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Note d'auteur : Salut tout le monde ! Je reviens avec un chapitre plus court que les précédents. J'espère qu'il vous plaira !

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— Tu as l'air heureuse, ma chérie, remarqua Annette.

— Ah ?

— Tu fredonnais. Tu fredonnes toujours quand tu es de bonne humeur.

Beth jeta un regard surpris à sa mère. Elle savait qu'elle disait vrai mais ne pouvait pas lui dire la raison de son bonheur. Daryl avait accepté d'aller au cinéma avec elle puis de se rendre au restaurant. La jeune femme n'avait pu s'empêcher de lui faire remarquer qu'ils n'avaient jamais eu de rendez-vous galant et avait demandé si une sortie le tentait. Son compagnon avait été quelque peu réticent dans un premier lieu mais avait fini par accepter.

— Tu ne serais pas amoureuse dis-moi ?

— Maman ! Bien sûr que non. Felicity et moi, on va au cinéma ce soir.

— Ah ?

— Et vous allez voir quoi ?

— On ne sait pas encore. On va se décider en arrivant.

— Tu dors chez elle, j'imagine alors ?

— En effet.

Beth fut étonnée que sa mère ne lui demande pas si elle avait l'autorisation d'Hershel mais n'en dit mot. Peut-être ses parents commençaient-ils enfin à la voir comme une adulte.

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— T'as aimé au moins ? questionna Beth.

Daryl haussa les épaule marmonnant que le film n'était pas aussi mauvais qu'il l'aurait pensé. Le couple marchait dans la rue main dans la main. Daryl s'était tendu lorsque Beth avait entrelacé ses doigts aux siens mais ne l'avait pas repoussée. La jeune femme l'avait senti se détendre alors qu'ils approchaient le restaurant dans lequel ils allaient dîner.

Daryl ouvrit la porte et la laissa pénétrer dans l'établissement la première. C'était un restaurant italien. Beth adorait la cuisine italienne et était déjà venue dans ce restaurant une fois avec Victoria.

— Bonsoir. Deux ? demanda la serveuse.

— Bonsoir. Oui une table pour deux, répondit Beth

— Suivez-moi ! lança la femme en les entraînant dans la salle.

Elle les fit s'installer entre un couple de personnes âgés et une famille avec deux adolescents. Daryl retira sa veste en cuir et la posa sur le dossier de la chaise tandis que Beth faisait de même avec son manteau. Beth ne manqua pas le regard que leur lança la mère de famille à côté d'eux mais décida de ne pas y prêter attention. C'était leur soirée et personne ne la gâcherait.

— La prochaine fois, on pourrait aller chasser, remarqua Beth.

— T'as même plus d'arbalète ! rétorqua Daryl.

— Je prendrai la tienne. C'est avec elle que j'ai appris après tout.

— Et je ferai comment moi ?

— Tu me suivras.

— Pff… répliqua-t-il en faisant un rapide mouvement de main.

Beth allait répondre quelque chose mais la serveuse revint avec leur menu.

— Je vous laisse faire votre choix, dit-elle avant de s'éloigner.

— Tu veux prendre un apéritif ? questionna Beth.

— Je conduis.

— Je peux conduire si tu veux.

— Ok. Je vais prendre une bière alors. Tu me conseilles quoi sinon ?

— Les pâtes à la carbonara sont délicieuses et l'assiette est bien garnie. Personnellement, ce soir, je pense me tourner vers les pâtes à la bolognaise.

— Je pense que je vais plutôt prendre une pizza, déclara-t-il en examinant le menu.

La serveuse revint à peine deux minutes plus tard et Daryl commanda une bière tandis que Beth prenait un cocktail sans alcool. L'employée en profita pour prendre leur commande.

— Je suis contente qu'on soit là, dit-elle en posant sa main sur la sienne.

Daryl la caressa de son pouce et Beth le vit même esquisser un sourire. Elle savait que Daryl était le genre de personne qui ferait tout pour la rendre heureuse. Cette sortie en était d'ailleurs la preuve.

— Il faut que j'aille aux toilettes, souffla-t-elle avant de se lever.

Elle se dirigea vers le fond de la salle le sourire aux lèvres et poussa la porte menant aux toilettes. La soirée se passait bien. Le film avait été sympathique et Beth n'avait relevé que peu de gens les regardant étrangement. Elle retourna à la table quelques minutes plus tard et remarqua que leurs boissons étaient servies.

— Comment ça se passe au garage ? demandat-elle.

— Ça va. Je m'entends pas trop mal avec le patron. Il m'a dit que j'avais changé.

