Bonsoir à vous chers lecteurs, j'espère que vous passez une agréable soirée/nuit ou même journée !

Je vous retrouve aujourd'hui pour le 4ème chapitre de cette fiction Harry Potter.

Je dois vous avouer qu'écrire du point de vu d'Hermione à été très très très difficile (j'insiste, vraiment) pour moi et j'espère (même si je me fais pas trop d'illusions) vraiment que ça ne se ressent pas ou peu. Je pense que ça restera mon unique tentative la concernant. xD

Ce fut difficile pour plusieurs raisons mais la principale, je dirais que c'est la peur constante de dénaturer le personnage originalement créé par J.K. Rowling. Hermione est celui que j'affectionne le plus et j'ai vraiment à cœur de respecter son caractère et je ne sais pas si j'y arrive pour être honnête. Les choses sont beaucoup plus fluides avec Lexia et je pense qu'on le ressent clairement.

J'espère toutefois que ce chapitre vous plaira tout autant que les autres, en espérant que la direction que prends cette histoire vous satisfait également. Vous pourrez d'ailleurs constater que les thèmes clés sont Family - Friendship/Romance - Hurt/Comfort - Drama/Angst.

Merci à tous de lire et suivre mon travail !

N'hésitez pas à laisser vos impressions, je vous assure que ça fait un bien fou au moral.

Bonne lecture et à bientôt pour la suite !

Amicalement,

DevilK.


Harry Potter

Hermione Granger / Lexia McGonagall

~ On The Way To Love ~

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Résumé : Hermione sait que son affection pour son amie de longue date Lexia, ne peut plus être qualifié d'amicale. Qu'elle le veuille ou non, son cœur en avait décidé ainsi et se mentir n'y changerait rien mais les choses ne sont pas toujours aussi simple. Le chemin vers le véritable bonheur ne se suit pas sans se risquer à quelques égratignures en cours de route.


Chapitre 4

This Painful Love


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Une autre journée difficile s'annonce alors que le soleil se dresse lentement dans le ciel. Je suis pourtant réveillée depuis longtemps, ou devrais-je plutôt avouer avoir à peine fermer l'œil de la nuit. J'ai bien trop de choses en tête pour trouver le sommeil. Je suis troublée, constamment irritée et de très mauvaise humeur sans aucune raisons valables, ce qui m'agace d'autant plus. Je ne comprends pas ce qu'il m'arrive et malgré moi, je ne le souhaite pas. J'ai bien trop peur de reconnaître ce que je soupçonne être né en moi et les conséquences que cela pourrait avoir. Pourtant, je ne parviens pas à contenir ces sentiments. Ils sont beaucoup trop fort et je ne peux rien faire contre eux. J'ai d'ailleurs finis par abandonné cette idée.

Je soupire, forçant mon corps à se mettre en mouvement pour m'asseoir sur le lit. Ginny dors encore mais le craquement du bois sous mon poids lorsque je me lève, la sort de son sommeil. Elle ouvre alors les yeux et me regarde.

« Hôpital ? »

Sa voix est encore enrouée. Je me sens un peu coupable de troubler son repos et lui sourit doucement à mon tour. Elle soupire mais me le rend néanmoins, d'un air entendu, avant de se recoucher. C'est probablement l'une des choses que j'apprécie le plus en ce moment. Je n'ai pas besoin de me justifier, les Weasley me laissent simplement séjourner chez eux sans me poser de questions sur mes allées et venues. Ils s'en doutent de toute façon et ne semblent pas vraiment s'en préoccuper, pour la majorité. Arthur est débordé au Ministère et n'est que très peu présent. Molly passe son temps à nous materner, encore sous le choc d'avoir faillit perdre ses enfants dans cette guerre. Le petit épisode comateux de Lexia n'a fait que renforcer ce besoin. Fred et George, bien que blessés, avaient tout de même décidés de remettre leur boutique sur pieds et l'ouvrir avant la prochaine rentrée à Poudlard. Les gens avaient besoin de leurs farces et attrapes en tout genre pour garder le sourire et continuer à avancer. Le Chemin de Traverse entièrement reconstruit, les boutiques étaient prêtes à accueillir une foule de sorcier. Bill et Fleur passaient de temps en temps même si elle ne restait jamais très longtemps pour rendre visite à sa meilleure amie. Il ne restait que Ron, Ginny et Harry pour tenir compagnie à Molly puisque je passe mon temps à l'hôpital. Quant à Charlie … il a prolongé son séjour en apprenant le coma de Lexia mais maintenant qu'elle est réveillée, son départ pour la Roumanie est imminent. Je devrais me sentir horriblement égoïste d'accaparer son temps de la sorte alors qu'elle a tant de visite depuis son éveil et pourtant, je ne ressens rien de tel. Je me contente de rester prés d'elle et ma présence ne semble pas la déranger puisqu'elle ne m'a pas encore renvoyée. Je ne pourrais probablement pas le supporter si elle en décide autrement. J'ai eu tellement peur de la perdre … que je ressens le besoin constant d'être avec elle. Je suis si fatiguée de toute ces nuits sans sommeil, hantée par des souvenirs que je préférerais oublier mais Lexia … Lexia m'offre un peu de répit. Sa présence m'apaise, elle me réconforte. C'est un luxe dont j'ai besoin et que je ne trouve nul part ailleurs, pas même avec Ron.

