Le jardin d'Eden 4

Auteur : Dancelune

Origine : Gundam Wings

Disclaimer : ai pas inventé les persos malheureusement… mais ça serait pas une fanfic sinon

Genre : shonen ai

Le jardin d'Eden 4

Heero se demandait bien ce qu'avait Duo. Il y a quatre semaines de cela, l'américain avait fait un mauvais rêve. Depuis il devenait de plus en plus distant avec lui. Ils avaient fait l'amour deux ou trois fois puis plus rien. C'était étonnant de la part d'un jeune homme ayant un appétit sexuel bien développé. En l'observant sous toutes les coutures, il s'aperçut que Duo avait des cernes sous les yeux et qu'il maigrissait. Il souriait de moins en moins souvent et cela commençait à inquiéter sérieusement Quatre. Ses camarades et lui-même faisait en sorte de ne pas le contrarier, d'essayer de lui faire plaisir mais Duo ne s'en rendait même pas compte.

Sur le terrain, ce n'était pas mieux. Il était redevenu professionnel mais avait des accès de témérité inconsidérés. Il avait plusieurs fois failli se faire tuer en tentant des manœuvres suicidaires. Heero avait alors tout fait pour assurer ses arrières et aider son amant. Il avait bien crû qu'il y resterait lui aussi. Il n'avait rien reproché à Duo, il ne s'en était pas senti le courage… parce qu'il se passait quelque chose d'étrange en lui.

Heero avait du mal à réaliser qu'il avait pris goût à l'amour avec Duo. Si au début il avait fait cela pour réconforter le natté, petit à petit c'était aussi pour lui qu'il le faisait. Il avait trouvé une étrange chaleur réconfortante dans les bras de son compagnon. Si au début, les caresses sur sa peau ne lui faisait pas spécialement d'effet, au fur et à mesure son corps s'était sensibilisé. Des réactions inconnues se produisaient. Souvent, il retenait un gémissement qui aurait pu trahir son état de faiblesse devant les attentions de Duo. Ce dernier s'exprimait librement, laissant échapper des râles de plaisir, des soupirs de satisfaction, des sourires de béatitude. Mais lui, il ne pouvait pas faire cela. C'était impossible. De part son éducation, il avait pris l'habitude d'intérioriser tous ses sentiments. Comment, dans ce cas, oser se laisser aller et offrir la vue de son être profond à un autre, si proche de lui soit-il ? Il se contentait donc de se laisser faire, en essayant tout de même de donner un peu de réconfort à Duo. C'est ainsi qu'il se surprenait parfois à caresser tendrement le dos de son amant, à effleurer la peau douce de son cou avec ses lèvres, à le serrer contre lui un peu trop intensément. Mais il se ressaisissait bien vite.

Cependant, depuis deux semaines, il n'avait plus rien de tout cela. Lorsque Duo montait se coucher, il allait directement dans son lit, sans un regard, en murmurant un rapide « bonne nuit » qu'il avait parfois du mal à entendre. Plusieurs fois il avait voulu aller le voir et le prendre dans ses bras, mais c'était Duo qui l'invitait d'habitude dans son lit, et il n'osait pas prendre les devants.

Au début, il se disait que cela ne lui faisait ni chaud ni froid. Duo voulait faire l'amour avec lui : ok. Duo ne voulait pas faire l'amour avec lui : ok. Rien ne le gênait, il ne faisait que son devoir de bon compagnon d'arme.

