Quatrième chapitre! Désolée pour ce laps de temps un peu long, mais avec les fêtes de Noël, le temps de s'en remettre, les devoirs, ect...les jours passent vite et le chapitre s'écrit lentement! n'oubliez pas, si vous trouvez des fautes ou des incohérences de m'en faire part.

Un grand merci à Emma et Siria qui ont eu la gentillesse de me laisser des reviews; je m'excuse de vous avoir fait attendre et j'espère que vous ne serez pas déçues!

Sur ce, je vous souhaite une bonne année, et une bonne lecture!

Chapitre 4: La soirée

Elle avait fait honneur à ses racines allemandes et surtout aux vieilles croyances germaniques. Vêtue d'une tunique brune, couleur d'écorce, qui se laçait dans le dos, chaussée de hautes bottes en cuir, un fin poignard glissé à sa taille, sa chevelure cascadant sur ses reins, l'ensemble reflétait la sauvagerie et la bataille. Sigrid était devenue une Walkyrie, une de ces redoutables combattantes qui « choisissent les morts » tombés au combat pour les accompagner jusqu'en Walhalla. Si la tenue pouvait choquer, c'est qu'elle ne cachait rien. La tunique courte dévoilait une longue paire de jambes fines, des bras nus recouverts de runes peintes à l'encre, et, si près du corps, elle ne faisait pas ignorer la courbe ferme de la poitrine.

Elle sourit intérieurement en voyant les réactions qu'elle provoquait. Mais elle fit mine de les ignorer, passa devant ses camarades et rejoignit Deirdre, qui l'observait, ébahie, la bouche ouverte en un cri de surprise silencieux, pas très élégamment.

« - Je suis en retard ? demanda-t-elle.

-Heu… non, non… tu, tu, tu, bégaya-t-elle, ça vient juste de vraiment commencer.

-Parfait. »

Passé l'effet de surprise, la plupart se détournèrent d'elle ; sauf une bonne partie des garçons, à qui la tenue plaisait, sans nul doute. Mais là encore, elle étonna ; au lieu de les repousser, comme elle l'avait fait jusqu'ici, elle les accueillit avec le sourire, et flirtait avec eux sans vergogne. Ce qui permit à tout le monde de remarquer qu'elle était plus jolie quand elle souriait ; une mince fossette se dessinait sur sa joue gauche.

Au bout d'un moment, elle alla chercher de quoi se rafraîchir ; elle surprit alors Jedusor, au bras d'une superbe brune, capiteuse, vêtue en … soubrette. Elle étouffa un éclat de rire dans son verre ; c'était le parfait fantasmed'une grande majorité des hommes, la bonne soumise ! Mais elle avait oublié son plumeau… En tous les cas, elle était accrochée au bras de Tom, ses yeux papillonnant et riant stupidement à la moindre de ses réflexions, jetant un regard supérieur à toutes celles qui la regardaient avec envie. Quant à son cavalier, il commençait à regretter son choix, au vu de son expression consternée, mais à la fois étrangement satisfaite. Bouffie d'orgueil et de prétention. Il leva les yeux vers elle, mais au lieu de plonger dans les deux étangs bleutés, il la détailla de la tête aux pieds et il haussa un sourcil volontairement provocateur. Quant à sa compagne, elle avait beau être singulièrement stupide, une vraie petite dinde, elle n'en remarquait pas moins certaines choses ; elle darda son regard sur Sigrid, meurtrier, qui disait clairement : « Il est à moi. A moi, à moi, alors passe ton chemin ».Sigrid mit les lèvres dans son verre, et partit, sans quoi, elle aurait tout simplement éclaté d'un rire moqueur. Bientôt, les valses s'élevèrent, et les élèves tournoyèrent. Elle admira le spectacle, le chatoiement des costumes dans la lumière tamisée, les cheveux blonds, bruns ou roux qui voletaient, nimbés de lumière. Un garçon de Poufsouffle l'invita ; malheureusement, le garçon avait plus de courage que de talenten danse! Elle eut les pieds écrasés nombre de fois, jusqu'à ce quelqu'un tape sur l'épaule du pauvre garçon.« Je te l'emprunte… » Et sans trop savoir comment, elle se retrouva à valser avec Jedusor.

« - Je ne suis pas un objet, protesta-t-elle, on ne m'emprunte pas !