Je soupire en pensant à lui et prends quelques affaires avant de sortir de la chambre pour me préparer. La maison est encore calme mais je peux entendre Molly, probablement en cuisine. Je marche le plus silencieusement possible pour ne pas faire craquer le bois sous mes pas et entre dans la salle de bain. Mon reflet dans le miroir fait peur à voir, mes yeux sont rougies et j'ai d'affreuses cernes. Je dois me rendre à l'évidence, je n'arrive vraiment à trouver du repos qu'en restant à son chevet. Ce soir, je dormirais à l'hôpital.

Je me déshabille et fais couler l'eau dans la douche avant d'y entrer. C'est un peu froid au début mais l'eau ne tarde pas à se réchauffer et ça fait un bien fou. Je me prélasse, les yeux clos, et laisse mes pensées s'égarer. Je pense à elle, sans grande surprise et j'ai presque envie d'en pleurer d'exaspération. Puis je repense à Ron m'embrassant et l'énorme erreur que j'ai commise en le laissant faire. Peu importe ce que j'éprouve pour Lexia, cela ne change rien à ce que je n'éprouve pas pour Ron. Nous nous sommes embrassés dans la panique et l'adrénaline de l'instant mais je ne peux plus me mentir et faire comme si ce n'était rien. Je ne pensais pas à lui et pour être honnête, c'est la première fois que cela arrive en plusieurs semaines. Ce simple fait suffit à me conforter dans ma décision d'y mette un terme avant qu'il ne soit trop tard. Je ne peux pas faire semblant, ce ne serait pas juste. Ni pour lui, ni même pour moi.

Le cœur encore plus troublé, je m'active et sors de la salle de bain quelques minutes plus tard. Je retourne dans la chambre à pas de loup, disposant de mon linge sale en le rangeant dans mon sac en perle. Malgré moi, je ne peux refréner le tendre sourire qui se dessine sur mes lèvres. Un cadeau inattendu lors de ma troisième année, délivré par la chouette de Lexia. Je me souviens encore de l'excitation et la joie que j'avais ressenti en l'ouvrant. Ce sac en perle était vraiment magnifique avant que la guerre et notre chasse aux Horcruxes ne le malmènent. A l'intérieur, soigneusement pliée, une lettre. Même avec plusieurs centaines de kilomètres et la Manche entre nous, elle ne manquait jamais de m'écrire régulièrement. Elle me félicitait, à demi-mot et usant de phrases sous-entendus, d'avoir sauver Sirius et ne pas être étonnée par l'usage que j'avais fais du Retourneur de Temps. J'ignore encore comment mais elle semblait savoir ce qu'il se passait ici et je n'étais pas au bout de mes surprises car à la fin de cette lettre, un petit post-scriptum incompréhensible accompagné d'un simple « Je sais que tu en feras bon usage. ». Lexia aimait mettre mon intellect au défi. Un défi accepté sans hésitation qui me conduisit à la bibliothèque, au rayon des sortilèges, faisant référence à un livre en particulier et à une page tout aussi précise : celle du Sortilège d'Extension indétectable. A l'époque, je l'utilisais simplement pour transporter mes livres mais à présent, je sais qu'elle ne faisait pas forcément référence à cet usage là. Ce sac nous a sauvé la vie, plus d'une fois. J'avais beau avoir appris à la connaître, il restait néanmoins des mystères que je n'avais pas encore eu la chance de percer la concernant. Cette femme me fascine et m'intrigue depuis le premier jour. Je soupire encore, silencieusement, plus impatiente de la voir. Je suis exaspérante, vraiment.

Veillant à ce que tout soit en ordre, je fais mon lit d'un simple geste de baguette et quitte la chambre sans bruit, mon sac en perle en main. Dans la cuisine, Molly s'affaire à dresser la table en chantonnant joyeusement mais s'arrête en me voyant. Elle sourit et m'enlace, visiblement d'humeur joviale.

