Bonjour ! Voici la dernière partie de ce four-shot, finalement ! Je vous laisse découvrir tout ça et je vous retrouve à la fin ^^

Bonne lecture !


Crois-moi, t'es pas faite pour ça
Partie 4

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« Faites que mon âme reste immortelle… »

Son portable vibre, le déconcentrant quelques secondes de sa prière. Ça a le don d'énerver Hidan qui n'y prête pas attention et termine sa prière. Chose faite, il se lève et retourne à son bureau. Il vient de rentrer après avoir remit son dossier. Il ne devrait peut-être pas mais il est très fier de ces feuilles. Il a hâte de voir l'expression d'Hinata quand elle le verra arrêter ceux qui sont devenus ses démons. Il veut voir la petite étincelle d'espoir s'illuminer pour devenir une flamme admiratrice de sa personne.

Lorsqu'il a revu Hinata se promener avec ce blond, il a tout fait pour tenir sa langue et ne pas dévoiler ce qu'il est sur le point de réussir. Il doit avouer que l'entendre lui affirmer qu'elle le considérait comme un client avait été hilarant. Presque.

Quand il arrive sur les lieux, des voitures de police sont garées devant toutes les issues et les agents sortent du club accompagné d'hommes et de femmes plus ou moins vêtues menottés. Il sort de sa voiture et fait claquer sa porte, énervé. Il n'a pas réussi à retrouver Hinata. Il va devoir mener une enquête pour trouver une piste. Il se décide à rejoindre son acolyte, Kakuzu, un homme au physique surprenant couvert de cicatrices. Personne ne le croit quand il dit être agent de police avec son physique de bandit.

« Alors, du neuf ? demande Hidan.
- On a trouvé tout ce qu'il fallait pour les inculper de trafics de drogues et de proxénétisme. Mais il y a quelque chose de bien plus intéressant. »

Hidan n'apprécie pas le sourire que Kakuzu fait à ce moment. Sa grimace indique qu'il pense faire face à une affaire bien plus complexe, qui lui permettra d'augmenter sa prime. Habituellement, Hidan râle, souffle et lui indique qu'ils ne sont pas censés s'occuper de ce qu'ils gagneront, mais là, il préfère passer ses remarques inutiles et demander ce qu'il en est. Le sourire de son partenaire s'élargit de façon obscène lorsqu'il déclare :

« On a trouvé des documents suspects qui montrent des paiements, mais sans plus de précisions sur la marchandise.
- Tu peux abréger là ? »

Kakuzu se retourne et appelle un de leur collègue qui guide plusieurs femmes dans des voitures. L'une d'elle est la blonde qui lui a dit de sauver Hinata.

« Amène la blonde. »

Leur collègue s'approche d'eux avec cette femme qui ne cesse de supplier des choses qu'il ne parvient pas à entendre de là où il est. Puis elle lâche du regard l'agent qui la tient et le remarque. Hidan voit l'espoir et le désespoir s'allumer dans ses yeux, presque fous. Elle se met à courir vers eux, tirant avec elle l'agent qui finit par la suivre.

« Ce qu'elle a dire est très intéressant.
- Vous avez retrouvé Hinata ? N'est-ce pas ?! »

Les trois agents de police tentent de la calmer en vain. Ils la ramènent dans la voiture de police difficilement puisqu'elle se débat. Puis soudain, elle s'exclame :

« Croyez-moi, merde ! Elle va être revendue à je ne sais pas qui ! Elle va disparaître ! Merde, lâche-moi, connard ! »

Hidan s'interroge sur ce qu'elle raconte, mais il ne peut l'interroger, elle va être emmenée au poste pour qu'on puisse le faire de façon légale. Elle va être revendue ? Il y a également du trafic de femmes ? Ça ne peut être ça. Si ? Kakuzu lui demande soudainement :

« Tu as compris ?
- Ils vendent aussi des femmes ?
- On peut dire ça. Mais ne trouvent-tu pas étrange que ce ne sont que des noms de laboratoires qu'on ait trouvés sur cette liste ? »

Hidan déteste Kakuzu encore plus que d'habitude. Pourquoi ne lui a-t-il pas immédiatement dit qu'il suspectait un trafic d'organes ? Il l'insulte et lui demande ces papiers. Kakuzu le rassure à sa façon en lui disant que des hommes ont été envoyé à la recherche de la femme enlevée. Ils sont certains d'une chose, c'est qu'elle est toujours dans la ville. Hidan regarde les papiers que Kakuzu lui a tendus et ne parvient pas à se concentrer au milieu de toute l'agitation qui règne autour de lui. Si seulement il n'avait pas perdu la trace de cette bagnole ! Une idée lui traverse l'esprit. Et il est sûr qu'il a raison.

