CHAPITRE 4
PDV : ALARICK
Suite au coup de feu, Sarah s'est retrouvée sur moi. Je la regarde en vérifiant son pouls. Elle est toujours en vie, mais sa respiration est étrange et elle est inconsciente. Je n'ose pas bouger, de peur d'aggraver la situation et de lui faire plus de mal qu'il n'y en avait. Puis, j'entends Théa et Matthew crier en s'approchant de plus en plus. Sarah n'a pas encore bougé, ni repris conscience. Théa s'accroupit devant nous et la regarde, quelques larmes coulent le long de ses joues. Pour la rassurer, je lui prends la main. Elle appelle les secours, une ambulance est en route. J'entrevois Matthew à quelques pas de là, il examine Jason. Il me fait un signe de tête, il n'y a plus rien à faire pour lui. Jason est mort…
« Bon sang, mais que s'est-il passé ?! D'où venait ce coup de feu ? Comment a-t-on pu en arriver là ? Jason, comment as-tu pu nous faire ça ? Lui faire ça ? »
Je rage à l'intérieur de moi.
« Une femme comme elle, on doit en prendre soin ! »
Je fini part la bouger un peu, afin qu'elle soit dans une meilleure position, surtout que l'ambulance devait être sur le point d'arriver. Quand, tout à coup, elle se met à réagir.
« -Ne bouge pas Sarah. »
Je la serrai fort, mais pas trop pour ne pas lui faire mal.
« -Aie ! Alarick… Tu vas bien ? »
Elle me regarde d'un air inquiet.
« -Ne t'occupe pas de moi, pour une fois laisse-moi faire. »
Je déchire une partie de ma chemise.
« -Ah! NOM DE DIEU! » cria-t-elle alors que je posais ma main sur sa blessure.
« -Ne bouge pas. »
C'était la première fois que je voyais Sarah dans une telle détresse. Les ambulanciers arrivent et s'occupent de Sarah immédiatement. D'autres examinent Jason mais ils ne font que confirmer ce que Matthew avait déterminé juste avant. Le chef et les autres agents de notre unité sont justement à nos côtés. Ils n'arrivent pas à croire que c'était en train de nous arriver, alors que nous étions une famille unie. Les ambulanciers nous affirment qu'il est temps de partir. Le chef regarde Sarah :
« On se revoit à l'hôpital. »
Il serre sa main. Avant que l'ambulancier ne ferme les portes, il demande:
« Quelqu'un veut l'accompagner? »
Je lui fais un signe, j'entre et il ferme les portes. Dans l'ambulance, Sarah me regarde, je sais bien qu'elle est gênée. Jason lui avait déchiré la moitié de son haut et nous voyions une partie de ses seins.
« Hey, ne t'occupe pas de ça. L'important c'est que tu ailles bien, le reste on s'en fiche! » lui dis-je pour qu'elle se rassérène.
J'aurais aimé pouvoir lui dire encore plus. Jason n'avait pas été le seul homme à l'avoir dans sa mire. C'est ma coéquipière mais… Bon, je flirte souvent avec elle comme elle le fait avec moi. Je savais bien que c'était un jeu entre nous, mais depuis cette soirée à l'œuvre de charité pour la sclérose en plaque, tout a changé. Cette soirée-là lui tenait tellement à cœur que je n'ai pu refuser son invitation. Je n'avais pas su avant que la famille de Sarah faisait partie d'une certaine élite, jamais elle ne m'en avait glissé un mot. Elle a toujours travaillé dur pour arriver là où elle est maintenant, je comprends pourquoi elle nous l'a caché : elle ne voulait pas avoir les airs d'une fille bien née pour qui tout est acquis.
Je me rappelle parfaitement d'elle cette soirée-là. Elle portait une magnifique robe mauve décolletée, qui plaçait la moindre de ses courbes en valeur. Son dos était nu depuis la base de ses reins. J'avais cru voir un ange passer juste devant moi. Elle avait retouché sa couleur de cheveux, ce qui leur conférait depuis des reflets violacés. Elle était splendide.
