Voici la traduction du quatrième chapitre de la fanfiction de l'auteur anglophone Roving Otter ^^ (je préfère le rappeler à chaque chapitre)
Bonne lecture!
Gai fut réveillé par des sons de pleurs – des gémissements discrets et saccadés, et des petits hoquets étouffés. Il s'assit, se frotta les yeux et jeta un œil au réveil. 03h00.
-Lee? murmura-il.
Lee ne répondit pas, continuant d'émettre ces petits sons blessés. Gai se leva et alla jusqu'au lit de Lee.
Lee était allongé, les yeux fermés, son bras valide sorti de sous la couverture. Dans la douce lueur de la lune qui passait par la fenêtre, Gai pouvait voir des traces de larmes briller sur ses joues. Le visage de Lee se tordait comme s'il avait mal, et il geignait.
-Lee, fit Gai en posant une main sur son épaule pour le secouer doucement. Lee, réveille-toi.
Lee sursauta, et yeux s'ouvrirent d'un coup. Il regarda Gai, la respiration haletante, les yeux grands ouverts, le regard sauvage et embrumé.
-Tout va bien, chuchota Gai. Je suis là.
Les yeux de Lee se concentrèrent sur lui, et il cligna plusieurs fois des yeux. Son front était luisant de sueur.
-Gai-sensei.. fit-il en déglutissant. J–je suis désolé. Je vous ai réveillé?
-Ne t'en fais pas pour ça.
Gai s'assit au bord du lit et dégagea les mèches de cheveux trempés du front de Lee. Il attrapa une poignée de mouchoirs de la boîte sur la table de nuit et essuya la sueur du front de Lee, ainsi que les larmes sur ses joues.
-Des cauchemars?
Lee acquiesça.
-Tu veux en parler?
Lee détourna les yeux, le regard hanté.
-Je ne sais pas si je peux. Pas maintenant.
-Très bien, dit-il avant d'hésiter. Tu sais, mon propre sensei m'a dit une fois que les mauvais rêves sont un moyen qu'a l'esprit pour se purger. Une manière de se libérer des peurs refoulées.
Lee leva les yeux vers lui.
-Vous avez déjà fait des cauchemars, Gai-sensei?
-Bien sûr. Tout le monde en fait parfois. J'avais l'habitude d'en faire beaucoup quand j'étais jeune.. après la mort de mes parents.
Il évita son regard. Il n'avait jamais parlé de cet aspect de son passé avec Lee.
-Au début, j'avais du mal à les gérer. J'avais l'impression de n'avoir aucun contrôle. On aurait dit que dès que je m'endormais, j'étais à la merci de mon subconscient, où toute la force de volonté et toute la conviction du monde ne pourraient pas m'aider. Puis j'ai commencé à voir ces rêves comme une forme de guérison. Parfois, il faut autoriser certaines blessures à saigner avant de pouvoir se refermer, sinon elles s'infecteront. Une fois que je les voyais comme quelque chose de productif et de bénéfique, plutôt qu'une force ténébreuse en moi, j'avais plus de facilité à faire avec.
-C'est logique. Mais.. ils m'empêchent quand même de dormir.
Gai étudia le visage de Lee dans la pâle lueur.
-Est-ce qu'il y a quoi que ce soit que je puisse faire pour t'aider?
Lee hésita.
-Pourriez-vous..
Il baissa les yeux, le rose lui montant aux joues.
-Peu importe.
-Qu'est-ce c'est?
-Rien.
-Tu es sûr?
Il se mordit la lèvre.
-Pourriez-vous me prendre dans vos bras? Juste une minute?
-Tu n'as pas à te sentir gêné de me demander ça, Lee.
Gai l'aida à s'asseoir, puis passa ses bras autour de lui et le serra contre lui.
Lee se reposa contre l'épaule de son professeur et ferma les yeux.
Il resta tellement silencieux pendant un moment que Gai pensait qu'il s'était rendormi. Puis il murmura: "J'ai peur, Sensei. J'ai l'impression de me perdre."