« Kakuzu, envoie Deidara et Sasori derrière moi. Je sais où elle est. »

Sans plus de mots, il laisse les papiers à Kakuzu et court jusqu'à sa voiture. Il la démarre et part en manquant de percuter un homme qui tentait de s'enfuir. Heureusement qu'il s'est arrêté, Hidan lui aurait rouler dessus sinon. Il doit se dépêcher, il sait où elle se trouve. Tout à l'heure, il s'est retrouvé sur une route traversée de plusieurs carrefours. Ses collègues prennent contact avec lui.

« Vas pas aussi vite, on va te perdre de vue. Tu nous mènes où comme ça ?
- Troisième à gauche sur la rue Tanaka.
- Tu penses qu'elle est là-bas ?
- Il y a un vieux bâtiment d'hôpital. »

Et il y a donc tous les locaux nécessaires pour des opérations discrètes. Il appuie sur la pédale d'accélérateur.

« Hidan, ton gyrophare ! » lui crie Sasori depuis l'autoradio.

Il l'active et continue d'accélérer, les voitures lui laissant enfin la place d'avancer. Il espère ne pas arriver trop tard.

Sur la route, ses collègues lui font part de leur surprise quand à sa motivation soudaine. Il préfère ne pas répondre. Cette femme lui a révélé une part qu'il ne connaissait pas de lui-même, mais ce n'est pas le moment de s'attarder sur une pseudo analyse psychologique.

Après une folle traversée des différentes rues, il arrive enfin à ce carrefour. Il y pénètre, sort de sa voiture et court jusqu'à l'entrée de l'ancien bâtiment. Arrivé à la porte, ouverte, il entend ses collègues venir. Il attend qu'ils sortent de leur voiture, leur fait signe qu'ils vont s'introduire pour un sauvetage et y va, l'arme à la main.

Tout en avançant, il pensait trouver du personnel, des hommes de mains, mais les couloirs sont vides et lugubres. Qui peut être capable de faire des opérations seules ? Ce ne sont de toutes façons pas des opérations, mais une véritable charcuterie qui s'organise dans ces locaux. Il ouvre à coup de pied une autre porte, toujours personne. Hidan commence à rager et ce n'est pas bon, il ne faut pas qu'il perde ses moyens avant de l'avoir retrouvée. Il prend un escalier et traverse encore les couloirs.

Ils se sont séparés pour chercher plus vite. À travers son talkie-walkie, il entend de temps à autre des paroles dégoutées de ses collègues qui trouvent des congélateurs contenant bras, foies, cœurs, ou autres parties de corps humains. Cela les motivent à se dépasser pour la trouver. Hidan se sent de plus en plus terriblement coupable. Il n'a jamais imaginé qu'un tel trafic se déroule dans ce club. Il n'aurait pas agi ainsi sinon et aurait fait sortir Hinata, quitte à la forcer.

« Merde, je sais que j'ai pas arrêté de pécher avec elle, mais ne prenez pas son âme, Jashin, pas maintenant. »

Après des minutes de recherches, de course effrénée, de déceptions, il finit par apercevoir une lumière au fond du couloir du troisième étage. Il fonce, encore, tout en avertissant ses collègues par son talkie-walkie.

Les derniers mètres sont terribles. Les murs gris qui l'entourent sont délabrés et renforcent toutes émotions négatives, toutes celles reliés à l'angoisse, le dégoût, l'horreur. Il espère tant qu'il n'arrivera pas trop tard. La lumière s'échappe de l'avant-dernière porte à gauche. Il accélère et l'atteint enfin. Bien sûr, il faut que la porte soit verrouillée.

« Ouvre cette foutue porte ! »

Il n'attend pas plus de trois secondes une réponse avant de tirer sur la serrure, la déverrouillant à sa manière. Il entend tout juste ses collègues arrivés des escaliers mais il est juste paralysé par la vision qu'il découvre.

Hinata est nue, des coulées de sang séchées sur son corps partant de son visage, mutilés. Elle est agenouillée devant un corps, le corps de l'homme qui l'a enlevé.

