Bonjour.

Arwen : Merci de ta review elle m'a fait super plaisir, comme d'habitude.

Voici donc le quatrième chapitre, en espérant que vous aimerez !

Bonne lecture


Chapitre n°4 : Legs incongrus

Dans la salle commune de Gryffondor, Harry faisait les cent pas. Il était encore tôt, la salle baignait dans une douce lueur rose pâle. Ron, assis sur une des chaises, tournait entre ses doigts sa baguette, tout en fixant son ami. De son coté, installée dans un des confortables fauteuils, Hermione lisait un livre sur les maléfices courants.

- Harry, tu vas finir par creuser une tranchée. Sans rire, arrête, tu me donnes le tournis.

Harry jeta un coup d'œil féroce à son amie et s'immobilisa en croisant les bras, l'air à la fois effaré et furieux.

- Comment peux-tu songer à lire tranquillement alors que l'on va recevoir l'héritage de Dumbledore demain ?!

- Je n'arrête pas d'y penser Harry. J'essaie juste de me changer les idées, ça ne sert à rien de rester focalisés sur cette idée, on n'en saura pas plus pour autant. Entre toi qui tourne en rond et Ron qui joue bêtement avec sa baguette au risque de lancer un sort involontairement, au moins, moi, je fais quelque chose d'utile.

- D'utile ? D'utile ?, s'écria Harry. Et en quoi c'est utile de lire un stupide bouquin ?

Hermione referma brusquement ledit livre, et se leva face à son meilleur ami.

- Ecoute Harry, je veux bien que l'attente soit pesante, mais elle l'est pour nous aussi. Alors arrête un peu de passer tes nerfs sur nous. Quant à savoir ce qu'il y a d'utile, je te signalerais que tu arrives peut-être à t'en sortir avec des Expeliarmus, mais ce n'est pas le cas pour nous. Ron et moi n'avons aucune prophétie, aucune baguette jumelle ou rien de ce genre pour nous protéger et guider nos pas, il faut apprendre à nous défendre, nous instruire des sortilèges de l'ennemi pour pouvoir les contrer. A moins que ton souhait soit de nous voir tous les deux mourir pendant un des combats.

- Un combat, répéta Harry sarcastiquement. Si ça continue comme ça, il n'y aura aucun combat avant des dizaines d'années. De toute façon, c'est à moi de prendre les risques, pas à vous et...

- Ah non vieux, tu ne vas pas recommencer !, l'interrompit Ron. Quand est-ce que tu te mettras ça dans la tête : on reste ensemble, on se bat ensemble.

- Si seulement on se battait ! Mais on reste là à ne rien faire ! J'aurai dû faire comme je l'avais prévu et ne pas retourner à Poudlard. J'aurai peut-être en ce moment-même un ou plusieurs horcruxes de détruits à mon actif. Je ne supporte plus de rester ici à subir continuellement les Carrow et Rogue, et sans rien découvrir de nouveau.

Sans que Ron ne puisse le retenir, Harry remonta dans son dortoir. Ron lança un regard inquiet à Hermione, ne savait plus quoi faire. L'orage tant redouté était là, et Ron hésitait entre rejoindre son ami pour s'expliquer ou le laisser se calmer seul.

- Vas-y Ron. Il est furieux contre moi, mais tu arriveras peut-être à le calmer toi.

Ron acquiesça et monta les escaliers menant au dortoir.

Au même moment, la jeune fille ferma les yeux en soupirant. Ce n'était pas la première fois qu'Harry s'emportait, et ils connaissaient son mauvais caractère, comme le prouvaient son arrivée au quartier général de l'Ordre du Phénix juste avant la cinquième année, ou après la mort de Sirius, même si le bureau de Dumbledore fut surtout le témoin de son éclat mémorable. Seulement, aujourd'hui, il semblait vraiment différent, bien qu'étrangement lui-même à la fois. Ils pouvaient presque ressentir deux personnalités très distinctes en lui : celle qui déprimait pour un rien et s'énervait aussitôt, et celle, enjouée, persévérante, optimiste, la plus connue, mais qui se faisait aussi plus rare au fil du temps.

