La vie continue au sanctuaire.
Tout le monde a applaudi quand Marine a présenté son fils à la chevalerie. On prit vite l'habitude de voir un bébé jouer derrière le Pope.
Cela faisait presque un an quand une énorme boule de feu atterrit dans l'arène centrale. Après la poussière retombée, on aperçoit une dizaine de corps par terre.
Un grognement s'élève: - Oh putain! J'ai un mal de crâne! Pire qu'une gueule de bois. Eh Milo? On a fait quoi hier? Ça dû être une sacrée cuite, parce que je me rappelle rien
- La ferme la descente de lit! J'ai sommeil
- Mais pourquoi on est tous à poil? -Il regarde autour de lui - Et en plein milieu de l'arène! Les gars bougez-vous!
En effet, les interpellés se réveillent et constatent avec plus ou moins d'horreur la situation.
Jabu et ses compagnons se rapprochent, ahuris. Puis ce sont les embrassades…
- Euh… vous pourriez pas nous apporter des fringues? -réclame le jeune sagittaire.
- Aioros! Putain mon frangin! T'es vivant!
Le lion ne se tient plus de joie et enlace avec force son frère retrouvé.
- Euh Aiolia… je suis content moi aussi… mais on nous regarde … et on est nus - - rajoute tout bas le héros.
- Quoi c'est ça qui te gêne? Ne me dis pas que t'es plus pudique qu'une fillette de 13 ans! On a des corps de rêves, je vois pas pourquoi on les cacherait, hein Milo?
- Ouais ouais, calme-toi quand même, le chat de gouttière! Tu fais rougir ton petit frangin
En se retournant, Aiolia réalisa qu'effectivement, son frère était plus petit que lui, et … plus jeune aussi. Il avait bien ressuscité aussi comme eux, mais dans un corps de 15 ans! Alors que lui avait dépassé la vingtaine! Avec tous ces regards sur lui, en plus d'être aussi nu qu'à sa naissance, Aioros était plus rouge qu'une tomate confite. Heureusement des apprentis leur apportèrent des fringues, au grand dam d'Aldébaran qui grogna que rien n'était à sa taille! Il dût mettre sur lui un drap, imitant une toge grossière: ça tiendrait bien jusqu'à son temple.
La troupe avance gentiment vers les temples, interrompue fréquemment par des retrouvailles, les explications et récits qui en découlent. Le jeune Kiki gambadait comme un cabri, fier d'avoir retrouvé son ancien maître. Pas qu'il n'aimait pas Shiryu mais enfin c'était pas pareil.
- Allons jusqu'au 5ème temple: le Pope nous y attendra
- Le Pope? Vous avez élu un nouveau Pope?
- Ben oui fallait bien! Avec tout le boulot à faire ici. Regarde Mü: l'entrée de ton temple a été dégagé et refait. Par contre Shaka, le tien est en pleine reconstruction. Il n'est pas encore habitable
- Mais le Pope décidera des logements
Aiolia serrait tellement son frère que celui-ci ne touchait pas le sol:
- Lâche-moi deux minutes, p'tit frère! Ça serait con que je meure une seconde fois, par asphyxie!
Ce fut quand Shaina le dépassa dans la montée, que Aiolia réalisa quelque chose. Il l'arrêta en la tirant par le bras:
- Shaina! Où est Marine?
- Du calme! Elle est là-haut! … Et interdiction de lui sauter dessus, tu m'entends! - lui répondit-elle à deux centimètres du visage.
...'-Arrivés au temple du lion'
- Bienvenus parmi nous chevaliers
- Salut Marine. Tu es bien solennelle dis donc -répond Milo.
Mü le prit par le bras: - Milo, surveille ton langage et genou à terre devant ton Pope
- Pardon?
- Ça ne se voit pas que Marine porte désormais la dignité du Pope?
Mü se baissa devant Marine, debout devant le 5ème temple, habillée d'une longue tunique noire à dorures. Firent aussitôt de même Shaka et Camus, puis les autres suivirent. Mü tirant Milo pour qu'il s'abaisse aussi. Seul Aiolia resta debout mais par surprise plus qu'irrévérence.
