Chapitre III : Cauchemar, quand tu nous tiens !

Cela faisait à présent 2 nuits qu'Harry et Drago dormaient dans la même maison. Deux nuits ? Du moins cela aura fait 2 nuits si un cri ne déchirait la tranquillité de la maison . Violement sorti de son sommeil, le brun ouvrit les yeux et sauta rapidement de son lit pour se précipiter dans le salon. Il retrouva alors un petit blond tout tremblant, recroquevillé sur lui-même, pleurant à chaudes larmes. Le cerveau du survivant bloqua, parce même dans ses rêves les plus fous où il se vengeait de Drago , il n'aurait jamais imaginé une chose pareille. Les yeux gris noyés de larmes reflétaient la tristesse qui rongeait peu à peu le blond. Et que Harry pouvait comprendre sa peine, en ressentir la douleur, le transperçant de plus en plus. Il y avait comme un miroir en Drago. Une guerre qui l'avait autant détruit que lui, une bataille qui les hantaient, les suivaient, les torturaient. Chaque jour, chaque nuit revenaient les souvenirs tellement violents qu'ils n'arrivaient plus à se souvenir des bons moments. A propos des visages de ses amis souriants ? Bien sûr, ce souvenir était noirci par leurs images cadavériques, rongés par les larmes ne coulaient même plus et qui s'évaporaient malgré l'air irrespirable de la Mort. Une douce chaleur envahie le corps du brun malgré tout, de la compassion sûrement. Il voulait l'aider, même s'il n'avait pas pu le faire pour lui-même. A pas de loup, il se dirigea vers son nouveau colocataire. Il lui tendit le bras, persuadé que le blond allait refuser, et en profiter pour lui jeter une réplique cinglante. Ce fut donc une grande surprise de voir l'ex-Serpentard se jeter contre lui, sanglotant à chaudes larmes. Après tout, il n'avait plus rien à perdre, sa fierté déjà à la poubelle. Il avait besoin de retrouver la sécurité, qu'elle vienne de Potter ou d'un autre. Refermant doucement ses bras autour du corps frêle de Malefoy, Harry chuchota d'une voix douce et tendre, le berçant avec patience :

- Je suis là... Tu n'es plus seul... Chut... Ça va aller.

A la fin de ses douces paroles, il le serra plus fort encore mais avec tendresse, espérant prouver qu'il ne comptait pas le laisser ni qu'il ne voulait l'abandonner. S'il voulait continuer à vivre, ou plutôt survivre, il ne le ferait pas seul. Il aurait le soutien d'Harry ! Le blond répliqua d'une voix suraiguë et hystérique, comme s'il reprenait conscience de ce qui se passait :

- Non, non, ça ne va pas aller, il y avait tant de sangs mêlés sous tant de cadavres par ma faute, je suis un monstre… ! Comment peux-tu supporter d'avoir un ami comme moi Harry ?! Je devrais te dégouter, de répugner, tu devrais avoir envie de partir loin de moi !

Drago aurait voulu se frapper, se blesser. Il avait tenu des années sans craquer face à ce poids, affichant son masque impassible. Et aujourd'hui, il piquait une crise devant la personne qu'il avait haït pendant des années. Qu'il était faible, c'était tellement pathétique. Harry raffermissait sa prise, dans l'espoir de calmer les tremblements du blond. D'une voix un peu plus forte, il répondit lentement :

- Drago tu n'as rien à te reprocher dans cette guerre, tu n'aurais pas pu sauver tout le monde. Tu ne les a pas tué volontairement, tu as défendu la cause que tu pensais juste, tu n'as pas à te sentir coupable.

Il voulait atténuer cette peine, prendre toute cette tristesse, sécher ses larmes, soigner son cœur, aspirer la douleur. Si cela se serait passé à Poudlard, Harry n'aurait pas fait attention à la peine du blondinet, oh non, il s'en serait même moqué, mais aujourd'hui ce n'était pas pareil. Tant de choses avait changé, beaucoup trop de chose. La phrase que Malefoy souffla le lui prouva.

- Je... p-peux... rester a-avec toi... s'il te plait ?

Surpris, l'intéressé ne répondit pas tout de suite. Le blond s'affola.

- J'ai peur !

Un sourire tendre se dessina sur les lèvres du survivant qui lui il répondit doucement :

- Bien sûr !

C'est ainsi qu'ils passèrent leur 1ère nuit ensemble. Dans le même lit. Le lendemain, il culpabiliserait sûrement de ce geste instinctif, tandis que le blond se morigénerait de sa faiblesse occasionnelle ? Après tout, pourquoi sans vouloir ? Ils ne s'étaient que ''réconfortés'' dans un moment d'égarement. Si cela était réellement un moment, ou plutôt une envie profonde de soutenir l'autre ? Tandis que le blond s'endormait, de nouveau paisible, à ses côtés, Harry avait l'esprit troublé par toutes ces questions. Drago avait essayé de se tuer doucement, mais qui pouvait lui en vouloir ? Lui aussi avait voulu en faire de même. Que celui qui n'a jamais fait une seule erreur lui jette la première pierre ! C'est bien ce que l'on dit dans ce cas-là. Personne n'avait une vie simple, mais la guerre avait suffi à tout complexifier. Au moins, un des deux avait essayé de faire ce que l'autre n'était capable d'appliquer. Le plus fourbe, le plus vile ? Les deux avaient tenté, peut-être l'un aurait-il réussi. A cette idée, l'ex-Griffondor secoua la tête. Il savait au plus profond de lui qu'il avait eu de la chance de le trouver. Il pouvait se rendre utile. Si Malefoy partait, qu'allait devenir le petit Potter ? Il lui a suffi de 3 petits fichus jours pour qu'il s'attache à un être qu'il aurait haït dans le passé. Imaginons qu'il aurait trouvé Crabe ou Goyle ? Une grimace déforma le visage du brun. Malefoy oui, mais pas ces deux-là. Mais alors pourquoi Drago et pas les autres ? Harry se glissa dans les bras de Morphée après cette dernière interrogation.