Disclaimer : Les personnages appartiennent aux créateurs de la série Teen Wolf, l'histoire appartient à on rooftops.

Note de la traductrice : Voici le chapitre 4, avec un peu de retard par rapport à mon planning (je pensais le poster vendredi). J'ai adoré le traduire et je pense que vous allez comprendre pourquoi au fil de la lecture.

Bonne lecture


Chapitre 4

Isaac attend Stiles lorsqu'il revient chez lui, tapotant le volant d'une vieille Honda. « Derek m'a envoyé un texto », explique-t-il, « m'a dit que nous jouons les médiateurs entre la meute et les chasseurs. »

« Il n'a pas perdu de temps. » Stiles se pose contre la portière du côté conducteur. « Est-ce qu'il veut qu'on ailler parler à Chris maintenant ? »

« Je pense que ça dépend de nous ? Mais probablement. »

« Bien. » Stiles regarde se maison vide, espère que son père restera plus tard au travail, ce qui serait habituel et attendu, s'il n'y avait pas tous ces problèmes de confiance récents. Il va du côté passager et monte dans la voiture d'Isaac. « Allons-y vite fait, alors. »

« Je ne veux pas plus aller le voir que toi, » fait remarquer Isaac en rejoignant la route. Et ouais, pense Stiles, probablement vrai, surtout qu'Isaac remplit parfaitement le rôle de 'proie préférée' des Argents.

Stiles sonne à la sonnette. Isaac est derrière lui, et si Stiles était un loup-garou, il est sur qu'il pourrait sentir l'anxiété émaner d'Isaac. En effet, Isaac tremble plutôt sérieusement et Stiles pense qu'il devrait surement faire s'assoir Derek et avoir une conversation avec lui sur le fait d'envoyer des loups dans des endroits qui les terrifient. Isaac se calme lorsqu'Allison ouvre la porte.

« Hey, Isaac. Stiles. » Son ton est neutre, mais elle lève un sourcil interrogateur à Stiles et celui-ci répond en haussant les épaules.

« Nous sommes là pour voir ton père. » lui dit-il.

Elle fait un signe de la main. « Attendez ici, vous ne voulez pas rentrer maintenant. »

« Ni jamais, » murmure Isaac derrière lui, et Stiles essaye de lui lancer un regard réconfortant par-dessus son épaule.

« M. Stilinski. M. Lahey ? Comment puis-je vous aider ? » Chris Argent referme la porte derrière lui et les force à faire un pas en arrière et à descendre du palier pour être sur la marche en dessous.

« Derek est d'accord. Isaac et moi sommes vos contacts on vous tiendra informés et vous nous tiendrez informés. Vous êtes autorisé à nous appeler, nous, et personne d'autre. De même, nous vous parlerons, mais ignorerons le reste de vos chasseurs. Nous espérons que ça vous convient. »

« Et si ce n'est pas le cas ? » questionne Chris, même s'il ne semble pas insatisfait par ce plan.

« Alors nous continuerons comme avant. »

Chris les regarde. Il hoche la tête et tend la main. « Très bien, alors. »

Stiles lui serre la main. Isaac aussi, même s'il donne l'impression qu'il préférerait toucher une moufette morte.

« Nous vous recontacterons. » dit Stiles, suivant Isaac jusqu'à sa voiture.

« Evidemment, M. Stilinski. » Chris les regarde partir.

Stiles est perturbé. « Je n'aime pas Peter, » dit-il à Isaac, « Mais au moins, avec lui, on est plutôt sur qu'il est de notre côté. » Il pense à la joie de Peter quand il a parlé du secret de Derek. « Pour l'instant. »

« Tu as poussé Derek à faire cette alliance, non ? » Isaac tourne dans sa rue.

« Ouais, parce que le bien-être de cette vie vaut plus que l'autonomie de la meute. Les gens ici ne savent pas ce qui se passe. Ce ne serait pas juste pour eux de se retrouver au milieu d'une guerre entre des créatures surnaturelles. »

« Ils seront quand même au milieu de tout ça. » Isaac tourne dans l'allée de la maison de Stiles, qui est vide de sa pauvre Jeep négligée.

« Mais au moins, nous faisons tout ce que nous pouvons pour les protéger. Chris ne veut pas être découvert non plus. Il a dédié sa vie à tuer des loup-garous pour protéger les gens. Et peut-être que ce vœu de protection s'est un peu envolé, surtout pour lui et sa famille, mais il en est au moins conscient. Alors c'est logique de s'allier avec lui et ses chasseurs, mais ça ne veut pas dire que ça me plait. Et ça ne veut absolument pas dire que nous devons leur faire confiance. »

« Bien. Parce que si tu avais suggéré de faire confiance à Chris Argent, tu aurais eu une seconde mutinerie sur les bras, je pense. »

« Seigneur, jamais, » promet Stiles. Isaac lui sourit. Un sourire hésitant, mais c'en est un et Stiles a l'impression que toute cette entreprise ne se déroule pas de manière parfaite, mais au moins elle marche. « Je devrais rentrer avant que mon père arrive. On se voit à la prochaine réunion, Isaac. »

« Bien sur. » Isaac attend que Stiles soit à l'intérieur pour partir c'est bizarre, qu'Isaac se soucie de lui. Le concept de meute est bizarre, mais c'est agréable de faire partie de quelque chose.