« Hinata ! »

Elle ne relève pas la tête et continue de fixer la lame plantée dans la jugulaire du cadavre qui se situe devant elle. Hidan a tout de suite compris qu'elle l'avait tué. Il ne s'en soucie pas pour l'instant et saisit Hinata par les épaules, en l'appelant, la secouant légèrement. Elle ne relève pas la tête, reste immobile.

« Je suis là, tout est fini. »

Elle lève enfin la tête, et il découvre que tout ce sang vient de sa paupière droite, qui est renfoncé. Il ne veut pas croire ce qu'il pense. Elle s'évanouit dans ses bras.

« Hidan, elle est vivante ? lui demande son collègue blond qui vient d'entrer dans la pièce.
- Oui, et l'autre est mort.
- J'espère que la légitime défense sera suffisante pour son cas, précise le dernier arrivé, un roux.
- On lui a arraché un œil. »

Le silence tombe après cette annonce. Chacun sait que la légitime défense ne fait pas tout. Mais ils espèrent grandement qu'elle fonctionne dans son cas. Hidan la soulève dans ses bras tandis que son collègue blond prévient les urgences qui attendent à l'entrée du bâtiment. Il sort de cette salle laissant ses deux collègues avec le cadavre. Il est arrivé trop tard. Il déteste échouer, surtout quand cela atteint une personne qu'il a décidé de protéger. Il la regarde de temps à autre en avançant, vérifiant son état, sa respiration. Qu'a-t-elle bien pu vivre durant ses quelques instants ? Il espère qu'elle se confiera à lui, malgré son retard.

Une fois qu'il sort du bâtiment, les médecins se chargent immédiatement d'elle. Il n'est pas autorisé à l'accompagner dans l'ambulance, on le considère comme élément gênant pour son rétablissement. Effectivement, il est de la police, pas un proche. Cette décision lui pèse, il récolte ce qu'il a semé ; à trop jouer, on perd. La pression commence à retomber néanmoins, il la sait sauvée et sortie de ce monde. Ce business crapuleux a été démantelé plus tôt.

Kakuzu sort de sa voiture. Il est venu finalement. Hidan soupire, il n'a pas envie d'entendre la voix de son partenaire. Mais ce dernier le rejoint et lui demande :

« Alors, j'avais raison.
- Ouais, trafic d'organes, mais l'ordure est morte. Deidara et Sasori sont avec son cadavre.
- Vous avez trouvé des preuves concrètes ?
- Tu verras sur le rapport. »

Hidan laisse Kakuzu et va rejoindre sa voiture. Il va retourner au poste et conclure toutes les démarches administratives le plus vite possible. Puis il ira à l'hôpital, il fallait qu'il la voit.


Ça lui a prit un temps fou, mais le voilà enfin libéré de toutes ses démarches administratives. Enfin, pas complètement, il est censé se rendre avec Kakuzu à l'hôpital pour recueillir son témoignage, dès que les médecins les y autoriseront. Hidan est fier d'une seule et unique chose aujourd'hui, il a tout fait pour qu'elle soit dégagée de toutes charges quand au meurtre de cet Orochimaru. La légitime défense est largement suffisante dans son cas. Un véritable soulagement.

Il prend la sortie qui le mène au parking. Et par surprise, il retrouve cette femme blonde qui l'avait supplié de sauver Hinata tant de fois dans la journée. Elle n'est pas seule. Il y aussi une femme rousse à lunette et cet homme blond qu'il a vu l'autre jour avec Hinata. Il n'a pas besoin de poser une question, la blonde prend la parole :

« Je sais que c'est toi qui l'a sauvé, je voulais te dire merci. Et eux aussi.
- Ouais, on t'est vraiment reconnaissant pour ça. »

Ce sont des connaissances à Hinata apparemment. Des personnes qui semblent se soucier d'elle. Il croise ses bras et demande avec plus ou moins de sérieux :

« Je peux savoir qui vous êtes exactement ?
- J'aimerai bien savoir moi aussi, marmonne la rousse avant que la blonde ne prenne la parole.
- Je suis une collègue d'Hinata. Et son amie, aussi.
- Ton prénom ?
- Ino. » lui répond-elle après avoir hésité.

Ce prénom lui est évocateur. Il se souvient alors des quelques fois où Hinata lui avait parlé d'une femme qu'elle appréciait. C'était elle. Les autres enchainent.

