EMPATHIE

TIENS MAIS QUE VOILA DONC ? Encore une fic sur SysyTheHotdog et DidiChandouidoui, mais quel hasard extraord- *SBAF* OK, j'ai rien dit ._. Bon bah ANJOUA ! [Sydi]

NB :

Les deux personnes réelles qui inspirent cette histoire ne m'appartiennent évidemment pas, j'ai inventé une partie de leur personnalité pour les besoins de cette fiction. Voilà, ça tombe sous le sens mais je le précise pour la forme.

Et euh… Les gars, si vous tombez là-dessus (pour de vrai, du coup)… Je suis navrée x)

Bonne lecture, les gens ! :)

Arcs-en-ciel, pandas et licornes x3


Chapitre 4


Bon, je mens un peu sur ce point-là, même si sur le moment je n'ai eu le temps de rien analyser, après coup je n'ai pas arrêté de me poser des questions et, depuis la première fois que c'est arrivé, je me prends pas mal la tête avec cette histoire. Je profite donc de cette brèche ouverte pour en avoir le cœur net.

« - Par contre, comme ça m'arrive rarement... Je te cache pas que... J'ai eu un peu peur.

- De quoi ? Des vertiges ?

- Non... De ce que j'ai perçu venant de toi.

- Oh, je vois... Mais, euh, fallait pas, tu sais. Y a rien de grave.

- T'es sûr ? »

Même si j'ai été un peu rassuré par ce qu'il m'a dit tout à l'heure, je reste assez dubitatif et surtout inquiet, j'insiste donc volontairement pour essayer de lui tirer les vers du nez.

« - Ben, oui ? C'était si intense que ça ? Je veux dire... Je sais pas exactement ce que ça te fait et tout, mais... J'en ai envoyé tant que ça en te prenant deux secondes dans mes bras ?

- Honnêtement... ? Ouais.

- Bah merde... »

Sa réaction et son air dépité me font rire, nerveusement certes, mais j'en ris.

« - Je suis désolé. Si j'avais su, j'aurais pas...

- Non mais t'excuse pas, tu pouvais pas savoir. Et puis j'ai l'habitude.

- Mmh... Pas autant d'en être remué à ce point là, si j'ai bien compris ?

- Oh, avec toi, si... »

Bon, c'est peut-être un peu abrupt, mais au moins j'ai mis les pieds dans le plat. Et autant le dire, cela a fait son effet, il me fixe en fronçant les sourcils, intrigué et un peu piqué au vif.

« - Euh... Quoi ?

- Mais t'inquiète pas, c'est pas grave ! J'ai l'habitude, je te dis.

- Bah oui mais attends, comment ça, avec moi ? C'est quoi cette histoire ? »

Je me pince les lèvres de gêne et soupire longuement, puis je reprends un minimum contenance pour reprendre et, en premier lieu, le rassurer.

« - Mec... Je veux pas que tu te sentes responsable de quoi que ce soit. Si je te dis tout ça, c'est pas pour que tu culpabilises, t'y es pour rien. Je veux juste t'expliquer...

- Eh ben justement, explique-moi ça. »

Là, je le sens quelque peu vexé. C'est peut-être le contrecoup du choc de l'annonce, qui est arrivé avec un certain temps de retard, ce qui n'est pas si étrange. Jusque là, il a été étonné, curieux, fasciné et prévenant, sans une once de colère, de rancune ou même juste d'agacement. Certes, il est tout ce qu'il y a de plus ouvert d'esprit et compréhensif, mais mon pouvoir et tout ce qu'il implique, ce n'est quand même pas rien.

« - Bon. Tu te rends compte que... Quand j'ai un contact physique avec quelqu'un, je me mange toutes ses émotions en pleine gueule. Bon, des fois ça a un côté positif vu que je peux aider et tout ça, donc je le dirais pas comme ça, mais bref ! Je perçois ses sentiments et, quand ils sont vraiment forts, en pagaille ou les deux, tu imagines à peu près le bordel ?

- Oui, je vois. Et ?

- Et par exemple, si la personne est super triste, ou a très peur d'un truc, ou a vraiment mal quelque part – j'ai du bol, je ressens pas la douleur des autres, mais je peux savoir si y en a, bref – eh ben je le sens aussi.