Stiles dine avec son père, dans un silence bouleversant, avant de monter dans sa chambre et de fermer la porte, espérant à moitié que Derek vienne. Il ne vient pas, mais il envoie un texto, demandant comment la rencontre avec les Argents s'est passée. Stiles est presque certain qu'Isaac lui a déjà donné tous les détails, alors il répond juste, Bien, et présume que cette question inutile est un moyen pour Derek de lui dire qu'il ne viendra pas ce soir mais qu'il va bien.

Et c'est bien, que cette chose soit assez établie entre eux pour qu'ils en parlent. C'est bien qu'ils aient peut-être atteint un modèle de relation. Bien et bizarre, mais plutôt bien.

:::

Quand il entre dans la station de métro pour une réunion deux jours plus tard, tout le monde le regarde. Il vient de se glisser par la fenêtre de sa chambre, et a traversé les bois dans le noir, alors son apparence doit être plus que douteuse, mais il pense que c'est autre chose qui les pousse à le regarder comme ça alors qu'il s'assoit sur une chaise en métal, à côté de Scott.

Peter approche derrière lui et passe une main fine dans ses cheveux, en disant, « Bon retour dans la bergerie », avec un sourire méprisant. Stiles frissonne.

Peter se met au centre du groupe et commence à parler de la meute d'alphas, et à quel point ils sont dans la merde ; enfin, c'est comme ça que Stiles l'interprète. Les autres semblent plutôt optimistes, ce qui est ridiculement irréfléchi selon lui.

Tout le monde commence à parler en même temps, et Stiles pose son menton sur sa main, essayant d'écouter ce qu'ils disent. Il croit entendre quelque chose de cohérent dans les mots murmurés de Scott et se tourne vers lui. « Quoi ? Tu penses qu'on devrait quoi ? »

« Silence, » grogne Derek alors qu'Erica ouvre la bouche.

Scott parle dans le silence soudain. « Je pense que nous savons sur la meute tout ce que nous pouvons savoir. En savoir plus ne nous aidera surement pas. Nous devons plus nous concentrer sur notre défense. »

« Qu'est-ce que tu veux dire ? » demande Boyd. Tous les loups se penchent, visiblement intéressés, et même Lydia a arrêté de jouer avec ses cheveux pour regarder Scott.

Scott regarde Stiles. « Comme, faire des rondes autour de la ville, ou autre chose, essayer de les empêcher de rentrer. Et s'ils rentrent, et ils le feront, nous les attaquons. »

Stiles acquiesce. « Nous devons décider d'une frontière. », dit-il en développant l'idée de Scott, « Et regarder où ils traversent. Quand ils traversent, nous les combattons, mais seulement à ce moment-là. Nous devrons nous diviser en groupes, vous savez, pour que tout le monde ne les attaque pas en même temps et que la ville soit laissée sans protection. »

« Ca pourrait marcher, » dit Lydia. « Ce n'est pas le plan le plus compliqué du monde. »

« Mais c'est surement bien, » fait remarquer Boyd.

« Nous devrons rester en contact à tout moment. » dit Derek.

« Les portables sont là pour ça, » dit Peter avec un sourire méprisant, tapant un doigt contre ses lèvres. « Peu importe, je pense que c'est un bon début. »

« Okay. Peter et moi, on s'occupe de la logistique, » dit Derek.

« Nous vous enverrons les plans par mail, » promet Peter.

« Et vous pouvez répondre pour n'importe quel changement, » ajoute Derek. Stiles acquiesce, content qu'il laisse un peu la meute agir.

Ils se lèvent tous et s'en vont vers la sortie. Isaac propose à Stiles de le raccompagner, ce qu'il accepte, même si Peter les regarde, les yeux plissés. Ils sont peut-être trop visibles. Après tout, Isaac passe ses nuits dans la station de métro, alors il ne devrait pas partir.

Mais Isaac tape sur son épaule pour le rassurer. « C'est bon, » dit-il, comme si Stiles avait protesté. « Je passe la nuit chez Boyd, mais j'aurai besoin de ma voiture pour l'école demain. Tu es carrément sur ma route. »

« Super, merci alors. » Stiles ne regarde pas en arrière mais il imagine l'air dubitatif sur le visage de Peter. Il essaye de ne pas y penser.

Chris Argent semble moins qu'emballé de les voir, mais il ne dit rien de négatif sur leur plan. En fait, il se mord la lèvre, regarde Isaac, et acquiesce. « Ca pourrait fonctionner, » admet-il. « Nous songions à faire quelque chose du même genre, mais ça nous rappelait un peu trop les guerres de frontière. Mais avec vous tous dans l'équation, ça pourrait aller mieux. Ça vaut le coup d'essayer, en tout cas. »

Stiles et Isaac se lèvent du canapé dans lequel Chris les avait invités à s'assoir quand ils sont arrivés, puis ils repartent en direction de la porte sans un mot. Des salutations cordiales ne sont pas nécessaires.

Chris attrape le poignet de Stiles alors qu'il est sur le point de partir. « Je ne sais pas si Allison va bien, » dit-il, en regardant les escaliers nerveusement. « Elle avait toujours Kate ou sa… sa mère pour parler, et… » Il s'interrompt, sa voix tremble.

