Review:
OldGirl-NoraArlani: Merci de tes reviews :) La suite est presque prête !
Chapitre 3
S'il y avait bien une chose que le Docteur ne supportait pas, c'était l'inaction. Surtout quand quelqu'un avait besoin de lui. Mais il savait également reconnaître quand une situation ne lui était pas du tout favorable. Aussi prit-il son mal en patience et se laissa-t-il emmener au gré des couloirs.
« Alors, dites-moi, qui êtes-vous? Hum ? Mise à part des robots, ce que je vois très bien. »
Sa tentative de conversation fut reçue quelque peu 'froidement' par ses geôliers qui gardèrent le silence.
« Oh allez, vous pouvez bien me le dire. Entre nous...Non ? Vraiment ? Vous ne voulez pas me parler ? »
Aucune réponse.
« Vous n'êtes vraiment pas très coopératif...Comment suis-je supposé trouver votre point faible pour ensuite vous annihiler si vous ne me dites rien, hum ? »
L'unique réaction qu'il finit par obtenir de la part de son public fut une pression dans le dos pour le pousser dans sa cellule.
Il dut alors se retenir de rire lorsqu'on l'enferma dans une simple cellule aux barreaux et à la porte métallique. Rien que son tournevis sonique ne puissent ouvrir en moins d'une minute.
« Vraiment ? C'est là que vous comptez me garder ? Honnêtement, je ne sais pas qui vous a donné vos informations à mon sujet mais je crois qu'il possède de sérieuses lacunes ! »
Il attendit patiemment que les gardes repartent avant de se mettre au travail. Mais alors qu'il commença à déverrouiller le verrou, le doux hululement du sonique fut couvert par une voix venant d'un recoin sombre du couloir. Une voix saccadée et robotique qu'il ne reconnaissait que trop bien.
« Identification terminée. Vous êtes le Docteur. »
Il résista à un élan de panique et continua son travail sur la serrure qui refusait de céder.
La créature avança dans un éclat de lumière et il eut la confirmation de ce qu'il craignait.
Devant lui se tenait un Dalek. Mais piteux état. Ses bras étaient cassés, le rendant inoffensif. Son exosquelette fissuré laissait apparaître la créature à l'intérieur par endroits. L'œil surtout était visible. Hideux, vitreux, le fixant avec toute l'intensité dont il était capable. Et sa tempe se soulevait lentement, puis redescendait, au rythme du cœur qui battait quelque part à l'intérieur.
Le Docteur serra les dents. Il avait beau tenter chaque fois de se débarrasser de ces monstruosités, ils revenaient toujours.
Comment les Daleks avaient-ils pu survivre en si grand nombre quand lui était toujours si désespérément seul ?
« Votre présence était prévisible. Mais vous ne nous arrêterez pas cette fois ! »
Le Docteur ne put retenir un éclat de rire, plus nerveux que moqueur.
« Vous arrêtez ? Donnez-moi quelques minutes et vous verrez bien !
・ Nous retenons celle que vous appelez Jenny. Une fois notre plan accompli, le Docteur sera désactivé à jamais.
・ Désactivé ? Voilà qui est nouveau. Vous ne voulez plus m'exterminer ? » ajouta-t-il avec un sourire narquois en désignant l'arme cassée du Dalek ?
« La désactivation sera pour le Docteur une fin pire que la mort. »
Il fronça les sourcils. Ce n'était pas un comportement banal pour un Dalek. Et cette maudite porte qui ne voulait pas céder !
« Inutile de persister, Docteur. L'action de votre sonde sonique est annulée dans l'enceinte de cette prison. »
Le Docteur baissa l'outil pour mieux regarder sa cellule et ne put s'empêcher d'admirer le travail.
« Oh, c'est brillant!Un dissipateur d'ondes sonique utilisant les lois de diffusion sub-loshienne! Mais, pour être tout à fait honnête, et j'attire votre attention sur le fait que cela n'arrive pas souvent, cette théorie n'a qu'un tout petit défaut... »
Tout en parlant, il modifia les réglages de son tournevis. Le Dalek s'agita.
« Le Docteur va expliquer ce qu'il veut dire ! Maintenant ! Maintenant !
