Bonjour à tous, mes choupinous :)
Je vous présente le dernier chapitre de La saveur des pluies d'été. Je suis très triste de finir déjà cette fanfiction. Je ne pense pas en faire une suite. Du moins pas pour l'instant. Je vais bientôt être professeur des écoles et je n'aurais pas autant de temps pour écrire. Mais j'avoue que l'idée de faire une suite me trotte un peu dans la tête. On verra dans quelques mois ;)
Pour l'instant, savourez ce dernier chapitre. J'espère qu'il saura répondre à vos attentes.
J'ai écrit un (petit) lemon. Je ne suis pas vraiment rentrée dans les détails, j'aime quand l'imagination du lecteur est sollicitée. Puis je n'aime pas quand tout devient trop technique. Laissons un peu de place aux sentiments, bordel ! (ahah !)
Bref, bonne lecture !
- « C'est trop serré... » se plaignit Isaac d'une voix étouffée.
- « Si tu forces un peu, ça devrait rentrer. » pesta l'alpha.
Après quelques secondes, un cri de victoire s'échappa des lèvres du jeune bêta tandis qu'un soupir de soulagement sortit de celles de Derek.
- « N'empêche que je ne suis pas très à l'aise. (…) Je me sens à l'étroit. » persista le blond.
De l'autre côté de la cabine d'essayage, Stiles trépignait d'impatience. Il avait toujours détesté les virées shopping et il savait que ses deux amis les haïssaient aussi. Stiles avait pourtant dégoté une magnifique chemise gris pâle qui irait magnifiquement bien avec les yeux bleus d'Isaac. Ils s'étaient donc dirigés vers les cabines d'essayage et le bêta avait grogné tandis qu'il se débattait avec la chemise. Prévenant, Derek avait rejoint Isaac dans la cabine d'essayage pour l'aider à enfiler le vêtement.
- « Non, sérieux, j'ai l'air de rien dans cette chemise. » râla Isaac.
N'y tenant plus, Stiles ouvrit le rideau de la cabine et trouva les deux loups-garous en sueur de s'être battu contre ce satané bout de tissu.
- « T'es sûr que tu n'as pas pris un peu de poids ? » demanda Stiles, sans vraiment prendre de pincettes.
- « Stiles... » siffla l'alpha pour lui faire comprendre que ce n'était pas une façon de parler.
- « Quoi ? »
- « T'as jamais vu les films où le mec se fait larguer parce qu'il dit à sa nana qu'elle est grosse ? » questionna Isaac.
- « Heureusement que tu n'es pas une nana, alors. » riposta le jeune humain. « Puis tu sais ce qu'on dit, on prend tous du poids quand on se met en couple. »
Stiles lança un regard à Derek pour lui faire comprendre que lui aussi s'était laissé aller ces derniers temps. La nourriture française n'y était pas pour rien. Chaque soir, Derek se servait une part de fromage affreusement gigantesque sous le regard dépité de Stiles qui détestait avoir à embrasser un camembert avant d'aller se coucher.
A vrai dire, ces derniers jours, les baisers de Derek lui avaient fait aimer le camembert.
- « Alors imagine ce que c'est quand on se met en trouple. » se lamenta Isaac.
Stiles et Derek échangèrent un regard d'incompréhension. C'était la première fois qu'ils entendaient ce mot. Ils n'étaient même pas certains qu'il existe dans le dictionnaire.
- « C'est ce qu'on est ? » demanda Stiles. « Un trouple ? »
- « J'ai entendu ça dans un film, une fois. » se justifia le jeune lycanthrope.
- « T'es un passionné de cinéma, apparemment. »
L'ironie de Stiles fit mouche et les trois hommes explosèrent de rire.
- « Je vais te chercher la taille au dessus. »
L'humain s'en alla d'un pas allègre et les regards de Derek et Isaac restèrent suspendus à lui alors qu'il se baladait dans les rayons.
- « Je ne peux plus respirer. » finit par dire Isaac « Les boutons vont sauter. »
Derek rit à nouveau. C'était tellement bon d'entendre l'alpha rire. Il n'y avait qu'avec eux que l'alpha se laissait aller à une telle douceur. Son rire était suave et adorable. Isaac songea à l'enregistrer et le mettre en sonnerie de portable. C'était ridicule mais c'était ce que lui inspirait son alpha en cet instant.
Isaac retira la chemise et la rangea sur le cintre. Derek déposa un baiser sur l'omoplate du jeune homme et vint doucement mordre son épaule offerte. Un frisson parcourut la colonne vertébrale du bêta. Derek se recula et s'adossa à la paroi de la cabine tout en gardant ses yeux rivés sur Isaac.