« Moi, c'est Karin, et je suis aussi une amie d'Hinata. Oui, je travaillais aussi là-bas, pas besoin de me regarder comme ça.
- Et moi, c'est Naruto, son cousin, et une personne qui voulait aider Hinata.
- T'étais pas son client ?
- Bien sûr que non, je suis son pote !
- Je la savais pas aussi entourée. »

Les trois le regardent avec dédain. D'un côté, il est rassuré. Elle n'a pas été seule tout ce temps. Ils ne le laissent pas penser plus, la dénommée Ino reprend la parole.

« On est surtout venu te voir pour te demander un service.
- Je me doutais bien. Qu'est-ce que vous voulez ?
- Il faut que tu nous obtiennes une autorisation pour qu'on aille voir Hinata, on pourra pas sinon. »

Oui, seule la famille est autorisée dans ce cas. Lui-même ne pourra la voir que grâce à son insigne, et seulement une fois que les médecins le lui auront autorisé. Il leur explique mais ils ne veulent rien entendre. Il les laisse alors en plan, n'ayant pas envie de se prendre la tête mais il sent ses deux bras se faire agripper. Les femmes s'accrochent à lui. Il soupire en souriant finalement :

« Je vais voir ce que je peux faire. »

C'est ainsi qu'il s'est retrouvé aux côtés de Kakuzu se dirigeant dans la chambre d'Hinata, escortés par deux infirmières attirant tout les regards et un médecin au goût des patientes. Il a toujours eu l'habitude d'enfreindre quelques lois, mais cette fois, il croit qu'il a fait fort. C'est le seul moyen qu'il a trouvé pour permettre aux amis d'Hinata de la voir. Kakuzu ne lui a rien dit, lui non plus n'est pas le plus respectueux des règlements. Ils sont donc cinq à avancer, rapidement car ils ne sont vraiment pas discrets.

À cette heure, les infirmiers sont plutôt absents par rapport aux heures de fortes fréquentations, ils ont bien choisi. Ainsi, ils arrivent sans accroc devant la chambre d'Hinata. Ils se dépêchent d'y entrer tandis que Kakuzu reste dehors, faisant le guet. Une fois la porte refermée, Hidan se retourne.

Il ne parviendrait pas à décrire ce qu'il ressent en voyant Hinata, allongée dans son lit d'hôpital, paraissant plus faible que jamais. Non, ce n'est pas le bon mot. Son immobilité, son œil grand ouvert tandis que l'autre est caché par un bandage, toute son allure montre son absence. Elle n'a même pas réagi quand ils sont rentrés alors qu'ils sont quatre. Naruto reste en arrière, n'osant rien dire au contraire de sa cousine qui s'avance en premier vers Hinata. Elle lui fait un petit signe de la main tout en disant lentement :

« Hey, Hina, on a réussi à venir te voir, c'est cool non ? »

Elle n'obtient aucune réponse et s'arrête à une cinquantaine de centimètres du lit de la convalescente. Ino s'avance alors, et une fois arrivée au niveau de Karin, elle prend la parole, sur le même ton que la rousse.

« Tu peux pas savoir à quel point je suis contente de te voir, Hina. Je vais enfin pouvoir te chouchouter. »

Toujours le silence. Les deux amies ne savent comment réagir et Naruto vient entre les deux et dépose une main sur leur épaule pour les réconforter un peu. De sa place, Hidan décide aussi de lui dire quelque chose, il ne veut pas être venu ici sans avoir pu lui dire la moindre phrase.

« Tu peux devenir ce que tu veux maintenant. Même avocate. »

Elle tourne la tête, enfin. Et la seule pupille qu'il peut distinguer n'est plus terne, elle brille légèrement jusqu'à ce que des larmes y apparaissent. Les deux fausses infirmières se rapprochent d'Hinata, la touchant, lui tenant la main pour l'une, lui caressant l'épaule pour l'autre. La brune s'essuie les yeux puis leur fait enfin part de quelques mots, d'une voix pleine de sanglots :

« Hidan… les amis, merci. »

Il préfère sortir, les larmes, ce n'est pas pour lui, ce qu'elle lui a dit est suffisant. Les trois autres seront plus efficaces pour le reste.