Intuitivement, Hermione savait que cet Harry là, leur ami de toujours, apparaîtrait de moins en moins au fur et à mesure que la bataille finale approcherait. En attendant, ils devraient supporter le Harry lunatique. D'un certain coté, c'était compréhensible : il s'agissait clairement d'un mécanisme simple de défense contre toute la pression, la peur, l'angoisse, l'attente, et la frustration de ne rien savoir. Après tout, depuis qu'il connaissait la prophétie, il ne tenait pas moins que le futur du monde magique entre ses mains.

- Hermione !

La susnommée sursauta et tourna la tête en direction des escaliers, que Ron descendait en courant au risque de se rompre le cou.

- Harry n'est pas dans le dortoir ! La cape d'invisibilité a disparu, ainsi que la carte du maraudeur !

- J'aurais dû m'en douter. Je suis désolée Ron, je réfléchissais, je ne l'ai pas entendu sortir. J'aurais dû savoir qu'il tenterait de nous fausser compagnie d'une telle manière.

- Qu'est-ce qu'on fait alors ?, demanda Ron, inquiet pour son meilleur ami. Tu crois qu'il peut essayer de sortir du château pour transplaner ?

- Et pour aller où ? Non, je pense qu'il avait juste besoin de s'aérer. Il doit être dans le parc. On devrait le laisser seul dans ce cas, s'il est parti, c'est qu'il a besoin de réfléchir, de remettre ses idées en place, et nous ne pouvons pas le faire pour lui.

Ron s'approcha et contempla lui aussi le feu qui ronflait dans la cheminée. Il réalisait difficilement que Sirius était apparu dans ce même feu, pour les conseiller sur la marche à suivre afin d'avoir de véritables cours et pouvoir se défendre contre Ombrage, à peine deux ans avant. Cela semblait tellement loin.

Pourtant, Sirius était mort maintenant. Dumbledore aussi. Et combien d'autres anonymes dehors, combien d'autres innocents avaient d'ores et déjà succombé des mains des mangemorts ? Et pendant ce temps, eux restaient confortablement à Poudlard, sans agir, sans se défendre, attendant un quelconque évènement dans l'espoir de recevoir un renseignement, lequel ne leur servirait peut-être à rien du tout. Logique qu'Harry n'en puisse plus, lui qui ne supportait pas de voir souffrir les gens à sa place.

Gêné, Ron sourit lorsqu'il sentit la main d'Hermione s'entrelacer à la sienne. La jeune fille laissa sa tête contre l'épaule de Ron, qui grandissait décidément vite et faisait une bonne tête de plus qu'elle à présent. Le rouquin serra tendrement la main de la jeune sorcière, appréciant qu'elle ait franchi ce pas, qu'elle l'accepte, lui, à ses cotés. Ils demeurèrent ainsi, immobiles, silencieux, ne pensant à rien d'autre qu'à la présence de l'autre contre eux. Malgré les éclats d'Harry et leur inquiétude autant pour lui que pour le futur, en cet instant, ils se sentirent presque apaisés, confiants.

Ils savaient que tous les deux, ils seraient là jusqu'à la fin, main dans la main comme en cet instant, derrière Harry, à le soutenir comme par le passé.

Alors il ne fallait pas s'inquiéter.

- Ron, Ron !

Le roux ouvrit les yeux doucement pour voir une tête brune à lunettes au dessus de lui qui le secouait sans ménagement.

- C'est noël ou quoi ?, grogna Ron, qui le matin n'était pas réputé pour être de bonne humeur, surtout lorsqu'il s'était endormi à peine deux heures auparavant.

- Bon sang lève-toi nous allons être en retard !

- En retard ?, répéta l'autre, la voix ensommeillée.

- Tu n'as pas oublié quand même ! Le ministère, le testament !

Ces mots réveillèrent totalement Ron. Il se leva immédiatement et s'habilla en vitesse. Lui et Harry se rendirent ensemble dans la salle commune où les attendait déjà Hermione. Celle-ci faisait les cent pas, imitant inconsciemment le comportement qu'elle avait désapprouvé la veille chez Harry. Lorsqu'elle leur fit face, ils constatèrent ses traits tendus, ainsi que son impatience et son inquiétude.