- « Pourquoi on doit faire ça, déjà ? » lança le plus jeune. « Trouver une tenue correcte, et tout. »
- « Tu sais bien que le père de Stiles arrive demain et qu'il compte nous emmener dîner. »
- « Et alors ? (…) Tu crois que Stiles veut faire les présentations officielles ? »
- « Le Shérif nous connaît déjà, je te ferais dire. » se lamenta Derek.
- « Mais quand je dis 'officielles', je veux dire 'officielles', quoi. »
Derek haussa un sourcil, cherchant à comprendre où voulait en venir son bêta. Soudain, la vérité le frappa en pleine face.
- « Tu penses que Stiles veut nous présenter en tant que... En tant que trouple, comme tu dis ? »
- « Tu vois une autre raison pour qu'il nous ait traînés ici pour nous trouver un costard ? »
- « Et merde... » souffla l'alpha, dépité de ne pas avoir compris avant.
Stiles s'était montré très perturbé ces derniers jours. Son père l'avait appelé plus tôt dans la semaine pour lui confirmer qu'il avait acheté un billet d'avion pour venir lui rendre visite. Cela faisait déjà près de deux mois que Stiles avait quitté Beacon Hills en laissant un vulgaire mot sur la table de la cuisine. Deux mois fut aussi le temps que mit John Stilinski pour pardonner à son fils. Le départ de Stiles avait été très dur à vivre pour son père. La première semaine, la bouteille de whisky avait été sa seule amie. La semaine suivante, John avait fait la promesse de tenter de comprendre les intentions de son fils. A partir de ce jour, Stiles et son père s'étaient échangés un mail par jour. Ils parlaient de leur journée, parfois plus. Stiles n'avait jamais dit à John qu'il était amoureux de Derek et Isaac. Le Shérif avait simplement deviné. La tendresse qui se dégageait de la plume de son fils lorsqu'il parlait des deux loups-garous ne pouvait qu'être celle d'un homme amoureux.
Alors John avait pardonné. On ne peut que pardonner aux hommes amoureux.
- « Au moins avec nous, il n'y aura pas le soucis des présentations officielles. » blagua Isaac.
Un long silence s'abattit entre l'alpha et le bêta. Isaac baissa les yeux, se rendant compte que sa boutade n'était pas encore possible entre lui et Derek. Si Isaac avait appris à mettre de côté son passé, Derek restait fidèle à lui-même, hanté par les fantômes de sa famille.
- « Ne dis pas de bêtise, Isaac. » souffla l'alpha. « Il me reste de la famille, n'oublie pas. Oncle Peter sera heureux d'apprendre pour notre trouple. »
Derek avait changé. Il souriait et ne semblait absolument pas blessé par la blague d'Isaac. Au contraire, il renchérissait et ça ravissait le bêta. Derek riait et vannait avec innocence. Oui, Derek Hale avait changé. Et c'était splendide à voir.
- « Je pourrais l'appeler Tonton, tu penses ? »
Cette fois, Derek explosa de rire en imaginant la tête de trois kilomètres de long que tirerait Peter si Isaac osait l'appeler Tonton. L'expérience méritait d'être faite.
Stiles arriva en courant avec de nombreux vêtements dans les mains. Isaac soupira longuement et Derek fit rouler ses yeux. Ils étaient épuisés. Les essayages s'éternisaient et bientôt, ils finiraient enfermés dans ce magasin s'ils ne surveillaient pas l'heure.
- « Tiens, ça c'est pour toi. » lança Stiles.
- « Une chemise rouge ? » s'indigna Derek tandis qu'Isaac se pinçait les lèvres pour ne pas exploser de rire.
- « De 1, ce n'est pas du rouge, c'est du bordeaux. De 2, c'est assorti avec tes yeux d'alpha. De 3, arrête de discuter parce que tu finis toujours par faire ce que je te dis. »
Derek souffla et attrapa la chemise avant de partir l'essayer dans une cabine. Stiles afficha un sourire fier sur le visage. Derek n'était vraiment pas le grand méchant loup qu'il essayait de paraître. Il n'était qu'un jeune homme, un peu bourru, certes, mais terriblement attachant.