・ Et bien, ça n'est valable que sur un type de fréquence, vous voyez? Et en utilisant ce modulateur à cristaux juste ici, je peux émettre sur une centaine de fréquences différentes et donc, sortir d'ici. »
En disant cela, il poussa la porte qui céda et il fit un pas hors de sa cellule.
Le Dalek s'approcha aussi de lui mais n'avait aucun moyen de l'arrêter, aussi Docteur resta-t-il où il se trouvait.
« En passant, merci de m'avoir demander des explications. Comme quoi, mon charabia technique intéressantes encore des gens...enfin des êtres vivant...enfin des...créatures. Maintenant, il est l'heure de passer aux choses sérieuses. »
Il s'accroupit au niveau du Dalek et força l'armure à s'ouvrir. Elle était en tel piteux état qu'elle ne résista pas longtemps à ses efforts malgré les injonctions de son occupant.
« Nous voilà face à face, Dalek. Sans artifice, sans armure ni barreau de prison. Explique-moi ce que tu fais ici et à quelle fin tu aides cet humain.
・ Les Daleks vaincront !
・ Oui, oui, toujours cette même rengaine ! »
Il prit une voix plaintive qui se voulait une parodie de celle du Dalek.
« Exterminer! Exterminer ! Si seulement un poirier pouvait disparaître chaque fois que j'entendais ce mot !
・ Les Daleks survivront !
・ Ah, voilà quelque chose de neuf. Je me doute bien que tu comptes ramener tes petits copains ici. Et vous m'en avez déjà fait voir : l'empereur Dalek, la prison Time Lord, l'évolution du culte de Skaro et n'oublions pas Davros ! Et je suis certain que vous arriverez encore à me surprendre à l'avenir en revenant une nouvelle fois. Donc vraiment, j'ai hâte de savoir. Dis-moi tout. Quel est ton plan ? Et question bonus : en quoi cela me désactivera-t-il comme tu le disais. »
Le Dalek resta silencieux un instant puis il émit un son qui se rapprochait du ricanement, ce qui eut pour effet de créer chez le Docteur une sensation désagréable de frisson le long de sa colonne vertébrale.
Mais alors que le Dalek se mit à parler, un bruit terrible de machine se mit en route, couvrant à moitié les paroles du monstre mais leur sens parvinrent tout de même jusqu'au Docteur dont le visage se décomposa alors en un masque d'horreur. A peine eut-il finit d'entendre ce que le Dalek avait à dire qu'il s'enfuit dans le couloir en courant, cherchant désespérément à retrouver Jenny.
"Hamilto-n !"
Le Docteur déboula dans le laboratoire à toute vitesse, cherchant immédiatement des yeux Jenny.
Le silence qui avait régné ici avait volé en éclat. La machinerie s'était mise en marche et le bruit assourdissant qu'elle produisait était presque effrayant. Mais le son produit n'était pas assez fort pour couvrir les cris de Jenny.
Le Docteur faillit glisser sur le sol carrelé au détour d'un couloir qu'il avait pris trop sèchement et il s'arrêta net devant le fauteuil où Jenny était retenue prisonnière.
Son corps s'arc-boutait à une vitesse impossible et selon un schéma qui semblait se répéter à l'infini. Il ne pouvait pas approcher plus près, de peur que le champ énergétique qui protégeait l'univers de poche dans lequel elle se trouvait ne le toucha.
Il serra les dents et regarda autour de lui pour apercevoir Hamilton devant le corps toujours sans vie de sa fille. Il n'avait d'yeux que pour elle et semblait complètement ignorer ce qui se passait ailleurs.
Le Docteur se précipita sur lui et l'arracha à sa contemplation.
"Hamilton, pauvre fou ! Avez-vous la moindre idée de ce que vous êtes en train de faire !
- Je ramène ma fille à la vie !
- Non ! Je vous l'ai dit, elle ne reviendra que pour mourir ! Ça ne la soignera pas ! Par contre, vous allez ranimer la race qui exterminera toute cette planète ! Le Dalek que vous avez vu compte utiliser l'entité que vous avez coincé dans ce verrou temporel pour régénérer ces compagnons ! Et vous n'avez pas idée de ce dont ils sont capables, ni de ce que vous avez fait en mettant cette jeune fille là !"