« Hermione, tu es déjà réveillée ma chérie ? Viens t'asseoir, j'ai préparé le petit déjeuner. »

Je la remercie et prends place, laissant mon sac un peu plus loin.

« Alors, » commence-t-elle en me servant. « j'imagine que tu compte te rendre à l'hôpital. »

J'acquiesce sans un bruit, appréciant mon repas.

« Parfait, Minerva à laisser ça en passant tôt ce matin. » m'annonce-t-elle en désignant une pile de vêtement soigneusement pliée. « Pourrais-tu les prendre avec toi ? Ce sont des vêtements pour Lexia. La pauvre n'aura certainement pas le temps d'aller lui rendre visite aujourd'hui. J'ai entendu dire qu'elle est convoquée au Ministère, sûrement pour régler les derniers détails avant l'ouverture de l'école. C'est bien connu, on sait toujours quand on y entre mais jamais quand on en sort ! »

Elle me sert un jus d'orange avant de s'essuyer les mains et reprendre sa tâche. Ce pauvre professeur McGonagall n'avait vraiment aucun répit ces dernières semaines. Entre remettre de l'ordre à Poudlard et les convocations impromptues au Ministère, cela lui laissait peu de temps pour aller voir Lexia. Malgré tout, elle n'en restait pas moins aux petits soins avec elle.

Je termine mon repas et débarrasse ma vaisselle avant de remarquer que Molly n'est plus là. Même si je m'interroge un peu, je ne m'y attarde pas et commence à laver mes couverts. Hors de question de la laisser faire mon linge et ma vaisselle alors que je peux m'en charger. C'est déjà très aimable à eux de m'offrir un toit, moi qui n'est plus domicile jusqu'à la rentrée.

Perdue dans mes pensées, je l'essuie distraitement avant de me sécher les mains. Soudain, la sensation d'un corps contre le mien me fait sursauter.

« Salut. »

Je panique et frissonne, m'extirpant brusquement de cet étreinte avant de me retourner.

« Ron. »

Ma voix tremble alors que je tente de reprendre mon calme. Il m'a prise par surprise, il sait pourtant que je n'aime pas ça. Pas depuis … Je soupire lourdement, sentant mon cœur battre frénétiquement. Tout vas bien, inutile de paniquer.

« Désolé … » sourit-il tout penaud avant de s'approcher une nouvelle fois. Je fais un pas en arrière mais suis prise au piège contre la table. Il en profite alors pour me prendre dans ses bras et essaie de m'embrasser. Je tourne la tête et sens ses lèvres sur ma joue, avant de le repousser gentiment et suffisamment loin. Son regard est interrogateur et je peux le comprendre.

« Un problème ? »

C'était le moment de mettre un terme à ses espérances et je m'en veux d'autant plus. J'ai toujours su ce que je voulais et ne ménage pas mes efforts pour l'obtenir. Malheureusement, faire évoluer notre amitié au stade suivant n'est pas ce que je désire. J'inspire profondément pour me donner un peu de courage. Il semble si heureux. Comment ai-je pu laisser une telle chose se produire ? Notre amitié y survivra-t-elle seulement ?

« Écoutes, Ron … Je suis désolé mais … Je ne peux pas. »

« Tu ne peux pas quoi ? »

Je n'ose pas le regarder et le contourne simplement. Je prends mon sac en perle et l'ouvre avant d'y ranger les vêtements de Lexia. Il semble confus, je l'entends dans sa voix, mais rit un peu, ne comprenant visiblement pas ce que je sous-entends. Il ne me facilite vraiment pas la tâche. Il le faut pourtant, je ne veux pas faire semblant. Je me retourne vers lui.

« Je ne t'aime pas de cette façon. Tu es mon ami et j'éprouve beaucoup d'affection pour toi mais … je ne suis pas amoureuse de toi. Je suis désolé. »

Le silence qui suit est très pesant. Il me regarde sans vraiment me voir, blanc comme un linge. Je m'en veux tellement de lui faire ça mais bon sang ! Je n'ai jamais voulu que ça arrive.

« Mais … Mais … ! Tu m'as embrassé ! »

Je ferme les yeux, me mordant la lèvre. Comment me sortir de cette situation ? Tout est si confus et flou dans ma mémoire. Je peine à remettre les événements dans le bon ordre mais je suis certaine de ne pas être à l'origine de cet échange.

