passage de ma salle commune. Toutes les têtes pivotèrent faire moi à mon entrée et me dévisagèrent sans politesse en voyant mon visage et ma tenue. Je fulminai comme un taureau. Un peu plus et je me jetai sur les rideaux rouges. Mais de peur, de me fracasser – un peu plus – le crâne contre le mur, je rejetai cette option. Je dus de contenter de ce que j'avais donc sous la dent.

« - Qu'est-ce que vous regardez ? Vous venez de voir l'apparition de Merlin ou quoi ? », Puis voyant qu'ils ne détournaient pas la tête pour autant, « Allez-vous faire voir ! », Hurlais-je sans retenue.

Je remontai l'escalier du dortoir des filles et claquai la porte derrière moi. Alors seulement après l'avoir fermée à double tour et lancé un Assurdiato, je me défoulai. Je hurlai et, me jetant sur le lit, maltraitai mes pauvres coussins qui avaient le malheur de se trouver là. Promis je leur achèterai un nouveau rembourrage pour me faire pardonner. En attendant ils me servaient de défouloir. Je m'imaginai tabasser le corps de Rogue à leur place et cela me fit un bien fou. J'avais les nerfs en compote et je pouvais sentir la veine de mon front palpiter dangereusement.

Quand ma colère retomba je m'écroulai, exténuée, laissant les larmes tracer des sillons sur mon visage couvert de poussière. J'enfonçai mon visage dans ce qui me servait il y a encore quelques minutes de punching-ball. Secouée par des sanglots, je n'entendis pas la porte se déverrouiller pour laisser entrer une silhouette. C'est seulement en entendant des mots de réconfort que je pris conscience de Ginny assise à mes côtés. Je me retournai, toujours en tremblant pour me blottir contre elle. Pas le moins du monde repoussée par mon apparence temporaire, elle ouvrit grands les bras et je m'y engouffrai sans la moindre hésitation en quête de réconfort.

J'étais en pleine crise de nerf et Ginny fit tout ce qu'elle put pour me consoler, me chuchotant des paroles apaisantes, caressant mon dos et mes cheveux tout en me serrant dans ses bras et insultant le professeur Rogue de tous les noms. Cela me fit rire, et je la remerciai.

« -Ce n'est pas la peine ! Tu me renverra la balle quand j'aurai besoin de toi pour un devoir de potion », elle agrémenta ce commentaire d'un clin d'œil espiègle et je lui répondis en lui tirant la langue, « en attendant va te laver ! Tu ressembles à une femme des cavernes et l'odeur est insupportable »

Je la vis froncer le nez et je pus constater mon odeur en levant le bras et en reniflant un coup. L'odeur me piqua les narines. En me levant je croisai mon reflet dans le miroir et je fus prise d'un rire nerveux qui se changea bien vite en un fou rire franc quand Ginny se joignit à mon hilarité. En effet, je n'étais pas belle à voir. Mes cheveux étaient plus moches que jamais et il subsistait quelques mottes de terre et d'herbes dans les nœuds. Ma joue droite était écorchée et j'avais du mal à reconnaître mon visage derrière mon masque de boue et de poussière.

Je comprenais mieux la perplexité de mes camarades de maison maintenant. Alors que je me faufilai dans la salle de bain, je demandai à Ginny de m'excuser auprès des autres. Quant à moi une douche bien méritée m'attendait.

Le temps de laisser l'eau chauffer je me déshabillai avec précaution. Chanceuse comme j'étais je risquai de souffrir de mes courbatures pendant au moins une semaine. Voir plus étant donné que mon prochain entrainement se trouvait être le mardi. Un entrainement le mardi, le jeudi et le samedi. Je soupirai. Je souhaitai juste que mon corps ne se brise pas en mille morceaux avant la fin de l'année. En grimaçant, je fis passer mon tee-shirt par dessus ma tête. Me détaillant dans le miroir, je pus voir les hématomes qui recouvraient tout mon corps et, le plus gros, celui qui marquait l'endroit où Rogue m'avait encerclé sous la poitrine, commençait déjà à se teinter d'une couleur jaune.

