Chapter III : Trouble
Titre : Ce sont les sans-cœurs
Auteur : Flammula
Genre : UA, romance et fantastique ; Romance parce que si comme moi vous aimez Kingdom Hearts, c'est que vous aimez forcément les histoires niaises. X3
Un GRAND merci pour toutes les reviews ! J'espère que ce nouveau chapitre vous plaira !
Bonne lecture !
Chapitre 3 : Trouble
J'ai retrouvé mes amis Pence, Olette et Hayner à notre repère, comme nous en avions l'habitude depuis plusieurs années maintenant. Ils n'avaient pas la mine réjouie que j'espérais trouver en arrivant, mais c'était sans doute une question de temps.
J'ai essayé de leur remonter un peu le moral en adoptant un ton enjoué, mais apparemment, la situation les préoccupait un peu trop et leur sourire avait été faible.
"J'ai du mal à ne pas m'inquiéter avec ce qui se passe en ce moment en ville, tu sais." expliqua Olette en fronçant les sourcils.
Evidemment ils avaient aussi eu des nouvelles du meurtre de cette nuit. C'est assez difficile de faire abstraction de ce qui se passe quand ça nous touche de si près. La rumeur dit que le meurtrier s'attaque à beaucoup de personnes, sans faire de différence, et que cela dure depuis plusieurs années et dans plusieurs villes. N'importe qui pouvait être victime et c'était le plus effrayant. Puis l'affaire s'est tassée. Certains ont dit que les meurtres avaient cessés, d'autres ont affirmé qu'ils ne s'étaient jamais stoppés et au final ces crimes ont été relégués au rang de légendes urbaines. Depuis quelque temps, les sceptiques commencent à se remettre en question. Peut-être que ces fameux meurtres que l'on pensait, depuis deux ou trois ans, n'avoir jamais eu vraiment lieu ou étant tout à fait autre chose que les faits d'un tueur en série n'étaient pas seulement nés de l'esprit un peu loufoque de certains habitants des grandes cités. Pourquoi est-ce que les meurtres avaient fait plus de bruit à présent ? Peut-être simplement parce qu'ils s'étaient faits de plus en plus rapprochés et fréquents. Peut-être aussi que c'était nous qui ne nous en préoccupions pas, jusqu'à ce que ça nous touche de plus près. J'imagine que si ça n'avait pas touché le lycée où j'allais, si je ne m'étais pas retrouvé impliqué si étroitement, avec Sora, je ne m'en serais peut-être pas soucié ? Non, je ne devrais pas dire « peut-être » : c'est en fait exactement ce qui s'est passé. C'est déplorable, mais c'est toujours comme ça. On ne s'inquiète vraiment que de notre propre petit monde. J'imagine que c'est un comportement typiquement humain et qu'on ne peut pas vraiment en vouloir à qui que ce soit pour cette raison.
Nos inquiétudes partagées à voix haute, nous avons fini par parler d'autre chose, moins glauque, moins triste, moins effrayant. Enfin. Un retour à nos petites discussions insouciantes et ordinaires. Celles que l'on pourrait trouver ennuyeuses pendant les temps calmes, celles que l'on regrette quand ça ne va pas.
Nous avons fini par sortir de notre repère, direction la gare. Nous avions l'intention de prendre un billet de train pour nous rendre à la plage. Evidemment pas pour se baigner, la saison n'était pas celle idéale, mais nous aimions aller nous y promener, d'autant plus qu'on y trouvait toutes les sortes d'activités que les jeunes de notre âge pouvaient espérer. Dans chacun des baraquements en bois, il y avait soit un café, soit une salle de jeu, glacier, fast food, etc. Il n'y a que le cinéma qui restait en ville. Tout était beaucoup plus animé en été, bien sûr, mais nous n'avions pas forcément besoin de nous mêler à la foule.
Rassemblant nos économies, nous avions de quoi prendre le train et aller boire quelque chose une fois là-bas. Octobre n'était peut-être pas un mois pour manger des glaces, mais nous avions envie de ces fameuses glaces à l'eau de mer que nous aimions. Sur le trajet, aucun de nous n'a rien dit. Le silence aurait pu paraître gênant, mais nous ne nous en sommes même pas rendu compte, absorbés chacun dans nos pensées comme nous l'étions. Ce n'est qu'une fois que nous sommes descendus dans le bruit de la gare que j'ai réalisé que tout avait été bien calme pendant le voyage. Pas que ce soit vraiment important ou curieux, il y a toujours des moments comme ça où on ne parle pas, je pense que c'est pareil pour tout le monde. A part pour Sora peut-être ? Enfin. Je ne serais même pas capable d'expliquer pourquoi cette fois cela m'avait perturbé.
A la plage, il y avait beaucoup plus de monde que ce que j'imaginais y trouver. Nous avons passé une bonne partie de l'après midi à croiser des amis par-ci par-là avec qui nous nous arrêtions pour parler un peu, et nous sommes passés comme ça d'un groupe à l'autre, toujours en riant. Finalement, nous avons eu nos glaces et nous sommes installés sur le sable pour la manger. En regardant droit devant nous, nous avions une vue sur une petite île que les gens de ce côté-ci de la ville appelaient l'Ile du Destin, je ne sais pas vraiment pourquoi, aussi loin que remontent mes souvenirs, on l'avait toujours appelé comme ça, et il me semble que mes grands-parents avaient un jour dit la même chose.
Personne n'y allait vraiment, il n'y avait rien là-bas sinon quelques cabanes de bois. Et ce que le peu de gens qui s'y rendaient y ramenaient. Sora, Kairi et Riku étaient les seuls qui y allaient souvent, rejoints par Tidus, Wakka et Selphie la plupart du temps. Enfin, c'était il y a un moment maintenant, et je crois que Sora et ses deux meilleurs amis étaient maintenant les seuls à s'y rendre, sauf quand ils ne se voyaient pas, ou qu'il y avait un trop mauvais temps pour prendre les barques qui y menaient. J'y étais allé une seule fois, au moment où Sora était arrivé chez nous avec Léon. L'endroit ne m'intéressait pas, et me faisait même peur à l'époque. Aujourd'hui je ne me souviens plus pourquoi et depuis, j'ai assez grandi pour ne pas avoir peur pour un rien. Et puis, Sora y passait tellement de temps et il ne lui était jamais rien arrivé.