- « Et pour toi... » souffla Stiles. « J'ai pris toutes les tailles jusqu'au XXXL, je ne savais même pas que ça existait. Tu vas bien finir par rentrer dans l'une d'entre elles. »
- « T'as de la chance que je t'aime parce que... »
Isaac ferma le rideau de la cabine laissant Stiles digérer le 'Je t'aime' qu'il venait de lui lancer. D'ailleurs, le jeune humain resta bouche bée face à cette déclaration. L'innocence de Lahey l'étonnait toujours. Le jeune lycanthrope était loquace et comme son alpha, il connaissait le pouvoir des mots. Stiles, le roi du sarcasme, n'arrivait pas à parler de ses sentiments avec autant de facilités. La seule personne à qui il avait dit je t'aime, c'était son père. Stiles était certain de ce qu'il ressentait pour Isaac et Derek. C'était de l'amour. Pur, simple, inconditionnel. Il était pourtant incapable de les regarder dans les yeux et de murmurer trois petits mots. Il les pensait trop pour qu'ils puissent sortir de sa bouche.
# # #
La main aventureuse d'Isaac glissa le long du torse de Stiles. De l'autre côté du lit, Derek se délectait de son cou, mordillant la peau fine. L'humain se crispa, ses sens prenant le large. C'était une sensation si agréable. C'était mieux que gagner son poids en chocolat, mieux qu'un abonnement à vie au cinéma, mieux que trouver la bonne combinaison au loto. Stiles était aux anges. Si le paradis existait vraiment, il devait s'agir du lit d'Isaac. Dans cette ville paumée que Stiles bénissait désormais. Il échangeait poste, boulangerie et supermarché contre une place à vie sur ce matelas confortable, les deux hommes de sa vie autour de lui.
La main d'Isaac glissa encore tandis que Derek emprisonnait ses lèvres en un baiser fougueux. Les doigts du bêta se retrouvèrent sous le caleçon de Stiles qui poussa un long gémissement de contentement contre les lèvres de l'alpha. Contre toute attente, la main de Stiles vint retirer celle d'Isaac qui tenta de cacher sa déception derrière un sourire.
- « Qu'est-ce qu'il se passe ? » demanda l'ange blond.
- « Mon père arrive dans une heure. »
Stiles repoussa Derek avec une force dont il ne se pensait pas capable et se leva en vitesse avant de s'enfermer dans la salle de bain. Isaac attrapa un oreiller et se le colla contre le visage en poussant un grognement de désespoir. Derek combla l'espace entre Isaac et lui et posa sa tête contre le torse du bêta. Il enleva finalement le coussin de son visage et posa sa main dans les cheveux indisciplinés de son aîné.
- « Au moins son excuse est valable, cette fois. » souffla Isaac.
- « Celle que j'ai préféré, c'est quand il a prétexté qu'il y avait un documentaire animalier qu'il ne voulait absolument pas louper. »
Isaac se mit à rire en se souvenant de l'excuse bidon de l'humain. Ce soir-là, il y avait un documentaire sur les singes sur une chaîne française. Stiles avait fait semblant de s'y intéresser pendant plus d'une heure. Surtout, il avait fait comme s'il comprenait parfaitement les commentaires... en français ! Comme ils n'étaient pas mauvais joueurs ou des hommes pressés, Isaac et Derek avaient aussi fait 'comme si'.
- « J'aimerais quand même comprendre ce qui le bloque. » lança Derek d'une voix triste.
Voilà plus d'un mois que le trois hommes s'étaient avoués leurs sentiments. Ils s'étaient embrassés, s'étaient caressés puis... Stiles avait tout arrêté, clamant ne pas être prêt. Isaac et Derek acceptaient. Ils ne voulaient pas précipiter les choses, ils souhaitaient accorder à Stiles le temps dont il avait besoin.
- « La peur, sans doute. »
Isaac avait peur, lui aussi. Toute cette histoire était nouvelle pour lui. Il avait déjà fait l'amour avec Allison mais ce n'était en rien comparable avec ce qu'il vivrait avec Stiles et Derek. L'alpha était rongé par l'angoisse mais le cachait. Il désirait les deux hommes mais stressait à l'idée de mal faire. Dans le fond, ils ressentaient tous les trois la même chose. Seul Stiles se renfermait sur lui-même, abandonnant Derek et Isaac sur le bord de la route des sentiments.
Tandis qu'ils discutaient, Stiles pointa de nouveau le bout de son nez, l'air fautif d'un gamin de cinq ans. Il savait qu'il agissait comme un idiot. Seulement, il était incapable de se donner à Derek et Isaac. C'était trop tôt, trop nouveau. Il savait que tout serait trop bon et il n'était pas sûr de pouvoir encaisser tant de bonheur.