Arrivés à l'hôpital, je n'ai pas pu rester avec elle. Des heures ont passé, nous étions tous inquiets pour elle.
« Pas de nouvelles ? » demande un homme que j'ai cru reconnaitre.
« -Non, Luis, aucune. » déclare le chef.
Finalement le temps passe et un médecin vient nous voir.
« L'opération s'est bien passée, elle va s'en sortir. Elle a une chance énorme, la balle a effleuré le poumon avant de ressortir. Seulement elle a perdu énormément de sang. Elle va devoir rester une semaine ou deux, le temps de récupérer et de s'assurer qu'elle ne fasse pas une infection.
-Merci docteur, je peux la voir ?
-Vous êtes ?
-Son oncle.
-Je vois ! Suivez-moi, c'est par ici.
-Attendez, monsieur ? Je voudrais venir aussi, si vous me le permettez.
-Alarick, c'est ça ? Je crois que vous êtes son coéquipier, non ?
-Oui monsieur.
-Il n'est peut-être pas sage pour elle d'avoir plusieurs visiteurs en même temps.
-Je vous en prie docteur, c'est grâce à elle si je suis toujours en vie.
-Je ne peux rester longtemps de toute façon, alors vous allez pouvoir rester avec elle, Alarick.
-Merci monsieur. »
Lorsque je suis parti, le chef parlait avec les autres agents. L'oncle de Sarah avait posé sa main sur son front et marmonné quelques mots. Puis il partit en me demandant :
« -Vous pourriez lui dire que je suis désolé d'être parti ? » s'exclama-t-il avec un air triste.
« -Bien sûr.
-Merci, elle a de la chance de vous avoir. »
En peu de temps, je m'endors dans le fauteuil à côté d'elle. Tout se bouscule dans ma tête, je repense à ces derniers jours.
« Depuis la soirée de charité aussi elle avait changé. Elle est devenue distante, mystérieuse et extrêmement secrète. »
Dans les quelques notes que j'ai pu lire sur son bureau, elle semblait rechercher des informations sur un homme du nom de Savage.
« Qui était-il ? Pourquoi ne m'a-t-elle pas parlé de lui ? J'aurais pu l'aider. Sarah… Je la revois sauter sur moi. Je la regarde, alors qu'elle est dans mes bras. Je constate qu'elle saigne, nom de dieu, ne meurt pas…. SARAH ! »
Je me réveille en sursaut et je la vois. Elle était là dans ce lit, alors que c'est moi qui aurait dû y être. Quand tout à coup, on cogne à la porte. C'est le chef :
« -Alors ? » demande-t-il à voix basse.
« -Ça n'a pas vraiment bougé, en fait. » dis-je en omettant le fait de m'être endormi sur le fauteuil.
« -Son oncle a déposé une requête au siège social. Il veut diriger l'enquête interne. » me dit-il avec un air peu surpris.
« -Bien, je vous demande donc la permission de l'aider dans cette enquête. »
Je me retourne pour la regarder.
« -Je savais bien que tu allais me demander ça. Fiston, je suis au courant tu sais, pour toi et elle.
-Papa, je t'en prie-
-Alarick, ce n'est plus un secret pour personne.
-Ça ne regarde personne, toi non plus.
-Bien, alors fait attention et trouve celui qui a fait ça ? »
Au même moment il se retourne et sort de la chambre.
« Je te le promets. » pensai-je en serrant les poings.
Je me rassoie dans le fauteuil pour me rendormir. En me réveillant de nouveau, je remarque qu'elle a les yeux ouverts et qu'elle me regarde avec douceur. Je me suis levé d'un seul coup, raide comme une barre. À un point tel qu'elle s'est mise à s'esclaffer, elle ne m'avait pas quitté des yeux une seul seconde.