Je disais donc, que la première fois que j'avais été sur l'Ile du Destin, c'était quand Sora était venu vivre chez nous. C'est là qu'il avait fait la connaissance de Riku et qu'ils étaient devenus inséparables. Je me souviens que j'avais pensé, en les voyant échanger leurs premières paroles, qu'ils se feraient sûrement tout le temps la guerre, et que l'éventualité qu'ils deviennent amis était peu probable. J'avais tort, leur rivalité ne valait que le tiers de leur amitié. Et je crois… ou plutôt je suis sûr, même si ça ne me fait pas plaisir de l'avouer, que Riku considère Sora comme plus que son meilleur ami. Je ne sais plus si j'en ai déjà fait mention. Peut-être, des fois la remarque sort sans que je m'en rende compte, parce que si l'idée me fait de la peine, j'ai du mal à penser autrement. Pas que ce genre d'amour me gêne, mais peut-être que j'aurais préféré que ce soit moi qui attire l'attention de Riku ?
Un certain temps après, c'était Kairi qui arrivait en ville et se lia d'amitié avec les deux garçons. Le maire de la ville l'avait adoptée, une petite fille qui venait, on ne savait pas trop d'où, mais très gentille et tout le monde s'était très vite attaché à elle. Sora s'en était même amouraché. Sûrement que maintenant il en était vraiment amoureux. Je suppose que je devrais être triste pour Riku, parce que je sais ce que c'est que d'être ignoré par la personne qu'on aime, mais s'il en souffre, il ne le laisse voir à personne. Il connaît les sentiments de Sora, et il semble s'être fait une raison. Je pense. Le fait qu'il sorte avec Naminé confirme mes pensées. Sauf s'il est avec ma sœur par dépit. Dans tous les cas, il s'en sort tout de même à bon compte, et je crois que je suis le seul à me retrouver sur la touche.
Et l'Ile du Destin ne m'inspire donc pas plus que ce que je viens de raconter.
"Tu veux aller y faire un tour ?"
J'ai été sorti de mes pensées par Hayner qui me regardait, un sourcil arqué. Il devait se demander pourquoi je fixais l'île et ne disais plus rien. Je devais avoir un drôle d'air à fixer sans bouger le bout de terre en face de nous.
"Tu rêves éveillé, si ça peut te secouer, je veux bien aller prendre une barque pour nous y rendre."
Et, tout bien réfléchi, je n'y voyais pas d'objection, l'idée n'était pas si mauvaise, cela changerait pour une fois, nous n'y allions jamais. Et nous croiserions peut-être Sora.
Olette n'était pas très motivée mais elle nous a suivis sans protester. Je pense qu'elle n'aimait pas vraiment cette île, mais elle ne disait rien parce que sûrement qu'elle ne pouvait pas expliquer ce qui lui déplaisait là-bas, comme moi je n'avais jamais su expliquer ce qui m'effrayait là-bas quand j'étais petit. Aujourd'hui, je ne m'ennuie plus de ce que m'inspire ou pas l'endroit. Du moins, c'est ce que je me dis tant que je n'ai pas mis les pieds là-bas. Pourtant Sora, Riku, Tidus, Wakka et même Selphie et Kairi, ils y sont toujours et n'ont jamais rien dit qui puisse éveiller la méfiance quant à ce qui peut s'y trouver.
Tandis que je ramais avec Hayner pour nous mener de l'autre côté, je ne disais rien. Olette non plus. Il n'y avait que mon meilleur ami et Pence qui bavardaient tranquillement. Ils ne se sont pas inquiétés de notre silence, et à vrai dire, même s'ils s'en étaient inquiétés, cela aurait été pour rien, surtout que nous n'aurions rien dit.
"A ce qu'il paraît, il y a une porte quelque part sur l'île, qui ne s'ouvre pas. Personne ne peut donc savoir sur quoi elle ouvre. », finit par dire Olette d'une toute petite voix.
"Tu veux aller vérifier ?", demanda Hayner, étonné d'entendre parler de cette histoire, cela ne lui rappelait rien de ce qu'il avait entendu, lui.
"Non.", s'empressa-t-elle de répondre. "Je m'en moque. C'est juste que…"
Nous avons tous attendu son explication, mais elle n'a pas continué. Et elle n'a même pas répondu à nos questions. Hayner a haussé les épaules, et Pence a proposé de faire demi-tour. Mon meilleur ami grogna, mais Olette assurait qu'elle avait juste parlé de la porte comme ça et qu'elle avait envie d'aller faire un tour sur l'île elle aussi.
Je n'ai rien dit. Je n'avais pas spécialement envie d'aller là-bas, mais ça ne me dérangeait pas non plus. Surtout que j'avais déjà accepté la proposition, et que, puisqu'on avait déjà fait tout ce chemin, autant aller jusqu'au bout de nos efforts.
S'il y avait vraiment une porte comme celle dont avait parlé Olette, alors Sora en ignorait l'existence. Ou alors il n'avait pas jugé la chose assez intéressante pour m'en parler. Je ne m'en suis pas vraiment inquiété, parce que de toute façon, les gens racontaient toujours un tas d'histoires autour des endroits qu'ils ne fréquentaient pas beaucoup. Des histoires justifiées au début, mais qui tournaient vite à la fable et au folklore. On aimait toujours exagérer les choses.
Une fois arrivés sur le sable de l'île, nous nous sommes demandés où l'on pourrait aller maintenant que nous avions fait le chemin jusqu'ici. Je proposais de faire le tour, parce que je savais que, si Sora était là, c'était de l'autre côté de l'île, et puis cela nous ferait faire une visite rapide des alentours. Nous nous sommes avancés sur l'île en échangeant nos impressions : rien de particulier par rapport à la plage que nous venions de quitter, il fallait juste aimer être un peu à l'écart.