- OK, j'avais compris tout ça. Enfin je crois... Et donc ? »

Je marque une pause pour essayer de trouver les mots justes. Même si je lui ai dit plusieurs fois que mon but n'était pas de le faire se sentir coupable de quoi que ce soit, ce n'est pas dit que cela soit suffisant. Mais il faut bien que je lui explique, que je sois honnête, que je poursuive dans cette voie-là. Après tout, il sait que je ne pourrais jamais lui en vouloir, surtout pour cela.

« - Dylan... Quand t'étais en pleine dépression... Que tu faisais des crises d'angoisse, que tu pleurais à côté de moi... Pour te calmer, ou te rassurer, je te tenais les mains, je te massais le dos. Et puis, des fois, je te prenais dans mes bras. »

Je laisse cette explication en suspens, le laissant comprendre la suite par lui-même. Ce qui ne rate pas, après quelques secondes de flottement, il me dévisage d'une tout autre manière, pour le coup, son agacement a totalement disparu, laissant de nouveau place à l'embarras.

« - Putain, mec... »

Sur ces mots, il détourne le regard, visiblement en pleine réflexion. Là, même sans le toucher, même sans capter ce qu'il ressent, je sens qu'il est en train de tout remettre en perspective et de prendre la mesure des choses. Au bout d'un long silence parfois entrecoupé d'une tentative de début de phrase, il reprend tant bien que mal.

« - M'as t'as dû tellement encaisser, avec tout ça ! A cause de moi... »

Avant qu'il ne s'enfonce trop dans ce qui ressemble dangereusement à de l'autoflagellation, je le coupe et essaie à nouveau de le rassurer à ce sujet.

« - Arrête, c'est pas de ta faute, je t'ai dit. T'en savais rien, et moi je le faisais en connaissance de cause. De toute façon, je pouvais décemment pas te laisser mariner.

- Oui, mais...

- Mais rien. T'y es pour rien. Du tout. »

Et là, pour appuyer mes propos, je pose ma main sur son avant-bras, rétablissant ainsi un contact, symboliquement et aussi par automatisme. C'était sans compter sur le fait qu'une vague d'émotions assez puissante, bien que moins que les précédentes venant de lui, m'arrive dessus. Il va décidément falloir que je trouve un moyen de savoir ce qui se trame pour qu'il ait une réaction si marquée à chaque fois que je le touche. Alors, je le relâche, un peu confus, essayant de reprendre contenance. De son côté, il se contente d'esquisser un sourire mais il ne relève pas et revient au cœur de la discussion.

« - Alors, c'est pour ça que tu disais que t'avais l'habitude... ?

- Ouais. Enfin, en quelque sorte... Je sais pas quoi en penser, en fait.

- Comment ça ?

- Eh ben... Je t'ai dit, c'est rare que je m'en sois pris autant dans la face, juste avec des câlins de trois secondes, en tout cas avec toi. Et... Les dernières fois où c'est arrivé... C'est justement quand t'étais en pleine dépression. Donc... Voilà, même si c'est pas pareil, c'est quasiment aussi intense et du coup... Bah ça m'inquiète. »

Voilà, les dés sont jetés. De nouveau, le silence reprend ses droits pour un long moment, pendant lequel j'attends sa réaction, tandis que lui semble ne pas savoir quoi dire. Il esquisse un sourire d'abord gêné, puis il se met finalement à en rire et s'enquiert de me rassurer.

« - Mais... Faut pas ! Enfin, je veux dire... Bon, c'est logique que tu sois pas serein quand tu t'en « prends autant dans la face », comme tu dis. Mais là, je vais bien, tu le sais.

- Bah... Oui, de base je le sais, mais ça m'a mis le doute, tu vois ? Et... C'est pour ça que je t'en parle. Je sais que c'est absurde, que tu vas beaucoup mieux depuis un moment maintenant, que tout se passe bien... Mais au fond, même si c'était improbable, je commençais quand même à avoir peur que... Que tu...

- Que je rechute ?

- Ouais... Exactement. C'est un petit peu pour ça aussi que je me suis décidé à te parler de mon empathie. Pas que, évidemment. Mais en partie...