Milo hasarda à son bronze voisin: - C'est vrai? Marine est le nouveau Pope?
- Oui. Nous l'avons choisie avec la satisfaction d'Athéna
- Wahooo! Après un timbré, une gonzesse sur le trône, on aura tout vu! Mais aïe! -Il venait de se pendre une taloche sur le crâne par Ikki, dont le regard noir l'obligea au silence et à se renfrogner, en murmurant:
- Ce que j'en disais moi! Ça ne me dérange pas plus que ça, elle sera plus sympa à mater que ce croûton de Sion
Aiolia s'avança vers elle, sans cesser de la regarder hypnotisé et un sourire ravi au visage.
- Ces ronds de jambes sont ridicules, c'est pas Marine qui prendra la grosse tête, elle ne changera jamais
Arrivé à sa hauteur, il s'arrêta et son sourire disparut: - En fait si, je vois que tu as changé
Il posa sa main sur sa joue qu'il caressa du pouce: - Tu es devenue plus magnifique qu'avant
Il se pencha et l'embrassa devant toute l'assemblée. Un baiser tendre et lent, mais qui promettait bien plus bientôt. Marine, surprise, émue ne répliqua pas, les yeux voilés de larmes. Aiolia s'accroupit à ses pieds.
- Alors permets-moi Grand Pope d'être le premier à te prêter allégeance, au nom de la Déesse. Je jure de t'obéir en tout, absolument tout, d'être à ton service et de te donner ma vie si cela t'es nécessaire. Puis permets-moi aussi, mon Maître, de m'accorder la main de la seule femme qui a su faire battre mon cœur
- Aiolia… - Marine avait les larmes qui coulaient. Vraiment cela ne se faisait pas, pour un Pope de pleurer, devant ses hommes en plus. Mais le revoir là, vivant, et à ses pieds, et en train de la demander en mariage! Elle ne pouvait pas se retenir.
Avant qu'elle ne puisse y répondre, un bruit lourd se fit entendre dans le temple. En un bond Aiolia est debout et se précipite vers le lieu incriminé:
- Reste derrière moi! Il y a quelqu'un dans le temple
- Attends Aiolia! Ne sois pas…
Quelqu'un des Ors le suivirent mais tous s'arrêtent nets: devant eux, un bébé assis parterre en train de taper des cailloux sur le sol, et balbutiant des mots incompréhensibles. Profitant de leur immobilisation, Ikki les dépassa et prit le bébé dans les bras.
- Mais… d'où il sort ce bébé, qu'est-ce qu'il fait dans mon temple? -demande Aiolia.
Avant que qui que ce soit ne réplique, le cancer se met à rire:
- Ahahah, ça se voit comme le nez sur la figure! Pas vrai vous autres?
L'italien force Ikki à se retourner pour que chacun puisse bien voir le visage de l'enfant. Aussitôt des murmures se répandent:
- En effet, y a pas photo!
- C'est dingue ça, regarde-les…
Aiolia reste interdit: - Mais de quoi vous parlez? Qu'est-ce que vous voyez de plus que moi, à part un bébé?
Masque de Mort continue: - Ce sont les cordonniers les plus mal chaussés, c'est bien connu! Aioros viens par là! Ton frangin, c'est pas toujours une flèche, lui, hinhin - Heureux de son jeu de mots, il pose le sagittaire à côté d'Ikki.
- Alors ça fait tilt ou pas?
- Bon ça va! J'en ai marre de toutes vos singeries - grogne Ikki, qui cherche à se sauver.
- Un instant Ikki! Il va bien finir par piger quand même!
Mais Aiolia s'enlise. De voir tous les autres pendus à sa bouche l'énerve et l'empêche de réfléchir correctement. Il voit bien une ressemblance du bébé avec son frère, mais c'est justement ça qui l'abrutit. Son frère ne peut pas avoir fait un bébé! Il vient juste de ressusciter après 14 ans! Et son frère était la droiture incarnée, sûrement que jamais il n'avait engrossé quiconque. Et même vu sa réaction à leurs tenues à l'arrivée, il était peut-être, certainement, encore puceau.
- C'est quoi ce jeu? Vous m'agacez tous à la fin!
