Chouette ! Déjà le chapitre 4 ?
Bah, non. C'est pas le chapitre 4 XD !
Un interlude afin de vous faire patienter jusqu'à vendredi prochain. Ne partage aucun lien avec la nouvelle en cours. Simplement récréatif.
Auteur : Patte de velours (ronron… ronron…)
Titre : Printemps
Genre : précoce
Pitch : perversité juvénile. Le sujet est tendancieux. Dans cette fiction alternative, Light et Ryûzaki ont le même âge. Et ils ont sept ans. En primaire. Et la scène se déroule à l'extérieur de l'école, en fin d'après-midi, alors que la cloche a sonné et que les écoliers se sont dispersés. Imaginez le printemps, un air tiède à la senteur fleurie vous caresse le visage… Et vous commencez votre lecture.
Rating : M. Parce que c'est yaoi ascendant lemon, parce qu'ils sont jeunes et qu'une relation à cet âge peut paraître dérangeante.
Précision : One-shot rédigé d'un seul jet après avoir visionné l'intégralité de « Dragonzakura » et l'épisode 9 de « Nobuta wo produce » (dramas japonais postés sur dailymotion, Grâces en soient rendues aux fansubbers !). Aucun rapport mais toujours est-il que cette idée a germé dans ma tête dans la foulée de mon visionnage. Maintenant, à bien y réfléchir… il est également question d'école. Ceci explique peut-être cela. En plus de mon esprit dévergondé XD !!
Disclaimer : j'offre une idée à Takeshi et Tsugumi. Light et Ryûzaki sont morts (en plus des trois-quarts des autres personnages). Ça, malheureusement, ce n'est pas un scoop. Alors, voilà. Pour la suite de Death Note, Light et Ryûzaki se réincarnent. Se rencontrent. S'aiment. Et vivent ensemble. Et une fois pour toutes, Takeshi et Tsugumi assument leurs convictions gay.
--
Printemps
--
En ce joli mois de mai, un peu plus de trois semaines après la rentrée, les pétales des cerisiers en fleurs voletaient telle une brume rosâtre. Il eut un sursaut d'étonnement en sentant une main se poser sur sa tête. Une petite voix aux accents curieusement voilés parvint à ses oreilles.
« Tu as des pétales dans les cheveux »
Light regarda celui qui avait parlé et continuait de passer ses doigts dans sa chevelure lissée.
« Ça ne me gêne pas… Et puis tu vas finir par me décoiffer ! »
Son petit voisin le regarda de ses grands yeux noirs. Embarrassé ? Non. En vérité, à son étonnement, Light ne parvenait pas à en déchiffrer l'expression. Deux abîmes d'encre, cernés, dans un visage d'une pâleur de craie. En classe ce matin, il s'était à nouveau assis étrangement, ne parlant à personne. Et quand la maîtresse leur avait rendu les copies corrigées de leurs exercices, il avait été le seul à avoir obtenu le même résultat que lui. La note maximale. La fierté du jeune Light s'en était trouvée piquée. A sept ans son ego était déjà très développé. Et puis, qu'avait-il à le suivre le nouveau ? Sans cesse, il le trouvait à traîner près de lui. Il repoussa la main aux doigts fins qui s'acharnaient sur ses mèches. Le dénommé Ryûzaki afficha une moue boudeuse.
« J'aime bien tes cheveux. On dirait du miel avec une touche de caramel. Pourquoi tu ne veux pas que je les touche ? »
Son entêtement l'irrita.
« Ça ne se fait pas. Est-ce que je touche tes cheveux moi ? »
Le gamin aux larges yeux d'onyx les écarquilla, si possible, davantage.
« Tu veux bien ? »
Le châtain eut un recul ébahi. Contempla la tignasse ébouriffée de son vis-à-vis, les mèches formant des angles pointus comme si un oiseau y avait établi son nid. Leur texture paraissait soyeuse mais ce n'était pas une raison.