Une fois dans le couloir, il rejoint Kakuzu qui s'est adossé contre le mur en face. Ce dernier ne lui adresse aucun mot, Hidan lui est reconnaissant. Ils restent ainsi sans échange un bon quart d'heure avant que des invités inattendus ne pointent le bout de leur nez. Immédiatement, les deux agents comprennent que les deux personnes qui se rapprochent en les dévisageant sont des membres de la famille d'Hinata, ils ont les mêmes pupilles claires. L'homme se place juste devant et déclare hostilement :

« Vous êtes de la police, alors vous devez bien savoir qu'il faut l'autorisation des médecins pour visiter un patient.
- On le sait, c'est pour ça qu'on est dehors, explique Kakuzu, calmement.
- Laisse-les Neji, Hinata nous attend. »

La jeune fille qui accompagne ce Neji lui tire la manche et va ouvrir la porte. Hidan espère que les trois ont un jeu d'acteur suffisant pour ne pas se faire démasquer et risquer que l'enquête ne leur soit retirée. Malheureusement, ce n'est pas le cas, et c'est presque à coup de pied qu'ils ont été sortis par ce Neji et la jeune fille, Hanabi de ce qu'Hidan saisit des cris d'Hinata. Kakuzu les invitent tous à se dépêcher de partir de cet hôpital avant qu'il n'y ait trop de répercussions. Ils le suivent et réussissent à passer les portes coulissantes pour sortir sans problème. Hidan et Kakuzu partent sans répondre aux questions des trois amis, l'un en route pour le commissariat, et l'autre se demandant quand est-ce qu'il irait la voir, sans l'uniforme.


Il vient de partir. Elle se laisse enfin aller. Dans un long soupir, la dernière larme qu'elle s'est promise de verser coule sur sa joue.

Il est venu lui rendre visite, elle a compté, ça fait dix fois depuis qu'elle a quitté l'hôpital. Il est venu pour lui changer les idées, comme d'habitude. Et ça a presque fonctionné, comme toujours. Ces derniers temps, il a essayé de la convertir à sa religion, le jashinisme. Elle s'est prêtée au jeu mais il a bien vite découvert qu'elle n'était pas du tout convaincue des bienfaits de sa croyance. Mais, même s'il s'est montré dur dans ses mots, elle a bien compris qu'il était juste franc, ne pensant même pas au mal qu'il pouvait faire. Et, étrangement, elle lui est reconnaissante pour ça.

Il arrive, avec ses grandes idées, ses grandes phrases. Il lui dit ce qu'il pense, sans le moindre tabou. Et il ne la traite pas comme une femme convalescente, au bord du désespoir. Non, il est avec elle comme il a toujours été, assez peu prévenant, égoïste, franc et taquin. Mais malgré qu'elle l'apprécie énormément, il apporte avec lui quelque chose de si négatif qu'elle a été obligé de prendre cette décision qu'elle vient de lui annoncer, avant qu'il ne parte.

Elle va quitter le Japon pour l'Écosse. Un grand psychologue habite dans ce pays et elle est certaine qu'il pourrait l'aider à se restaurer mentalement. Mais c'est surtout ce pays complètement différent du sien, sur tous points, qui va l'aider. Elle a besoin d'un grand dépaysement.

Quand elle lui a annoncé, il l'a regardée avec de grands yeux, et elle s'est demandée deux secondes s'il connaissait au moins ce pays. Puis il a explosé de rire, lui racontant l'image qu'il avait vu, elle au milieu de collines vertes, perdue, désespérée dans la brume. Puis il a enchaîné avec le fait que ça n'arriverait pas puisqu'il l'accompagnerait. C'est à ce moment qu'elle s'est sentie extrêmement mal.

Depuis un moment, quand il la voit, il glisse toujours sa main derrière sa tête, la rapproche de la sienne afin de lui déposer un baiser plus ou moins brutal sur les lèvres.

Durant son séjour à l'hôpital, ils se sont à nouveau rapprocher. Au début, c'était assez maladroit, lui ou elle blâmant l'autre pour ce qu'il s'était passé, ou bien s'excusant de ne pas avoir fait confiance à l'autre, particulièrement elle. Mais elle était heureuse d'une chose, c'était que son cœur lui avait toujours mis le doute quand elle avait décidé de mettre une croix sur Hidan. Lui au moins ne s'est pas trompé. C'est alors avec un grand naturel que leur relation a repris.