Heero se demanda quand est-ce que tout ceci avait changé. Et surtout, pourquoi et comment cela avait-il pu changer ? En quelques mois Duo avait réussi à s'immiscer dans ses pensées. Il se surprenait à surveiller l'américain du coin de l'œil, à toujours vouloir savoir ce qu'il faisait et où il était. Et hier soir, à sa grande surprise, Heero avait eu son premier rêve érotique. Il avait rêvé de Duo, de ses étreintes, de ses lèvres et de sa chaleur. Il s'était réveillé en pleine nuit en sueur, secoué et complètement incrédule. Il n'avait jamais fait de rêves de la sorte avant, il ne savait comment l'interpréter et surtout, il se demandait comment un rêve avait pu lui apporter autant de plaisir et le soulager physiquement. Il ne s'était pas rendu compte à quel point la tension nerveuse s'était accumulée depuis qu'il ne se libérait plus dans les bras de Duo. De ce fait, depuis ce matin, le regard qu'il portait sur son compagnon avait changé. Le désir s'était clairement installé dans son esprit et son corps. L'envie de chaleur était évidente. Le besoin de sentir ses bras aimants autour de ses épaules devenait une nécessité.

Heero passa sa journée de repos à détailler le beau natté aux yeux violet, qui était avachi dans le canapé et qui se faisait un devoir de ne pas croiser son regard. Il tenta de s'occuper avec son laptop ou ses revues militaires, mais elles n'avaient plus aucun intérêt à ses yeux. Il alla courir deux heures autour de leur lieu de repos, fit une heure de musculation et passa trois bons quarts d'heure sous la douche. Il fit une partie d'échec avec Wufei, aida Trowa a réparer une pièce de son Gundam et essaya désespérément de s'intéresser aux programmes télé. Que nenni, la seule chose qui lui revenait en tête était le corps enflammé de Duo. Le soir, Heero décida qu'il irait voir Duo dans son lit.

Duo monta se coucher comme à sa nouvelle habitude : avec un air morose et des yeux de chien battu. Heero le suivit des yeux du canapé puis se leva à son tour et le suivit. Lorsqu'il entra dans la chambre, Duo avait déjà enlevé son jogging et s'apprêtait à se coucher en caleçon et t-shirt, sans même prendre la peine d'en changer. Heero referma la porte derrière lui. Il se dévêtit sur place, éteignit la lumière et alla droit vers le lit de Duo. Il souleva la couette et s'installa à côté de son compagnon, qui s'était allongé sur le côté en lui tournant le dos.

- Heero, qu'est-ce que tu fais ? demanda une voix glaciale.

Le soldat parfait se contenta de glisser une main sous le t-shirt de son voisin.

- Heero, pourquoi tu fais ça ?

Le japonais se contenta d'accentuer ses caresses et de les diriger de la hanche vers le bas ventre.

- Heero ! Arrête ! déclara durement Duo en enlevant d'un geste brusque la main de son compagnon.

- Pourquoi ? demanda Heero. J'en ai envie.

- Vraiment ? Toi, le soldat parfait, l'homme de glace, tu aurais envie de faire l'amour ? ironisa Duo.

- Oui.

- Ne te fous pas de moi.

Ayant soudain le sentiment de comprendre, Duo se retourna vers le japonais et reprit plus gentiment.

- Ecoute Heero, c'est gentil, mais je n'ai plus besoin que tu fasses l'amour avec moi pour que je ne pète plus les plombs. Ta mission est finie et tu l'as mené à bien. Tu n'as plus à t'en faire pour moi, tu n'es plus obligé de coucher avec moi pour que je me sente mieux. Tu peux aller dormir sur tes deux oreilles, tout va bien.

Heero resta silencieux quelques instants puis se lança.

- Mais j'en ai vraiment envie.

Duo soupira.

- Heero, je t'ai dis que…

- Ça me manque.

- Ça te manque ?

Heero hocha légèrement la tête.

- Qu'est-ce qui te manque exactement ? interrogea Duo.

Heero ne sut que répondre sur le moment.

- Je ne sais pas.

Duo soupira.

- Va te coucher, Heero.

Duo se retourna vers le mur.

- … Ta chaleur, fit une toute petite voix dans son dos.

Duo resta immobile quelques secondes puis se retourna à nouveau vers Heero. Il l'incita du regard à continuer. Le japonais était rouge brique.

- Ta chaleur et… tes caresses…

Duo n'osait vraiment croire à ce qu'il entendait. C'était trop beau pour être vrai.

