CHAPITRE 3
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Flash-back
1er novembre 1997
« Harry, pourquoi tu n'as pas voulu aller chez les belettes ? » demanda soudain Draco.
« Tu le sais, Drake. »
« Non, je veux dire la vraie raison, espèce de crétin. »
Draco l'étudia longuement
« Allez, Harry, crache le morceau. Pourquoi t'as rompu avec la belette femelle ? »
« Elle s'appelle Ginny, putain Drake ! Arrête de les appeler les belettes, t'es vraiment un connard quand tu fais ça ! » s'énerva Harry.
« Okay, okay, pas la peine de monter sur ton Sombral, » s'excusa le jeune homme en levant les mains avant de reprendre. « Alors, pourquoi ? Et me sors pas ton couplet sur la guerre et les risques qu'on s'en prenne d'abord à ceux qui t'aiment ou autre, d'accord ? Ça marche peut-être avec Ron mais pas avec moi. Si tu veux mon avis, ça ne marche pas beaucoup mieux avec Hermione et la bel... Ginny non plus. »
« J'ai pas vraiment envie d'en parler, » soupira le Survivant.
Draco posa les cartes sur le lit et attendit patiemment la suite. Ne voyant rien venir, il insista encore.
« Écoute, Harry, je sais que c'est pas une bonne période pour toi en ce moment. Je veux dire, la Toussaint n'est vraiment pas joyeuse et, bon, on ne va pas épiloguer là-dessus, on sait très bien ce qui s'est passé le trente-et-un octobre mille neuf cent quatre-vingt-un. » Il posa sa main sur celle de Harry. « Okay, ta vie n'est pas la plus belle qui soit, je connais la prophétie et la chasse aux Horcruxes n'est pas une partie de plaisir, mais pourquoi avoir refusé un peu d'amour ? Ron et Hermione n'ont pas fait ce choix. »
Harry le regarda et commença à mordiller sa lèvre inférieure. Il n'était pas sûr de pouvoir se confier à Draco, ou à quiconque d'ailleurs.
Draco resserra sa prise sur la main de Harry et continua.
« Tu veux que je te dise ce que je pense ? Je pense que si tu as rompu avec Ginny, c'est parce que tu ne l'aimes pas. »
Harry commença à ouvrir la bouche pour protester, mais Draco leva sa main libre devant lui.
« Attends, laisse moi finir. Je n'ai pas voulu dire que tu ne l'aimes pas du tout, mais que tu ne l'aimes pas assez. Sans doute plus comme une petite sœur ? Je crois aussi qu'il y a autre chose en dehors de ça. Qu'en penses-tu ? »
Harry le regarda et émit un petit rire nerveux.
« Tu ne me lâcheras pas tant que tu n'auras pas eu de réponse satisfaisante, hein ? »
« Tu commences à bien me connaître, » admit Draco, très sérieux.
Le petit brun regarda la main de Draco qui tenait toujours la sienne et se mordilla derechef la lèvre.
« Je pense... Je pense que tu as peut-être raison. Je me suis rendu compte cet été que, bien que j'aime Ginny, je... Je ne sais pas, je crois qu'effectivement, je ne l'aime pas assez. Je ne trouve pas ça juste de lui faire espérer quelque chose que je ne souhaite pas complètement. Je n'ai pas envie de me réveiller un jour à cinquante ans, marié et père de trois enfants pour me dire que je ne suis pas franchement heureux et que ce n'était pas ce que je voulais vraiment. »
Il s'arrêta, pas sûr de devoir ou de pouvoir continuer.
« Et... ? » demanda Draco.
« Tu as déjà été amoureux, Drake ? Je veux dire vraiment amoureux ? »
« Peut-être pas, » avoua Draco.
Il regarda Harry avec des yeux malicieux et brillants avant de poursuivre.
« Mais par contre, je suis sûr d'avoir déjà vraiment désiré. Et toi ? »
Harry prit une jolie couleur pivoine. « Par désiré tu entends...? »
« Par Merlin, Harry ! » Draco leva les yeux au ciel. « Ne sois pas si... prude ! Je veux dire désirer, comme désirer sexuellement, avoir envie de baiser ! De penser à une personne et avoir immédiatement la trique. J'ai désiré comme un malade plusieurs personnes, crois-moi. Fantasmé à fond. À devoir prendre ma queue et me soulager en pensant à ces personnes-là. »
Il se tourna vers le garçon écarlate et l'acheva.
« Alors, Harry, est-ce-que tu as déjà désiré quelqu'un et qui ? À qui penses-tu quand tu te branles le soir dans ton lit ? Je ne sais pas pourquoi mais je suis presque sûr que tu n'as jamais pensé à Cho ou même à la petite rouquine de cette façon-là. »
« Mais je... euh... beuh... m'enfin, voilà quoi ! » bafouilla le Garçon-qui-ne-savait-plus-où-se-mettre.
« Très clair, Harry, vraiment, là tu atteins les sommets de la concision et de l'éloquence, bravo ! » se moqua gentiment son tortionnaire.
Harry le regarda dans les yeux, mais n'y vit aucune méchanceté ou même de véritable dérision et soupira.
