Chapitre 4
- Plus vite, Hidan! Ils nous rattrapent!
- Lâche moi! La fuite est contraire à tout mes principes!
Le regard de Kakuzu partit en biais, et le mercenaire esquissa un sourire déterminé. Tirant son compagnon par le bras, il dévia brusquement sa route.
- Par ici!
Hidan fut entraîné à sa suite, et écarquilla les yeux en s'apercevant que Kakuzu avait l'intention de revenir au village.
- Mais t'es complètement taré? Si on rentre ici on va se faire encercler avec les patrouilles du village!
- Ferme-là et suis-moi.
Kakuzu serra plus fermement le bras d'Hidan, et ils atteignirent les portes du village sans trop d'encombres.
- Et maintenant qu'on est sûrs de se faire tuer, on va où?
- Assez loin pour qu'une escouade de ce village nous prenne en chasse.
Hidan se retourna et put apercevoir les shinobis de Konoha, figés devant les portes du village, semblant hésiter. Ils se consultèrent un instant du regard, puis l'un d'eux hocha la tête, et ils franchirent les grilles.
Kakuzu continuait d'avancer à l'aveugle, traînant toujours son coéquipier par le bras.
- Tu sais, fit soudain Hidan: tu te remets drôlement vite de tes blessures ! T'as vu comment tu cours ? À croire que ces derniers jours, tu faisait la comédie...
- Qu'est-ce que tu crois ? L'espoir de vivre, ça donne des ailes ! Et non, je ne faisait pas la comédie. C'est une idée puérile qui te va mieux qu'à moi.
Les deux criminels se remirent à courir, et leur route fut bientôt bloquée par quatre bonhommes du village. Kakuzu fit volte face, mais se heurta à l'escouade de Konoha, qui les avaient enfin rattrapés.
- Tu vois ! Se plaint Hidan : je t'avais bien dit qu'ils nous rattraperaient ! Mais on m'écoute jamais, moi !
- Tais-toi et apprécie le spectacle.
L'armée de Konoha remarqua soudain celle du village, et les choses s'enflammèrent :
- Hé ! Qu'est-ce qu'ils font là, eux ? C'est NOS criminels !
- Hein? Vous êtes fous ? Ils sont dans NOTRE village !
- Oui mais c'est NOTRE mission ! On a passé un accord !
- Oh, vraiment ? On n'a pas étés mis au courant, tiens !
Dos à dos, les déserteurs assistaient, bouche bée, à un conflit entre villages ennemis. Kakuzu adressa un sourire narquois à Hidan:
- Je t'avais bien dit que c'étaient tous des cons.
- T'avais tout prévu?
- Oui, tout. Et maintenant on attend qu'ils commencent à se taper dessus et on s'éclipse.
Les insultes commencèrent à fuser de toutes parts, et certains shinobis commencèrent à se montrer menaçant, allant jusqu'à sortir leurs armes, ignorant totalement les deux criminels. Ces derniers commençaient à s'éclipser, lorsqu'un shinobi du village balança une bombe qui retomba directement... Dans les bras d'Hidan. Kakuzu se frappa le visage du plat de la main.
- Et merde...
L'immortel commença à trépigner d'appréhension, soufflant stupidement sur la mèche.
- Hidan, lâche ce truc!
Sous le coup de la panique, les autres ninjas s'étaient figés, cherchant un moyen de résoudre ce problème de bombe.
Kakuzu fondit vers Hidan, le prit brusquement dans ses bras, et ce qui devait arriver arriva :
BOOM !
Ibiki évitait le regard de Tsunade. Il savait que la hokage entrerais dans une de ces fureurs effrayantes dont elle avait le secret lorsqu'il lui ferait la synthèse de la mission.
La kunoichi lui jeta un regard sombre et soupira d'impatience devant le silence de l'homme.
- Allez, déposes ton bilan, n'ai pas peur.
- La... La mission a été effectuée avec succès les cibles ont été éliminées.
- ...Mais?
- Eh bien...
Le shinobi hésita un instant, puis vit la hokage faire craquer significativement ses jointures, ce qui le ramena immédiatement à la raison:
- ...Les trois ninjas qui m'accompagnaient sont gravement blessés. Ce bilan s'applique également aux shinobis adverses...
- Je vois. Nos rapports déjà difficiles ne vont pas s'améliorer avec ça... Où sont les corps des déserteurs?
- Ils ont étés détruits durant l'explosion. Il n'en reste que quelques morceaux de chair calcinés...
La hokage ferma les yeux quelques instants, tâchant de garder son calme, puis attrapa un calepin.
- Bon. Je pense qu'on peut enfin signer leur acte de mort... C'est toujours ça de bon... Shizune!