Nous n'avons trouvé personne de l'autre côté de l'île. On voyait clairement que c'était là que les autres avaient l'habitude de rester par ce qui y était installé, et puis je reconnaissais certains endroits que j'avais vu sur les photos que Sora m'avait montrées, mais personne d'autre que nous n'était là, à première vue. J'ai jeté tout de même un coup d'œil partout où je le pouvais, parce que, maintenant que j'étais là, je devenais curieux de connaître le repère préféré de Riku.
Et c'est de cette manière que je suis tombé sur la grotte. Elle était creusée dans la falaise et son entrée était cachée par l'abondance des plantes grimpantes qui poussaient depuis le sol en suivant le versant de la falaise. Je suis entré, poussé par la curiosité, pensant que même cachée par la végétation, depuis le temps qu'ils se retrouvaient là, elle n'avait pas dû passer inaperçue aux yeux de Sora, Riku et Kairi. Hayner et les autres m'ont suivi sans poser de questions, ils devaient être aussi curieux que moi, ou alors, je devais avoir l'air assez déterminé pour qu'ils n'osent pas opposer de résistance.
Nous avons marché le long d'un couloir de pierre qui n'a pas mis longtemps avant de déboucher sur une salle de taille moyenne.
Au premier coup d'œil, c'est la porte qui attirait l'attention. Finalement, il ne s'agissait pas de fables. Tandis que nous avancions un peu plus dans la salle, Hayner, Pence et Olette sont allés à la porte, moi, j'avais été attiré par l'autre côté : il y avait là un gros rocher avec des dessins faits à la craie sur sa surface. Celui qui les avait faits n'était pas très doué en dessin, que ce soit un enfant ou une personne plus âgée mais avait réussi à m'arracher un sourire. C'était assez attendrissant, deux personnages qui s'échangeaient un fruit paopu, et en regardant mieux, j'aurais même parié que c'était Sora et Kairi. Il n'y avait pas sur toute la planète deux personnes qui avaient cette coupe de cheveux si anarchique, et même si ce n'était pas très bien dessiné, impossible de se méprendre.
Je défends à quiconque de dire que j'ai le même genre de coupe que mon cousin. Cloud non plus n'en est pas à ce point. Nos coupes à nous sont très classes et très stylées. Non mais.
"On dirait que des hommes de Cro-Magnon sont passés par là.", fit Hayner avec un sourire en coin.
Je ne lui ai pas demandé s'il pensait comme moi, je pense que son sourire en disait long. C'était assez évident. Je me demandais si Riku aussi avait vu ces dessins.
Il n'y a pas que sur l'Ile du Destin que l'on sait ce que veut dire pour certains, partager un fruit paopu. La promesse qu'on se fait alors, les gens la connaissaient jusqu'en ville. Toujours ensemble, hein ? Je ne sais pas si Sora et Kairi en avaient vraiment partagé un, ou si leur promesse n'avait été faite que par dessin, parce qu'ils n'avaient pas besoin de plus. Maintenant que j'y pense, c'est peut-être pour cette raison qu'on appelle cette île l'île du Destin. Parce que c'est le seul endroit du coin où poussent les arbres de fruits paopu.
"Alors, cette porte ne peut vraiment pas être ouverte ?", ai-je demandé pour détourner l'attention de ce qui devait être un petit secret entre les deux tourtereaux.
"Aucune, et pas moyen de la bouger.", a-t-il répondu en haussant les épaules.
Cela ne l'intéressait apparemment pas plus que ça. Je me suis rapproché de la fameuse porte juste pour la regarder rapidement et puis j'ai senti quelque chose de bizarre sous mes pieds.
"Tu le sens aussi ?"demanda Olette, inquiète. J'ai fait un pas en plus. J'avais l'impression que le sol sous mes pieds était creux et qu'il ne demandait plus grand-chose pour céder. C'était plutôt curieux, je n'aurais jamais imaginé qu'il y ait des galeries sous ce sol. Des galeries naturelles ? Plus que probable, je ne vois pas ce qu'aurait pu creuser ici…eh bien…personne. Personne n'avait jamais travaillé ou vécu ici. Pas vraiment. Donc, les galeries, s'il y en avait, n'étaient pas de faites par des hommes.
"Je crois qu'on ne devrait pas trop marcher ici, le sol menace de céder d'un instant à l'autre.", ajouta Pence.
J'ai hoché la tête et ai à peine eu le temps de faire un pas, puis un autre, et c'en était un de trop.
Je me suis retrouvé dans un trou rempli de terre et de caillou, et vraiment, plus profond que ce que j'avais imaginé. Après l'étourdissement de la chute et avec la tête qui raisonnait du bruit de l'éboulement et du cri de mes amis qui s'inquiétaient, j'ai levé la tête pour voir où j'étais tombé. D'abords il a fallu que je me dégage de la terre, il y en avait beaucoup et j'étais plutôt content qu'il n'y en ait pas eu un peu plus ou je serais en train de m'étouffer dedans. D'un autre côté, il y en aurait eu un peu moins, elle n'aurait pas amorti ma chute et je me serais cassé une jambe. Or, je ne déplorais que quelques bleus, égratignures et une douleur sur tout le corps. Demain, je me réveillerais sûrement avec l'impression qu'un camion m'était passé dessus. Une fois debout, j'ai fait signe aux autres que j'allais bien et dû me rendre à l'évidence que je ne pourrais pas sortir de là à moins qu'ils aillent chercher de l'aide. Ils ne pouvaient pas m'atteindre et je ne pouvais pas escalader.
J'avais toujours eu beaucoup de chance.
"Ecoute Roxas, il va falloir qu'on te laisse seul quelque temps, l'île est trop grande et si on ne se sépare pas, on mettra trop de temps à trouver de l'aide. Et puisque tu n'es pas blessé, ça devrait aller. On sera de retour dans pas longtemps. Si on ne trouve personne, il va falloir qu'on retourne en ville.", m'a averti Hayner.