« Je ne pense pas que tu aimerais réellement le savoir, Drake... » murmura Harry.
Draco réfléchit un instant avant de relancer la discussion.
« Tu sais, je suis atrocement vexé. Tu ne m'as même pas demandé qui j'avais désiré de cette façon. »
Il posa sa main droite sur sa poitrine, la gauche tenant toujours celle de Harry.
« Ça me fait très mal Harry, je pensais que l'on était devenu de véritables amis maintenant. »
Harry se détendit un peu et ricana.
« Oh, pauvre petit Drakinouchet, excuse-moi bien auprès de ton extrême sensibilité. Vas-y, crache le morceau : alors qui te faisait bander au point de devoir courir sous la douche ? »
« Eh bien, pour ne citer que mes meilleurs fantasmes, je dirais d'un côté : Padma et Parvati Patil, Daphné et Astoria Greengrass... »
« Tu te fais un trip sur les frangines ou quoi ? » le coupa Harry en rigolant.
« Oh, Harry, crois-moi sur parole, les fantasmes où je me retrouve nu avec Daphné et Astoria sont définitivement les meilleurs que je puisse avoir ! Tous les trois dans mon grand lit, l'une sur mes hanches et l'autre sur ma... »
« Trop de détails, trop de détails ! » le coupa à nouveau Harry, retrouvant sa belle couleur crevette trop cuite. « Les autres noms, s'il y en a. »
« Hummm ? Oh oui ! Pardon Astoria, je te retrouverai ce soir, » soupira Draco de façon théâtrale « Donc, je continue, il y a eu aussi une Moldue, ne le dis jamais à mon père, Anaïs, une française, l'année dernière, et là je n'ai pas fait que fantasmer si tu vois ce que je veux dire. C'était une pure merveille, une vraie petite vicieuse au lit. D'ailleurs, Padma non plus ne m'a pas dit non, mais je n'ai jamais pu la convaincre de parler avec Parvati et... »
« Drake, je ne veux pas les détails par pitié ! »
« Okay, okay ! Bon celles-là sont les plus intéressantes. Ensuite, il y a ceux de l'autre côté. »
Il s'interrompit et regarda attentivement Harry. C'était maintenant qu'il fallait qu'il soit vigilant à chaque expression du garçon en face de lui. D'ailleurs, celui-ci semblait un peu étonné.
« L'autre côté ? »
« Oui, d'un autre côté, j'ai aussi fortement désiré Olivier Dubois. »
Bingo pensa Malfoy junior. Harry en face de lui, avait les yeux écarquillés, il avait pris une teinte de rose plus soutenue pour tendre vers un rouge franc et sa main dans la sienne avait tressailli.
« Donc Dubois, et aussi Terry Boot, pareil ne le dis pas à mon père, c'est un Sang de, euh, un Né-moldu. Mais je t'assure que Terry est vraiment, vraiment, délicieux. »
« Mais parce que tu as, enfin tu as , je veux dire... avec Terry ? » fit Harry, confus.
« Harry, respire, je te garantie que si tu continues comme ça, j'ai peur que tu exploses. Après Terry, il y a eu aussi Ernie, là, tu peux en parler avec mon père, c'est un Sang-pur. »
« Draco, je ne parlerai jamais de ces choses là avec ton père, bon sang ! »
Draco sourit et se décida à donner le coup de grâce, c'était trop drôle.
« Oh, et bien sûr, mon coup de cœur secret, mon premier fantasme entre tous... Remus »
Cette fois, Harry s'étouffa pour de bon « Rem... Remus ? Remus comme Remus Lupin ? MON parrain REMUS ? »
« Oui, celui-là même. Mais je sais qu'il n'est pas de ce bord-là, malheureusement. » L'expression du garçon se fit rêveuse. « J'aurais tant aimé que ce soit lui qui m'initie à ce plaisir, je suis sûr qu'il doit être à la fois tendre, bien qu'un peu sauvage, et ses yeux, sa bouche, son...»
« DRACO ! »
« Pardon, Harry, j'étais ailleurs. »
« Merci, j'ai vu ça. » Harry se sentait mal. Et puis il tiqua. « Attends, tu as dis que c'était ton premier fantasme, mais tu n'as pas revu Rem' depuis cet été, non ? Drake, tu ne fantasmais pas sur Remus en troisième année, quand même ? » Harry avait l'air interloqué.
Draco explosa de rire et lâcha la main de Harry pour se tenir les côtes.
« Tu sais ce que j'aime chez toi, Harry ? Tu es tellement lisible ! Pas étonnant que Severus te dévore tous les matins au petit déj' et que tu sois si nul en Occlumancie ! »
« Hé ! » protesta l'intéressé.
« Scu'se, mais c'est vrai ! Tu es choqué parce que je me suis tripoté en pensant à Remus à treize ans, mais tu n'es pas choqué que je désire les femmes et les hommes. Tu es si innocent, Harry. »
Le jeune homme se renfrogna.