Je vis jaune ! En grommelant une pseudo-malédiction envers mon futur partenaire – le mot m'écorcha l'esprit – j'entrai dans la cabine. Mon corps entier se détendit sous la douce caresse de l'eau ruisselant le long de mon corps. Je me frottai avec, précaution et assiduité, sans oublier le dessous de mes ongles. Puis vint le moment de s'occuper de ma tignasse. Tache plus ardue. Je les frictionnai avec attention, passant mes doigts de çà et là dans l'espoir de les démêler un peu. Mais comme d'habitude j'abandonnai bien vite.

Je me contentai d'un sort capillaire, comme d'habitude. Je n'ai jamais passé beaucoup de temps à prendre soin de mon corps. Quand à mon visage, heureusement pour moi, il n'avait pas besoin de beaucoup d'attention. Mon teint était blanc, sans être blafard, et ma peau ne souffrait d'aucune imperfection. Les crèmes de soin, pas pour moi. Je partais du principe qu'une bonne hygiène de vie valait milles soins. Et puis j'avais d'autres priorités. Je me dépêchai de finir ma toilette pour ne pas faire trop attendre mes camarades, qui devait surement être en train de se trémousser d'impatience contenue sur leur chaise.

Entendez par camarades mes trois meilleurs amis. Avec l'accord de Dumbledore, j'avais mis au courant Ginny de ma situation. Et tous les trois, y compris MacGonagall, avait jurés à l'aide d'un serment inviolable de ne rien dévoiler de ma condition, ni celle de Rogue. Cela écartait les mauvaises surprises si jamais un mangemort leur tombait dessus. Bien sûr j'espérai que cela n'arrive jamais mais dans le pire des cas cela couvrirait mes arrières et celle de mon partenaire. A ce moment-là, je ne savais pas encore que mon derrière devraient être protégés 24/24 et 7j/7. De bien des menaces. En attendant celui de Ron se trémoussait comme un déchaîne.

Semblable à celui d'un danseur sur une piste de danse où la sono cracherait bruyamment Jailhouse rock d'Elvis Presley. Non pas que je pense qu'il connaisse. Après tout même le King avait ses limites. A moins qu'Arthur ne fut déjà un fou des moldus à cette époque. Hmm, à méditer. Bref, j'abrégeai les souffrances de ce cher Ron en lui décrivant, ainsi qu'aux autres, ma bataille avec Rogue. N'oubliant aucuns détails à leur demande. Dans un coin de notre salle commune, protégés par un sort éloignant les oreilles indiscrètes, je leur dis tout.

Chaleur, entrainement, courbature, rouler, plonger, lancer, se défendre, attaquer, baver sur le corps de ce troll – enfin ça je me retins de justesse de le dire -, encore des courbatures, mal, chaud, encore éviter un sort et ainsi de suite. Je ponctuai mon discours de quelques insultes bien placées – nouvelle mauvaise habitude, désolée grand-mère- tout en gesticulant, mimant et mon public ne ratait rien de mon numéro. Cela me soulagea.

J'avais besoin de parler avec mes amis puisque je ne pouvais pas vraiment avoir une conversation civilisée avec…l'autre. Pour la complicité, il nous restait encore pas mal de boulot. Peut-être que dans milles ans… Horreur, je grimaçai et stoppai net d'un coup mon discours en y pensant. Pas question de rester milles ans avec Rogue ! Mon karma n'est pas si mauvais, il était même très bon !

« - Hermione ? », m'appela Harry, une lueur inquiète au fond des yeux, « Tu vas bien ? »

Bien que faisant confiance à Dumbledore et reconnaissant la capacité de Rogue à me protéger cela n'empêchait pas que le balafré, présentement assis en face de moi, reste inquiet à mon sujet. Il comprenait bien que mon entente avec mon partenaire était loin d'être parfaite. Et ayant lui aussi subi un entrainement intensif façon Rogue et Dumbledore il savait dans quel merdier je me trouvai.

« - Oui oui, tout va bien Harry. Ne t'inquiète pas, c'est juste qu'à vouloir faire la guignol pour Ron j'ai malencontreusement réveillé l'une de mes courbatures », mentis-je à demi avec succès, mon petit sourire y aidant surement.

Ne vous méprenez, j'aime Ron comme un frère au même titre qu'Harry. Mais je trouvai parfois très divertissant de le taquiner. De plus qu'il réagissait à chaque fois à mon plus grand bonheur. Et aujourd'hui n'échappa pas à la règle.