« Elle va bien, » dit Stiles. « Elle a le cœur brisé, évidemment, et elle est en colère, mais elle et Scott ne vont pas se la jouer Romeo et Juliette. »

« Dieu merci, » dit Chris et cela frappe Stiles de voir à quel point cet homme est tellement au courant de tout ce qui se produit dans le monde, mais qu'il ne connait pas du tout sa fille. C'est terrifiant de la voir s'inquiéter à propos d'elle, blessée à cause de sa relation avec Scott. Comment fait-il, se demande-t-il, et comment lui et son père sont censés faire affaire ?

:::

Scott est dans la chambre de Stiles lorsque celui-ci escalade la fenêtre après sa petite discussion avec Argent. Stiles régit à peine à la vue de son ami allongé sur son lit, un oreiller sur le visage, même s'il réalise avec gêne que c'est le côté du lit de Derek et donc l'oreiller de Derek, ce qui veut dire que Scott respire l'odeur de l'alpha. Et ça ne prévoit rien de bon pour Stiles.

« Argent pense que c'est une bonne idée. »

Scott enlève l'oreiller et dit, « Ne lui dis pas que c'est la mienne, sinon il va changer d'avis. »

« J'essaierai de m'en souvenir. » Stiles va près de son armoire et passe son sweatshirt au dessus de sa tête, le jette dans le panier de linge sale, et fouille dans les tiroirs pour trouver un tee-shirt propre. « De quoi as-tu besoin, Scott ? » Il sent le regard de son ami sur lui, et il aimerait vraiment stopper le malaise.

« Un loup ne peut pas voir son meilleur ami sans raison ? » dit Scott, faisant semblant d'être offensé, ce qui est impressionnant. Peut-être que trainer avec la meute a amélioré ses capacités à mentir. Non pas que Stiles puisse dire quelque chose, considérant le coup du 'chat sauvage domestique Roberta'.

« Un loup peut, » dit Stiles, « mais ça arrive de moins en moins souvent, dernièrement. Vu la mise en détention actuelle du meilleur ami. »

« Plutôt vu le compagnon de lit actuel du meilleur ami. » grommelle Scott. Stiles se tend.

« Ecoute, Scott, » il enfile le bas d'un pyjama au motif écossais et se tourne vers son ami. « Nous avons déjà parlé de ça. Ce n'est pas grand-chose. »

Scott tient l'oreiller comme s'il s'agissait d'une preuve.

« Oui, il utilise ça. Et alors ? »

« Tu ne comprends pas. » Scott lâche l'oreiller et joint ses mains devant lui, comme s'il priait Stiles de le comprendre. « Tu ne le sens pas. »

« Je n'en ai pas besoin. Il sent comme Derek. »

Juste à ce moment-là, Derek apparait à la fenêtre et atterrit sur le tapis. Il regarde successivement Scott puis Stiles et dit « B'soir » comme s'ils avaient tous décidé que la chambre de Stiles était un lieu ordinaire de rencontre.

Scott fait les gros yeux, soupire, et se reprend. Il saute hors du lit. « Hey, Derek. Désolé, j'allais partir. »

« Tu peux rester, » dit Stiles même s'il préférerait que non.

« Non. » Scott secoue la tête. « Ma mère sait que j'étais à une réunion, elle va s'inquiéter si je ne rentre pas bientôt. A demain, Stiles. » Il passe à côté de Derek, et Stiles voit son épaule cogner celle de Derek, comme un défi.

Le portable de Stiles vibre dès que Scott est parti. Il ouvre le message et grogne. Demain, on va vraiment parler. Un autre apparait ensuite. Il songe à ne pas l'ouvrir, et puis son doigt glisse quand même sur le bouton 'ouvrir'. Fais attention. Stiles lance son portable vers le bureau et se sent satisfait lorsqu'il atterrit dans le pot à crayons à côté de sa lampe.

Derek est en train de le regarder. Un son curieux monte de sa poitrine, un grognement bas qui sonne comme une question.

« Rien, » répond Stiles. « C'est rien. »

Derek ne bouge toujours pas. Il est debout, près de la fenêtre, les chaussures aux pieds, les mains dans les poches. Stiles ne l'a jamais vu aussi peu sur de lui.

« Qu'est-ce qu'il y a ? » demande Stiles. « Rentre. »

Derek retire sa main gauche de poche et attrape sa nuque. « Pourquoi est-ce que tu me laisses rester ? » Il a l'air frustré, confus, et son ton fait accélérer le pouls de Stiles.

« On n'a pas déjà fini avec tout ça ? Je ne dors pas vraiment, et mon lit a besoin qu'on dorme dedans, alors tu es le bienvenu. Ce n'est pas si compliqué, Derek. »

« Mais. » Derek s'avance, se retrouve dans l'espace de Stiles. Stiles se force à rester tranquille à côté de son bureau. « Il y a d'autres raisons, non ? »

« Parfois, il s'avère que je suis capable de dormir quand tu es là, ce qui est bizarre. » Stiles se mord la lèvre. Derek ne semble pas satisfait.

« Et ? » Il fait un pas en avant, son corps s'inclinant vers lui comme s'il ne pouvait pas rester éloigné de Stiles. Cette approche, lente, est inhabituelle pour eux. Stiles est habitué à un Derek qui le jette contre un mur. C'est plus doux et bizarre.