- Vous en avez mis du temps !, s'exclama-t-elle, la voix plus aigüe que d'ordinaire.

- Ron trainait !

- C'est ça oui, si monsieur avait daigné rentrer plus tôt, je n'aurais pas passé une nuit blanche à angoisser, répliqua aussitôt le roux, vexé.

- Ce n'est pas le moment !, les interrompit Hermione, à bout de nerfs.

Sans prendre la peine de répliquer, ils se dirigèrent vers le portrait, suivis aussitôt de la jeune fille, une petite voix lui disant au fond d'elle-même qu'il s'agissait peut-être d'un bête piège et qu'ils fonçaient dans ce cas droit dedans.

Le trio descendit les grands escaliers rapidement, Ron faillit rester coincé dans une des marches escamotables, et ils arrivèrent enfin sains et saufs au premier étage. Ils coururent jusqu'au bureau de la directrice. Quand ils frappèrent à la porte, ils étaient essoufflés et avaient cinq minutes de retard. Harry ouvrit la porte au moment même où une voix lui ordonna sèchement de le faire.

Dans le bureau, se tenaient quatre personnes : le professeur McGonagall, assise bien droite derrière son bureau, ses yeux perçants dardés sur Harry, Alecto Carrow, et deux personnes qui travaillaient manifestement au ministère. Tirés à quatre épingles, ils encadraient la directrice, leurs baguettes sorties. En face du bureau, trois sièges n'attendaient manifestement plus qu'eux. Ils s'assirent donc et attendirent.

- Bien… Vous daignez doc nous honorer de votre présence, commença celui à leur droite, je suppose que vous attendez des remerciements pour un si humble geste de votre part, monsieur Potter.

Alecto ricana, s'attirant un regard noir de la directrice.

- Commençons donc : Harry James Potter ?, questionna le deuxième, à leur gauche, sans même jeter un regard aux trois élèves.

- Oui, répondit le concerné, intrigué.

- Nous allons procéder à la remise des affaires qu'Albus Perceval Wulfric Brian Dumbledore vous a léguées. Voici ce qui vous revient.

Harry tendit les mains et, celui qui les avait accueillis, s'avança pour déposer un paquet entre elles. Harry l'ouvrit. A l'intérieur se trouvaient un vif d'or, une photographie sorcière et un coffre de bois sculpté. Harry prit le vif d'or dans ses mains et joua un instant avec, machinalement, conscient malgré tout des regards scrutateurs de ceux qui l'observaient.

- Il avait aussi décidé de vous léguer l'épée de Gryffondor, mais elle demeure la propriété de l'école, et fait partie du patrimoine magique. Elle ne peut donc pas revenir à un sorcier, aussi… illustre soit-il, déclara l'officiel avec une moue moqueuse. Et de toute manière, il s'agit incontestablement d'une arme, alors vous ne l'auriez pas eu, alors inutile de s'attarder là-dessus n'est-ce pas. Ensuite, Hermione Jean Granger.

- Oui, répondit Hermione, en essayant de prendre un air assuré qui ne trompa guère que ceux qui ne la connaissaient pas.

- Voici pour vous.

De nouveau, celui qui se tenait à leur droite s'avança et tendit un paquet qu'Hermione accepta aussitôt. Elle reçut dans ses mains un rouleau de parchemin aux allures officielles, fermé d'un nœud vert, très enluminé, mais vierge.

- Ronald Bilius Weasley.

- Oui.

Ron ouvrit le paquet qu'on lui tendait en tremblant. Il s'agissait d'un recueil de contes sorciers de Beedle le barde.

Silencieusement, les deux membres de la commission des successions saluèrent rapidement tous ceux présents, échangèrent un mot à voix basse avec Alecto Carrow, puis se dirigèrent vers la porte. Alors que le premier était sorti, le second se retourna brusquement.

- J'espère que vous êtes heureux de ces… choses. Je vous souhaite une bonne journée.

Enfin, il partit également. Carrow vint se mettre juste derrière Harry, qui sentit son souffle dans son cou, cependant il préféra continuer à regarder le mur en face de lui.