-De quoi tu te plains ? rit-il. Je t'ai sauvé d'un piètre danseur. Je suis plus doué que lui, non ?

-Et tellement modeste en plus, grinça-t-elle. Mais dis moi, quand la musique se sera arrêtée, ta cavalière viendra m'arracher les yeux ?

-Probable. Ce n'est quand même pas ma faute si elle est jalouse.

-Evidemment, si tu fais tout pour …Mais en quoi es-tu déguisé ?

-Tu vas voir.»

Il lâcha sa main ; gardant l'autre autour de la taille fine, et sortit un loup de sa poche, qu'il plaça sur son visage. Elle en eut le souffle coupé ; c'était beau, mais violent. Des entrelacs rouges sur fond noir, du sang rouge vif sur une toile sombre. Ou encore le sang sur une de leurs robes d'uniformes. Elle frissonna ;

« - C'est tout ? Un simple masque ?

-Et pourquoi pas ? Le tout, c'est de dissimuler le visage et après…

-Après, tu peux faire ce que tu veux, sans que l'on te reconnaisse, c'est ça ?

-Exact. »

Tout à leur discussion, ni l'un ni l'autre ne s'était rendu compte que la mélodie s'était interrompue et ils continuaient de tourner, alors que tous les autres couples s'étaient interrompus et les contemplaient. Un immense éclat de rire les sortit de leur danse. Sigrid parut un peu perdue et hébétée. Tom, lui, égal à lui-même, conservaitson habituel airhautain.

Dieu merci, les regards ne pouvaient pas tuer, aussi sombres soient-ils, car la bonne moitié de la gente féminine lui jetait ce genre de regard.

La soirée se finit un peu après une heure du matin. Mais elle éprouvait le besoin de prendre l'air ; tandis que tous les autres se dirigeaient vers leurs dortoirs, elle empruntait un des passages qu'elle avait découvert pour se rendre au dehors.

L'air était chargé de senteurs de la nuit, herbe fraîche, humidité. Les étoiles brillaient intensément dans un ciel clair, illuminé par une lune ronde qui projetait une pâle lueur glacée sur la terre, et qui se reflétait dans le lac, tremblante. Elle glissa la main à sa ceinture, en sortit le poignard et commença à jouer avec, effleurant délicatement la lame, prenant garde à ne pas se blesser. Un bruit de pas la sortit de sa contemplation.

« -Tu l'as déjà utilisé, fillette ? »

Elle se retourna ; Jedusor était nonchalamment appuyé contre un arbre, les mains dans les poches. Le même sourire ironique aux lèvres. La même lueur un peu malsaine dans ses yeux sombres.

« - Tu as abandonné ta cavalière, Tom ? demanda-t-elle, un peu sarcastique, repensant à cette fille accroché à son bras, comme un naufragé à une bouée, l'air un peu bête des gens amoureux. A mon humble avis, elle n'escomptait pas passer la nuit seule. Tu n'as pas répondu à ses attentes ?

-Non, à vrai dire, c'est plutôt elle qui ne s'est pas montrée à la hauteur, et elle m'a fait une petite crise de jalousie. Je lui ai dit que j'allais prendre l'air et que je ne voulais qu'elle soit avec moi.

-Quelle délicatesse ! »

Il s'approcha ; elle ne recula pas, mais la méfiance se peignit sur son visage. Elle se demandait ce qu'il venait faire ici. Leurs regards se croisèrent et un bras de fer commença entre l'iris bleu vert et l'iris noir. Nul n'aurait pu dire s'il s'agissait d'un duo ou d'un duel. Toujours est-il que l'un comme l'autre ne voulait baisser les yeux. Mais finalement, Sigrid détourna les siens, trop mal à l'aise. Elle n'avait qu'une envie à présent, c'était rentrer se coucher. Un mal de tête commençait à vriller ses tempes.

« - Au fait, Haufter, simple question ; à quoi doit-on ton changement d'attitude ?

-De quoi veux-tu parler ?

-Ne me prend pas pour un idiot ! Tes minauderies, ta façon de flirter… La Reine des Glaces aurait-elle subi un dégel ?

-Très perspicace ! grommela-t-elle. En quoi cela te regarde ?