« Quoi ? Tu préférerais que je pousse des hauts cris et que je me recule de trois mètres de toi, comme tout bon homophobe ? Ce n'est pas parce que j'ai été élevé par des crétins étroits d'esprit qui l'étaient que je suis comme eux. »
« Oh je vois, c'est là que le bât blesse, alors ! Tes moldus étaient homophobes ! Harry, le monde sorcier n'est pas comme ça. L'homosexualité et la bisexualité sont très bien acceptées, il n'y a aucun souci à être comme nous. »
Harry le regarda intensément.
« Comme... nous ? »
« Harry, je pense que tu as compris ce que je viens de dire. Je crois que tu es homosexuel et que c'est pour ça que tu as rompu avec Ginny. »
« Non ! Enfin je veux dire... je... » Harry se passa nerveusement une main dans les cheveux. « La vérité, Drake, c'est que je n'en sais rien. Je crois que je n'aimais pas Ginny suffisamment et c'est vrai que je n'ai jamais désiré ni Cho ni elle de cette façon. Je... À treize ans tu savais déjà que tu étais bi ? C'est dingue, j'en ai dix-sept et je ne suis sûr de rien. »
« Tu ne sais pas ? » fit Draco, surpris.
« Non, enfin... je crois. » dit piteusement Harry.
« Tu crois que tu ne sais pas, c'est ça ? »
« ... oui ?... »
« Est-ce-que par le plus grand des hasards, tu te foutrais pas de moi, le balafré ? »
Un grand silence lui répondit avant que Harry ne chuchote lamentablement.
« Ben c'est que je n'ai embrassé que des filles, alors je sais pas, je ne peux pas être sûr. Si ça se trouve, c'est moi qui aie un vrai problème. Je suis peut-être un coincé des sentiments et du sexe. Et j'ai jamais embrassé de garçons, alors peut-être que ça me ferait pareil... » Il se tut.
« Tu veux essayer ? » demanda Draco.
« Pardon ? »
« J'ai dit : tu veux essayer ? T'es vraiment mignon pour être franc et je veux bien qu'on s'embrasse si tu veux, » proposa Draco.
« QUOI ? Ça va pas non ? Drake, le prends pas mal mais... Mais c'est toi, enfin je veux dire, t'es mon ami, je suis sûr que ça me ferait autant d'effet que si j'embrassais Ron ou Hermione. C'est, c'est... Non, je suis sûr que non. » s'offusqua Harry.
« Okay. Dommage. » répondit Draco gentiment, pas vexé pour deux noises. « On va faire autrement : je te pose des questions et tu me réponds sincèrement, d'accord ? »
« Okay. »
« Bien, tu n'as donc jamais eu la gaule en pensant à Cho ou Ginny, c'est bien ça ? »
« Non, j'ai ressenti des trucs bien sûr, et Ginny embrasse très bien et... »
« Stop, Harry, c'est pas ce qui nous intéresse pour le moment. Je reprends. Est-ce que tu t'es déjà branlé ? Si tu me dis non, à dix-sept ans, je m'inquiète je te préviens. »
« Oui, je me suis déjà branlé, » répondit Harry en rigolant.
« Et tu penses à qui quand tu le fais ? Un homme ? Une femme ? »
Harry devint grenat.
« Harry, on avait dit des réponses sincères. »
« Oui, oui. Eh bien, sincèrement, au tout début quand j'ai commencé à me toucher, j'ai pensé à des filles. Mais c'était pas top top. Je m'en suis rendu compte parce qu'au bout d'un moment, je ne pensais à plus rien. Juste à... l'acte et au plaisir, tu vois. Sans... partenaire. »
« Oui, mais encore ? Maintenant tu penses à qui ? »
« Personne. »
La réponse fusa très vite. Trop vite. Le garçon blond plissa ses yeux.
« Haaaaaaaaaaryyyy, tu n'es pas sincère et je ne te lâcherai pas. »
« Drake, je ne peux pas te le dire, c'est trop honteux, je t'assure. Ça a commencé cet été, mais c'est du n'importe quoi, ça ne veut rien dire. C'est juste une idée stupide que j'ai eu une nuit, pendant que je dormais. Les rêves sont toujours débiles, tu le sais bien. Le problème, c'est que maintenant j'ai ce fantasme dans la tête et que je n'arrive pas à m'en défaire. »
« Si je te suis bien, cet été, tu as eu une éjaculation nocturne en pensant à un mec et depuis tu te poses enfin les bonnes questions. J'ai bon ? »
« Oui, » répondit Harry à contrecœur.
« Qui ? »
« Comment ça ? »
« Arrête de te faire plus crétin que tu ne l'es, c'est insupportable. C'est qui ce mec pour qui tu te branles ? »
« Je ne me branle pas en pensant à lui, » dit Harry « Enfin, pas à chaque fois, » continua-t-il dans sa barbe.
« Qui ? »
« ... »
« Qui ? ... Tu ne veux pas répondre ? Ça, ça veut dire que je le connais. Pour que tu ne me répondes pas, c'est que je le connais. Bien, réfléchissons... »
Draco se pencha et fixa intensément Harry qui gigota, mal à l'aise, en gardant son teint carmin.
