Je ne suis vraiment inspirée que vers les deux heures du matin...
Enfin, voilà ( probablement ) l'avant-dernier chapitre, mes enfants. Je dis probablement, parce qu'il y en aura peut être encore deux, si il me vient encore assez d'idées. Je sais que ça mériterait vraiment d'être infiniment plus développé, mais j'aime assez bien la forme que ça a pris.
Merci à ceux qui lisent, et qui suivent. Un grand merci à Lia Mei Soma, sans son soutien ( depuis toujours ), je n'aurai jamais pu terminer une seule fiction. J'espère que ce chapitre vous plaira.
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« Nombreuses fractures, une centaine de coups de couteau, l'arme fait à peu près vingt centimètres. Mais ce n'est pas la cause de la mort. L'homme était déjà mort, les blessures sont toutes post-mortem. Vous voyez, il y a peu d'éclaboussures, il n'y avait donc plus de pression sanguine. La mort remonte à, je dirais, cinq jours, mais les blessures ont été faites il y a moins de quarante-huit heures. Les larves n'ont pas éclos dans les blessures, mais celles dans les yeux et la bouche, si. Le corps n'a aucun signe distinctif, il est méconnaissable. On sait qu'il s'agit seulement d'un homme âgé, entre quatre-vingt et quatre-vingt dix ans. L'autopsie révèle que homme n'a pas été étranglé, ni empoisonné d'une quelconque manière. Mais elle révèle un cancer de la peau à un stade extrêmement avancé, c'est probablement la cause du décès... Il faut retrouver l'auteur de ces mutilations, car ce sont évidemment des mutilations. Il faut trouver pourquoi, et nous saurons qui a fait ça. »
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Il y avait un épais brouillard. Il entendait à peine les gens s'agiter autour de lui. Il voulait leur répondre. Ses poumons le brûlaient, le brouillard finit par se dissiper, et il vit sa mère, le visage inquiet, baigné de larmes, juste au dessus de lui. Il ne voyait plus son père. Sa mère le prit contre elle, le sermonna en pleurant. Mama. Il allait tout lui dire. Tout. Il n'avait pas peur. Il sentait quelque chose lui brûler les entrailles, et ce n'était pas l'eau. Elle le croirait, les emmènerait loin, lui et Mary. Elle les protégerait, se répétait-il. Mama.
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« C'est le dernier problème a résoudre. »
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Des images qui vont trop vite en noir et blanc, la vue qui s'obscurcit. Déjà, il ne voit plus grand chose, plus de vision périphérique. Il sait ce que c'est. Il va vomir, très bientôt, il sent sa gorge qui le brûle, mais il ne veut pas tomber. Ce n'est pas la fin. Ce n'est pas la chute. C'est trop bête. Pas maintenant. La douleur lui donne l'impression que son cerveau est comprimé, mais c'est ça, Jim, c'est exactement ça. Bientôt, il ne peut plus réfléchir, mais il faut juste qu'il les monte, ces putains d'escaliers, il y en a combien déjà ? Seb...
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« Démanteler le réseau de Moriarty a pris des années. Il était réparti dans le monde entier, notamment en Chine, en Turquie, et surtout, en Afghanistan. Sebastian Moran s'y était fait des allié avant de revenir à Londres. Un petit cadeau, en échange d'une considérable aide financière. Le problème désormais, est que Moran demeure introuvable. Il essayé d'abattre Holmes trois fois, alors que personne d'autre n'avait pu le retrouver pendant trois ans. On connaissait sa loyauté sans bornes envers son patron, mais personne ne se doutait qu'il prendrait la relève. Il est dangereux, talentueux et plus que déterminé à venger Moriarty. Il ne lâchera pas celui qu'il considère comme son assassin avant de l'avoir éliminé. »
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« Tu l'as tué toi-même.
- Non, il était déjà mort, quand je suis arrivé. Mais, ça, ça ne regarde que moi.