-Tu es toujours toi-même.
-Je suis un ninja. Ou plutôt j'étais. C'est ce que je suis. Et maintenant, on me l'a enlevé.
-Tu es toujours un ninja. Un excellent ninja.
Lee sourit, même si ses yeux étaient toujours tristes et effrayés.
-J'aimerais me sentir comme ça. Mais mon corps est cassé à présent. Je suis cassé.
-Ton corps va guérir. Mais ton corps n'est pas ce qui fait de toi ce qui tu es. Ça – il toucha du doigt le milieu du front de Lee – et ça – il toucha le torse de Lee, juste au niveau de son cœur – ce sont ces choses-là qui sont vraiment importantes. Si tu restes fort dans ta tête et dans ton cœur, ton corps suivra.
-Vous croyez?
Il hocha la tête.
-Maintenant, dors. Si tu fais un autre cauchemar, je te réveillerai.
-Merci.
Lee posa sa tête contre l'épaule de Gai et soupira.
-Depuis ma blessure, je suis tout le temps fatigué, mais j'ai du mal à dormir. Être au lit toute la journée.. quand la nuit tombe, je me sens nerveux et agité, même si je suis épuisé. Je ne sais pas si ça a du sens, mais..
-Tu as juste besoin de te détendre. Respire lentement et laisse tes pensées s'évaporer.
-Je vais essayer.
Lee leva les yeux vers lui.
-Est-ce que vous voulez bien me parler?
-Si tu veux. De quoi veux-tu que je te parle?
-N'importe quoi. Je veux juste entendre votre voix.
Gai hocha la tête et passa une main dans les cheveux de Lee.
-Tout ira bien, murmura-il. Je sais que cette épreuve a l'air sans fin, mais qu'importe à quel point la nuit est longue et sombre, le matin arrive toujours. Ça passera. Tu dois juste t'accrocher. Ça passera, je te le promets. Mais peu importe ce qui arrivera, je serai avec toi. Tu n'es pas seul. Souviens-toi de ça, Lee.
Tandis qu'il parlait, les paupières de Lee se firent lourdes et son regard vague. Ses yeux se fermèrent, puis Lee cligna pour qu'ils restent ouverts.
-Tu luttes pour rester éveiller, dit doucement Gai. Je le sais. Pourquoi tu ne veux pas fermer les yeux?
-Pas maintenant. Laissez-moi rester encore un peu comme ça. S'il vous plaît.
Gai regarda Lee dans les yeux. Lee avait passé ses jeunes années dans un orphelinat, et avait ensuite vécu seul un moment. Il avait passé la majeure partie de sa vie sans que personne ne se soucie de lui. Ce n'était pas étonnant qu'il ait parfois l'air aussi avide d'affection.. Et Gai ne pourrait jamais le lui refuser.
-Je peux te garder dans mes bras jusqu'à ce que tu t'endormes, si tu veux.
-Vraiment?
-Oui. Maintenant, dors.
De deux doigts, Gai ferma les paupières de Lee.
Lee se lova contre son épaule.
-Oui, Gai-sensei, murmura-il.
La respiration de Lee devint douce et lente, et ses yeux se mirent à bouger spasmodiquement sous ses paupières tandis qu'il rêvait.
Gai le tint dans ses bras et le regarda dormir, prêt à réagir au moindre changement dans la respiration de Lee, à la moindre tension dans ses muscles, prêt à le réveiller au premier signe d'un cauchemar. Mais Lee dormit paisiblement. Gai fit un petit bisou sur le front de son élève – un geste désespérément sentimental à l'eau de rose, mais c'était dur de résister quand Lee dormait dans ses bras, avec un air si innocent.
-Je t'aime, chuchota-il. Tu le sais, pas vrai?
Lee laissa échapper un petit sourire et sourit dans son sommeil.