« Non, je ne t'ai pas embrassé. Nous étions cote-à-cote et complètement paralysés, abasourdis. Nous nous sommes regardés et tu m'as embrassé sans prévenir. »

« Tu ne m'a pas repoussé que je sache ! »

« Pour l'amour du ciel, Ron, cet chose à faillit nous tuer ! Tu m'as prise par surprise, que voulais-tu que je fasse ?! Je me suis excusée avant de prendre la fuite, comment peux-tu prendre ça pour une invitation ?! »

« Je pensais juste que tu étais trop timide pour me faire face. »

« Et bien tu te trompais. Si je ne t'ai pas parler ni même approcher ces dernières semaines, c'est justement parce que je ne sais pas quoi faire. Je ne veux pas de ce genre de relation entre nous. Tu es mon ami, tu l'as toujours été. »

Il reste silencieux et je ne sais vraiment pas quoi faire pour arranger les choses. Est-ce même possible à ce stade ? Frustrée et rongée par la culpabilité, je sais qu'il n'y a plus rien à dire pour le moment. Nous avons tout les deux besoin d'espace et de temps.

« Je suis vraiment désolé Ron. »

Sans un mot de plus, ni même me retourner, je prends mon sac en perle et quitte le Terrier. Mais à peine ai-je fais un pas dehors qu'il me retient par le bras.

« Je veux bien que nous laissions cette conversation en suspends mais elle n'est certainement pas terminée. Et de toute façon, où vas-tu ? A l'hôpital ? Lexia est réveillée depuis plusieurs jours, tu n'as plus besoin de rester à son chevet. C'est une grande fille, elle n'a pas besoin d'être maternée tu sais. Laisse-la un peu respirer, elle a besoin de repos. »

Cette remarque pique le nerfs sensible. Je me dégage de son emprise et fronce les sourcils en me retournant vers lui.

« Sache que je ne trouble pas sa convalescence, elle me laisse rester. Et d'ailleurs, si tu allais la voir un peu plus souvent tu saurais qu'elle s'ennuie à mourir. Lexia est mon amie. Même si je ne la connaît pas depuis aussi longtemps que vous et que je n'ai pas grandis avec elle, je sais au moins qu'elle a les hôpitaux en horreur. Maintenant, si tu veux bien m'excuser, je dois lui apporter les vêtements que le professeur McGonagall lui a laissé. »

« Attends Hermione. »

Je sens mon calme me filer entre les doigts.

« Quoi encore ? »

« Mon frère Charlie est à l'hôpital … »

Il m'évite soudainement du regard, rougissant peu à peu.

« Il y a visiblement passé la nuit … Il part cet après-midi pour la Roumanie et semblait déterminé à … se lancer à l'eau alors … Tu ne voudrais pas les laisser, tu sais … seuls ? »

Mon corps se tends alors que j'écarquille les yeux. Il n'a jamais été subtil et je sais ce qu'il insinue. Mon cœur se met à battre plus vite, j'ai le souffle court. Depuis plusieurs jours, le même sujet revient encore et toujours sur le tapis et me faisait grincer des dents. Je refusais d'y croire et pourtant, l'inévitable allait se produire. Charlie compte faire sa demande à Lexia aujourd'hui même. Voilà pourquoi Molly semble au bord de l'extase …

« Oh … »

Je ne sais que dire d'autre, éprouvant soudainement beaucoup de difficulté à trouver mes mots. Je me sens affreusement prise de court par ses propos. Ron me parle, je le vois articuler des choses mais je n'entends pas, j'ai l'impression que mon cerveau vient d'être court-circuité. Mon esprit n'est focalisé que sur une chose. Charlie, amoureux et charmeur comme il est, venait de passer la nuit avec … L'angoisse se manifeste alors et me donne la nausée. Non … c'est impossible qu'ils aient … Jamais elle n'aurait pu … C'est ridicule ! La colère frappe aux portes de mon cœur. Il se trompe ! Je la connais assez pour savoir qu'il lui faut bien plus qu'un peu de charme et quelques mots éloquents. Lexia est une femme plus difficile que cela à séduire ! Elle n'offrirait jamais son cœur et encore moins son corps aussi facilement ! Mais je la sens se faner lentement alors que souffle le vent de l'incertitude. Qu'en sais-je au fond … ? Il reste des choses que je ne sais pas à son sujet. La première fois que je lui ai fais remarquer l'attention particulière que lui accordaient certain garçon, je n'étais qu'en première année. Elle a simplement ri, m'affirmant que je me faisais des idées et nous n'avons plus abordé le sujet. Elle est si nonchalante sur la question … comme si tomber amoureuse ne lui avait jamais traversé l'esprit. J'ai toujours pensé que pour un esprit aussi brillant que le sien, elle n'en restait pas moins sacrément aveugle mais aujourd'hui, je me demande … si elle ne prétendait pas ne rien remarquer pour une raison qui m'échappe. Il me reste encore tant à découvrir, je veux tout savoir et je n'en peux plus d'attendre qu'elle le remarque enfin.