- Mmh, je comprends, t'inquiète. »

Le silence reprend ses droits une énième fois, mais en l'occurrence il n'est en rien aussi pesant ou même juste embarrassant que les précédents. Lui est sans doute en train de réfléchir à tout cela, d'assimiler les informations diverses et variées, de les mettre en perspective avec ce qu'il sait déjà de moi, et sans doute bien d'autres choses encore.

De mon côté, je suis plutôt en train de me demander comment il fait pour rester si... Naturel. Ce n'est pas comme si ce qu'il venait d'apprendre était de l'ordre du « normal », du « banal », du « déjà vu ». Certes, il a été très surpris et s'est même énervé à un moment, mais c'est finalement resté très relatif, bien qu'il ait appris l'existence de quelque chose qu'on peut qualifier de surnaturel, hors du commun, éventuellement fantastique... Sur l'un de ses proches, de surcroît.

Au bout d'un moment, il semble avoir une lueur, comme une ampoule imaginaire qui s'éclaire au-dessus de sa tête.

« - Mais attends... Du coup, ça te faisait quoi quand... Quand tu ressentais mes émotions alors que j'étais en pleine crise... ? »

Bien qu'une telle question fasse remonter des moments sombres pour nous deux, je suis toujours impressionné par son sang-froid et ému par sa volonté d'essayer de comprendre ce que tout cela me fait, à moi, même si cela implique de parler dont on ne veut pas spécialement se rappeler. Même si tout cela le perturbe, sans aucun doute, il parvient quand même à garder constamment à l'esprit que j'en suis le premier à en connaître les avantages et les inconvénients.

« - Euh... Je sais pas trop, je... Enfin...

- Ouais, tu veux peut-être pas t'en souvenir, je comprends.

- Non, c'est pas ça, d'ailleurs ce serait plutôt pour toi. Mais... Je sais pas si... Si c'est une bonne idée de parler de comment moi j'ai vécu ta dépression alors que, bah, c'était la tienne. »

Contre toute attente plus amusé qu'autre chose, il m'adresse un sourire bienveillant.

« - Pas grave. Déjà, d'une, c'est du passé, tu sais très bien que j'ai pas de problème pour en parler avec toi. De deux, t'as pas fait que m'aider, me consoler ou me rassurer, tu te prenais toutes mes émotions dans la gueule, c'est pas du tout anodin. Alors on peut bien en parler. »

Toujours surpris et touché par sa manière de considérer les choses, je lui souris à mon tour et j'essaie de me remettre dans le contexte dans l'époque pour me remémorer du maximum et lui expliquer au mieux. Cela peut paraître un peu masochiste, mais ce n'est pas bien méchant en fin de compte, ce ne sont plus que des mauvais souvenirs et, si lui est prêt à reparler de cette période pour mieux me comprendre, alors je peux d'autant plus le faire.

« - En fait... C'était pas que le fait de sentir une grosse vague d'émotions. C'était surtout un sacré bordel, et un bordel très négatif, forcément. Bon, ça a l'air évident comme ça, mais...

- Te justifie pas. Dis-moi comme ça te vient. »

Et toujours aussi compréhensif !

« - Eh ben... Disons que comme j'étais une vraie éponge, sans vraiment comprendre et sans pouvoir le canaliser tellement c'était intense... Bah, des fois, c'était compliqué de rester indifférent, enfin de faire mine de rien. Et, euh... Du coup, j'étais tout le temps en contradiction intérieure, tu vois, vu que j'amassais tout ce que tu ressentais et que je devais le masquer. Et fallait aussi que je trouve le juste milieu entre cacher mon empathie et me montrer compréhensif en même temps... Bref, tu vois, c'était vraiment le bordel...

- Ah ouais, c'est peu de le dire. »

Encouragé, je poursuis dans ma lancée, de plus en plus inspiré malgré mes imprécisions.