- « Dites... » commença l'humain, la main sur la nuque. « Je me disais que... Enfin... Si vous voulez le faire tous les deux, vous pouvez, ok ? »
Derek se redressa d'un bond en entendant les paroles de Stiles. Quant à Isaac, il attrapa une nouvelle fois le coussin et se cacha le visage. Stiles ne pouvait pas être sérieux. Il n'était pas en train d'insinuer que Derek et Isaac pouvaient coucher ensemble s'ils en avaient envie. C'était impensable. Stiles n'était pas aussi naïf pour penser que ce soit possible.
- « Parce que je suis conscient que mon comportement n'est pas normal. Je devrais vous sauter dessus mais je n'y arrive pas. » continua l'humain. « Et je sais qu'un homme a ses besoins, comme on dit. Alors si vous voulez le faire ensemble, rien que tous les deux, je peux aller faire un tour en ville ou bien écouter la télé au casque, j'en sais rien. »
La candeur de Stiles était adorable. Derek laissa retomber sa tête sur le torse d'Isaac, un sourire béat aux lèvres tandis que le bêta laissait réapparaître ses joues rosies.
- « On t'attendra. » lança Derek.
- « On s'aime à trois, j'aurais l'impression de te tromper, si je couchais juste avec Derek. »
Stiles soupira longuement, les épaules basses. Il aurait presque souhaité que Derek et Isaac soient d'accord de coucher ensemble. Stiles se mettait lui-même la pression.
- « Alors quoi ? » demanda le jeune hyperactif. « C'est comme si notre cœur s'était compartimenté ? Un côté Isaac et un côté Derek ? »
La métaphore de Stiles amusa les deux loups qui le regardèrent avec un air doux.
- « Dois-je te rappeler qu'on dit 'cœur droit' et 'cœur gauche' ? » lança Derek.
- « Et je suis lequel, moi ? » questionna Stiles.
- « Le gauche. »
- « Pourquoi ? »
- « Parce que t'es maladroit. »
Isaac éclata de rire, ravi que l'alpha fasse preuve d'autant d'humour pour détendre l'atmosphère. Le portable de Stiles, posé sur la table de nuit, sonna. L'écran affichait : « Papou Shérif ». L'humain s'empressa de répondre.
- « On avait dit 14h20, non ? »
De l'autre côté du fil, le père Stilinski râlait et envoyait son fils sur les roses. Isaac et Derek échangèrent un sourire face à la scène.
- « Levez-vous, il est arrivé à la gare. »
# # #
La chemise bordeaux pour Derek, la chemise grise pour Isaac.
Stiles portait une banale chemise blanche qui le mettait cependant parfaitement en valeur. Plus tôt dans la journée, le fils avait été aider son père à monter ses affaires dans l'hôtel où il séjournerait pour une semaine. John n'avait pas souhaité loger chez Isaac malgré la proposition des trois garçons. Ensuite, Stiles était rentré et il avait trouvé les deux loups en pleine préparation. Ils étaient magnifiques. Il n'y avait aucun autre mot. Lorsqu'il vit leurs regards azurs se tourner vers lui à l'unisson, ses jambes flageolèrent. Sans une parole, Stiles avait enfilé sa chemise blanche.
- « On a quelque chose à fêter ? » demanda le Shérif en constatant que les trois hommes s'étaient mis sur leur 31.
John ne portait qu'un jean banal et une chemise kaki un peu délavée. Il se sentait un peu à côté de la plaque maintenant qu'il se trouvait face à ces trois garçons bourrés de charme. Derek lança un regard à Stiles pour qu'il réponde à son père. La réponse à cette question intéressait drôlement les deux lycanthropes. Secrètement, ils espéraient que Stiles ne parle pas de leur histoire. Ils n'étaient pas sûr d'être capables d'assumer pour le moment.
- « En quelques sortes... » lança mystérieusement Stiles.
Ils s'installèrent à table, commandèrent un apéritif. Derek comprit d'où Stiles tenait son sarcasme. Isaac repéra le même regard rieur chez le père Stilinski. Ils passèrent au plat principal. Stiles écouta la conversation passionnée qu'Isaac avait avec son père à propos de la justice américaine. Derek lui caressa discrètement la main. Vint le moment du dessert. La main d'Isaac se posa sur son genou. Derek resservit un peu de vin à John.
- « Garçon ? » demanda Stiles tandis que le serveur passait à ses côtés. « Du champagne, s'il vous plaît. Le meilleur que vous ayez. »
Isaac attrapa la main de Derek sous la table et la serra un peu trop fort. Ils ne voulaient pas que Stiles parle du « eux » qu'ils formaient. Ils n'avaient pas envie de se coller une étiquette. Ils auraient tout le temps de le faire par la suite. Trio amoureux, ménage à trois, trouple... Ni Isaac ni Derek ne souhaitait voir l'un de ces mots franchir les lèvres de Stiles devant son père. C'était trop tôt.