La lumière du matin passait à travers les rideaux. Gai bailla et se frotta les yeux. Il était toujours assis au bord du lit, ses bras soutenaient Lee alors que celui-ci était appuyé contre lui, la tête sur son épaule. Il n'avait pas bougé de la nuit.
À présent, Lee bougea dans ses bras. Ses yeux papillonnèrent.
-Bonjour, dit Gai en souriant.
-Gai-sensei, vous..
Il regarda autour de lui, puis reporta son regard sur le visage de son sensei.
-Vous m'avez tenu dans les bras toute la nuit?
Gai hocha la tête.
-Mais.. vous n'avez pas pu dormir, du coup?
-J'ai un peu somnolé.
-Sensei, vous n'étiez pas obligé de..
-Je ne voulais pas te réveiller. Ne t'en fais pas pour ça. Je me sens bien. Tu as bien dormi?
-Comme un loir. J'ai l'impression que c'est ma première faire nuit de sommeil depuis ma blessure.
-Tant mieux, dit-il en souriant avant de se lever. Je vais commencer par aller préparer le petit-déjeuner. Qu'est-ce que tu aimerais?
-Tout me va. Je ne veux pas faire le difficile.
-Je demande ce que tu préfèrerai. Je veux faire quelque chose pour toi.
-Mais vous avez déjà tellement fait.
Gai gloussa.
-Si je dois m'occuper de toi pendant un moment, j'ai l'intention que tu sois pourri gâté, ou au moins gâté. J'ai bien peur que tu doives t'y faire. Tu as reçu l'ordre formel de l'hôpital de ne pas t'entraîner et de laisser reposer ta jambe pour la semaine, donc je vais être tes bras et tes jambes pendant un moment. Ce qui veut dire que tu dois apprendre à me demander dès que tu veux quoi que ce soit.
-C'est très gentil. Mais..
Lee baissa les yeux d'un air morose. -Vous savez que je n'aime pas paresser. J'ai l'impression d'être tellement inutile dans ces moments-là.
-Tu penses que cette fois je vais te laisser sans occupation? Puisque tu ne peux pas exercer ton corps, ça sera une opportunité d'exercer ton esprit.
Il tendit un livre à Lee.
Lee le tourna entre ses mains.
-Qu'est-ce que c'est?
-L'esprit d'un Ninja. De la philosophie, qui intègre un peu d'histoire. Il a été écrit par l'un des plus grands anciens maîtres Taijutsu. Ça m'a aidé à définir bien des choses en lesquelles je crois.
Lee écarquilla les yeux, et il fixa le livre dans ses mains avec un intérêt nouveau.
-Je veux que tu lises les trois premiers chapitres aujourd'hui. Ce soir, je te poserai des questions dessus, pour voir si tu les as bien intégrés.
-Oui, Gai-sensei.
Il ouvrit le livre.
Pendant que Lee lisait, Gai se rendit dans la cuisine et commença à casser ses œufs dans un bol. La chambre de Lee donnait sur la cuisine, il avait donc une vue dégagée jusqu'à la porte ouverte. Il gardait un œil sur Lee pendant qu'il battait les œufs puis tranchait des poivrons.
Peu de temps après, il apporta un plateau dans la chambre. Lee posa le livre, marquant la page avec un bout de papier, puis regarda ce qui était posé sur le plateau: deux assiettes d'omelette, deux verres de jus de fruits et quatre flacons bruns de médicaments.
Lee prit un des flacons et l'examina.
-Qu'est-ce que c'est?
-Ces deux-là sont les anti-douleurs et les antibiotiques que tu prends depuis.
-Et les autres?
Gai hésita.
-Des anti-dépresseurs. Le docteur pense que ça serait une bonne idée.
Les yeux de Lee s'écarquillèrent. Il baissa les yeux sur les flacons.
-J–je me sens un peu mieux, vraiment. Je ne pense pas en avoir besoin.
-Je pense que tu devrais faire ce que dit le docteur.
Lee baissa les yeux.
-Je n'aime pas l'idée de dépendre de pilules.