- Tu te sens mieux maintenant ? »
Il eut un sourire amer. Il ne voulait pas discuter de ça, ça ne le concernait pas, c'était personnel. Il fallait qu'il mette des barrières à leur relation, sans quoi Sebastian deviendrait vite envahissant, et il ne voulait pas perdre son plus fidèle employé.
« Tu as tué toute ta famille.
- Non, il était déjà mort et j'ai tué un homme qui n'était pas mon père, par accident, qui plus est.
- Mais il t'a élevé comme son fils, c'est tout comme.
- Qu'est-ce que ça peut bien te faire, bon sang ?
- Je m'inquiète pour toi. Tu es vraiment bizarre en ce moment, ajouta-t-il en allumant une cigarette. Tu es ailleurs, et tout ce bordel, ça empiète sur le boulot.
- Ca n'empiètera plus sur rien désormais. »
Sebastian se retourna et regarda son patron, avec un mélange d'exaspération et de tristesse.
« Ecoute, il faut vraiment qu'on parle. De tout ça. Tu as besoin de parler. »
Jim se leva subitement. Il s'approcha et s'arrêta à quelques centimètres de son sniper. Il bouillonnait.
« Tu penses que j'ai envie de te parler, à toi ? Et de quoi ? Tu veux des confidences sur l'oreiller ? Ca n'empièterait pas sur le boulot, ça ?
- Jim...
- Je te fais pitié, cracha-t-il, c'est ça ?
- Non...
- Alors quoi ? »
Sebastian soupira. Ca devenait difficile d'être honnête avec lui, il était de plus en plus susceptible et sur les nerfs.
« Je ne veux simplement pas que tu meures bêtement.
- Mais, je vais mourir bêtement Seb. On ne peut pas mourir d'une façon plus stupide que d'un cancer. Je suis en train de perdre toutes mes capacités intellectuelles, et je serais d'ici peu complètement instable et malade. Je serais alité, et j'attendrais de mourir. Bon, d'accord, je n'aurai pas à attendre trop longtemps. Tu as constaté toi-même que j'allais de plus en plus mal, est-ce que tu crois que je vais attendre patiemment, que je vais te laisser me faire prendre mes cachets tous les jours, puis que tu veilles sur moi dans un lit d'hôpital ? Je ne veux pas qu'on se souvienne de moi comme ça, Seb. Je ne veux pas que tu te souviennes de moi comme ça. Tu voulais que je te parle, non ? Et bien, c'est fait. Et, non, pitié, ne me sors pas le classique "tu vas t'en sortir", ça fait longtemps que je m'y suis fait. Mais je préfère mourir avant, et mieux que ça. »
Sebastian se détourna. Il avait la gorge nouée. Ce n'était pas le moment de faire du sentimentalisme, il le paierait cher. Mais ça faisait quatre ans qu'il bossait pour lui, qu'il partageait presque toutes ses pensées. Presque toutes.
« Ok, Jim... Qu'est ce que tu veux de moi ?
- Si je meurs, tue les tous. Ne fais pas d'exception. »
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« Il fallait une chute, comme à toute bonne histoire. Quelque chose de percutant. Je suis à peu près certain que Jim avait prévu toutes les possibilités de cette chute. Ce que Sherlock ne savait pas, c'était que Jim serait mort dans tous les cas. Il lui a posé un ultimatum, Sherlock l'a détourné, mais il n'a pas gagné. Il n'a pas gagné, parce que c'était son plan, une possibilité parfaitement envisagée et qu'il y a Sebastian derrière lui. Et il finira le travail. »
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Ils sont tous morts. Ils sont tous déjà morts, comme toi. Il faut juste que leurs corps cessent d'être animés, que leurs bouches cessent de parler. Ca peut s'arranger. Tu n'as plus rien à perdre maintenant. Tout à gagner. Il n'y a rien après la mort. Tu le sais bien. L'enfer est vide, le paradis aussi, parce qu'il n'y a rien à y mettre. Toute souffrance est ici, après, c'est terminé, définitivement terminé. Alors ça peut s'arranger. Ce sera superbe. L'apothéose. Tout va s'arranger.