Lorsque Hidan se réveilla, il ne comprit pas tout de suite ce qu'il voyait. Il se sentait ballotté dans tous les sens et la tête lui tournait. Il lui fallut quelques minutes pour comprendre qu'il se faisait transporter sur l'épaule de quelqu'un, et s'agrippa au tissu bon marché qui couvrait le dos de son « hôte ».
- Oh, Hidan, tu es réveillé?
L'immortel reconnu la voix de Kakuzu et se redressa comme il put. Il avait tout juste trouvé une position plus confortable lorsque Kakuzu le lâcha brusquement, et qu'il fut précipité sur le sol de terre gelée.
- Hé! Sois sympa je viens de me réveiller!
- De toutes façons on vient d'arriver.
Le jashiniste s'assit sur le sol, enroulant pensivement les perles de son pendentif entre ses doigts.
- Tu m'as pris mes vêtements, remarqua-t-il alors.
- Oui, ça faisait des semaines que je n'en portait plus, j'ai changé la donne.
- Pas trop serré?
- Si, Atrocement.
Hidan reprit petit à petit ses esprits et remarqua qu'ils étaient en plein milieu d'une forêt enneigée. Il tourna la tête vers Kakuzu, et remarqua alors une sorte de chalet derrière lui.
- On est où, en fait?
- Là où personne ne nous trouvera. C'est une vieille planque à moi.
- Ooh... Tu es plein de ressources!
Kakuzu déverrouilla la porte, et entra dans la cabane, suivit par Hidan.
- Alors c'est là que tu te cachais ?
- Pendant un temps.
Le chalet était plongé dans le noir, mais à la lumière de la lune, on devinait qu'il était recouvert de poussières et de toiles d'araignées. Il faisait froid, et une persistante odeur de moisi flottait dans la pièce.
Kakuzu avança lentement, et chercha à tâtons la cheminée. Il y avait toujours une bûche à l'intérieur. Le vétéran s'accroupit et entreprit de faire un feu :
- On va devoir se contenter de ça pour ce soir. Demain, on rendra cet endroit plus... « vivable ».
Les flammes commencèrent à danser dans l'âtre, révélant l'ensemble de la pièce.
- Pas la peine de te préciser qu'il n'y a qu'un lit...
Hidan était toujours immobile sur le pas de la porte, frigorifié. Kakuzu lui jeta un regard oblique, qui lui donna des frissons, et l'immortel marcha silencieusement jusqu'à la cheminée pour tenter de se réchauffer. Il avait mal à la tête. Tout s'était passé trop vite et il ne se souvenait plus de rien à compter de l'explosion. Du coin de l'œil, il vit Kakuzu ouvrir un coffre en bois et fouiller à l'intérieur.
Il s'était passé quoi, avant l'explosion ?
Ha, oui. Kakuzu l'avais serré contre lui, le recouvrant littéralement.
Et ensuite ?
Ce contact l'avait considérablement surprit. Il avait lâché la bombe et avait immédiatement regretté ce geste. Ensuite... La bombe avait explosée.
Kakuzu posa doucement ses mains sur les épaules d'Hidan, couvrant sa peau nue avec une couverture. L'immortel resta un instant stupéfait par la douceur de ce geste, pourtant si anodin, mais quand il se retourna pour regarder Kakuzu, ce dernier était repartit dans son coin.
- Qu'est-ce que tu fais, 'Kuzu ?
- Je prépare le lit. Le matelas est un peu humide mais j'ai pu garder quelques duvets au sec.
Hidan hocha la tête, et resserra plus étroitement la couverture autour de ses membres endoloris. Il commençait à se réchauffer un peu.
Dehors, le vent sifflait à travers les sapins. Les volets étaient fermés, mais la lumière de la lune se diffusait encore en un fin rai de lumière blanche, à travers les panneaux de bois.
Kakuzu finit par rejoindre Hidan près du feu, allongeant ses mains vers les flammes pour les réchauffer.
- Kakuzu ?
- Qu'est-ce qu'il y a ?
- Comment ça se fait qu'on est toujours vivants ?
- C'est simple : lorsque la bombe a explosée, je t'ai « recouvert » et j'ai solidifié mon corps.
- Hm... Mais comment tu as pu ? Quelques minutes plus tôt tu ne pouvais même pas générer de chakra !
- Je ne sais pas trop... J'ai reçu une sorte de poussée d'adrénaline.
- Aha. En tous cas merci...
- …
Le regard de Kakuzu se perdit à la contemplation des flammes. Il avait toujours froid.
Il soupçonnait l'émotion qu'avait reçu Hidan en réceptionnant la bombe d'être à l'origine de l'afflux de chakra qui déferlait à nouveau en lui.
- ...Kakuzu ?
- Quoi ?
- On va faire quoi, maintenant ? Je veux dire... on n'a plus aucune attache.
- Maintenant...