« Je ne te déteste pas ? » suggère Stiles. Derek grogne comme s'il avait été frappé. « Je ne veux pas dire ça dans un mauvais sens ! » se rattrape-t-il. « Je veux dire, je ne te déteste vraiment pas. Comme, je pense que tu es un mec plutôt cool. Un bon caractère. J'irais même assez loin pour t'appeler mon ami, si ça te va ? »

« C'est tout ? » demande Derek. Stiles sent son souffle chaud sur son visage et leur proximité devrait être dérangeante mais Stiles veut juste qu'il soit plus près.

« Je veux dire, tu es carrément attirant, aussi, alors t'avoir ici n'est pas exactement une punition. Et quand j'arrive à dormir et que je me réveille près de toi…ben, ce n'est pas si mal. »

Derek grogne. « Et c'est tout ? »

Non. Il y a aussi cette toute petite chose à propos du passé horrible, horrible de Derek, et le fait que peut-être quand il essaye de dormir ailleurs, il est hanté par Kate Argent et l'incendie. Et s'il ne l'est pas, alors parfois il peut rester, calme, dans sa maison d'enfance qui a brulé, et Stiles ne peut pas supporter l'idée de le savoir là-bas. Mais tout ça donne l'impression qu'il a pitié de l'alpha, même dans sa tête, alors il acquiesce. « Ouais, c'est tout. »

Derek secoue la tête. « Tu mens. Mais je ne peux pas dire pourquoi. »

Stiles hausse les épaules. « Peut-être que j'aime juste t'avoir ici, parce que quand les choses vont mal, je peux faire appel à mon loup-garou ? »

« Ton loup-garou ? » Derek recule, définitivement la mauvaise direction.

« Tu vois, je savais que ça n'allait pas te plaire. » Stiles tend la main et attrape le poignet droit de Derek. « Viens au lit, Derek. Arrête de t'inquiéter autant. »

L'expression de Derek s'est adoucie, juste un petit peu, autour de sa bouche. Si Stiles n'avait pas passé son temps à l'étudier pendant les derniers mois, il ne l'aurait pas vu, mais il connait suffisamment Derek pour savoir que sa personnalité cache beaucoup plus que de l'aigreur.

Stiles tire son poignet jusqu'à ce que Derek le suive jusqu'au lit. Stiles éteint la lumière et Derek enlève ses chaussures, monte dans le lit après Stiles. Il laisse Stiles continuer à lui tenir le bras, et cette fois-ci, Stiles s'assoupit en premier. Quand il se réveille au milieu de la nuit, il est blotti contre Derek, la respiration du loup-garou dans le bas de sa nuque.

Derek doit sentir qu'il est réveillé, parce qu'il commence à relâcher sa main enfermée dans celle de Stiles, mais Stiles s'y cramponne, ses ongles enfoncés dans sa peau, encore. « Attends, » murmure Stiles, parlant doucement dans l'obscurité. « J'ai répondu à tes questions, tout à l'heure. Tu répondras aux miennes ? »

« Tu ne m'as rien dit, » l'accuse Derek. Stiles lâche la main de Derek, et se retourne pour être en face de lui. Il ne voit rien dans le noir, mais Derek peut le voir, et il est plutôt sur qu'il veut que Derek le voit. Il veut que Derek le croie.

« Non, » reconnait Stiles. « Mais je t'en ai dit plus que toi. »

« Bien. »

Stiles attrape à nouveau sa main. Il enroule ses doigts autour des siens, et une fois qu'il est parfaitement sur que Derek ne roulera pas sur le côté pour se dégager, il demande. « Pourquoi viens-tu ici ? »

« Parce que je peux dormir ici. »

« Pourquoi peux-tu dormir ici ? » Stiles essaye de cacher son exaspération. Derek le sent sans doute, de toute façon, si l'exaspération a une odeur. Ça sent surement comme un chiot pour Derek, ou quelque chose comme ça.

« Je ne sais pas. C'est juste… être près de toi me calme. »

Stiles prend un moment pour digérer ça. « Alors si je commençais à passer mes nuits avec la meute dans la station de métro ? »

« Je dormirais surement là-bas. »

« Huh. » Stiles compte les respirations de Derek. Après qu'il ait exhalé huit fois, il demande, « Alors tu ne me détestes pas ? »

« On n'en a pas fini avec ça ? » Derek tire leurs mains liées vers lui, si bien que Stiles est forcé de se rapprocher de Derek, ou de retirer sa main, ce qu'il ne veut absolument pas. « Je ne te déteste pas. Je te trouve déroutant, légèrement crétin, et extrêmement humain. »

« Et tu m'aimes bien ? » s'empresse Stiles. Derek grogne contre ses lèvres. Leurs bouches ne sont plus séparées que de quelques centimètres. Stiles aimerait pouvoir voir l'expression dans les yeux de Derek, mais s'il pouvait, son cœur arrêterait surement de battre, et il mourrait, sans avoir été embrassé par Derek Hale. Parce que cette conversation prend la direction d'un baiser.

« Je ne te comprends pas, » murmure Derek. Ses lèvres bougent contre celles de Stiles, juste un léger frôlement entre deux peaux sensibles.

« Moi non plus, » admet Stiles. « Mais je pense que tu veux m'embrasser. »

Et Derek l'embrasse. C'est doux, rapide, et beaucoup plus chaste que ce que Stiles avait pu imaginer comme baiser. Mais ensuite, il pousse en avant, et les lèvres de Derek s'ouvrent contre les siennes, et le baiser devient affamé, furieux et sombre comme de la réglisse et Stiles soupire quand Derek abandonne sa bouche pour venir sur son cou juste au dessus du col de son tee-shirt.