« Moi, toucher ce sac de nœuds ? Tu ne te coiffes jamais ? En plus, ils sont moches ! »
Le jeune garçon ne parut pas affecté par ses paroles vipérines. Il se rapprocha, son dos voûté, sa silhouette longiligne rendue plus frêle par la largeur de ses vêtements. Ceux-ci sentaient la grande marque à plein nez mais avaient visiblement été choisis pour son confort bien plus que pour leur élégance. Contrairement aux siens, qui moulaient son corps enfantin comme une seconde peau et rehaussaient la joliesse de ses traits juvéniles. La cour était déserte. Light avait l'habitude de rentrer à pied au domicile familial, situé à quelques pâtés de maisons de l'école, dans le quartier résidentiel. Il se hâtait quand le morveux à tête d'épouvantail s'était mis en travers de son chemin.
« Laisse-moi. Je vais être en retard »
Et d'un geste décisif, il l'écarta abruptement et se dirigea vers la grille ouverte. Les pétales roses, valsant dans la brise continuaient de ruisseler. Deux petits bras entourant sa taille gracile le stoppèrent net. Dans son dos, il sentit la chaleur d'un autre corps se pressant contre le sien. Le souffle humide d'une bouche charnue murmura à son oreille.
« On peut se faire des bisous alors ? »
Il s'apprêtait à protester avec vigueur quand le lobe de son oreille droite fut gentiment mordillé. Un petit bout de langue rose sillonna d'arabesques humides son cou. Un gémissement lui échappa. Il se retourna, le gamin à la chevelure brouillonne le fixait sans ciller, un regard… plein d'espoir, attaché au sien.
« D'accord pour les bisous. Mais après tu me laisses »
Son petit camarade s'empressa de lui prendre la main et l'attira sous un cerisier. Là, sur le tapis floral aux couleurs de barbe à papa, il le fit s'étendre en l'adossant au tronc, et se coucha sur lui. Light n'entendait plus que le son tambourinant de son cœur qui, les secondes passant, cognait de plus en plus fort, rythmé par le souffle heurté de leurs respirations. Ses yeux d'ambre se noyaient dans les profondeurs veloutées de son camarade. Et le poids de son corps contre le sien achevait d'accroître son émoi.
Depuis ce jour de rentrée… depuis ce jour-là. Il sentait son regard continuellement se poser sur lui. Il avait une curieuse façon de s'asseoir, de saisir ses cahiers et ses crayons. Mais la maîtresse n'émettant jamais de réflexion désobligeante, tout le monde dans la classe avait fini par ne plus y prêter attention. Même s'il s'empiffrait de bonbons (en plus de la récréation) alors que c'était interdit. Ses condisciples avaient fini par s'y faire. Et puis, la maîtresse ne le grondait pas. Sale petit privilégié dont tout le monde acceptait les manies. Sauf lui. Il débordait trop du cadre. Et ses lèvres pâles étaient si proches des siennes…
Un bisou timide. Light gémit à nouveau. Ouvrit instinctivement la bouche. Une langue vit s'enrouler à la sienne. Ryûzaki oscillait sur lui, provoquant des frictions contre son entrejambe. Le gamin aux cheveux châtain referma ses bras autour de lui. Il avait un goût sucré, très doux, et il le laissa approfondir leur baiser. Il geignait lui aussi, par intermittences. Des plaintes ténues en forme de ronronnements. Light enfouit sa langue dans sa bouche, à son tour. C'était une bonne idée ces bisous. Il se sentait tout chaud, avec la sensation de flotter, plus léger qu'une bulle de savon et son esprit était comme emmitouflé dans du coton hydrophile. Ryûzaki le serrait très fort contre lui. Il s'écartèrent juste le temps de reprendre leur souffle puis recommencèrent. Les lèvres purpurines du jeune châtain avaient enflé et rougi, et son menton était maculé de salive. Son camarade le regardait comme s'il allait le dévorer. Il protesta, sans conviction.