« - En gros, je ressentais pour deux et en même temps fallait que je tienne le coup pour deux, pour pas sombrer aussi, pour t'aider à remonter... Pour utiliser mon empathie à bon escient, en fait. Et avec tout ça, j'étais en quelque sorte dans le déni, ou en tout cas l'inhibition, sur ce que moi je ressentais, que ça vienne de toi ou de moi, d'ailleurs. »

Je marque une pause pour reprendre un peu mon souffle et lui laisser là encore le temps de digérer tout cela. Ce n'est pas rien, on est tout de même en train de reparler d'une période difficile, sous un angle incongru, de mon point de vue alors que c'était à lui que la dépression pourrissait le plus la vie. Mais il ne me quitte pas des yeux et continue de m'écouter, attentif.

« - Et quand t'avais des crises, que tu pleurais, que t'étais vraiment pas bien du tout... Je... Je devais me retenir pour pas craquer aussi, pour pas pleurer à mon tour... Je te disais de te laisser aller, de pleurer parce que ça te ferait du bien... Mais putain, je te jure que dans ma tête, je te suppliais d'arrêter de pleurer parce que je me sentais craquer... C'était vraiment pas cool de penser ça, parce que c'est toi qui morflais le plus, mais y a des moments où je le pensais... »

Même si je sais qu'il ne m'en blâmera pas, c'est un peu compliqué de lui avouer une telle chose. Je suis tout de même en train de me placer en victime d'un mal qui était le sien, ce que je ne ferais jamais d'habitude... Sauf avec les personnes qui connaissent mon pouvoir, en somme.

« - Donc voilà, en gros je devais me canaliser en permanence pour pas craquer et en même temps pour t'aider, pour pas me laisser submerger par des émotions qui en plus n'étaient pas les miennes, pour carrément parfois dire l'inverse de ce que je pensais... Si on résume, je cachais tout ça, donc en quelque sorte je te mentais, pour agir le plus normalement possible, comme quelqu'un de normal qui essaie de réconforter son meilleur pote. Bref, je faisais en sorte de prendre en compte tes émotions mais sans me laisser sombrer avec toi. Enfin, tu vois...

- Mec, t'es juste incroyable.

- Euh... ? »

Pris de court par cette réponse qui, en tout cas pour moi, semble sortir de nulle part, je hausse les sourcils, intrigué.

« - Tu me dis que t'avais peur de craquer et tout, mais franchement, j'y ai vu que du feu. Et puis, au-delà de ça... Tu peux percevoir tout ce que les gens ressentent à leur contact et, malgré ça... T'es un des mecs les plus stables mentalement et les plus raisonnables que je connaisse ! »

Je ris tant à ses propos qu'à leur incongruité et hausse modestement les épaules. Mais il poursuit dans sa lancée, visiblement déterminé.

« - Je suis sérieux. Tu gardes la tête froide même quand tu t'en prends des rafales, quand ça peut servir tu utilises ton don pour aider les autres… Et tout ça en le gardant secret. Même dans une situation extrême avec un pote dépressif. »

Il conclut cette phrase par un rire un peu nerveux mais surtout pour détendre l'atmosphère, on sait tous les deux que ce ne sont plus que des mauvais souvenirs et on préfère en rire, lui le premier. Flatté et en même temps gêné par ses mots, je ne sais pas vraiment quoi dire.

« - T'es peut-être pas un héros de BD, mais avec ce pouvoir-là, que ce soit les aspects positifs ou négatifs, t'es courageux, humble et altruiste... Encore plus que ce que je savais déjà. »

Ne sachant que répondre, je me contente d'un simple « merci » murmuré d'un ton timide mais sincèrement ému. Puis, au bout de quelques secondes, l'inquiétude me gagne à nouveau lorsque je le vois détourner légèrement le regard et que son sourire se fane presque d'un coup, au profit d'une expression beaucoup plus sérieuse.

« - Ça va pas... ?

- Si, t'inquiète, tout va bien. Mais c'est juste... Je me rends compte que... Oh, putain ! »

Sur ces derniers mots très poétiques, il ouvre grand les yeux et joint ses mains devant sa bouche, l'air soudainement effaré. Surpris et peu rassuré, je me rapproche un peu de lui.

« - Bah quoi, qu'est-ce qu'il y a ?

- Mais c'est horrible...

- Hein ? Comment ça, qu'est-ce qui est horrible ?