- Mais, dit-il, tu peux demander à Wufei ou à Trowa ou à Quatre. Ils pourraient aussi te donner de la chaleur et des caresses.

Heero le regarda sans comprendre. Cela ne lui avait jamais traversé l'esprit que ses autres camarades puissent lui procurer les mêmes sensations que Duo. Il resta hébété. Duo le regarda avec tendresse et tristesse.

- Pourquoi est-ce que tu ne demandes pas à Quatre ? Il saura être très gentil avec toi.

Heero était complètement déboussolé.

- Oh. Parce que toi, tu ne veux plus, murmura-t-il.

- Si ! s'exclama Duo avant même que son esprit ne raisonne.

L'américain plaqua une main sur sa bouche. Son cœur avait été beaucoup trop rapide à répondre.

- Alors… Pourquoi veux-tu que j'aille voir Quatre ?

Duo se serait tapé la tête contre le mur. Il s'empêtrait de plus en plus.

- Ce n'est pas que je veux que tu ailles le voir, c'est juste que… Pourquoi est-ce que tu me voudrais moi plutôt que Quatre ou un des autres ?

Heero réfléchit à la question. La réponse était… qu'il ne savait pas. Il savait seulement qu'il avait rêvé de Duo la nuit dernière, pas d'un autre de ses compagnons.

- Parce que… C'est toi, répondit-il gauchement.

Un sourire fugace para le visage de l'américain.

- Heero, demanda Duo avec un aplomb tout relatif, est-ce que tu m'aimes ?

La voix du natté se brisa un peu sur le dernier mot. Duo sentait son cœur battre la chamade. Il se demandait comment faisait Heero pour ne pas l'entendre. A moins que le sien ne batte aussi fort.

- Je ne sais pas, répondit Heero.

- Ah, fit Duo, dépité.

- Je sais juste que…

Heero rougit encore plus, dans la mesure du possible.

- Tu sais quoi ? demanda Duo, oubliant presque de respirer.

- Que cette nuit, c'est de toi dont j'ai rêvé, avoua le soldat parfait.

- Tu as rêvé de moi ?

- … Oui.

- Oh… Et… On faisait quoi ?

Trop embarrassé, Heero détourna le regard et fixa le plafond. Comment pouvait-il dire cela ? C'était trop honteux ! Un petit rire cristallin vint perturber ses pensées fiévreuses. Il sentit une main douce lui prendre le menton et tourner son visage. Duo déposa ses lèvres sur les siennes. Heero ouvrit tout de suite la bouche pour approfondir le baiser.

- Est-ce que tu as rêvé de ça ? questionna Duo avec un petit sourire.

Pratiquement en sueur et oubliant presque de respirer à cause d'émotions d'une intensité rare le traversant de part en part, Heero fit un signe de tête négatif. Il prit la main de Duo sans oser le regarder et il la posa sur son entrejambe.

- Oh ! fit l'américain, ravi. Et cela, fit-il en rapprochant son corps de celui du japonais, tu ne veux pas le faire avec un autre que moi ?

Heero secoua violemment la tête.

- Non !

Duo sourit. Un sourire franc et heureux qui remplie le cœur d'Heero d'émoi. Le soldat parfait n'arrivait pas à mettre des noms sur les émotions qu'il ressentait. Mais il savait qu'elles lui faisaient le plus grand bien, et qu'il ne voulait pas que cela s'arrête, jamais. C'était peut-être ça, l'amour. Le jour où il en serait sûr, après avoir pris le temps d'y réfléchir, il le dirait à Duo. Car il venait de comprendre que c'était ce que Duo attendait : qu'il soit amoureux de lui. Et si être amoureux signifiait ressentir autant de bien-être chaque soir, Heero se dit que ce n'était peut-être pas si mal, d'aimer quelqu'un.

FIN

(Et cette fois c'est vrai !)

Dancelune, le 19 septembre 2008.

PS : merci pour les reviews 