« Ça suffit pour aujourd'hui… je suis en retard »
Ses lèvres furent à nouveau assaillies. Cette fois-ci avec moins de douceur. Et tout son corps se tendit sous cette brutale mais exquise offensive. Le visage d'ourson contint finalement ses ardeurs. Il lui souffla dans la figure, son regard noir insondable. Puis l'une de ses mains se glissa prestement dans son pantalon. Le châtain hoqueta sous l'intrusion, à la sensation de petits doigts agrippant son sexe.
« Et demain… je pourrai t'embrasser là ? »
Light sentit ses joues devenir écarlates jusqu'à le brûler.
« Si tu veux » bredouilla-t-il.
Son camarade retira lentement sa main, le faisant se mordre les lèvres. Il avait très chaud au ventre. Il ne comprenait pas ce qui lui arrivait mais ne voulait pas que cela cesse. Alors, de ses bras menus, il entoura le cou délicat de son jeune compagnon et l'embrassa en fourrant sa langue profondément dans la moiteur de son palais. Le garçon brun soupira d'aise et se frotta contre lui, stimulant le renflement qui bosselait leurs pantalons respectifs.
A contrecœur, Light mit fin à leur étreinte. Il se redressa, époussetant ses vêtements. Ryûzaki suivait chacun de ses gestes d'un regard apparemment atone, son pouce titillant sa lèvre inférieure. Quand le châtain eut fini de remettre de l'ordre dans sa tenue, l'écolier aux yeux noirs s'empara de sa main.
« On rentre ensemble »
Light se renfrogna. Il lui tenait la main comme à une fille.
« Tu n'habites pas dans mon quartier ! »
« Je vais dans la même direction »
Tous les jours, une somptueuse limousine d'un noir rutilant l'attendait à la sortie. Un chauffeur en livrée lui ouvrait diligemment la portière et son corps malingre s'y engouffrait avec célérité. Comme s'il était monté sur ressort.
« Tu ne repars pas en voiture ? »
La petite main se crispa sur la sienne, toute aussi fluette.
« Je lui ai dit d'attendre plus loin »
Il avait prévu de me rouler des patins dès le début ! fulmina le gamin châtain à cet aveu. Seulement dans le cas où tu en aurais eu envie, lui avait répondu son petit camarade, les prunelles constellées d'étoiles. Oui, il en avait eu envie reconnut le jeune garçon en son for intérieur, plus tard, à l'abri entre les quatre murs de sa maison. Et il avait aimé ça. Ses yeux anxieusement levés sur l'horloge, où les heures s'égrenaient avec une lenteur désespérante.
--
« Tout s'est bien passé Ryûzaki-chan ? » s'enquit le chauffeur, un homme aux tempes blanchies mais au regard vif et pétillant.
« Oui » répondit une petite voix mutine « Aujourd'hui, j'ai fait des divisions, une dictée et du coloriage ». Un froissement se fit entendre à l'arrière et une feuille gribouillée apparut dans son champ de vision, extraite du cartable en cuir qu'il avait posé sur la banquette. Le vieil homme aurait difficilement pu reconnaître le thème pictural tant les formes et les couleurs s'enchevêtraient entre elles.
« C'est à la manière de Picasso ». Aaaah. Le peintre surréaliste. Tout s'expliquait.
« C'est très réussi, Ryûzaki-chan »
Le feu venait de passer au vert. Le jeune garçon se réinstalla sur la banquette, ajustant sa ceinture de sécurité. Poursuivant son babillage sur les activités révolues de la journée. Le chauffeur lui lança un regard attendri par l'intermédiaire du rétroviseur.
« Et demain ? Vous savez ce que vous allez faire ? »
« Oui » Le vieil homme sourit à l'intonation sentencieuse du garçonnet. Le regard noir épinglant le sien avec détermination.
« Je vais goûter à une nouvelle forme de sucette »
--
--
Blabla de l'auteur
Hum ! Hum ! Choqués ? Emoustillés ? Amusés ? Ou « bof, m'en fous » ? Par ici les revieeeeews !!
Les plus attentifs d'entre vous ou ceux qui l'auront lu et s'en souviennent, reconnaîtront ici un bref clin d'œil à la fin d'« Onomatopées »
A vendredi 19 pour la fin d'«… Onde sensuelle » !!