Il voyait pourtant qu'Hamilton ne l'écoutait que d'une oreille distraite et que son regard était toujours rivé sur sa fille. Il sortit son tournevis sonique, scanna le système et trouva ce qu'il cherchait.
Abandonnant le scientifique, il traversa l'allée où il se trouvait et fouilla du regard la console qu'il avait sous les yeux à la recherche de la jauge qui l'intéressait: la jauge d'activité électrique présente dans le réservoir de stase.
"Allez, allez, tu es forcément dans le coin ma jolie...Ah !"
Aussitôt qu'il eut mis la main dessus, il ouvrit le panneau sous la console et fouilla les câbles et en suivi un sur plusieurs mètres, passant d'une console à une autre. Quand enfin, le fils s'arrêta, il eut un regard pour la fille qui commençait doucement à remuer.
"Je suis désolé. Tellement désolé."
Et il arracha le câble.
Aussitôt, plusieurs alarmes vinrent superposer leurs hurlements au boucan déjà présent, forçant le Docteur à se boucher les oreilles quelques secondes tout en cherchant des yeux les haut-parleurs qu'il fit taire grâce à son tournevis sonique.
Lorsqu'il se retourna, il se retrouva nez à nez avec Hamilton qui malgré sa vieillesse lui asséna un coup de poing qui envoya le Docteur à terre.
"Décidément, tout le monde en veut à ma tête.
- Vous ! Vous ! Comment avez-vous pu ruiner mes efforts et condamner ma fille ! Je vais vous faire sortir d'ici et je vous empêcherai de nous interrompre à nouveau !
- Sauf que j'ai par inadvertance coupé l'alimentation de vos robots en venant ici. Voyez-vous, il y avait ce bouton. Ce beau gros bouton et... Mais le sujet n'est pas là ! Vous devriez me remercier. Je vous ai dit que vous ne la ramèneriez à la vie que pour la tuer. Mais est-ce que vous m'avez écouté ? Noooon. Vous avez préféré écouter les Daleks. Un choix parfaitement discutable si vous voulez mon avis. Car les Daleks n'ont que faire de vos peines de cœur. Ils ne veulent qu'exploiter l'énergie infinie qu'ils vous ont aidé à piéger dans ce verrou temporel pour régénérer leur espèce entière !"
Abandonnant Hamilton, il reprit son exploration du laboratoire, à la recherche d'une solution. Mais une voix à l'unisson de beaucoup d'autres retentit alors à l'extérieur du bâtiment :
"Exterminer !"
Le Docteur se figea et releva la tête vers un écran qui surveillait le pont au dessus d'eux. Là, des Daleks apparaissaient l'un après l'autre, rejoignant les centaines de congénères qui peuplaient déjà le ciel. Les gens avaient tôt fait de reconnaître les Daleks et la panique s'était installée. Partout, des humains tentaient de fuir. Certains sautaient du pont, d'autres courraient. Déjà, au sol, les plus faibles et malchanceux se faisaient piétiner. Le chaos était complet.
"Non ! Non ! Réfléchis, bon sang !"
Mais la situation semblait désespérée. Le verrou temporel avait pris une instruction simple qui était répétée encore et encore jusqu'à l'épuisement de la source d'énergie.
Hamilton, qui l'avait rejoint, regardait incrédule la scène de destruction qu'il avait sous les yeux.
"Mais c'est impossible ! Un être humain ne contiendrait pas assez d'énergie pour restaurer autant d'entités. Et d'où sortent-elles ?
- De la dernière des guerres du temps. J'ai sacrifié les miens pour que l'univers soit débarrassé de ces monstres...pour rien."
Il se tourna vers Jenny. La voir dans cet état de douleur permanent était insupportable. Mais c'était sa faute. S'il avait compris plus tôt...
"Et cette jeune fille que vous avez pris dans vos filets n'est pas n'importe qui. Vous l'avez forcée à venir en personne. Une manipulatrice du vortex du temps et de l'espace. A l'énergie potentiellement infinie.