Soit, puisqu'il le fallait. Je n'avais pas envie de rester trop longtemps seul ici alors je les ai supplié de faire vite. Ils sont partis en courant et j'imagine qu'ils garderaient ce rythme. J'avais confiance en eux alors je ne m'inquiétais pas trop. Pour le moment. Je me suis mis en position assise et j'ai attendu. Le trou qui s'était fait était beaucoup plus profond que large. En largeur, il ne devait pas faire beaucoup plus que ma taille, je pouvais me tenir allongé, peut-être qu'Hayner aussi aurait pu. On aurait dit une bulle d'air dans la terre, et je me demandais comment est-ce que j'avais fait pour tomber pile où il ne fallait pas.
J'ai levé la tête vers la surface en cherchant un peu de lumière. Il n'y en avait pas beaucoup qui arrivait jusque dans la grotte, mais il me semblait que depuis le départ de mes amis, elle avait encore faibli.
J'ai frissonné.
Ca faisait combien de temps que j'attendais là ? Cinq ou dix minutes ? Il faudrait que je sois plus patient que ça.
J'ai soupiré et me suis mis à fixer droit devant moi, et puis j'ai remarqué qu'il y avait un début de tunnel qui élargissait encore un peu le trou. Ce n'était pas grand-chose, mais cela m'avait fait sursauter, parce qu'il m'avait donné l'impression qu'il venait à peine de s'être fait. Comme si des morceaux de terre s'étaient encore décrochés pour me montrer qu'ils pouvaient tomber encore plus profondément. Pourvu que non.
J'ai secoué la tête et j'ai essayé de penser à autre chose. Et surtout, je ne bougeais pas. Je me faisais la promesse que les seuls mouvements que je ferais à présent, seraient ceux pour sortir de là.
Le calme était tellement pesant que je me sentais vraiment mal à l'aise. Je n'entendais même plus le bruit de la mer et c'était assez perturbant. Est-ce que la terre étouffait autant les bruits ? J'ai fermé les yeux, et me suis recroquevillé dans mon trou puis j'ai enfoui ma tête dans mes bras. J'avais maintenant une bonne raison de ne plus entendre aucun bruit et ainsi je ne me demanderais pas pourquoi il y avait un tel silence. Et je suis resté un long moment dans cette position. Le temps passait, et je n'avais toujours pas de nouvelles de mes amis. J'avais l'impression que ça faisait une éternité qu'ils étaient partis, mais je n'avais pas bougé d'un centimètre.
C'est comme si le temps s'était arrêté. J'étais dans le noir, sans bouger, je n'entendais rien d'autre que le rythme régulier des battements de mon cœur. Plus je les écoutais, plus il me semblait que je les entendais fort. De plus en plus fort, comme s'il n'y avait qu'eux qui pouvaient être entendus, même ma respiration me semblait avoir disparue. Personne ne me contredirait si je disais que dans le calme complet, c'est votre propre respiration que vous entendez plus que le reste, si ?
«Je n'ai jamais vraiment aimé le silence. »
« J'avais cru le comprendre. »
« Ne rigole pas Roxas, je suis sérieux. Quand on reste trop longtemps sans rien dire dans une maison calme, le silence devient trop pesant. On finit par n'entendre plus rien d'autre que les battements de cœur, et je trouve ça effrayant. »
« Il faudrait que ça soit sacrément calme et que tu arrêtes même de respirer pour entendre tes battements de cœur ! »
« Mais non enfin. Je les ai souvent entendus quand j'étais dans un endroit trop calme. C'est pour ça que je préfère toujours être en compagnie, comme ça, on a toujours quelque chose à se dire, et ce n'est jamais calme. »
« C'est ma respiration que j'entends quand personne ne dit rien. Même quand je me bouche les oreilles. »
« Eux, ce n'est pas ta respiration qu'ils entendent. »
« Quoi ? Ne grommelle pas dans ta barbe Sora. »
« … »
Je me souvenais de ce jour où j'avais eu cette discussion avec Sora, je n'avais pas compris ce qu'il me disait, ça me paraissait illogique. Et c'est vrai, n'est-ce pas ? Même en vous bouchant les oreilles, qu'entendez-vous ? Votre respiration, le tremblement de vos muscles lorsqu'ils se contractent pour appuyer vos mains contre vos oreilles et très faiblement peut-être, votre cœur qui bat. Peut-être que si vous vous mettez à retenir votre respiration, le cœur se fait mieux entendre, mais ça n'a rien à voir avec ce que me disait alors Sora. Pourtant, à ce moment, dans mon piège de terre, je jure que je n'entendais plus que les battements de mon cœur. Tellement fort que j'en venais à douter que ce soient les miens.
Quand j'ai entendu, en plus, un cliquetis qui m'a fait sursauter. Il m'avait semblé que c'était venu d'en face de moi, mais j'ai levé instinctivement la tête en pensant y voir l'aide que j'attendais.
Personne.
J'ai entendu une deuxième fois le cliquetis. Comme deux petites plaques de métal qui s'entrechoquaient. C'était sûrement bête, mais ce bruit me faisait penser à celui que faisaient les armures de chevalier lorsqu'ils bougeaient.
Toujours personne.
J'ai commencé à avoir peur, je ne pouvais pas expliquer d'où venait ce bruit. Mon cœur a accéléré le rythme et je l'entendais s'affoler au fur et à mesure que ma peur grandissait.
Il fallait que je sorte de ce trou et vite. Je crois que la panique me faisait voir des choses qui n'existaient pas. Les ombres semblaient bouger juste devant moi et rampaient en se rapprochant. Je fixais l'endroit d'où elles semblaient sortir tout en tentant de me relever. J'avais le dos collé à la paroi et mes pieds glissaient sur les gravas. J'allais hurler à l'aide, même si ça n'aurait peut-être pas fait revenir Hayner plus vite, mais je n'en ai pas eu le temps.