— Tu as changé. Tu te rappelles quand on s'est rencontré ? Tu étais… Tu étais bien plus impulsif, moins calme.

— Et toi, tu étais bien plus naïve répondit-il.

Beth ne manqua pas le petit sourire en coin qui étirait ses lèvres.

— J'avais seize ans, Daryl. Bien sûr que j'étais plus naïve. Tu étais tellement infecte au début, tellement renfermé, un peu comme un petit animal sauvage.

— T'entends par là que tu m'as domestiqué ?

— Daryl ! Tu devrais savoir qu'on ne domestique à un animal sauvage, plaisanta-t-elle.

Le reste du repas se passa dans la bonne humeur. Daryl avait fini par se trouver à l'aise et Beth avait vu la tension disparaître dans ses épaules. Daryl s'arrêta devant le restaurant pour fumer. Il fouilla dans sa poche et en sortit une cigarette ainsi que son briquet.

— Excusez-moi Monsieur ! déclara une voix masculine.

Beth se tourna vers son propriétaire qui ne devait pas avoir plus d'une vingtaine d'années.

— Je pourrais emprunter votre briquet ?

Daryl ne répondit rien se contentant de le lui tendre. Le garçon le prit et Beth remarqua qu'il lui jetait un coup d'œil alors qu'il tirait la première bouffée.

— Merci.

— On y va, Daryl ? proposa-t-elle en glissant sa main dans la sienne. Bonne soirée, ajouta-t-elle à l'adresse du garçon.

La jeune femme ne pouvait s'empêcher de ressentir comme un mauvais pressentiment alors qu'ils se dirigeaient vers le vieux pick-up de Daryl. Beth se glissa côté conducteur après qu'il lui eut passé les clefs et démarra le véhicule. Elle jeta un coup d'œil dans la direction de Daryl. Ce dernier regardait par la fenêtre tout en se mâchonnant l'ongle du pouce. Elle sourit légèrement. La soirée ne s'était pas passées aussi mal qu'elle aurait pu le penser.

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Lorsque Beth retourna chez ses parents le lendemain, la jeune femme retrouva Maggie assise sur la balancelle que leur père avait installé sur le perron.

— Maggie ? T'es déjà arrivée ?

Un dimanche sur deux, Maggie et Matt venaient déjeuner à la ferme.

— Faut croire que oui, répliqua sa sœur.

— Quelque chose ne va pas ? Demanda Beth en voyant la mine de sa sœur.

— J'aimerais te parler de quelque chose… discrètement, répliqua Maggie.

— Ok, rétorqua Beth. Suis-moi !

Beth et sa sœur se dirigèrent vers un endroit tranquille en lisière de bois.

— Je sais tout, Beth.

— Quoi ?

— Samuel vous a vu hier.

Le cœur de Beth rata un battement alors qu'elle commençait à comprendre le comportement étrange de Maggie.

— Samuel ? Quoi ?

— Arrête de jouer l'idiote, Beth. Tu sais parfaitement de quoi je parle ! Samuel vous a vu au restaurant ton vieux beau et toi…

— Mon vieux beau et moi ?

— Tu vas me dire qu'il a inventé ? Que c'est pas vrai ? Tu vas mentir comme tu mens aux parents ? Me dire que tu étais chez Felicity ? D'ailleurs depuis quand tu lui reparles à Felicity !

— Depuis un certain temps déjà. Et je te trouve bien culottée de me reprocher de mentir. C'était pas ton sport préféré au lycée pourtant ?

— Donc c'est vrai. Putain ! J'arrive pas à y croire ! Il a quel âge ce type ? Tu l'as rencontré où ? Tu… Il te fait pas de mal, hein ?

— Ce type, comme tu dis, s'appelle Daryl. Je l'ai rencontré il y a peu plus de trois mois. Il m'a aidée avec ma voiture. Il est mécanicien.

Beth réfléchissait depuis le début à la manière dont elle pourrait expliquer leur rencontre à ses proches. Après en avoir parlé avec Daryl, ils avaient décidé que cette histoire était la plus plausible.

— Ça répond toujours pas à ma question. Quel âge a ce type ?

— Mais qu'est-ce que ça peut bien faire à la fin ?

— Ça peut faire que tu as dix-huit ans Beth et que d'après ce que Samuel m'a dit ton Daryl ne peut pas avoir en dessous de trente-cinq ans.

— Très bien. Il a trente-huit ans.

