Winry poussa un soupir de soulagement quand elle arriva devant sa maison. Oui, elle étaiit enfin rentrée de sa visite à Central. Elle comptait seulement féliciter Edward pour son diplôme d'alchimiste d'état et voir si Alphonse allait bien… Mais, sans vraiment savoir pourquoi, ça avait tourné au désastre. Mais au moins elle avait rapporté des souvenirs. En fait, elle avait tellement de boîtes et de sacs à porter qu'elle ne voyait même pas devant elle. Du coup, elle trébuchait, tombait et se fit ainsi piétiner jusqu'à ce qu'elle arrive chez elle. Elle était tellement soulagée d'avoir put rentrer vivante…

Mais quand cette idée, être toujours en vie, traversa son esprit, ses pensées se tournèrent instantanément vers Ed. Vivante… Si Ed n'avait pas été là, elle n'aurait même pas pu imaginer un seul instant rentrer chez elle. Si Ed n'avait pas été là, elle aurait été découpée en morceaux par Barry le psychopathe. A cette pensée des frissons coururent le long de son dos. Elle secoua la tête comme pour chasser de telles idées de son esprit et ouvrit la porte, avec quelques difficultés.

« Mamie ! Je suis rentrée. » cria joyeusement Winry depuis l'entrée. Elle ne voulait pas que sa grand-mère se fasse du souci pour elle. Ou pour les frères Elric. Elle posa doucement tous les cadeaux qu'elle avait fait acheter aux deux frères.

« Winry. Alors comment vont-ils ? »

« Oh bien. Ils vont très bien. » répondit elle l'air de rien alors qu'elle sélectionnait quelques objets parmi l'immense tas de cadeaux. Elle n'avait pas envie de parler de ce qui s'était passé à Central. Pinako leva ses yeux bruns sur sa petite fille.

« Tu as fais tout ce chemin jusqu'à Central et tout ce que tu as à me dire c'est qu'il vont bien ? »

« Eh bien… plein de choses se sont passées. »

« Plein de choses ? Et tu ne comptes pas me dire quoi que ce soit, c'est ça ? »

Winry arrêta de ramasser les outils.

« Je n'ai pas envie de parler de ça maintenant… Je te dirais ce que je peux quand j'aurais repensé à tout ça » dit-elle. Dit-elle tristement. Elle se pencha pour caresser Den puis se releva. Elle sourit sans enthousiasme à Pinako puis monta dans sa chambre.

« Oh mince, Ed. Tu rends ma vie si compliquée » dit-elle en jetant son sac sur son lit. Elle soupira une fois de plus. Avant que tout cela n'arrive, elle était simplement une jeune fille innocente et joyeuse. Elle souriait toujours et bien qu Ed et Al lui donnait parfois du fil à retordre, elle était heureuse. Mais après ce qui s'était passé, elle avait l'impression de n'avoir jamais vraiment vu un véritable ciel bleu (ndlt: j'ai cherché longtemps mais impossible de trouver une traduction convenable pour cette phrase bizarre!)

« Je devrais vous maudire pour tout ça. »

Et maintenant elle se sentait coupable de ce qui était arrivé avec Barry le boucher. Si seulement elle n'avait été si stupide, elle ne l'aurait pas suivi. Si seulement elle n'avait pas été si intéressée pas la camionnette elle aurait vu à quelle point la situation était étrange… Alors Ed n'aurait pas eu à la sauver et il n'aurait pas été blessé.

Oui, blessé. Bien sûr il a été blessé physiquement par tous les coups de couteau qu'il a reçu de Barry, mais c'est au fond de lui qu'il devait avoir le plus mal. Elle le connaissait depuis bien trop longtemps pour ne pas voir la stupéfaction et la douleur dans ses yeux après l'incident. La stupéfaction avait vite disparu, mais la douleur n'avait fait que grandir.

Winry se sentait vraiment coupable pour tout. Elle avait l'impression que c'était à cause d'elle qu'il se sentait si mal, et ça la faisait souffrir. Elle n'avait rien trouvé à leur dire là-bas et ils n'avaient pas pu lui parler comme avant lorsqu'elle était terrifiée. De toutes façons, ils n'avaient pris la peine de lui dire quoi que ce soit de plus. Elle ne voulait pas aggraver les choses.

Mais maintenant c'en était trop. Elle soupira, encore, et s'assit à son bureau. Après avoir réfléchi à ce qu'elle pouvait, à ce qu'elle devait et ne devait pas dire, elle prit un stylo et commença à écrire. Elle n'avait pas remarqué que Pinako se tenait dans l'embrasure de la porte, le front plissé par l'inquiétude.

Cher Ed,

J'ai passé de bons moments en visitant Central… sauf en ce qui concerne Barry. J'ai été stupide, je me suis laissée kidnapper. Je te promets que n'arrivera plus jamais. Si tu n'avais pas été là… Je ne sais pas ce que j'aurais fait.

Après ça… tu as parlé à Al pas vrai ? Je n'étais pas sûre que j'avais le droit d'écouter votre conversation mais j'ai entendu quelques mos par-ci par-là. Je me suis sentie tellement petite, et je suis restée là, à pleurer comme une idiote. J'aurais du…J'aurais voulu dire quelque chose, mais je n'ai pas pu.

Ed, tu n'es pas faible. Tu n'es pas aussi mauvais que tu le penses. Je ne crois pas que j'aurais pu faire quoi que ce soit si j'avais été à ta place. C'est juste que… tu es trop gentil. Ce n'étais pas ta faute. Rien n'était de ta faute. Mais tu te sens quand même responsable. Tu ne peux pas t'en empêcher. Les gens sont petits et égoïstes. Tout le monde ne se soucie que de soi. Peu de gens sont aussi gentils que toi. Bien que tu n'aimes pas le montrer, je sais que tu es vraiment quelqu'un de bien.

Eh Ed, je voulais sérieusement te poser cette question mais je n'ai pas pu quand j'étais à Central. Je sais trop bien que tu aurais menti devant moi, comme tu le fais toujours. Et je ne serais plus jamais capable de te le demander encore une fois alors… Es-tu sûr que tout va bien ? Je veux dire… Tu m'as dit que oui, mais je ne te crois pas. Tu as l'air tellement triste. Plus qu'avant.

Oh, mais ne me dis rien si tu n'en as pas envie.

Bonne chance dans ton travail !

A toi toujours

Winry