« Alors, c'est différent, » dit Stiles. « Est-ce qu'on sort, genre, ensemble, maintenant ? »

La bouche de Derek est trop occupée pour lui répondre, alors il n'obtient pas de réponse, mais il pense que ce n'est surement pas un problème pour l'heure. Sa bouche peut bien être occupée.

:::

Scott amène des renforts. Lui et Danny coincent Stiles contre son casier et le fixent. Enfin, Scott le fixe. Danny a l'air poliment confus, les bras croisés.

« Quoi ? » demande Stiles en baillant. Il a utilisé deux savons entiers dans la douche ce matin, ce qui lui parait peut-être un peu exagéré. Mais, plus tôt, Derek avait attrapé sa main, mordillé le bout de son index et lui avait dit « Tu décides de ce que ça veut dire », et apparemment Stiles avait pensé que ça voulait dire : utiliser tout le savon dans sa douche.

« Scott dit que tu es impliqué dans quelque chose et il n'est pas sur que tu es conscient de ce que ce quelque chose est et il veut que je te pose les questions embarrassantes parce qu'il n'est pas sur de savoir se débrouiller tout seul, » dit Danny. Scott grimace.

« Sérieusement ? » Stiles regarde Danny, puis Scott, puis à nouveau Danny. « Tu ne peux pas juste me demander toi-même ? »

« Est-ce qu'il te traite bien ? » demande Danny. Scott le regarde. « Quoi ? C'est ce que me demandent toujours mes amis. »

« Ca ne fait rien s'il te traite bien ou pas, » dit Scott. « Ca ne peut pas arriver. »

« Ouah, c'est sévère. » Danny regarde Scott. « Je veux dire, j'admets que je ne comprends pas tout ce qui se passe ici, mais si Stiles a trouvé quelqu'un qu'il aime bien, alors ce n'est pas juste de t'interposer, McCall. »

« Il a vingt-trois ans. » dit Scott.

« Et Stiles en a bien dix-sept. Mieux que n'importe quel gars qu'il pourrait rencontrer dans un des bars de la ville. » Danny se retourne, pour se placer à côté de Stiles, en face de Scott. « Je pense que le problème, c'est toi. »

« Il ne se passe rien, » essaye Stiles. « Allez, Scott, je te l'ai déjà dit. »

« Um, Stiles. » Scott tend la main, tire sur le col de sa chemise boutonnée jusqu'en haut - qu'il porte de cette manière intentionnellement - et presse son pouce contre le bleu rouge et sombre sur sa clavicule. « Je pense que tu dois un peu plus travailler tes mensonges. »

« Putain. » La main de Stiles vole jusqu'à sa nuque. « Scott, ça s'est juste passé, » commence-t-il.

Danny les regarde tous les deux, lève les mains en l'air. « Désolé, les gars. Je pense que j'arrête là. Mais, sérieusement, McCall. Tu dois te détendre, si c'est juste à propos de l'âge ou du mec. Ce n'est pas cool. »

« Ca ne l'est pas, » grogne Scott alors que Danny s'enfuit. « C'est à propos de l'alpha, » grogne-t-il, en se tournant vers Stiles.

« La meute n'est pas assez forte pour s'occuper de vos disputes. »

« Comment sais-tu qu'on va se disputer ? » demande Stiles, reboutonnant les deux derniers boutons de sa chemise afin que le col fasse son travail et cache le suçon à la vue de tout le monde. Apparemment, Derek avait voulu dire que c'était sa décision dans un sens métaphorique. Il avait déjà décidé dans le sens physique.

« Parce que c'est Derek. Tout ce qu'il fait, c'est combattre. »

« Pas avec moi, » dit Stiles. « Scott, il se passe quelque chose. Je pense. Je veux dire, ça a juste commencé, la nuit dernière. Mais je pense qu'il se passe quelque chose. Alors peux-tu juste.. l'accepter ? »

« Pourquoi tu n'as pu succomber à Isaac ? » Scott se détourne de lui.

« Scott, » hésite Stiles, avant d'attraper son poignet. « Il me calme. »

Scott le regarde. « Ce n'est pas logique. » Il secoue la tête. « Pas du tout. »

« Est-ce que quoi que ce soit fait sens en ce moment ? » demande Stiles. Ils commencent à marcher vers leur salle de classe. Scott fait un bruit qui donne l'impression à Stiles qu'il renonce.

« Tu es sur ? » demande Scott. « Parce que ça pourrait tout faire foirer, comme Allison et moi. »

« Ce n'est pas pareil, » proteste Stiles. « Pas encore. »

« Okay, » concède Scott. « Okay. » Il hoche la tête et secoue les épaules de Stiles. « Okay, » il répète.

:::

Cet après-midi là, Chris Argent achète à Stiles un café. Stiles a décidé de rater le bus pour s'acheter un café bien mérité, et il regrette sa décision dès qu'il voit Chris dans la file d'attente au Starbucks, près du lycée. Mais il est trop tard pour s'enfuir, et Chris le bloque avec un sourire.

« Tu t'assois ? » suggère Chris, indiquant une des petites tables près de la fenêtre.