Beth vit sa sœur secouer la tête. Elle soupira légèrement avant d'ajouter :

— C'est quelqu'un de bien Maggie. Je suis…

— Quelqu'un de bien ? Quelqu'un de bien ? Tu peux me dire comment quelqu'un de bien aurait l'idée de fréquenter une gamine de dix-huit ans !

Beth ne put s'empêcher de lâcher un petit rire nerveux alors que sa conversation avec Maggie des mois plus tôt lui revenait à l'esprit. A l'époque déjà, alors qu'ils étaient en pleine épidémie et risquaient de mourir à chaque instant, sa sœur avait été celle qui avait le moins bien réagi à leur relation.

— C'est quelqu'un de bien Maggie. Je…

— Me dis pas que t'es amoureuse de lui ! Ça fait que trois mois que tu le connais et ça fait pas si longtemps que ça que Jimmy et toi vous êtes séparés.

— Et alors ?

— Et alors, on peut pas retomber amoureuse si vite.

Maggie avait peut-être raison. Beth avait bien été amoureuse par le passé mais elle s'était rendu compte lorsqu'elle avait commencé à fréquenter Daryl que ses précédentes relations n'avaient jamais été aussi profonde que celle qu'ils partageaient.

— T'en sais rien. Chaque relation est différente.

— T'as dix-huit ans, Beth. T'es encore…

— Justement ! J'ai dix-huit ans et je crois qu'il est temps que vous laissiez prendre mes propres décisions.

— Beth ! C'est pas parce que tu as dix-huit ans que tu deviens une adulte du jour au lendemain.

— Je sais bien, Maggie.

— Tu as changé, remarqua sa sœur. Shawn m'en avait parlé mai je l'avais pas cru. Tu as changé.

— Shawn t'avait parlé de quoi ?

— Rien de bien méchant. Juste que tu ne te pliais plus si facilement aux volontés des parents, que tu sortais beaucoup plus que tu avais pardonné Felicity.

— Je t'arrête tout de suite. Je n'avais rien à pardonner à Felicity. J'ai juste agi comme une abrutie dans un premier temps c'est tout.

— Elle a couché avec ton ex petit-ami, Beth.

— Oui et ? On n'a plus quinze ans, Mag. C'est débile de faire la gueule pour ça.

— Tu vois, t'aurais jamais dit ça avant.

— En quoi c'est mal ? Grandir. C'est ce qu'on appelle grandir, Maggie, répliqua-t-elle d'une voix sèche.

— J'ai jamais dit que c'était mal, lâcha sa sœur. Je veux le rencontrer.

— Hein ?

— Daryl. Je veux le rencontrer.

Maggie avait toujours été du genre à exiger et cela était le genre de choses qui agaçait Beth au plus au point.

— Je lui en parlerai et ce sera à lui de décider, répondit Beth.

— S'il est si bien que ça, j'imagine qu'il acceptera ou sinon je peux toujours en parler aux parents.

— Du chantage, Maggie ? Vraiment ?

Beth ne put s'empêcher de sentir la petite pointe de déception face au comportement de sa sœur.

— Je crois qu'il y a que ça qui te fera me prendre au sérieux. Je m'inquiète et…

— Je lui en parlerai, je te dis, la coupa Beth ne voulant pas entendre ses explications. Je vais voir si maman a besoin d'aide, ajouta-t-elle avant de partir.

Elle entendit Maggie l'appeler mais ne se retourna pas. Dans ce monde non plus, sa sœur ne lui faisait pas confiance pour faire ses propres choix. Elle serra le poing agacée par la manière dont elle s'y était prise. Elle savait que Maggie s'inquiétait pour elle mais Beth détestait se faire ainsi forcer la main.

— Salut maman ! lança-t-elle en pénétrant dans la cuisine.

— Ta soirée s'est bien passée, ma chérie ?

— Très bien. On s'est bien amusé. Tu veux que je t'aide ?

— Si tu pouvais mettre la table, ça m'arrangerait.

Beth hocha la tête avant de s'exécuter. Maggie pénétra dans la maison alors qu'elle était en train de finir.

— Les hommes ne devraient pas tarder, déclara-t-elle. Tu veux que je fasse la sauce, Maman ?

— Oh non ! Non, ne t'en fais pas ! J'ai tout bien en main.

Beth jeta un coup d'œil dans la direction de sa sœur et remarqua qu'elle la suivait du regard visiblement concernée. Une chose était sûre, dans tous les mondes, Maggie se faisait du souci pour elle et trouvait toujours le moyen de l'infantiliser. Au moins, quelque chose qui n'était pas prêt de changer.