- « J'ai quelque chose à vous annoncer. » se décida l'humain tandis que le serveur versait le champagne dans leurs flûtes.
La main d'Isaac eut un sursaut contre celle de Derek. L'emploi du 'vous' signifiait qu'ils n'étaient pas au courant de ce qu'il se tramait. Aucun des deux loups-garous ne savait s'ils devaient être rassurés ou paniqués.
- « L'année dernière, j'avais postulé à la plus grande université de recherche en maladies rares. J'avais été refusé. Je me suis rabattu sur la fac d'astronomie. J'adore ça mais... Je viens de recevoir un mail et... Je suis accepté pour cette année scolaire. »
John ouvrit tellement grand les bras de bonheur qu'il fit déborder un peu de champagne de sa flûte.
- « C'est super, fiston ! » s'exclama-t-il en lui attrapant fièrement l'avant-bras.
Stiles lança un regard à Derek et Isaac. Ils souriaient. Ils souriaient sincèrement mais Stiles voyait bien que quelque chose les travaillait.
- « Et elle où, cette université ? » osa demander Isaac d'une voix quelque peu cassée.
- « Beacon Hills. » répondit Derek à la place de Stiles.
L'humain baissa les yeux lorsqu'il croisa le regard alarmé du blond. Il redoutait sa réaction. Il savait que cette annonce remettait beaucoup de choses en question.
- « Quand tu as reçu ce mail ? » demanda Isaac qui ne parvenait plus à cacher sa déception.
- « Pour tout avouer, ça fait déjà un mois. »
Tout s'éclaira pour Derek et Isaac. Ils comprenaient le blocage de Stiles. Ils comprenaient que le jeune homme n'avait pas voulu s'engager car il était effrayé à l'idée que lorsqu'il devrait retourner à Beacon Hills, ni Isaac ni Derek ne veuille le suivre. Il ne voulait pas aimer à en perdre la raison pour ensuite perdre ceux qu'il aimait. Il savait qu'en s'abandonnant à Derek et Isaac, ses sentiments n'en seraient que décuplés.
Isaac se leva.
- « Je vais rentrer. (…) Prend les clés de la voiture, Derek. Je vais marcher un peu. »
John resta silencieux face à cette scène surréaliste. Lorsqu'il remarqua les yeux humides de son fils, il eut le cœur brisé. Derek se leva à son tour et tendit les clés à Stiles alors qu'Isaac passait déjà la porte du restaurant.
- « Je vais l'accompagner, il vaut mieux. »
Derek donna une tape sur l'épaule de l'humain.
- « T'en fais pas, c'est un choc pour lui. »
Puis il serra la main de John.
- « Vous pouvez être fier de votre fils. »
- « Je le suis. »
Les mots de Derek résonnèrent dans les tempes de Stiles. Il tenta d'oublier l'image d'Isaac quittant le restaurant pour se focaliser sur la voix de l'alpha.
Plusieurs minutes passèrent. Le père et le fils restèrent silencieux, ne se regardant même pas. Stiles était bien loin, perdu entre la réaction d'Isaac et la douceur dont avait fait preuve Derek.
- « S'ils t'aiment, ils comprendront. »
Stiles ouvrit la bouche en entendant les paroles de son père. Comment avait-il compris ce qu'il se tramait ? Jamais Stiles n'avait dit à son père qu'il était amoureux d'Isaac et Derek. Il fut aussi étonné par les paroles tendres que venait d'avoir son père.
- « Comment as-tu su ? »
- « Un père sait toujours tout. » blagua John.
- « Sérieusement P'pa. »
Stiles ne plaisantait pas. Il désirait vraiment savoir comment son père avait compris qu'il était tombé amoureux des deux hommes.
- « Un jour, dans l'un de tes mails, tu m'as raconté que vous aviez été à la fête foraine. Tu m'as dit que tu avais fait un tour de grande roue avec Isaac et Derek. Tu détestes la grande roue depuis le jour où le manège est tombé en panne quand tu avais cinq ans et qu'on est resté suspendus pendant quatre heures. Ce jour-là, tu es sorti tremblotant de ton siège et tu m'as dit : 'Je remonterais jamais là-dedans. A part quand j'aurais une amoureuse parce que ça doit être joli à faire quand on est amoureux.' »
Les yeux de Stiles s'humidifièrent à ce souvenir qu'il avait partagé avec John mais aussi avec Claudia, sa mère.