« Drake... »
« Silence, rien qu'avec ta tronche de toute façon je vais deviner, je te l'ai dit, tu es trop lisible, » le coupa Draco. « Bien, donc un mec que je connais... Cet été, tu as dis ? Ah, oui... C'est un mec que tu as vu cet été... Voyons, sans doute un membre de l'Ordre... Oui, c'est ça, un membre de l'ordre, donc. »
« Draco ! »
« Silence je t'ai dit, par Salazar ! Je le connais bien, n'est-ce pas ?... Oui... Alors... Severus ? »
« Hein ? Non mais ça va pas la tête ? »
« Calme, calme et n'insulte pas mon parrain, je te prie... Donc non, pas Severus. Quel autre beau mec de ma connaissance et faisant partie de l'Ordre tu as croisé cet été ? Un Weasley ? Bill ou Charlie, ils sont délicieux ces deux-là, je devrais penser à les rajouter sur ma liste de fantasmables... »
« DRACO ! »
« Pardon, pardon... Non, pas les Weasley, donc. » Draco s'interrompit d'un coup et un fin sourire étira ses lèvres. « Oooohoooo, toi, mon petit salaud ! »
Harry sursauta et se sentit très, très mal devant le regard jubilatoire de son ami.
« Harryyyyy... Tu n'aurais pas osé quand même ? Pas lui, n'est-ce pas, Harry ? » susurra Draco, doucereux.
Merde merde merde et merde, pensa l'intéressé, paniqué.
Draco explosa de rire
« Putain, Potter, tu m'as limite fait une crise à propos de Remus, alors que toi, petit saligot, tu prends ton pied en pensant à mon père ! Quel faux-cul ! »
Là dessus, il s'écroula sur le lit, en riant de plus en plus fort, devant un Harry mortifié.
Il rigola encore un bon moment avant de réaliser qu'il était un peu seul à trouver la situation aussi comique. Harry s'était déplacé sur son lit, assis le dos contre la tête de lit, les genoux repliés contre lui et les bras croisés dessus. Il n'avait pas l'air de trouver la situation drôle. Absolument pas même.
« Harry. »
« C'est bon, lâche-moi, Draco. »
Draco le rejoignit sur son lit et lui passa un bras autour des épaules.
« Harry, il n'y a rien de dramatique, je t'assure. »
« Non, au contraire c'est hilarant, ha ha ha. Excuse-moi de ne pas rire plus fort, j'ai mal à la mâchoire. »
« Arrête de te prendre la tête, ça n'en vaut pas la peine... Allez, viens par là, toi ! »
Joignant le geste à la parole, Draco attira l'autre garçon contre son torse et le serra fermement contre lui.
« Drake, mais qu'est-ce que tu fous encore, bordel ? » fit Harry, tendu comme la ficelle d'un string contre le jeune Malfoy.
« Je te fais un câlin, le balafré, en tout bien tout honneur, note bien. C'est pas vrai, c'est vraiment à croire que tu n'en as jamais eu de ta vie ! Allez, tais-toi un peu et profite, nom d'un dragon ! »
Pour une fois, Harry sembla l'écouter sans plus rouspéter et il le sentit bientôt se détendre contre lui. Le nez du brun dans son cou, il finit par l'entendre chuchoter. « Je me sens nul de chez nul. Le champion du nullissime. »
Draco le serra un peu plus fort et répondit d'une voix douce.
« C'est bizarre, je n'avais pourtant pas l'impression de faire un câlin à Neville. »
Un bref pouffement lui répondit, suivit d'un « Mais que t'es con. »
« Merci Potter, t'es pas mal non plus dans le genre. »
Il laissa le silence s'installer entre eux un moment avant de continuer.
« Écoute, il n'y a pas de quoi avoir honte, tu sais. On ne choisit pas ce genre de choses. Ce n'est pas parce que tu préfères les hommes que tu vaux moins qu'un autre. Et puis, je peux te comprendre, pour mon père, je veux dire. »
Harry se tendit de nouveau dans ses bras alors il le berça doucement en poursuivant.
« Non, je t'assure, je suis sérieux. On ne contrôle pas ses fantasmes ou ses désirs. Tu m'aurais dit, je ne sais pas moi... Hagrid ou bien Ombrage, là je dis pas que je ne me serais pas inquiété pour ta santé mentale. Mais bon, on parle de mon père. C'est quand même pas comparable ! »
Harry rigola doucement dans son cou.
« C'est vrai, je dirais même que tu as franchement bon goût pour le coup. C'est de notoriété publique que les Malfoy sont beaux, élégants, plein de prestance et de naturelle dignité, le tout assortit de.. »
« Modestie ? » le coupa Harry.
« Ne sois pas désagréable, je te prie. »
« Ça restera entre nous, okay, Draco ? »
« Oui, bien sûr, t'inquiète pas. » Il lui redressa le menton d'une main. « Tu pleures pas, hein, Harry ? »
« Non, je ne suis pas une tafiole, » répondit le garçon, les yeux pourtant étrangement brillants.
Draco ne put s'empêcher de rire encore une fois.
« Bien, a priori, si justement ! »
Les deux garçons restèrent calmement assis sur le lit un grand moment. Ils ne parlaient plus, mais le silence n'était pas pesant entre eux. Puis, timidement, Harry questionna de nouveau Draco.
« C'est vrai que tu me trouves mignon ? »
Draco décida finalement de prendre les choses en main.