Le vétéran pouvait sentir le regard brûlant de son compagnon fixé sur lui. À vrai dire, il n'avait pas trop réfléchit à la question. Il frissonna à nouveau, transi. Hidan lui jeta un coup d'œil, puis se resserra contre lui, partageant sa couverture. Les deux criminels restèrent un long moment immobiles côtes à côtes.
- Tu n'as pas de but ?
- Non. Rien de très gratifiant.
- Alors on va faire quoi, maintenant ?
- « On ? »
- Oui... Je veux rester avec toi, moi !
Kakuzu soupira, passablement gêné. Il sentit la tête d'Hidan se poser contre son épaule, et se dégagea, embarrassé. Hidan le regarda avec frustration.
- Pourquoi ce genre de situation te gêne ? T'as l'air d'un dur, mais dés que quelqu'un te colle d'un peu trop près, tu te changes en vierge effarouchée !
Le vétéran se leva, et marcha jusqu'au lit :
- Tu voulais savoir ce qu'on va faire maintenant ? Je vais te le dire, moi : on va dormir !
Kakuzu se leva brusquement et Hidan le suivit jusqu'au lit :
- Ha non, change pas de sujet ! Tu te défile toujours, c'est trop facile.
- Hidan. Ne m'oblige pas à te frapper.
Hidan ignora la menace et s'empressa de s'asseoir sur le lit pour en bloquer le passage, condamnant Kakuzu à rester debout, en face de lui.
- Pousse-toi.
- Non ! Je veux qu'on parle !
- Je n'ai pas la patience de t'écouter. Hors de mon chemin !
Des appendices noirs s'échappèrent des coutures du bras de Kakuzu et entreprirent de pousser Hidan sur le côté, mais ce dernier tînt bon.
- Allez, Kakuzu, fais pas le gamin, assis-toi !
- Moi ? Un gamin ? Tu t'es regardé dans un miroir, récemment ?
- Avoues, tu refuse qu'on discute parce que je te gène, pas vrai ?
- Hein ? Tu te fais des idées !
Hidan agrippa l'un des « tentacules » de son coéquipier et tira de toutes ses forces dessus, entraînant du même fait Kakuzu vers lui. Ce dernier perdit l'équilibre, mais se rattrapa à deux mains contre le mur, se retrouvant penché au dessus d'Hidan.
- Alors si je ne te gène pas, parlons !
L'immortel serra ses jambes autour des hanches de Kakuzu, le maintenant par la nuque pour l'empêcher de se relever.
Sous ce contact indésirable, Kakuzu se crispa, mal à l'aise, faisant force pour se dégager.
- Bon, d'accord, mais lâche-moi.
Hidan esquissa une moue déçue, mais desserra les jambes, laissant Kakuzu s'asseoir à ses côtés, non sans lâcher un profond soupir affligé :
- Alors, dis moi, qu'est-ce qu'il y a ?
Hidan reprit son sérieux, et se mordit pensivement les lèvres:
- Je t'ai déjà posé ma question : pourquoi je te gêne à chaque fois que j'essaie d'être amical avec toi ?
- Peut être parce que tes approches sont plus qu'amicales ?
- Non, non. J'ai plutôt l'impression que tu as peur de ternir ton image de fourbe impitoyable en étant trop tendre avec moi.
- …
- …
- Tendre ?
- Gentil, si tu préfère.
Kakuzu resta impassible, mais détourna le regard. Hidan regarda son compagnon avec un sourire entendu :
- Alors, j'ai vu juste ?
- Tu prends tes désirs pour des réalités.
- Arrête, Kakuzu, tu ne te détends jamais, regarde moi ça, tu as l'air stressé c'est pas croyable !
- Agacé serais un meilleur terme.
- Ce que je veux dire par là, c'est que tu refuse de te laisser submerger une émotion ou une autre, tu filtres tout ce que tu veux laisser percevoir !
- Et qu'est-ce que ça peut te faire ?
- Ça te rend irritant.
Kakuzu eut un soupir de dépit, et décida de ne plus répondre aux questions fébriles d'Hidan.
Ce dernier, comprenant son échec, se coucha en travers du lit.
- ...Hidan ?
- Oui ?
- Pourquoi tu as fais tout ça pour moi ?
Les traits du jashiniste se tordirent comme s'il avait avalé du vinaigre, et remarqua, embarrassé, que Kakuzu le regardait franchement, dans l'attente de sa réponse.
- Hé bien... Heu...
- C'est tout de même étrange que la première chose à laquelle tu ais pensé en retrouvant ton corps, soit de me ramener à la vie. Tu aurais pu tout simplement t'enfuir.
- ...Je ne sais pas. Ça m'a semblé normal.
- Normal ?
- Hm mm...
- Tu remarqueras que cette fois, c'est toi qui est gêné.
Le vétéran s'autorisa un petit sourire amusé, devant l'expression compassée et la teinte peu commune qu'avait prit le visage de l'immortel.
- Bon, admit-il : d'accord, j'avoue que je me suis attaché à ta présence !