- « Scott a essayé de te faire monter dans la grande roue, après ça, tu n'as jamais voulu. (…) Même l'année dernière, quand Lydia a essayé de te soudoyer pour faire un tour, tu as trouvé une excuse. (…) J'en ai donc conclu que si Isaac et Derek avaient réussi à te faire monter là-dedans c'est que... 'Fin bref... C'était joli alors ? »
Cette fois, Stiles ne put s'empêcher de se mettre à rire et hocha vivement la tête. Oui, ça avait été un joli tour de grande roue. Le genre à vous faire oublier toutes vos peurs. Stiles posa sa main sur l'avant-bras de son père et ferma les yeux quelques secondes.
- « Tu n'as pas peur d'avoir à choisir, un jour ? (…) Je veux dire... Je n'ai aimé qu'une personne à la fois dans ma vie alors je me demande si... Tu t'es posé la question ? Si tu devais choisir entre Isaac et Derek ? »
Stiles ré-ouvrit les yeux et déglutit difficilement. Il s'était posé la question mille fois. La réponse restait toujours la même.
Aussi douloureuse soit-elle.
# # #
Stiles déposa son père à l'hôtel. Lorsqu'il rentra à la maison, il fit le moins de bruit possible. Il posa les clés dans l'entrée puis monta l'escalier qui menait à la chambre. Isaac et Derek semblaient profondément endormis, l'alpha tenant la main du bêta pendant leur sommeil. Une larme coupable roula sur la joue de Stiles. Derek bougea dans son sommeil. Isaac gémit légèrement.
Stiles comprit. Il les voulait. Il les désirait.
Maintenant.
Stiles alluma la lumière, agressant les pupilles endormies des loups-garous.
- « Tu es rentré. » murmura la voix grave de Derek qui jeta un œil à la pendule.
Il était près de deux heures du matin. Isaac soupira longuement, tentant de ne pas regarder l'humain. Il lui en voulait. Il détestait le fait que Stiles ait pu leur cacher la vérité pendant un mois. Cela faisait quatre semaines que Stiles savait qu'il devrait retourner à Beacon Hills. Quatre semaines qu'il les laissait se faire des films sur une éventuelle histoire durable entre eux.
Stiles ne répondit rien.
Il regardait ces deux hommes avec envie, sachant que le moment était venu. Le bon moment, comme on dit.
Derek fronça les sourcils face au mutisme de Stiles. Lorsque l'humain lui adressa un sourire, il comprit. Il était prêt à se laisser aller. A s'abandonner. Derek se leva, s'approcha de Stiles, glissa sa main dans sa nuque et lui vola un tendre baiser.
- « Tu es sûr ? »
- « Oui. » souffla Stiles.
Ces quelques mots échangés électrisèrent Isaac. Il lança un regard aux deux hommes et se mordit la lèvre inférieure. Bien vite, il se leva à son tour, les rejoignant près du bureau.
- « Je te déteste. » susurra Isaac à l'attention de Stiles.
Cela sonna comme un 'Je t'aime' aux oreilles de l'humain qui lui adressa un sourire.
- « Je te déteste pour nous avoir caché ça tout ce temps. » continua-t-il tout en posant son front contre la joue de l'humain et en posant sa main dans le dos de son alpha. « T'as cru quoi ? (…) Que je ne te suivrais pas ? T'as tout quitté pour venir me rejoindre ici. Je quitterai tout pour vous. (…) Je suis déçu que tu n'aies pas compris ça par toi-même. »
Les cœurs des trois hommes battirent à l'unisson.
- « Aimons-nous. » murmura Stiles.
Ces deux mots poétiques sonnèrent comme une douce mélodie. Leurs regards fiévreux se mélangèrent. Les mains de Derek s'aventurèrent sous la chemise de Stiles, caressant chaque parcelle de peau du bout des doigts. Isaac fit sauter les boutons de la chemise, un par un, regardant Stiles droit dans les yeux. Les mains du bêta s'arrêtèrent sur celles de l'alpha et il les guida dans leurs caresses, arrachant un soupir de contentement à l'humain. Isaac continua de conduite les mains de son aîné sur le corps de Stiles là où il le désirait. Les mains passèrent dans le dos de Stiles, puis se faufilèrent jusqu'à la ceinture du jeune homme. Isaac adressa un sourire à Derek qui s'empressa de défaire celle-ci puis de faire tomber le pantalon sur les chevilles de Stiles, dévoilant ainsi son caleçon, déjà déformé par son excitation. Derek déposa des baisers sur le torse de Stiles tandis qu'Isaac libérait ses chevilles du pantalon encombrant et ses pieds de ses lourdes chaussures.