"Roxas !"
J'ai levé les yeux. Cette voix, je l'aurais reconnue entre mille et j'étais plus heureux que jamais de l'entendre.
"Attrape ça, on va te remonter."
Riku m'a lancé une corde que j'ai enroulée autour de ma taille. J'ai osé jeter un dernier coup d'œil dans l'obscurité de mon piège, plus rien. De toute façon, je n'avais aucune envie de les voir réapparaître, que ces ombres aient été réelles ou pas, alors je me suis dépêché et en deux temps trois mouvements, j'étais sorti d'affaire. Nous n'avons pas perdu plus de temps dans les parages et sommes sortis sur la plage. Je me suis assis au soleil, appréciant plus que jamais la lumière du jour, bien qu'elle soit déjà en train de décliner.
" Ca va ? ", m'ont demandé les autres. J'ai hoché la tête et affirmé que ça allait, mais ils n'avaient pas l'air de me croire, je ne sais pas pourquoi.
Je ne l'ai compris que quelques minutes plus tard en discutant avec Riku. Nous nous étions assis tous les deux sur un arbre paopu qui était presque couché par terre. Il m'a expliqué que j'avais l'air de paniquer comme si j'avais quelque chose qui essayait de m'attaquer en face de moi. J'ai secoué la tête énergiquement en prétendant que j'étais simplement en train de me faire des films, et je crois bien que c'était effectivement le cas. Je ne vois pas ce que ça pouvait être d'autre. On a souvent tendance à se faire peur tout seul quand on se retrouve isolé dans le noir. Trop d'imagination probablement.
" Tu connaissais cet endroit ? ", ai-je demandé en n'osant pas le regarder. J'avais envie de lui demander ce qu'il pensait du dessin sur la roche, et s'il l'avait déjà vu avant.
" Depuis longtemps. Sora et moi l'avions trouvé pas longtemps après son arrivée. On a essayé plus d'une fois d'ouvrir la porte et je crois que c'est lui qui a lancé un tas d'histoires bizarres en ville, à propos de cette porte qui n'a pas de serrure ou de poignée. "
Il avait répondu très sérieusement mais j'avais quand même ri en imaginant Sora courir partout à raconter qu'il y avait une porte qui n'était pas une porte sur l'Ile du Destin. Cela dit, je ne l'avais jamais entendu m'en parler, alors je doutais que ce soit lui qui ait ébruité l'affaire. J'étais persuadé que l'histoire datait de bien avant son arrivée.
" Tu n'étais pas avec lui quand Hayner t'a trouvé ? "
Riku secoua la tête et expliqua qu'il l'avait laissé seul en compagnie de Kairi, parce qu'ils s'étaient un peu disputés. Rien de bien grave, a-t-il vite ajouté pour me rassurer, et c'était une bonne excuse pour le laisser un peu seul avec son amie. Il avait donné cette dernière raison sans oser me regarder, et avec un ton assez acerbe. Je n'en ai pas tenu compte. Il fixait l'horizon et je ne crois pas qu'il me voyait le fixer lui. Il ajouta qu'il avait eu l'intention de rejoindre Naminé, mais il était tombé sur Hayner avant. Si l'attente avait été si longue, là-bas dans la grotte, c'est parce que mes amis avaient dû aller jusqu'en ville pour tomber sur quelqu'un. Ils avaient prévu d'avertir mon père mais étaient tombés sur Riku qui avait dit qu'il me sortirait de là sans problème parce qu'il y avait ce qu'il fallait sur l'île.
" Merci. "
" Il n'y a pas de quoi, on n'allait pas te laisser là-bas. "
Rougissant malgré moi, j'ai détourné les yeux. Je ne savais pas pourquoi il ne me regardait pas pour me parler, c'était assez gênant, d'autant plus que j'avais l'impression d'être un peu ignoré, ou de l'ennuyer. J'aurais juste voulu un peu plus d'attention…
En regardant le feuillage de l'arbre sur lequel nous étions, j'ai aperçu le fameux fruit jaune en forme d'étoile. J'ai hésité un moment, et puis je me suis dit que je ne perdrais rien à essayer d'attirer au moins son regard. Je me suis levé et suis allé cueillir le fruit. En me rasseyant, Riku avait tourné enfin la tête vers moi.
" Tu vas manger ça ? ", a-t-il demandé en haussant les sourcils.
" Je me suis toujours demandé quel goût ça avait. "
" Ils en vendent en ville, tu sais. "
" Trop cher pour un fruit. "
Il a à peine souri et a reporté son regard sur la mer. Moi, de mon côté, j'ai mordu dans l'étoile. Ce n'était pas mauvais mais pas exceptionnel non plus. J'imagine que ça n'avait de réelle valeur que par le sens qu'on lui donnait.
" C'est amer. ", ai-je déclaré après une troisième bouchée qui terminait à peu près la moitié du fruit. " Tu en veux ? "
Surtout ne pas avoir l'air de lui faire une proposition…même si je pense qu'au fond je lui faisais une mini déclaration. Je crois.
Il m'a regardé et m'a souri, l'air de dire qu'il était presque sûr que le goût ne lui plairait pas. Il a quand même pris le paopu de mes mains, et je crois que jamais de ma vie je n'ai eu plus de mal à feindre l'indifférence, ou au moins, à garder une expression normale. Mon cœur battait affreusement vite, j'avais l'impression qu'il allait exploser.
Riku ne dit rien pendant un quart de seconde, tout en regardant le paopu entamé.
" Moi non plus, je n'aime pas le goût. ", finit-il par déclarer en m'accordant tout de même un de ses rares sourires.
Il n'a pas mangé le reste, mais l'a posé à côté de lui.