« - Hé ! Tu n'as pas besoin de moi pour ça », me taquina-t-il à son tour en tirant la langue.

J'eus un sourire carnassier avant de répliquer :

« - Et toi non plus… », fis-je mystérieusement, une lueur espiègle dans les yeux qui fit blêmir Ron.

Alors, sortant ma baguette droite de ma robe de sorcière, je lançai un sort de métamorphose sur mon pauvre ami. Et le résultat fut hilarant. Il fut soudain recouvert d'un volute de fumée et, en se dissipant, nous pûmes tous voir à la place de Ron, un babouin à cul rouge et avec une touffe de poil rousse sur le crâne, crier le plus fort possible à qui voulait l'entendre.

Une crise de rire me prit et elle contamina également Harry et Ginny. Si l'on put d'abord comprendre de ces cris animaux qu'il était en colère, Ron se prêta rapidement au jeu, faisant…et bien… le singe, pour nous divertir un peu plus. Ce dont je lui fus reconnaissante. Il continua son manège pendant une heure, où j'alternais fou rire et grimaces à cause de mon ventre douloureux. Mais le spectacle était fabuleux. Un Ron-singe huant à qui mieux mieux, crapahutant, sautillant, pendu au rideau comme s'ils avaient été des lianes, ce n'était pas tous les jours que l'on pouvait voir ça.

Et bientôt c'est toute la salle commune qui résonna de rires. Une heure plus tard, je décidai, au plus grand malheur de certains qui voulaient encore en profiter, de rendre son apparence humanoïde à mon meilleur ami car je craignais que mon ventre ne rende l'âme. A moins que ce soit tout mon corps qui tombe raide mort, ayant du mal à respirer entre mes rires. Après des signes de la main à l'intention de mes camarades et deux bises sur chaque paire de joue des plus proches, je montai me coucher, épuisée par la journée, pour sombrer dans un sommeil sans rêve.

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Le lendemain, au déjeuner, la rumeur d'un Ron faisant le fou sous l'apparence d'un singe fit le tour du château. Si la plupart le taquinaient gentiment en « réservant » leurs places pour le prochain numéro, d'autres bien entendu, ne ratèrent pas l'occasion de se moquer de lui. Facile la devinette.

Alors que nous étions attablés à la table de notre maison, dans la Grande Salle, je pus parfaitement attendre les ricanements et les moqueries des Serpentards, dont la table se trouvait dans mon dos.

« - Alors Weas-moche, on montre sa véritable apparence ? »

« - Ta copine n'as pas retransformé le cul rouge qui te sert de face ? »

Ainsi de suite. Heureusement la colère montante dudit singe fut vite calmée et contrôlée par une Lavande plus qu'attentionnée à son égard. Et les Gryffondors, soutenaient farouchement leur compagnons, faisant honneur à leur maison – peut être aussi pour le remercier du spectacle et l'inciter à recommencer ? – ne négligeant pas non plus sur les insultes en tout genre.

« - Enfoirés, vous n'êtes même pas assez bien pour lui servir de torchoir ! »

« - Goyle ça commence par la même lettre que Gorille, Gueux, Goujat ou grosse merde. Mince ça fait deux mots. Mais on va faire une exception pour toi gros tas ! », asséna Dean.

Ainsi commença la guerre habituelle entre Gryffondors et Serpentards. Les regards fusaient, au même rythme que les mots et les gestes obscènes. Je fus prise d'un fou rire en voyant Neville, laissant de côté sa timidité et sa pudeur habituelle, adresser un magistral doigt d'honneur à Draco Malefoy qui faillis s'étouffer, lui aussi surpris par l'attitude de celui-ci qu'il avait l'habitude autrefois de martyriser. Un rire franc s'échappa de mes lèvres, de même que mes camarades.

Fier de son effet, Neville sourit à notre adresse et ses joues s'empourprèrent lorsque Luna lui donna un sulfureux baiser. Des sifflements retentirent sur une bonne partie de notre table, ce qui ne nous aida pas à retrouver notre calme.

La journée commençait bien. Il faut dire que voir Malefoy s'étouffer... J'eus un autre rire en y repensant. Oui, la journée commençait bien et je n'allais laisser personne me la gâcher. Foi d'Hermione Granger.