- Oh, vraiment ? Étrange.
- Pourquoi ça ?
- J'envisageait de te tuer, et nous ne nous sommes jamais entendus, voilà pourquoi.
- Oui mais malgré moi... J'aime bien ton sale caractère.
- Tu dois être un peu masochiste. Ou cinglé.
Hidan eu un sourire narquois, mais ne répondit pas. Un long silence pesant s'installa, chacun méditant sur les réponses qu'il avait obtenu, puis Hidan se résigna, et se releva :
- Allez, dormons. Je crois qu'on en a tous les deux besoin.
Kakuzu acquiesça, et se tapit sous les draps, bientôt rejoins par Hidan.
L'immortel savait qu'ils n'avaient jamais été aussi proches, aussi étrangement que cela puisse paraître.
Après tout ce temps, passé au fond d'une fosse, quelque chose avait changé pour Hidan. Il avait eu du temps à revendre ! Durant ses premiers mois, il n'avait pensé qu'à sa haine envers le monde, et à Dieu. Mais les mois suivant, ou les années -Hidan avait renoncé à compter- L'esprit du jashiniste avait été envahit par les souvenirs. En partie par ceux de, si l'on puis dire, la fin de sa vie. Kakuzu lui était alors apparu comme le seul ami qu'il ai eu. La seule personne à s'être intéressé à ce fanatique à grande gueule. Voilà pourquoi le ramener à la vie lui avait parut être une priorité.
Hidan laissa vagabonder son regard vers Kakuzu, et surpris le regard que ce dernier posait sur lui.
Le silence redevint pesant. L'immortel hésita longuement, puis avança timidement une main vers Kakuzu. Il était presque certain que ce dernier le repousserais, mais il voulait tout de même essayer.
Ses doigts frôlèrent ceux de son compagnon, et celui-ci se figea, le regard planté sur le jashiniste.
Après un moment, Kakuzu étant toujours immobile, Hidan retira sa main en croyant à un refus, mais aussitôt, il sentit deux bras s'enrouler autour de sa taille et l'attirer vers le torse musclé du vétéran.
Hidan esquissa un sourire comblé, dans le noir, et enlaça à son tour Kakuzu.
Les deux criminels restèrent silencieux un moment, et finirent par s'endormir, serrés l'un contre l'autre.
Lorsqu'Hidan se réveilla, il était seul dans la cabane. Il se leva, et finit par trouver une note de Kakuzu, qui indiqua au jashiniste qu'il était partit chercher « de quoi manger » tout en lui conseillant de ne pas « faire de conneries » et « d'attendre sagement son retour ».
Le problème était qu'Hidan restait le même...
Les lèvres du jashiniste s'étirèrent en un large sourire : il avait une petite idée de comment passer le temps.
Kakuzu marchait, seul, dans les bois enneigés.
S'il était sortit, ça n'était pas tant pour braconner , mais pour profiter d'un moment de solitude: il avait besoin de réfléchir.
Hidan. Dès le premier jour, Kakuzu avait eu envie de le tuer. D'effacer ce sourire stupide de son visage.
Ils n'avaient que très peu d'affinités, n'étaient jamais en accord et ils ne passait pas un jour sans qu'ils ne manquent de se taper dessus, mais Kakuzu avait toujours ressentit pour l'immortel un semblant de sympathie. Il était heureux, quelque part, de ne pas être seul.
Cela dit, il n'aurait jamais pensé entretenir un jour des liens aussi étroits avec lui.
Le souvenir des familiarités de la nuit dernière gêna le vétéran, qui accéléra un peu plus.
Qu'est-ce qui avait bien pu passer dans le crâne de ce petit con d'immortel? Et pourquoi diable ne l'avait-il pas repoussé?
Kakuzu durcit son poing et décida de se passer les nerfs sur le repas de ce midi. À savoir: un cerf.
Sans lui laisser la moindre chance, il décrocha ses poings et écrasa la tête de l'animal, qui s'effondra sur le flanc. Kakuzu le saisit par les bois et entreprit de le traîner jusqu'à la maison.
Du cerf... C'est Hidan qui allait être content.
Lorsque Kakuzu arriva près du chalet, la première chose qu'il remarqua, c'est une mare de sang circulaire, et Hidan nu, couché en son milieu, un pieu planté dans le ventre.
Rien de plus naturel.
Kakuzu soupira, agacé, et laissa tomber la dépouille du cerf aux côtés d'Hidan, qui ouvrit brusquement les yeux en sursautant.
- Kakuzu! Tu as encore interrompus mon rituel!
- J'ai du travail pour toi.
Hidan s'assit dans la neige en tremblant, et arracha le pieu de son estomac.
- Ah oui? Et c'est quoi?
Kakuzu indiqua le cerf du doigt:
- Dépèce-le, vide-le, puis découpe-le et mets-le à cuir.