-C'est juste pour l'instant. Jusqu'à ce qu'on s'en sorte.
Lee hocha la tête sans lever les yeux.
-Il n'y a pas à avoir honte, Lee. Ce n'est pas différent des autres médicaments.
-Si vous pensez que je dois les prendre, alors je les prendrai.
Il ouvrit les flacons, en prit un de chaque dans sa paume et les avala avec une gorgée de jus de fruits.
-Bien.
Gai lui ébouriffa les cheveux, ce qui fit sourire Lee.
Ils mangèrent. Après que Gai eut fait la vaisselle, il retourna dans la chambre et commença à faire des pompes au sol. Il s'était à peine entraîné depuis la blessure de Lee, et ses muscles demandaient à être sollicités. Il devrait probablement encore attendre un moment avant de pouvoir d'exercer sérieusement, mais il pouvait au moins faire quelque chose.
Lee le regarda.
-Je peux vous rejoindre?
Gai s'arrêta au milieu d'une pompe.
-Il ne vaut mieux pas. Désolé, mais tu ne dois pas t'entraîner pendant au moins une semaine. Tu veux que ces membres guérissent rapidement, pas vrai?
-Mais mon bras droit et ma jambe droite vont bien. Je pourrais m'entraîner seulement sur ceux-là.
-Tu as des déchirures musculaires et ligamentaires dans tout ton corps, dit-il en se levant avant de s'asseoir au bord du lit. Je ne peux pas prendre le risque que tu finisses à nouveau à l'hôpital. Laisse-toi un peu de temps.
Lee inclina la tête puis acquiesça.
-Tu sais quoi? Jusqu'à ce que tu ailles assez bien pour pouvoir t'entraîner à nouveau, je ne m'entraînerai pas non plus. Ce n'est pas très juste de m'entraîner devant toi alors que tu ne peux pas me rejoindre, après tout.
Lee sourit.
-Je ne pourrais pas vous demander ça, Gai-sensei. Je ne veux pas que vous gâchiez vos efforts pour moi.
-Tu es sûr? Je ne veux pas que ça soit encore plus difficile pour toi..
-Non, c'est bon. J'aime vous regarder.
Il baissa les yeux, l'air étrangement timide.
-Je veux dire.. vous repoussez toujours tellement loin vos limites dans tout ce que vous faites. Ça m'inspire.
Gai sourit.
-Dans ce cas, je ferai de mon mieux pour t'inspirer.
Il se laissa tomber au sol et reprit ses pompes. Après en avoir fait une centaine, il enchaîna mille squats, puis deux milles abdominaux. Lee le regardait.
-Souviens-toi, dit Gai, la respiration haletante, que j'attends de toi que tu aies fini de lire les trois premiers chapitres de ce livre pour ce soir.
-Oui, Gai-sensei.
Lee prit le livre et reprit sa lecture, tout en continuant de jeter des petits coups d'œil à Gai de temps en temps.
Gai passa les jours suivants aux côtés de Lee, à lui préparer à manger, lui tenir compagnie et veiller sur lui.
Il n'avait jamais joué le rôle d'aide à domicile auparavant. Il était surpris de voir la facilité avec laquelle il y arrivait. Mais après tout, qu'est-ce qui était plus naturel que de prendre soin de quelqu'un de cher à ses yeux?
Même si l'était de Lee s'améliorait lentement, Gai sentait qu'il souffrait toujours énormément, tant physiquement que mentalement. Ses yeux n'étaient jamais aussi brillants qu'auparavant, et ils étaient rongés de cernes noirs. Pourtant, il souriait.. et quand Gai lui demandait comment il se sentait, il répondait toujours "Je vais bien, Sensei." Gai savait que les sourires de Lee étaient forcés et qu'il cachait sa souffrance pour ne pas l'inquiéter.
Le cinquième jour après la sortie de l'hôpital de Lee, Gai se rendit dans la cuisine pour préparer le petit-déjeuner, et lorsqu'il revint, il le trouva par terre en train de faire des pompes sur une main. Gai écarquilla les yeux.
