Note : Désolée du retard, j'ai négligé mes priorités, j'essayerai de faire en sorte que ça ne se reproduise plus :)

MERCI ! Pour vos reviews qui me font plaisir, vous êtes géniaux !

Pour ceux et celles qui se demanderaient : je fais parfois plus références aux livres, pour le caractère de certains personnages. Par exemple, pour Caroline, je l'ai faite plus rancunière qu'elle ne l'est dans la série. Néanmoins, le changement de son tempéramment s'opère par rapport à la série, quand elle est devenue vampire. Voilà :)


CHAPITRE TROIS

WRONG IMPRESSION

« Calling out, calling out!

Haven't you wondered why you're finding it hard just looking at me ? »

Roxy n'aurait jamais songé, même pas une seule seconde, que le terrain des Salvatore serait aussi grand. En fait, à la limite, elle aurait pu croire qu'il serait comme son ancien jardin, plutôt imposant. Seulement, de là à faire la taille d'une forêt, peut-être pas.

Et pourtant, c'était exactement cela. Une gigantesque forêt qui s'étendait sur plusieurs hectares. Du moins, c'était approximativement ce qu'elle pouvait s'imaginer vu le nombre d'arbres qu'elle évitait de justesse depuis sa sortie de la maison. Et aussi, vu le temps qu'elle avait pris à en parcourir la moitié.

Sa canne frappait le sol à la recherche d'obstacles. C'était le seul son qu'elle avait entendu depuis une bonne heure. Où étaient-ils donc tous passés ? Ils ne pouvaient pas être allés si loin sur le terrain. C'était techniquement impossible, elle avait l'impression d'avoir marché des heures or elle les aurait déjà rattrapé si c'était le cas.

De toute évidence, elle marchait bien plus vite qu'eux. Elle était seule, ils étaient en groupe. Alors quoi ? Elle devait se faire une raison, elle n'était pas au bon endroit. Ils n'étaient pas là.

Le blonde était fichue, perdue dans un lieu qu'elle ne connaissait pas, qu'elle ne voyait pas.

Avant, elle aurait trouvé cela amusant, de se perdre dans cette immense forêt. Elle aurait songé que c'était une aventure à vivre. L'adolescente adorait les expériences nouvelles, en fait.

Avec la perte de sa vision, elle se sentait juste trop faible pour affronter le monde extérieur. Alors aller se perdre dans des dizaines d'hectares, ce n'était plus une priorité. Elle se haïssait d'avoir mis ses envies et ses rêves de côté à cause de cette foutue perte de vue.

Si elle avait vraiment été elle, la Forbes se serait mise à courir pour sentir le vent dans ses longs cheveux décolorés. Elle aurait grimpé à l'arbre le plus imposant et elle aurait hurlé à plein poumon sa rage.

Elle ne s'extériorisait plus depuis un moment, cette rage. Elle restait bloquée dans sa gorge, comme toute autre émotion. Elle la tuait à petit feu. Roxy étouffait sous ce surplus de sentiments qu'elle ne pouvait exprimer.

Elle n'avait pas le droit de se le permettre. Tout simplement parce que si elle commençait, elle savait qu'elle ne serait plus dans la capacité de s'arrêter. L'adolescente en avait tellement gros sur le cœur qu'une vie ne suffirait à tout faire passer.

Alors elle tenait le coup en silence, c'était la seule chose à faire. Et parfois, elle s'autorisait un petit sourire, un relâchement. Juste une fraction de secondes, essayer d'être normale.

Mais la vérité, c'était que la blonde ne l'était plus depuis bien longtemps. Elle était handicapée, paralysée par un manque de vision qui l'empêchait de vivre sa vie. Elle ne pouvait continue à se mentir, elle ne pouvait même plus se le cacher. Elle était juste inutile.

« Cacher »… cela lui rappelait curieusement son enfance. Quand, à une époque si lointaine qu'elle l'avait presque complètement oubliée, elle s'amusait à se cacher et que personne ne la retrouvait. Elle était fichtrement bien dissimulée, en même temps.

En fait, elle avait l'avantage de comprendre comment fonctionnait le cerveau des autres enfants. Elle savait où ils allaient chercher en premier et ne se cachait jamais dans ces zones. Elle changeait de place, parfois. Juste si elle sentait que l'endroit était trop facile d'accès.