- Tout ça. Je... J'ai passé des mois à... A m'épancher sur quelqu'un qui absorbait absolument tout ce que je ressentais... T'es une des personnes que j'ai fait morfler avec tout ça, mais c'est encore pire que ce que je croyais jusque là. »

Ses paroles me bouleversent et me font osciller entre l'agacement de l'entendre encore une fois culpabiliser pour ce qu'il n'a pas fait, l'attendrissement face à sa capacité de compréhension pour quelque chose de totalement surréaliste et impensable, et la tristesse de le voir se miner autant pour moi.

« - Mec, je t'ai dit, t'y es pour rien.

- Je sais. Je sais que j'y pouvais rien, que je pouvais pas savoir, que dans tous les cas tu m'aurais aidé quand même. Mais... Je réalise que t'as tellement subi à cause de... De tout ça... »

A peine a-t-il terminé cette phrase déjà entrecoupée de spasmes qu'il renifle et cache son visage dans ses mains, sanglotant en silence. Enfin, presque, puisque je l'entends. Désemparé, j'essaie de le rassurer en lui répétant encore que tout cela n'était en rien de sa faute et qu'il ne faut pas qu'il ne se mette dans un tel état pour moi... Mais en vain. Je sais qu'il est sensible et je me doutais que ce ne serait pas simple pour lui de prendre du recul là-dessus et de prendre la mesure des choses, mais à ce point, je n'aurais pas imaginé...

Alors, à ce moment, je mets de côté mes craintes qui à côté de cela me semblent insignifiantes, je laisse tomber les derniers murs que je laissais encore autour de moi et, d'un geste anodin et simple pour n'importe qui mais un peu moins pour moi, je le prends dans mes bras. Là, bien évidemment, une foule d'émotions m'arrive dessus, mais d'une part, j'en ai décidément bien l'habitude avec lui alors je n'y fais plus attention, et d'autre part, je ressens comme une sorte d'apaisement... Et cette fois, cela ne vient pas que de lui. Étrange... Mais je n'ai aucune envie d'y réfléchir. Je veux juste lâcher prise, pour une fois, profiter de cette sensation soudaine de sérénité, apaisante bien qu'impromptue, ne plus essayer de raisonner, ne plus penser. Juste continuer à le rassurer. Après tout, c'est loin d'être aussi difficile à gérer que quand il était au plus mal.

« - Dylan... Faut pas pleurer pour moi, surtout pour ça...

- Je sais... Mais je... Je me sens mal pour toi, tu... Tu m'as tellement aidé, et moi j'ai rien fait de mon côté, je...

- Et tu voulais faire quoi ? Même sans mon empathie, je t'aurais aidé sans rien attendre en retour, et c'est normal, c'est ça l'amitié. Et puis toi aussi t'en as fait beaucoup pour moi, des fois sans t'en rendre compte, même sans que j'en sois arrivé au stade dépression. »

Faisant toujours fi des vagues de sentiments qui m'arrivent dessus, négatives comme positives – car même s'il est inquiet et triste, je le sens aussi un peu soulagé, probablement de se laisser pleurer et d'être réconforté, tout simplement – et je continue de le rassurer.

« - Tu sais... Le fait que tu prennes tout ça bien, même naturellement, alors que je t'en parle si tard... Que tu me comprennes, que tu m'acceptes comme ça malgré ce que ça implique... Bah ça vaut pas moins que tout ça. Et si je te l'ai dit à toi, alors que t'es pas de ma famille, c'est bien pour une raison. J'en avais envie et besoin, et surtout je te fais confiance, et t'en valais la peine. »

Il se redresse et esquisse un sourire, ému par ces derniers mots. En revanche, cela ne calme pas vraiment ses pleurs, qui reprennent de plus belle, sûrement plus par euphorie que par réelle tristesse cette fois, mais tout de même. Et là, autant le dire, je me suis tiré une balle dans le pied, car au lieu de rester sur la touche, mon empathie empiète à nouveau sur ma volonté de ne plus penser et, à force de traverser tant d'émotions en quelques minutes, d'essayer d'éviter tout contact, tout semble revenir en force, comme un rouleau compresseur que je n'ai fait que retarder alors qu'il était inévitable.