-En rien, tu me déçois, c'est tout. Je te croyais un peu plus intelligente. Mais j'ai du me tromper. Finalement, tu n'es qu'une potiche parmi tant d'autres, » lâcha-t-il, méprisant, la mettant en rage.

Le coup fut rapide ; en moins de quelques secondes, la joue de Jedusor était marquée d'une longue estafilade, et la lame du poignard s'était couverte d'un sang rouge. Il porta la main à sa blessure, un peu incrédule. Elle tourna les talons, et lui dit :

« Je ne l'avais jamais utilisé, mais je sais m'en servir ! »

Si elle avait vu le feu qui brûlait au fond des yeux de Tom, elle ne se serait pas risquée à partir ainsi. Il se jeta sur elle ; elle trébucha et ils tombèrent lourdement à terre, elle à plat ventre et lui sur son dos. Il attrapa les mains de la jeune fille qu'il ceintura et gronda à son oreille :

«-On ne t'a jamais appris à ne pas tourner le dos à tes ennemis ?

-J'ai du oublier, suffoqua-t-elle. Lâche moi !

-Et si je ne veux pas ? dit-il d'une voix calme.

-Tu t'abaisses à utiliser des méthodes moldues ? »

Il rit, et la laissa tranquille. Il se releva, s'épousseta. Elle reprit son souffle, difficilement. Il sortit sa baguette, fine et longue. Elle s'était assise. Sa gorge se serra lorsqu'elle le vit avec la baguette. Un puissant sentiment de déjà-vu l'envahit.

« - Je croyais t'avoir dit que je tolèrerai pas la moindre erreur, hurlait Lloyd.

-Je ne l'ai pas fait exprès, sanglotait-elle. S'il te plaît, ne me fait pas de mal, s'il te plaît, s'il te plaît… »

Mais c'était peine perdue ; autant s'adresser à un bloc de granit, qui même lui aurait eu le cœur plus tendre. Elle criait de douleur, des cris d'enfant. Et elle se recroquevilla sur elle-même, rabattant ses longs cheveux bruns devant son visage pour dissimuler ses larmes, qui ne pourraient qu'empirer les choses.

Elle secoua la tête pour chasser ses images ; mais Tom avait une expression bizarre ; comme s'il venait de voir les mêmes choses qu'elle. Il rangea la baguette, renonçant à sa première impulsion, celle de faire comprendre à cette fille qu'elle ne s'attaquait pas à n'importe qui. Il se baissa et ramassa le poignard ; il l'observa de plus près. Le manche était en bois sculpté, mais un bois plus dur et plus solide que celui qui poussait dans les forêts. Des runes y étaient profondément gravées, des runes celtiques. Mais parmi les dessins compliqués, on pouvait distinguer un profil de femme, aux pommettes délicates, au nez droit et fin, mais la bouche tordue en un rictus de colère, et qui tendait un bras vengeur, muni d'une épée. « Je garde cela en petit souvenir de cette soirée, lança-t-il. Et au fait… joli costume. » Elle demeura un long moment dans l'herbe, le souffle court ; elle sentait confusément qu'elle avait échappé de justesse à l'un de ses tours de passe-passe, qui aurait sans nul doute été très douloureux. Mais pourquoi avait-il renoncé au dernier instant ? Mystère.

Le château était vide ; les couloirs glacés. La grosse dame lui fit les gros yeux lorsqu'elle arriva et voulut lui faire la morale. Mais le regard de la jeune fille l'en dissuada. Un feu brûlait dans la salle commune, répandant une douce chaleur.

Elle entra sur la pointe des pieds dans la chambre, pour ne pas réveiller ses compagnes. Mais à peine eut-elle poussé la porte qu'un cri d'orfraie s'élevait :

« -Sigrid ! Mais où étais-tu ? hurlait Deirdre.

-Et avec qui, s'époumona Lisbeth. »

Jills'esclaffait ; les deux filles pressaient la troisième de questions, cette dernière regrettant visiblement d'être revenue. Elle se boucha les oreilles et cria encore plus fort que les deux autres pour couvrir leurs voix.

« Vous me laissez le temps d'arriver, oui ! Je vais me changer, on en reparle après ! » Et elle claqua la porte de la salle de bains. Le miroir lui renvoya l'image d'une jeune fille pâle, les yeux étrangement brillants, les cheveux emmêlés et avec des brins d'herbe. Elle ôta ses vêtements, caressant le cuir du bout des doigts. Elle enfila un peignoir et démêla sa chevelure, avant de la nouer en un chignon.