Une fois, elle avait grimpé si haut à un arbre qu'elle avait été coincé pendant des heures. Personne ne l'avait trouvée et ils avaient finis par abandonner. Les enfants pouvaient être parfois cruels entre eux. Ils avaient juste cessé de chercher et étaient allés prendre un goûter. Elle, elle était restée dans cet arbre jusqu'à ce que la mère de Caroline rentre et demande à sa cousine où elle était.

Evidemment, Caroline avait fini par dire à sa mère qu'ils l'avaient perdue. Aussitôt, Liz avait fait venir ses collègues, ils avaient bouclés le périmètre et au bout d'un moment, ils l'avaient trouvée. Les pompiers avaient dû la faire descendre de l'arbre.

Et bien entendu, sa mère l'avait grondée pour être grimpée aussi haut. Alors que Jer', par exemple, l'avait félicitée d'avoir osé.

Depuis, c'était assez ironique mais, Roxy aimait mettre sa vie en danger. L'adrénaline, bien entendu. Il y avait de ça et aussi, le fait que sa mère avait réagi. Elle pensait qu'en mettant sa vie en danger, sa mère lui donnerait un peu d'attention. De l'escalade à la fugue sur plusieurs jours, elle avait enchaîné pas mal de bêtise.

Et à présent, sa mère était morte.

Il n'y avait plus d'enjeu, alors pourquoi retenter le diable ? Pourquoi s'était-elle rendue dans cette forêt inconnue en sachant pertinemment qu'elle allait se perdre ? Et surtout, qu'une fois de plus, les autres se lasseraient de la chercher quand ils découvriraient qu'elle avait disparu. S'ils le découvraient.

Bien sûr, Caroline avait changé mais jusqu'à quel point ? Est-ce qu'elle prêterait vraiment attention au départ de sa cousine ? Ou penserait-elle qu'elle était juste rentrée ? Voir mieux encore, qu'elle était allée rejoindre son père suite à son coup de fil.

Instinctivement, elle prit son portable en main pour tenter de joindre la dernière personne qui l'avait appelée. Son père. Elle ne pouvait rien faire de mieux dans l'immédiat, elle n'avait pas le numéro de sa cousine ni même celui d'aucun autre de ses amis.

Le portable composa le numéro, seulement, lorsqu'elle le plaqua contre son oreille, ce qu'elle craignait le plus se fit entendre. Aucune tonalité. Elle n'avait tout simplement pas de réseau.

- Bordel ! jura-t-elle avant de ranger violemment son portable dans sa poche.

Elle était stupide. Oui, clairement stupide. Pourquoi se croyait-elle toujours invincible ?

Même le jour où elle avait eu cet accident, elle avait songé que les médecins se trompaient. Même le soir où son père les avait mis en garde, elle avait pensé que rien ne pourrait les atteindre. Alors qu'elle savait que sa mère était en colère, bouleversée et qu'elle n'était pas en état de prendre cette foutue voiture.

Elle s'apprêtait à frapper un arbre, juste à côté d'elle, sous l'effet de la rage quand elle entendit un bruit. C'était si fin qu'elle ne l'aurait sûrement pas entendu si elle avait eu encore sa vision.

Par pur reflexe, elle se tourna en direction du son, restant sur ses gardes. Evidemment, il fallait qu'elle fasse un remake de ces stupides films d'horreur.

Une adolescente naïve et seule, une immense forêt, la nuit qui allait tomber, pas de réseau sur son téléphone et un bruit suspect. Il ne manquait qu'une réplique complètement débile :

- Qui est là ?

Certes, habituellement elle trouvait cette question inutile. Après tout, franchement, elle voyait très mal un tueur en série apparaître est dire : « c'est moi, Jason, une tasse de thé ? ». Elle retint un rire, trouvant sa réflexion plutôt comique. Quoiqu'il en soit, en temps normal, elle n'aurait jamais demandé qui pouvait bien être là étant donné qu'elle savait qu'il n'y aurait pas eu de réponse.

Seulement, sous la peur, c'était la seule chose qu'elle fut capable de dire. Sûrement parce qu'elle avait vu ce genre de scènes des dizaines de fois et qu'elle savait comment cela se finissait. La pauvre enfant se faisait tuer, elle mourait dans d'atroces souffrances et personne ne venait l'aider à s'en sortir, malgré nos espoirs. Flippant, hein ?

Roxy crut, cependant, qu'elle avait tout simplement halluciné. Plus aucun son ne se répercutait dans la forêt, tout était calme.