C'était son dernier soir à l'hôpital. Hidan s'apprêtait à partit avant que son cousin et sa petite sœur ne viennent. Elle l'a appelé avant qu'il n'ouvre la porte, l'a fait venir jusqu'elle, et sans le prévenir, elle l'a embrassé. Elle avait senti la surprise mais il avait vite répondu. Malheureusement, le même scénario se déroulait ensuite, comme ce soir, quand il a caressé sa joue avant de l'embrasser.

Elle a apprécié ses lèvres, s'oubliant quelques secondes, puis une douleur fulgurante lui a traversé le crâne. Elle a alors ressenti le dégoût qu'elle avait vécu avec ces hommes avant de revoir le noir qui avait suivi son oeil arraché. Sa tête n'a plus été qu'une amphore à douleurs contenues. Elle a alors mis fin au baiser, gardant le sourire, puis a plongé sa tête dans son cou, essayant d'effacer toutes les atrocités qu'elle voyait quand elle fermait les yeux. Mais cela ne semblait fonctionner qu'une fois qu'elle n'était plus en contact avec lui.

Ce soir, elle lui a tout expliqué, que son contact lui rappelait toujours ces souvenirs atroces. Elle voulait alors s'éloigner du Japon, mais aussi, et surtout, de lui. Il l'a regardé, lui a souri bizarrement, l'a embrassé, puis est parti, sauvagement, une dernière fois.

Elle essuie sa joue, il faut qu'elle aille terminer sa valise.


Se balader ainsi entre les temples de Kyoto est vraiment plaisant. Hinata se faufile lentement entre les touristes et les fidèles pour continuer son avancée. Le vent lui frappe le visage, mais ce n'est rien comparé aux vents écossais, qu'elle a détestés. Mais aujourd'hui, elle les remercie. Grâce à eux, les vents de son pays natal lui paraissent doux et agréables.

Cela fait maintenant deux jours qu'elle est revenue au Japon. Elle n'a averti personne de son retour, souhaitant profiter de la compagnie silencieuse et paradoxalement solitaire de ces lieux de culte traditionnels.

Après deux années passées à l'étranger, elle s'estime enfin guérie. Ce médecin, une femme blonde assez surprenante pour son caractère peu professionnel, l'a bien aidé. Et les paysages d'Écosse, la culture locale, ont aussi eu un rôle important.

Elle s'arrête devant un temple. Ce dernier lui semble étrangement sombre avec ses palissades en bois d'ébène et les dorures noircies. De plus, elle ne voit aucun visiteur. Curieuse, elle décide d'aller regarder de plus près. Et elle croit halluciner. Elle s'est trompée, il y a bien quelqu'un, une personne qu'elle connaît. Ce temple doit être un temple jashiniste puisque l'homme qu'elle voit de dos est Hidan.

Elle ne sait pas pourquoi, mais une nervosité énorme la prend au ventre. Elle se retourne rapidement et essaye de rejoindre la foule, mais on l'interpelle.

« Hinata ? »

C'est la voix d'Hidan. Il l'a reconnue. Elle ne sait pas quoi faire et continue donc d'avancer. Pourquoi est-elle nerveuse ? Elle ne doit plus avoir aucun symptôme normalement, mais que sont ces contractures qu'elle ressent dans son ventre dans ce cas ? Elle ne réfléchie pas plus et accélère pour fuir. Mais une main se pose sur son épaule et la retourne brusquement, la plaçant en face de ce visage qu'elle a tenté de fuir. Un sourire qu'elle connaît bien pour l'avoir vu de nombreuses fois recouvre sa figure et lui donne un air malsain, complété par sa voix cyniques :

« Tu ne me repousses plus, mais tu me fuis maintenant ?
- Hidan… »

Il retire sa main de son épaule et recule un peu pour mieux l'observer. Elle se sent à la fois oppressée, et heureuse de le revoir. Alors, quand il lui propose d'aller prendre un thé, elle accepte.

Sur le chemin, le silence est dominant. Le malaise vient de la façon dont ils se sont quittés, c'est normal. Mais rapidement, Hidan le comble par des questions simples, banales, mais parfaites pour sa situation.