Mon cœur se serre de savoir qu'elle m'échappe peut-être une nouvelle fois sans que je ne puisse y faire quelque chose. Combien de temps encore vais-je prétendre ne pas comprendre ce qui m'arrive quand je sais exactement pourquoi je me sens si agitée ? Lexia est mon amie depuis si longtemps, je ne veux pas la perdre mais je sais à présent que mon affection pour elle dépasse celle d'une simple amitié. Je l'aime … Je l'aime tellement et ça me terrifie mais je ne le laisserais pas me la prendre sans rien faire. J'ignore à quel moment c'est arrivé mais je suis certaine d'en être lentement tombée amoureuse. La peur du rejet, de voir du dégoût dans ses yeux si affectueux, m'avait dissuadée de prendre ces sentiments au sérieux et de passer à autre chose mais la sentir faiblir entre mes mains, à deux doigts de rendre son dernier soupire, m'avait également ouvert les yeux. La mort était en train de m'arracher la femme que j'aimais et je regrettais tellement d'avoir si souvent repoussé l'évidence. Je suis terrorisée par sa réaction. Si elle me rejetait, j'en mourrais probablement mais au moins, j'aurais essayé de lui faire parvenir mes sentiments. Je n'ai peut-être aucune chance d'être aimée en retour mais je ne peux plus supporter le stresse permanent de cette situation. Je ne lui dirais pas mais je ferais tout pour qu'elle le devine, qu'elle m'épargne le supplice d'être ainsi embarrassée et exposée si elle n'éprouvait pas la même chose.

« Hermione, est-ce que tu m'écoutes ?! »

Je sursaute, sortie de mes pensées par le ton bourru de mon ami. Je n'ai pas de temps à perdre ici.

« J-Je dois y aller. »

Je balbutie comme une idiote, reculant de quelques pas. Je suis tellement chamboulée à l'idée que Lexia et Charlie soient désormais plus que de simple amis d'enfance, que j'en baisse ma garde beaucoup trop facilement. Ron s'avance et m'attrape le bras.

« Je viens de te demander de les laisser un peu seuls. Pourquoi tiens-tu absolument à y aller de toute façon ?! Je comprends que tu sois un peu retournée parce qu'elle a bien faillit y rester mais tu es oppressante à rester constamment avec elle. Pourquoi ça te gêne tant que ça de les savoir tout les deux ?! »

Ces mots me glace littéralement le sang mais je ne dois pas perdre mon calme.

« Je ne vois pas de quoi tu parles. Ta mère m'a demandé de livrer ces vêtements à Lexia parce que le professeur McGonagall ne peut pas le faire elle-même c'est tout. »

Pour une fois, il fait preuve de perspicacité et ça ne m'enchante pas vraiment. Il fronce d'autant plus les sourcils, rougissant peu à peu de colère.

« Ne fait pas l'innocente. Tu crois vraiment que je n'ai rien vu ? Tu penses vraiment que je n'ai pas remarqué ton comportement ?! »

Je me fige soudainement alors qu'il continu son monologue.

« Lexia est ton amie, comment peux-tu lui faire une chose pareille ?! Comment peux-tu me faire ça, à moi ?! »

Il semble indigné et ses mots me percent le cœur. Je détourne le regard parce que je ne veux pas pleurer, rougissante d'avoir été démasquée si facilement. Si même lui l'a remarqué c'est que je ne suis vraiment pas discrète. Il me dit que je devrais avoir honte de moi mais je ne suis pas d'accord. En quoi tomber amoureux est une honte. Lexia est une femme, c'est vrai et je sais aussi que ce n'est pas très bien vu. Je sais également que face à Charlie, qui est un homme, je n'ai probablement aucune chance de remporter son cœur, peu importe à quel point je l'aime. Il est un homme et cela suffit amplement à m'effacer. Il pourra lui prendre la main, l'embrasser et lui dire qu'il l'aime sans que cela ne gêne personne mais moi … Qu'ai-je à lui offrir si ce n'est une vie dans l'ombre parce que peu importe le monde dans lequel nous vivons, mon amour pour elle ne sera jamais accepté. Je le sais … Je le sais mais je l'aime malgré tout. Personne ne peux comprendre ce qu'elle représente à mes yeux et c'est si douloureux d'en être tombée sous le charme … J'ai mal mais je ne peux rien dire.