J'ai essayé au mieux de ne pas montrer ma déception, et le meilleur moyen que j'ai trouvé, c'est de rire. Pendant quelques minutes, aucun de nous deux n'a parlé. J'entendais des bribes de discussion derrière nous, parce que Hayner, Olette et Pence étaient encore là et s'amusaient comme des gamins au bord de l'eau. Peut-être que j'aurais été mieux avec eux. Mais je crois que j'étais un peu masochiste et que j'adorais donc me faire du mal en restant avec Riku qui ne ferait certainement jamais attention à moi comme je l'espérais.
Je devrais sûrement avoir des remords sur ma façon d'agir ou de penser. Après tout, Riku est déjà pris. Pourtant, le seul sentiment de culpabilité que je nourris est justement de ne pas en avoir au moins vis-à-vis de Naminé. Je ne peux pas m'empêcher de vouloir qu'il me remarque, c'est normal, non ? Certains niaiseux iraient jusqu'à me dire que si j'aimais vraiment Riku, je devrais plus m'inquiéter de son bonheur à lui, qui serait aux côtés de Sora et pas de mon désir égoïste. Je devrais faire quelque chose pour qu'il puisse avoir la personne à qui il tient vraiment ? Oui, sûrement que ce serait le mieux pour que Riku soit vraiment heureux, mais ce n'est pas la peine de se bercer d'illusions : quoi qu'on fasse, Sora n'éprouvera jamais la même chose, parce que pour lui, quelqu'un d'autre occupe déjà la place que convoite Riku. L'ironie du sort veut que je me trouve dans la même situation, et que ça ne nous rapproche pas pour autant.
Quelques fois je me surprends à penser que, si ce n'était qu'une question de physique, je serais prêt à me teindre les cheveux en brun. Mon cousin et moi, nous nous ressemblons beaucoup et s'il suffisait de ça pour que Riku me regarde, je n'aurais pas hésité une seconde. Seulement, ça n'a rien à voir, et une simple ressemblance ne le « jettera pas dans mes bras ». Et c'est là que, depuis quelques jours, j'en viens à penser à Naminé.
Pourquoi elle ? Ils n'ont jamais rien partagé ensemble, ou très peu. Ou est-ce que j'aurais loupé un événement spécial qui les aurait rapprochés ? J'avoue que j'ai du mal à comprendre. Je me dis peut-être ça parce que je suis trop jaloux. Je n'arrive même pas imaginer qu'il ait pu réellement tomber amoureux d'elle. S'il avait dû la remarquer, ça serait arrivé bien avant, non ? Ou alors il ne s'est aperçu de son existence que récemment parce qu'il vient finalement d'abandonner ses sentiments envers son meilleur ami.
" Tu avais vu aussi le dessin sur le rocher, dans la grotte ? ", ai-je osé demander.
Il a hésité un long moment avant de me répondre, une hésitation qui montrait plutôt qu'il n'avait pas vraiment envie de donner une réponse. Il l'a tout de même fait.
" Oui. Il est assez vieux. Mis à part une petite partie. Ca faisait longtemps que je n'y étais pas allé, et j'ai découvert la fin du dessin tout à l'heure en venant te chercher. "
" C'est Sora et Kairi n'est-ce pas ? "
Riku hocha simplement la tête.
Et c'est là qu'il fallait que je profite de l'occasion pour effacer l'humiliation du rejet de tout à l'heure : faire croire que cela n'en était pas un, au moins à lui. Moi, je le savais pertinemment. Mais savoir qu'il ne le prenait pas de cette manière me rassurait.
" Pourquoi un paopu ? ", ai-je demandé avec un air perplexe.
Mon ami se tourna vers moi avec un sourcil arqué et un sourire en coin. " Roxas, tu es un ignare, je croyais pourtant que c'était l'histoire la plus populaire venant de l'Ile du Destin. " fit-il avec un petit air suffisant.
Je boudais parce que son arrogance m'avait toujours exaspéré, et parce que c'était frustrant de faire l'ignorant quand on savait, mais de ne pas pouvoir le prouver.
" Tu demanderas à Selphie, elle te l'expliquera mieux que moi. Elle adore ce genre d'histoires. ", a-t-il fait avec le même sourire.
" Ouais, c'est ce que je ferai. ", ai-je fait en prenant un air vexé.
Ou pas, puisque je le savais déjà. Au moins maintenant Riku ne devinerait pas pour quelle réelle raison je lui avais proposé le fruit en forme d'étoile.
Après ça, il s'est levé et a annoncé que Naminé devait l'attendre et qu'il était temps qu'il y aille. J'ai hoché la tête et n'ai rien dit. Va rejoindre Naminé.
" Et fais attention en rentrant, je ne vais pas toujours être là pour te sauver la vie."
" Oui maman. "
" Brave petit. "
Ce ton suffisant, il le prenait, à chaque fois, pour nous faire des remarques dites juste pour le plaisir de nous rappeler qu'il nous avait encore rendu service… il m'exaspérait.
Riku loin, j'ai tourné la tête vers mes amis pour découvrir Hayner allongé la tête dans le sable qu'Olette le forçait à manger, un genou sur le dos pour le retenir. Pence était allongé à plat ventre sur les jambes de son ami pour l'éviter de bouger et faciliter la tâche de la fille.
J'ai froncé les sourcils en me disant que ça serait sûrement dur à digérer des grains de sable. Pauvre Hayner. Quoi que, si Olette en était venue à cet extrême, c'est qu'il l'avait bien cherché.
De mon côté, j'ai jeté un coup d'œil à l'endroit où Riku était assis quelques minutes auparavant. La moitié de paopu que je lui avais donnée était encore là. Je me suis glissé jusqu'à sa place pour la reprendre et j'ai soupiré. Pauvre paopu, séparé de sa moitié. J'ai donc décidé de les réunir, je n'allais pas le jeter à la mer…En mangeant le reste, j'ai senti comme une grande frustration, c'est très désagréable de se retrouver dans ce genre de situation. Evidemment. Au moins dans ma tête je pouvais imaginer ce que je voulais.
Je suis Riku. Scrontch, scrontch, qu'il est bon le paopu. Parce qu'il a le goût d'un moment unique partagé avec la personne que l'on aime… Roxas, ça fait tellement longtemps que je rêve de partager un paopu avec toi, aimons-nous pour toujours.