« Ça fait combien de temps depuis ? Deux ans ?
- Oui, c'est ça, vingt-sept mois exactement.
- Tu les as complété comment, ces vingt-sept mois ? »

D'une voix d'abord hésitante, elle lui raconte les premiers mois, difficiles, où elle a passé la plus grande partie de son temps entre une maison isolée, à lire, à cuisiner, et le cabinet de son docteur. Puis, elle a rencontré des personnes qui lui ont fait peu à peu oublier ce qu'elle a vécu. Elle s'est fondue dans leur quotidien, n'allant voir son docteur plus que pour des visites de routine, parlant comme de vieilles amies. Elle s'attarde un peu sur différentes anecdotes qu'elle a de cette femme. Elle est une prodigieuse médecin, mais elle a un fort penchant pour l'alcool et les jeux d'argents, ce qui lui a valu de nombreux problèmes.

« Nous y voilà. Allez, entre. »

Il lui tient la porte afin qu'elle pénètre dans un bâtiment typique des vieilles rues de Kyoto, où le bois est une dominante et le thé servi avec soin. Une fois qu'ils se sont installés autour de la table basse et qu'ils aient indiqués les boissons qu'ils souhaitent, Hidan invite Hinata à continuer son récit. Elle reprend, et se rend compte qu'elle n'est plus du tout stressée.

« C'est le sixième mois que j'ai été rejointe par Naruto, Ino et Karin. »

Elle explique ainsi qu'ils sont tous restés avec elle durant deux mois, puis qu'Ino est partie avec Karin pour l'Angleterre, souhaitant recommencer une nouvelle vie là-bas.

« Naruto n'est pas allé avec elles ? » lui demande Hidan.

Elle attend d'être servie avant de répondre, légèrement gênée.

« Non, puisqu'on s'est mis ensemble. »

Un petit silence suit ses mots. Elle ne le regarde pas, elle a l'impression de l'avoir trahi. Hidan attend la suite, mais il ne le dit pas, elle le sent juste. Elle ne s'attarde pas sur cette information et raconte la suite, la fin de sa thérapie, la décision de faire le tour de l'Écosse, de visiter ses châteaux, en compagnie de Naruto. Elle évoque rapidement sa rupture, trois mois auparavant, puis raconte ses derniers mois de solitude dans le pays et sa décision de retourner au pays.

Après une longe gorgée, Hidan la regarde et lui demande :

« Tu n'as prévenu personne de ton retour ?
- Non. »

Il sourit encore et Hinata sent que cette fois il ne va pas retenir ses remarques.

« Je suis donc le seul à savoir que tu es ici, à Kyoto ?
- C'est ça.
- Je pourrais alors fait ce que je veux avec toi, sans risquer les foudres de ta famille ? »

C'est exactement ce qu'il lui a demandé quand il est venu chez elle la première fois, après son retour de l'hôpital, et qu'il s'est aperçu que ni sa sœur, ni son cousin n'étaient censés venir avant plusieurs heures. C'était ensuivie une série de baisers de plus en plus ardents qui, si elle n'avait pas eu ses traumatismes à l'époque, les auraient amenés bien plus loin.

C'est pourquoi elle préfère ne pas répondre à cette question. Elle sait que ses joues ne sont plus blanches. Ne se souvient-il pas qu'elle est censée avoir des traumatismes quand il la touche ? Peut-être qu'il se dit qu'elle est soignée à présent ? Non, Hidan n'est pas comme ça. Il veut juste la toucher, et donc il la touche, sans se poser plus de questions. Ainsi, il a posé sa main sur la sienne, et continue de la fixer, lui donnant l'impression de cuire sous son regard.

Son corps réagit comme avant, avant tout ça. Il chauffe, et veut plus, sans aucun sombre souvenir. Soudain, elle discerne un froncement de sourcil qui lui donne une expression presque perdue. Que se passe-t-il ?

« Qui étais-je pour toi ? »

Sa question est brusque, elle la surprend. Mais autour d'eux se dresse comme un rideau opaque, les isolant de la vision de tous. Elle est capturée par sa question, et plus aucune gêne n'est présente en elle. À la place, un sentiment apaisant la remplie. Elle pose son autre main sur la sienne et lui répond finalement.

« Tu étais mon amant, Hidan. Et moi ? Qui étais-je ?
- Ma Hina, un large sourire orne ses lèvres avant qu'il ne continue, et une piètre Yuzuki aussi. »

Avant, elle l'aurait mal pris, ce serait sentie mal, aurait voulu s'enfoncer sous terre comme une autruche, mais aujourd'hui, seul son sourire répond au sien. Il vient de confirmer ce qu'elle a pensé. Il l'a considérée pour elle-même, c'est tout ce qui compte. Avec lui, elle est Hinata, et le souvenir de Yuzuki qu'elle déteste reste, il n'est pas rejeté. Ce n'est pas pour autant dérangeant, puisque jamais elle ne pourra oublié. Elle est enfin complète avec quelqu'un.