« Mon frère est amoureux de Lexia. »

Je ferme les yeux et prie pour qu'il se taise. Faites qu'il se taise, je vous en pris. Je sais que je n'ai aucune chance !

« Tu n'as aucune chance alors abandonne. »

Je sens mon cœur se déchirer peu à peu. Je ne supporte plus ses mots, je ne veux plus les entendre.

« J'arrive pas à croire que tu sois tombée amoureuse de mon frère alors que tu le connais à peine ! »

Mon cœur s'arrête net alors que j'écarquille les yeux. Viens-t-il de dire que je … ?

« Excuse-moi ? »

J'articule aussi lentement que possible, indignée à mon tour. Il me regarde avec étonnement avant de pestiférer à nouveau.

« Tu sais parfaitement de quoi je parle. Depuis qu'il est arrivé, tu le regardes sans arrêt et rougis comme une adolescente. Tu refuses de le laisser seul avec Lexia parce que tu le veux pour toi, avoues ! »

Je le regarde avec incrédulité. Honnêtement … Je veux dire … Je ne sais même pas quoi dire en réalité et le silence qui pèse sur nous me met mal à l'aise. Cependant, je me sens affreusement soulagée. Certes, il a bien remarqué quelque chose mais il se trompe complètement sur la personne que je désire réellement. Il me fait perdre mon temps à me donner des frayeurs pareilles, cet idiot.

« Tu te trompes. » lui annonçais-je fermement, m'échappant habilement et transplane aussi vite que possible à l'hôpital. Le personnel est habitué à ma présence et ne fait même plus attention à moi. Je marche avec empressement dans les couloirs, sentant la peur monter en moi. L'appréhension se manifeste à son tour, à mesure que je m'approche de ma destination. Je redoute ce que je risque de trouver mais je ne peux pas m'arrêter maintenant. Je sens toutefois l'hésitation me souffler des mots que je voudrais pouvoir ignorer. Si Charlie avait prit les devants et fait sa déclaration … Et si Lexia éprouvait elle aussi la même chose … Mes pas ralentissent, puis s'arrêtent tandis que mon esprit s'égare à nouveau. Que vais-je bien pouvoir faire si c'était effectivement le cas ? Que suis-je censé dire … ? Si elle rayonnait de joie, ça me tuerait … Son bonheur devrait être également le mien mais je … C'est la première fois que l'amour me rends aussi égoïste. Je me sais jalouse et possessive. Je l'ai déjà été par le passé quand je pensais être amoureuse de Ron mais ce que je ressens maintenant est si différent. C'est encore pire et je déteste l'être à ce point. J'ai l'impression de ne plus être en mesure de me contrôler, de faire face, impuissante, à quelqu'un qui me ressemble physiquement mais ce n'est pas moi. Ça ne peut pas être moi … Je ne me reconnais plus, jamais je n'ai été ainsi. Je découvre une nouvelle facette de ma personne que je ne soupçonnais même pas d'exister jusqu'à aujourd'hui, pas aussi intensément du moins. J'essaie de faire le tri dans mes sentiments mais tout est si contradictoire. Une lutte soudaine entre celle qui sait ce qu'elle souhaite et ne recule devant rien pour l'obtenir et la Hermione hésitante et perdue que je suis actuellement me fait perdre tout mes moyens. Je suis pourtant une femme rationnelle et raisonnable … J'entends alors une petite voix agaçante, railler tout bas dans ma tête. D'accord, je ne le suis pas toujours !

« Hermione ? »

Je sursaute brusquement, surprise par une voix masculine et le corps imposant d'un homme, juste devant moi. Je lève alors un peu les yeux et tombe nez-à-nez avec le regard azuré de Charlie. Il a de beaux yeux, on ne peut prétendre le contraire. Ils sont profonds et sombres, si différents des autres membres de sa famille mais rien qui ne me coupe le souffle comme le font ceux de Lexia, qui changent constamment de teinte, au gré du temps et de ses humeurs. Du gris s'y mélange parfois et fait ressortir le fin cercle d'or autour de ses pupilles. C'est certainement la première chose m'aillant marquée la première fois que nous nous sommes rencontrées. Elle ne dit pas toujours ce qu'elle pense et ne partage que très peu le véritable fond de ses pensées mais ses yeux … Ils parlent pour elle, à condition d'être assez attentif et de savoir déchiffrer leur complexe langage. Cette femme est une énigme que je doute de pouvoir résoudre un jour.

« Est-ce que tout vas bien ? Tu as l'air dans la lune. »

Il me sourit gentiment et me regarde, je sais que mes yeux ne me jouent pas des tours, avec affection.