Aimons-nous pour toujours. Erk, une niaiserie typiquement féminine.
Il était bien minuit passé quand je suis rentré à la maison. Personne n'était encore couché et d'ailleurs ma mère m'a accueilli avec un regard meurtrier. Je dois dire que j'avais un peu mis de côté mon couvre-feu qui était normalement à onze heures. Ma mère était furieuse et me l'a rappelé au moins vingt fois. Je n'ai pas protesté lorsqu'elle m'a interdit de sortir pour le lendemain parce que j'étais en tort. Evidemment, cela ne me faisait pas particulièrement plaisir mais je crois que je l'avais cherché. Je pourrais toujours recevoir de la visite, c'est déjà ça.
La punition donnée, elle s'est alors inquiété de ma santé. Naminé était passée dans la soirée et avait demandé de mes nouvelles : Riku avait dû lui parler de ce qui s'était passé puisqu'il l'avait retrouvée en retard à cause de moi.
Contente de voir que j'allais très bien, ma mère m'a laissé monter dans ma chambre et Sora m'a suivi.
" Qu'est-ce que tu faisais dans cette grotte ? ", m'a demandé mon cousin
" Rien de particulier, on est tombés dessus par hasard. On avait envie de faire un tour sur l'île et puis on s'est retrouvé dedans sans vraiment l'avoir cherché."
Sora a ensuite détourné les yeux et rougi. Je crois qu'il avait envie de me demander si j'avais remarqué le dessin mais il n'osait pas, aussi j'en ai profité pour le taquiner.
" Je suis tombé sur ton petit repère secret à Kairi et toi ? ", ai-je fait avec un sourire en coin.
" C… Ce n'est pas notre repère secret. ", a-t-il répondu, toujours rougissant.
" Oui bien sûr. C'est mignon, les paopus échangés… "
" Les ? "
Je n'ai pas tout de suite compris pourquoi il était surpris et puis je me suis dis que peut-être cela faisait longtemps qu'il n'était pas retourné là-bas et qu'il n'avait peut-être pas tout dessiné.
" Est-ce que tu n'étais pas là quand quelqu'un a dessiné les deux paopus que vous vous échangez ? "
" La dernière fois que j'y suis allé il n'y avait que moi qui lui tendait le paopu. S'il y en a un de plus, c'est pas moi qui l'ai dessiné. "
J'imagine que le sourire niais qui se colla à ses lèvres était dû au fait qu'il pensait que c'était une réponse de Kairi. Je pensais que c'était le cas aussi.
" Riku est au courant de votre cachette. "
" C'est pas une cachette ! "
Sorti de sa rêverie, il a échangé son sourire contre une moue boudeuse, puis un regard plus sérieux.
" Pour tout t'avouer, c'était un endroit que seulement Riku et moi connaissions. J'imagine qu'il voulait que ça reste notre secret, parce qu'il a été vexé en découvrant le dessin. Au début, c'était juste ma tête et celle de Kairi. "
Pauvre Riku.
Mon cousin n'a rien ajouté. Il avait l'air gêné, je ne sais pas si c'était pour Riku ou si c'était parce que j'avais découvert un de ses secrets.
" Tu vas plus pouvoir y aller maintenant. Le sol n'est pas stable. "
« Oui je sais. C'est pas grave, je n'avais plus l'intention d'y aller. »
Notre discussion s'est arrêtée là. Plus tard, nous étions couchés, et au lieu de dormir, je repensais à ma journée. Sora n'avait rien dit à propos d'Alice. Je me demandais s'il avait été mis au courant. Lâchement, j'avais évité de le faire, et je ne savais pas s'il m'en voudrait de l'apprendre au dernier moment. Dernier moment, je veux dire, quand on arriverait au jour des funérailles. Le tueur commettait ses meurtres à une vitesse ahurissante. Il ne laissait de répit à personne, et je me demandais si la police en viendrait un jour à bout ou si nous allions vivre de plus en plus dans la peur.
Je repensais aussi à la caverne. J'avais eu vraiment peur et je ne saurais même pas dire vraiment de quoi. J'aimerais ne plus jamais avoir à ressentir ça. Est-ce que c'était dans ma tête ? Je me rends compte que je prenais les histoires de Sora de plus en plus au sérieux. Enfin, je le croyais la plupart du temps, ou essayais, parce que je dois avouer que je ne le comprenais pas vraiment. Il lui arrivait souvent de dire des choses aussi étranges que cette histoire d'entendre le cœur battre. Aujourd'hui j'avais compris de quoi il avait peur, et pour tout avouer, je n'étais pas sûr de vouloir comprendre toutes les autres choses qu'il m'ait un jour racontées.
" Tu étais au courant pour Alice ? "
La voix qui venait d'un peu plus loin dans la chambre m'a fait sursauter. Sora ne dormait pas contrairement à ce que j'avais cru. Par contre, lui avait remarqué que c'était aussi mon cas.
" Oui. Désolé de ne pas te l'avoir dit tout de suite. Je l'ai appris le matin même et je n'avais pas envie de te gâcher la journée. Tu l'as appris tard ? "
" Kairi me l'a dit dans l'après-midi. "
Je n'ai rien répondu. Je ne savais pas quoi dire. Aucun mot de réconfort ne me vint et aucun commentaire non plus.
" J'ai l'impression parfois qu'ils se rapprochent de moi. "
" Le meurtrier ? Pourquoi il t'en voudrait ? Tu as juste peur, Sora. "
Comme je n'entendais pas de réponse, j'ai regardé dans sa direction. Il ne bougeait pas. Quand je me suis levé pour aller le voir, il était endormi. Et du coup, j'en suis venu à me demander s'il était vraiment réveillé lorsqu'il m'avait parlé. Je suis retourné me coucher et j'ai essayé de finalement trouver le sommeil. Je ne sais pas combien de temps j'ai mis à m'endormir, mais il me semblait que ça faisait à peine dix minutes quand quelqu'un a frappé à la porte d'entrée.