« Je dois vraiment y aller. Mon père va s'inquiéter. » Stiles tient son café et ordonne à sa main de ne pas trembler. « Mais merci pour le café, c'est gentil. »

« Assieds-toi. » Chris attrape son avant-bras et le pousse vers la table.

« Okay. » Stiles s'assoit.

« J'ai quelques questions. »

« Isaac vous a-t il envoyé les plans ? » Stiles avait reçu les délimitations des frontières et les groupes qui iraient patrouiller pendant l'après-midi. Isaac lui avait dit qu'il les transmettrait à Chris.

« Oui. Mais je suis confus parce que nous ne sommes pas dedans. »

« Ben, on ne pouvait pas vraiment vous inclure, comme Peter a aidé à dessiner la carte. Mais je pense qu'un des groupes sera remplacé par vos hommes. Nous aurons plus de temps pour nous reposer. Derek devrait nous le dire, et nous vous enverrons un message. »

« Okay. » Chris regarde le couvercle en plastique de son verre de café. « Je voulais aussi vous prévenir que dix nouveaux chasseurs vont arriver en ville jeudi. Ils sont au courant que nous sommes alliés à une meute de loups, mais certains peuvent être un peu…sanguins. »

« Vraiment ? Des chasseurs sanguins ? Quel choc. » Stiles ne prend même pas la peine de cacher son amertume. « Où est-ce qu'ils logent ? Chez vous ? »

« Non. » Chris secoue la tête. « Allison ne serait pas contente, et pour être honnête, moi non plus. Ils seront au Hampton Inn, près du marché, du côté de la ville le plus éloigné de la maison Hale. »

« C'est intelligent, » admet Stiles. « Les amener là-bas. Nous allons rarement si loin. »

Chris le regarde. « Pourquoi est-ce que tu t'inclues dans la meute si facilement ? »

« Parce que j'en fais partie, » dit Stiles. « C'est tout. »

« Mais tu n'as pas été mordu. »

« Non, et je ne le serai jamais. » La main de Stiles s'attarde sur la marque que Derek lui a laissée la nuit dernière, mais Chris ne quitte pas son visage des yeux. « Je reste humain. »

« Un humain dans une meute. C'est un peu bizarre. »

« Ce n'est pas comme si j'étais le seul, » réplique Stiles d'un ton sec.

« Ce n'est pas le cas d'Allison, » dit Chris, et sa phrase sonne comme une question et ça, c'est exactement la raison pour laquelle il voulait ne pas lui parler. Evidemment.

« Evidemment, non. » s'empresse Stiles. Il faut vraiment que Derek ou quelqu'un lui apprenne à mieux mentir. « Je ne parlais pas d'elle. »

« De qui parlais-tu, alors ? » le presse Chris, et Stiles attrape son café.

« Ce n'est pas parce que nous sommes alliés maintenant que vous devez tout savoir sur la meute. Merci pour le café. » Stiles se lève, et Chris lui sourit. Il a l'air inoffensif. Mais bon, comme son père. Il y a beaucoup trop de complots dans cette ville, et pas assez d'honnêteté.

« J'aimerais qu'Allison soit tombée amoureuse de toi, à la place de Scott, » dit Chris. Stiles lui tourne le dos. Il se fige et le regarde par-dessus son épaule, les yeux plissés. « Tu aurais fait un bon chasseur, Stiles. »

Stiles se tourne complètement et se penche vers Chris. Il garde une voix basse. « Allison ne serait jamais tombée amoureuse de moi. Elle aime un loup. » Chris ferme les yeux pendant un bref instant. « Et même si je l'avais rencontrée avant que Scott ne soit mordu, je n'aurais jamais été un chasseur. Parce que ce que vous faites est une putain d'erreur. » Il crache les mots et se retourne. Il entend la respiration tremblante de Chris derrière lui, mais Stiles continue à marcher vers la porte, passant devant un des adjoints de son père. L'adjoint lève le bras. Stiles fait semblant de ne pas l'avoir vu.

:::

« Steven m'a dit qu'il t'a vu prendre un café avec Chris Argent aujourd'hui. » Le père de Stiles s'assoit à sa place habituelle, où Stiles a déjà posé une assiette de salade et de poulet, et fixe son verre d'eau plutôt que son fils.

« J'ai pris un café en rentrant. Le père d'Allison était là. » Stiles s'assoit en face de son père at attrape sa fourchette. Il commence à manger, espérant que s'il a la bouche pleine, son père arrêtera de lui parler.

« Je ne savais pas que tu connaissais le père d'Allison. »

Stiles hausse les épaules. « En quelque sorte. »

« Steven m'a dit que vous aviez l'air d'avoir une conversation plutôt houleuse. »

Stiles pense que ce n'est pas juste son père a des espions partout en ville. « Ouais, non. Il avait juste quelques questions sur l'emploi du temps à l'école. Apparemment, Allison ne lui parle pas. »

« Vraiment ? Steven m'a dit qu'on avait l'impression que tu le menaçais. »

Il s'étrangle avec une feuille de laitue, sifflant en toussant. « Dans quel monde, » demande-t-il, quand il peut à nouveau parler, « est-ce que moi, je menacerais un adulte ? Dans quel monde est-ce que je menacerais quiconque ? »