Mai soudain les rires se stoppèrent nets et je vis mes voisins d'en face, dont Ron, baisser à une allure folle les yeux, trouvant un intérêt passionnant à leurs œufs brouillés et leurs bacons. Non pas que je sois surprise pour Ron, mais quand je fis les joues de Neville passer du pourpre à une couleur de craie, je me mis à me poser des questions. Mon cerveau devina aisément la raison de ce changement soudain de ce comportement.

Neville ne se transformait à Zombie que pour une seule raison. Et en présence d'une seule personne.

Je priai, les mains crispées sur mes genoux, les yeux résolument fermés, comme pour essayer de ne pas voir la vérité en face. Un sixième sens – appelez ça comme vous le voulez – me souffla que cette personne était en ce moment même derrière moi. Je déglutis difficilement et prenant mon courage à deux mains, je me retournai lentement – vous savez, comme dans les films d'horreurs où une splendide femme aux allures de poupée des années soixante-dix se retourne avec effroi pour voir son assassin dans son dos.

Un frisson me parcourut quand la scène de la douche dans Psychose d' Hitchcock s'imprima sur mes paupières toujours fermées. Faisant un tour complet sur moi-même j'ouvris avec précaution un œil. Mes pires craintes s'étaient matérialisées devant moi en la personne du maître des cachots. Portant sa couleur habituelle – je promets d'embrasser Malefoy le jour où je le verrai avec une autre couleur que celle-ci et courir nue dans Poudlard le jour où il porterai du rose – le sombre professeur me dominait de toute sa hauteur.

Dans toute sa splendeur – dans le genre noire et qui vous retourne les tripes de peur – il me toisa d'un œil de faucon. Il silence s'installa.

« - Miss Granger, à l'avenir tachez de vous contenir d'insulter les élèves de ma maison. Il semblerait que le manque de manière de certains cornichons dans votre genre soit devenu un problème », il lança un regard polaire à Neville qui faillit s'évanouir sous le choc – où se faire dessus à vous de voir – avant de reporter son regard d'obsidienne sur moi et de continuer, « Bien que je n'ai pas envie de perdre du temps à m'occuper de vous il semblerait que j'y sois obligé. »

Je sentais venir la sentence divine. Trente secondes plus tard et la foudre s'abattit sur moi.

« - Retenue dans mon bureau ce soir. Et tachez d'être ponctuel à défaut d'avoir des manières. Pour chaque minute de retard, une retenue sera ajoutée. Pour notre bien commun, j'espère que vous serez à l'heure. »

Que disais-je quelques minutes plus tôt ? Ah oui, la journée commençait très mal.

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Le nuage au-dessus de ma tête me suivit toute la journée. Dire que j'étais anxieuse équivaut à un euphémisme. Je l'imaginai - nous parlons de Rogue et non du pape - utiliser les pires tortures sur moi, son cobaye plus au moins volontaire. Perdue dans mes pensées, je ne fis pas attention à l'obstacle devant moi. Je me cognai de plein fouet à une surface dure, m'écrasant le nez au passage. Je pestai en me tenant celui-ci entre mes mains.

Il ne manquait plus qu'il soit aussi aplati que celui de mon pauvre animal de compagnie, Pattenrond. Le matou me fuyait pour montrer son mécontentement. Monsieur n'était pas content car il se sentait délaissé. Plus de caresses, plus de friandises, rien ! Qu'est-ce que je devais dire moi ? Vous me voyez bouder comme une gamine, réclamant caresses et friandises à mon maître ?

Maître qui était en l'occurrence Severus Rogue. Car pas besoin de se faire d'illusions, durant tout le temps que durerait notre mission commune je serai sous son autorité. Le despote ! Si Kant avait pu me voir, il m'aurait dit qu'il n'y avait de despote que pour un peuple de mineur et que juridiquement les femmes sont mineures toutes leurs vie car appartenant d'abord à leurs pères puis à leurs époux. Non mais ! Quel machiste, quel goujat – même si c'était courant, voir normal de penser ainsi à l'époque selon les hommes.

Sachant l'espérance de vie relativement longue des sorciers – si on ne devient pas la cible d'un mage noir fou où de ces disciples, ce qui réduisait considérablement mon espérance de vie – pouvant parfois atteindre cinq cent ans voir plus grâce à certaine méthodes – plus ou moins recommandables je vous l'accorde – je me posai la question de savoir si Kant ne possédait pas des long cheveux noirs, un long nez et avait pour habitude de porter de longues capes noires. Hmm, hmm ! Que de 'long' en perspective...