- C'est tout? demanda l'immortel avec ironie.
- Pour le moment, oui.
Sans tenir compte des jérémiades de son acolyte, Kakuzu entra dans le chalet pour raviver le feu. Il s'apprêtait à ressortir, lorsque quelque chose attira son attention: aux côtés de la cheminée se dressait un grand sapin.
Kakuzu écarquilla les yeux: ça, c'était signé...
- Hidan!
Le vétéran sortit en trombes de la maison, et vit Hidan, enroulé dans une couverture, en train de sortir un à un les tripes du cerf.
- C'est absolument dégueulasse...
L'immortel leva les yeux vers Kakuzu, passablement agacé:
- Quoi, qu'est-ce que j'ai fait?
- C'est quoi, ça, dans la maison?
- Ça s'appelle un sapin de noël, c'est...
- Je sais ce que c'est, abrutis! Je te demandes juste ce que ça fout dans ma maison!
- NOTRE maison. Je l'ai mis parce que c'est demain noël.
- On fête noël dans ta religion?
- Non, mais je l'aime bien quand même.
- Tu vas me faire le plaisir de retirer cet arbre: il prend de la place et il fout des aiguilles partout!
Hidan soupira, et baissa la tête vers son ouvrage, continuant de vider la bête en ignorant copieusement Kakuzu.
- Tant pis, déclara ce dernier: je vais le retirer moi-même.
Il passait la porte, lorsque quelque chose s'écrasa contre l'arrière de son crâne avec un bruit visqueux. Le vétéran serra le poing, et porta lentement sa main à sa nuque, saisissant le projectile à pleine main. Il se retourna vers Hidan, Le regard empreint de rage, et regarda ce qu'il avait reçu: le cœur du cerf.
- Qu'est-ce que tu as osé faire?
Hidan esquissa un large sourire, semblant beaucoup s'amuser, puis baissa les yeux vers le tas d'entrailles à ses pieds, piochant dans le tas.
- Hidan, non... NON!
Kakuzu évita tant bien que mal la salve d'abats que lui envoyait son compagnon, et sans réfléchir, contre-attaqua en renvoyant le cœur, qu'il avait toujours en main. Une lueur amusée s'alluma dans le regard d'Hidan:
- Ha, tu veux jouer à ça?
À court de munitions, Hidan récupéra la neige ensanglantée vestige de son rituel, et forma une boule, qu'il envoya s'écraser contre le visage de Kakuzu.
- Prends ça, sale athée de merde!
Les boules de neige commencèrent à pleuvoir, et Kakuzu, furieux, se précipita vers son coéquipier pour, faute de mieux, attraper la couverture qui le couvrait et tirer. Hidan cessa immédiatement son petit jeu et attrapa lui aussi son vêtement improvisé:
- Hey! Tu triches! Tu triches!
Kakuzu envoya valser la couverture, saisissant Hidan à la gorge:
- Alors toi...
Il précipita l'immortel contre le sol, et plongea sa main dans le ventre béant du cerf, pour en ressortir une poignée de matière sanguinolente :
- Mange ça !
Les deux criminels roulèrent quelques minutes dans la neige, Kakuzu étalant la matière sur le visage d'Hidan, jusqu'à ce que l'immortel ne réussisse à immobiliser son assaillant en pesant de tout son poids sur l'estomac de ce dernier.
Kakuzu se laissa retomber en arrière et jeta un regard furieux à son compagnon, qui s'essuyait le visage d'un revers de main en crachant le sang qu'il avait avalé.
- C'est immonde, scanda l'immortel : regarde dans quel état je suis, maintenant!
Hidan, pour une fois, n'exagérait rien : son visage et son corps étaient couverts de sang.
- Et comment tu veux que je me lave, maintenant? Le ruisseau qui traverse les bois doit être gelé!
L'immortel se leva, furieux et ruisselant de matière.
- Et en plus l'odeur va me poursuivre pendant des semaines! Et même si j'arrive à m'en débarrasser, comme toi aussi maintenant tu pues, ça va être..
- C'est bon, j'ai compris!
Kakuzu se releva, et indiqua la maison:
- J'ai prévu quelque chose dans la maison, au cas où.
- Ha ouais? Quoi?
- Une sorte de salle de bain. L'eau est chauffée par un système hydraulique directement relié au ruisseau... Je me suis dit que ça serait pratique en cas de combat trop... sanglant.
- Quoi? Pourquoi tu l'as pas dit plus tôt?
- Suis-moi, et tâche de ne pas mettre de sang partout.
Kakuzu entra dans la maison, et écarta un rideau sur le mur du fond, dévoilant une minuscule salle carrée, meublée uniquement d'une baignoire artisanale et poussiéreuse, et d'une sorte de chauffe-eau rouillé. Hidan fit quelques pas et toisa la salle, dédaigneux.