- Monsieur Potter, profitez bien de ces joujoux, car vous n'aurez pas bien longtemps l'occasion de pouvoir le faire.

Lorsque la porte claqua, l'air se détendit subitement. La respiration bloquée inconsciemment, Ron souffla.

- Vous allez bien ?, demanda la directrice, inquiète.

- Oui, oui professeur, répondirent-ils.

- J'ignore ce que me cachait Albus, mais si vous avez besoin d'aide, vous savez que mon bureau vous sera toujours ouvert.

- Merci professeur, dit Harry calmement. Mais je vous l'ai déjà dit cet été : il m'avait fait promettre de n'en parler à personne, et son décès ne me dénoue pas de ma parole.

Comprenant la position difficile d'Harry, elle hocha la tête sans insister, avant de leur souhaiter une bonne journée de cours. Ils rangèrent rapidement les acquisitions dans leurs sacs, et sortirent du bureau pour se rendre au premier cours de la journée. Potions malheureusement. Le cours commençait à neuf heures, et il était neuf heures dix. Même avec une telle excuse, ils craignaient la réaction du professeur Rogue. Et s'il connaissait leur absence, peut-être serait-il encore plus sadique que d'ordinaire.

- Excusez-nous professeur, nous étions …

- Je sais, coupa brusquement Rogue. A vos places. Immédiatement.

Devant l'humeur massacrante du mangemort, le trio obéit sans discuter et s'assit devant, là où se trouvaient les trois seules places de libres.

- Bien entendu, avec un tel retard, vous ne pourrez pas finir la potion à temps. Commode, vraiment très commode. Vous aurez donc la note que mérite un chaudron vide. Et dix points de moins chacun.

A la suite de sa petite tirade, il se pencha sur le chaudron de Seamus et Neville. A leur table, Harry et Ron tremblaient de fureur, et sortirent leurs affaires bruyamment, tandis qu'Hermione restait calme ; elle s'attendait à un tel accueil. Ils copièrent sur un parchemin les recommandations inscrites au tableau et observèrent les chaudrons de leurs voisins, tout en écoutant les commentaires acides de Rogue. Ils notaient tous les détails, le plus précisément possible, et dans un silence religieux. Lorsqu'enfin le cours prit fin, ils le quittèrent vite, avant que Rogue ne puisse les appeler. A présent, tous trois ne souhaitaient qu'une seule chose : se retrouver dans un endroit calme pour examiner les legs du plus grand sorcier de son époque. Aussitôt la dernière heure avec Binns terminée, le trio attendit que les autres soient loin.

- Qu'est-ce qu'on fait ?, demanda Ron. Où allons-nous ?

- C'est embêtant, mais nous ne pouvons pas aller à la bibliothèque,… regretta Hermione.

- Je préfère éviter la salle commune. Même les autres Gryffondors ne doivent pas savoir ce que nous faisons, on ne sait jamais, précisa Harry tandis que les deux autres acquiesçaient.

- Je ne vois que la salle sur demande, proposa Ron en hésitant.

- Le problème c'est qu'Ombrage nous y avait déjà trouvé en cinquième année, objecta Hermione. Je ne sais pas si le professeur Rogue est au courant de son existence. Si c'est le cas, c'est le premier endroit où il s'attendra à nous trouver en ne nous voyant nulle part.

- Mais nous ne risquons rien, rappela Harry. A moins qu'ils ne formulent la bonne demande, la salle ne s'ouvrira pas. C'est la seule pièce discrète à notre disposition, nous n'avons pas le choix.

- C'est vrai. Même si c'est risqué, ça l'est moins que partout ailleurs, confirma Ron.

Hermione finit par accepter à contrecœur, persuadée que ce serait beaucoup trop évident dans le cas où les professeurs connaissaient l'existence de cette salle. Cependant, elle devait avouer que Ron n'avait pas tort, s'ils voulaient chercher tranquillement, c'était l'endroit le moins dangereux à leur disposition.


Voila, j'espère que vous avez aimé ! N'hésitez pas à me le dire )

Prochain chapitre jeudi. (ayant fini hier d'écrire la première partie de cette histoire, je peux poster beaucoup plus souvent ^^ )

Bye !