« Tu viens voir Lexia, n'est-ce pas ? »

Il soupire avec amusement et se frotte la nuque. Je fronce légèrement des sourcils, je ne m'attendais pas du tout à tomber sur lui de cette façon et pas ici. Il a l'air fatigué et les plis sur ses vêtements affolent mon imagination.

« Je pars cette après-midi et je ne pense pas revenir, il me reste encore beaucoup de chose à faire. »

Je garde le silence, ma voix me ferait défaut si j'ouvrais la bouche maintenant. Est-ce que j'arrive trop tard … ?

« Puisqu'on ne se reverra peut-être pas, je te dis à bientôt et bon courage avec notre brune ténébreuse. Prends bien soin d'elle, s'il te plaît. Lexia est plus fragile qu'elle ne le laisse paraître. »

Sa dernière phrase, soufflé avec tristesse comme le plus grand des secrets, me donne la chair de poule. Il me sourit une dernière fois, les mains dans les poches et disparaît. Je reste plantée là, encore incertaine du réel sens de ses mots mais mes interrogations doivent attendre. Mon corps se remet en mouvement de lui-même et mes pas me conduisent directement à la chambre de mon amie. Mon amie … j'ai presque envie d'en rire et d'en pleurer à la fois. Comment ai-je pu me voiler la face aussi longtemps ? Je suis inquiète, bien sûre mais je dois la voir. Je frappe doucement et entre sans attendre de réponse. Je m'avance lentement, avant de refermer derrière moi et ce que j'ai sous les yeux fait battre mon cœur avec appréhension. Lexia, perdue dans ses pensées, ne m'a pas entendue arriver. Elle est assise contre la tête de lit, la tête tournée en direction de la fenêtre et le regard dans le lointain. Je ne sais pas à quoi elle pense et pour une fois, je suis bien incapable de le deviner. Je profite de son inattention pour regarder rapidement autour mais je ne vois rien qui confirme l'idée saugrenue et déplacée de Ron. Cependant, je ne vois rien qui réfute cette hypothèse non plus. Je me mords la lèvre, frustrée et résignée. Je dois vite me reprendre avant qu'elle ne remarque ma présence. Respire Hermione. Tu es une femme sensée, inutile de sauter en conclusion. Je commence à me sentir un peu plus calme et continue à raisonner ce moi intérieur qui s'agite et rugit comme une lionne en cage. Après tout, Lexia est une femme responsable, elle peut faire ce qui lui plaît. Je n'ai rien à y redire et ce n'est certainement pas mes affaires … Malgré moi, des images scandaleuses surgissent de nul part et me font trembler. Je frissonne et ferme les yeux, l'imaginant nue, s'abandonnant et gémissant un nom qui n'est pas le mien. Cette idée me met hors de moi même si j'ai affreusement honte. Je me dégoûte de penser à elle ainsi mais je n'y peux rien. Et soudain je sens cette version de moi que je désire garder enfermée, prendre le dessus. Charlie est simplement amoureux et n'a pas demandé à subir mon antipathie mais par Merlin, je vais lui tordre le cou !

La situation devient dangereuse, je dois me calmer avant que mon agitation interpelle cette jolie brune perdue je ne sais où. J'inspire profondément avant de poser le sac en perle sur la table de chevet et m'asseoir prudemment sur le lit. Je ne devrais probablement pas la prendre par surprise de cette façon, moi qui n'aime pas que l'on me le fasse mais l'envie de la sentir contre moi est irrésistible. Je retire mes chaussures et grimpe à sa hauteur. J'enroule mon bras autour du sien et le serre contre moi avant de poser ma tête contre son épaule. Son odeur et sa chaleur m'enveloppent brusquement, je me relaxe instantanément et ferme les yeux. Je sens son corps bouger, enfin alertée.

« 'mione ? »

La surprise dans sa voix se devine mais je me sens si bien que j'en oublie tout le reste. Charlie, Ron, mes sentiments, cette stupide demande en mariage plus rien n'a d'importance à son contact. Si seulement elle m'autorisait à rester ainsi, si proche et si intime, à pouvoir me prélasser quand bon me semble dans la douceur et le réconfort de sa présence. Je soupire de contentement, nullement décidée à bouger.

« Bonjour jolie brune. Je t'ai apporté des vêtements. »

Je ne la vois pas mais je peux facilement dire qu'elle me regarde, je le sens et en souris doucement. J'ose enfin ouvrir les yeux et pose mon menton sur son épaule pour me noyer dans les siens. Ses iris sont plus sombres que d'habitude, elle est bien trop calme, ce qui m'inquiète. Quelque chose ne vas pas.