Son père rit, mais c'est un rire amer. « Oh, Stiles, » soupire-t-il. « Oh, gamin. Dans quel monde enchainerais-tu un camarde de classe à l'arrière d'une voiture de police et me dirais-tu que c'est une blague ? Dans quel monde rentrerais-tu couvert de bleus régulièrement ? Dans quel monde laisserais-tu la fille que tu prétends aimer seule dans un champ alors qu'elle vient de se faire attaquer par un malade ? Menacer Chris Argent… je suis désolé de te dire que ça ne me surprendrait pas au final. »

Et c'est terrible. C'est horrible. Stiles tremble tellement qu'il peut à peine respirer. Il ne voit plus rien, tout est blanc autour de lui et l'air est vraiment dur, vraiment très épais, alors qu'il essaye de respirer. Il entend son cœur battre, lourd et rapide. Il entend son père, répéter son nom, l'air paniqué, derrière les bruits de son cœur, et il sent ses mains sur ses épaules, qui le secouent.

« Je suis tellement désolé, » parvient-il à dire entre deux halètements. « Je n'ai jamais voulu… Je suis désolé. »

« Stiles, Stiles, Stiles, » continue à dire son père. Stiles se force à respirer normalement et son cœur bat encore fort alors que son père l'entraine dans une étreinte puissante.

Ils restent comme ça pendant un long moment, son père le tenant dans ses bras, alors qu'il reprend sa respiration. Quand son père le lâche, Stiles pose les coudes sur la table et enfouit la tête dans ses mains. Il garde les yeux fermés. Son père tourne autour de la table et dit finalement « Je suis désolé de m'y être pris comme ça. Quelque chose doit changer, mais je n'avais pas besoin de sortir tout ça de cette manière. »

Stiles hoche la tête dans ses mains. Derek lui a dit qu'il pouvait lui dire. Mais comment est-il supposé le faire. Hey papa, pendant tout ce temps, je t'ai protégé pour t'empêcher de découvrir que tous les contes de fées horribles sont vrais ? Ca ne marchera pas. Il a besoin que Scott soit là, avec lui, mais ensuite son père regardera Scott comme un monstre et il en a marre que les gens soient rabaissés à cause de leur apparence.

« Alors, nous devons parler. Vraiment en parler, » dit son père. « Tu ne peux pas m'éviter pour toujours. Mais j'ai le sentiment que tu ne le feras pas. Alors nous laisserons ça comme ça pour le moment. D'accord ? »

Stiles soupire. « D'accord, » accepte-t-il, parlant dans ses mains.

« Mais est-ce que tu peux au moins me dire ce que tu as dit à Chris Argent aujourd'hui ? » Son père retourne s'assoir, et Stiles repense à sa conversation avec le chasseur. Sa dernière remarque aurait pu passer pour un compliment, si on considère que c'en est un quand le père d'un ami te dit que tu ferais du bon travail en tuant ton meilleur ami, ton petit-ami ( ?) et trois sur cinq de tes autres amis (parce que Jackson ne compte pas). Evidemment, Stiles n'est pas vraiment fan de ce genre de compliment. Il imagine que son père ne le serait pas non plus.

« Il m'a dit que je ferais un bon joueur de football. Je lui ai dit que j'étais trop obsédé par la crosse pour l'envisager. » Métaphore sportive. Les métaphores sportives sont bien, même si son père n'est pas très porté sur les métaphores.

« Vraiment ? C'est tout ? » Son père a l'air dubitatif, probablement à raison. Stiles a du passer pour un malade, à chuchoter au visage du père de son amie comme il l'a fait. Un sérieux manque de préméditation, mais Chris argent l'avait vraiment trop énervé.

« C'est tout. » Stiles sourit. « Tu sais que je suis passionné par la crosse. »

« Hmmm. » son père secoue la tête puis soupire, encore. « Oh, Stiles, » Il se lève, et amène son assiette dans l'évier, puis sur le chemin des escaliers, il secoue l'épaule de Stiles. « Je te verrai demain, fils. Et un jour, il faudra qu'on s'assoit et qu'on ait une conversation sur l'honnêteté, et sur le fait que tu devrais probablement réapprendre à dire la vérité. »

Dès que son père est sorti de la pièce, il sort son téléphone et envoie un texto à Scott, C'est un cauchemar, tout ça, hein ? Les loup-garous n'existent pas, et encore moins des choses comme des chasseurs, et je vais me réveiller demain, et le soleil brillera, et je serai un remplaçant dans l'équipe de crosse et rien de plus ?

Il ajoute presque, Et ma mère sera encore en vie ? Parce que le monde va mal depuis bien avant que loup-garous apparaissent. Mais il n'est pas sur qu'il pourrait supporter le rappel visuel de sa mort dans un texto. Et ce n'est pas juste de mettre tout ça sur le dos de Scott, pas du tout.