- Et tu appelles ça une salle de bain? Tu plaisante, j'espère!
- Hidan... On est dans une planque, pas dans un camp de vacances. Ouvre les volets, je vais allumer le chauffe-eau.
L'immortel s'exerça, et bientôt, la pièce fut inondée de lumière puis un « clang » métallique retentit en direction du chauffe-eau, signe que Kakuzu l'avait réactivé.
En se retournant, Hidan vit Kakuzu sortir de la pièce se précipita à sa suite:
- Hé! Attends-moi! Pourquoi on s'en va? Y'a pas d'eau?
- On n'a encore le temps avant que ça chauffe. Profitons-en pour finir de préparer le repas. Et sérieusement, cette fois!
Arrivant dehors, Hidan récupéra la couverture qu'il avait laissée, et la resserra autour de lui pour se protéger du froid. Il n'y avait pour ainsi dire pas de vent, mais l'air était toujours glacé. Soupirant de résignation, Hidan s'accroupit devant le cerf.
Quand le travail fut finit, Kakuzu revint dans la salle de bain, et tourna le robinet. De l'eau tiède se déversa dans la cuve, réchauffant agréablement l'atmosphère.
- C'est bon? L'eau a tiédit?
Kakuzu se retourna et vit Hidan, les bras croisé dans le dos, qui regardait la baignoire, avide.
- Oui. Ça a marché.
-Ouf, j'ai faillit m'impatienter!
Hidan laissa tomber sa couverture et avança vers la baignoire, mais Kakuzu le retînt:
- Hidan, on était convenu que j'irais en premier!
- Hein? Mais il y a largement de la place pour deux!
- Tu plaisante j'espère?
- C'est bon, tu vas pas recommencer..
- Hors de question qu'on prenne notre bain ensemble!
- Pff... Bon d'accord.
Hidan récupéra sa couverture et fit mine de partir:
- Vas-y, j'irais après.
Kakuzu était surpris que l'immortel lâche l'affaire aussi vite, mais ne releva pas. Il s'assura qu'Hidan était sortit, puis se déshabilla lentement, coupa l'eau, et se glissa lentement dans la baignoire. La chaleur du liquide atténua la douleur de ses membres endoloris et, apaisé, il posa sa tête contre le bord et ferma les yeux pour savourer l'instant.
Soudain, des pas précipités résonnèrent contre le plancher et, ouvrant les yeux, Kakuzu vit Hidan se plonger dans la baignoire.
- Hidan! Dégage!
- Oh, qu'est-ce que tu es prude, toi alors!
Kakuzu repoussa Hidan contre l'extrémité opposée du bain, profondément affligé.
- Oh, fais pas cette tête, Kuzu'! Qu'est-ce que tu compte faire? Sortir tes tentacules et m'étrangler?
- Laisse mes « tentacules » tranquille et vas-t'en! Immédiatement!
- T'es adorable quand t'es en colère, continue!
- Hé mais tu te fiche de moi en plus?
Kakuzu repoussa Hidan comme il put, et le menaça de VRAIMENT sortir ses tentacules pour lui foutre « quelque part », mais l'avare n'obtînt que des rires.
- Allez, Kakuzu, qu'est-ce que ça te coûte ? La dernière nuit je me suis endormie dans tes bras ça ne t'as pas dérangé, au contraire !
- C'est pas pareil... La journée avait été éprouvante.
- Je ne vois pas bien le rapport...
Hidan se laissa glisser vers Kakuzu, un petit sourire aux lèvres, et vit Kakuzu se crisper à nouveau :
- N'aie pas peur..
- De quoi tu voudrais que j'ai peur ? De toi peut être ? Laisse moi rire..
- Non.. Pas de moi : de ça !
Kakuzu sentit les mains humides et chaudes d'Hidan agripper ses épaules, et ses lèvres de l'immortel se plaquer contre les siennes. Prit de cours, le vétéran tenta de se dérober, mais Hidan serra ses bras autour de sa nuque, lui empêchant toute défiance.
- Hidan.. N...
Kakuzu plaqua ses paumes contre le torse de l'immortel, et le repoussa brusquement. L'immortel heurta le bord opposé de la baignoire avec un gémissement stupéfait, et y resta, figé, plongeant son regard mauve dans celui de son coéquipier.
Ce regard glaça le sang de Kakuzu : on pouvait y lire une foule d'émotions. Elles fusaient anarchiquement, trop vite, dans la tête du religieux : stupéfaction, honte...
Pour la première fois, en regardant son compagnon, Kakuzu ne vit pas l'énergumène immortel, ni le fanatique... mais l'humain, derrière Hidan.
Son cœur, ou plutôt, le cœur d'Hidan, battait à tout rompre.
Sans dire un mot, l'immortel se leva, pantois, et couru hors de la maison.
Kakuzu entendit la porte claquer, et se passa la main sur le visage, dépassé.