« Puisque tu doutes de toi et de ta sexualité, on va faire en sorte que tu arrêtes de te poser des questions. »
« Comment ça ? » demanda Harry, suspicieux.
« Tu n'as jamais embrassé de garçon, pas vrai ? Et je suppose que tu n'as jamais eu d'expérience sexuelle autre qu'avec ta main droite, je me trompe ? »
Le Gryffondor rougit une nouvelle fois.
« Non, c'est bien ce que je pensais. »
Il ajouta devant l'air penaud de Harry.
« C'est pas grave non plus ! Merlin, Potter, j'ai l'impression de passer mon temps à te remonter le moral depuis hier soir, c'est épuisant ! Beaucoup de personnes sont encore vierges, même à vingt ans ou plus ! Et ce n'est pas parce qu'elles sont moches, ou nulles ou je ne sais quoi encore qui te trotte dans la tête ! » continua Draco. «Mais pour en revenir à ta situation actuelle, je pense qu'il est temps de remédier à tout ça ! Harry, ce soir on sort ! En plus, ça nous changera les idées. On est samedi soir, on est jeunes et ça fait une éternité que je n'ai pas dansé. Ce soir, mon très cher peut-être nouvellement ami gay, je t'emmène au Georges V ! »
Devant l'air éberlué de son ami, Draco sourit et lui expliqua son plan.
Severus n'avait pas particulièrement apprécié d'être interrompu dans son travail.
Harry, de façon très stratégique, avait laissé le Serpentard se débrouiller avec son parrain et s'était discrètement éclipsé. Non, non, ce n'était pas de la lâcheté face à la ténébreuse chauve-souris, on vous a dit que c'était juste de la pure stratégie gryffondorienne.
Draco était revenu quelques temps plus tard, avec un immense sourire sur le visage.
« C'est partit, mon petit ! on va se préparer et se faire tout beau ! Ce soir, on a quartier libre !»
« Je ne suis pas petit ! » avait bêtement répondu Harry, complexé par sa taille.
Draco lui avait sorti plusieurs de ses propres tenues pour qu'il puisse choisir, une fois ajustées à sa taille évidemment, puis ils s'étaient pomponnés tous les deux dans la salle de bains. Vers 23h00, les garçons étaient descendus en courant dans les escaliers pour rejoindre Snape dans la cuisine.
Celui-ci leur tendit une fiole remplie de potion.
« Cheveux, » dit-il froidement.
Harry regarda Draco sans comprendre.
Snape ne rata rien du coup d'œil et ricana.
« Oui, Potter, un cheveu de vous et de Draco. Dans la fiole. C'est assez clair ou il vous faut un dictionnaire ? »
Draco lui expliqua, tout en mettant au passage un peu de pommade au nouveau sous-directeur de Poudlard.
« Severus est un vrai génie, Harry, il a réussi l'exploit de modifier la potion originelle de Polynectar. En mettant nos deux cheveux dans la potion, nos ADN vont se mélanger et en créer un nouveau, issu des deux nôtres qui s'ajustera à notre corps. On deviendra de véritables frères biologiques et ce, pendant dix heures ! C'est une révolution cette potion ! On ne nous reconnaîtra pas. »
Severus le coupa dans sa lancée lyrique.
« Je vous rappelle que cette potion n'a pas été créée pour satisfaire vos simples plaisirs personnels ou pour vous permettre de passer des nuits de débauches en toute impunité. »
Il planta ses deux onyx perçants sur Harry qui baissa prudemment les yeux, tout en tentant rapidement de mettre une barrière mentale.
« Vous devez être de retour demain matin. Pas d'imprudence. Vous rétrécissez vos baguettes et elles restent dans vos poches, est-ce bien clair ? »
Les deux jeunes hommes avaient acquiescé et mis chacun l'un de leurs cheveux dans la potion qui devint dorée. Ils en burent deux grandes gorgées sous l'œil vigilant de Snape.
Après quelques secondes, leurs corps se mirent à gondoler et à se modifier.
Quand ce fut fini, ils se regardèrent avec surprise. Draco avait raison, cette potion était géniale.
Les deux garçons se ressemblaient comme deux frères, non comme des jumeaux. Les cheveux de Draco étaient toujours blonds, mais moins blancs, ils tiraient dorénavant sur le châtain. Ceux de Harry, toujours aussi noirs, n'étaient plus ébouriffés mais au contraire bien lisses, comme l'étaient ceux de Draco. La forme de leurs deux visages étaient légèrement pointus et malfoyen. Leurs nez par contre, bien qu'identiques, venaient de Harry. Ils avaient chacun gardé leurs bouches d'origine mais perdu la couleur de leurs yeux. Les iris étaient limes, rendant l'effet d'ensemble sur chacun des garçons saisissant.
Harry avait également pris plusieurs centimètres, le rendant maintenant presque aussi grand que son ''frère'' qui lui en avait perdu. Bonheur du bonheur, sa cicatrice n'était plus sur son front.
En les regardant, Snape eut un serrement au cœur. Les deux garçons étaient très beaux, mais sans les traits dominants Potter, ceux de Lily ressortaient encore plus. Leurs nez et la bouche de Harry étaient Evans, indéniablement.