- Bon ça suffit! Cet enfant n'est pas une attraction! - Marine hausse le ton - Ikki, tu veux le ramener dans sa chambre?
Ikki s'exécute et part avec l'objet des racontars. Marine reprend son discours:
- Nous sommes follement heureux de vous revoir tous ici. Malheureusement, les temples suivants ne sont pas en état de vous recevoir. Nous avons privilégié la reconstruction plutôt que l'entretien régulier. Jabu, réquisitionne des apprentis pour nettoyer les temples supérieurs. En attendant, les chevaliers seront accueillis dans les cinq premiers. C'est l'affaire de quelques jours. Shaka, ton temple n'étant pas encore habitable, je te propose d'être hébergé chez le bélier, où loge déjà Shiryu. En effet vos compagnons de bronze ont été chargés de surveiller vos maisons en votre absence. Je vous demande de partager en attendant la réorganisation. Aldébaran, accepte-tu les chevaliers Camus et Milo dans ton temple où loge déjà Hyoga? Aphrodite, Shura, je vous propose le 4ème temple si le cancer vous y accepte. Vous devrez partager avec Ikki
- Quoi? Le phénix s'est installé chez moi?
- En effet. Ça ne te pose pas de problème j'espère?
- Ben non, mais je pensais pas que quelqu'un en aurait le cran!
- Tant qu'à toi Aioros, la maison du lion t'est évidemment ouverte et, je dois dire que tous ici sommes plus que fiers de faire ta connaissance
- Euh merci, moi aussi… je …je…
Aioros, ainsi mis sur les feux de la rampe se réveilla pataud et timide. Et ne sachant pas trop quoi dire devant cette jolie femme, sa désormais supérieure et s'il avait bien compris, sa future belle-sœur. Comme le sanctuaire avait changé, comment allait-il s'y retrouver?
- Nous allons vous laisser vous reposer, et organiser une réception de bienvenue pour ce soir. Natchi, tu te charges de la mise en place? Jeki, je te confie le ravitaillement. Réquisitionnez les jeunes nécessaires
- Bien Grand Pope
Tout le monde redescend les marches, sauf les habitants du 5ème.
- Marine?
- Oui Aiolia
- Je ne comprends plus rien
Marine laissa tomber son maintien de Pope pour se jeter dans ses bras.
- Il n'y a que deux choses à comprendre mon chéri. Premièrement je t'aime, et je serai très heureuse d'être ta femme. Deuxièmement j'espère que tu va bien t'entendre avec ce bébé qui joue derrière parce que c'est ton fils
- Quoi? Mon… mon fils? Non c'est impossible - réplique-t-il catégoriquement.
- Aiolia! - Elle se détache de lui. Va-t-il renier leur enfant?
- Je te jure ma douce que c'est faux. Je sais bien qui a été raconté tout cela mais c'est de la calomnie! De la jalousie!
- Mais…
- Jamais, crois-moi, jamais je ne t'ai trompée! Jamais! Surtout pas avec cette folle! Je te jure!
Marine haussa le sourcil: - Quelle folle?
- L'autre, du village. C'était elle qui me tournait autour, mais jamais je n'ai cédé à ses avances vulgaires! Je n'aime que toi! Et toujours je te serai fidèle, toujours!
- Oh Aiolia…
- Je ne m'explique pas qui est le père, mais il est impossible que ce soit moi! Je ne t'ai jamais trompé, je le jure sur mon honneur, sur tout… tiens, sur la tête de mon frère chéri, enfin retrouvé, tu sais que je ne mentirai pas sur ça et…
- Aiolia, si tu me laissais parler… Aiolia!
Il s'arrêta: - Oui mon cœur?
- Je ne sais pas comment tu fais pour tout comprendre de travers, alors je vais reformuler. Ce bébé c'est ton fils…
- Non!
- Si! Je le sais parce que c'est le mien, espèce d'andouille! Comprends-tu enfin? C'est notre enfant. Je ne le savais pas encore, mais j'étais enceinte à ton départ pour le royaume des enfers. Et comme j'ai pleuré de t'avoir perdu! Aiolia je t'aime, si tu savais à quel point
ben oui c'est cucu la praline, ça me manquait les petites romances à 4 sous, pas vous?