Il se passe plusieurs secondes durant lesquelles elle a l'impression de découvrir une nouvelle sensation avec lui, celle de voir complètement à travers lui, et d'être transparente pour lui en retour. C'est très agréable, et reposant.

Il reprend la parole, lui demande ce qu'elle compte faire maintenant, tout en serrant sa main sous la sienne. Elle rigole et lui répond qu'elle n'en sait rien. Puis une idée lui traverse la tête, elle lui en fait part.

« Et si je devenais actrice ?
- Oublie tout de suite, t'es vraiment pas faite pour ça. »

Leur conversation prend des sonorités communes. Cela fait plus de deux ans qu'ils se sont rencontrés, qu'ils ont pris un café ensemble, qu'il l'a démasquée, qu'elle s'est confiée et qu'il lui a déconseillée de se lancer dans la prostitution. Lui aussi semble se souvenir de cette soirée, et de tout ce qui a suivi. Il continue dans sa lancée, tout en lui replaçant une mèche de cheveux derrière l'oreille.

« Crois-moi.
- Je te crois cette fois, lui dit-elle en retirant ses mains pour se saisir de sa tasse.
- Tu vas m'écouter ? demande-t-il en se levant pour venir s'asseoir à ses côtés.
- Non. »

Il la regarde en soupirant et elle ricane tout en déposant sa tête sur son épaule. Pouvoir le toucher ainsi sans rien voir était un pur délice et une libération véritable. Il lui caresse les cheveux tout en murmurant qu'elle et trop têtue. Est-ce qu'elle l'aimait ? Aujourd'hui, elle pouvait répondre avec certitude que lui l'aimait, à sa façon. Il tourna sa tête afin de déposer un baiser sur ses lèvres. Le contact était brusque, comme s'ils avaient été assoiffés durant toutes ces années.

Oui, elle l'aimait, elle ne se sentirait pas comme désaltérée en l'embrassant sinon. Il arrête leur baiser, lui sourit assez vicieusement, lui prend la main et se lève avec elle. Il laisse un billet sur la table puis ils sortent, rejoignant la rue sur laquelle se couche le soleil. Elle regrette un peu son œil perdu qui lui aurait permis d'avoir un plus large panorama de ce coucher de soleil. Mais, elle n'y pense pas trop, elle est heureuse en ce moment.

Elle ne sait pas où il les emmène, mais elle marche accrochée au bras d'Hidan. Il lui dit l'emmener chez lui, il veut profiter avant que sa sœur ne découvre qu'elle n'est plus en Écosse. Il n'a pas besoin de se dépêcher, elle restera avec lui à présent. Plus rien ne l'en empêche, et ce n'est pas sa famille qui allait être gênante aujourd'hui.

Mais elle ne lui dit rien, cela ne la dérange pas qu'il se dépêche d'être avec elle. Ce n'est pas ce à quoi elle s'attendait en rentrant au Japon, mais ce devait être une des plus belles surprises que l'avenir lui ait fait depuis bien longtemps.

Elle est bien heureuse d'avoir visiter Kyoto aujourd'hui, son recueillement sur la tombe de ses parents lui a apporté la fortune. N'est-ce pas là une croyance du même niveau que la religion d'Hidan ? Peut-être, mais elle pense plus qu'il s'agit d'une croyance en elle, et peut-être, un peu, en Hidan maintenant.


J'ai encore du mal à le croire, mais cette dernière phrase marque bien la fin de four-shot. Il n'a pas rencontré beaucoup de succès, j'en suis un (petit) peu attristée, mais je suis surtout heureuse de l'avoir terminé, et d'avoir pu procurer un peu de divertissement aux lecteurs ^^

Pour les reviews, j''y répondrai dorénavant sur mon profil. Donc n'hésitez pas à commenter cette fin, à me dire ce qui vous a plu et déplu dans ces quatre textes et... je ne sais plus quoi dire mis à part un grand merci à tous ceux qui ont lu, reviewé, suivi et ajouté cette histoire dans leur favori.

BIG BISOUS ! x*