Il les laissa s'admirer et réajuster leurs tenues puis les flanqua gentiment, ou presque, à la porte, en leur confiant à chacun un portoloin de secours, une médaille en forme de phénix, accrochée à un collier d'argent pur.
En s'approchant de la boîte de nuit, Harry sentit une étrange excitation ainsi que du stress le gagner. Il avait été étonné de se retrouver dans le Londres moldu, mais Draco lui avait assuré avec un large sourire que ce n'était pas la première fois qu'il venait, loin de là.
C'était donc une boîte homo, même si les hétéros étaient les bienvenus. Ils étaient d'ailleurs plutôt nombreux.
La musique, forte, lui emplit les oreilles dès qu'ils entrèrent, obligeant Draco à se pencher vers lui pour lui expliquer les choses. Il y avait deux salles de danse, chacune spécialisée dans un style de musique. L'une, moderne, passait les tubes des années 90 alors que l'autre était plutôt tournée sur le style rock des années 70 et 80. Les deux passaient des slows, lui assura Draco avec un clin d'œil.
Les deux salles de danse étaient reliées entre elles par une autre grande salle avec deux immenses bars, des tables basses avec des canapés et des poufs tout autour. Ici, la musique pouvait s'entendre, en beaucoup moins fort.
Draco lui montra enfin une autre salle, en retrait, dont l'entrée se faisait derrière l'un des bars. La lumière était plus que tamisée, pratiquement inexistante et des canapés, d'aspects plus confortables, étaient cachés par de nombreux coins et recoins grâce à des rideaux sombres. La musique ne passait quasiment pas.
Harry regarda Draco avec circonspection.
« C'est quoi ça ? »
« Petit frère adoré, j'espère bien que tu connaîtras les délices que réserve la salle noire avant la fin de cette soirée. »
Il lui montra ensuite les toilettes, ou plutôt le distributeur de préservatifs qui s'y trouvait. Harry en profita pour rougir furieusement une nouvelle fois.
« Si tu veux vraiment franchir le pas et que le mec ne veut pas rester dans la salle noire, je ne te demande que trois choses, Harry, » lui dit sérieusement Draco. « Petit 1 : capote. Petit 2 : tu me préviens et tu me montres le gars en question. Petit 3 : il y a un étage dans cette boite, les proprios louent des chambres. Tu ne quittes pas la boite, tu montes dans une de ces chambres et je veux savoir laquelle. Okay ? »
Harry ne savait plus où se mettre de honte.
« Drake, je ne pense vraiment pas que j'irai si loin, je veux déjà juste savoir ce que ça fait d'embrasser un mec, pas de faire... ça. » Puis il prit la main de son presque frère. « Attends, c'est valable pour toi aussi, non ? Et ça veut dire qu'on va se séparer dans la boite ? »
« Oui, et oui. »
Devant le regard un peu inquiet de Harry, Draco rajouta.
« Calme toi, princesse, je ne t'abandonne pas tout de suite. Même si je connais un peu de monde, ce soir, je suis là incognito, alors je vais rester avec toi et on va voir ce qui se passe. Allez, go. »
Ils dansèrent dans les deux salles, rigolèrent au bar et prirent quelques verres de whisky-coca, puis retournèrent danser.
Harry se sentait bien, libre, comme il l'avait rarement été. Cela n'avait rien à voir avec le bal de sa quatrième année. Là, il était avec son frère, ils faisaient les idiots et dansaient sur des musiques que Harry connaissait pour les avoir entendues chez les Dursley.
D'autres garçons leur tournaient autour, il s'en sentit à la fois flatté et... eh bien, un peu excité. Oh, rien de très méchant, mais la même sensation étrange et chaude au creux de l'estomac qu'il avait ressenti avant, quand il pensait à Cho ou à Ginny.
Quand ils retournèrent au bar pour la deuxième fois et qu'ils s'installèrent avec leur boisson à une table, ils n'étaient plus seuls.
Sur la piste de danse, Harry avait senti le regard brûlant d'un grand blond sur lui. Celui-ci était maintenant assis à côté de lui, le dévorant des yeux. Deux autres garçons et trois filles étaient aussi avec eux.
Le groupe du blond, Anton, qui était venu en nombre, avait mis le grappin sur les deux magnifiques frangins. Ils n'étaient pas de Londres, mais du Pays de Galles et étaient venus visiter la ville pendant leurs vacances.
Draco flirtait outrageusement avec un jeune brun aux yeux noirs pendant que Harry tenait nerveusement son verre de coca sans oser regarder directement Anton.
La douce sensation dans son ventre était devenue intense et, alors qu'ils n'avaient encore rien fait, Harry savait déjà qu'elle dépassait en intensité ce qu'il avait ressenti pour Cho toute sa cinquième année. Elle faisait maintenant une sérieuse concurrence à ce qu'il éprouvait quand il était avec Ginny. Pour être franc, Harry avait une énorme envie qu'Anton fasse le premier pas et l'embrasse. Lui n'oserait jamais le faire.
Il sortit de ses réflexions quand il entendit la voix claire et forte de Draco qui s'adressait à Anton et lui.