C'était exactement à ce moment que la musique se baissait. Et la seconde d'après, revenait trop puissante, suivie par le meurtrier.

Pour elle, aucune musique mais pour ce qui était du meurtrier… En une seconde, elle fut plaquée contre un arbre, la personne l'ayant prise par le cou, serrant avec force.

- Où est Caroline ?! s'enquit une voix grave dans un accent totalement différent de celui de la blonde.

C'était un homme, un anglais. Un anglais avec une sacrée poigne.

Et puis d'abord, pourquoi cherchait-il Caroline ? Et surtout, comment la connaissait-il ? Etait-ce une mauvaise farce de sa cousine ? Un bizutage dans les formes ? Elle la reconnaissait bien là.

Sauf que cette voix, elle ne la connaissait pas du tout justement. Ce n'était pas un ami de Caroline, pas un qu'elle ait déjà rencontré du moins.

Et si cela avait été une farce, elle aurait cessé depuis quelques secondes. Ils auraient fini par voir que Roxy virait, de toute évidence, au rouge, manquant d'oxygène et l'anglais aurait desserré sa prise.

Non, ce n'était pas une blague.

Son instinct lui hurla de se débattre, ce fut ce qu'elle fit, vainement. D'abord, elle chercha sa canne à tâtons mais elle avait dû la lâcher sous la surprise et la violence dont avait fait preuve l'anglais. Alors, elle se mit à le griffer et à donner des coups de pieds. Néanmoins, rien ne semblait le perturber.

- Qu'as-tu fait de Caroline ?!

Ce qu'elle avait fait de sa cousine ? Il s'inquiétait pour elle ? Une seconde ! Pourquoi croyait-il qu'elle avait pu lui faire du mal ? Elle était encore plus frêle que Caroline, elle n'avait pas la carrure pour se confronter à la jolie blonde. Cela ne lui traverserait même pas l'esprit, par ailleurs.

Il maintenait sa prise, Roxy commençait à suffoquer. Et il n'arrêtait pas de lui demander ce qu'elle avait pu lui faire ou mieux encore, pourquoi elle dégageait la même odeur. C'était incroyablement étrange, comme question. Surtout que l'adolescente ne portait pas le même parfum que son aînée. Elle ne supportait pas l'odeur trop fleuri qu'il avait.

Alors de quoi parlait-il à la fin ?

- Regarde-moi ! ordonna-t-il soudainement.

- J'aimerai… bien… parvint-elle à répondre, se vidant plus rapidement encore de son précieux oxygène.

C'est alors qu'il desserra son emprise. Elle sentit une brèche et, gonflée par l'adrénaline, n'hésita pas une seconde. Son genou rencontra les parties intimes de son agresseur avec violence.

Aussitôt, il la lâcha complètement et elle s'écarta de lui, manquant de tomber. Elle tentait de récupérer son air, c'était beaucoup trop d'oxygène dans ses poumons. Elle toussa un long moment, essayant de garder son équilibre, ce qui lui donnait encore plus le tournis.

- Je n'ai… strictement… rien fait… à Caroline, lui expliqua-t-elle difficilement, entre deux toux. C'est ma cousine !

Pourquoi essayait-elle de se justifier auprès de lui ? Il avait tenté de la tuer après tout, non ? Et il pouvait recommencer à tout moment. Elle ferait bien mieux de s'enfuir.

Seulement, cette dose d'adrénaline en elle n'était pas suffisante pour qu'elle reprenne suffisamment de force. Elle ne parviendrait à faire trois pas qu'il l'aurait déjà rattrapée.

- Oh, eh bien voilà qui explique bien des choses, répondit-il comme si de rien était.

Comme s'il n'avait pas essayé de la tuer, quelques minutes auparavant.

- Qui êtes-vous, bon sang ? s'emporta-t-elle, manquant cruellement de patience.

- Désolé, Sweetheart, je ne peux répondre à ça, je dois déjà m'en aller.

Elle allait répliquer seulement, en une fraction de secondes, elle comprit qu'il n'était plus là. Elle ne sentait plus son regard sur elle. Il n'y avait plus ce parfum agréable qui surplombait l'air. Il était parti comme il était apparu.

Et elle était à nouveau complètement seule.


Qui est cette mystérieuse personne ?

Allez, je vous ai donné bien des indices, c'est un fifty-fifty ;)

En tous cas, j'ai hâte de lire vos avis sur ce chapitre, un peu court je l'admet et j'en suis désolée...

Amicalement vôtre, MissVeno'