Moins de cinq minutes plus tard, Hershel, Shawn et Matt pénétraient dans la maison. La jeune femme salua son beau-frère avant de faire de même avec son frère et son père.

— Tu es là depuis longtemps, Bethy ? demanda son père.

— Une demi-heure tout au plus, répondit-elle alors qu'ils s'installaient autour de la table.

— Plus ça va moins t'es là, déclara Shawn taquin. On va finir par croire que tu as un copain. Remarque… Peut-être que tu en as vraiment un.

— Shawn ! Laisse ta sœur tranquille ! intervint Annette tout déposant le plat de gratin sur la table.

— Quoi ? J'ai plus le droit de m'intéresser à ma petite sœur préférée.

— J'appelle pas ça m'intéresser mais fouiner personnellement, répliqua Beth en souriant.

— T'es dure, Bethy, répliqua-t-il avant de lui faire un clin d'œil.

— Bethy ! C'est ton tour de dire les grâces, intervint Hershel.

— Bien sûr Papa, répondit-elle.

La jeune femme attrapa la main de sa mère à sa gauche ainsi que celle de son beau-frère. Elle avait encore du mal à se faire à l'idée que Matt l'était bien que le garçon soit tout ce qu'il y a de plus aimable.

— En cette belle journée de printemps, je suis heureuse de pouvoir prendre avec vous ce succulent repas. Remercions ensemble le Seigneur pour sa bonté et sa miséricorde. Amen.

— Amen, répétèrent les personnes autour de la table.

— Ça m'a l'air très bon, Maman, déclara Beth avant de lui tendre son assiette.

Annette la servit après avoir rendu son assiette à Matt. Chacun attendit que tout le monde fut servi avant de commencer à déjeuner.

— Comment va Felicity ? T'étais bien au cinéma avec elle hier ? demanda Hershel.

— Oui en effet, c'est avec elle. Et elle va bien.

Elle ne mentait pas véritablement. Felicity allait bien. Beth lui avait rendu visite la veille pour lui demander de ses nouvelles et s'assurer qu'elle était prête à la couvrir. Son amie n'avait pas hésité une seconde. Beth et elle s'étaient promenés dans les bois alentours une bonne partie de l'après-midi. Felicity lui parlait souvent du lycée et Beth pouvait voir à la manière dont son visage s'illuminait que cela lui manquait. La jeune femme aimait l'entendre rire alors qu'elle lui racontait des anecdotes que Beth faisait mine de se souvenir. Bien entendu, elles ne parlaient jamais de Jimmy. Pas que cela aurait ennuyé Beth mais Felicity faisait toujours attention à ne pas l'évoquer en sa présence.

— Le film était bien ?

— Il était sympa.

— C'était quel film ?

— Celui avec Matt Damon et Scarlett Johansson sur le zoo.

Hershel ne semblait pas en avoir entendu parler contrairement à Shawn qui déclara :

— Madison est allée le voir et m'a dit qu'il était pas mal.

Madison était la petite amie de Shawn. D'aussi loin que Beth se souvenait, ces deux-là avaient toujours été amis, les meilleurs amis du monde. A l'époque déjà, bien avant l'épidémie, Beth était persuadée qu'ils finiraient pas sortir ensemble et cela n'avait pas manqué. D'après ce qu'elle avait compris, ils avaient fini par passer le pas deux mois après les événements. Evénements qui n'avaient pas véritablement eu lieu dans ce monde.

— T'es pas allée avec elle ?

— Je suis déjà allé voir The Artist avec elle la dernière fois.

— C'était en décembre dernier, Shawn, remarqua Annette.

— Ah bon ? Demanda-t-il semblant réfléchir. Ah oui ! C'est vrai ! De toute manière, elle préfère aller au cinéma toute seule.

— Personne n'aime aller au cinéma tout seul, Shawn. Elle te dit ça juste pour que tu ne culpabilises pas trop. Moi j'ai toujours dit qu'elle était trop gentille, rétorqua Maggie.

— Je te dis qu'elle préfère aller au cinéma toute seule. Elle aime avoir la salle pour elle toute seule ou presque. C'est son truc, c'est tout.

Maggie fit la moue et Beth devina qu'elle n'était pas convaincue par ce que venait de dire son frère. Ce dernier ouvrit la bouche pour répondre mais se retint au dernier moment. Sans doute ne désirait-il pas mettre de l'huile sur le feu.

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Alors qu'avez-vous pensé de ce chapitre ? La réaction de Maggie ? Le dîner de Beth et Daryl ? A votre avis, comment va se passer la rencontre ?