Il se retrouvait à nouveau seul. Mais cette fois, il s'en voulait.
Troublé par les événements, Kakuzu sortit de la salle de bain, attrapant au passage une serviette, et alla se planter devant le fenêtre : Dehors, il faisait nuit noire, et la neige avait recommencé à tomber.
Kakuzu baissa les yeux, inquiet, et s'assit devant la cheminée.
Il n'avait pas pensé un instant qu'Hidan puisse s'enfuir comme ça. C'était surréaliste.
Peut être que cette fois, Hidan n'avait pas agit par goût de provocation ? Kakuzu écrasa son visage contre la paume de sa main en maugréant : et voilà, Hidan était partit par sa faute, et c'est maintenant qu'il réalisait que l'immortel ne se foutait peut être pas entièrement de lui, avec ses avances.
Où était-il, maintenant ? Kakuzu espérait qu'il aille bien : têtu comme il l'était, s'il rencontrait des shinobis, il ne chercherait pas à fuir, même désarmé.
Kakuzu se releva, et, en s'approchant du lit, remarqua que la couverture manquait : faute de vêtement, Hidan avait dû la prendre avant de s'enfuir. Il ne risquait pas d'aller bien loin : il était pieds nus dans la neige !
Il s'assit sur le matelas nu, et effleura se mordit les lèvres : et voilà... Il avait encore tout gâché.
Poussant un profond soupir, le criminel s'allongea sur le dos, une main sur le coeur : Ses yeux..
Ce regard qu'Hidan lui avait jeté l'avait particulièrement troublé.
Pire, ce départ précipité avait laissé en Kakuzu un incompréhensible relent de frustration.
L'avare jeta sa serviette dans un coins de la pièce, et entreprit d'enfiler un pantalon.
- Hidan reviendra. » se dit Kakuzu : « Il n'a nulle part où aller. »
sur le moment, cette réalité satisfit Kakuzu, mais une autre vérité le frappa en écho :
- Il ne reviendra pas, quitte à passer la soirée sous la neige. Il t'as déjà démontré maintes et maintes fois à quel point il était têtu... Tu sais que la morsure du froid ne le fera pas reculer.
Abrutis d'immortel.
Couché face au mur, Kakuzu se repassait la scène en mémoire.
Hidan était délibérément entré dans son bain et. L'avait. Embrassé.
À ces derniers mots, Kakuzu grinça furieusement des dents, et ferma les yeux.
Et Hidan avait eu cet air surpris, lorsque Kakuzu l'avait repoussé...
Qu'est-ce qu'il croyait ?
- C'est pourtant évident.
- Non ça ne l'est pas. Pas du tout.
- Tu le sais, tu ne peux juste pas l'admettre ouvertement.
Agacé, Kakuzu roula sur son flanc opposé, tâchant de chasser cette voix contrariante de son esprit.
- C'est le regard qui t'a troublé. Parce que dans ce regard, tu as lu toutes ces choses que tu te refuse...
- Balivernes. De toute ma vie, je n'ai jamais jugé que par moi-même, et ça m'a bien réussit : si je suis toujours en vie, ça n'est pas grâce à une puissance divine abstraite, mais grâce à moi. Je n'ai jamais eu besoin de personne. Je n'ai rien à envier à ce crétin d'Hidan.
- Arrêtes de te mentir. Tu as passé un temps incalculable dans une boite à la morgue. Et tu y serais toujours si « ce crétin d'Hidan » ne t'avait pas ramené à la vie.
La mâchoire de Kakuzu se crispa fermement, et il ferma les yeux pour contenir sa rage, les poings serrés.
C'était vrai, au fond... il lui était redevable...
Kakuzu se calma un peu, et consentit enfin à ouvrir les yeux.
Il promena son regard à travers la pièce sombre, se laissant hypnotiser par les flammes dansantes, dans l'âtre de la cheminée, puis son regard se reporta sur la masse informe, immobile, qui se dressait dans un coin de la pièce. Le sapin de noël.
Kakuzu avait oublié de le retirer, à cause de cette ridicule bataille, un peu plus tôt...
Le vétéran resta un moment là, couché sur le matelas nu, à regarder l'arbre, puis il de leva et s'en approcha, dans la ferme intention de s'en débarrasser.
Cependant, comme il se saisissait du tronc, son pied heurta quelque chose, qui était dissimulé à son pied.
Une boite, d'apparence anodine, maintenue fermée par un ruban.
Interdit, Kakuzu s'accroupit devant le paquet, et en examina l'étiquette, sur laquelle il découvrit son nom.
Un cadeau d'Hidan ? Pour moi ?
Kakuzu fronça les sourcils, dubitatif, et tira sur l'extrémité du ruban, qui glissa, et jeta un œil à l'intérieur de la boite.
Mon Dieu...
Kakuzu laissa retomber le paquet, fit quelque pas en arrière, et trébucha, tombant sur le lit.