Les trois filles attendaient, trépignants presque. Elle se coucha dans son lit et aussitôt, elles vinrent s'asseoir sur le matelas, avides. Sigrid prit une grande inspiration :

«- Bon, allez-y, je vous écoute.

-Je commence, s'imposa Deirdre. Où tu étais ?

-Dehors, près du lac.

-Et tu étais seule ? interrogea Lisbeth.

-Oui, mentit la jeune fille, sans remords. Pourquoi, qu'est ce qui vous fait penser que j'étais avec quelqu'un ?

-Ben… autant que tu le saches… Sabine a...

-Qui est Sabine ?

-La cavalière de Jedusor. Elle a débarqué dans la salle commune, en demandant si tu y étais. Apparemment, Jedusor était sorti dehors et elle était convaincue qu'il était avec toi. Tu imagines la crise quand elle a vu que tu n'étais pas ici !

-Qu'est ce qui lui faisait penser que j'étais avec l'homme de sa vie ? s'agaça Sigrid.

-La valse, l'informa Jill. Elle a très mal pris qu'il danse avec toi.

Quelle idiote ! J'espère que vous l'avez mise dehors !

-Plutôt deux fois qu'une, ricana Lisbeth. Une Serpentard à Gryffondor, il ne faut pas qu'elle s'étonne ! Mais sans rire, à ta place, je surveillerai mes arrières.

-Elle a l'intention de me tuer ? s'enquérit la jolie brune.

-Noooooooonn ! nia Deirdre. Dans le meilleur des cas, elle se contentera de propager quelques rumeurs sur toi ; dans le pire des cas, elle se contentera de de jeter un ou deux sorts qui t'enverront à Sainte-Mangouste.

-Génial, merci, ce que tu me dis me réconforte beaucoup, soupira Sigrid.

-Je t'en prie. Mais vois le bon des choses avec cette soirée, c'est que, demain, tu auras plein de propositions, s'extasia la blonde.

-De propositions, répéta un peu bêtement l'intéressée.

-Et bien, des garçons… tu leur a complètement tourné la tête, s'amusa Jill.

-Oui, ça me dépite, ajouta Lisbeth. La prochaine fois qu'il y aura un bal dans ce genre, tu pourras me prêter ton costume ? » quémanda-t-elle, pleine d'espoir.

Le lendemain, le ciel était d'un gris mat, digne d'un mois de novembre. Dans la Grande Salle, tous les élèves semblaient sur le point de piquer du nez dans leurs assiettes. Ils n'avaient pas cours aujourd'hui et le petit déjeuner avait été décalé plus tard, mais il y avait fort à parier que la soirée, du moins pour les plus vieux, s'était poursuivie officieusement. Lisbeth donna un coup de coude à Sigrid, qui appuyait sa tête sur sa main. Elle fut déséquilibrée et vit de très près son bol de chocolat chaud.

« - Lisbeth ! Un peu de plus, et j'avais la tête dedans !

-Et alors ? Regarde Jedusor, je ne savais pas que Sabine pouvait être aussi violente, » se moqua-t-elle.

En effet, tout le monde pouvait voir l'estafilade qui courait sur le beau visage, rouge vif sur fond blanc, qui partait du bord externe de l'œil gauche et descendant jusqu'à la commissure de sa lèvre inférieure.

« -Non, ce n'est pas elle, glissa Jill.

-Comment le sais-tu ? demanda Deirdre.

-J'ai écouté deux Serpentards parler tout à l'heure ; l'un d'eux racontait à l'autre que Jedusor était rentré dans cet état. Sabine a voulu le soigner mais il l'a repoussé et lui a dit qu'elle pouvait retourner dans son dortoir parce que je cite « Il n'avait aucune intention de lui consacrer plus de temps ». Donc, ce n'est pas elle.

-Quelle galanterie, remarqua sombrement Sigrid. En plus, je suis sûre qu'elle va encore plus m'en vouloir. »

En comme pour confirmer ses paroles, l'amoureuse transie, qui se trouvait face d'elle sur sa table, lui décrocha un coup d'oeil venimeux.

Cela annonçait des réjouissances…