« - Hermione ? »

Hmm, hmm.

«- Ohé Hermione ! Ici la Terre à la Lune ? Tu me reçois ?

Hmm ? Levant mes yeux je croisai ceux d'un vert bouteille d'Harry.

« - C'est bon Harry, l'extraterrestre s'est posé sur Terre ! Bienvenue parmi nous ! », se moqua le propriétaire du regard bleu qui pétillait de malice.

« - Charmant Ron ! Je ne te remercie pas pour ton intervention…», dis-je, feignant l'amertume.

« - Pourtant tu devrais E.T ! Hey, je viens de te voir lever les yeux au ciel ! »

Je connaissais trop Ron pour m'offusquer de son manque de tact. Je savais que cela ne partait pas d'une mauvaise intention. Il n'a jamais été très doué avec les filles. Enfin, cela fait son charme. Celui-ci lui aura permis de s'accorder avec Lavande. Je lui tirai la langue et il me répondit par une immonde grimace. Nos gamineries firent rire le Survivant qui se força tout de même à se calmer en entrant dans la salle de cours de métamorphose, assuré par notre directrice de maison.

Un sourire flottant encore sur mes lèvres, je pris place, comme à mon habitude au premier rang. Les garçons eux se faufilèrent comme des voleurs jusqu'au bureau le plus éloigné de celui de notre professeur. Nous étions un mercredi et à cette heure-ci de la journée, nous étions regroupés avec des Poufsouffle. L'ambiance était déjà bien plus légère que lors de nos cours communs avec les Serpentards. J'adressai quelques hochements de tête amicaux avec certains, la plupart en fait. Et oui, être amie avec Harry Potter à quelques avantages.

Même si il y a plus d'inconvénients je dois avouer.

Les élèves de cette maison s'étaient révélés être très intéressant et sympathique. De plus les membres de cette maison sont bien connus pour leur gout du travail. Un point en commun. J'offris un sourire amical à ma voisine de table, Eleanor Branstone. Celle-ci c'était révélée être une très bonne partenaire et les discussions que nous partagions étaient très constructives.

« - Très bien, il semblerait que tout le monde soit là. Nous pouvons commencer le cours », elle jeta un regard sévère à un élève visiblement turbulent, « Si Mr Weasley daigne faire l'effort de se tenir convenablement, cela s'entend… »

La remarque ne m'étonna pas plus que ça. Ron, Ron, Ron. Le cancre en question bredouilla maladroitement quelques mots d'excuses. Cela sembla satisfaire notre professeure qui s'installa à son bureau.

« - Le cours d'aujourd'hui visera à vous entraîner à donner vie à une statue et la maintenir sous votre contrôle durant une durée donnée. Vous commencerez votre pratique sur des statuettes. Je passerai dans les rangs pour voir vos progrès et, si je juge vos capacités convenables, vous pourrez passer au niveau suivant. Je répète que la métamorphose est une des formes de magie les plus dangereuses et les plus complexes qu'il soit. Quiconque fera du chahut pendant mon cours sera immédiatement sanctionné. Vous êtes prévenus. »

Bien qu'ayant naturellement certaines prédispositions pour cette matière, force fut de reconnaître que cet exercice n'était pas des plus simples. Mais cela excita mon esprit de compétition, et bien que je mis plus de temps que d'habitude, je fus tout de même la première à réussir convenablement la première étape après dix minutes de concentration.

Ce travail nécessitait un effort de volonté à la fois pour donner vie à la matière morte et pour lui imposer notre volonté sous peine qu'elle n'agisse comme bon lui semble où s'immobilise à nouveau. Eleanor ne mit pas longtemps à me suivre, et même Ron et Harry y arrivèrent quelques minutes plus tard. McGonagall nous confia alors des statues de chevaliers, chacune proportionnelles à notre taille et poids. Travaillant désormais en duo, la règle était simple, nous devions simuler un combat. La complexité résidait dans la précision des actions que nous devions ordonner, tout en ajustant la puissance des coups.

Aussi concentrées l'une que l'autre, Eleanor et moi-même firent de notre mieux et nos efforts furent récompensés par un regard appréciateur de la directrice des Gryffondors.

Puis ce fut le drame.