« -Aïe ! Alarick, ne me fais pas rire ! » fit-elle en se moquant de moi.
Elle s'agrippe aux draps du lit.
« -Je suis désolé ma belle, mais tu m'as surpris. Ça fait longtemps que tu es réveillée ?
-Non, depuis cinq ou six minutes. »
Une infirmière entre dans la chambre et je sors en lui disant que j'allais revenir plus tard dans la soirée.
PDV : SARAH
Tout s'est passé si vite. Je rencontre mon informateur à l'œuvre de charité, il me dévoile le nom de celui qui nous a trahi. Mais aussi le nom de deux autres personnes dont un que je n'avais pas entendu depuis des années. Je ne pouvais rien dire à Alarick, je ne voulais pas le mettre en danger. C'est à moi de régler ça, surtout que c'est une histoire de famille. Mais je n'étais pas seule, mon oncle était là pour veiller sur moi. J'ai été obliger d'inviter Alarick, car mon oncle ne pouvait faire ça seul. Il m'avait dit que je serais plus en sécurité si j'étais accompagnée. Le nom de Savage avait mis mon oncle dans un état, que je n'avais jamais vu avant. Qui était-il? Le seul nom que je connaissais à part celui de notre traître est celui de Wesker.
« -Quoi de mieux pour toi d'avoir un homme, en qui tu pourrais avoir confiance. Comme ton coéquipier, par exemple.
-Je ne peux pas lui demander ça. » dis-je avec humeur.
« -Oui, tu le peux et tu le feras. Tu n'as pas le choix de toute façon, tu dois voir ton informateur. »
Ensuite, tout s'est enchainé très rapidement. Quelque jour plus tard, je me suis retrouvée devant Jason face à face et seule dans un entrepôt désaffecté. Il m'a dit que nous étions loin de la vérité et que le plus gros restait à venir. Alors je me suis mise à lui poser des questions :
« -Pourquoi nous avoir trahi et tué tous ces gens Jason…?
-On me l'a demandé, c'est tout !
-Mais qui ?
-Tu n'as pas à le savoir !
-Que sais-tu sur Savage et Wesker ?
-Comment connais-tu leur nom ?
-Si tu veux en savoir plus, répond-moi avant !
-Que comptes-tu faire avec eux ?
-Jason !
-Que compte-t-il faire à ma famille ?!
-Répond-moi Jason » lui avais-je hurlé dessus.
« -Alors tu n'es pas au courant ? » m'avait-il répondu d'un air surpris.
« -Au courant de quoi ? »
J'avais reculé doucement.
Je m'étais beaucoup trop éloignée d'Alarick, était-ce qu'il voulait ? Il sortit une photo de ses poches, me la tendit ensuite. Je n'étais pas trop sûre de ce qu'il voulait, mais je voulais savoir qui c'était. Je me rapprochai pour lui prendre. Quand il se jette sur moi, j'esquive son geste et cours en direction opposée de lui. Lorsqu'un coup de feu se fait entendre.
« -Ah ! »
J'ai mal. Ma blessure me ramène à moi et je suis toujours dans cette chambre d'hôpital.
« Quelle ironie, moi qui ai tout fait pour rester éloignée de sentiments pour Alarick, il a fallu que lui en ai pour moi. Il était mon coéquipier et par-dessus tout le fils du chef. Mon cœur battait pour un autre et cela depuis l'académie. Bien sûr qu'il me faisait plaisir de savoir qu'il avait ces sentiments pour moi et j'aimais flirter avec lui. En dernier, je me suis même demandée si jamais nous ne franchirions pas ce cap. À savoir si je ressens vraiment la même chose que lui… »
« Je n'arrive pas encore à croire que Jason ait été tué. J'aurais aimé qu'il me parle de Savage, pourquoi ce nom fait-il peur à mon oncle…? »
2 SEMAINES PLUS TARD
J'ai assez récupéré. Je me prépare à sortir dans quelques heures à peine, alors que je reçois la visite de mon oncle.