Sora et moi sommes descendus en même temps, mais c'est lui qui a ouvert la porte. Cloud et Aerith se tenaient dans l'entrée. Aerith semblait épuisée et tremblait des pieds à la tête, Cloud avait un bras autour de ses épaules et la serrait contre lui. Son visage n'exprimait rien de bien différent de d'habitude, mais je savais que mon frère avait des ennuis même si je n'aurais pas vu Aerith.
" Cloud ? Qu'est-ce qui ne va pas ? ", a demandé Sora en les faisant entrer. Mes parents nous ont rejoints à ce moment et j'ai vu que ma mère se retenait de paniquer. Elle les a fait s'installer au salon et leur a proposé de prendre quelque chose de chaud à boire.
" Est-ce qu'on peut rester ici cette nuit ? "
C'est la question qui annonça officiellement que ça n'allait pas. Aerith expliqua qu'elle s'était endormie dans le petit bureau où elle tenait les comptes de sa boutique après être restée tard à régler ses affaires. Quand elle s'était réveillée, il était déjà deux heures du matin. Cloud n'avait pas pu s'inquiéter de son absence puisque lui-même n'était pas encore rentré. Sur le chemin de retour vers l'appartement qu'ils occupaient, elle et mon frère, (d'ailleurs nous avions sûrement tous envie de leur demander depuis quand ils vivaient ensemble, parce que nous n'étions pas au courant, mais tout le monde tint sa langue, étant donné que ce n'était pas le moment de s'inquiéter de ce genre de choses.) quand elle a entendu crier. Arrivée à l'endroit où elle avait entendu le cri, elle se trouvait sur la scène d'un nouveau crime. Elle a donc appelé la police, et Cloud est venu la chercher. On lui a demandé si elle connaissait la victime et elle hocha doucement la tête.
" Blanche. La jeune fille qui travaillait avec moi à la boutique. "
Nous ne la connaissions pas bien, mais chaque fois que nous allions pour acheter des fleurs, elle était absolument charmante avec nous. Très jolie, on l'appelait affectueusement Blanche-Neige. Encore un coup dur porté à notre moral.
Notre chère Aerith. La dernière fois que je l'avais vue aussi bouleversée, c'était lorsqu'elle avait appris la mort de Zack.
Cloud a donc continué à sa place. A leur retour chez eux, ils avaient trouvé l'appartement sens dessus-dessous. On ne leur avait apparemment rien volé. La police y était encore cependant et mon frère devait y retourner. Il était juste venu nous emmener Aerith. C'est à contrecœur qu'il se leva pour la laisser ici. C'est moi qui raccompagnais mon frère en lui demandant d'être prudent. Il m'a ébouriffé les cheveux en m'assurant qu'il ne risquait rien. Quand je lui ai demandé avant qu'il parte s'il pensait que le meurtre et l'effraction de leur domicile avait un lien, il m'avait assuré que non. Apparemment il avait une idée sur l'identité du coupable, même s'il ne me le disait pas, et je le croyais quand il disait que ça n'avait rien à voir avec le meurtre.
Juste avant de refermer la porte, il m'a regardé en fronçant les sourcils.
" Zack a disparu. Je ne pense pas que le voleur l'ait pris. Il s'est sûrement échappé pendant qu'on fouillait mon appart'. Je pensais qu'il pouvait peut-être s'être instinctivement réfugié là où l'a trouvé Tidus, ou ici peut-être. "
" Je te préviendrai si je le retrouve. "
" Merci. "
Et ce sont les derniers mots que je devais échanger avec mon frère avant un long moment.
Fin du chapitre 3 ! Plus court que les autres, mais le suivant arrivera vite. Huhu. Contrairement à ce que je pensais, je n'ai pas pu écrire aussi souvent que je l'aurais voulu en vacances. Il faut croire que je n'étais pas encore assez coupée du monde pour n'avoir rien d'autre à faire qu'écrire. Et puis on se battait pour l'adaptateur, parce que ces Siciliens ne pouvaient bien sûr pas avoir les même prises que nous … Enfin bref, je suis finalement revenue de vacances avec le chapitre promis alors tout va bien !
En parlant de ce chapitre. J'ai profité de cette fameuse plage dont on parle dans le jeu sans jamais la voir pour pouvoir faire apparaître l'île de Sora et de cette manière personne ne pourra m'en vouloir d'avoir complètement délocalisé l'origine des héros XD
Si ça choque quelqu'un que je dise que Roxas tombe dans un trou profond sans se faire de mal ou presque, j'expliquerai juste pour ma défense que des fois on a assez de chance pour tomber de haut sans rien se casser. L'expérience parle XD Mais je pense que ça n'arrive que si on a le c bordé de nouilles.
Oui, j'imagine très bien Roxas se taper de gros délires pour passer sa frustration XD Partager avec lui-même le paopu ça pourrait servir de défrustration. Le pauvre ! Plus tard il aura sans doute d'autres frustrations qu'il ne pourra cette fois guérir qu'avec un mouchoir et la veuve poignet. Je le plains d'avance. Cela dit je vous épargnerai la défrustration parce que je ne veux pas choquer les âmes sensibles. XD (ceux qui ne comprennent pas la référence à la veuve poignet, c'est que vous êtes bien innocents et qu'il vaut mieux dans ce cas préserver cette innocence si rare XD)
Je sais, vous avez tous peur pour Zack v.v
Je sais qu'il y a des gens parmi ceux qui m'ont laissé une review qui n'aime pas le SoraxKairi parce que j'ai lu vos profils et fic parfois mais je ne sais plus qui. Bref, c'est pour dire que moi non plus j'aime pas et que je rattrape le coup en montrant très peu Kairi XD Pourquoi faire du Sora/Kairi alors ? Parce que c'est vital pour l'histoire
Titre : Trouble, Parachutes,Coldplay
A bientôt !
Flammula