Tout dégénéra.

Harry et Ron, qui jusqu'alors faisaient preuve d'un minimum de sérieux, se mirent en tête de faire un vrai duel. En bonne et due forme, cela s'entend.

Si au début ils maintinrent leurs statues sous leurs autorités, bien que leurs « commandes » soient violentes, celles-ci finirent par se détacher du joug de leurs despotes. A notre plus grand dam, elles ne s'immobilisèrent pas mais entamèrent un combat à mort des plus violents. Bientôt la classe fut remplie par les cris des élèves, bien que ceux-ci soient en partie couverts par le fracas que provoquaient les attaques des deux combattants. C'était l'apocalypse. Mais cela ne sembla pas déranger le moins du monde les deux fauteurs de troubles.

En effet, même si les filles s'étaient repliées au fond de la classe en se protégeant à l'aide d'un sort, les garçons, des deux maisons confondues, avaient eu la brillante idée de changer un bureau en petit gradin. Tous étaient donc serrés comme des sardines sur l'objet, et gueulaient comme des porcs, encourageants soit l'un ou l'autre des chevaliers de pierre. Harry, essayant de faire bonne figure, tentait tant bien que mal de retrouver une certaine autorité sur son objet de travail.

Sans succès.

Ron quant à lui, avait abandonné l'idée pour se reconvertir en preneur de pari. Et l'argent sortait de toutes les poches. Bref, une vraie basse-cour. Enfin, même les poules de mon grand-père évitaient de faire de leurs enclos un champ de bataille. On se serait cru au beau milieu de la bataille finale, si bien que même McGonagall peinait à reprendre la situation en main, trop occupée à éviter les bouts de pierres qui volaient partout et les coups d'épées. Avisant la catastrophe, je décidai de soutenir McGonagall en lui lançant Protego, l'aidant ainsi à se concentrer sur les statues. Cela s'avéra efficace car, dix minutes plus tard, tout était réglé et la classe avait repris une allure normale.

« - Messieurs Potter et Weasley », grinça-t-elle « J'osais espérer, en vue de vos statuts respectifs, que vous montreriez la voie à vos camarades. Je suis atrocement déçue de voir que ce n'est point votre objectif et que vous vous plaisez plutôt à déranger mon cours…. Bien que cela me fasse de la peine, cinquante points en moins pour Gryffondor. Vous rédigerez également pour lundi, un parchemin de soixante centimètres en méditant sur vos fautes. »

Ron, qui craignait autant les devoirs sur parchemins que les araignées, ne put contenir une mimique d'horreur. Qui n'échappa point au regard de faucon de notre enseignante.

« - Mais, je vous accorde une faveur.. »

Avant même qu'elle ne finisse sa phrase les deux « criminels » poussèrent un soupir de soulagement. Erreur.

« - Ayant noté votre préférence pour mon fond de classe, je vais vous aider. Je vous veux face au mur du fond, sur les genoux et les bras en l'air pour le reste de l'heure. Me suis-je bien fait comprendre ? », puis notant le silence abattu de ses deux élèves, leur demanda à nouveau « Me. Suis. Bien. Fait. Comprendre ? »

Je pouffai discrètement en apercevant leurs mines déconfites. Minerva MacGonagall pouvait être aussi impitoyable et effrayante que Severus Rogue quand la situation le demandait. Cela expliquant les joutes ô combien célèbres entre les deux.

Si au début ils s'exécutèrent sans trop mal, leurs légers grognements nous indiquèrent que la douleur commençait à se faire ressentir. C'est donc avec un soulagement évident que leurs bras s'écroulèrent à la fin de leur supplice. Rangeant mes affaires d'un coup de baguette, et faisant de même pour celles de mes compagnons, je les fis ensuite léviter à nos côtés évitant ainsi aux deux malheureux – presque manchots – de souffrir encore plus en cherchant à les porter.

Ils me remercièrent avant que Ron ne me fasse des yeux de chiens battus. Tactique connue et, malheureusement pour moi, souvent très efficace.

« - Hermione, grand manitou des parchemins, s'il te plait aaaaaaide moi pour le devoir à rendre » me supplia-t-il de sa voix de gamin pleurnichard

« Ron », lui dis-je en agitant mon doigt devant son nez comme on le ferait avec un garçon de quatre ans « Si tu n'avais pas voulu faire le pitre tout cela ne serait jamais arrivé. On sème ce qu'on récolte »

Il fit la moue tout en gigotant comme un bambin réclamant ses friandises.