Isaac se positionna derrière son alpha et passa ses mains dans son dos, en profitant pour coller son corps à moitié nu contre lui. La virilité du bêta grossissait contre les fesses bombées de l'alpha qui continuait sa découverte du torse de Stiles. L'humain ferma les yeux. Les sensations étaient délicieuses. Pour la première fois, il comptait accepter d'aller plus loin. Beaucoup plus loin. Il voulait les sentir contre lui. En lui. L'idée ne lui effleurait plus simplement l'esprit. Elle hantait son esprit.
Derek se retourna, sentant cette fois l'excitation de Stiles contre son postérieur. L'humain se mordit la lèvre et ne put s'empêcher de passer ses mains dans le caleçon de Derek. Il malaxa ses fesses parfaitement musclées, soutirant un gémissement de plaisir à l'alpha. Les lèvres de Derek s'emparèrent de celles d'Isaac qui pendit ses bras au coup de son aîné.
Les corps tremblaient, les souffles devenaient courts. Les barrières tombaient.
Stiles fut le plus audacieux. Il fit glisser le vêtement superflu que portait Derek dévoilant sa virilité déjà gorgée de désir pour les deux garçons. Isaac et Stiles échangèrent un regard complice et leurs lèvres s'effleurèrent, leurs langues aussi. Le bêta mordit l'épaule de Derek puis fit glisser ses lèvres le long de son torse. Bien vite, les lèvres d'Isaac rencontrèrent l'intimité de Derek qui bascula la tête en arrière tant ce contact était galvanisant. Stiles observa les traits du lycanthrope sous le coup du plaisir et un sourire s'afficha sur son visage. Il n'y avait rien de plus beau qu'un homme prenant du plaisir. Les lèvres de Stiles emprisonnèrent celles de Derek. Sa langue se montra aventureuse et força le passage pour rencontrer celle de l'alpha. Leurs langues dansèrent tandis que Stiles sentait les vibrations des gémissements de plaisir de Derek contre ses lèvres.
Les mains d'Isaac firent tomber le caleçon de Stiles qui se laissa faire. Son érection libérée de son vêtement, il sentit rapidement les lèvres impatientes du blond l'entourer. Ce fut au tour de Stiles de gémir contre les lèvres de Derek qui attrapa la nuque de l'humain pour approfondir encore un peu plus le baiser.
Ils continuèrent leur exploration. Ils découvrirent chacun le corps de l'autre avec une tendresse inouïe. Le désir qu'ils avaient était indescriptible. Il n'y avait rien d'anormal dans leurs actions. Il n'y avait que du naturel. Au diable la gêne. Stiles, Isaac et Derek vivaient ce moment de grâce avec bonheur, se moquant bien des normes. Tandis que la bouche de Stiles s'activait sur la virilité d'Isaac, ce dernier posa sa main dans les cheveux de l'humain.
- « Arrête, je... »
Stiles comprit, Isaac n'eut pas à finir sa phrase.
Lorsque leurs corps basculèrent sur le lit, aucun ne se demanda quel était leur rôle. Ils savaient qu'ils étaient prêts à tout jouer. Capables d'échanger les places. Ils désiraient tout connaître. A trois, les possibilités étaient multiples. Ils tâtèrent le terrain, souhaitant que ce moment ne soit pas gâché par une douleur qui les paralyseraient, surtout Stiles qui ne bénéficiaient pas d'une guérison quasi-immédiate. Derek écarta les jambes et Stiles comprit ce qu'il désirait. Il ne se posa pas de multiples questions. Il se pencha sur le loup-garou, le regardant avec envie tandis que sa virilité se présentait déjà contre l'une des parties les plus intimes du corps de Derek. Les mains de l'alpha se resserrèrent sur les draps lorsque le membre de Stiles s'enfonça un peu en lui. Malgré la préparation, la douleur transcenda le corps de Derek dont la grimace brisa le cœur de l'humain. Sentant qu'il s'apprêtait à se retirer, Derek attrapa la main de Stiles.
- « Ne t'arrête pas. » souffla-t-il.
Isaac passa une main sur la joue de son alpha. Puis il lui embrassa les lèvres, pour lui voler la vilaine douleur qui le martyrisait. Fort de sa capacité de guérison, la douleur fit très rapidement place au plaisir. Des secousses sensuelles et plaisantes envahirent son bas ventre. Il ferma les yeux tandis que la virilité de Stiles était désormais profondément encrée en lui. L'humain se mit à bouger tout doucement, l'étroitesse de Derek l'inquiétant un peu pour le moment. Puis les vas et viens se firent plus sûrs, un peu plus rapides aussi. Les gémissements des deux hommes concordèrent.