Lee haletait, la transpiration gouttait depuis le bout de son nez tandis qu'il poussait. Son bras tremblait.
Gai posa le plateau.
-Lee, tu dois retourner au lit. Tu n'es pas prêt pour ça.
-Je dois finir, haleta-il. Je dois faire. au moins deux cents.. ou je devrais faire mille abdominaux..
Il grogna et fit une autre pompe, puis s'effondra au sol dans un cri de douleur.
Gai essaya de l'aider à se relever, mais Lee secoua la tête et repoussa la main de Gai.
-Je dois essayer. Je dois être plus fort, ou je vais être derrière tout le monde!
Il fit une autre pompe, puis une autre. La transpiration gouttait au sol.
Gai le regarda, incertain. Même si c'était contre sa nature de dire à son élève d'arrêter de s'entraîner, il savait que ce n'était pas bon pour Lee – pas pour l'instant, avec un corps aussi abîmé. Il se baissa et posa sa main sur l'épaule de Lee.
-Pourquoi tu ne ferais pas une pause?
-Laissez-moi finir!
-Lee, dit Gai d'un ton plus ferme, retourne au lit. C'est un ordre de ton sensei.
Lee avait la tête baissée, il tremblait.
-Je ne peux plus rester au lit. J'ai l'impression que je suis sur le point d'exploser. L'épreuve finale de l'Examen des Chunin approche, et je suis coincé ici, incapable de faire quoi que ce soit, je ne le supporte plus.
-Je sais que c'est difficile. Mais la chose qui importe le plus pour l'instant, c'est que tu te reposes et que tu récupères. Si tu y vas doucement, tu guériras plus vite. Et tu seras capable de reprendre ton entraînement plus rapidement.
Il aida Lee à se relever et à aller au lit, puis remonta les couvertures sur lui.
Lee tremblait, sa respiration était rapide, et il y avait un regard étrange, sauvage. Gai ne l'avait jamais vu comme ça. Précautionneusement, il posa le plateau sur la table de chevet de Lee.
-N'oublie pas de prendre tes médicaments.
Le bras de Lee surgit et envoya le plateau par terre. Des morceaux de verre volèrent en éclats. Les flacons de médicaments se brisèrent, répandant les pilules au sol.
-Je ne peux pas vivre comme ça!
Lee baissa la tête qu'il agrippa ferment des mains, ses doigts raclant la peau de son cuir chevelu, les yeux fermés et plissés.
-Je ne peux pas dormir, je ne peux pas m'entraîner, je ne peux même pas penser parce que ma tête est dans le brouillard à cause de ses putains de pilules!
Gai sursauta. Il n'avait jamais entendu Lee jurer auparavant.
-Lee, écoute-moi. Calme-toi.
Lee ne semblait pas l'entendre. Il se griffa lui-même de sa main valide, éraflant ses plâtres, ses vêtements. Ses ongles lui lacérèrent un côté du visage, laissant des égratignures sanglantes.
-Lee!
Gai le saisit, le sortit du lit et le serra contre lui dans une étreinte brusque, lui bloquant les bras.
Lee se débattit, le souffle court.
-Reste tranquille, chuchota-il d'un ton dur.
Mais Lee ne voulait pas se calmer. Gai serra la mâchoire. Si ça continuait comme ça, Lee allait finir par se faire du mal. Il appuya deux doigts sur un point de pression sur le cou de Lee. Lee tressauta, puis son corps devint flasque à mesure que son flux sanguin ralentissait dans son cerveau, lui embrumant l'esprit. Gai relâcha le point de pression, mais continua à maintenir Lee. Il sentait le cœur de son élève battre rapidement et fort dans sa poitrine, comme un oiseau en cage voulant d'échapper. Il attendit que le rythme frénétique ralentisse pour relâcher son étreinte.
-Tu vas bien?