« Qu'y a-t-il ? »

Le souvenir de l'avoir surprise dans son pire moment de faiblesse me revient en mémoire et me retourne encore l'estomac. Voir la femme si forte et fière que j'admire tant, complètement brisée et démunie m'avait brusquement prise de court. Elle pleurait tellement, si désespérément. Son âme même était à nue, il ne restait plus rien de ces murs incassables qu'elle avait dressé un à un. Sa détresse, subite et violente, le bruit de ses pleurs, de son agonie, me hantaient encore. Jamais elle ne s'était accroché à moi avec autant de force, comme si sa vie en dépendait tout à coup. Charlie avait raison sur ce point, Lexia était effectivement plus fragile qu'elle ne le laissait paraître. Elle est humaine et je ne sais que trop bien, que chacun de nous doit faire face à ses propres démons. Elle était embarrassée et n'avait plus osé me regarder dans les yeux après ça. Un cauchemar m'avait-elle dit une fois calmée.

Sa main caresse alors la mienne. Elle doit avoir senti mon inquiétude car elle m'assure que tout vas bien, m'offrant ce sourire que j'affectionne tant mais son regard est si lointain. Qui essaies-tu de convaincre, toi ou moi ? Aussi vite qu'il était apparu, il se fane tandis qu'elle détourne les yeux et regarde à nouveau dehors. Je fronce des sourcils, troublée. Tu es soucieuse, pourquoi ? Est-ce lui … ? Qu'a-t-il fait ? Qu'a-t-il dit ? Tu es si calme, rien qui ne sorte de l'ordinaire et pourtant, quelque chose est différent. J'ignore si ce sentiment est justifié mais j'ai soudainement l'impression d'être à des milliers de kilomètres de toi alors que nos corps sont collés l'un à l'autre. Je n'aime pas ça … Je sens mon angoisse revenir au galop et dans mon état d'anxiété, je n'arrive plus à penser avec discernement. Je me fais fureur pour ne rien laisser paraître mais … Je sais que tu mens, ne vois-tu pas que ton indifférence me brise le cœur ? Je resserre doucement mon emprise autour de ton bras mais tu n'y fais même pas attention. Tu gardes le silence et au fond de moi je le sais, tu m'échappes. Pourquoi ai-je l'impression que tu m'éloignes lentement de ton cœur, moi qui en ai toujours été si proche ? Penses-tu à lui ? Pourquoi le laisses-tu s'immiscer entre nous ? Je n'aime pas sa façon de prendre ma place dans tes pensées. Oh Lexia … dis-moi que tu ne lui as pas offert ce que je convoite secrètement, je t'en pris. Je n'y survivrais pas. Je t'aime tellement … Regarde-moi ! Regarde-moi … Je tremble et essaie de ne pas tomber en morceau contre ton épaule mais j'ai mal, si mal … La mort ne t'a pas arrachée à moi mais lui est en train d'y parvenir, n'est-ce pas ?

« Charlie a passé la nuit ici, n'est-ce pas ? »

Ma voix tremble et je me maudis. Je ne suis qu'une idiote. Je sais que je ne dois pas, je ne sais vraiment pas ce qui me prends de lui dire ça mais les mots s'échappent de ma bouche et je le regrette aussitôt. Elle tourne brusquement la tête vers moi et me dévisage mais ne dit pas un mot. Je n'oserais jamais lui poser directement celle qui me brûle les lèvres mais je sais qu'elle comprends la véritable question derrière le sous-entendu. Ce n'est pas un secret. A chaque visite, les Weasley ne manquaient jamais l'occasion de la taquiner gentiment en lui demandant si elle allait prochainement porter ce nom à son tour. Lexia Weasley … Elle riait de bon cœur et haussait simplement des épaules en roulant des yeux. Et moi, impuissante, j'en meurs à petit feu dans le plus grand des silences.

« Parle-moi … »

Son expression est indéchiffrable mais ses yeux reflètent son agitation intérieur. Elle soupire et je sens sa posture, si ferme et droite, se ramollir doucement contre moi.

« Il m'a fait sa demande … »

Sa voix n'est qu'un murmure, que j'ai presque du mal à entendre, et soudain, j'ai le souffle court. Mon cœur, cette épave à la dérive, ravagé par la violence de mon amour pour elle, coule à flot. Je retiens difficilement mes larmes et ferme les yeux, me cachant contre son épaule sans faire le moindre bruit. C'est terminé … avant même d'avoir commencé. Cet amour douloureux vient de causer ma perte.