Isaac se positionna derrière Stiles qui continuait de donner tant de plaisir à l'alpha. Pour être sûr que l'humain ne souffrirait pas, il prépara avec douceur son intimité. Lorsqu'il sentit que Stiles était prêt, il s'enfonça peu à peu en lui. L'humain arrêta immédiatement ses vas et viens, traversé par une vive douleur qui lui fit pousser un léger cri de souffrance. Les mains de Derek se posèrent sur le torse de Stiles dont les veines se colorèrent de noir.
- « Que... Qu'est-ce que c'était ? » demanda Stiles alors qu'il ne ressentait plus aucune douleur.
- « Il a volé ta douleur... » susurra Isaac à l'oreille de son amant.
Et Isaac commença de lents mouvements de bassins, soutirant de longs gémissements à l'humain. Cette sensation nouvelle de plénitude rendit Stiles dingue. Il reprit ses vas et viens dans l'intimité de Derek qui sous cet assaut, poussa un râle de plaisir.
Tout concorda. Les mouvements de bassin. Les gémissements.
Les mains d'Isaac agrippèrent les hanches de Stiles, celles de Stiles griffèrent le torse de Derek.
Ils ne formaient qu'un.
Ils continuèrent leur danse avec plus d'intensité encore, leurs regards fiévreux décrivant à quel point le plaisir était frénétique. Cela en devenait presque insoutenable. Isaac mordait sensuellement le cou de Stiles qui ne parvenaient plus à contenir ses soupirs de plaisir. Derek s'empara une nouvelle fois de la bouche de Stiles mordillant passionnément sa lèvre inférieure.
La volupté se dégageant de cet acte d'amour était incroyable. Ils continuèrent leurs ébats, enivrés de tant de jouissance. Enfin, leurs corps tout entiers se crispèrent. Des râles plus rauques retentirent dans la pièce, leurs mains s'enlacèrent, leurs têtes basculèrent en arrière et des mots d'amour furent prononcés.
Une intensité incommensurable venait de traverser leurs corps. Épuisés, ils se blottirent les uns contre les autres. L'orgasme qui venait de les traverser les avaient terrassés. Ils étaient éreinté d'une telle course à l'amour.
Stiles posa sa main gauche sur le torse de Derek et sa main droite dans les boucles d'Isaac. Il les observa avec une tendresse magnifique.
- « Mon père m'a demandé qui je choisirais si je devais choisir entre vous deux. (…) La réponse est toujours la même lorsque je me pose cette question. (…) Je préférerais finir seul plutôt que d'avoir à choisir. (...) Je vous veux tous les deux. »
Ni Derek ni Isaac ne répondit. Ils s'étaient endormis blottis contre Stiles. Un sourire débonnaire s'installa sur les lèvres de l'humain en constatant que ceux qu'il aimait avait déjà rejoint les bras de Morphée. Lorsque Stiles s'endormit à son tour, une pluie d'été chaude et lourde s'abattait dehors.
Jamais Stiles ne choisirait.
Dans un mois, ils rentreraient à Beacon Hills. Ils continueraient à s'aimer, comme ils le faisaient déjà si bien en ce moment.
Ils s'engueuleraient sans doute et se détesteraient parfois. Ils auraient sûrement à confronter les questions des gens sur le 'eux' qu'ils formaient. Les incompréhensions d'un monde trop sourd pour entendre les battements de leurs cœurs. Ils n'étaient pas si différents des autres couples.
Parce que Stiles aimait Derek et Isaac. Isaac aimait Stiles et Derek. Derek aimait Isaac et Stiles. Il n'y avait ni compétition ni jalousie. Que des sentiments purs et simples. Entêtants et enivrants. De l'amour à la pelle comme on en voit dans les beaux romans d'amour ou bien dans les films à l'eau de rose. De l'amour sans concession.
Jamais ils n'auraient à choisir.
Et voilà, c'est terminé pour cette fanfiction. J'espère que ce dernier chapitre ne vous aura pas déçus. J'ai adoré l'écrire. Je trouve qu'il conclut bien cette jolie histoire entre ces trois garçons. Qu'en pensez-vous ?
J'attends vos commentaires sur ce quatrième et dernier chapitre !
Comme toujours, ma boîte MP est ouverte elle aussi si vous souhaitez discuter :)
Merci mille fois d'être présents pour mes petites histoires. Lire vos reviews me redonne souvent le sourire quand je n'ai pas le moral. Alors merci pour ça. Vous êtes une vraie bénédiction.
Des bises et à très bientôt.