« - Non Ron ce n'est pas la peine de… »

J'eus la mauvaise idée de tourner la tête dans sa direction, et tombai dans le panneau. Je pestai en voyant sa tête de condamné à mort. Ma faiblesse résidait dans le fait que je n'arrivais jamais à lui refuser quelque chose lorsqu'il faisait cela. Peut-être à cause de ma solidarité Gryffondor, allez savoir. En attendant parfois j'aimerais bien en être débarrassée. Comme dans ses moments-là. J'ai beau avoircombattue contre des fous mais même pas foutue de résister face à cette attaque.

« Bon très bien ! », son visage s'éclaira et il trépigna de contentement sur place « Mais à une seule condition. Je t'aide à faire les recherches mais tu feras aussi ta part pour le développement. Et c'est toi qui écris! »

« - Ca va le faire ! Merci Mione, merci merci merci ! Tu es super, intelligente, fantastique ! »

Lui et moi savions que finalement, le moment venu il se contenterait seulement de la partie écriture. Bien que ne disant rien, sans doute à cause de sa fierté, je pus voir dans les yeux du brun une certaine envie. Quitte à faire celui du Ron...Un de plus un de moins. Je proposai donc le même marché à Harry qui lui promit de faire les deux parts de son contrat.

Neville, Dean et Seamus, jusqu'alors restés en retrait, se joignirent à nous pour aller jusqu'au prochain cours. Le reste de la journée suivit la routine habituelle et les garçons se tinrent tranquilles. Un parchemin à rédiger leur suffisait entièrement pour la semaine.

Tout cela me fit presque oublier mon rendez-vous avec Rogue et c'est seulement pour le dîner en le voyant à la table des professeurs qu'il me revint en mémoire. Il était dix-neuf heures trente quand je me levai de table.

Ayant juste assez de temps pour me brosser les dents et prendre une rapide douche, je descendis jusqu'aux cachots. C'est avec un certain malaise que j'en pris la direction car d'une manière ou d'une autre, ils me rappelaient souvent ceux dans lesquels Malefoy nous avait emprisonnés lors de notre capture. Grâce à Dobby nous n'étions pas restés très longtemps, mais juste assez pour me traumatiser un minimum.

Cela expliquant mon comportement. Des rumeurs, toutes plus folles les unes que les autres, circulaient à propos de cet endroit du château. La plupart visaient surtout à faire peur aux premières années lors des veillées.

Connaissant le chemin par cœur, je ne mis que deux minutes à me retrouver devant la porte sombre menant au bureau du troll des cachots. Hésitant une fraction de secondes, je toquai néanmoins à la porte de peur de me retrouver en retard.

La porte s'ouvrit comme par magie - non sans blague ! - et le tête à tête commença.


Vos impression ? Dans ce passage je voulais donner une image un peu plus séductrice à Rogue sans lui enlever les caractéristiques que l'on lui connait. En espérant que mon image de "bad boy" est été fructueuse.

J'en profite pour remercier tous ceux qui m'ont laissé des reviews et répondre aux invités :

Zeugma : Je te remercie beaucoup pour ta deuxième review. Je suis contente que mon histoire te plaise . Pour le moment tout du moins. Oui, Hermione a très bien résumé la situation. Et tu as pu lire dans ce chapitre qu'elle n'est pas au bout de ses peines. Héhé. Bises.

Anonyme : J'espère bien que ma fiction est sympa, lol :) ! Et il vrai que cela fait très redondant et à l'avenir je ferais plus attention. Au passage, si tu connais quelqu'un qui pourrait me servir de deuxième béta... Je pense que l'intrigue ne commencera vraiment que vers le chapitre 6. En attendant je mets tout en place et j'espère que que tu trouvera toujours ma fiction intéressante à l'avenir. Je ferais de mon mieux pour te satisfaire, ainsi qu'à tous mes autres lecteurs.

Merci également à tous ceux qui prenne le temps de me lire, même si une review fait le plus souvent plaisir . A lundi prochain !

Je m'excuse au passage pour les fautes qui doivent traîner ( peut être en nombre ) par ci par là malgré ma relecture.

Amicalement, Jude.