- Vortex du temps ?
- Hamilton, vous avez pris mon Tardis..."
"Vous avez pris mon Tardis et l'avez transformé en l'arme la plus dangereuse qui soit.
- Ne dites pas n'importe quoi...En arrêtant la machine, je..."
Il fit un pas en direction de la console mais le docteur fut immédiatement sur lui. Il l'arrêta d'un bras, lui barrant impérieusement le chemin. Son visage était un masque calme sous lequel bouillait une immense colère. Sa voix se fit d'une froideur intense.
"Ne touchez plus à rien. Vous avez déjà bien assez causé de dégâts."
Le scientifique, surpris de la puissance qui se dégageait du Docteur plongea son regard dans le sien. Et à ce moment là, il sut que l'être qu'il avait face à lui avait vécu bien plus que son apparence ne le laissait voir de prime abord.
"Expliquez-moi. Que se passerait-il si l'on coupait tout ?
- La fin de l'univers."
Incrédule un instant, il sentit un sourire naître sur son visage avant qu'il ne réalise qu'à aucun instant, son homologue n'avait tenté de plaisanter.
Le Docteur tira une chaise et fit signe au vieil homme de s'asseoir.
"Comme je vous l'ai dit, cette jeune fille est en temps normal mon vaisseau, le Tardis, qui me permet de voyager dans le temps et l'espace. Votre machine a généré un signal que le Tardis ne pouvait ignorer sous une forme qu'elle reconnaîtrait et qui l'attirerait: une anomalie temporelle. D'ordinaire, elle m'amènerait sur les lieux et refuserait ensuite d'en partir tant que je n'aurait pas régler la situation. Mais dans le cas présent, vous avez créé une anomalie tellement puissante qu'elle a été obligé de se matérialiser. Heureusement pour moi, elle a pu résister à vos sirènes le temps que je revienne au Tardis. Je comprends mieux pourquoi les consoles ne répondaient plus une fois qu'elle était partie."
Cette dernière remarque constituait clairement plus une réflexion personnelle à laquelle Hamilton ne comprit rien. Il profita néanmoins de l'arrêt dans le flot incessant de paroles pour poser une question:
"Mais pourquoi ne vous a-t-elle pas dit qui elle était ?
- Les Tardis ne sont pas exactement comme vous ou moi. Qui sait ce qu'ils ont dans la matrice ?"
Il s'avança et s'accroupit devant Jenny et tâcha de se concentrer sur la tâche qui l'attendait. La Terre allait être très bientôt envahie par les Daleks. Ce n'était qu'une question de temps avant qu'ils n'arrivent dans cette pièce.
Il lui fallait trouver comment sauver Jenny et inverser le travail que faisait la machine. Le tout grâce à un équipement qu'il ne connaissait pas.
Il réprima un sourire face au défi qui l'attendait et à la gravité des événements.
"Hamilton, fermez tous les accès au laboratoire. Si des deadlocks existent, utilisez-les. Il faut gagner du temps."
Il se releva et revint au milieu du laboratoire.
Plusieurs problématiques devaient être résolues: Jenny devait être extraite du Timelock dans lequel elle se trouvait actuellement, ce qui en soi était déjà une tâche impossible. Mais en imaginant qu'il y parvienne, sous sa forme actuelle, il était fort possible que l'extraction tue Jenny. Et donc, par extension, le Tardis. Il lui fallait réussir à la faire revenir sous sa forme matricielle avant. Ou même plus exactement en même temps. Car si ce changement survenait trop tôt, son énergie allait se disperser et être siphonner par le Timelock.
Quand bien même ils réussiraient à la faire sortir intacte, elle ne pourrait survivre bien longtemps loin du Tardis.
Il fallait donc trouver un moyen d'amener ce qui était actuellement une simple boîte bleu...quoi qu'un peu lourde tout de même...jusqu'ici. Et alors ils auraient réussi à la sauver.
Cette fois, il laissait ses lèvres s'étirer en une mascarade de sourire quand il réalisa qu'il n'avait aucune idée de la manière dont il allait procéder.
"Et bien, allons-y !"