« Bon, Harold, mon petit frangin d'amour, c'est pas que je m'ennuie avec toi, mais Liam veut qu'on aille faire une petite balade au premier. Anton, je te confie mon petit frère, prends bien soin de lui, okay ? C'est la première fois que je l'emmène dans une boîte, il n'est jamais sorti de chez nous, jamais, pigé ? »
Anton se mit à rigoler et Harry à rougir. Qu'est ce que Draco pouvait être lourd, purée !
« T'inquiète pas, Dereck, je serai très gentil avec lui, promis. » assura le jeune homme.
Sur ce, Draco leur fit un dernier clin d'œil avant de partir en tenant la main de son brun personnel.
Harry était resté tétanisé après le départ de Draco.
Ça y était, il était seul avec quelqu'un qui l'attirait. Comme d'habitude, il ne savait plus quoi faire et se sentait empoté.
Mais il n'eut pas le temps de réfléchir bien longtemps, car alors, il sentit le bras d'Anton sur ses épaules et une main qui lui prenait le menton pour lui redresser le visage.
Il plongea dans les yeux bleus du garçon.
« J'ai promis à ton grand frère de prendre soin de toi et c'est exactement ce que je vais faire, pour tout le reste de la soirée, » lui souffla Anton tout doucement au creux de l'oreille.
Les lèvres d'Anton s'étaient ensuite gentiment écrasées contre les siennes. Le baiser fut d'abord chaste, les lèvres ne faisant qu'effleurer celles de Harry, puis il s'était fait plus insistant. La langue du jeune homme avait caressé la bouche offerte, les dents avaient mordillé la lèvre inférieure, demandant plus. Harry avait ouvert la bouche tout en mettant ses mains sur la nuque de l'autre garçon.
Et là, ça avait été magique. Adieu Ginny. La caresse de la langue d'Anton contre la sienne était divine, elle tournait, retournait, caressait, exigeait.
Harry se sentait à la fois mou comme de la guimauve et brûlant comme une torche. Anton pressa son corps contre le sien et le recula sur le dossier du canapé. Harry ne prenait même plus la peine de respirer, tout ce qui l'intéressait, c'était de sentir encore et encore les lèvres et la langue d'Anton dans sa bouche.
Quand celui-ci mit fin au baiser, Harry gémit et chercha à reposséder les lèvres adverses.
« Attends, petit cœur, on est pas très bien installé ici, je préférerais qu'on aille ailleurs, d'accord ? »
Harry leva la tête et Anton put lire un peu de crainte dans les yeux limes.
« J'ai pas dit qu'on allait monter à l'étage, t'inquiète pas. Je veux juste qu'on continue à s'embrasser dans un endroit plus calme. On va dans la salle noire, tu verras on sera mieux. »
Anton lui prit la main et le guida.
Harry se retrouva au final à moitié allongé sur un canapé, dans un coin sombre à l'abri des regards. Anton avait collé fermement son corps contre le sien et il le pelotait tout en l'embrassant. Ses mains avaient glissé sous sa chemise qu'il avait ouverte, elles lui caressaient doucement le ventre qui en frissonnait de plaisir. La langue d'Anton continuait sa valse avec la sienne. C'était doux, tendre et chaud. Harry, qui avait mis ses mains dans les cheveux de son flirt, ne pouvait pas s'empêcher de faire glisser ses doigts dans les boucles soyeuses.
La bouche d'Anton quitta la sienne et lui fit une traînée de baisers légers de la commissure de ses lèvres jusque dans son cou, qu'il dévora. Harry gémit bruyamment, alors que sans qu'il ne comprenne ce qu'il faisait, ses hanches vinrent se plaquer instinctivement contre celles de l'autre garçon. Ils haletèrent et Harry réalisa qu'il bandait.
C'était la première fois que cela lui arrivait dans les bras d'un de ses partenaires.
La bouche d'Anton descendit encore et il se saisit d'un des tétons érigés entre ses dents. La réaction ne se fit pas attendre, Harry poussa un glapissement de plaisir. Anton le regarda avec un œil appréciateur, avant de décider de s'acharner sur les mamelons. Il venait de découvrir l'un des points sensibles et particulièrement érogènes de l'autre garçon. Pour être honnête, Harry aussi.
Il gémit encore plus fort tout en essayant de frotter son érection contre le corps d'Anton. Il n'avait jamais été aussi excité et sa hampe pulsait dans son pantalon.
« Hey, Bébé, on dirait que tu n'en peux déjà plus. »
La voix d'Anton était chaude et grave.
« Désolé. » Harry constata que la sienne avait plutôt l'air désespérée. « C'est la première fois que ça me fait ça, je... je sais pas. »
« Attends, Bébé, pour ta première fois, je veux te faire du bien, beaucoup de bien. »
Anton se redressa, allongea un peu plus Harry sur le canapé. Il se glissa entre ses jambes et commença à lui ouvrir son pantalon.
« Anton, Anton, attends, je sais pas si... »
« Chuuut, laisse-toi faire, Bébé, laisse-toi faire. Je te promets que tu vas aimer. »
Harry prit une grande inspiration puis se laissa aller, se rallongeant confortablement sur le canapé.