-Oui, murmura Lee.
Gai l'allongea sur le lit.
-Détends-toi. Respire lentement.
Lee balaya la chambre du regard et cligna des yeux, comme s'il sortait d'une rêverie. Son regard tomba sur le plateau du petit-déjeuner renversé, les éclats de verre et les pilules étalées par terre, et ses yeux s'écarquillèrent.
-Qu'est-ce que j'ai fait? Oh, seigneur. J–je suis tellement gêné, Sensei, je ne sais pas quoi dire. Faire du crise de colère comme un enfant.. Je n'ai aucune excuse..
-C'est juste de la vaisselle. Ne t'en fais pas pour ça.
Gai étudia le visage de Lee, inquiet. Il savait faire la différence entre une crise de colère et une dépression nerveuse. Il toucha la joue de son élève, examinant les profondes égratignures laissées par les propres ongles de Lee.
-Je vais mettre de l'antiseptique dessus, dit-il doucement.
Il sortit de la pièce et lorsqu'il revint, il trouva Lee par terre en train de ramasser les morceaux de verre et de céramique. Des larmes brillaient dans ses yeux.
-Lee, arrête. Je nettoierai ça.
Gai aida Lee à retourner au lit et lui prit les morceaux des mains. Il les avait serrés tellement forts dans ses mains qu'il avait des petites marques sur les doigts.
Gai versa de l'antiseptique sur un tissu.
-Ça va piquer.
Doucement, il tamponna la joue de Lee avec.
Lee grimaça. Lentement, sa main se leva pour toucher sa joue.
-C'est moi qui ai fait ça? murmura-il.
Gai hocha la tête. Il appliqua un pansement sur la joue de Lee, et s'occupa de désinfecter les coupures sur les doigts de Lee.
-Je ne sais pas ce qui m'a pris, chuchota Lee.
-Tu es beaucoup sous pression.
-Ça n'excuse pas ma conduite. Vous avez été si patient et généreux, vous prenez soin de moi, et je vous remercie en vous criant dessus et en cassant votre vaisselle. Je suis une personne affreuse.
-Ce n'est pas vrai. Tu sais que ce n'est pas vrai.
Du pouce, Gai essuya les larmes qui mouillaient le coin de ces yeux sombres et humides.
-Pourquoi penses-tu une chose pareille?
-J'ai.. depuis que c'est arrivé, j'ai l'impression que je ne mérite pas d'être en vie. Que je suis juste mauvais et que je ne peux rien faire pour changer ça. J'ai toujours voulu croire que je pouvais changer mon destin, mais et si c'était faux? Et si j'étais maudit, condamné à attirer le malheur aux gens proches de moi? On dirait que c'est ce qui se passe. Je vous ai tellement fait souffrir et tellement déçu..
-Stop. Je te l'a déjà dit encore et encore, tu ne m'as pas déçu. Et il n'y a pas de destin maudit.
-Je sais, dit-il en cachant son visage dans ses mains. C'est ce que je me répète à longueur de temps, mais ce sentiment ne veut pas partir. Je déteste être un fardeau pour les autres, mais c'est pourtant tout ce que je suis depuis ma blessure. Vous avez dû refuser des missions et arrêter d'enseigner pour vous occuper de moi.
-S'il te plaît, Lee, arrête de croire que tu es un fardeau pour moi. Je veux rester ici et prendre soin de toi. Qu'est-ce que je peux dire pour t'en convaincre? Qu'est-ce que je peux faire pour que tu arrêtes de penser ces choses affreuses sur toi? Dis-moi.
Lee ne répondit pas, il garda les yeux rivés au sol.
Parce qu'il ne savait pas quoi faire d'autre, Gai le prit dans ses bras. Il ne s'était jamais senti aussi impuissant. Ces ténèbres, cette dépression qui dévorait le cœur de Lee pouvait le détruire aussi sûrement que le ferait n'importe quel ennemi – Et Gai n'avait pas la moindre idée pour la combattre.