« -Salut ma belle !
-Mon oncle !
-Alors, comment vas-tu?
-Je vais bien, merci. Je sors dans bientôt, permission du médecin.
-Ah, je suis heureux. Je suis aussi venu te dire que l'enquête est terminée.
-Conclusion ?
-Jason n'a été qu'un pion pour Savage, évidemment. Il n'avait aucun autre rôle fondamental sinon de s'occuper du sale boulot et d'en recevoir les frais.
-Qui est Savage, à la fin ?
-Personne dont tu ne dois te préoccuper pour l'instant.
-Tu ne me dit pas tout? Nathan ! » dis-je avec colère.
« -La seule chose que tu dois savoir c'est que Jason travaillait pour Savage et que Savage travaille pour Wesker. Ne t'inquiète pas, ma puce. Je m'occuperai du reste. Repose-toi bien. »
Il quitta ma chambre après avoir déposé un baiser sur mon front, tandis que moi, interloquée, je le dévisageais.
« -Tu es sérieux ? Après tout ce que j'ai fait pour le découvrir ?! »
Il ne me fit qu'un sourire avant de fermer la porte. Je rageais.
Plus tard, la porte s'ouvre de nouveau et le visage d'Alarick se fait voir. Il venait me voir tous les jours et il m'avait promis de venir me chercher pour me ramener chez moi. Mon oncle a profité de cette occasion pour se faire la malle. Même si je suis fâchée contre mon oncle, le fait de voir Alarick me réconforte. Le voyage entre l'hôpital et chez moi s'est passé sans encombre. Alarick a été aux petits soins avec moi.
Dès notre arrivée, il m'a aidé en tous lieux et choses : il a fait le ménage, la lessive, toutes les corvées. Tout ça pendant que j'étais sous la douche et que j'enfilais des vêtements confortables. Lorsque je voulais l'aider, il me reléguait sur le canapé, ne voulant rien entendre. Je le regardais faire la cuisine, diable que ça sentait bon. Après notre repas, nous nous sommes installés devant la télévision. Il passait un vieux film, « Romance à Manhattan ». En raison des médicaments que je prenais je me suis endormie aux trois quarts du film. Alarick m'avait alors pris doucement dans ses bras pour aller me déposer sur mon lit. Ne voulant pas vraiment qu'il parte, je lui maintins la main assez fortement pour qu'il le comprenne.
« - Sarah…
-Ne pars pas.
-Tu sais qu'il le faut. » me répond-il à contre cœur.
Je m'agrippe encore plus à lui, ce qui le fait presque tomber. Il est à genoux à côté de moi et dans un instant de folie, il m'embrasse.
2 SEMAINES PLUS TÔT
PDV : SAVAGE
Alors qu'il regarde des hauteurs les agissements de Jason et de Sarah, dans l'entrepôt désaffecté (italique)
« Mais que fait-il ? Pourquoi lui parle-t-il ? Allez, attrape-la! Bon sang, nous avons besoin d'elle ! »
Pourquoi demander à un autre de faire ce que nous pouvons faire nous-même ? Je me lève pour intervenir quand il commence à l'agripper par le bras. Enfin il s'est décidé ! Jason, mais quel imbécile celui-là. Maintenant son coéquipier est là, je vais devoir agir. D'accord, plus près, encore plus près. Raté. Désolé vieux, mais tu en sais trop sur nous.
Le téléphone sonne :
« -Oui, c'est moi! Non, cet enfoiré a merdé! Quoi? NON! OK ça va, je m'occupe de ça! Pourquoi pas la tuer ? Ça serait plus simple. Hey, OK Wesker ! »
La ligne fut coupée.
Que va-t-il arriver à Sarah? Qui est se Savage? Pourquoi Wesker s'intéresse-t-il a elle? Suite prochaine chapitre.