Il fut prit de nausées atroces, persistantes, et son esprit fut bientôt envahit d'images et de souvenirs :
Hidan le ramenant à la vie, s'occupant de lui, allant jusqu'à le nourrir sur son lit de mort, payant un médecin à ses dépends... Toutes ces choses, ces petites attentions qu'Hidan avait fait, non par nécessité, mais par...
Kakuzu jura, réalisant enfin l'étendu de son erreur, et se précipita dehors.
Dieu que ce froid est intense...
Hidan fut pris de violents tremblements, et s'appuya un peu plus contre le tronc de l'arbre sous lequel il était recroquevillé.
La douleur est atroce, mais je m'en remet à vous.
Nouveaux tremblements. Le vent siffla en écho aux psaumes du religieux, qui appuya son front contre ses mains jointes, les dents serrées.
Puisse votre lumière salvatrice purifier mon âme.
Hidan n'en pouvait plus d'attendre ici sous ce froid mordant.
Ses deux jambes étaient gelées, dures et totalement inertes, et il sentait que ses bras se figeaient peu à peu, pâles et insensibles.
Gêné par les tremblements de sa voix, Hidan continua ses psaumes à voix basse.
Jashin, Dieu tout puissant, qui...
Hidan s'arrêta brusquement : il était presque certain d'avoir entendu quelque chose. Un appel dans la nuit.
Il tendit l'oreille, et le son se répéta, de plus en plus proche. Assez proche pour qu'il en reconnaisse la voix.
Une voix qu'il reconnaîtrait entre milles.
La voix de Kakuzu.
Le jashiniste entendit des pas passer à côté de son arbre, et voulu signaler à Kakuzu qu'il était là, lui hurler, même, qu'il était tout près de lui, assit sous cet arbres, mais son corps ne lui répondait plus. Ses lèvres étaient comme... scellées. Il entendit les pas de Kakuzu s'éloigner dans la neige, et ferma les yeux.
Il allait mourir.
Maintenant.
Sans regrets
Comme il l'avait toujours souhaité.
Alors pourquoi pleurait-il ?
Pourquoi était-il triste de quitter cette vie ?
Peut être étais-ce parce que quelque chose avait changé ?
De nouvelles larmes inondèrent ses paupières scellées, et il sentit un flux de sang chaud affluer de part en part dans son vieux corps sans cœur. Ses lèvre gelées s'ouvrirent d'elles même, lui autorisant à avaler une bouffée d'air piquant, glacé, ce qu'il fit sans se contenir davantage :
- Kakuzu !
Notes de l'auteur :
Nan, je ne suis pas fière de moi, oui, je trouve que ça fait cliché et oui, ce chapitre devait être le dernier.
Je dis bien devais. Mais bordel, il est 01:13 et j'écris une fic d'hiver au beau milieu de l'été...
(Ce qui est très clairement la raison pour laquelle j'espère avoir également des lecteurs Québécois).
Mais bon.
Le prochain chapitre devrais théoriquement être le dernier. Je vais devoir combattre de nombreux facteurs pour poursuivre cette fanfiction, dont les principaux sont la flemme et les idées.
(bon, il faudra également que je trouve de nouvelles excuses pour expliquer le fait que cette fanfiction dure depuis trois ans, que je corrige mes fautes et que je revois cette scène... d'autopsie qui, à vue d'œil, est bien dégueulasse question logique.)
Pour répondre aux questions qui m'ont été posées :
-Ero-Chikachu : Oui, j'ai fait des fautes lors de l'anatomie parce quand j'ai écrit le premier chapitre j'étais stupide. ( C'est a dire jeune. C'est à dire au collège. Et non, je n'ai pas dis que tous les collégiens sont stupides ). Quant au fait que Kakuzu peut parler alors que ses cellules sont détruites... Va dire ça à Masashi Kishimoto (tu sais, je japonais sadique, là..) qui a fait parler Kakuzu lorsqu'il agonisait...
-Nezumi-la-belette-vampire : J'aime ton pseudo.
-Shimizuu : Tu trouves que Hidan parait trop gentil et mignon ? Tu sais quoi ? Moi aussi, et c'est précisément pour ça que j'ai voulu arrêter cette fanfiction en la relisant, après la parution du second chapitre
Ah, et pour la question concernant la connexion entre Kakuzu et Hidan: Nan, Kakuzu ne lit pas dans les pensées de Hidan. En fait, il ressent seulement les mouvements cardiaque d'Hidan. (et on sait que les émotions jouent un grand rôle là dessus).
Voilà, mon speech est terminé, je vous souhaites à tous de bonnes vacances, et merci à tout ceux qui jettent au moins un œil sur cette fanfiction.
Quant au type marocain qui lit cette fanfiction : Mamoun, si c'est toi, arrête : tu te fais du mal.