Anton lui ouvrit la fermeture éclair de son jean puis baissa son pantalon et son boxer sur ses cuisses. L'érection de Harry se retrouva alors à l'air libre, entraînant un nouveau gémissement de son propriétaire. Harry ferma les yeux, son cœur battant durement la chamade dans sa poitrine.
Il sentit le souffle chaud d'Anton contre son pénis et une main enserra doucement la base de sa queue, tirant lentement la peau souple vers le bas, dégageant totalement son gland.
Il ne put plus penser quand une bouche chaude et humide vint téter la petite fente sur son gland et qu'une langue recueillit les gouttes de liquide séminale qui s'y trouvaient. Il expira bruyamment, alors que de nouveau ses hanches partirent toutes seules en avant, à la rencontre de la langue.
Anton rit doucement avant d'ouvrir largement la bouche et de l'engloutir. Harry hoqueta lamentablement sous la sensation. Son sexe était au chaud, dans un antre humide qui le léchait, l'enserrait et le... Oh Merlin, le suçait de façon divine.
Ses hanches bougeaient lentement, au rythme de la langue et de la bouche de son presque amant. Une main d'Anton caressait délicatement ses bourses pleines, ses doigts glissaient dans les poils noirs de son bas-ventre, puis elle remontait taquiner un téton brun avant de redescendre. L'autre faisait de doux mouvements de va-et-vient le long de son pénis, dur comme de la pierre. Mais le plus merveilleux était la bouche. Elle suivait la longueur de sa verge, parfois juste un effleurement des lèvres, parfois plus langoureusement avec la langue, comme s'il était un cornet de glace. Cette langue mutine venait ensuite sur son gland, en faisait le tour, titillait son frein et sa fente d'où s'écoulait toujours le liquide transparent qu'elle recueillait délicatement. Puis, régulièrement, la bouche le prenait en entier, projetant sa hampe au fond de la gorge, le plus loin possible. La langue faisait alors comme une douce succion, ferme, mais pas suffisamment pour être douloureuse.
Harry perdait la tête, envahi par le plaisir et le désir de plus en grand qui lui enflammaient le corps. Il gémissait et râlait de plus en plus fort, le plaisir montait, montait dangereusement. Ses hanches, bien que maintenues par le poids des mains, des bras et de la bouche d'Anton, essayaient de remuer de plus en plus, son pénis cherchant encore davantage les sensations et la stimulation. Il allait exploser, il allait...
Un dernier sursaut de lucidité dans son cerveau embrumé lui fit bafouiller d'une voix rauque.
« An.. Anton, je... Oh mon dieu, Anton, je vais... »
Anton accéléra alors le mouvement de sa bouche, suça plus fort, plus vite, plus loin dans sa gorge, sa langue plaqua la verge contre son palais. Harry poussa un petit cri et éjacula violemment dans la bouche accueillante. Le garçon avala les longs jets de sperme, continuant ensuite de lécher délicatement le pénis de Harry, qui se flétrissait peu à peu, afin de lui ôter toute trace de liquide blanc.
Quand il eut fini, il s'allongea sur le corps de Harry, l'embrassa, sa langue partant cette fois à la conquête de celle du Gryffondor. Ce dernier sursauta en sentant le goût âpre. Anton se recula et rit tendrement.
« C'est ton goût, le goût de ta semence. Tu es délicieux, n'est-ce pas ? »
Harry ne trouvait pas cela ''délicieux''. Pour être franc, l'odeur et la saveur du sperme l'envahissait un peu trop. Il trouvait ça légèrement écœurant. Il fit donc juste une petite grimace en réponse.
Il craignait qu'Anton ne lui demande de lui rendre la pareille, il ne pensait pas du tout en être capable.
Mais le jeune homme, sentant sans doute sa réticence, n'avait rien fait de tel. Il avait pris la main de Harry pour la poser sur son pénis, toujours gonflé et humide.
Harry l'avait masturbé avec bonheur, jusqu'à ce que le Gallois jouisse, avec un enthousiasme très peu discret. Ils s'étaient ensuite essuyés avec des mouchoirs en papier puis avaient continué à s'embrasser et à se tripoter encore et encore, toute la nuit.
Draco et lui étaient rentrés à l'aube pour dormir tout le dimanche. Ils avaient parlé de leur soirée, qui était pour Harry l'une des meilleures de sa vie et sans conteste possible, la plus excitante.
Bien sûr, ils en avaient conclu que Harry était gay, totalement et irrémédiablement gay.
Draco avait aussi affirmé en rigolant qu'il faisait une fixation sur les blonds et demandé à Harry de bien vouloir dorénavant se masturber en pensant à Anton, non plus à Lucius. Le Survivant avait furieusement rougi à la mention de Malfoy senior.
Malfoy junior lui avait fait un clin d'œil.
« Ouais, surtout que mon père préfère, et de très loin, les hommes. Alors imagine sa tête ou ce qu'il serait capable de te faire s'il apprend un jour que tu bandes en pensant à lui ! »
Et c'est tout cela que Draco avait raconté à son père dans la nuit du 31 décembre 1997 au 1er janvier 1998. À cause d'une bouteille de champagne.
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À Suivre
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