Il ne reçoit pas de réponse, mais quand il s'apprête à aller au lit, Scott apparait à sa fenêtre, escaladant et atterrissant sur le sol avec une grâce naturelle. « Stiles. » Il a l'air fatigué, triste, et absolument pas comme le Scott qui s'assoit en cercle avec les loup-garous et complote contre les alphas. Il a plutôt l'air du Scott qui était à ses côtés à l'enterrement de sa mère, un Scott qui avait le cœur brisé. Un Scott vide. « Qu'est-ce qui ne va pas ? »

Stiles secoue la tête. « Mon père. Je ne peux pas lui dire, Derek me dit que je peux lui dire, mais comment je pourrais lui dire ? »

« Du calme. Est-il plus heureux en ne le sachant pas ? »

« Je ne sais pas. Je ne sais pas, putain. Est-ce que ta mère était plus heureuse en ne le sachant pas ? »

« Au début, ouais, je pense. » Scott s'assoit sur le rebord de la fenêtre. « Mais après, quand elle a surmonté le choc de tout ça, elle est revenue vers moi et c'est vraiment, vraiment bien qu'elle le sache, maintenant. Pour moi, je veux dire, c'est bien. Elle fait attention à nous, aussi. »

« C'est juste que je ne sais pas comment mon père le prendrait. Comme s'il ne l'acceptera pas à moins d'avoir une preuve concrète, et même là, ça prendra du temps, et quand il aura accepté, toute sa carrière sera réécrite tu sais ? Et c'est dans sa carrière qu'il trouve sa stabilité ces jours-ci et je … comment je pourrais tout ébranler ? »

« Mais ça te dévore, de lui cacher. Ce n'est pas bon pour toi. Et ce n'est pas bon pour lui que tu continues à lui mentir. Alors ce ne serait pas mieux s'il savait ? »

« Seigneur, je ne sais pas. Il faut choisir entre la moins pire des deux situations, mais je ne peux pas deviner ce qui est le moins pire. »

Scott tend la main et secoue l'épaule de Stiles. « Je pense que tu sauras quand le temps sera venu. Ou quand Derek sera transformé et que ton père tombera sur lui en mode alpha. Ou sur moi, en mode poilu. Tu sais, il y a beaucoup d'occasions pour lui de le découvrir. Peut-être que le fait qu'il n'a pas encore deviné signifie quelque chose. En attendant, si tu as besoin d'espace, tu peux toujours venir chez moi. Ma mère s'inquiète pour toi. »

Stiles essaye de sourire, mais cela ressemble plutôt à une grimace. « Merci, mec. Je pense que je préfèrerais qu'il tombe sur toi que sur Derek. La forme alpha est un peu étrange. »

« Un peu. En parlant de ça, je lui envoyé un texto en venant ici, alors il devrait bientôt passer. Tu veux le voir ? »

Stiles acquiesce et attrape sa nuque. « Ouais, évidemment. Je t'ai juste envoyé un texto avant parce que… »

« Parce que je suis Scott et ton père est la troisième personne que je préfère au monde. »

Stiles penche la tête. « Après ta mère et Allison ? Trop mignon, Scott. Il sera enchanté de l'entendre. »

« Après ma mère et toi, idiot. Je pense que j'entends Derek. On se voit plus tard. » Il se tourne vers la fenêtre et ajoute « Ca ira, Stiles. » Il aimerait bien pouvoir le croire.

Derek apparait quelques minutes plus tard. « Scott m'a envoyé un message. »

Stiles s'assoit sur son bureau, les genoux ramenés sous son menton. La page Wikipedia sur les loup-garous est ouverte sur son ordinateur.

« J'ai eu une légère crise de panique, » explique Stiles, « impliquant mon père et le fait que c'est de plus en plus difficile de lui mentir tous les jours, et qu'il me fait de moins en moins confiance, et qu'apparemment, je ne peux plus dire la vérité. Parce que j'ai essayé et j'ai encore plus paniqué. »

Derek pose une main sur l'épaule de Stiles et exerce une pression. « Je suis désolé, » dit-il, et il a l'air sincère, ce qui est vraiment bizarre.

« Ce n'est pas ta faute. C'est moi qui n'ai jamais réussi à penser à des bons mensonges quand c'était important. Maintenant, évidemment, c'est trop tard. »

Derek garde sa main sur son épaule, son pouce caressant son omoplate. « Qu'est-ce que tu fais ? »

« J'essaye de trouver un moyen d'expliquer tout ça à mon père. Je pensais que si je rassemblais assez de preuves historiques pour attester de l'existence des loups-garous, il ne flipperait pas trop ? Mais j'aurais du le savoir, toutes les preuves historiques sont des conneries. Alors ça n'aide pas. » Il hausse les épaules, enlève la main de Derek et se lève pour lui faire face. « Désolé. Ce soir ce n'est juste pas vraiment…le moment. »

« Je sais. » Derek tend la main et prend en coupe la nuque de Stiles. « Ecoute, si c'est trop compliqué… »

« Rien n'est trop compliqué. C'est juste que rien n'est facile, non plus. Ce serait tellement bien si quelque chose était facile. »

Derek plisse les yeux, ses sourcils baissés pendant une fraction de seconde. Puis il se penche et attrape les lèvres de Stiles avec les siennes, l'embrassant longuement et profondément, et d'une manière telle que Stiles pourrait s'y noyer sans problème. Quand ils se séparent, les lèvres humides, Derek dit, d'un ton incroyablement différent. « Pour moi, ça me semble facile, ça. »

« Ouais, » soupire Stiles, en se penchant pour appuyer son front contre l'épaule de Derek. Derek l'enveloppe de ses bras et le serre contre lui, une main se glissant en dessous de son tee-shirt pour dessiner des motifs dans son dos. « C'est bon. C'est facile. »

Derek fait une sorte de ronronnement satisfait. Stiles espère qu'il ne le laissera plus jamais partir.


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A bientôt.